Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

La Basse-Provence

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - Commentaires [50] - Permalien [#]
Tags : , ,


23 octobre 2018

Exposition : 1918... la fin de l'enfer

1918

Posté par Nadine de Trans à 01:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Des nouvelles de Nadine

Bonsoir à toutes et à tous,

l'exposition ainsi que le spectacle ont été un succès le dimanche 7 octobre. Il y avait énormément de monde. J'étais ravie, tout ce passait à merveille. Le lendemain tout a basculé. Je faisais la permanence du lundi après-midi et là, je me suis prise les pieds dans les pieds d'un panneau. Je suis tombée et après avoir été conduite à l'hôpital par les pompiers, on m'annoncé que mon poignet droit était cassé. Mon radius était en miettes. J'ai été opérée le lendemain et le chirurgien m'a posé une plaque et des vis. Je suis rentrée chez moi le vendredi. Pour se débrouiller avec la main gauche quand on est droitière, je ne vous raconte pas la galère ! Bref, j'en ai pour 6 semaines si tout va bien. Alors donc, pour le moment je ne peux pas écrire. 

Si vous voulez voir des images de l'exposition et du spectacle, il faut aller sur le site de la mairie de Trans en Provence. Voilà le lien : https://www.transenprovence.fr/index.php/le-village/actualite-archives/814-exposition-et-spectacle-sur-notre-commune-de-trans-en-provence

Je vous dis à plus tard fidèles lectrices et lecteurs. A présent, je n'ai plus qu'à prendre mon mal en patience. Merci de continuer à venir lire mon blog tout de même, il y a sûrement des articles que vous n'avez pas lu ou que vous désirez relire. 

Nadine

 

Posté par Nadine de Trans à 00:51 - Commentaires [8] - Permalien [#]

16 septembre 2018

Exposition : Trans et les Transians au fil du temps

 

Bonjour à toutes et tous,

vous avez remarqué que je ne poste plus d'articles depuis un mois. En fait, je n'ai pas le temps car je prépare mon exposition de photos et cartes postales anciennes de Trans en Provence. La paroisse reçoit Monseigneur Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, pendant quatre jours au mois d'octobre et Monsieur le curé m'a demandé de présenter à nouveau l'exposition que j'avais faite en 2006 à l'Hôtel de ville. Cette exposition avait eu à l'époque un énorme succès et j'avais vu défiler pendant neuf jours plus de 2 000 visiteurs, ce qui a été pour moi une sacrée surprise et une magnifique reconnaissance de mon travail. Donc, cette nouvelle exposition, enrichie d'autres panneaux de photos et de cartes postales, sera présentée du 7 au 10 octobre 2018 à la salle polyvalente de Trans en Provence. Le 7 octobre, à 19 heures, il y aura l'inauguration de mon exposition : "Trans et les Transians au fil du temps", puis à la suite, un spectacle intitulé : "Trans au fil des siècles" présenté par les paroissiens de Trans en Provence et de La Motte qui dure environ une heure et qui résumera l'histoire, au combien riche, de notre village. Ensuite, un buffet dinatoire offert sera proposé.

Je mets ci-dessous le deux affiches de ces manifestations.

Dans la semaine, l'exposition sera ouverte de 10 h à 12 h et de 15 h à 18 h. J'espère que les Transians seront à nouveau fidèles comme en 2006 et viendront nombreux se replonger dans leur passé. Je serai présente l'après-midi des 8, 9 et 10 octobre. Un grand merci d'avance à vous toutes et tous.

Bonne exposition et bon spectacle !

Trans et les Transians au fil du temps-Exposition affiche

TRANS EN PROVENCE Spectacle affiche

 

Posté par Nadine de Trans à 18:31 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

18 août 2018

La tarasque de Tarascon

 

Chateau-de-tarascon

Le château de Tarascon sur les bords du Rhône (Photo internet)

Figure emblématique des multiples dragons qui hantent les contes et légendes de la Provence, la tarasque est née au bord du Rhône, dans une grotte aquatique, sous l'emplacement du château de Tarascon.
Dévoreuse des faibles, des femmes et des enfants, démolisseuse de digues et de barrages, rompus pas sa terrible queue, elle est l'image effrayante des débordements du fleuve. Son mythe se complète de l'intervention victorieuse de sainte Marthe, la soeur de Marie-Madeleine, hôtesse de Jésus à Béthanie, venue dans la barque des proscrits de Judée pour annoncer la Bonne Nouvelle en Provence.

 Sainte-Marthe

Peu après son débarquement, Marthe apprend l'existence du monstre, elle va à sa rencontre, le soumet en lui passant sa ceinture autour du cou et le ramène à Tarascon, où il est massacré par la foule. Voué à sainte Marthe, sa patronne, Tarascon devient un lieu de  fréquenté dès les Ve et VIe siècles, et visité par saint Louis (Louis IX) et Charles d'Anjou. La victoire de Marthe est, de très longue date, commémorée par des fêtes autour de la Pentecôte et le 29 juillet, jour de la fête de la sainte.

Tarasque

Organisée pendant des siècles de façon très irrégulière, la fête de la Tarasque, proche de la Pentecôte et de ses jeux de charité, obéissait à un rituel qui faisait intervenir brutalement le monstre de carton et de toile dévalant les rues de la ville et balayant impitoyablement de sa queue tous ceux qui, l'ayant défié, n'étaient pas assez dégourdis pour lui échapper. Une forme de réjouissances qui n'est pas sans rappeler l'atmosphère des abrivado, des lâchers de taureaux ou des courses libres. Au XIXe siècle, la tarasque courut ainsi en 1846, 1861, 1891... et, plus près de nous en 1946. Plus paisible et plus régulière, la fête annuelle du 29 juillet (ou du dimanche avoisinant) retrouve, dans une ambiance de corso, une tarasque pacifique escortée du bedonnant Tartarin et de ses compagnons Bézuquet et Costecalde. D'ici à ce qu'un moderne Daudet fasse du "terrible" chasseur le vainqueur de la Tarasque !

 Source : L'Almanach de la Provence - Editions Larousse 2003.

A lire ou relire également : Le drac de Baucaire.

Le drac de Beaucaire - Passion Provence

Beaucaire est une charmante bourgade provençale située dans le Gard, sur la rive droite du Rhône. Cette cité très ancienne, fondée au VIIème siècle avant J.C., abrite des légendes qui remontent à la nuit des temps. On conserve dans les réserves du musée du Vieux-Beaucaire, des battoirs de lavandières ornés d'un côté, de figures reptiliennes.

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , ,


12 août 2018

Le Provençal et les dialectes provençaux

 

Vieille rue

Vieille rue (Photo Nadine) dont la plaque indique :

"Souleiado de la Capello dou Segnour"
Terrasses de la Chapelle du Seigneur

Le provençal est une langue romane de la famille des langues d'oc. Il est issu de l'évolution du latin populaire, et est parlé sur un territoire qui déborde de celui de la Provence historique et culturelle proprement dite. Comme toute langue, le provençal est dialectalisé.

Les dialectes provençaux

- Le rhodanien est parlé dans les parties occidentales des actuels départements du Vaucluse (Vau-Cluso) et des Bouches-du-Rhône (Bouco-dóu-Rose). Il est également parlé en Languedoc, autour du Nimes (Nime), du Rhône (Rose) à la Vidourle (Vidourlo).

  - Le maritime et intérieur (ou "méditérranéen") est parlé dans les parties orientales des actuels départements du Vaucluse (Vau-Cluso) et des Bouches-du-Rhône (Bouco-dóu-Rose), dans tout l'actuel département du Var (Var), dans la majeure partie de l'actuel département des Alpes-Maritimes (Aup Maritimo) et dans la moitié sud de l'actuel département des Alpes de Haute-Provence (Aup de n-Auto Prouvènço).
Le provençal maritime a des règles linguistiques qui lui sont propre : les pluriels se forment en -ei ; une chute très marquée de nombreuses consonnes est produite ; les o sont souvent diphtongués et la conjugaison possède son lot de spécialités.
Pour exemple, la phrase  "Les belles filles jouent tous les jours sur la colline" :
- en provençal rhodanien, cela donne : "Li bèlli chato jogon tòuti li jour dins la colo".
- en provençal maritime, cela donne : "Lei bèllei fiho juegon tòutei lei jou dins la couelo".

 - Le gavot, ou alpin est parlé dans la moitié nord de l'actuel département des Alpes de Haute-Provence. Hors de Provence, le gavot est parlé en Dauphiné dans tout l'actuel département des Hautes-Alpes (Àuteis-Aup), dans une frange sud-est de l'actuel département de l'Isère (Isero), et dans les vallées provençalophones du Piémont (Val Maire, etc.).

- Le drômois, ou dauphinois n'est parlé qu'hors de la Provence proprement dite, en Dauphiné : majeure partie de l'actuel département de la Drôme (Droumo), c'est-à-dire le Diois et le Valentinois, frange sud-ouest de l'actuel département de l'Isère (Isero).

Le nissart et le vivarois

Linguistiquement très proche du provençal, le Nissart doit être considéré comme une langue à part entière, car telle est la conscience linguistique de ses locuteurs, qui se sentent Niçois et non pas Provençaux. Voici quelques caractéristiques du Nissart.

- Article défini pluriel différent au masculin et au féminin : lu - li.

- Conservation du a final atone au féminin, devenu o en provençal : Nissa la bella, pichina (petite), etc.
- Le nissart connaît, comme l’italien, des mots accentués sur l’antépénultième syllabe.

- Le nissart n'utilise que l'adjectif possessif plein, comme l'italien : français "mon cheval", provençal moun chivau / moun cavau, nissart lou miéu cavau, italien il mio cavallo.

Les parlers du Vivarais sont très proches du provençal drômois. Mais les gens du Vivarais n'ayant aucune conscience de parler provençal, et ayant une conscience identitaire vivaroise très forte, leurs parlers ne peuvent être considérés que comme formant une langue autonome composée de trois dialectes, le haut-vivarois, le boutierot / le vivarois-moyen et le bas-vivarois.
Le vivarois s'écrit avec une graphie similaire à celle du provençal, avec quelques adaptations dues aux différences phonétiques.

Source : Internet - Site Voilà des langues

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

06 août 2018

Une coutume du Moyen-Age conservée jusqu'à la Révolution

Promenade

Village médiéval, Villecroze, situé à l'ouest de Draguignan entre Tourtour et Salernes est surtout connu pour ses falaises de tuf trouées de grottes. Ces curiosités naturelles valent le détour et une promenade dominicale. Mais savez-vous que ce pittoresque village a conservé jusqu'à la Révolution une coutume moyenâgeuse : la promenade ? Celle-ci n'avait rien de touristique ; elle permettait plutôt à ses habitants de se racheter une bonne conduite, car à l'époque on ne badinait pas avec la bonne moralité à Villecroze !

Les "mauvaises langues" du village qui, par leurs travers, portaient tort au voisinage étaient ramenées à de meilleurs sentiments après une promenade dans toutes les rues, une ou deux pierres attachées autour du cou... On réservait aux couples adultères une promenade plus humiliante : la femme coupable se voyait condamnée à errer à travers le village, nue sur un âne, la tête tournée vers la queue de l'animal auquel on avait attaché son compagnon, nu également. Les badauds pouvaient châtier le couple à coups de bâton ; on supprima plus tard la correction par trop exagérée.

Comment punissait-on les coupables de menus larcins à Villecroze ? Par une promenade. Les maraudeurs, voleurs de fruits, de quelques volailles ou brassées d'épis de blé étaient condamnés à se promener dans le village avec souvent le port autour du cou d'une pancarte sur laquelle était inscrit l'objet du délit.

Le propriétaire lésé demandait souvent une promenade à ces maraudeurs plutôt qu'un dédommagement. Ce châtiment devait avoir des vertus curatives...

Le conseil municipal de Villecroze délibéra même sur le sort à infliger à une voleuse de poule. Elle fut condamnée à faire "le tour du village, par tous les lieux et carrefours avec la poule pendue au col, escortée par la garde nationale". Après quoi, le volatile fut vendu au profit de son propriétaire.

Non vraiment, autrefois on ne badinait pas avec les bonnes moeurs à Villecroze...

Source : Almanach pittoresque et pratique du Var 1992 - Maryse Pèbre et Monique Rieupouilh - Ed. Var Matin.

 village photo

Les fameuses grottes de Villecroze

 

 

31 juillet 2018

Draguignan : le circuit de l'eau

 

Draguignan.jpg

Dès le Moyen Age, la ville de Draguignan fut confrontée à des problèmes d’alimentation en eau : la Nartuby coule à 2 km au sud de la ville avec un débit inconstant. A l’époque moderne, elle se tarit en période de sécheresse. Il faut cependant distinguer deux eaux : l’eau "industrielle" et l’eau "alimentaire".

Porte dragon

La Porte Aiguières (Photo Nadine)

La première, dans l’ordre historique, était réservée aux activités industrielles (mécanique des moulins, teintureries, mégisseries) ainsi qu’à l’irrigation des terres agricoles en amont de la Porte Aiguières ou Porte des eaux. Cette eau industrielle est captée à 4 km à l’Ouest, près du pont de la route d’Ampus. Elle est acheminée par un canal dit "le canal des Moulins" ou "canal des arrosants" ou encore "canal de la Reine Jeanne".

La deuxième, l’eau alimentaire, est captée sur les flancs du Malmont (étymologie = mauvais mont), qui domine Draguignan de ses 604 mètres d'altitude, dans le vallon des Rayollets et acheminée par un aqueduc à ciel ouvert qui deviendra au fur et à mesure souterrain, pour venir alimenter les fontaines de la cité. La structure modernisée au XVIIIe siècle existe encore : depuis la source proche de la Vieille route de Figanières, jusqu’à la Porte de Grasse (de nos jours, disparue). La géologie nous apprend que le territoire de Draguignan se développe sur des assises sédimentaires du début de l’aire secondaire : trias et jurassique. (Etude de René Cova, bulletin de la Société d’Etudes, tome XXXVII).

Au niveau de la Tour de l’Horloge, le rocher est un promontoire calcaire plus dur que toute sa périphérie. Il a résisté à l’érosion (eau, vent, gel), ses alentours étant une vaste zone d’effondrement suite à la dissolution des couches de gypse. Il culmine à 240 mètres. Le castrum médiéval va s’y installer. La cité comtale puis la ville royale vont venir s’enrouler autour de celui-ci. Au point du vue géologique, le pied du rocher est constitué par des zones effondrées par dissolution du gypse. Voyons maintenant les différentes rues qui constituent le "cicuit de l'eau".

Rue du Piquet Vieux

Elle doit son nom à l’impôt sur la farine que l’on percevait à cet endroit (XVIIe siècle).

Rue des Marchands

Appuyée au nord sur le rempart du XIIIe/XIVe siècle, elle relie la place du Marché à la Place aux Herbes. Au carrefour rue du Piquet Vieux - rue des Marchands - rue de Trans se situait au Moyen-Age l’Hôpital Saint Jacques qui accueillait pèlerins, voyageurs et malades à l’entrée de la ville.

Rue de Trans

Premier faubourg de la cité et véritable artère jugulaire de la ville jusqu’au milieu du XIXe siècle, elle était le passage obligé pour Fréjus ou encore l’Italie. Portant les armes de la ville, cette Tour-porche, qui date de 1245, jadis fermée par une lourde porte et garnie d’une herse, était précédée du fossé enjambé par le pont-levis et défendu par une barbacane (ouvrage de fortification avancée qui protégeait un passage, une porte, qui permettait à la garnison d'une forteresse de se réunir à un point saillant à couvert).

Porte Romaine

La Porte Romaine (Photo Nadine) 

Place aux Herbes et Porte Romaine

Le fossé comblé et la barbacane détruite ont donné naissance à la place où l’on vendait les légumes dès le XVIe siècle. La pharmacie au coin de la place reçut en 1833 le jeune Hippolyte Mège-Mouriès (1817-1880) comme stagiaire en officine. Auteur de travaux remarquables notamment sur le pain, il inventa la margarine (1869).

Le Café des Mille Colonnes, qui fait face à la pharmacie, est l’un des plus anciens lieux de convivialité de France : une auberge dans ses murs est attestée dès le XVe siècle… Au n°4 se trouve la maison natale de Claude Gay (1800-1873), pharmacien, grand naturaliste, membre de l’Académie des Sciences (1856), citoyen d’honneur du Chili.

Rue Blancherie

Son étymologie vient du provençal blancarié, où se trouvaient les mégisseries qui blanchissaient les peaux.

Lavoir-de-Capesse-Draguignan-83

Lavoir de Capesse (Photo Nadine) 

Rue Capessse

Son étymologie vient d’une habitante venant de Gap : Gapesse devenant Capesse). Son lavoir date de 1639, le sol était caladé (pavé de galets). Le lavoir, haut lieu de mémoire et de bavardages… Au Nord, l’on aperçoit les bâtiments du couvent de l’Observance (1501) et à l’Est le couvent des Minimes avec son clocher décalé (1706).

Rue de l’Observance

Elle doit son nom au couvent situé plus loin. Rue de l’aristocratie et des hommes de Loi sous l’Ancien Régime, on remarquera ses maisons et leurs portes.

 Kisfaludy

Au-dessus de la porte du numéro 46 figure le portrait de Sandor Kisfaludy et une plaque à son nom rappelle qu'il a habité cette maison  (Photo Nadine). Au n°46 séjourna en 1796 Sandor Kisfaludy, officier hongrois fait prisonnier en Italie par le général Bonaparte. Ce dernier deviendra le chantre de la poésie hongroise inspiré par une jeune dracénoise Julie Caroline d’Esclapon habitant au n°31. La porte du n°21 présente des symboles maçonniques.

Place de l’Observance

Au Moyen Age, elle était traversée par le canal "dans lequel tombaient tous les jours des petits enfants". Il fut voûté en 1638. Au n°2 s’élevait la "Maison du Roi" édifiée dès 1591. Elle abritait le Palais de Justice et la Conciergerie ou prison.

Eglise et couvent de l’Observance (1501) : des Frères Mineurs de la Régulière Observance.

L'Observance est le seul des cinq couvents de la ville de Draguignan parvenu jusqu'à nous dans son intégralité. L'église est un vaste édifice de style gothique, sobre et flanqué au levant d'un cloître rectangulaire. La nef comporte quatre travées. La voûte repose sur des arcs doubleaux légèrement brisés et des arcs à croisées d'ogives retombant sur des pilastres. Le mur gouttereau oriental est éclairé de 3 fenêtres hautes. Le mur gouttereau occidental s'ouvre par cinq arcades ogivales sur autant de chapelles voûtées en croisées d'arêtes. Le choeur est pentagonal. Sa voûte est à croisées d'ogives avec clef. Un jubé (disparu) de 9 mètres de haut, fermé par une grille isolait un vaste choeur à double rangée de stalles. Le clocher a été remplacé par un petit campanile. Les bâtiments claustraux comptaient 22 cellules pour les frères franciscains réformés de la stricte Observance, l'appartement du prieur avec terrasse donnant sur un jardin, un réfectoire, une sacristie, des écuries... Les galeries du cloître sont ouvertes par des arcades cintrées. Elles étaient décorées de fleurs symboliques. Une Descente de Croix est encore visible. Du couloir sud partait le grand escalier menant au premier étage. L'Observance de Draguignan fut la première installation de l'ordre dans le diocèse de Fréjus. Elle résulte d'une donation des quatre frères Fabre et de Louis de Villeneuve, marquis de Trans et de sa fille Charlotte, veuve Grimaldi. La construction commencée en 1501, dura plus de 16 ans, utilisant une partie des pierres du donjon de la ville, démoli en 1509. A l'intérieur furent inhumés des Villeneuve-Trans et d'illustres dracénois comme Boniface de Trans et Fouque la Garde, et dans le cimetière du chevet, des victimes de la peste (1522). Les combles de la nef recevaient les anciens ossements. La tradition veut que le frère Simon Boudet ait introduit ici la culture de la tomate en Dracénie. Le couvent connut bien des vicissitudes : place forte lors des guerres de Religion (1576) et de la Fronde (1649), tribunal de Sénéchaussée (1693), hôpital militaire pour les alliés Espagnols (1742), entrepôt pour le fourrage des cavaliers austro-sardes (1746), loge maçonnique "Saint-Jean" (1785) puis "Le triomphe de l'Amitié". Vendu comme Bien National à la Révolution, l'époque moderne en fit une fabrique de bouchons, un magasin de fruits et légumes, un garage pour l'autobus "Draguignan-Saint-André-les-Alpes", c'était un véritable capharnaüm quand la commune de Draguignan en fit l'acquisition puis la restauration. Aujourd’hui la chapelle de l'Observance est un lieu d'expositions culturelles (peintures, sculptures...). Départ de l’église pour la visite des Enfers (Infers) : salle de bassins de décantation des eaux résiduelles des moulins.

Rue des Moulins

Dénommée "rue des Enfers" jusqu’au XIXe siècle. L’accès aux cinq bassins de décantation des eaux grasses se fait en visite guidée exclusivement. Cet aménagement daté du XVIIe siècle (délib. Conseil Communal : 3 avril 1663) permettait aux savonniers de récupérer les eaux grasses issues des moulins et le revenu était employé au service des pauvres. 

Rue de l’Observance

Au n°15. l'Hôtel Giraud-La Garde, façade du XVIIe siècle, six générations d’avocats s’y succédèrent. Emmanuel François Giraud de La Garde d’Agay (1653-1742) fut lieutenant général des Soumissions et Subdélégué de l’Intendant de Provence.

Porte Honoré Muraire

 Plaque Honoré Muraire

Porte et plaque de la maison natale d'Honoré Muraire (Photos Nadine)

 Au n°14, la maison d’Honoré Muraire (1750- 1836), député du Var à la Révolution, devenu 1er Président de la Cour d’appel de Paris.

Au n°13, Hôtel Brun-Castellane(façade du XVIIIe siècle). Marc Brun de Castellane, Lieutenant de Sénéchaussée, considéré comme Frondeur, fut assassiné en 1649.

Au n°5 et 5 bis, le canal traverse la cour où existait un moulin. Le mécanisme (pressoir, engrenage, cuve) est exposé au musée des ATP. On aperçoit une meule sur le sol.

Les n°3 et 3bis abritent le Moulin de l’Horloge.

Le n°1 abrite Lou Calen. Ces deux moulins sont attestés depuis plus de six siècles. Mis aux normes européennes ils donnent la meilleure huile de la région.

Rue des Tanneurs

Jadis rue du Bàrri (du provençal : rempart) la tannerie s’y installa au XVIIIe siècle. Le rempart de la cité Comtale était renforcé par des tours carrées en saillie dont une rescapée est visible dans cette rue. Elle date du XIVe siècle.

Place des Tanneurs

L’arrivée en eau potable provenant de la source des Rayollets conduit à une chambre quadrangulaire qui abrite un bac de partage des eaux jadis régulée par les fontainiers.

Elle alimentait quatre fontaines dont certaines ont disparu de nos jours : à la place Portaiguières (disparue), à l'actuelle place Roger Fréani (1613) anciennement place du "Marché-neuf" puis "place de la Halle" enfin "place de la Poissonnerie", une autre fontaine au "Haut du Marché" (disparue), et une autre au "Bas du Marché", surmontée du buste du baron d’Azémar.

Place Portaiguières

(Provençal porto aiguiero - porte des Eaux) La Tour-porte comme la Porte Romaine date du XIIIe siècle. A cette époque existait un puits public, puis une fontaine et l’arrivée du canal des Moulins.

Rue du Jardin des Plantes

Jadis rue des Blanqueries, c’est-à-dire des mégisseries (XIIIe siècle).

Boulevard de la Liberté.

On franchit le IIIe rempart (XVIe-XVIIe siècle) en prenant le passage protégé.

Rue Folletière et le Grand Lavoir

(Date du XIXe siècle). Avec sa toiture en tuiles, ses deux bassins bordés de platanes centenaires, ses étendoirs encore en place et le coin de la "bugade". Ici arrivent les eaux dérivées de la Nartuby depuis le pont de la route d’Ampus.

Source : D'après la nouvelle documentation parue en 2010 sur le circuit de l'eau éditée par la Communauté d'Agglomération Dracénoise.

Le-grand-lavoir

 

25 juillet 2018

La tarente : un animal de Méditerranée

 

Tarentola_mauritanica

Tarente se chauffant au soleil (Photo internet)

L'espèce Tarentola mauritanica, connue sous le nom de tarente ou tarente de Maurétanie en France, est un lézard principalement arboricole et nocturne vivant sur le pourtour méditerranéen.
C'est un gecko de taille moyenne (maximum 15 cm pour les plus gros spécimens). Il a un aspect trapu, avec une queue relativement longue. Sa peau est rugueuse d'aspect, parsemée de petites protubérances. Sa couleur va du beige clair au brun sombre, irrégulière, et peut varier en fonction du moment de la journée (plus ou moins sombre pour réguler la température). Il est pourvu de pelotes adhésives sous les pattes, qui lui permettent de se déplacer dans les arbres et sur les murs et même sur les vitres des maisons et au plafond. Il est principalement nocturne, mais il est parfois actif en début de matinée et en fin de journée.

Le nom de cette espèce, mauritanica, vient du grec puis du latin mauritania ou mauretania, la Maurétanie qui est une région au nord-ouest de l'Afrique (à ne pas confondre avec l'actuelle Mauritanie). On trouve ce gecko sur tout le pourtour méditerranéen, parfois relativement loin à l'intérieur des terres. En France, on le trouve près des côtes mais également plus à l'intérieur (Provence, Côte d'Azur, Corse, Languedoc-Roussillon...). On le trouve également dans de nombreux autres pays et îles : Portugal, Espagne, Italie, Madère, Yougoslavie, Grèce, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte, Uruguay, États-Unis (où il a été introduit)…

Ces geckos affectionnent les zones pierreuses et les broussailles clairsemées. Ils se sont également très bien adaptés à l'homme et on peut fréquemment les voir sur les murs, en particulier près des éclairages - où se trouvent les insectes. Ce gecko est strictement insectivore. Il consomme la plupart des insectes de taille adaptée c'està-dire : grillons, sauterelles, blattes…, y compris des insectes volants tels que papillons, mouches, etc…

 Tarentola_mauritanica

La tarente est un animal très vif, capable de courir très rapidement sur toutes les surfaces, et de sauter très rapidement (par exemple entre le sol et une branche). C'est également un animal craintif qui ne se laisse pas facilement approcher. Les mâles sont très territoriaux. Ils ne se tolèrent pas, et peuvent se battre entre eux.
Ce gecko se reproduit au printemps, au retour des beaux jours. Les femelles pondent leurs œufs en plusieurs fois, enterrés dans le sol. Il est difficile de différencier les mâles des femelles. Les mâles sont en général un peu plus gros et trapus, et présentent un léger renflement à la base de la queue. Mais ces différences restent légères et difficiles à apprécier sans élément de comparaison.
Les pontes ont lieu entre la fin du printemps et le début de l'été. Chaque ponte compte en général deux œufs déposés sur le sol, parfois enterrés ou sous un élément (feuille, branche…). Il peut y avoir jusqu'à quatre pontes, espacées de quelques semaines. Les œufs éclosent après environ 30 jours à 25-30°C (la température moyenne influe sur la durée d'incubation). Les œufs sont assez fragiles car un retournement peut décrocher l'embryon de sa poche d'air, et il meurt alors asphyxié.
Les petits, qui font environ 3 cm, ne mangent pas avant leur première mue, quelques jours après la naissance. Ils consomment de petits insectes, comme des micro-grillons. Il est à noter qu'il n'y a aucune "reconnaissance" entre les petits et les adultes. Ces derniers peuvent même à l'occasion manger les petits ayant une taille adaptée.

Source : D'après Wikipédia - l'encyclopédie libre.

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

19 juillet 2018

L'Argens

Argens1

 L'Argens (Argenç en occitan provençal selon la norme classique ou Argèns selon la norme mistralienne) est un fleuve côtier français, dont le cours est entièrement situé dans le département du Var.

Il traverse le centre du département d'ouest en est. Il prend sa source à Seillons-Source-d'Argens (d'où le nom de ce village) à une altitude de 269 m, puis Châteauvert, Correns, Montfort-sur-Argens, Carcès, Le Thoronet, Lorgues,Taradeau, Vidauban, Les Arcs-sur-Argens, Le Muy, Roquebrune-sur-Argens, Puget-sur-Argens, Fréjus, puis se jette dans la mer Méditerranée, près de Fréjus. Sa longueur totale est de 116 km.
Ses affluents sont : le Blavet, l'Endre, la Bresque, le Caramy, l'Issole, la Cassole, la Ribeirotte, la Florieye, l'Aille, et la Nartuby.

L'Argens est un cours d'eau peu abondant, mais suffisamment fourni toute l'année qui cependant s'était retrouvé totalement asséché en septembre 2007. Son débit a été observé sur une période de 37 ans (1970-2007), à Roquebrune-sur-Argens, tout près de son embouchure dans la mer. Le bassin versant du fleuve y est de 2 530 km², c'est- à-dire sa presque totalité.

L'Argens présente des fluctuations saisonnières modérées. On y distingue deux périodes qui divisent l'année. Les hautes eaux se déroulent de l'automne au printemps et portent le débit mensuel moyen à un niveau situé entre 16 et 33 m³/seconde, d'octobre à mai inclus, avec un maximum fort net en janvier (32,8 m³) et février (29,0 m³). Dès fin mai s'amorce une décrue rapide qui mène aux basses eaux d'été, se déroulant de juin à septembre inclus, avec un minimum au mois d'août (moyenne mensuelle de 6,08 m³/seconde), ce qui est encore très confortable en Provence. Au total, les oscillations saisonnières sont relativement peu importantes. Cependant, les fluctuations de débit peuvent être beaucoup plus prononcées sur de plus courtes périodes et varient d'après les années. Les crues peuvent être très importantes pour un fleuve côtier au débit modéré. L'Argens suit en cela le modèle classique méditerranéen. Le débit instantané maximal enregistré a été de 748 m³/seconde le 7 janvier 1994, tandis que le débit journalier maximal était de 700 m³/seconde le 18 janvier 1978.
Au total, l'Argens est un cours d'eau assez peu abondant, si du moins on le compare à ses voisins orientaux tels le Var, l'Estéron ou la Siagne. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 222 millimètres annuellement, ce qui est plutôt médiocre, valant nettement moins que la moyenne d'ensemble de la France tous bassins confondus, et très inférieur à celle du Var (553 millimètres). Le débit spécifique du fleuve n'atteint dès lors qu'un modeste 7,0 litres/seconde et par kilomètre carré de bassin.

Source : D'après un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

13 juillet 2018

Les portes et les heurtoirs des maisons provençales

 

Trans-porte9

Porte à Trans en Provence (Photo Nadine)

Gardiennes de l'intimité et exposées aux regards, les portes d'entrée sont très soignées par les propriétaires. Elles peuvent être de forme droite ou cintrée, avec ou sans imposte, à simple ou double battant. Les hôtels particuliers et les maisons des notables en ont fait des objets de fierté. Avant le XVIIe siècle, c'est surtout l'encadrement qui est travaillé : des sculptures de pierre, mascarons et guirlandes, ornent les linteaux ; parfois des atlantes ou des cariatides montent la garde de chaque côté.
Le XVIIIe siècle voit l'essor de l'art des portes proprement dites grâce aux charpentiers de marine formés dans les chantiers navals de Toulon. Auparavant cloutées, parfois moulurées, les portes sont alors sculptées de colonnes, d'instruments de musique, d'angelots ou "putti", de têtes de faune, de guirlandes de fleurs et de fruits.

Trigance-porte12-

Portes cloutées à Trigance dans le Haut-Var (Photo Nadine)

Pour permettre aux visiteurs de s'annoncer, elles s'ornent aussi de heurtoirs en fer, bronze ou cuivre. A l'origine simples maillets suspendus aux huis, ces objets ont pris au cours des siècles les formes les plus fantaisistes. Des pommes de pin, des fleurs de lys, des coeurs entrelacés, des anneaux insérés dans des gueules de lion résonnent sur des contre-heurtoirs assortis.
Au XIXe siècle, leurs formes de poings ou de larmes inspirent le surnom de "pleureuses d'amour". L'apparition des sonnettes électriques a bien changé le son des visites et les heurtoirs ne sont plus forgés que pour la décoration...

Source : L'âme des maisons provençales - Elisabeth Bousquet-Duquesne -
Editions Ouest-France - 2004.

07 juillet 2018

L'accent, poème dit par Fernandel

Je suis fière d'être provençale et je le crie haut et fort ! Remarquez que je dirai la même chose si j'étais née ailleurs. Mais on ne choisit pas ses ancêtres. On est d'où on est, ou d'où on naît (quoique cela n'est pas toujours vrai), c'est comme vous voulez.

Tenez, voilà un sujet à réflexion...

Fernandel

De l'accent ! De l'accent ! Mais après tout en-ai-je ?
Pourquoi cette faveur ? Pourquoi ce privilège ?
Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord,
Que c'est vous qui pour nous semblez l'avoir très fort
Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde,
"Ces gens là n'ont pas le parler de tout le monde !"
Et que, tout dépendant de la façon de voir,
Ne pas avoir l'accent, pour nous, c'est en avoir...
Eh bien non ! je blasphème ! Et je suis las de feindre !
Ceux qui n'ont pas d'accent, je ne puis que les plaindre !
Emporter de chez soi les accents familiers,
C'est emporter un peu sa terre à ses souliers,
Emporter son accent d'Auvergne ou de Bretagne,
C'est emporter un peu sa lande ou sa montagne !
Lorsque, loin du pays, le cœur gros, on s'enfuit,
L'accent ? Mais c'est un peu le pays qui vous suit !
C'est un peu, cet accent, invisible bagage,
Le parler de chez soi qu'on emporte en voyage !
C'est pour les malheureux à l'exil obligés,
Le patois qui déteint sur les mots étrangers !
Avoir l'accent enfin, c'est, chaque fois qu'on cause,
Parler de son pays en parlant d'autre chose !...
Non, je ne rougis pas de mon fidèle accent !
Je veux qu'il soit sonore, et clair, retentissant !
Et m'en aller tout droit, l'humeur toujours pareille,
En portant mon accent fièrement sur l'oreille !
Mon accent ! Il faudrait l'écouter à genoux !
Il nous fait emporter la Provence avec nous,
Et fait chanter sa voix dans tous mes bavardages
Comme chante la mer au fond des coquillages !
Ecoutez ! En parlant, je plante le décor
Du torride Midi dans les brumes du Nord !
Mon accent porte en soi d'adorables mélanges
D'effluves d'orangers et de parfum d'oranges ;
Il évoque à la fois les feuillages bleu-gris
De nos chers oliviers aux vieux troncs rabougris,
Et le petit village où les treilles splendides
Éclaboussent de bleu les blancheurs des bastides !
Cet accent-là, mistral, cigale et tambourin,
A toutes mes chansons donne un même refrain,
Et quand vous l'entendez chanter dans ma parole
Tous les mots que je dis dansent la farandole !

Miguel Zamacoïs (1866-1955)
Extrait de La fleur merveilleuse

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

01 juillet 2018

La fée verte : l'absinthe

Absinthe

L'absinthe était jadis produite par distillation ou mélange d'essences. Aujourd'hui, certaines absinthes sont macérées puis filtrées, ce qui est un processus nouveau : celui du pastis (postérieur à l'absinthe), appliqué à l'absinthe.

Aucun traité de fabrication des liqueurs contemporain de l'absinthe ne mentionne une quelconque recette d'absinthe par macération uniquement. Les six plantes de base d'une absinthe sont la grande absinthe et la petite absinthe, l'anis vert, le fenouil, la mélisse et l'hysope.
Selon les recettes, d'autres plantes peuvent compléter la recette comme l'angélique, la coriandre, la véronique, le calamus, la menthe... Soit dans le processus de macération (avant distillation), soit dans le processus de coloration (après distillation).

Absinthe

Absinthe Paul Beucler par M. Ringel - Distillerie du Mont-Bart

Les liqueurs anisées extraites de l'absinthe sont nées dans le Val-de-Travers, dans le canton suisse de Neuchâtel, où une habitante, la mère Henriod, a mis au point au XVIIIe siècle un élixir d'absinthe à des fins thérapeutiques. L'élixir est diffusé dans le canton par le docteur Pierre Ordinaire. En 1797, le major Dubied en achète la formule et ouvre une première fabrique à Couvet (Suisse), avec son gendre, Henri-Louis Pernod.

En 1805, ce dernier monte sa propre distillerie de l'autre côté de la frontière, à Pontarlier, dans le département français du Doubs, au coeur des montagnes du Jura, à l'enseigne "Pernod et fils".

En 1830, lors de la conquête de l'Algérie, on conseille aux soldats de rajouter à leur eau de boisson quelques gouttes de liqueur d'absinthe afin de l'assainir et d'apaiser leurs dérangements digestifs. Les soldats y prennent goût et, de retour en France, continuent à consommer cette boisson aux vertus thérapeutiques.

L'absinthe inspire les artistes et les poètes comme Degas, Toulouse-Lautrec, Baudelaire, Verlaine ou encore Oscar Wilde. Ce dernier lui aurait donné son surnom de "fée verte". Mais elle possède une substance toxique, la thyone, qui attaque le système nerveux.

Edgar_Germain_Hilaire_Degas_012

L'absinthe par Edgar Degas

Aussi devient-elle à la fin du XIXe siècle synonyme de la dégradation de la condition ouvrière. Émile Zola la stigmatise dans un roman intitulé L'Assommoir (1877). Ses effets s'avèrent désastreux dans les tranchées de la Grande Guerre, d'où son interdiction par le gouvernement français (la Suisse l'avait interdite dès 1908).

Dès 1875, les ligues antialcooliques, les syndicats, les curés, les médecins, la presse, se mobilisent contre l'absinthe qui rend fou.

En 1906, la ligue nationale française antialcoolique recueille 400 000 signatures dans une pétition.

En 1907, une grande manifestation a lieu à Paris rassemblant les viticulteurs et les ligues anti-alcooliques. Leur mot d'ordre : "Tous pour le vin, contre l'absinthe ".

En 1908, le groupe antialcoolique qui s'est constitué au Sénat veut faire voter trois mesures :

- interdiction de l'absinthe ;
- limitation du nombre des débits de boissons ;

- suppression du privilège des bouilleurs de cru.

Ceci conduisit à son interdiction dans de nombreux pays, (en France le 16 mars 1915, en Suisse du 7 octobre 1910 au 1er mars 2005) car les ligues de vertus disaient d'elle qu'elle rend fou et criminel, fait de l'homme une bête et menace l'avenir de notre temps

En réalité, il est clairement dit dans le projet d'interdiction de l'absinthe en France que la boisson est interdite pour lutter contre l'alcoolisme. Extrait : "À diverses reprises, l'Académie de médecine a signalé le grand intérêt que présente, au point de vue de la santé publique et de l'avenir même de la race, l'organisation en France d'une lutte active contre l'alcoolisme. De son coté, l'Académie des sciences a, au cours d'une de ses récentes séances, apporté à ces vues l'appui de sa haute autorité en émettant un voeu pressant en faveur de l'adoption prochaine de diverses mesures propres à enrayer le fléau. Il a paru au gouvernement que le moment était venu d'entrer résolument dans la voie qui lui était ainsi tracée et qu'il convenait notamment de réaliser, dès à présent, une des mesures qui de tout temps ont été considérées, à juste titre, comme pouvant le plus aisément contribuer pour une large part à la restriction du mal : mettre un terme à toute consommation de l'absinthe et des liqueurs similaires".

Ricard

Mais en 1920, sous la pression des distillateurs, les alcools anisés sont à nouveau autorisés en France. En 1932, un jeune Marseillais du nom de Paul Ricard commercialise une variante de l'anis de Pontarlier sous le nom de "pastis" (d'après un mot provençal qui signifie mélange ou confusion). Consommé avec modération et noyé dans beaucoup d'eau fraîche, il a acquis ses quartiers de noblesse grâce à l'écrivain Marcel Pagnol.
En 1988, un décret européen autorise et réglemente la présence de thuyone (huile essentielle de la grande et de la petite absinthe) dans les boissons et l'alimentation, ce qui permet techniquement de produire à nouveau de l'absinthe en Europe.

En 1999, la première absinthe française depuis 1915 est produite : la Versinthe verte, qui contient de la grande absinthe. Son apparition et son étiquetage (absinthe) met en évidence un hiatus entre le décret européen de 1988 et l'interdiction de l'absinthe en France de 1915 toujours en vigueur. Plutôt que d'abolir cette loi, le gouvernement pare au plus pressé en votant un aménagement du décret européen et en attribuant une nouvelle appellation légale à l'absinthe : "spiritueux aromatisé à la plante d'absinthe" et en complètant la règlementation européenne d'un taux de fenchone et de pinocamphone à ne pas dépasser.

Depuis le 1er mars 2005, la distillation de l'absinthe est à nouveau autorisée en Suisse, afin de pouvoir demander une AOC et ainsi protéger l'appellation (à condition, entre autres, que la teneur en thuyone ne dépasse pas 35 mg/l).

Absinthe-glass

Verre d'absinthe et cuillère pour faire fondre le sucre

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

26 juin 2018

Une lampe à huile d'antan : le calen

Calen

Un calen (Photo Internet)

C'est un petit objet, presque rien, un objet bien provençal qui servait autrefois pour s'éclairer. C'est l'Adam de tous les modes d'éclairage qu'a créé le genre humain. Depuis des années et des années, il est là, pendu dans l'âtre, tout près de la grosse crémaillère, comme un vétéran qu'on oublie ; la fumée l'a noirci, un reste d'huile a formé une sorte de poix au fond de l'ouvette.

Les torsades de la tige de suspension semblent être effacées ainsi que les diverses moulures dont il était enrichi ; l'ensemble a perdu son brillant de vieille argenture. Il est toujours bien vivant, malgré cette retraite... Il repose et médite, peut-être la gloire et le bonheur de ces campagnes qu'on a abandonnées. 
Au manteau de cette cheminée, qui apparaît immense, est encore l'anneau de cuivre rouge où on le suspendait le soir aux longues veillées de l'hiver. C'est la vie de nombreuses générations qui valse dans notre mémoire comme des feux follets, avec des alternatives de joie, de bonheur, de misère, de peines.
C'est l'histoire de la Provence, c'est l'histoire de France, c'est celle du monde, c'est la nôtre avec toutes ses grandeurs, sa noblesse et aussi ses fadeurs.

Reconstitution-cuisine-Ecolo-de-la-Targo

C'est le témoin des précédents de nos origines, c'est le survivant des tempêtes qui secouent les hommes. Sa flamme vacillante, fumante, a souvent été éprouvée par les vents qui précèdent les révolutions. Tolérante, elle a subi les outrages de bien des bassesses ; indulgente, elle a éclairé successivement tous les régimes sans toutefois pour cela briller avec plus ou moins d'éclats pour les rois, les empereurs, les dictateurs ou les républiques. Elle donnait tout ce qu'elle pouvait et pour le bien de tous.
Le Calen présidait aux soirées de fêtes, de joie, aux rassemblements familiaux. Sa lumière s'épanchait tremblotante les soirs de douleurs et de deuil. Et s'il pouvait s'exprimer en un beau langage accessible à tous les humains sans distinction de races ni de couleurs, s'il pouvait, dans un abandon voluptueux, dire tout ce qu'il pense des hommes, de leurs ivresses, de leur faiblesse de leur héroïsme, de leur cynisme et aussi de leurs hontes parfois, s'il pouvait tout cela, on serait à la fois émerveillé et conquis, on aurait pour lui beaucoup plus d'attention.
 
Auteur : F. Nivière du Luc dans Mémoire d'un Peuple - Association de Maintenance des Traditions provençales.
Ancienne-lampe-à-huile

20 juin 2018

Le livre de raison

Livre de raison

 En Provence plus qu'ailleurs, le chef de famille exerçait une autorité absolue sur femme et enfants, autorité patriarcale qui devait être respectée sans mot dire. Il conservait encore cette autorité sur ses enfants qui, arrivés à l'âge adulte, avaient fondé leur propre foyer. Tous les membres de la famille le consultaient sur les problèmes importants, et rien ne se faisait sans son approbation. A sa mort, l'autorité passait à l'aîné des enfants mâles qui conservait désormais chez lui le livre de raison. On appelait livre de raison le grand registre sur lequel étaient consignés la généalogie de la famille, les titres et les délibérations, les actes de partage et les limites de propriétés, etc... Ce livre était enfermé avec tous les papiers de famille dans un coffre en bois sculpté et fermé à clef. C'était donc au fils aîné de continuer à tenir ce livre, en signant chaque page qu'il rédigeait et en le consultant pour mieux connaître la conduite à tenir. Ces livres de raison disparurent à la Révolution.

Dans ce système patriarcal très marqué, la femme devait respect et soumission totale à son mari. Mais dans les faits, les épouses provençales détenaient elles aussi une certaine autorité. Celle-ci s'appliquait davantage aux affaires intérieures et quotidiennes du ménage. Souvent responsables des dépenses, les Provençales étaient économes et constituaient peu à peu avec leurs épargnes la dot de leurs filles à marier.

Source : Almanach de la mémoire et des coutumes - Provence - Claire Thiévant

 

14 juin 2018

Marseille au début du XXème siècle

 

Marseille

Marseille au début des années 1900

Un peu d'histoire : Le XIXe siècle, avec son cortège d'innovations industrielles, dont l'apparition de la navigation à vapeur, les conquêtes de la France dès 1830, puis le percement du canal de Suez, stimule le commerce maritime et la prospérité de la ville qui passe d'environ 300 000 habitants en 1870 à environ 600 000 habitants en 1940.

Par voie de conséquence, la zone portuaire déborde de son périmètre historique : le Vieux-Port et s'étend à partir de 1844 aux rivages Nord : les actuels bassins de la Joliette sont ouverts en 1853, ceux du Lazaret et d'Arenc en 1856.

Marseille célébre cette richesse à travers les expositions coloniales de 1906 et 1922 qui connurent un vif succès.

L'accroissement territorial et démographique de la ville est à l'origine d'un chantier majeur du siècle : l'adduction des eaux de la Durance, décidée dès 1834 par le maire Maximin Consolat ; cette mesure s'impose d'autant plus que sévissent cette année-là une grande sécheresse et une épidémie de choléra.

La construction par 5 000 ouvriers du Canal de Marseille, long de 87 km, demande onze ans de travaux, et l'eau de la Durance arrive le 8 juillet 1847 à Marseille. En 1862, afin de commémorer cet événement, l'architecte Henry Espérandieu (1829-1874) est chargé de réaliser un monument, le Palais Longchamp, qui sera inauguré en août 1869. Ce dernier avait également édifié la basilique de Notre-Dame de la Garde à partir de 1853 (elle fut consacrée en 1864) .

L'autre grand chantier du siècle est, comme partout en France à cette époque, lié à l'arrivée du chemin de fer. Marseille est reliée à Avignon en 1848, à Lyon en 1854. Simultanément, l'accès au centre-ville est facilité par l'édification en 1845 d'une gare sur la butte Saint-Charles. En 1857, la "ligne impériale" Paris-Marseille est terminée.

En 1884 sévit une nouvelle épidémie de choléra.

En 1891 début des travaux à Marseille d’un réseau d’égouts aboutissant au grand collecteur.

En juillet 1901, après un grave accident automobile, le maire Siméon Flaissières fait voter un arrêté municipal limitant la vitesse pour les véhicules automobiles à 10 km/h !
Les premières années du siècle voient plusieurs manifestations témoigner de l'importance et de la vitalité de Marseille :
- en 1903, la ville est l'une des six villes-étapes du premier Tour de France cycliste ;
- d'avril à novembre 1906, sur vingt-cinq hectares jouxtant le rond-point du Prado, l'Exposition Coloniale voit s'élever vingt palais aux pavillons des différentes colonies françaises ; elle symbolise le rôle de "Porte de l'Orient" tenu par la cité ;
- d'avril à novembre 1908, sur les mêmes lieux (baptisés entre-temps Parc Chanot), c'est la Grande Exposition Internationale d'Électricité, que le public marseillais accueille avec enthousiasme ;
- en avril 1913, le Salon International de l'Automobile se tient dans le Grand Palais du Parc des Expositions, faisant pour un temps de Marseille la capitale mondiale de l'automobile !

La modernisation des infrastructures se poursuit : création du canal de Marseille au Rhône, démolition de quartiers insalubres derrière la Bourse, extension du réseau des tramways en direction des banlieues.

La guerre de 1914-1918 va mobiliser, pour plus de quatre années, les forces vives de la ville. L'activité industrielle est intense dans les usines travaillant, de près ou de loin, pour l'armement. Plusieurs camps militaires sont installés dans la ville, ainsi que des hôpitaux, dont l'un deviendra l'Hôpital Saint-Joseph.

Son bilan est, ici comme ailleurs, effroyable : Marseille déplore 15 000 morts, sur une population estimée alors à 570 000 habitants. Monseigneur Fabre, évêque de la ville, décide de leur consacrer une basilique : l'église du Sacré-Coeur, sur l'avenue du Prado.

Marseille port

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

08 juin 2018

L'art de recevoir ses invités autrefois

Sep2

Dame-éventail

En général toute maîtresse de maison prend un jour de la semaine pour "recevoir". C'est une excellente habitude pour les visiteurs aussi bien que pour les visités. Les premiers sont certains de ne pas frapper inutilement à une porte, les seconds garantissent leur liberté pour le reste de la semaine. Il y a même des femmes qui ne restent chez elles que tous les quinze jours. Il en est d'autres qui reçoivent non seulement de trois à six, comme partout, mais dont la porte se rouvre le même jour de neuf heures à minuit. On fait du reste savoir qu'on est chez soi, le soir aussi, aux seules personnes avec lesquelles on est bien aise d'établir des relations intimes.
La maîtresse de maison porte un jolie toilette d'intérieur (dite robe de réception) pour montrer à ses visiteurs qu'elle tient à leur plaire. Mais cette toilette d'une extrême fraîcheur ne doit écraser aucune des femmes qui se présentent. La dame du logis s'assied à un coin de la cheminée. Elle tourne le dos aux fenêtres car il lui faut mettre en lumière tous les dons et les qualités des autres et s'effacer entièrement. 

Dame-1900

On forme un grand demi-cercle. Les vieilles dames sont assises au plus près du feu. Les personnes jeunes doivent s'arranger pour ne jamais rester assises au-dessus des vieillards, c'est-à-dire plus près de la cheminée.
Le visiteur s'avance vers la maîtresse de maison qui reste
assise, si c'est un homme, ou se lève et fait deux pas en avant si c'est une dame. Une maîtresse de maison ne se lève que pour une femme à moins qu'elle ne reçoive un homme illustre par le caractère ou le génie. On doit des égards à l'âge, à la vertu, à une haute intelligence, même quand on les rencontre chez le sexe fort. Quelle maîtresse de maison fût restée assise à l'entrée de Victor Hugo ?

Dame

Dans quelques maisons exquises, le mari ou le fils est toujours là, au jour de la réception, pour reconduire les dames, ouvrir devant elles toutes les portes du logis, et les mettre en voiture car toutes les maisons ne sont pas pourvues de laquais qui écartent les portes devant celui qui sort, avertis qu'ils sont par la sonnette électrique sur laquelle le pied de leur maîtresse a pesé (qu'en termes galants ces choses-là sont dites) !
Une jeune femme fait aussi bien de ne pas recevoir les amis de son mari en l'absence de celui-ci. Si elle a ouvert elle-même la porte au visiteur, elle le fera entrer mais laissera la porte du salon grande ouverte et sera très réservée dans la conversation afin que l'ami comprenne qu'il ne doit pas prolonger sa visite.

Source : Savoir vivre d'hier et d'aujourd'hui - Baronne Staffe - Flammarion

 Sep2

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

02 juin 2018

La légende de la sirène de Salernes

Sirène

Sur la légende de la sirène de Salernes, nul chercheur n'a encore livré le fruit de ses travaux. De ce que fut l'histoire vraie de cette sirène, on ne connaît pas grand chose. En revanche, on sait qu'aucune légende ne peut prendre corps si elle n'est pas issue d'un fait réel ou d'une idée partagée par le plus grand nombre à une époque donnée. De quoi est née "l'affaire Ermentrude" ? (ainsi s'appelait la sirène). Qu'enseigne-t-elle à travers la légende venue du fond des siècles ? C'est encore un mystère à décypter. Pourtant, un historien nous met sur la voie. Et que n'est pas n'importe qui ! Rien moins qu'Hérodote en personne. Il rapporte que le peuple des Scythes se donnait pour mère originelle non pas Eve mais une femme... qui se terminait en queue de poisson.
Une sirène.
Or les Romains avaient sédantarisé sur le futur territoire de Salernes une tribu de ces nomades venus des confins de l'Europe nord-orientale et de l'Asie.
Quelques siècles plus tard, l'épouse du chef de cette colonie "salernoise" donna effectivement le jour à une petite fille adorable qui, toutefois finissait en queue de poisson, comme la mère lointaine de tous les Scythes. Diable ! Comment délivrer de cet héritage encombrant la malheureuse petite Ermentrude ? Fort heureusement se trouvait dans la parentèle une bonne fée capable, au moins, de limiter les dégâts. Après de rudes négociations avec les représentants du surnaturel, elle put obtenir que l'enfant ne soit sirène qu'une fois par semaine, le lundi. Durant les six autres jours, elle marcha bientôt sur deux jambes. Le secret ne sortit jamais de la famille et Ermentrude ne sortit plus jamais le lundi.
Ainsi, les populations d'alentour purent s'émerveiller de la voir sans cesse grandir en beauté, en grâce, en sagesse. A seize ans, elle était éclatante. Ce qui devait arriver arriva. Des foules de prétendants, tous plus nobles les uns que les autres, se présentèrent. Parmi eux, le jeune comte Arnulphe de Sallis-Terre, tomba follement amoureux d'Ermentrude. Et réciproquement. 
Tout de suite, on parla mariage. Hélas, pour que cette union soit heureuse sept jours sur sept, il y avait un os, ou plutôt, une arête. La jeune belle préféra cacher à son futur époux que sa conformation du lundi lui interdisait une fois par semaine de satisfaire au devoir conjugal. Elle affecta donc un caprice de jolie femme pour imposer des conditions draconiennes. Si Arnulphe voulait vraiment l'épouser, il fallait qu'il lui fasse construire un vaste bassin couvert et hermétique à l'intérieur du château comtal, où elle pourrait se retirer seule, toute seule, une fois par semaine, disons, le lundi. 

Il fallait égalemement qu'il lui jure de ne jamais pénétrer dans le bassin, ni même oser y jeter un regard. Et Arnulphe jura. Le bassin fut construit en utilisant, détail important, la bouche ouverte d'un aven. Le mariage, fut célébré en grande pompe, et ce fut dès lors une lune de miel perpétuelle... sauf le lundi, jour de la lune et de la métamorphose.
Mais comment se priver de sa belle, ne serait-ce qu'un jour, quand on est amoureux fou ? Arnulphe n'en pouvait plus. Rompant son serment, il pénétra dans le bassin interdit et resta médusé en découvrant, s'ébattant dans l'eau claire, sa légitime épouse muée en monstre, certes grâcieux, mais monstre néanmoins. Tout s'écroula d'un coup. Et ce n'est pas façon de parler : le bassin s'effrondra, précipitant la malheureuse Ermentrude au fond de l'aven avec l'eau du bain. Désespéré, le jeune comte plongea dans le gouffre et disparut à son tour, emporté par la rivière souterraine.
A cette fin tragique, la légende a donné une suite. Des siècles durant, le fantôme volant d'une sirène gémissante hanta le château abandonné de Sallis-Terre sans descendance. Elle serrait dans ses bras le fantôme de son comte. A la longue, le château en ruines s'écroula et disparut lui aussi dans l'aven, toutes traces effacées par le temps. Si bien qu'on n'a jamais pu en retrouver le moindre fragment en fouillant les environs de Salernes. 
"Cherchez et vous trouverez" est-il dit dans les textes sacrés. Place, donc aux chercheurs ! Il serait certes intéressant de retrouver d'abord un petit reste du château ou pour le moins la bouche de l'aven. Mais une éventualité n'est pas à exclure : les décombres de l'imposante bâtisse peuvent bien avoir comblé ou obturé l'aven. Ainsi se seraient-ils effacés l'un par l'autre, disparaissant ensemble, comme Ermentrude et Arnulphe...

Source : D'après Histoire et petites histoires du Var - Jean Rambaud - Editions Campanile - 1996.

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , , ,

27 mai 2018

Le pays de Forcalquier et la montagne de Lure

 

Pays-de-Forcalquier

Passionnément contée par Jean Giono, "c'est un pays où l'olivier vient rencontrer le hêtre, où chênes verts et chênes rouvres confrontent leurs ramures, où l'air de la Méditerranée épouse la lumière des Alpes", lorsqu'il évoque "les vraies richesses", la montagne de Lure est célébrée à travers toute l'oeuvre du poète. Une Provence faite d'authenticité et de pureté où les habitants vivent en harmonie avec le monde qui les entoure. C'est dans la Contadour, au milieu des bergeries de pierres sèches que Giono et ses amis rêvaient d'un monde meilleur. Ce pays de Forcalquier est en plein coeur de la Haute-Provence. Berceaux de la transhumance, les villages des pierres sèches qui jalonnent les vastes étendues des alpages sont les représentants d'une terre profondément attachée à ses traditions. En remontant en direction du plateau d'Albion, on rejoint la montagne de Lure. Un massif aux versants contrastés qui offre une multitude de paysages. Dès l'arrivée des beaux jours, la lavande y répand son parfum et ses touches de couleur. Adossée aux rondeurs maternelles des dernières collines du Luberon, Manosque est un important carrefour. La ville occupe une place prépondérante dans l'économie du département des Alpes-de-Haute-Provence. Elle assume son développement avec la solidité des personnages de Giono, son enfant prodige. Manosque n'oublie pas de lui rendre hommage. Elle a ouvert les portes de sa dernière demeure et créé un centre culturel consacré à son oeuvre. L'ensoleillement, le relief et la qualité de l'air font du ciel de ces Alpes de lumière un domaine d'excellence pour la pratique de tous les sports aériens. Et vous ne manquerez pas de rencontrer, en levant un peu les yeux, des amateurs de planeurs, vol à voile, delta-plane, et autre parapente. Plus insolite, autour de Forcalquier vous rencontrerez des montgolfières qui prennent ici leur envol.

Sommet-montagne-lure

Montagne de Lure, frontière de la Provence -Wikipédia

La montagne de Lure, qui culmine à 1826 mètres au Signal de Lure, joue le rôle de frontière naturelle entre la Provence et les Alpes. Elle s'étend d'Ouest en Est depuis le plateau d'Albion dans le Vaucluse jusqu'à Sisteron dans les Alpes de Haute-Provence. Ses paysages et sa végétation contrastent d'un versant à l'autre. L'adret, exposé au Sud, est traversé pas de nombreux cours d'eau. Un réseau hydraulique formé il y a près de 65 millions d'années et qui a creusé grottes et avens dans ses pérégrinations souterraines pour la plus grande joie des spéléologues d'aujourd'hui. Au contraire, l'ubac au Nord se contente de tremper les pieds dans le Jabron qui, prenant naissance sur les crêtes à l'Ouest, a creusé la vallée parallèle à la montagne jusqu'à la Durance. La végétation est faite d'épineux et de plantes aromatiques.

Lure-vegetation

Montagne de Lure - Wikipédia

Mais lorsqu'on prend de l'altitude, ils laissent progressivement la place aux forêts de pins, de chênes blancs et de hêtres qui, passé la crête, ont colonisé plus facilement le versant Nord. Mais la montagne, dans son ensemble reste très boisée et ses forêts de chênes la couvrent d'un beau manteau roux à l'automne. Sur la partie la plus haute de la montagne de Lure, les arbres disparaissent et une végétation rase, qui n'est pas sans rappeler la lande, peuple les espaces entourant la crête. Un tel environnement offre un asile de rêve à la faune : vipères dans les pierriers, aigles migrateurs Jean-Leblanc, corbeaux, gibiers... L'homme, lui, a longtemps tiré profit de la montagne en exploitant des charbonnières dans les bois et en élevant des moutons dans la vallée. Ces activités ont bien sûr périclité avec l'époque moderne et le tourisme est comme une seconde chance pour cette généreuse montagne qui possède également une station de ski.

 Source : "Bienvenue en Provence" - Les guides au coeur du Sud. Editions 2010.

Lure-ski

Voir ci-dessous le blog de Joëlle "La malle aux trésors" qui parle de la montagne de Lure dans un de ses articles 

Je vous invite à la découverte de la chapelle de Lure et de la Montagne de Lure..... -

Au cœur des Alpes de Haute-Provence, la station de la Montagne de Lure (1650 - 1826 m), à proximité du village de Saint-Étienne-les-Orgues, offre un cadre idéal de détente, dans une ambiance familiale sous un ciel d'azur. Cette montagne, chère non seulement à Giono, mais à tous les habitants de notre région et du Val de Durance est une richesse.

http://labastido.canalblog.com 

21 mai 2018

Les dorures et les ors des Provençales

 

Arlesienne2

Provence-Costume-copie-1

Les dorures sont les bijoux que les jeunes filles recevaient en dot de leur père, avec quelques pièces d'étoffes précieuses et quelques mesures de dentelle. L'histoire du bijou provençal est étroitement liée à celle du costume. La propérité que connut la Provence au XVIIIe siècle, l'intense commerce du port franc de Marseille, qui importait les plus belles étoffes de l'Orient, les toiles peintes, les indiennes, les mousselines des Indes mais aussi celui de la foire de Beaucaire (Gard) où parvenaient les dentelles de Flandres, les bijoux et les pierres de joalliers d'Amsterdam et de Paris, tout cela favorisa l'épanouissement d'un costume régional riche et élégant. Dès le XVIIIe siècle, alors que dans les autres provinces il faudra attendre la période de la Révolution et même parfois jusqu'en 1830 pour que le costume régional se diversifie. L'emploi des indiennes, les belles coiffes "à la cardeline" ou "à la chanoinesse", le simple "pletchoun" enroulé autour de la tête et le très singulier "droulet" sorte de casaquin à longues et fines basques pendant dans le dos, en fond un ravissant costume haut en couleur et si différents qu'il émerveille les voyageurs.

Atelier-de-couture-Arles-Antoine-Raspal

Le peintre Antoine Raspal, qui décrivit si bien la petite société d'Arles de la fin du XVIIIe siècle, montre les jolies artisanes et les ouvrières de l'atelier de couture (tableau ci-dessus) portant fièrement à leur cou une croix de Malte, ou au bras droit un large bracelet, le "coulas" jonc en or de la grosseur d'un plume d'oie qui se terminait par deux boules prises l'une dans l'autre. A l'un de ces anneaux pendait une autre croix de Malte ou une lourde médaille. Ce bracelet fut porté jusqu'à la Restauration. Les "maltaises" ainsi qu'on appelait ces croix ornées de l'insigne des chevaliers de l'ordre de Malte, rappelaient la longue histoire qui liait la Provence à l'ordre depuis sa fondation par un Provençal. Elles étaient en or, décorées de motifs gravés et émaillés de blanc à l'endroit et de noir à l'envers suspendues près du cou à un ruban de velours noir sur la nuque. Les Provençales portèrent aussi de nombreuses autres croix, comme la "croix à la dévote", masse d'argent sur or qui enserrait en serti clos des "roses" de tailles décroissantes vers les extrémités des branches.

  Devote

 Croix dite à la dévote (Photo internet)

Coulas-copie-1

Lou coulas (Photo internet)

Une autre croix était la "maintenon" où six diamants, plus un pour le coulant, étaient pris dans des cônes d'or. La "capucine" elle, était une croix d'or ornée de cinq cônes d'or surmontés de diamants, dont le coulant était en forme de croix de Saint André orné d'un cône supplémentaire  identique aux cinq autres. Enfin, la "Papillon" était une grande croix d'or et d'argent très richement découpée et ornée de pierres. Dès que cessa la mode des coiffes enveloppant le visage, comme la "cardeline" ou la "chanoinesse" à Arles, ou encore la "couqueto" à Marseille, les Provençales s'empressèrent de porter aussi des pendants d'oreilles, "poissardes" et "créoles". Les bagues étaient nombreuses à tous les doigts, ornées de roses, de grenats, de camées de corail ou d'agates. Enfin, au XIXe siècle l'usage vint d'offrir, pour fêter la naissance de chaque nouvel enfant, un long sautoir d'or aux mailles finement travaillées. Sept enfants, c'étaient autant de chaînes d'or, brillant symbole à la fois, du lien d'amour et de la servitude.

Source : Couleurs de Provence - Michel Biehn - Flammarion.

Fichu-croise

 

15 mai 2018

Les confiseurs de Grasse et leurs fleurs sucrées

 

Naturalishistoria

En 73 après J-C, Pline l'Ancien dans son Histoire Naturelle évoque les recettes de conservations de son époque : cuissons des fruits dans du miel, du sirop ou du vin de raisin. Au IVème siècle, Rutilius Palladius, agronome, dans son traité sur l'agriculture De Re Rustica évoque lui aussi des recettes de fruits cuits. Vers l'an mil, par l'intermédiaire des Croisés, le sucre de canne est introduit en Europe, les confitures y connaissent alors un nouvel essor. Au Moyen Age, l'appellation "confitures" désigne toutes les confiseries réalisées à partir d'aliments cuits dans du sucre, du sirop ou du miel : bonbons, fruits confits, etc. La confiture actuelle était appelée electuaire, du latin eleucterium. Originaire de la pharmacopée mésopotamienne, elle était alors utilisée comme traitement thérapeutique. A la fin du XIIIème siècle, le mot "confiture" est cité dans un recueil de chansons pieuses dans lequel on parle de "siros confis de douce confiture". Puis en 1393, le "Ménagier de Paris" mentionne des confitures de coings, mais aussi de pêches, de poires et même de navets, de carottes, de courges, de racines de persil et de fenouil. Différentes recettes trouvent rapidement leur place aussi dans le boutehors, le dernier service des banquets médiévaux. En 1342, le pape Clément VI nomme Auzias Maseta écuyer en confiserie et contribue à faire d'Apt, la capitale du fruit confit. Au XVIème siècle, apparaissent des "livres de confitures" qui sont des mélanges de recettes et de remèdes : ainsi en 1545, la "Méthode pour faire toutes confitures". Michel de Nostredame dit Nostradamus, astrologue, médecin, apothicaire a l'idée de conserver dans du sucre les fruits qui poussent en abondance dans le Vaucluse et dont de grandes quantités se perdent chaque année. En 1555, paraît son "Excellent & moult utile opuscule à touts necessaire, qui desirent auoir cognoissance de plusieurs exquises receptes ... " qui connaît un véritable succès dès sa parution. Ce livre qui comporte trente et un chapitres fera l’objet de neuf rééditions successives. Il aborde les ingrédients (sucre, miel, defrutum et fruits). Il détaille le matériel nécessaire. Il ne se contente pas de donner des recettes, il nous livre aussi un certain nombre de considérations d’ordre économique ou esthétique. Parmi ses recettes, citons : la confiture de rose, le cotignac et les confits d’agrumes, mais aussi le sirop rosat plus goûté alors pour ses qualités laxatives que pour l'arôme des quelques mille cinq cents roses qui servent à sa préparation. Aux XVIIème et XVIIIème siècles, la confiture agrémente surtout la table des nobles et les variétés sont de plus en plus nombreuses : les découvertes de contrées lointaines et l'installation de comptoirs dans de nombreuses régions du monde permettent l'introduction de fruits exotiques en Europe.

Théâtre-d'Agriculture-et-Mesnage-des-Champs

En 1600, Olivier de Serres, Seigneur du Pradel, pionnier de l’agronomie publie son "Théâtre d'agriculture et mesnage des champs" dans lequel il consacre plusieurs chapitres aux confitures. En 1651, Nicolas de Bonnefons, valet de chambre de Louis XIV publie "Le jardinier François" qui sera suivi en 1662 par "Les délices de la campagne" où l’on trouve de nombreuses pages consacrées aux confitures. "Le confiturier royal", écrit en 1776 par François Massaliot, cuisinier royal de Louis XIV donne des recettes de confitures, mais aussi de vins parfumés, d'eaux odoriférantes et de savonnettes. Contrairement au Vaucluse, la confiserie à Grasse est étroitement liée à la parfumerie qui connaît un essor au XVIIème siècle. Dans la région grassoise, des activités telles que la distillation des huiles, la fabrication d'arômes, de sirops et la confiserie se développent. Grasse et ses environs sont moins riches en arbres fruitiers que le Vaucluse mais la région possède un atour majeur : ses fleurs. Roses, violettes, oeillets, jasmin sont les matières premières de la confiserie.

Pots-de-confiture-de-groseilles

Désormais, les recettes de Nostadamus et François Massaliot sont adaptées aux fleurs, comme par exemple la "pâte de violettes". En 1789, on dénombre à Grasse 51 parfumeurs pour 7 confiseurs. Au XVIIIème siècle, la confiserie est perçue comme une friandise, mais également comme un médicament. C'est surtout un luxe que peu de personnes peuvent s'offrir. Joseph Nègre, un confiseur de Grasse ouvre une usine en 1818 et crée la "confiture de ménage". Faite à base de fruits naturels dont des agrumes, elle a pour objectif de démocratiser ce produit en le mettant à la portée de toutes les ménagères. La confiserie s'invite dans les cours européennes et devient un dessert naturel et raffiné.

Fleurs cristallisées

C'est l'époque où les salons de thé de Cannes proposent aux élégantes des fleurs cristallisés ou poudrées fabriquées en 1850 par Joseph Nègre à base de roses rouges ou jaunes, d'oeillets mouchetés, de violettes de Parme, de lilas roses ou mauves, de fleurs de lavande, etc... Cette activité emploie de nombreuses personnes : cueilleuses de fleurs, ramasseurs de fruits, confiseurs, etc... Cependant, après la Première Guerre mondiale le commerce de la confiserie décline. La confiserie industrielle commence à poindre. Eugène Fuchs, qui fonde en 1926 les parfums Fragonard, rachète la confiserie Nègre en 1949 et la transfère au Pont-du-Loup à Tourrettes-sur-Loup. Son fils Patrick, acquiert la chocolaterie Florian, sur le port de Nice. Quatre-vingts ans après, l'arrière-petit-fils d'Eugène Fuchs, Frédéric est toujours à la tête de Florian avec l'aspiration à faire du bon et du beau dans le respect des règles artisanales.

Cueillette des roses

Cueillette des tubéreuses

Explications : L'électuaire est une forme galénique pâteuse administrée par voie orale. Cette forme est aujourd'hui obsolète. L'électuaire était généralement constitué de poudres ou de pulpe végétale mélangées à du sirop ou, plus souvent, à du miel.

Le boutehors est un terme des pratiques de la table au Moyen Age. Il désigne le tout dernier élément d'un repas, volontiers servi dans une autre pièce. Il était précédé des services de la première assiette, de la deuxième assiette, des entremets, de la dorure, du dessert et de l'issue de table.

Le defrutum était un condiment à base de moût de raisin réduit utilisé par les cuisiniers de la Rome antique. C'était avec le garum l'une des sauces les plus utilisées pour la préparation de tout type de plat.

Le cotignac est une gelée épaissie faite avec des coings pelés et du sucre, cuits ensemble. Après filtrage, la gelée obtenue constitue le cotignac qui se différencie de la gelée ou de la pâte de coing par son caractère ferme et son goût plus sucré tempérant l'acidité et l'arôme naturel du coing. Il existe plusieurs recettes différentes, qui chacune donne au produit final un goût et une consistance différents. Du vin doux peut être ajouté à la recette.

Le saviez-vous ? : Selon la légende, la recette de la "confiture" de lait naquît à cette époque de la distraction d'un chef cuisinier de l'armée Napoléonienne. Les soldats avaient alors pour ration un bol de lait sucré. Lors d'une bataille, le mélange incidemment chauffé trop longtemps se serait transformé en une pâte onctueuse délicieusement caramélisée.

Sources : D'après un article paru dans le supplément du Journal Var matin du 21 avril 2013 - Wikipédia, l'encyclopédie libre - le site : confitures-tetra.blogspot.fr

Confiserie Nègre

Photo de la confiserie Nègre

Moule

Un moule pour les sucettes et les bonbons

Chaudron à confitures

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , , ,

09 mai 2018

Les béguines de la Sainte-Baume

Beguines

Sur la montagne de la Sainte-Baume, dans l’est du Saint-Pilon, on voit une hauteur qui s’appelle le Baou dei Béguinos (la barre des Béguines). La légende raconte que ce nom lui a été donné à la suite d’un miracle survenu en cet endroit. Au temps où il y avait des couvents d’hommes et de femmes dans divers endroits de cette montagne, il arriva un jour que deux jeunes béguines, aussi jolies que pures et pieuses, se promenant dans le bois s’égarèrent parce que en disant leur chapelet, elles n’avaient pas fait suffisamment attention au chemin qu’elles faisaient. Or, elles étaient arrivées ainsi jusqu’au sommet de la montagne, lorsqu’elles rencontrèrent deux jeunes chevaliers en quête de bonnes fortunes. Les deux débauchés, frappés de la beauté des béguines, leur dirent des paroles déplacées et bientôt, s’enhardissant, ils voulurent passer des paroles aux actes. Les deux saintes filles, effarouchées, se mirent à courir. Les jeunes gens se piquant au jeu les poursuivirent et il arriva un moment où les pauvres filles se trouvèrent acculées contre le bord du précipice, sans autre alternative que la mort ou le péché. Elles préférèrent la mort. D’un commun accord, elles recommandèrent leur âme à sainte Magdeleine et s’élancèrent dans le vide. Mais la sainte ne les abandonna pas, elles furent soutenues par des anges, firent leur terrible saut de près de trois cents mètres de hauteur sans éprouver le moindre mal. Délivrées ainsi, miraculeusement, des obsessions des deux impies, elles rentrèrent dans leur couvent, en continuant à égrener leur chapelet.

 Sources : Le Grand almanach de la Provence 2010 – Geste éditions.

beguine

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,