Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

Côte d'azur varoise

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui fait place à La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

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Mon troisième et nouveau blog :

Cimetières de Trans en Provence et généalogies transiannes (canalblog.com)

Ma base de données de généalogie

Des racines et des hommes - Geneanet

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même."

(Guy de Maupassant-Le horla)

 

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15 janvier 2022

La fameuse Route bleue : la Nationale 7

Route bleue

La Nationale 7 c'est avant tout la route des vacances : d'abord route impériale, puis royale et enfin nationale, appelée "la Route bleue", elle est un grand témoin de l'Histoire de la France. Depuis la Porte d'Italie à Paris jusqu'à Menton dans les Alpes-Maritimes, elle s'étend sur 1000 km. A elle seule, elle raconte 2000 ans d'Histoire de la capitale jusqu'au Sud.

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Vestige de la voie aurélienne à Saint-Maximin (Var)

Les premiers fondements de cette route mythique datent de l'époque romaine. Bien que la Gaule dispose déjà d'un réseau de chemins primitifs, celui-ci ne répond qu'à un usage local. Rome contribue à le régionaliser et, surtout, à le modifier en fonction de ses priorités militaires de ravitaillement. Le sentier gaulois retranché se transforme alors en un axe majeur. C'est depuis Lyon (Lugdunum en latin), cité fondée en 43 av. J.-C. par Lucius Munatius Plancus, alors gouverneur de la Gaule que partent les voies romaines pour se disséminer dans tout le pays. La voie de la rive gauche du Rhône (qui relie Orange à Valence, et Vienne à Lyon) est l'une des premières voies romaines et l'ancêtre de la Nationale 7 ! En effet, le tracé des premières routes romaines ne se limite, au départ, qu'au sud-est de la Gaule, ce qui comprend aujourd'hui l'axe Nice (Nicaea), Antibes (Antipolis), Fréjus (Forum Julii) ou encore Aix (Aquae Sextiae) par ce qu'on appelait à l'époque la Via Aurélia ou voie Aurélienne. La Via Aurelia a été mise oeuvre à partir de 241 av. J.-C. par le consul Caïus Aurelius Cotta. Elle partait de Rome, longeait la côte occidentale de la péninsule italienne et passait par Pisae (Pise) pour arriver à Luna (Luni).

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Il faut ensuite attendre le XVIe siècle et l'affirmation de l'État moderne pour que le développement des routes connaisse un regain d'intérêt et, avec elle, la RN7. C'est d'ailleurs un ouvrage : "Le Guide des Chemins de France" publié par Charles Estienne, imprimeur royal, en 1552 qui l'illustre bien. Dans son ouvrage, voici comment il qualifie ce qui est pour nous aujourd'hui la Nationale 7, indémodable route bleue des vacances : "A Lyon, le Grand chemin". 

Du XVIIe au XIXe siècle, l'ancêtre de la Nationale 7 ne cessera de se rapprocher de son schéma actuel, via les différents projets d'états de la grande voirie de Sully, de Jean-Baptiste Colbert et la formation d'un corps d'ingénieurs des Ponts et Chaussées. A ce propos, l'Ecole des ponts et chaussées a été créée en 1747 par Daniel-Charles Trudaine sous le nom d'"École royale des ponts et chaussées" afin de former les ingénieurs du corps des ponts et chaussées. Elle est l'une des plus anciennes et des plus prestigieuses grandes écoles de France

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Panneau route nationale n°8 à Cuges (Photo internet)

C'est en 1824 que la Route impériale n°8 (1456 km), appellation donnée depuis Napoléon, devient la Route royale 7, désignant l'itinéraire allant de Paris à la ville d'Antibes et jusqu'en Italie. Puis, c'est sous la IIIe République, en pleine révolution industrielle, qu'elle devient "route nationale 7".

Entre les années 1940 et 1960 le pays est en pleine croissance. Bien que les congés payés soient nés en 1936, on voyageait essentiellement en train jusqu'aux années 1950-1960. Les deux voitures qui contribuent à motoriser véritablement la France, ce sont la petite Renault 4CV (qui date de 1946) et la Citroën 2CV (1948), qui permettent progressivement à tout le monde de partir en vacances. Car c'est aussi cela que symbolise la Nationale 7 : le départ pour les vacances et par là même le défilé des automobiles. On peut dire qu'elle est un témoin symbolique de l'histoire de l'automobile tant elle fut traversée par tous les modèles, devenus aujourd'hui de véritables objets de collection. Dans cette période de séduction entre le pilote et son engin, pensons à la "reine de la route" incarnée par la Citroën Traction DS, mais aussi la fameuse 2CV. Pensons aussi à la Renault 4CV, aux grosses frégates, à la Dauphine, à la Simca 5, à la Vedette, à l'Aronde, à la Juvaquatre ; à la P60, aux Panhard, aux Peugeot dont l'inoubliable 204 et combien d'autres… 

Borne

De nos jours, elle est débaptisée sur bons nombres de ses tronçons, déclassée en départementale depuis 2006. En effet, dès que l'autoroute a été mise en service dans les années 1960-1970 (notamment l'A6 et l'A7), la Nationale 7 est entrée dans une espèce de léthargie, ne se cantonnant plus qu'au trafic local. De nombreux départements ont débaptisé leur tronçon de RN7, la reléguant à une départementale comme une autre. En tout, ce sont les 2/3 de la Nationale 7 qui ont été transformés en routes départementales. 

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Des souvenirs mémorables

 Cette RN7 a laissé dans les mémoires des souvenirs inoubliables comme celui de la traversée du village de Tourves dans notre département On parlait du fameux "bouchon de Tourves" car le long de la 7 se formaient des files interminables de voitures. 

Il faut dire que dans la traversée du village, la Nationale 7 se réduit à moins de quatre mètres de large entre les maisons. En plus d’être étroite, la rue est en courbe. Les camions ne se voient pas arriver. Comme le raconte Thierry Dubois dans son livre, "C’était la Nationale 7" : "Marcel, le garde champêtre, passait une grande partie de l’été sur la place, faisant de grands signes dès qu’il apercevait des camions de chaque côté pour essayer d’en arrêter un". L’ancien maire de Tourves, Paul Castellan, se souvient : " Les habitants qui devaient se rendre au travail prenaient des dispositions. Certains avaient acheté des vélomoteurs rien que pour l’été, afin de se faufiler entre les voitures…"

Le ronronnement des automobiles était incessant, même la nuit. Le record du bouchon de Tourves a été atteint le lundi 2 août 1965 avec une longueur de 6 kilomètres. Vingt-huit mille véhicules ont été bloqués !
Sources : D'après un article paru sur le site de France Inter - Histoire de la Nationale 7 ; Wikipédia ; le site le bouchon de Tourves
Le bouchon de TOURVES

Reconstitution du fameux Bouchon de la RN7 qui se produisait dans la traversée du village de TOURVES. Cette manifestation a lieu tous les 15 Août les années impaires. Les nostalgiques peuvent admirer plus de 180 véhicules anciens qui se croissent avec grandes difficultés dans les rues étroites du village dans une ambiance festive devant plus de 3000 spectateurs.

https://bouchondetourves.fr

Reconstitution du bouchon de Tourves en 2019

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09 janvier 2022

Du musée des Arts asiatiques aux fumeries d'opium à Toulon

Musée Arts Asiatiques

Musée des Arts Asiatiques à Toulon (Photo internet)

Ces deux guerriers chinois en terre cuite qui devaient être enterrés dans les tombes de hauts dignitaires sont conservés au musée des Arts asiatiques de Toulon. Ils datent de la dynastie des Wei du Nord qui gouverna le pays entre 386 et 534 après Jésus-Christ et qui permit à l'art bouddhique de s'épanouir en Chine. Dessous, deux personnages représentés casqués et vêtus de costumes militaires. Leurs mains jointes sur la poitrine devaient initialement maintenir des armes en bois aujourd’hui disparues. 

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Il peut sembler surprenant qu'une ville de province consacre un musée à une civilisation géographiquement si lointaine, mais il faut se souvenir que Toulon fut la ville de départ de nombreuses expéditions scientifiques puis militaires vers l'Orient et l'Extrême -Orient. Le musée des Beaux-Arts reçut ainsi très tôt de nombreux dons de familles de militaires et d'amateurs passionnés. Il faut savoir que le premier donateur fut, en 1892, le baron de Rothschild. Plus tard, en 1961, le journaliste Hippolyte Fauvergue de French fit don à la ville d'une collection exceptionnelle de 473 pièces composée d'objets en ivoire, en jade ou en métal et encore de peintures sur tissu provenant d'Inde, de Chine, d'Asie du Sud-Est, du Japon...

Ce musée, installé dans une belle villa bourgeoise du XIXe siècle, nommée villa Jules Verne, a été achetée en 1905 par l'épouse de Michel Verne (1861-1925), unique enfant du célèbre écrivain. Une légende veut que cette villa ait été celle de Jules Verne (1826-1905). Cette confusion provient en fait du nom de plume de son fils Michel dont on sait qu'il a remanié plusieurs romans de son père sous le nom de Michel Jules-Verne. On lui doit, entre autres, la publication d'une nouvelle inédite de son père intitulée "La destinée de Jean Morenas" qui a pour cadre le bagne de Toulon. Michel, qui avait fondé une société de production appelée Films Jules Verne, avait tourné cette histoire à Toulon en 1916 tout comme "Les enfants du capitaine Grant" en 1913, "Les Indes noires" en 1917, "L'étoile du Sud" en 1918 et "Les cinq millions de la Begum" en 1919. En 1942, la villa fut réquisitionnée par les Allemands, puis à la Libération, par l'Instruction publique et enfin vendue par madame Michel Verne en 1953. Elle devint par la suite un hôtel restaurant nommé Le Nautilus et la propriété fut agrandie par l'achat de la maison voisine. La ville en fit l'acquisition en 1973.

Si la fréquentation de l'Asie eut une incidence sur la décoration intérieure, elle introduisit également l'opium dans la vie des militaires. Au début du XXe siècle, il y avait de nombreuses fumeries d'opium à Toulon et il était du dernier chic de fumer le "chandoo" chez "les petites alliées", ces demi-mondaines, maîtresses d'officiers de marine, qui recevaient dans des appartements aux décors exotiques de la haute ville ou du Mourillon. Les romans de Claude Farrère, de "Fumée d'opium" aux "Petites Alliées", fait ressurgir l'atmosphère de l'époque.

Capitaine Ullmo

Charles Benjamin Ullmo et la belle Lison - Le Petit Journal, 1908 

C'est avec l'affaire Ullmo en 1907 que ces pratiques sont révélées au grand public. En effet, Charles Benjamin Ullmo, brillant enseigne de vaisseau de 28 ans, était un grand consommateur d'opium. Il entretenait une demi-mondaine, Marie-Louise Welsh qui était surnommée "La belle Lison", pour laquelle il avait dilapidé son héritage. A bout de ressources, il menaça le ministère de la Marine de livrer à l'Allemagne des secrets militaires. Il fut rapidement identifié et jugé en 1908 par le tribunal maritime de Toulon qui le condamna à la dégradation et à la détention à perpétuité sur l'île du Diable en Guyane, où il fit quinze ans de bagne. Lors du son procès, son avocat avait fondé sa défense sur l'altération de sa personnalité en raison de sa consommation de drogue et l'idée s'imposa que l'usage de l'opium par les officiers de marine constituait un problème de défense nationale. La même année, alors que le presse menait une campagne de "salubrité publique", le commerce de l'opium en France fut réglementé et la Marine prit des dispositions pour repérer les opiomanes dans ses rangs.

Source : Toulon de A à Z, Magali Bérenger aux éditions Alan Sutton

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J'avais déjà fait un article paru le 6 mai 2013 sur les fumeries d'opium à Toulon. Pour le lire ou le relire, je vous mets le lien dessous :

A Toulon, au temps des fumeries d'opium - Passion Provence

Vers 1900, à l'époque de l'empire colonial et alors que l'Orient fait rêver, à Toulon comme dans les autres villes portuaires, on trouve jusqu'à 200 fumeries d'opium clandestines. En Angleterre, on "mange" l'opium comme en Inde, en France, on fume le "chandoo" comme au Tonkin.

http://www.passionprovence.org

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02 janvier 2022

Les étrennes, les cartes de voeux, le gui et le houx

 

Le matin des étrennes-Arthur Rimbaud

Le matin des étrennes d'Arthur Rimbaud

Les étrennes

Les étrennes sont des cadeaux offerts obligatoirement en début d'année, au début du mois de janvier. C'est de Rome que nous vient l'usage du premier jour de l'an et des étrennes. Tatius, roi des Sabins, qui par la suite régna sur les Romains conjointement avec Romulus, ayant, après la réunion des deux peuples, regardé comme un augure favorable qu'on lui eût fait présent, au premier jour de l'an, de quelques branches coupées dans un bois consacré à Strena ou Strenia, déesse de la santé et de la force, convertit en coutume ce qui n'avait été que l'effet du hasard, et donna aux présents qu'il reçut depuis au renouvellement de chaque année le nom de Strenae, dont nous avons fait le mot "étrennes". A des branches d'arbre, bientôt les Romains substituèrent des figues, des dattes, du miel, qui sont symboles, comme nos confitures et nos dragées, de toutes les douceurs qu'ils souhaitaient à leurs amis pendant le cours de l'année nouvelle. Les clients joignaient une pièce d'argent aux étrennes qu'ils donnaient à leurs patrons, ce qui était un signe de tribut. Les trois ordres de l'Etat donnaient à Auguste des étrennes dont il employait le prix à l'achat de la statue de quelque divinité. Il pensait que les deniers du peuple devaient être consacrés à des objets d'utilité publique, et ne devaient pas entrer dans l'épargne de l'empereur. L'usage de recevoir des étrennes, tantôt imité, tantôt négligé par ses successeurs, ne s'est définitivement conservé qu'entre particuliers. Les étrennes sont aussi les sommes d'argent que l'on donne aux employés de maison et aux personnels des services de la ville ainsi qu'aux employés des services publics comme les pompiers, le facteur ou les éboueurs...

Source : D'après Wikipédia - l'encyclopédie libre et le site : wwwteteamodeler.com

Argent monnaie

Les cartes de voeux du Nouvel An

Première carte postale de Noël

Première carte postale de Noël dessinée par John Calcott Horsley en 1843

La carte de voeux est une tradition incontournable du Nouvel An. Certains font remonter l'origine de la carte de voeux aux chinois, mais leur apparition en Europe date en fait du Moyen-Age. En fin ou en début d'année, les religieuses envoyaient un menu à leurs familles en l'accompagnant d'une lettre de voeux peinte à la main. Cette tradition a disparue au XVIème siècle pour revenir en force XVIIIème siècle. La première carte de voeux est anglaise. Elle a été dessinée par John Calcott Horsley en 1843. Cette carte lithographiée et coloriée à la main a été éditée en 1000 exemplaires. Dès 1860, l'envoi de carte de voeux s'est généralisé en rencontrant un franc succès. La carte de voeux permet d'envoyer ses voeux de bonne année aux membres de la famille comme aux amis. En fait, il existe deux sortes de cartes de voeux : les cartes de voeux de Noël qui sont envoyées en décembre par les anglais et les anglo-saxons et les cartes de voeux du Nouvel An qui sont envoyées dès le 1er janvier pour souhaiter une bonne et heureuse année à ses proches et à sa famille.

Source : D'après le site : wwwteteamodeler.com

Bonne année

Le gui et le houx

Le gui et le houx présents au réveillon et au repas du Nouvel An sont un héritage des traditions et croyances anciennes. Depuis toujours, le feuillage vert du gui et du houx leur confère des pouvoirs surnaturels. Pour les druides celtes, le gui et le houx portaient bonheur, nous avons gardé l'habitude de nous embrasser sous le gui, le soir du Réveillon de la Saint Sylvestre, en gage de bonheur sentimental et de mariage dans l'année pour les célibataires.

Mais le bonheur n'était pas le seul pouvoir positif du gui, pour les celtes, il permettait aux femmes d'avoir beaucoup d'enfants, il protégeait du mauvais sort et garantissait des récoltes abondantes. Dans la symbolique chrétienne, le houx est plus important en raison de son feuillage persistant et de ses baies rouges, et il était traditionnellement réservé pour Noël. Aujourd'hui le houx est lui aussi utilisé dans la décoration du Nouvel An.

 Source : D'après le site www.teteamodeler.com

Gui et houx

 Je mets le lien pour que vous puissiez aller lire ou relire un de mes article du 2 janvier 2013 qui s'intitule : "Coutumes de l'An neuf" et qui concerne les étrennes et une curieuse coutume sur le mariage.

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27 décembre 2021

Les origines de la saint Sylvestre

 

Nouvel An Repas

Le réveillon du jour de l'an commence le 31 décembre soit le jour de la Saint Sylvestre. Mais qui était donc ce Sylvestre qui a donné son nom au dernier jour de l'année dans le calendrier Grégorien, c'est-à-dire notre calendrier actuel ? Et d'ailleurs l'année s'est-elle toujours terminée le 31 décembre ? 
Sylvestre, dit aussi Sylvestre 1er ou Saint Sylvestre, fut le 33ème pape de la chrétienté, il a vécu au IVème siècle après Jésus Christ, au coeur de l'empire romain, et fut un contemporain de Constantin, le premier empereur romain à se convertir au christianisme.
Une légende médiévale prétend même que ce serait Sylvestre qui aurait guérit l'empereur d'une lèpre incurable en le baptisant. On attribue aussi à Saint Sylvestre d'autres miracles, comme par exemple d'avoir terrassé un dragon ou ressuscité un taureau. Sylvestre a en tout vécu très longtemps et a été pape pendant 22 ans jusqu'à sa mort, naturelle, en 335, c'est d'ailleurs l'un des premiers saint canonisé sans avoir subi le martyre. Encore aujourd'hui personne ne sait pourquoi la Saint Sylvestre a été placée le dernier jour de l'année, car rien dans la vie de Saint Sylvestre ne le lie particulièrement à cette date, sauf peut-être le fait que son règne de pape a correspondu avec la naissance d'une nouvelle époque pour le christianisme, puisque grâce à l'empereur Constantin, le christianisme n'allait plus être persécuté dans l'empire romain. Nouvelle ère, nouvelle année.
Ce serait une belle explication si la date de la fin de l'année au 31 décembre n'était pas une invention assez récente. Les romains qui furent sans doute les vrais inventeurs du réveillon du jour de l'an, avaient fixé celui-ci au 1er janvier.
Ainsi en France jusqu'en 1564, dans de nombreuses provinces l'année commençait le 1er mars, à Lyon c'était le 25 décembre, à Vienne le 25 mars. C'est l'édit du roi Charles IX en 1564, qui mit tout le monde d'accord, dorénavant l'année finirait le jour de la Saint Sylvestre, le 31 décembre.

Source : Auteur Gaël Pollès, journaliste et écrivain.

Complément sur les origines de la Saint Sylvestre

Les origines de la Saint Sylvestre sont multiples et se perdent dans la nuit des temps. Les origines païennes se sont mélangées aux origines religieuses en draînant l'ensemble des croyances populaires et religieuses liées au solstice d'hiver. Les peuples et les cultures anciennes célébraient le solstice d'hiver et on retrouve la même symbolique dans toutes ces croyances et ces pratiques. Dans la Rome antique, on s'échangeait des pièces et des médailles à l'occasion du changement d'année. Cet échange remonte à l'époque du règne du roi Tatius Sabinus, roi des Sabins, qui reçut un bois sacré de la déesse Strenia en gage de bon augure pour l'année à venir. Par la suite, cet échange s'est généralisé à l'ensemble de Rome. C'est ainsi que cette tradition perdure dans les étrennes qui sont remises aux enfants le jour de la Nouvelle année. Une dizaine de jours après les saturnales, les romains organisaient des échanges de voeux à l'occasion de copieux repas qui s'accompagnaient d'offrandes de rameaux verts et de confiseries. Cette période de fête était clôturée par les jeux du cirque. Jusqu'à Jules César, la fête célébrant la fin d'année n'était pas une date fixe, à l'époque romaine, la fête se déroulait généralement en février. Jules César a fixé la fin d'année au 31 décembre. En France, il faut attendre Charles IX pour que le premier jour de l'année, le Nouvel An, soit fixé au 1er janvier. Saint Sylvestre a été pape de 314 à 355. Il est surtout connu pour son combat contre la doctrine d'Arius de Constantinople qui niait la nature divine de Jésus. En réalité, ce Saint a peu à voir avec la Fête du Nouvel an, mis à part son nom. Certains historiens avancent que ce Saint fut choisi uniquement pour son nom qui évoque la forêt. La nature est en effet très importante dans les symboliques et traditions héritées de l'antiquité. Saint Sylvestre 1er reste connu pour ses constructions de grandes basiliques romaines.

Source : D'après le site wwwteteamodeler.com 

Réveillon Saint Sylvestre

 Comme on ne doit pas souhaiter une bonne année bien prospère : "boun annado bèn granado", avant le premier janvier, car cela porte malheur, dans les derniers jours de décembre, on emploie cette formule de politesse :
"bouan bout d'an" c'est-à-dire : bonne fin d'année.

En Provence, le soir du 31 décembre, on se réunit autour de la bûche qui flambe dans la cheminée, on s'embrasse et l'on se dit :
"A l'an que ven !
E, se sian pas mai, sieguen pas men !"
"A l'an qui vient !

Et, si nous ne sommes pas davantage, ne soyons pas moins !"

Je vous dis à mon tour :
 Bono annado 2022, bèn granado e bèn acoumpagnado d’uno moulounado d’autro.
 Qu’aqueste annado vous adugue lou bonur, la pas, la joio, la santa e… forço voio e envanc. Diéu nous doune la gràci de vèire l’an que vèn e se sian pas mai que fuguen pas mens.

Bonne-annee

 


23 décembre 2021

La messe de Minuit

Messe de Minuit

La messe de Minuit est la messe traditionnelle des catholiques qui précède le jour de Noël, lors de la Veillée de Noël. Dans le calendrier lithurgique catholique en vigueur aujourd'hui, la dénomination exacte est "messe de la nuit". La formule "messe de Minuit" s'est imposée, du fait de l'habitude de célébrer habituellement cette messe à minuit. 

La messe de la nuit est la deuxième messe du cycle des quatre messes prévues pour célébrer avec toute la solennité nécessaire l'un des deux événements liturgiques majeurs de l'année, à savoir la naissance de Jésus à Bethléem, traditionnellement nommée "Nativité". Les messes prévues en cette occasion sont : la messe de l'Emmanuel, célébrée la veille au coucher du soleil ; la messe de la nuit ; la messe de l'Aurore célébrée avant le lever du jour ; la messe du jour de Noël.

Cette messe de la nuit est communément appelée "messe de minuit", mais dans la majorité des paroisses françaises elle est célébrée habituellement en début de soirée soit entre 18 h et 22 h. Chaque église organise sa messe de minuit qui est généralement un succès populaire et attire de nombreux non-pratiquants. La messe de Minuit du Vatican, célébrée par le pape, est retransmise à la télévision dans tous les pays à prédominance chrétienne. Les messes de Minuit locales ou celles de Bethléem ont aussi une forte dimension symbolique, émotionnelle, et sont souvent retransmises par la radio ou la télévision.

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Messe de Minuit aux Baux-de-Provence, Offrande des bergers

Au coeur de la nuit, on célèbre le passage des ténèbres à la lumière. Le texte d’Isaïe (9:1-6) annonce la naissance d’un enfant "qui fera se lever une grande lumière sur le peuple". Il sera appelé "Prince de la paix". L'évangile selon Luc (2:1-14) raconte la naissance de Jésus et l’annonce des anges aux bergers. C’est pourquoi la célébration proprement dite commence souvent par une veillée dans l’église, où l’on met en scène la Nativité et où une statue de l’Enfant Jésus nouveau-né est apportée en procession dans la crèche. La proclamation de l’évangile se termine souvent par le chant du Gloire à Dieu.

Une tradition datant du VIIème siècle faisait de la messe de Noël une succession de trois messes : la première messe s’appelait "messe des Anges", la seconde "messe des Bergers" et la troisième "messe du Verbe divin". Ces trois messes étaient mieux connues sous le nom de "messe de Minuit", "messe de l’Aurore" et "messe du Jour". Ce n’est qu’au XIXème siècle qu’on prit l’habitude de les dire à la suite au moment de la veillée de Noël Saint Thomas d'Aquin a conféré à chacune une signification symbolique forte dans la "Somme de Théologie" (III, 83, 2).

Cathédrale Notre Dame de la Seds-Toulon

Cathédrale Notre-Dame-de-la-Seds à Toulon

Depuis la réforme liturgique qui a fait suite au Concile Vatican II, la forme de célébration avec les quatre messes, avec respect des horaires réels, est en vigueur dans les paroisses diocésaines. Le 7 juillet 2007, le pape Benoît XVI a rappelé que la messe traditionnelle n'avait jamais été interdite par le Concile Vatican II. Il a appelé la messe actuelle "messe selon la forme ordinaire du rite romain" et la messe traditionnelle "messe selon la forme extraordinaire". Ce rappel a largement remis en vigueur "les trois messes de Noël" dans les quelque 500 lieux de culte utilisant la forme extraordinaire. La "messe de Minuit", la "messe de l’Aurore" et la "messe du Jour" sont donc faciles à trouver actuellement.

Source : D'après un article paru dans Wikipédia - l'encyclopédie libre 

Vitraux de la Nativité

 

20 décembre 2021

Le lâcher du roitelet le 24 décembre

 

Roitelet

Dans de nombreux villages de Provence, il était d'usage, le 24 décembre, au cours de la messe de minuit, d'associer au moment de l'offrande, un lâcher d'oiseaux et, en particulier, de lâcher un roitelet.

Ce roitelet appelé petouso ou vaqueto, devait avoir été capturé vivant par de jeunes gens partis en troupe dans les champs des alentours. Celui qui saisissait le premier l'oiseau était sacré Rèi de la Petouso ou Rèi de la Vaqueto (Roi du roitelet).

 Nota de Nadine : J'ai vérifié dans le dictionnaire provençal-français : "Lou pichot tresor" (Le petit trésor) de Xavier-De-Fourvieres, ces deux appelations de petouso et de vaqueto. Je vous livre ce que j'ai trouvé :

 - pour petouso : roitelet, troglodyte, également en provençal petouvin : roitelet.

- pour vaqueto : (pour le sujet qui concerne ce texte) troglodyte. Egalement en provençal vaqueirouno : bergeronnette.

 Source : D'après l'Almanach provençal 2007 - Edition Jeanne Laffite

 

Guirlande-roses

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17 décembre 2021

Les santons de Provence

 

 

Tableau des santons

Les santons sont d'origine méditerranéenne. Ce sont de petits personnages que l'on met dans les crèches pour les fêtes de Noël. Le mot "santon" vient du provençal "santoun" : petit saint. C'est le santonnier qui fabrique les santons avec de l'argile. Ils perpétuent les traditions provençales, la vie des hommes et de leur famille. Ils sont les témoins intemporels de la chrétienté et de la résistance du peuple de Marseille aux interdictions de la révolution française (lire plus bas). Ils sont aussi une reproduction de la nativité, des vieux métiers et des personnages traditionnels des pastorales. Les Provençaux se les transmettent de génération en génération et chacun y ajoute de nouveaux personnages au gré des modes et des époques.

C'est à la mi-décembre, qu'on les sort des cartons dans lesquels ils ont dormis toute l’année, emballés délicatement dans du papier ou du frison. Pendant plus d’un mois, ils seront dans la crèche, qui reproduit un vieux village au moment de la nativité, où l’on retrouve les traditions et l’histoire populaire de la Provence.

L’histoire du santon de Provence

Les représentations de la naissance du Christ se multiplièrent à partir du IVème siècle, surtout dans les livres religieux. On a également retrouvé une description de la crèche sur un bas relief d'un sarcophage du IVème siècle conservé dans un musée à Rome, ainsi qu’une représentation de la nativité sur des couvercles de sarcophages paléochrétiens en Arles.

La fête de Noël a été décidée en 354 par le pape Libère (Liberius en latin, il fut le 36ème pape) dans le but de remplacer la fête païenne qui entourait le solstice d'hiver. Dès le XIIème siècle, on trouve de nombreuses représentations sculptées de la nativité, mais également de l'âne, du boeuf, des rois-mages. Un capucin sculpteur marseillais, copie les personnages de la crèche de son couvent en petite dimension pour le peuple.

Creche-de-Noel-vivante

La première mise en scène d'une crèche vivante avec des personnages et animaux, fut créée  en 1223 par saint François d'Assise (dont la mère était originaire de Tarascon), lors d'une messe de minuit à Gréccio (Italie) dans la forêt des Abruzzes. Bien que cette pratique ne fut guère appréciée du souverain pontife Honorius III, elle se répandit dans toute l’Italie et surtout dans la région napolitaine où saint François d’Assise séjourna. Le santon est donc probablement d’origine napolitaine, et c’est d’ailleurs dans cette région que l’on peut admirer les plus belles crèches. Dès la fin du XIIIème siècle, les moines franciscains introduisent la crèche en Provence.

Au XVIIIème siècle, la révolution interdit la messe de Minuit et les crèches d’église. Les Marseillais restés très fidèles à leurs crèches, créèrent des "crèches publiques", réalisées par des particuliers qui les faisaient visiter. L'usage se développa ainsi de monter une crèche dans chaque foyer. Une petite industrie se mit à fabriquer tous les personnages de la crèche. 

Moule_de_Lagnel

Moules de Lagnel au musée de Marcel Carbonel (Photo Wikipédia)

En 1798, Jean-Louis Lagnel de Marseille (1764-1822), conçut les premiers moules en plâtre pour fabriquer ses santons. Avant sa création, les santons étaient faits de plâtre ou de bois. Cette nouveauté technologique permit une production de masse et une plus grande diffusion. Ces "santons d'un sou" permettaient enfin à chacun de posséder sa propre crèche.

Le véritable essor des santons commença au XIX siècle avec l’apparition des premiers maîtres santonniers de Provence. Les personnages d'argile qu’ils créaient étaient empruntés à la vie quotidienne et aux métiers de la rue. Marseille, devenue capitale santonnière se mit à organiser des foires devenues annuelles. Parmi les principales étapes, on notera :

- en 1803, la 1ère Foire de Noël aux Santons et aux Crèches, se déroula sur le cours Belsunce,
- en 1808 la première vente de santons sur le cours Saint-Louis,
- en 1853, la foire se tient boulevard du Muy,
- en 1883, elle s'installe aux allées Meilhan,
- depuis 1897, la foire est devenue annuelle,

De nos jours elle se tient en décembre, sur la Canebière. La 200ème édition a été fêtée en 2003. 

Santons divers

Les personnages de la crèche

A l’origine, la crèche familiale se limitait aux personnages de la Nativité : Marie, Joseph, l'Enfant Jésus et les rois mages.

Les santonniers de Provence s’inspirèrent des vieux métiers traditionnels, du petit peuple de Marseille et des personnages de la Pastorale pour fabriquer leurs santons. Mais chaque santonnier a créé ses personnages avec des détails et des postures qui font sa "marque de fabrique".

L’ange, c’est le messager de la naissance. Le plus populaire est l’ange Boufareù, celui qui souffle, tient une trompette et guide la population vers l’étable. Il peut s’agir aussi d’un ange debout.

La Vierge, elle est assise ou à genoux. Elle contemple l’enfantoun (Jésus).

Joseph et Marie

Joseph, vêtu d’une robe de bure est à genou.

L’enfant Jésus est couché sur la paille et vêtu d’un simple lange.

L’aveugle, issu de la Pastorale Maurel, élégamment vêtu. Il s’appuie sur l’épaule de son fils et recouvre la vue devant l’étable de Jésus.

Bartoumieu, est un personnage sympathique et comique de la Pastorale. Il affiche un air bonhomme à l’allure négligée.

La Bohémienne tient un enfant dans les bras

Le ravi est un personnage à l’air naïf reconnaissable entre tous avec les bras levés au ciel en apprenant la naissance.

Le berger, un des premiers santons. Il peut être jeune ou vieux, à genou ou couché ou encore accompagné d’un mouton.

Les animaux comme l’âne et le bœuf autour de Jésus, mais aussi les moutons donnent le ton à la scène pastorale.

Les rois mages

Les rois mages, son somptueusement vêtus. Melchior est le roi maure avec un turban sur la tête et un ciboire dans les mains. Balthazar appelé le roi blanc, a une cape violette brodée d’or. Gaspard est le roi à genou qui porte un coffret de pièces d’or.

Les autres :

Les femmes : La Comtadine, la femme à la bassinoire, la femme au savon, la marchande de rubans, la femme aux limaçons, la femme à la lavande, la marchande de citrons, la fileuse, la laitière, la marchande de fougasses...

Les hommes : L’homme à la cruche, le tonnelier, le bourrelier, le gitan à la guitare, le marchand de marron, le vitrier, le rémouleur (aiguiseur), le chasseur, le curé, le tambourinaire, le pescadou (pêcheur), le pèlerin...

On retrouve également saint François d’Assise, avec sa robe de bure. Il est le saint patron des santonniers.

Source : D'après un article paru sur le site rene-84.com et lexilogos.com

Le petit monde des santons de Provence

 

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13 décembre 2021

Lou cacho-fiò, la bûche de Noël

 

Cacho fio

La veillée de Noël, scène du cacho-fio - Musée Arlaten à Arles - Carte postale

Fidèle aux anciens usages, pour mon père, la grande fête, c'était la veillée de Noël. Ce jour-là, les laboureurs dételaient de bonne heure ; ma mère leur donnait à chacun, dans une serviette, une belle galette à l'huile, une rouelle de nougat, une jointée de figues sèches, un fromage du troupeau, une salade de céleri et une bouteille de vin cuit. Et qui de-ci, et qui de-là, les serviteurs s'en allaient, pour "poser la bûche au feu", dans leur pays et dans leur maison. Au mas ne demeuraient que les quelques pauvres hères qui n'avaient pas de famille et, parfois des parents, quelques vieux garçons, par exemple, arrivaient à la nuit, en disant : "Bonnes fêtes ! Nous venons poser, cousins, la bûche au feu, avec vous autres."

Cacho-fio

Lou cacho-fio brûle dans l'âtre

Tous ensemble, nous allions joyeusement chercher la "bûche de Noël", qui — c'était de tradition — devait être un arbre fruitier. Nous l'apportions dans le mas, tous à la file, le plus âgé la tenant d'un bout, moi, le dernier-né, de l'autre ; trois fois, nous lui faisions faire le tour de la cuisine ; puis, arrivés devant la dalle du foyer, mon père, solennellement, répandait sur la bûche un verre de vin cuit, en disant : 

Allégresse ! Allégresse,
Mes beaux enfants, que Dieu nous comble d'allégresse !
Avec Noël, tout bien vient : Dieu nous fasse la grâce de voir l'année prochaine. Et, sinon plus nombreux, puissions-nous n'y pas être moins !

Alègre ! alègre,
Mi bèus enfant, Diéu nous alègre !
Emé Calèndo tout bèn vèn…
Diéu nous fague la gràci de vèire l'an que vèn,
E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens !

Et, nous écriant tous : "Allégresse, allégresse, allégresse !", on posait l'arbre sur les landiers et, dès que s'élançait la première flamme : À la bûche, Boute feu ! Cacho-fiò, Bouto fio ! 
disait mon père en se signant. 

Table de Noël

Et, tous, nous nous mettions à table. Oh ! la sainte tablée, sainte réellement, avec, tout à l'entour, la famille complète, pacifique et heureuse. A la place du calèu (calen, lampe à huile), suspendu à un roseau, qui, dans le courant de l'année, nous éclairait de son lumignon, ce jour-là, sur la table, trois chandelles brillaient ; et si, parfois, la mèche tournait devers quelqu'un, c'était de mauvais augure. A chaque bout, dans une assiette, verdoyait du blé en herbe, qu'on avait mis à germer dans l'eau le jour de la sainte Barbe. Sur la triple nappe blanche, tour à tour apparaissaient les plats sacramentels : les escargots, qu'avec un long clou chacun tirait de la coquille ; la morue frite et le muge (poisson de mer dit aussi mulet de mer) aux olives, le cardon, le scolyme*, le céleri à la poivrade, suivis d'un tas de friandises réservées pour ce jour-là, comme : fouaces** à l'huile, raisins secs, nougat d'amandes, pommes de paradis ; puis, au-dessus de tout, le grand pain calendal***, que l'on n'entamait jamais qu'après en avoir donné, religieusement, un quart au premier pauvre qui passait. La veillée, en attendant la messe de minuit, était longue ce jour-là ; et longuement, autour du feu, on y parlait des ancêtres et on louait leurs actions.

 Source : Extrait de Moun espelido, Memori e raconte en provençal (1906), Mes origines, Mémoires et récits : traduction en français, par Frédéric Mistral (1906).

Explications

* Scolyme : Voilà une plante potagère qui rejoint la cohorte des légumes "racine". Longues jusqu'à 80 centimètres, les racines du scolyme d’Espagne, sont cuisinées comme beaucoup de légumes racines : au jus, à la vapeur, au beurre… Récoltées trop grosses elles deviennent parfois fibreuses et moins agréables à la dégustation. C’est un légume riche en inuline, donc un excellent aliment pour les personnes qui souffrent de diabète…

Source : jaime-jardiner.ouest-france.fr

** Fouace : Fouasse, fougasse, fougace ou fouée sont les appellations données à différents gâteaux, pains et brioches dans différentes régions de France.

Source : Wikipédia

Grand pain calendal

Grand pain calendal 

*** Grand pain calendal : Selon la tradition provençale, la table du soir de Noël doit être dressée à l’aide de trois nappes blanches ; y figurent trois chandeliers, trois "sietoun" (petites assiettes) de blé, puis, au-dessus de tout, le grand pain calendal - "lou pan Calendaù" - fait de pure farine de blé, formé d’une boule centrale avec douze autres autour ; il est piqué en son centre de verbouisset (petit houx des collines) symbole de renaissance. Le pain calendal n’est pas celui de l’ordinaire. Il s’agit d’une miche ronde entaillée en forme de croix. Représentant le Christ, il est accompagné des douze apôtres. On le garnit parfois de myrte (nerto). L’aïeul prend le pain calendal et y fait un signe de croix au dos avec la pointe du couteau ; il le partage en trois : une part pour les pauvres, une part pour le souper, et une part pour les miracles. La dernière est conservée dans l'armoire pour protéger la maison de la foudre et de l'incendie. Puis l’aïeul le répartit aux convives, en priant Dieu d’assurer le pain quotidien à chacun d’eux. On en portait aussi un morceau aux animaux et Marchetti assure que les mariniers et les pêcheurs ne s'embarquaient guère sans en emporter avec eux pour en jeter dans la mer quand elle était coléreuse. Puis vient la formule traditionnelle que l’aïeul récite en arrosant de vin cuit la bûche traditionnelle que l'on met au feu : Alegre ! alegre ! Mi bèus enfant, Diéu nous alegre ! Emé Calendo tout bèn vèn... Diéu nous fague la graci de véire l'an que vèn, E se noun sias pas mai, que noun fuguen pas mens !

Source : D'après un texte du site paroissedemartigues.com

Feu dans la cheminée

 

08 décembre 2021

Les fêtes de Noël en Provence

Les traditions de la célébration de la Noël en Provence commencent le 4 décembre, à la sainte Barbe et se terminent le 2 février à la Chandeleur. Les fêtes de Noël sont appelées les fêtes calendales, elles sont riches de symboles. Empreint de superstitions et de traditions, Noël en Provence est une succession de fêtes, de rites, l’occasion de se retrouver et de faire des cadeaux…

Blé de la sainte-Barbe

Le blé de la sainte Barbe

Planter le blé de la sainte Barbe, 20 jours avant Noël, soit le jour de la sainte-Barbara, reste une des traditions calendales les plus suivies en Provence. Le 4 décembre, il faut faire germer des graines de blé dans trois soucoupes couvertes de coton humide. (Les petits sachets de graines de blé sont vendus dans presque toutes les boulangeries au profit d'oeuvres caritatives). Si les tiges poussent droites et vertes, l’année sera prospère. Ces petits champs miniatures prendront place ensuite dans la crèche familiale et sur la table du gros souper.

La crèche provençale

La crèche et les santons

Le métiers de santonnier fait parti de la tradition provençale. La plus ancienne foire aux santons créée à Marseille en 1803 réunit plus de 30 santonniers en centre ville, sur le vieux port de Marseille (un article suivra sur les santons).

Table du Gros Souper

    Le gros souper 

Le gros souper, c’est celui du 24 décembre, veille de Noël au soir. C’est le repas le plus important de l’année en Provence, repas maigre et fastueux à la fois.

Cacho fio

Reconstitution de la cérémonie du cacho-fio. Salle calendale au Museon Arlaten (Carte postale)

La veillée de Noël : le gros souper et les treize desserts
Jadis, le gros souper était précédé de la cérémonie de "la bûche" (cacho-fio). Le vieux (lou viei) ayant choisi une belle branche de fruitier, souvent d'amandier versait dessus du vin nouveau, puis le plus jeune de la famille l’allumait dans la cheminée, à l’aide d’un bout de bois de la bûche de l’année précédente, et toute la famille chantait. A l’heure actuelle les cheminées ont souvent disparues et la bûche s’est transformée en pâtisserie.
Ah, quelle table !… Quel tableau resplendissant !

Les 13 desserts

Une nappe blanche éclairée de trois bougeoirs et décorée de trois petites assiettes du blé de la sainte Barbe. Le chiffre 3 symbolisant la Trinité. Blé ou lentilles sont symbole de renouveau et prédisent une bonne récolte à venir. L’on sort les plus belles assiettes et les plus beaux couverts, et l’on oublie pas l’assiette de plus pour le pauvre qui passerait par là. 

Selon les traditions, les plats sont présentés tous ensemble.
On y trouve, 1 poisson qui domine : la morue, et tout ce qui suit :

  • Cardons aux anchois,
  • Cardons à la béchamel,
  • Choux-fleur,
  • Sauce aux poireaux,
  • Cèleri à l’anchoïade,
  • Courges en gratin, 
  • et surtout les 13 Desserts impérativement 13 (ce chiffre symbolise Jésus et les 12 apôtres).

Pour vous souvenir des treize desserts, pensez d'abord : trois, quatre, six. Voici pourquoi :

 Trois produits fabriqués à l'occasion de Noël et qui sont des spécialités régionales : le nougat noir, le nougat blanc, la pompe à l'huile d'olive. Les nougats sont un mélange de miel et d'amandes cuites. La pompe est une fougasse à base de fine fleur de farine, d'huile d'olive, d'eau de fleur d'orangers et de sucre, le tout parfumé au citron.

 Quatre fruits frais conservés à l'occasion de Noël : la pomme, la poire, le melon, la sorbe. La sorbe, baie sauvage, ne se retrouve que rarement sur les tables de Noël d'aujourd'hui. C'est pourtant un fruit qui devient délicieux avec le temps, mais qui demande à être délicatement conservé sur de la paille sèche.

 Six fruits secs : la figue, le raisin de Malaga, l'amande, la noisette, la noix, le pruneau. Les quatre premiers sont connus sous le nom des quatre "mendiants" parce que, dit-on, on retrouve dans la couleur de la figue la robe grise du franciscain, dans celle de l'amande la robe écrue du dominicain, dans la noisette la robe brune du carme, dans le raisin la robe foncée de l'augustin. Ne pas oublier que le tout est arrosé de vin cuit dans lequel il est d'usage de tremper les morceaux de la pompe à l'huile.

 Pourtant, l'essentiel n'est pas de connaître par coeur chacun des treize desserts, c'est de pouvoir goûter à chacun après le "gros souper".

 Source : Revue d'Information Municipale de Trans en Provence n° 19 - décembre 1987

Messe de Minuit

La messe de Minuit

En Provence, la messe de Minuit est un des seuls moments de l’année ou les églises sont pleines. La messe de Minuit est marquée par la cérémonie du pastrage, qui est l’offrande de l’agneau dernier né à l’enfant Jésus venant de naître. Ceci symbolise le triomphe de la vie sur les ténèbres, symbole remontant à la nuit des temps et aux origines du christianisme. La messe de Minuit est précédée du Gros Souper qui est partagé en famille. Les treize desserts sont goûtés traditionnellement au retour de la messe.

Les fêtes calandales à suivre : L'épiphanie pour célébrer la visite des rois mages à l’enfant Jésus et la Chandeleur symbole de la purification de la Vierge.

Source : D'après un texte paru sur le site tableaux-provence.com

Nota de Nadine : Après cet article, cinq autres suivront consacrés à Noël : Les santons de Provence, La messe de minuit, Lou cacho fio, La bûche de Noël, les origines de la Saint Sylvestre, Les étrennes, les cartes de voeux, le gui et le houx.

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Je vous mets le lien d'un article que j'avais fait passer en 2017 et qui s'intitule : "Noël : la fête majeure de Provence" pour que vous puissiez aller le lire.

Noël : la fête majeure de Provence - Passion Provence

Les Saturnales d'Antoine-François Callet Dans les années 330 alors que l'empereur Constantin officialise la religion chrétienne, l'Eglise décide s'instaurer une fête spécifique afin de célébrer la naissance du Christ. Le choix de la date va s'inscrire dans un contexte de lutte contre le paganisme.

http://www.passionprovence.org

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02 décembre 2021

Le 2 décembre 1959, le drame de Malpasset, pour ne pas oublier...

Bonsoir à toutes et tous,

je n'ai pas préparé d'autres articles à lire comme je le fais d'habitude car je suis en pleines recherches généalogiques pour mon tout nouveau blog sur le cimetière de mon village, Trans en Provence. Il sera bientôt opérationnel et je vous le dirai à ce moment là.

Nous sommes aujourd'hui le 2 décembre 2021, un bien triste anniversaire à souhaiter. Le 2 décembre 1959, est survenue à Fréjus, la plus grande catastrophe civile ayant eu lieu en France au XXème siècle.

Ce soir là, à 21 heures 13, le barrage de Malpasset cède sous la pression de l'eau. Une vague gigantesque de 60 mètres de haut déferle dans la vallée du Reyran dans un vacarme épouvantable emportant tout sur son passage. Il ne lui faudra qu'une vingtaine de minutes pour atteindre Fréjus et aller mourir dans la mer.

J'ai déjà traité de ce drame dans plusieurs articles. Je vais vous les mettre en liens pour que vous puissiez aller les lire et je mettrai à la fin trois vidéos dont une des témoignages très émouvants de deux rescapés. Ce soir là la chance était avec eux.

Le 2 décembre 1959, à 21h13, le barrage cède... Il y a 60 ans, la catastrophe de Malpasset (1ère partie) - Passion Provence

Au début de l'hiver 1959, des pluies torrentielles remplissent totalement le réservoir du barrage de Malpasset en amont de la ville de Fréjus. Le 2 décembre à 21h13, celui-ci cède soudainement et 50 millions de mètres cubes d'eau déferlent en une vague de 40 mètres de haut dans la vallée du Reyran à la vitesse de 70 km/h, ravageant tout jusqu'à la mer.

http://www.passionprovence.or
Le 2 décembre 1959, à 21 h 13, le barrage cède... Il y a 60 ans, la catastrophe de Malpasset (2ème partie) - Passion Provence

Il est 21h à Fréjus le 2 décembre 1959. - à 21h13 : Le barrage cède. - A 21h17 : Baisse de tension enregistrée au dispatching sud-est de l'EDF à la suite de la chute d'un pylône de tension.

http://www.passionprovence.org
2 décembre 1959 : la catastrophe du barrage de Malpasset - Passion Provence

Je reviens un peu vers vous aujourd'hui parce que vous me manquez. Mon poignet se répare petit à petit et dans quelques temps je publierai à nouveau des articles. Je fais paraître celui-ci car on ne peut pas oublier cette terrible date du 2 décembre 1959.

http://www.passionprovence.org

 

 

 

Malpasset

Les restes du barrage (Photo internet)

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 Je rajoute ce soir 5 décembre, un texte que j'ai trouvé sur facebook publié par Philippe Natalini qui désire rendre hommage au capitaine de Gendarmerie René Blazy, qui aux commandes de son hélicoptère a secouru plusieurs dizaines de personnes, avant de trouver la mort au cours d'une de ses missions de sauvetage. Je vous mets le texte qu'il a fait paraître ainsi que des photos.

"Aujourd'hui je souhaite rendre hommage à René Blazy, capitaine de Gendarmerie ayant perdu la vie il y a 62 ans de cela, lors des opérations de secours aux populations fréjussiennes victimes de la rupture du barrage de Malpasset.
Retour sur cette tragique mission de secours prenant la vie de René Blazy après qu'il ait, aux commandes de son hélicoptère, secouru plusieurs dizaines de personnes.
Accompagné de son camarade le maréchal des Logis Carroul, depuis l'aube, il porte secours aux sinistrés sur des toits ou dans l'eau au moyen de son Alouette 2. En milieu de matinée, sa 13ème mission de sauvetage débute. Elle consiste à évacuer une famille tétanisée, réfugiée sur le toit d'une maison de deux étages.
Son hélicoptère n'étant pas équipé de treuil, il pose un patin de l'appareil sur le bord du toit et garde une position stationnaire en incitant les membres de la famille réfugiée là, à embarquer. Le froid, la peur les tétanisent, ils sont paralysés et n'embarquent pas.
René Blazy confie les commandes de l'appareil à Carroul et prend pied sur le toit pour aider les Fréjussiens à embarquer. Accroupi, s'approchant des enfants en leur tendant la main, une tuile cède sous son poids le déséquilibrant. Dans un réflexe fatal, le gendarme se redresse et les pales de l'appareil heurte sa tête, le tuant sur le coup.
Le capitaine René Blazy était marié et père de 4 enfants. Une rue de Fréjus porte son nom, une stèle commémorant son sacrifice, son courage et son dévouement est implantée non loin des lieux où il a perdu la vie, au service de ses compatriotes dans la détresse.
Ne l'oublions pas."

René Blazy

Hélicoptère

Rue

 

 

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