Ombrelles-Fête du costume à Arles

 Fête du costume en Arles. Beaucoup ont une ombrelle (Photo internet)

La distinction entre ombrelle et parasol est de date récente en France. Le terme : parapluie, lui, apparaît dès le XVIIème siècle. L'ombrelle, qui était d'usage courant en Italie sous la Renaissance, arrive en France avec Catherine de Médicis. On trouve dans un inventaire de la garde-robe de Louis XIV en 1673, je cite : "qu'il est mis à la disposition de la Cour, onze parasols de taffetas de différentes couleurs et trois parapluies de toile cirée doublée de soie brodés d'or et d'argent". Des documents datés de 1692 prouvent l'existence de fabricants de parapluies et de parasols. C'est au XVIIIe siècle que le parapluie devient, grâce à de nombreuses améliorations, d'usage plus courant. Au cours de ce siècle également, on trouve une ombrelle relativement petite, pliable, en soie brodée de franges et de dentelle décorant un tissu uni. Le manche est tout simple, droit, sans ornements quelconques et l'ombrelle peut alors servir de canne. 

Orbrelle-Costume et ombrelle

Pendant la Révolution, ombrelles et parapluies sont utilisés comme symboles patriotiques. Le parapluie rouge, populaire, énorme protège les marchands en plein vent, il sert d'étendard et même d'arme. Muscadins et Incroyables se promènent avec des parasols coquets. Les Merveilleuses complètent leurs tenues vestimentaires audacieuses d'ombrelles vaporeuses. La fin de ce siècle verra un changement dans la façon de porter cet accessoire quand il est fermé ; une lanière fixée à la poignée permettra de le suspendre au bras alors que jusqu'ici les dames passaient un doigt dans l'anneau à l'embout portant ainsi l'objet tête en bas. Cette mode persistera jusqu'à la fin du XIXème siècle. Dans les années 1830, la mode des manches énormes, des capotes à larges passes voit des ombrelles bombées de grand diamètre avec de longs manches droits, en tissu uni ou ornées d'un imprimé discret parfois en taffetas écossais.

William Henry Margetson

En 1839, l'ombrelle marquise est en vogue, petite, à manche plié en deux, destinée exclusivement à la voiture, mais aussi celle dite des Villanelles, de plus grande dimension, avec un système de bascule qui permet de la placer à la verticale, formant ainsi un écran. En 1840, les coiffures à bandeaux lissés et les manches plates voient l'ombrelle marquise minuscule, bordée d'un volant froncé. Elle redevient de taille moyenne les années suivantes, en forme de pagode, influence de la mode "à la chinoise", avec un très long manche. De 1850 à 1860, le diamètre des ombrelles diminue, les marquises redeviennent très petites et très bombées ; dentelles, satin, taffetas écossais, tissu imprimé, broché, broderies les recouvrent. Le manche brisé en ivoire est sculpté. Elles servent sous le Second Empire à protéger le teint de porcelaine des dames. Puis, leur volume augmentera de nouveau, et elles se pareront, et même se surchargeront de fantaisies, de volants de dentelle, de ruchés de taffetas, de franges de soie. Les manches longs et torsadés, se terminent par un anneau. A la fin du XIXème siècle, l'ombrelle est plutôt un accessoire de coquetterie que d'utilité, le style "tapissier" des tournures de l'époque s'y attache. D'énormes ombrelles très bombées, aux grands volants froncés, aux très grands manches, marquent le début du XXème siècle. Puis la mode change à nouveau et passe aux modèles vaporeux, soie, linon, entre-deux, dentelle, soie peinte à l'aquarelle gouachée. 

Ombrelle de mariage

Ombrelle de mariage, toute en dentelle (Photo internet)

En 1910, l'ombrelle dite "nécessaire" voit le jour. Le pommeau se dote de flacons de sels, boîte à poudre. La couverture est en satin, drapée de mousseline, de tulle. En 1912, ce sont les couturiers qui créent des ombrelles de dentelle, de broderie, les manches sont longs et effilés comme des cannes. L'usage de l'ombrelle comme modèle se retrouve dans la mode jusqu'en 1930. L'évolution de notre mode de vie ne nous permet plus hélas, d'utiliser ce charmant accessoire. Ces quelques lignes consacrées à l'histoire de l'ombrelle sont tirées du magazine la "mode parisienne". Idem dans nos recherches, peintures, gravures, photos, écrits, retrouvés sur le costume provençal ne font aucunement mention de l'utilisation de cet accessoire. La capeline semble être notre seule ombrelle.

capeline-femmes-chapeaux

Source : Le costume populaire provençal - Rode de basse Prouvenço - Musée des Arts et Traditions populaires de moyenne Provence - Edisud.

Ombrelle de satin

Ombrelle de satin blanc brodée de tiges de glycine, années 1890-1900, longueur 95 cm.
Photographie : Herman van Heusden et Ruud van der Neut (Photo du site fenêtres ouvertes sur l'Europe)