Les traditions de la célébration de la Noël en Provence commencent le 4 décembre, à la sainte Barbe et se terminent le 2 février à la Chandeleur. Les fêtes de Noël sont appelées les fêtes calendales, elles sont riches de symboles. Empreint de superstitions et de traditions, Noël en Provence est une succession de fêtes, de rites, l’occasion de se retrouver et de faire des cadeaux…

Blé de la sainte-Barbe

Le blé de la sainte Barbe

Planter le blé de la sainte Barbe, 20 jours avant Noël, soit le jour de la sainte-Barbara, reste une des traditions calendales les plus suivies en Provence. Le 4 décembre, il faut faire germer des graines de blé dans trois soucoupes couvertes de coton humide. (Les petits sachets de graines de blé sont vendus dans presque toutes les boulangeries au profit d'oeuvres caritatives). Si les tiges poussent droites et vertes, l’année sera prospère. Ces petits champs miniatures prendront place ensuite dans la crèche familiale et sur la table du gros souper.

La crèche provençale

La crèche et les santons

Le métiers de santonnier fait parti de la tradition provençale. La plus ancienne foire aux santons créée à Marseille en 1803 réunit plus de 30 santonniers en centre ville, sur le vieux port de Marseille (un article suivra sur les santons).

Table du Gros Souper

    Le gros souper 

Le gros souper, c’est celui du 24 décembre, veille de Noël au soir. C’est le repas le plus important de l’année en Provence, repas maigre et fastueux à la fois.

Cacho fio

Reconstitution de la cérémonie du cacho-fio. Salle calendale au Museon Arlaten (Carte postale)

La veillée de Noël : le gros souper et les treize desserts
Jadis, le gros souper était précédé de la cérémonie de "la bûche" (cacho-fio). Le vieux (lou viei) ayant choisi une belle branche de fruitier, souvent d'amandier versait dessus du vin nouveau, puis le plus jeune de la famille l’allumait dans la cheminée, à l’aide d’un bout de bois de la bûche de l’année précédente, et toute la famille chantait. A l’heure actuelle les cheminées ont souvent disparues et la bûche s’est transformée en pâtisserie.
Ah, quelle table !… Quel tableau resplendissant !

Les 13 desserts

Une nappe blanche éclairée de trois bougeoirs et décorée de trois petites assiettes du blé de la sainte Barbe. Le chiffre 3 symbolisant la Trinité. Blé ou lentilles sont symbole de renouveau et prédisent une bonne récolte à venir. L’on sort les plus belles assiettes et les plus beaux couverts, et l’on oublie pas l’assiette de plus pour le pauvre qui passerait par là. 

Selon les traditions, les plats sont présentés tous ensemble.
On y trouve, 1 poisson qui domine : la morue, et tout ce qui suit :

  • Cardons aux anchois,
  • Cardons à la béchamel,
  • Choux-fleur,
  • Sauce aux poireaux,
  • Cèleri à l’anchoïade,
  • Courges en gratin, 
  • et surtout les 13 Desserts impérativement 13 (ce chiffre symbolise Jésus et les 12 apôtres).

Pour vous souvenir des treize desserts, pensez d'abord : trois, quatre, six. Voici pourquoi :

 Trois produits fabriqués à l'occasion de Noël et qui sont des spécialités régionales : le nougat noir, le nougat blanc, la pompe à l'huile d'olive. Les nougats sont un mélange de miel et d'amandes cuites. La pompe est une fougasse à base de fine fleur de farine, d'huile d'olive, d'eau de fleur d'orangers et de sucre, le tout parfumé au citron.

 Quatre fruits frais conservés à l'occasion de Noël : la pomme, la poire, le melon, la sorbe. La sorbe, baie sauvage, ne se retrouve que rarement sur les tables de Noël d'aujourd'hui. C'est pourtant un fruit qui devient délicieux avec le temps, mais qui demande à être délicatement conservé sur de la paille sèche.

 Six fruits secs : la figue, le raisin de Malaga, l'amande, la noisette, la noix, le pruneau. Les quatre premiers sont connus sous le nom des quatre "mendiants" parce que, dit-on, on retrouve dans la couleur de la figue la robe grise du franciscain, dans celle de l'amande la robe écrue du dominicain, dans la noisette la robe brune du carme, dans le raisin la robe foncée de l'augustin. Ne pas oublier que le tout est arrosé de vin cuit dans lequel il est d'usage de tremper les morceaux de la pompe à l'huile.

 Pourtant, l'essentiel n'est pas de connaître par coeur chacun des treize desserts, c'est de pouvoir goûter à chacun après le "gros souper".

 Source : Revue d'Information Municipale de Trans en Provence n° 19 - décembre 1987

Messe de Minuit

La messe de Minuit

En Provence, la messe de Minuit est un des seuls moments de l’année ou les églises sont pleines. La messe de Minuit est marquée par la cérémonie du pastrage, qui est l’offrande de l’agneau dernier né à l’enfant Jésus venant de naître. Ceci symbolise le triomphe de la vie sur les ténèbres, symbole remontant à la nuit des temps et aux origines du christianisme. La messe de Minuit est précédée du Gros Souper qui est partagé en famille. Les treize desserts sont goûtés traditionnellement au retour de la messe.

Les fêtes calandales à suivre : L'épiphanie pour célébrer la visite des rois mages à l’enfant Jésus et la Chandeleur symbole de la purification de la Vierge.

Source : D'après un texte paru sur le site tableaux-provence.com

Nota de Nadine : Après cet article, cinq autres suivront consacrés à Noël : Les santons de Provence, La messe de minuit, Lou cacho fio, La bûche de Noël, les origines de la Saint Sylvestre, Les étrennes, les cartes de voeux, le gui et le houx.

Je vous mets le lien d'un article que j'avais fait passer en 2017 et qui s'intitule : "Noël : la fête majeure de Provence" pour que vous puissiez aller le lire.

Noël : la fête majeure de Provence - Passion Provence

Les Saturnales d'Antoine-François Callet Dans les années 330 alors que l'empereur Constantin officialise la religion chrétienne, l'Eglise décide s'instaurer une fête spécifique afin de célébrer la naissance du Christ. Le choix de la date va s'inscrire dans un contexte de lutte contre le paganisme.

http://www.passionprovence.org