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 Une légende raconte que l'eau de la source de la Sainte-Baume (Var) serait les pleurs de Magdeleine repentante. Cette eau guérissait les maux d'yeux. Nombreux les pèlerins qui s'y rendaient dans ce but.

A La Ciotat (Bouches-du-Rhône), la source de Fontsainte est une source intermittente, qui provenait sans doute d'une grotte avec un réservoir qui se remplissait et se vidait plus ou moins vite. Cette source a disparu avec sa fontaine lors des destructions allemandes en 1944. Vers l'an 800, dit la légende, elle se mit à bouillonner si fort qu'elle réveilla les gens des alentours et leur permit ainsi de repousser une attaque surprise des Sarrasins. Un ermite s'établit au XIVè siècle près de la source et vendit l'eau miraculeuse. Son ermitage devenu prospère fut transformé en couvent par les Révérents Pères Servites vers 1550. Ils construisirent un superbe réservoir à la fontaine, qui fit des miracles jusque vers 1700. Puis, la foi se perdit et les Servites, ruinés, quittèrent la ville. De nos jours, peu de personnes connaissent cette légende.

On dit que sous Brignoles (Var) actuel, il existerait une ville souterraine. Dans certains endroits de la vieille ville, il est des maisons qui ont jusqu'à deux étages de caves, en profondeur. L'une d'elles, se trouvant rue du Palais, a, au plus profond, un trou d'eau. Son propriétaire rapporte qu'il a entendu dire par son père, qui le tenait de plus loin, qu'on y baptisait là les premiers chrétiens. Le plafond de cette cave est très haut, il est en plein cintre. Le tout est contruit en bel appareillage de pierre de taille.

Chartreusedemontrieux

 Autrefois, on allait à la Chartreuse de Montrieux (Var) où une source prédisait aux jeunes filles si elles se marieraient dans l'année. Il suffisait de jeter une des feuilles de l'arbre voisin dans son eau. Si cette feuille était emportée par le courant, le voeu se réalisait, si elle tournait sur place, le célibat était certain.

A Marseille, trois puisatiers étant descendus pour curer le grand puits situé près de la cathédrale de la Major, tombèrent comme foudroyés.  On suspendit les travaux et les Marseillais ayant voulu connaître la cause de ses accidents, on leur apprit qu'ils étaient dus à un serpent redoutable et monstrueux qui vivait au fond et dont le regard seul était mortel pour les hommes.

Il existe à quelques kilomètres  de La Roquebrussanne (Var) un lac d'effondrement : le Grand Laoutien, dont l'aspect cratériforme a fait croire à une origine volcanique. Il y a une centaine d'années, on décrivait encore les éruptions de cet imaginaire ancien volcan. Le deuxième dimanche de mai avait lieu une procession au bord du lac, au cours de laquelle, le prêtre bénissait les eaux en les partageant en forme de croix pour éviter le réveil du volcan. On prétend que, lors du tremblement de terre de Lisbonne, en 1755, les eaux se teintèrent de rouge. On raconte que les habitants du hameau de Peïboulaun, situé au sommet d'une montagne voisine, se seraient effrayés à la vue du prétendu volcan en éruption, et auraient abandonné leurs demeures pour fonder le hameau des Molières.

Dans la commune de Bras (Var) entre Barjols et Brignoles, se trouve un étang de minime étendue mais d'une profondeur relativement grande. Il passe, dans l'esprit des crédules de la localité, pour avoir une origine surnaturelle. Il y avait jadis, dit la tradition, un village à l'endroit où se trouve cet étang. Les habitants se laissaient aller à tous les vices et furent irrévérencieux pour la fête de la Sainte Magdeleine qui est très respectée dans le pays. Dans la nuit qui suivit cette fête, il survint un déluge d'eau qui dévasta la région et le lendemain matin, on ne trouva plus que l'étang actuel, à l'endroit où était jusque là le village. La chose est si vraie, et le châtiment est si palpable, que toutes les années, pendant la nuit qui précède la fête de Sainte Magdeleine, on entend distinctement les cris de douleur et de désespoir des malheureux villageois qui ont été condamnés aux supplices de l'Enfer.

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 Le lac de Besse (Photo Nadine)

A Besse (Var), il y a un étang qui possède une légende à peu près semblable à celle de Bras. Elle dit qu'un jour de Fête-Dieu, pendant que la procession faisait le tour du village, la population irrévérencieuse pour les choses saintes, s'amusait à chanter des chansons licencieuses. Lorsqu'elle vit la Saint-Sacrement, porté par le curé que personne ne suivait, elle redoubla d'impiété. Le saint homme, outré de colère, éleva les bras au-dessus de sa tête, en disant : "Bon Dieu, punissez ces impies". Au même moment, un bruit effroyable se produisit, la terre s'ouvrit, le village entier disparut et une nappe d'eau le recouvrit à jamais. Lorsqu'on va près de l'étang, le jour de la Fête-Dieu, à l'heure précise où la procession se fit, le jour du cataclysme, on entend encore aujourd'hui le son des cloches, les chants religieux et les cris de désespoir des impies, succédant à leurs chants de débauche. (Lire mon article sur la légende du lac de Besse dans mon ancien blog http://www.transenprovence.org/article-le-legende-du-lac-de-besse-sur-issole-51110604.html).

Source : Extrait du livre "Le folklore de la Provence" Claude Seignolle - Ed. Hesse