La Tour de l'Horloge de Draguignan, symbole de rébellion
La Tour de l'Horloge de Draguignan et ses démolitions successives témoignent du caractère rebelle de la ville. Les tours d'horloge encore appelées beffrois singularisent l'indépendance communale face au pouvoir central. Il n'y eut pas moins de quatre tours de l'Horloge à Draguignan. La première a été construite au XIème siècle. Elle était rattachée aux remparts de la forteresse qui protégeait alors la cité. Elle est détruite au XIIème siècle, tandis que souffle dans la région, un vent d'indépendance à l'égard du seigneur de Provence, Raymond-Béranger. En représailles, celui-ci fait détruire toutes les forteresses des alentours y compris celle de Draguignan et sa fameuse tour. En 1235, on érige la deuxième tour sur les vestiges de l'ancienne, appelée "Tour Royale". Elle prend alors le nom de "Tour Madame" suite à la venue de Jeanne 1ère d'Anjou, reine de Naples, au moment où elle devient comtesse de Provence. Cependant, devant le très mauvais état de la tour, le conseil de la ville décide sa destruction en 1509. La troisième tour a été bâtie en 1575, sur la butte conçue pour recevoir la première horloge publique. C'est à cette occasion qu'apparaît l'appelation de "Tour de l'Horloge". Puis, la Fronde éclate et ses conséquences sont particulièrement violentes à Draguignan qui prend part aux révoltes en tenant tête aux troupes royales qui encerclent la ville. Cette prise de position lui vaudra le châtiment du roi. Le 14 août 1659, un arrêt du Parlement de Provence, à Aix, ordonne que la tour soit rasée. En 1660, Louis XIV, fait un voyage en Provence et refuse d'accorder son pardon aux habitants de Draguignan. C'est le consul nommé à la tête de l'administration de la ville, Raphaël Aymar, qui réussit à persuader le roi de revenir sur sa décision. Enfin, la tour-horloge est reconstruite sous la direction de Guillaume Mouretti, un maçon italien, entre 1661 et 1662. Quant au campanile en fer forgé juché sur la tour, il n'apparaîtra qu'en 1723. Finallement, deux fois sur trois, la tour a été détruite suite à des élans de rebellion contre le pouvoir central.
Quelques précisions : La Tour de l'Horloge mesure 18 mètres de haut (24 mètres campanile compris). Le campanile a été crée par Tranon en 1665 puis réaménagé par Aillaud en 1723. Il abrite une cloche de six cents kilos. On y accède en gravissant 79 marches et de là, on a une vue panoranique sur Draguignan. La tour de l'Horloge peut se visiter pendant la période estivale, l'entrée en gratuite. A ses pieds a été aménagé un théâtre de verdure bordé par la chapelle Saint-Sauveur. La Tour de l'Horloge de Draguignan est aujourd'hui inscrite à l'inventaire des Monuments historiques.
Sources : D'après un article de journal du supplément du 25 mars 2012 et un texte paru dans Couleurs du var – Morceaux choisis – Conseil Général du Var
Bâtie sur le rocher, la Tour de l'Horloge défie le temps et les siècles.
(Photos de Nadine)