Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

La Basse-Provence

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

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10 décembre 2017

Jean-Baptiste Roux de Toulon, personnage de la Révolution

 

Port-Toulon-Letuaire

Port de Toulon - Gravure de Pierre Letuaire

Toulon, plus que toute autre ville, a souffert de la Révolution. Dès les premiers troubles a régné en maîtresse une bande d'ouvriers de l'arsenal, de matelots déserteurs, d'hommes du peuple, de portefaix, bouchers, forgerons, crocheteurs, etc... La guerre est déclarée à l'autorité maritime. Le chef de cette bande est Sylvestre, vainqueur de la Bastille, héros du 10 août, expédié dans le Var par les Jacobins de Paris. Y figurent aussi : Paul, un rentier, le perruquier Lambert, le "chiffonniste" Figon, Monteil et le "pendeur de la ville" Lemaille dit Beau-Soleil. Leur programme est le pillage des maisons riches et l'amputation des têtes d'aristocrates... C'est un spectacle coutumier de voir, à la corde des lanternes, pendre un corps humain haché de coups de sabre... La municipalité complice pactise avec les bandits, la Garde Nationale protège les massacres... La ville est terrorisée. Le Major général de Rochemares a été pendu ; l'amiral de flotte d'Argenson, commandant de la Marine, dépecé.

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L'insubordination a gagné les équipages des navires. Un homme, un "bridier", s'est alors révélé : il s'appelle Jean-Baptiste Roux. Le 12 juillet 1793, comme les terroristes venaient de parcourir une fois de plus la ville en vociférant des menaces de mort, Roux frappa aux portes, entra chez tous ceux qu'il savait être ennemis du désordre et leur donna rendez-vous, pour le soir-même, à la Chapelle des Franciscains, dans un faubourg, contre les remparts. Il y eut foule. Roux prit la parole, fit un "tabac" !.. Une délégation va à l'Hôtel de Ville et après bien des péripéties, dès le lendemain, Roux annonce solennellement le retour de Toulon à la fidélité monarchique, proclame Louis XVII et commande d'arborer sur tous les édifices le drapeau blanc fleurdelisé. Il forme un Comité Général de Gouvernement, composé de citoyens honnêtes et d'officiers de marine. Les huit principaux terroristes sont arrêtés et livrés à la justice. On emprisonne les deux Conventionnels Beauvais et Baille (ce dernier se suicide dans sa cellule...).

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Bonaparte blessé par un soldat anglais lors du siège de Toulon (1793) par Jacques Onfroy de Bréville, dit Job

Par la suite, Roux fut, semble-t-il, mis moins en avant. Le Comité Général accepta le concours des Anglais qui croisaient sur la rade et qui s'emparèrent du port militaire...Toulon expia cela cruellement. Bonaparte chassa les Anglais. La nuit du 18 au 19 décembre fut, pour les Toulonnais, une nuit d'épouvante... A l'aube, plus de 20.000 Toulonnais veulent embarquer sur les vaisseaux anglais. Les Conventionnels, à peine revenus s'installer à la Maison Commune, décrétèrent le massacre en masse : toute la population dut se regrouper au Champ-de-Mars, et, la passant en revue, les représentants la décimèrent. Les exécutions se prolongèrent pendant plusieurs jours : 200 fusillés le 20, 200 le 22, 400 le 24, 800 le 5 janvier...et l'on ne sait pas tout...
Parmi les laissés pour morts, Jean-Baptiste Roux et son fils !...
Ils gagnent la campagne où ils trouvent un abri qui les sauve. On ne sait où se terra ce Jean-Baptiste Roux qui eut le singulier privilège d'être "le premier vaincu de Napoléon". A la Restauration il reparut. Ses concitoyens le traitaient avec déférence.
Roux était célèbre et on le montrait aux visiteurs de marque.
 

Duchesse-de-Berry

 C'est ainsi (voir les Mémoires d'Outre-Tombe de Chateaubriand) qu'il fut présenté à la future Duchesse du Berry, lors de la venue de celle-ci à Toulon. Elle écrivit à son fiancé, futur roi de France: " J'ai vu avec plaisir ce brave Rousse (sic), le seul qui ait fait connaître Louis XVII et qui continue par un entier et désintéressé dévouement à se rendre utile à son pays et à son roi."

En 1817, Louis XVIII accorda à ce survivant des grands désastres le Cordon de Saint Michel... mais Jean-Baptiste Roux mourut quelques jours avant l'arrivée de l'ordonnance royale qui le décorait.

Reprise-de-Toulon

Reprise de Toulon par les troupes françaises le 15 décembre 1793

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C'est un généalogiste, Monsieur Dominique Roux, de passage à Trans en Provence avec sa femme qui est venu chez moi un après-midi. Il voulait des renseignements sur un de ses ancêtres transians car il est le descendant d'une famille Roux originaire du village.
Une des branches de cette famille a fait souche en Argentine et a toujours des descendants vivants là-bas. Comme quoi, le monde est petit ! J'ai réussi avec toutes les données que j'ai emmagasinées au cours de mes très nombreuses années de recherche, à lui donner des informations sur sa famille. Il m'avait promis de m'envoyer ce texte.
Je lui en laisse la conclusion et je l'en remercie :
"Voici donc résumée l'histoire de "Roux Louis XVII", comme on le surnommait, d'après un article paru dans le journal "L'Abeille de la Nouvelle Orléans" daté du 8 avril 1913 et signé G. Lenotre et que j'ai essayé de rendre concis sans le dénaturer. Il va de soi qu'il serait très intéressant d'en savoir plus sur cet éminent personnage... et sur sa généalogie !!!"

 

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04 décembre 2017

La Pierre de la Fée à Draguignan, le dolmen et la légende

 

Celtic Stone in Draguignan Provence

Le dolmen de la Pierre de la fée à Draguignan est situé sur la route de Montferrat. Il est constitué par trois dalles verticales de 2,20 à 2,40 mètres de haut, soutenant une table de plus de 5 mètres de longueur pour un poids avoisinant les 20 tonnes. Une dalle de soutien supplémentaire existait au siècle dernier et encore en 1996. Les dalles en place sont en calcaire local. Ce dolmen, classé monument historique a été restauré en 1951. Il est l'un des plus imposant de Provence. A l'origine, sépulture collective, il date de la fin du néolithique, début du chalcolithique (2500/2000 avant J.C.) Les archéologues ont découvert une douzaine de perles en rondelle (callaïs et jadéïte), deux perles en rondelle en calcaire amorphe blanchâtre, neuf perles en lignite, une crache de cerf perforée à la racine, deux perles en tonnelet en serpentine à perforation biconique et trois opercules de "cyclostomas elegans" à perforation naturelle. Des fouilles de Léon Compagnon en 1844, il ne reste qu'une pointe de flèche en silex, deux boutons en os et une perle de plomb. Des fragments de restes humains révèlent la présence d'un sujet âgé. Ce dolmen a été source de nombreuses fouilles clandestines jusqu'à subir un dynamitage en 1975 !

La légende de la fée Esterelle en fait un lieu de fécondité. Le mégalithe est cité par Jehan de Nostredame, frère de Michel de Nostredame (Nostradamus) dans sa légende de saint Hermentaire (1540) et par Frédéric Mistral dans Calendal (1886) :

"Vers Draguignan quouro que trèves

T'enseignaran, se te n'entrèves,

La Peiro de la fado : es un immenso blot..."

"Vers Draguignan, si tu te trouves

Fais-toi montrer, si ne la trouves,

La Pierre de la Fée, c'est un immense bloc..."

Pierre de la fée

Il était une fois une fée qui aimait à se déguiser en bergère. Ainsi travestie, elle s'en allait, sous les bosquets d'orangers et de grenadiers, et jouait de la mandoline. La fausse bergère, gràce à sa beauté et, peut-être, à quelque mélodie magique, parvint à inspirer une grande passion à un jeune génie du voisinage qui finit par lui demander sa main. La fée consentit à la lui accorder, s'il acceptait, de son côté, que le mariage fût celebré sur une table formée de trois pierres dont elle lui fit un portrait minutieux. Le jeune homme reconnut dans la description de sa bien-aimée les pierres qui, depuis dix siècles avaient dévalé la montagne de Fréjus pour s'entasser au bas de la gorge voisine. Réunissant toutes ses forces physiques et surnaturelles, il parvint à dresser les deux premières pierres, mais fut incapable de déplacer la troisième. Accablé, il crut avoir perdu la main de la bergère. Mais la fée, à qui il n'était pas indifférent le prit de pitié. La nuit suivante, elle s'approcha de la pierre récalcitrante et traça autour d'elle un cercle magique. Sur le champ, une immense flamme s'éleva et la lourde dalle fut transportée sur les deux autres. A l'aube, la bergère magicienne surveilla son amant pour partager sa joie au moment où il découvrait le prodige. Mais le jeune homme comprit seulement qu'il était un bien modeste génie et qu'il était condamné à mourir parce qu'il aimait une fée plus habile que lui. Il mourut donc, bientôt suivi par la fée folle de désespoir.

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28 novembre 2017

L'histoire de la Coupo Santo

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La Coupo santo , c'est-à-dire la Coupe sainte, est une coupe en argent que les félibres catalans offrirent aux félibres provençaux lors d’un banquet qui se tint à Avignon le 30 juillet 1867, en remerciement de l’accueil réservé au poète catalan Victor Balaguer, exilé politique en Provence.
Cette coupe est l’œuvre du sculpteur et statuaire Louis Guillaume Fulconis et de l’argentier Jarry. Les deux femmes représentent la Provence et la Catalogne. Cette union entre Catalans et Provençaux se retrouve aussi dans les couleurs du drapeau provençal : d'or et de gueules. Fulconis en apprenant la destination patriotique de la coupe qu'il avait réalisée refusa d'être payé pour son travail.

Nota de Nadine : Je précise que Louis Guillaume Fulconis était natif d'Avignon, où son père était tailleur de pierre-marbrier. Il était en fait l'héritier d'une lignée de tailleurs de pierre de Saint Etienne de Tinée (Alpes-Maritimes).

Le capoulié (grand maître) du Félibrige est traditionnellement le dépositaire de la coupe. Celle-ci est présentée une fois par an lors du banquet qui se tient à l’occasion du congrès du Félibrige, dit de la Santo-Estello (Sainte-Estelle). Le banquet se termine par la cansoun de la Coupo (la chanson de la Coupe) qui fut écrite pour commémorer cet événement par Frédéric Mistral sur la musique d’un chant de Noël attribué à Nicolas Saboly et composé au XVIIe siècle, mais en fait oeuvre du frère Sérapion. Elle est devenue depuis l'hymne de la Provence et même l'un des hymnes de l'Occitanie.

Source : Wikipédia l'encyclopédie libre - Texte arrangé par moi-même

Nota de Nadine : L'arrière-petit-fils du sculpteur Louis Guillaume Fulconis, le créateur de la coupe m'a écrit et m'a demandé de faire connaître le site sur son arrière-grand-père. C'est avec plaisir que je vous donne le lien afin que vous puissiez le découvrir :
http://www.fulconis.com/louisguillaume/ 

Coupo-Santo

Prouvençau, veici la Coupo
Que nous vèn di Catalan ;
A-de-rèng beguen en troupo
Lou vin pur de noste plant.

Coupo Santo
E versanto
Vuejo à plen bord
Vuejo abord
Lis estrambord
E l'enavans di fort !

D'un vièi pople fièr e libre
Sian bessai la finicioun ;
E, se toumbon li Felibre
Toumbara nosto nacioun.

D'uno raço que regreio
Sian bessai li proumié gréu ;
Sian bessai de la patrìo
Li cepoun emai li priéu.

Vuejo-nous lis esperanço
E li raive dóu jouvènt,
Dóu passat la remembranço
E la fe dins l'an que vèn.

Vuejo-nous la couneissènço
Dóu Verai emai dóu Bèu,
E lis àuti jouïssènço
Que se trufon dóu toumbèu.

Vuejo-nous la Pouësio
Pèr canta tout ço que viéu,
Car es elo l'ambrousìo
Que tremudo l'ome en diéu.

Pèr la glòri dóu terraire
Vautre enfin que sias counsènt
Catalan, de liuen, o fraire,
Coumunien tóutis ensèn !

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Provençaux, voici la coupe
Qui nous vient des Catalans
Tour à tour buvons ensemble
Le vin pur de notre plant.

Coupe sainte
Et débordante
Verse à pleins bords
verse à flots
Les enthousiasmes
Et l'énergie des forts !

D'un ancien peuple fier et libre
Nous sommes peut-être la fin ;
Et, si les Félibres tombent
Tombera notre nation.

D'une race qui regerme
Peut-être sommes nous les premiers jets ;
De la patrie, peut-être, nous sommes
Les piliers et les chefs.

Verse nous les espérances
et les rêves de la jeunesse,
Le souvenir du passé
Et la foi dans l'an qui vient.

Verse nous la connaissance
Du Vrai comme du Beau,
Et les hautes jouissances
Qui se rient de la tombe.

Verse nous la Poésie
Pour chanter tout ce qui vit,
Car c'est elle l'ambroisie
Qui transforme l'homme en Dieu.

Pour la gloire du pays
Vous enfin nos complices
catalans, de loin, ô frères,
Tous ensemble, communions !

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22 novembre 2017

Célestin Freinet l'instituteur qui révolutionna l'école

 

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 Célestin Freinet naît le 15 octobre 1896 à Gars dans les Alpes-Maritimes. La maison natale donne sur une place au bout du village. L'école est juste en face à dix mètres un peu en contrebas, c'est un signe prémonitoire. Pendant la Première Guerre mondiale, il est blessé et gardera des séquelles de ses blessures toute sa vie. Il passera un an en convalescence dans son village. Les habitants le voient déambuler par les rues, un livre à la main, sa longue et fine silhouette couverte d'une large cape noire. 

Freinet avec ses élèves

 Célestin Freinet avec ses élèves

Célestin Freinet met au point seul, entre 1920 et 1925, dans sa petite école de Bar-sur-Loup, ce qui va devenir l'essentiel de sa pédagogie. Son enseignement favorise l'expression et la communication, le travail individualisé, l'autonomie, le tâtonnement expérimental (pédagogie de l'erreur), l'organisation coopérative de la classe (chacun peut y trouver un rôle à jouer) ainsi qu'une plus grande responsabilité de la part de l'élève. Militant de l'École émancipée, il refuse le manuel scolaire et le "bourrage de crâne". Il propose d'initier les enfants à l'imprimerie. Sur de petites presses semblables à celles qu'utilisent alors les commerçants pour imprimer leurs étiquettes, il encourage les enfants à montrer leurs capacités à s'exprimer et à communiquer par la rédaction d'un "journal de classe" et à les inciter de ce fait à la lecture.

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Célestin et Elise Freinet

A partir de 1925, dans divers articles de presse, il fait connaître ses initiatives et tisse un réseau de correspondants. En octobre 1926, il entreprend une correspondance inter-scolaire régulière avec René Daniel, instituteur comme lui, en Bretagne. Puis, il rencontre Elise, une enseignante qui adhère et collabore à son action. Ils se marient. Freinet crée la revue "La Gerbe", qui est une publication des meilleurs textes d'élèves, et le bulletin "L'Imprimerie à l'école", pour l'auto-formation des instituteurs intéressés. A la rentrée de 1927, est fondée la Coopérative de l'enseignement laïque, qui distribue des films, des disques et des brochures. Ses méthodes nouvelles bousculent les principes et dérangent les esprits. Il est en butte à la méfiance et à l'hostilité de ses supérieurs. 

Classe

 En 1932, débute la campagne de l'Action francaise contre cet instituteur "bolchevique" - en poste à Saint-Paul-de-Vence depuis 1928 - qui aboutit à son déplacement d'office. Célestin Freinet franchit alors le pas : il achète un terrain à Vence et bâtit lui-même sa propre école, ouverte en octobre 1935. Il peut enfin parfaire ses méthodes éducatives. Son école est organisée comme une véritable communauté où les enfants appellent "papa" et "maman" le couple Freinet. Ils organisent eux-mêmes des ateliers d'activités manuelles, l'affichage hebdomadaire du plan de travail, le conseil de coopérative (pour la gestion) et rédigent un journal de classe affiché au mur dans lequel ils expriment leurs critiques et leurs voeux. Interdit d'école sous l'Occupation, Freinet participe activement à la Résistance. Revenu à Vence en 1945, il reprend son oeuvre, publie jusqu'à sa mort le 8 octobre 1966, "L'Éducateur", revue de référence du "mouvement Freinet".

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Célestin Freinet

La "pédagogie Freinet" a été peu à peu adoptée par les écoles de l'Europe entière, mais aussi d'Amérique latine, où pénètrent les méthodes actives, les bibliothèques de classe, voire la presse scolaire. En revanche, la vie communautaire de Vence a été abandonnée. Nul ne songerait aujourd'hui à faire construire une école par les enfants. Ce que fit Célestin Freinet !

 Aujourd'hui, sa salle de classe au Bar-sur-Loup est devenue une salle du conseil municipal et seule une plaque posée à l'entrée de la mairie témoigne de cette expérience.

 Source : D'après Mille ans d'école, de Charlemagne à Claude Allègre - Les collections de l'Histoire - octobre 1999.

Affiche

 

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16 novembre 2017

Le Grand Hôtel Bain à Comps-sur-Artuby

 

Comps

Comps dans les années 50 (carte postale colorisée)

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Situé aux portes des gorges du Verdon, la commune de Comps-sur-Artuby s'étend sur 6 349 hectares à une altitude de 900 mètres. Initialement construit sur un rocher, Comps est un ancien village fortifié, au milieu d'une région sauvage. Le vieux bourg a beaucoup de caractère, l'endroit est calme et reposant, idéal pour les vacances.
La chapelle fortifiée et classée de Saint-André fut édifiée par les Templiers dont le village fut longtemps un des fiefs. Il reste encore de nombreuses traces de cette époque. Les chapelles de Saint-Jean et de Saint-Didier sont à visiter.
La rivière Artuby qui passe dans le village est un autre centre d'intérêt. Comps est un lieu privilégié pour les randonneurs et les amis de la nature. Les massifs montagneux longtemps érodés par le temps, les gorges profondes, les haut-plateaux et les montagnes richement boisées offrent un environnement magnifique. C'est une invitation à la découverte où se mêlent merveilles naturelles et architecturales.

histoire

Vue de l'hôtel au début du XXe siècle et généalogie de la famille Bain

Bain

L'hôtel quand il possédait encore sa pompe à essence (Carte postale années 60)

Si vous passez par-là, vous ne manquerez pas de voir le Grand Hôtel Bain qui est situé dans le village en bordure de la route. En 1737, sous le règne de Louis XV dit le Bien Aimé, ", alors que la famille est installée à Comps depuis des générations, Claude Bain et Marguerite Gariel fondent la lignée qui de père en fils va nous conduire à ce XXIème siècle, avec trois générations en présence : Clément, Arnaud et Jean-Marie Bain qui vont avec leurs épouses poursuivent la tradition familiale.
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J'ai voulu vous montrer la décoration de cet hôtel.

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10 novembre 2017

La Maison du Patrimoine de Roquebrune-sur-Argens

Roquebrune

Roquebrune-sur-Argens à l'abri de son rocher

C'est au cours des Journées du Patrimoine que j'ai découvert La Maison du Patrimoine de Roquebrune-sur-Argens. J'avais envie d'aller visiter ce musée depuis longtemps et je n'ai pas été déçue. Il faut vous expliquer que j'aime bien aller me balader et découvrir les villages dans lesquels ont vécu mes ancêtres. Or, Roquebrune-sur-Argens constitue, tout comme Le Muy, une très grosse partie de ma généalogie paternelle. Cette branche roquebrunoise commence avec mon arrière-grand-mère, Adélaïde Ollivier mariée à François Barret, et à partir d'elle, j'ai des Ollivier, des Ginette, des Abbe, des Clavel, Pourcin, Sénéquier, Autran, Baup, Bérard, Besson, Allons, Gayol, Raynaud, Octoul, Laudon, Martin, Maurine, Gairard, Caban, Guigonnet, Brunel, Aragon, Beuf, Blay, Marenc, Jaume, Lacroix, Fournier, Gentil, Fabre, Rambert, Fellix, Carpenel, Cauvière, Jubert, Tallon, Broquier, André, Guerin, Héraud, Jaume, Attanoux, Pascal, Rigord, Gaston, Chauvier, David, Mouton, Nègre, Escoffier, Roux, Ardisson, Sauteron ,Taradel, Véran, etc... J'en passe et j'en oublie. Et tout ça à Roquebrune ? Mais oui, mais oui... et sans eux, je ne serai pas là pour vous le raconter.

Maison du Patrimoine

Mais revenons à la Maison du Patrimoine. La collection présentée dans ce musée couvre une période allant de la Préhistoire à nos jours, alliant le profane et le sacré, et met en valeur tout ce qui constitue le patrimoine de la commune. C'est grâce à une découverte fortuite réalisée en 2002, dans une ancienne écurie construite en 1883, et devenue par la suite bâtiment municipal, que nous pouvons voir la présentation de l'étendue et la variété du patrimoine historique de la commune. Cette trouvaille, faite par le Comité des Sites (vous trouverez des explications sur cette association à la suite de l'article), est celle d'une authentique glacière du XVIIe siècle, en parfait état, sise au niveau du sol et mise en scène pour la compréhension de son fonctionnement. Une grande plaque de verre la recouvre. 

Ex-voto

A l'aide de panneaux explicatifs et d'objets, la Maison du Patrimoine permet d'intéresser chacun et d'apporter des réponses aux interrogations, qu'il s'agisse de la Préhistoire et de son "Homo Bouvérien" découvert dans les grottes de la Bouverie, jusqu'aux machines à confectionner les bouchons de liège, industrie jadis prospère dans le village et dans le Var. On y voit aussi une borne milliaire, une urne cinéraire, des amphores, des ex-voto du XVIIe siècle appartenant à l'ermitage Notre Dame de Pitié, et bien d'autres choses encore... Alors : "Ayez la curiosité d'aller visiter le musée. Je suis même sûre qu'il y a des Roquebrunois(es) de souche qui n'y ont jamais mis les pieds".

Hommes préhistoire

Nota : Le Comité des Sites est le Comité pour la Protection des Monuments Historiques et des Sites de la Commune de Roquebrune-sur-Argens. C'est une association agréée fondée il y a une quarantaine d'années. Il fonctionne comme une commission extra municipale, indépendante, qui exerce plusieurs activités dans le cadre de la protection du patrimoine de la commune. Ce Comité a des fonctions de recherches aussi bien historiques (dans les archives de la commune), qu'archéologiques (découverte de plusieurs grottes préhistoriques, de sites romains et médiévaux, de la glacière dans laquelle est implantée la Maison du Patrimoine, etc...). Le Comité des Sites a édité trois livres consacrés à l'histoire du village, et publie également une ou deux fois par an les Chroniques de Santa Candie. On lui doit le classement du site du Rocher, la création d'un sentier botanique, d'un musée archéologique transféré à la Maison du Patrimoine, etc...

A voir également, le Musée du chocolat et du cacao. C'est un joli petit musée très intéressant. Il vaut le détour.

 

04 novembre 2017

La légende des Champs-Elysées

 

Voie-lactee

Les Grecs croyaient que chaque point blanc qui constituait la Voie lactée représentait l'âme d'un mort. Dans le très vaste royaume des Enfers, en un lieu appelé les "Champs-Elysées", les personnes défuntes savouraient un bonheur parfait. Elles s'y nourrissaient d'asphodèles qui sont des plantes vivaces. Mais cependant, tous n'avaient pas la chance d'accéder aux "Champs-Elysées". Seuls les héros et les gens vertueux pouvaient, après leur mort, s'épanouir parmi les asphodèles.

Tous les autres étaient condamnés à errer sans fin, entre le ciel et la terre pour rechercher leur nourriture. C'est pour cette raison que l'on plantait autour des sépultures ces plantes nourricières des morts.

A noter que dans la mythologie chrétienne, les "Champs-Élysées" se situent en enfer et accueillent les héros et les poètes qui ont vécu avant la venue du Christ. C'est ainsi que dans le poème de Dante Alighieri, la Divine Comédie, les "Champs-Élysées" constituent le premier cercle de l'enfer et rassemblent les Anciens, que le sage Aristote préside.

Source : D'après l'Almanach des Terres de France 2009 - Presses de la cité. Article enrichi par moi-même.

Asphodele

Asphodèles (Photo internet)

 

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29 octobre 2017

Regain de Jean Giono

Panturle

Note de Nadine :

Le "regain", c'est l'herbe qui repousse dans les prés, après la première fauchaison. C'est le renouveau, c'est l'espoir... Dans une des scènes, on voit Panturle revenir de la ville et déposer sur la table trois paquets. Du premier, il sort une boule de pain qu'un ami lui a donnée ; du second, il laisse couler du blé entre ses doigts ; et du troisième, tout biscornu, il tire un soc de charrue que lui a confié le père Gaubert, le vieux forgeron du village parti mourir chez son fils, Jasmin, qui habite dans la plaine.

Regain

Résumé du livre :

Regain raconte la mort et la résurrection d'un village de Haute-Provence : Aubignane. C'est aussi l'histoire d'un amour et des ressources de courage et d'énergie qu'un homme porte en lui sans le savoir : parce qu'il aime, un être se réveille, s'affirme et transforme tout autour de lui. Ce héros, c'est le frustre Panturle, resté seul à Aubignane avec une vieille Piémontaise veuve, Mamèche. Panturle vit de ses chasses mais s'ennuie ; Mamèche pense qu'il faut lui procurer une femme et, grâce à un stratagème, va attirer à lui Arsule, la jeune compagne d'un rémouleur, Gédémus, qui remplace l'âne pour tirer sa charrette. La présence de cette femme va transformer Panturle qui, pour la voir heureuse et qu'elle soit fière de lui, va labourer la terre aride où lèvera bientôt le plus beau blé du monde. Le village va se repeupler et renaître à une nouvelle vie...

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Arsule-et-Gedemus

Gédémus et Arsule

Extrait : 

(J'ai choisi de vous faire partager le début du livre qui parle des villages des ancêtres paternels de ma maman : Revest-des-Brousses, Banon, Vachères, parce que sentimentalement, c'est un passage que j'aime bien). 

"Quand le courrier de Banon passe à Vachères, c'est toujours dans les midi. On a beau partir plus tard de Manosque les jours où les pratiques font passer l'heure, quand on arrive à Vachères c'est toujours midi. Réglé comme une horloge. C'est embêtant, au fond, d'être là au même moment tous les jours.

Michel, qui conduit la patache, a essayé une fois de s'arrêter à la croisée du Revest-des-Brousses, et de "tailler une bavette" avec la Fanette Chabassut, celle qui tient le caboulot des Deux-Singes, puis de repartir tout plan pinet. Rien n'y fait. Il voulait voir ; eh bien ! il a vu ! Sitôt après le détour "d'hôpital", voilà le clocher bleu qui monte au-dessus des bois comme une fleur et, au bout d'un petit moment, voilà sa campane qui sonne l'angélus avec la voix d'une clochasse de bouc.

- Eh, c'est encore midi, dit Michel, et puis, penché sur la boîte de la patache :

- Vous entendez, là-dedans ? C'est encore midi ; il n'y a rien à faire.

Alors, que voulez-vous, on tire les paniers de dessous la banquette et on mange.

On tape à la vitre :

- Michel, tu en veux de cette bonne andouillette ?

- Et de cet oeuf ?

- Et de ce fromage ? 

- Ne te gêne pas.

Il ne faut pas faire du tort à personne. Michel ouvre le portillon et prend tout ce qu'on lui donne.

- Attendez, attendez, j'ai les mains pleines.

Il met tout ça à côté de lui, sur le siège.

- Passez-moi un peu de pain aussi. Et puis, s'il y en a un qui a une bouteille !...

Après Vachères, ça monte. Michel, alors, attache les guides à la manivelle du frein et il commence à manger, tranquillement, en laissant les chevaux aller leur train.

Ceux qui sont dans la voiture, c'est, la plupart du temps, toujours les mêmes : un acheteur de lavande qui vient des villes de la côte, un Camous, ou un nom comme ça ; un berger qui monte aux pâtures, et qui taille régulièrement dans son pain un morceau pour lui, un morceau pour son chien ; une maîtresse de ferme, toute sur son "trente-et-un" de la tête aux pieds ; et une de ces filles des champs qui sont comme des fleurs simples, avec du bleuet dans l'oeil. Quelquefois il y a, en plus, le percepteur et sa serviette assis à côté comme deux personnes raisonnables.

Le clocher de Vachères est tout bleu ; on l'a badigeonné de couleur depuis la sacristie jusqu'au petit chapeau de fer.

Ca, c'est une idée de ce monsieur du domaine de la Sylvabelle. Il n'a pas voulu en démordre.

- Puisque je vous dis que je paye la couleur, moi, toute la couleur ; et que je paye le peintre, moi ; puisque je vous dis que vous ne payez rien et que je paye tout, moi !

 - Alors, on l'a laissé faire. Ca n'est pas si vilain, et puis, ça se voit de loin...

Ceux qui voyagent dans la voiture du courrier le regardent longtemps, ce clocher bleu, tout en mâchant l'andouillette. Ils le regardent longtemps parce que c'est le dernier clocher avant d'entrer dans le bois, et que, vraiment, à partir d'ici, le pays change. 

Voilà : de Manosque à Vachères, c'est colline après colline, on monte d'un côté et on descend de l'autre, mais, chaque fois, on descend un peu moins que ce qu'on a monté. Ainsi, peu à peu, la terre vous hausse sans faire semblant. Ceux qui ont déjà fait le voyage deux ou trois fois s'en aperçoivent parce qu'à un moment donné il n'y a plus de champs de légumes, puis, parce qu'on passe sous les premiers châtaigniers, puis, parce qu'on traverse à gué des torrents d'une eau couleur d'herbe et luisante comme de l'huile, puis, parce que enfin, paraît la tige bleue du clocher de Vachères, et que, ça, c'est la borne.

On sait que la montée qui commence là, c'est la plus longue, c'est la plus dure, c'est la dernière ; et que, d'un seul élan, elle va porter les chevaux, la patache, et les gens au plein milieu du ciel, avec et les vents et les nuages. On ne descend plus de l'autre côté. On va monter, d'abord sous les bois, puis à travers une terre malade de lèpre comme une vieille chienne qui perd ses poils. Puis, on va être si haut qu'on recevra sur les épaules comme des coups d'ailes en même temps qu'on entendra le ronflement du vent-de-toujours. Enfin, on abordera le plateau, l'étendue toute rabotée par la grande varlope de ce vent ; on trottera un petit quart d'heure et, dans une molle cuvette où la terre s'est affaissée sous le poids d'un couvent et de cinquante maisons, on trouvera Banon".

Gaubert-et-Panturle

  Le vieux Gaubert et Panturle.

Gaubert fait cadeau d'un soc de charrue tout neuf à Panturle.

Provence-de-Giono

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23 octobre 2017

Port Grimaud, cité lacustre

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Port Grimaud, souvent appelée la "Venise provençale", est une cité lacustre privée implantée au coeur du golfe de Saint-Tropez. Cette marina est située sur la commune de Grimaud. 

Port Grimaud a été conçu et construit par l'architecte mulhousien François Spoerry. En 1962, ce dernier possédant une maison à Cavalaire apprend que des terrains marécageux sont en vente au fond du golfe de Saint-Tropez près de l'embouchure de la Giscle. Il les achète et y édifiera un vaste lotissement : une cité lacustre intégrée à cet environnement méditerranéen. À une époque où la conservation de la nature est une préoccupation moindre qu'aujourd'hui, disparaissaient ainsi les premiers pan d'une immense zone humide le long de la Gliscle. Au fil des extensions de la cité et de sa jumelle Les Marines de Cogolin, cet écosystème finira par être entièrement sacrifié.

Le premier permis de construire est délivré le 13 juin 1966, mais c'est le 14 juin qui est retenu comme date fondatrice de la cité à la suite de la demande de Paul Ploix, haut-fonctionnaire de la préfecture du Var chargé du dossier de Port Grimaud, et ami intime de François Spoerry : il tenait à célébrer la naissance de son fils né ce jour-là. La première place construite dans la cité, baptisée "place du 14juin" commémore ces deux évènements. L'obtention du permis de construire fut néanmoins freinée quelque temps pour des raisons administratives : le projet prévoyait la démolition de deux silos à sables qui, bien qu'étant abandonnés, servaient d'amers pour les marins. Le projet de construction de l'église Saint-François d'Assise qui devait être facilement visible depuis le large cessa de convaincre l'administration maritime. Spoerry et son équipe travaillèrent durant trois ans à l'élaboration des plans de la cité lacustre. Celle-ci devait être édifiée sur la terre avant que la mer n'y soit amenée par l'intermédiaire de canaux qui seront consolidés pour éviter la pollution de la nappe phréatique. Les futures îles et presqu'îles qui doivent former la cité sont préalablement délimitées par des palplanches d'acier destinés à stabiliser la terre, puis elles sont surélevées par les déblais issus des canaux qui sont creusés au ras de ces palplanches.

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Les travaux de la première tranche débutèrent en juin 1966 autour des futures "place du 14 juin" et "Grand'rue", le long de la plage. Les 75 premières maisons en bordure du canal et quarante appartements sont livrés en juillet et août 1967. C'est dans ce "village" partiellement construit, quasiment pas végétalisé et dont des bâtiments apparaissent encore non crépis à l'écran, que sont pourtant déjà tournées par François Reichenbach des séquences de Spécial Bardot, émission de télévision de prestige du Nouvel An diffusée le 1er janvier 1968. Le chantier de la première tranche se poursuivit jusqu'au printemps 1968. Aux premiers logements livrés venait s'ajouter 130 appartements et studios donnant sur la plage, ainsi que trente locaux commerciaux sous arcades et sur la "place des Six-Canons". L'hôtel Giraglia ouvrit ses portes en juillet 1968 après plusieurs mois de travaux ayant débutés à l'automne 1967. Afin de faciliter l'intégration des nouvelles constructions dans le paysage méditerranéen et les faire paraître aussi authentiques que n'importe quel village provençal, Spoerry n'hésita pas à réutiliser les matériaux (carrelages, tuiles, éléments de charpente, menuiserie, ferronnerie…) issus d'un chantier de démolition d'un quartier de Romans-sur-Isère. C'est ainsi qu'est né un village lacustre avec son église (dans laquelle repose Spoerry, décédé en 1999), ses commerces et ses services, dont un bureau de poste, constitué de maisons et desservi à la fois par un accès terrestre et par un quai où l'on peut amarrer son bateau. Sa construction s'étalera en plusieurs tranches successives jusque dans les années 2000.

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Depuis 2001, Port Grimaud est labellisé "Patrimoine du XXe siècle". Cet ensemble immobilier unique qui s’étend sur 75 hectares comporte 3 quartiers et représente au total 2 400 logements, plus de 2 000 places de bateaux, 7 km de canaux, 14 km de quais, quatorze ponts plus une passerelle en bois, ainsi que douze îles. 

Port Grimaud accueille de nombreux commerçants et professions libérales sur ses trois grandes places : la "place des Artisans", la "place du Marché", la "place des Six-canons". Durant l’été, des marchés forains ont lieu tous les jeudis et dimanches de même que des marchés d’art. Ainsi, comme le souhaitait François Spoerry, cette copropriété est aussi un espace d’échange entre terre et mer ouvert aux plaisanciers. Le plan d'une cité lacustre telle que Port Grimaud, où les mouillages sont tous accessibles au voiliers sans ponts mobiles, impliquait de créer des bassins allongés et contournés et des presqu'îles, telle "la chaussette" allongées et reliées par un minimum d'appendices. En conséquence il est souvent plus rapide de s'y déplacer en bateau qu'en voiture ou en deux-roues, c'est pourquoi des bateaux-bus, les coches d'eau, sont mis à la disposition des résidents afin de se déplacer dans la cité. Les navettes grimaldines, permettent de se rendre à Saint-Tropez par la mer de juin à septembre.

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Pour garantir cette harmonie entre propriétaires, commerçants, plaisanciers et visiteurs, certaines règles de bien vivre ensemble s'appliquent dans l’ensemble du village lacustre : les non-résidents sont invités à stationner leurs véhicules sur le parking extérieur qui leur est réservé à l’entrée de la cité, la visite s’effectuant à pied (les motos sont également interdites). Une tenue correcte est demandée, l’observation de la tranquillité des propriétaires est exigée de même que le respect de la propreté des parties communes. L'étalage du linge au regard des passants ou des voisins est interdite. Les chiens doivent être tenus en laisse. Sont également proscrits à l’intérieur de la cité : les rollers et skate-boards, ainsi que les pique-niques et les barbecues.

Source : Wikipédia - l'encyclopédie libre. Photos de Nadine.

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17 octobre 2017

Quand le diable s'en mêle : sorcières et possédées dans le Var

 

Sorciere

Le pays varois a connu jadis plusieurs procès de sorcellerie. Citons en 1299, deux femmes du village de la Roquebrussanne accusées de maléfices, condamnées au carcan et au fouet avant d'avoir les oreilles coupées ! Elles pouvaient toutefois éviter cette mutilation infamante en versant une forte somme à la curie de l'évêque. Deux sorcières sont brûlées vives à Hyères en 1435, place du Piol. Quatre ans plus tard, un curieux procès est intenté à deux habitants de Figanières soupçonnés de détournement d'héritage à l'aide d'un philtre magique. Citons encore six femmes convaincues de sorcellerie à Saint-Maximin en 1515 et les trois masques (masco en provençal signifie sorcière) des grottes du Garou, haut lieu archéologique surplombant le Val d'Arens, "estranglées et pendues puis bruslées" en 1614 à Cassis.

Bucher

Une affaires de possession diabolique ou prétendue telle, jugée par le parlement d'Aix en 1611, a donné lieu à une abondante littérature. Cette affaire concerne le curé des Accoules, Louis Gaufridy, condamné pour envoûtement et pacte avec Satan, soumis à la torture avant d'être brûlé vif à Aix, place des Prêcheurs. Elle intéresse le Var pour la triste destinée de "la victime". Celle-ci, Madeleine Demandolx de la Palud, née à Rians en 1593, jeune ursuline en proie à des troubles de langueur et à des terreurs nocturnes, accusa son confesseur, le trop séduisant Gaufridy, de l'avoir ensorcelée par son souffle diabolique, conduite au sabbat, contrainte à toutes ses volontés, connue charnellement "tant derrière que devant" précisera-t-elle dans ses révélations.

Exorcisée à la Sainte Baume, enfin débarrassée de ses encombrants démons, Madeleine Demandolx mena par la suite une vie errante, allant de ville en ville sous étroite surveillance religieuse, se proposant comme maîtresse d'école, toujours vêtue de noir, souvent chassée par la rumeur qui l'accusait de jeter des sorts et de gâter les récoltes. Elle aurait mendié à la porte des églises et même vendu des fagots, ce qui nous paraît un comble pour une prétendue sorcière ! Elle vint enfin, après la mort de son père en 1644, se réfugier dans une bastide que sa famille possédait à Saint-Jérôme, près de Marseille, se consacrant à l'enseignement, à des oeuvres pieuses et à des travaux agricoles. Mais, l'ancienne pénitente de Louis Gaufridy, prince des magiciens, traînait derrière elle une odeur de soufre qui ne la quittera jamais...

En 1652, alors âgée de 60 ans, l'héroïne de cette ténébreuse affaire vivait paisiblement à la campagne. Elle entretenait de bonnes relations avec une fillette du voisinage qui s'appelait Madeleine et venait jouer dans son jardin. L'enfant présente bientôt les signes d'une mystérieuse maladie. Elle s'agite, convulse, vomit des épingles, des brins de paille et même des cigales ! Ces phénomènes étranges amènent les parents et les médecins à suspecter un sortilège. La fillette exorcisée finit par avouer qu'elle est tourmentée par un diable nommé Belzébuth, le mari de la Palud... Madeleine pressent le danger et va se cacher à Aix. Elle est dénoncée, arrêtée, interrogée, examinée minutieusement à la recherche des fameuses marques d'insensibilité qui signent la possession démoniaque.
On l'accuse d'infanticide, aux dires de ses voisins, d'idolâtrie, de maléfice, de sortilège et autres "niaiseries" écrit en 1664 l'historien Bouche qui ne croit plus à la sorcellerie, peut-être depuis qu'il a assisté, en ses jeunes années, au supplice de Gaufridy. Le Parlement la condamne, faute de preuves, à rester enfermée entre quatre murs le reste de sa vie. Une des ses cousines, Françoise de Gombert, dame de Châteauvieux, persuadera les juges de lui confier la garde de la malheureuse Madeleine.

Chateauvieux

 C'est ainsi que "la Demandolx" passera seize années de solitude à Châteauvieux, petit village du Haut-Var, à la limite de notre département. Elle mourut en 1670, à l'âge de 77 ans, et fut inhumée devant l'autel de Sainte-Claire, dans la petite église du village. La maison voisine où elle vécut, léguée à la communauté, servit longtemps de mairie et d'école. Les Châteauvéyens n'ont jamais oublié l'infortunée Madeleine, injustement condamnée à la relégation perpétuelle dans leur village. J'ai sous les yeux l'affiche-annonce d'une fête de bienfaisance organisée par le Cercle de La Martre le 2 septembre 1934, avec au programme une reconstitution historique de l'arrivée de Madeleine de la Palud à Châteauvieux en 1654. Elle consiste en une grande cavalcade de personnages en costumes d'époque, les principaux rôle étant tenus par des habitants du lieu. Ce cortège coloré devait, tambourinaires en tête, escorter la "sorcière" de La Martre à Châteauvieux, installée dans une chaise à porteur en fin de parcours. D'autres réjouissances accompagnaient cette rétrospective : vin d'honneur, mât de cocagne, bal champêtre, concours de chansonnettes, concours de belote et de boules ferrées.
Louis Henseling assista à cette fête mémorable. Il la décrit dans cet article consacré à la "tragique histoire" de Madeleine de La Palud (Bulletin du vieux Toulon, 1935) et termine par une détail macabre. L'infortunée avait prédit à ses proches que son corps serait miraculeusement épargné par la corruption de la mort... Lorsqu'on ouvrit son caveau en 1905, "on n'y trouva qu'un pauvre petit squelette portant au cou une simple croix de fer."

Source : Ca s'est passé à Toulon et en Pays varois - Tome 2 - Tony Marmottans & Jean Rambaud - Editions Autre Temps.

 

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11 octobre 2017

Les ponts

Limitée par le Rhône à l'ouest ; parcourue par la Durance et ses affluents : le Verdon, l'Ubaye, l'Asse, et la Bléone ; drainée par une multitude de rivières : le Var, la Siagne, l'Argens, le Gapeau et l'Issole dans le Var, l'Ouvèze, l'Aigues, la Nesque, Les Sorgues, le Calavon et le Coulon dans le Vaucluse, pour ne citer qu'eux, la Provence est profondément découpée, et pour passer d'une rive à l'autre, les hommes ont dû construire une multitude de ponts. Ils se chiffrent par centaines. Ces cours d'eau ayant des caractéristiques très différentes, la provence offre un large éventail de ponts : ponts de pierres, de bois ou de métal ; ponts à arches et ponts suspendus, ponts à dos d'âne et ponts plats. Toutes les grandes périodes historiques sont représentées, avec des temps forts : l'Antiquité, le Moyen-Âge, le XIXe siècle et l'époque contemporaine. Un grand nombre de ces ponts sont classés monuments historiques. Les ponts romains se rencontrent le long de la Via Domitia et le la Via Aurelia, ainsi qu'à proximité de certaines villes antiques. Ils suscitent toujours beaucoup d'admiration par leur résistance au temps et aux innombrables crues qui depuis 2 000 ans ont tenté en vain de les emporter. 

Pont Vaison la Romaine

Celui de Vaison-la-Romaine construit au 1er siècle de notre ère a non seulement résisté à toutes les catastrophes naturelles, mais il a tenu bon lors du minage effectué par l'armée allemande en 1944. Il est construit à l'endroit le plus resseré de l'Ouvèze. Il ne comporte qu'une seule arche longue d'une vingtaine de mètres dont les culées s'appuient sur le rocher. 

Pont Julien

Le pont Julien au-dessus du Calavon sur la Via Domitia entre Bonnieux et Goult est lui aussi un chef-d'oeuvre d'architecture et de technique . Il a fêté ses 2 000 ans d'existence en 1997. Il comporte deux piles avec des éperons protecteurs et des ouvertures pour permettre le passage de l'eau en période de crues. 

Pont Flavien

Le pont Flavien sur le Touloubre à proximité de Saint-Chamas est une petite merveille. Il n'a qu'une arche de 22 mètres de long sur 6 mètres de large. Son dos d'âne a été rongé par le passage des chariots. Deux magnifiques double pilastres sont élevés à chacune de ses extrémités. Elles portent les lions qui ont été restaurés au XVIIIe siècle par le grand sculpteur Jean-Pancrace Chastel.  

Pont de bateaux d'Arles

Malheureusement, il ne reste presque rien du fameux pont de bateau contruit à Arles pour franchir le Rhône. On peut en voir une superbe maquette au musée de l'Arles antique. Sur les berges du Rhône, légèrement en amont de Trinquetaille et d'Arles, des amas de pierres signalent simplement les deux points de départ de ce pont. A l'époque médiévale, la Provence, qui est parcourue par les Croisés qui viennent embarquer à Marseille ou à Aigues-Mortes, construit des ponts admirables. 

Pont-Avignon

On connaît bien l'historique et la légende du pont Saint-Bénézet à Avignon, le premier pont de pierres à franchir le Rhône. Le jeune berger, Bénézet, vint à Avignon en 1177, se disant envoyé de Dieu pour construire un pont. Dix ans plus tard, on trouve dans les archives la trace de droits de péage. Il fut donc édifié très rapidement et il devait avoir un tablier de bois. En 1552, le percement de larges dégorgeoirs dans les tympans entraîne l'écroulement d'une partie des arches. On les rebâtit. D'année en année, le pont qui affronte les crues du Rhône subit de gros dégats. En 1668, de nouveau effondrements se produisent et Louis XIV refuse de le reconstruire. Il reste tel qu'on peut le voir aujourd'hui. Comme beaucoup d'ouvrages de cette période, il avait une chapelle à chacune de ses extrémités. On venait y prier avant de franchir le fleuve. Le pont avait une forte valeur symbolique : il représentait le passage d'une rive à l'autre, d'une vie à une autre. Les ponts du Moyen-Âge sont très nombreux. 

Pont trois sautets

On peut citer le pont des Trois-Sautets à Aix-en-Provence, au-dessus de l'Arc, rendu célèbre par Paul Cézanne qui le représenta en 1906, quelques semaines avant sa mort, sur deux aquarelles splendides. Le pont de Saint-Pons, également sur l'Arc, a été construit par les moines de l'abbaye de Saint-Victor. Il fut racheté au XVIIe siècle par le parlementaire Escalis de Saint-Pons, d'où son nom. Plusieurs ponts dits "romains" sont en réalité des ponts romans. 

Pont_ancien_sur_le_Caramy

C'est le cas du pont sur le Caramy ou de celui d'Entrechaux. C'est au XIIe siècle que les hommes équipent de ponts les gorges du Verdon et la vallée de l'Ubaye. On peut admirer les très beaux ponts de Beauvezer, de Moustiers-Sainte-Marie et de Saint-Paul. Curieusement, de la Renaissance au siècle des Lumières, les constructions de ponts sont rares, excepté de petits ouvrages sur les canaux, en particuliers sur ceux d'Adam de Craponne, dans la plaine de le Crau et en Camargue. On restaure tant bien que mal les ponts déjà réalisés. Ceux de Saint-Bénézet et de Bonpas sont abandonnés après les crues de 1668 et 1688, alors que celui de 

Pont Pont-Saint-Esprit

Pont-Saint-Esprit, dans le Gard provençal, est sauvé par la réfection des arches et la construction d'avant et d'arrière-becs très aigus pour lutter contre les crues. C'est le XIXe siècle et la révolution industrielle et technique qui va enfin permettre la réalisation de véritables ouvrages d'art sur le Rhône et la Durance. Le tout premier est celui de Bonpas, à Avignon, dont la construction est décidée par Napoléon Bonaparte qui avait dû franchir la Durance en bac lorsqu'il s'était rendu à Toulon pour embarquer pour l'expédition d'Egypte. 

Pont de Bonpas

La première pierre fut posée le 17 septembre 1804 avec un vibrant discours à la gloire du premier consul. Le pont achevé à la fin de Premier Empire fut un travail gigantesque. Il mesurait 500 mètres de long et nécessitait 47 travées pour enjamber la Durance. Une crue l'emporta en 1886. Les premiers ponts suspendus sont mis en chantier dans le Vaucluse à Mirabeau et à Cavaillon en 1831, à Pertuis en 1833 et à Cadenet en 1857. Ce sont des ponts "fils de fer" comme on les appelle alors. 

Pont de Mirabeau

Portique de Mirabeau

Le plus monumental est celui de Mirabeau pour lequel les architectes ingénieurs ont construit deux portiques monumentaux, un sur chaque rive. Ils sont décorés de niches romanes qui permettent le passage des immenses câbles destinés à soutenir le tablier de bois qui mesure 175 mètres de long. Ces ponts suspendus sur la Durance sont de vrais chefs-d'oeuvre. De nos jours, ils ne servent pas mais ils n'ont pas été entièrement détruits. On peut encore admirer les portiques de Mirabeau, les piliers de Cadenet et même la totalité de

Pont-suspendu-de-Mallemort-et-la-Durance

Mallemort. Il faut porter ainsi au crédit au XIXe siècle les belles réalisations de ponts tournants et de ponts levants. Ceux du port de Marseille entre les bassins d'Arenc, de la Pinède et de la Digue au large sont maintenant classés monuments historiques. Le XXe siècle confirmera l'audace et l'art du XIXe siècle. Le pont tournant pour le chemin de fer au-dessus du canal de Caronte est une pure beauté. Il est classé monument historique. Il fut détruit lors des bombardements de 1944 et reconstruit à l'identique.  

Pont canal de Caronte

 Plusieurs ponts autoroutiers comme ceux de Martigues ou de Tarascon font désormais partie de ce grand patrimoine architectural et technique engendré par cette nécessité du passage d'une rive à l'autre.

Source : Les monuments de l'eau en Provence - Jean-Marie Homet - Edisud 

Pont autoroutier de Martigues

 

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05 octobre 2017

L'école autrefois

Ecole-de-garcons-vers-1910

Ecole de garçons de Trans vers 1910. Mon grand-père Louis Rambaud est au second rang à gauche (Collection Nadine)

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Ecole de filles de Trans vers 1915. Mes deux grand-tantes : Julienne Rambaud et Irène Vincent sont sur la photo (Collection Nadine)

L'école joue un rôle fondamental dans la société provençale. Elle représente pour les enfants d'ouvriers et d'agriculteurs, nombreux dans les villages de Provence un moyen d'accéder à un niveau supérieur de l'échelle sociale. Leur présence dans les villages se multiplie considérablement au cours du XIXè siècle. L'origine des écoles au tout début du IVè siècle est traditionnellement attribuée en France à Charlemagne. L'époque moderne voit se développer de petites écoles destinées à donner une instruction de base aux enfants : lecture, écriture, apprentissage des chiffres. Ces petites écoles sont présentes surtout dans les villes et dans certaines régions et sont généralement réservées aux garçons. Sous Napoléon Ier, par décret du 17 mars 1808, le monopole de l'enseignement d'Etat est institué. Au cours du XIXè siècle, les gouvernements successifs s'efforcent d'améliorer l'enseignement primaire. Avec la loi Guizot de 1833, les communes de plus de 500 habitants sont tenues d'avoir une école de garçons. Guizot encourage aussi la fondation d'écoles primaires supérieures destinées à améliorer la formation générale et professionnelle des élèves issus de familles modestes et qui ne pourraient accéder aux collèges et lycées. En 1850, la loi Faloux, cherche à développe l'enseignement primaire en fixant le principe d'une école de garçons dans toutes les communes et d'une école de filles pour les villes qui en ont les moyens. Les années 1880 sont marquées par des changements fondamentaux dans le système éducatif français, mouvement essentiellement porté par Jules Ferry et son principal conseiller Ferdinand Buisson. Ces lois Ferry de la fin du XIXè siècle qui rendent l'école laïque, gratuite et obligatoire, sont l'aboutissement d'un mouvement de démocratisation de celle-ci. La loi instaure un enseignement obligatoire de 6 ans à 13 ans, les enfants pouvant toutefois quitter l'école avant cet âge s'ils ont obtenu le certificat d'études primaires. La laïcité, proclamée dès 1881 avec la suppression de l'éducation religieuse dans l'enseignement public, est renforcée par la loi Goblet de 1886, qui interdit aux religieux d'enseigner dans le public. Filles et garçons restent séparés. L'école devient alors un ascenseur social pour tous les enfants des villages de Provence qui accèdent à l'éducation. Au début du XXè siècle, les enfants vont à l'école de fin septembre jusqu'à mi-juillet et les jours de repos sont le jeudi et le dimanche. L'institution offerte par les écoles des villages est alors de moins bonne qualité qu'à la ville, d'où le désir de certaines familles aisées des campagnes de mettre leurs enfants en pensionnat dans de plus grandes communes. Dans les villages, l'enseignement est plus proche de la nature, on y étudie sur des bancs de bois et non des bureaux, on y joue à des jeux simples et il n'y a souvent pas de service de cantine pour le déjeuner. Il faut l'emporter avec soi pour les enfants qui habitent loin du village dans les fermes isolées ou dans les hameaux. Il faut aller à pied parfois sur plusieurs kilomètres pour aller à l'école. En hiver, l'instituteur ou l'institutrice fait partir les enfants éloignés plus tôt afin qu'ils soient rentrés avant la tombée de la nuit. Quand les travaux des champs l'exigent, les enfants délaissent l'école pendant quelques jours pour aider leur famille.

  Source : D'après le livre "La Provence d'antan" Editions HC. J'ai introduit mes propres connaissances vers la fin du texte.

Ampus

Ampus - L'histoire d'une école communale en Provence.

Laïque, gratuite et obligatoire

Auteur : Marcel Faure

Monsieur et Madame Faure, tous deux anciens instituteurs d'Ampus, m'ont offert en 2009, le livre ci-dessus. C'est Monsieur Faure qui l'a écrit et c'est avec plaisir que je vais vous en citer quelques passages.

  Parlons Français

 On sait quelle fut l'efficacité de l'école pour propager la langue française et achever l'unification linguistique de notre pays. Convaincus que la coexistence d'une langue régionale et de la langue française constituait un obstacle à leur mission d'alphabétisation, les instituteurs luttaient en permanence pour que la Provençal soit rejeté de l'école, aussi bien en classe que dans la cour de récréation. Quelles difficultés devaient rencontrer nos jeunes ruraux pour lesquels le Français, était une seconde langue, la première étant le Provençal local ! Des punitions étaient infligées à ceux qui écorchaient la langue de Molière : mise au piquet pendant la récréation, cent lignes à copier, chaque jour, un jeton était remis au premier élève qui employait une expression provençale. celui-ci le remettait au camarade, qui à son tour, commettait la même faute, ainsi de suite toutes la journée. l'élève qui possédait le jeton au moment de la sortie avait une punition. Cette crainte des sanctions avait un effet néfaste sur certains, qui pour ne pas prendre de riques s'enfermaient dans un mutisme total.

 Les cartables

 Le cartable en bois de Marie-Louise avait été fabriqué par son père, avec des planchettes fines. Pendant des décennies, les mamans confectionnèrent un sac en toile de lin ou de jute. Parfois cette musette avait deux poches : une pour les livres et cahiers, l'autre pour les repas. Les cinq enfants d'une famille mettaient leur matériel scolaire dans une grande sacoche en cuir que l'aîné portait en bandoulière. D'autres utilisaient un vieux carnier familial. Souvent, le père confectionnait un cartable avec une peau de mouton ou de chèvre. S'il avait du mal pour le coudre, il demandait l'aide du cordonnier du village. Après son apparus les cartables en cuir que nous avons utilisés pendant notre scolarité.

 Les fournitures scolaires

 Jusqu'au début du XXè siècle, elles étaient réduites au maximum et à la charge des parents, y compris l'encre et la craie. Les fournitures scolaires (porte-plume, plumes, crayons à papier, gommes, quelques crayons de couleur) étaient achetées chez un commerçant local ou distribuées par l'enseignant qui s'approvisionnait à la librairie Jourdan à Draguignan. Ce matériel, cédé à prix coûtant, était rangé dans des pochettes en tissu fabriquées par les mamans, dans des plumiers puis dans les trousses que nous avons connues. Après la seconde guerre mondiale, la Municipalité d'Ampus a assuré la gratuité des livres, cahiers et fournitures. Le jour de la rentrée, tout était distribué, même de grandes feuilles de papier bleu pour recouvrir les livres !

 Récompense et punitions

 Les récompenses ont été identiques pendant plusieurs générations. Elles valorisaient un travail de qualité. L'élève méritant gagnait des bon-points qu'il rangeait dans une petite boîte. Quand il en avait 10, il les échangeait contre une image. Les punitions étaient plus variées : le bonnet d'âne fabriqué en papier-journal, copie de plusieurs pages d'un livre, mise au piquet, dans un angle ou dans la cour, retenue le soir avec plusieurs problèmes à résoudre, coups de règles sur les doigts, corvées pour les plus grands qui passaient la récréation à scier du bois dans le bûcher, etc.

Aux-élèves des écoles

 

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29 septembre 2017

Les vendanges d'antan

 Vendanges

 Les vendanges dans le Midi (Carte postale ancienne)

Vieux de 2 600 ans, le vignoble provençal est le plus ancien de France. Les Phocéens sont les premiers à introduire la vigne en Provence et les Romains, dès le IIe siècle avant J.C, en développent la culture. Au cours des siècles, le vignoble s'étend et devient peu à peu une culture traditionnelle de la Provence. Les vignes sont partie intégrante des paysages du Midi et les provençaux vivent au rythme des vendanges. Pourtant, il y a 100 ans, les vins de la région n'étaient pas vraiment réputés pour leur qualité, qui va seulement s'améliorer à partir des années 60. A l'aube du XXe siècle, les maisons provençales possèdent rarement une bonne cave ; bien souvent les tonneaux manquent et sont remplacés par de grande bouteilles en verre recouvertes de nattes. Mais au moment des fêtes, le vin doit couler à flots et peu importe sa qualité. Alors, on privilégie le rendement et pour faciliter le travail dans les vignes, on préfère les planter dans les plaines, pourtant moins adaptées. Par le passé, seuls les domaines du Comtat Venaissin, dont les crus sont appréciés par les papes, et ceux du littoral de l'ouest varois, notamment celui produit à Bandol, sont de véritables bons vins.

Le travail de la vigne est celui qui requiert le plus grand nombre d'opérations. Labours, tailles, traitements se succèdent de novembre à septembre, c'est la période des vendanges. La terre doit être labourée à trois reprises : en février, mai et juin. En automne, pour préserver les vignes du froid, le viticulteur procède au chaussage des pieds de vigne. En mars, il faut au contraire, les déchausser pour les rechausser en juin dans le but de les protéger des fortes chaleurs. Au printemps, le désherbage évite les gelées blanches avant les binages de l'été. C'est la taille qui exige le plus de savoir-faire, elle s'effectue de novembre à mars. Les vignes provençales sont basses et taillées en gobelets. Les vendanges commencent à une date fixée en fonction de différents critères : la maturité du raisin, les risques de pluie et la disponibilité de la main-d'oeuvre. Cette dernière est recrutée localement parmi les journaliers. Le travail s'organise : les coupeurs déposent les grappes dans de grandes corbeilles en osier appelées banastoun ou dans des seaux, les verseurs les transportent, les vident dans des caisses de bois et les porteurs les chargent ensuite sur des charrettes. Une fois les vendanges terminées, les hommes procèdent à la vinification. La première opération consiste à écraser le raisin avec les pieds dans de grands baquets en bois ou dans une cuve en pierre. Petit à petit, cette méthode est abandonnée en faveur du broyage des grappes à l'aide d'un truei (fouloir). Cet instrument, actionné par une manivelle, est composé de deux cylindres tournant en sens inverse. On laisse le moût fermenter une quinzaine de jours avant de mettre le vin dit "de goutte" en tonneaux. Le marc resté dans la cuve peut alors être pressé pour donner le vin dit "de presse" qui est plus acide et qui mélangé au "vin de goutte" lui assure une meilleure conservation. Certains se contentent d'arroser le marc avec de l'eau et la piquette ainsi obtenue sert de boisson quotidienne.

Pressoir

 Carte postale à Trans en Provence, place de l'Hôtel de ville et intitulée. En vendanges, un pressoir. On y voit un pressoir mobile qu'un homme est en train d'actionner, trois cornues et une mesure (double décalitre). En fond, l'hôtel de ville.

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Pressoir installé devant l'ancienne scierie Coste, rue Nationale. Cette photo date au maximum de 1895. L'homme à droite, de face, en chemise et le chapeau rejeté en arrière est mon arrière-arrière-grand-père, Louis Rambaud (1835-1895). C'est la seule photo que je possède où il est présent.

 Les vignerons utilisent essentiellement le pressoir à vis centrale actionné par une barre de serrage fichée dans un écrou. Seuls les grands exploitants en possèdent un et bien souvent les villages provençaux ont un pressoir portatif utilisé par les petites exploitations. C'est au cours du XXe siècle que les techniques de vinification vont se moderniser et la qualité des vins de Provence va s'améliorer. C'est également au cours du XXe siècle que vont naître les coopératives vinicoles dans la majeure partie des villages provençaux. Trans en Provence avait la sienne. Elle avait été construite en 1940 et détruite en 1990 ou 91.

 Source : D'après le livre "La Provence d'antan à travers la carte postales ancienne" - HC Editions. 

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23 septembre 2017

Flassans sur Issole, village du centre Var

Flassans plan

Plan de Flassans, village du centre Var, peint sur des carreaux de faïence.

Ce plan se trouve sur la place (Photo Nadine)

 Le nom de Flassans provient probablement de celui d'un propriétaire terrien de l'époque gallo-romaine qui possédait un domaine sur les rives de l'Issole. D'après Auguste Longnon (1844-1911) historien et géographe spécialiste des noms de lieux, Flassans viendrait de Flaccius, personnage dont la juridiction devait s'étendre sur les lieux actuels ou bien encore du latin "flatus sanus", air pur. Des fouilles ont mis à jour les preuves d'une occupation humaine très ancienne en divers endroits et ce, depuis les temps préhistoriques : silex de l'âge du bronze recueillis sur les berges de l'Issole, oppidum avec céramiques et vestiges de cabanes sur la colline de Maunier, villas gallo-romaines à la Grande-Bastide, au Coudonnier, à Saint-Baillon, à Saint-André, à la Seigneurie, au Petit Campdumy, sépultures à tegulae (tuiles), pièce de pressoir à huile, urnes cinéraires, etc... Il paraît certain que les domaines actuels de Pique-Roque, de Saint-Martin, de l'Aubréguière, de Rouvède, de Campagne-Neuve et autres ont succédé aux "fundi" (domaines agricoles rassemblés autour d'une "villa") des temps gallo-romains et mérovingiens avec leurs bonnes terres et leurs sources abondantes. A partir du Ve siècle, à la fin de l'Empire Romain du fait du passage plus ou moins définitif des peuplades germaniques, la "provincia" gallo-romaine ne connue pas de gros bouleversements politiques, contrairement à d'autres parties de l'ancien empire romain, jusqu'aux invasions sarrasines (XIIe siècle). En fait, nous ne savons que très peu de chose sur la période allant du Ve au Xe siècle, sinon qu'il avait dû y avoir une certaine permanence des institutions politiques issues de la période gallo-romaine (maintien du droit romain et de l'influence de l'églis). A partir du IXe ou Xe siècle, la Provence a subi de grandes misères et de nombreux ravages et pillages. C'est certainement à cette période que les habitants de "Flacianis" se sont regroupés autour de la forteresse féodale, lieu aujourd'hui en ruine et appelé "ville" ou encore "Vieux Flassans". Sur l'emplacement d'un oppidum romain, un poste de guet fut élevé au Xe siècle par Hugues d'Arles pour prévenir des incursions sarrasines qui venaient de la côte et du massif des Maures où ils s'étaient installés. C'est à l'époque féodale que les Pontevès devinrent les premiers seigneurs de Flassans. A ce titre au XIVe siècle ils firent agrandir le château qui fut sous Jean de Pontevés, grand sénéchal de Provence, le quartier général des catholiques provençaux. Les protestants s'en emparèrent et le démantelèrent (Guerres de religion). A partir du XVII° siècle, les familles de Carcès et de Simiane, eurent de nombreuses possessions foncières sur la commune.

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 Flassans, coquet village traversé par l'Issole est entouré de vallons couverts de chênes blancs, qui apportent une fraîcheur délicieuse en été. Flassans était situé sur l'un des chemins de St Jacques de Compostelle : la via Tolosona. De ce riche passé, il demeure les ruines du château féodal de la famille de Pontevès sur la colline qui domine le village.

Au coeur de ce village, en bordure de l'Issole, un pont à dos d'âne et un moulin à huile restauré du XVIème siècle s'élèvent près d'une place ombragée. Ce moulin a été transformé en bibliothèque. C'est un endroit vraiment très joli. J'espère que mes photos vous plaisent ?

Dans mes liens (amis varois), vous trouverez le blog de Mounic de Flassans au cas où ce qu'elle écrit vous intéresserait.

 

11 septembre 2017

La langue d'oc et la langue d'oil

 

L'origine d'oc

Oc vient du latin hoc qui signifie littéralement cela. En fait, on exprimait ainsi l'affirmative : c'est cela ! De ce terme s'est forgé le nom de la région du Languedoc, pays de langue d'oc. Il s'étendait de la Garonne au Rhône, sa capitale était Toulouse. L'occitan a été très répandu grâce aux troubadours.

Le terme Occitanie apparaît au Moyen Âge sous sa forme latine Occitania, nom dont la terminaison a certainement été forgée sur le modèle d'Aquitania.

Aujourd'hui oui s'écrit oc en occitan mais le c final ne se prononce pas (excepté dans le nom Languedoc ou bien pais d'oc). En provençal, oui s'écrit o. Frédéric Mistral parle de la lenga d'o (langue d'o). A l'est du Rhône, c'est donc le pais d'o !

carte_langues_oil_oc

L'origine d'oïl

Dans le nord de la France, on rencontrait au Moyen Âge les deux formes : o et oil. La prononciation de cette époque est différente de celle d'aujourd'hui : on ne disait pas [oï] mais o-il. En outre, la prononciation du o avait tendance à se transformer en [ou]. On passe à [ou-il] puis la lettre finale l (comme le c dans le midi) a disparu de la prononciation pour devenir [ou-i] puis en une seul son : oui !

Au XVIe, Clément Marot (poète né à Cahors 1496-1544) écrit :
"et tant qu'ouy et nenny se dira, per l'univers le monde me lira".
A propos de la négative, nenny (ou nennil) est construit de la même façon : à partir de nen (variante de non et le suffixe -il) nenny pas ! signifie : pas du tout ! Cette expression est encore présente dans l'expression : que nenni !

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 Source : D'après Lexilogos.com - Mots et merveilles d'ici et d'ailleurs.

 

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05 septembre 2017

L'âge du travail dans le département du Var en 1840

A la ferme

Le premier âge commence de bonne heure à la campagne, dès que les enfants ont atteint leur cinquième année, on les emploie sans distinction de sexe à garder les bêtes de labour dans les pâturages et les troupeaux de volailles dans les friches. Quelques-uns vont sur les chemins ramasser de la paille pour litière ou des crotins de gros bétail. Les petites filles s'occupent de quelques travaux légers dans l'intérêt du ménage. Ces différentes occupations toujours lucratives pour les familles de la campagne, empêchent d'envoyer leurs enfants aux écoles. On voit tous les jours de bonnes gens préférer unn panier de crotin à l'enseignement gratuit qu'on offre à leurs enfants en bas âge. Plus tard, il leur est de toute impossibilité de les accepter, car à 18 ans les jeunes garçons commencent à bêcher la terre et à conduire la charrue dans les terrains légers et les jeunes filles travaillent moyennant la moitié du salaire qu'on donnerait à une femme. D'ailleurs c'est à cet âge que les enfants contractent l'amour et l'habitude d'un travail pénible et fatiguant, mais le plus souvent précieux à la société. Il est reconnu que l'enfant d'un cultivateur, s'il fréquente l'école jusqu'à 15 ans va abandonner la culture des terres pour se faire artisan ou il est toute sa vie un bien faible cultivateur, à moins qu'il ne laboure que son propre champ. De là viennent tant de personnes oisives qui dans les communes rurales sont pendant le jour des piliers de cabarets et pendant la nuit des ravageurs de campagne et des maraudeurs.

Labours

A 22 ans, l'homme des champs possède sa plus grande force. Cette époque est devancée de deux ou trois ans pour les femmes et il est ordinaire de voir des filles de 14 ans, bêcher, labourer, enfin exécuter les travaux les plus rudes. Cet usage est général dans les pays maritimes, où la plupart des hommes, élevés pour la mer, laissent aux femmes la culture des terres. A 50 ans, l'affaiblissement commence. Il est très marqué à 60 ans, c'est l'âge où le cultivateur dans l'aisance ne s'occupe plus que des travaux légers et dans les saisons tempérées.

Enfin, à 70 ans, les forces ne suffisent plus à un travail rude et surtout continu. La journée du cultivateur à cet âge est à un très bas prix, et si contraint par le besoin, il continue de vendre sa sueur, il est renvoyé aux ouvrages affectés aux femmes et aux enfants et payé à peu près à leur taux [...].

Faucheur

Dans le département du Var, la population repose principalement sur les produits territoriaux et en suit les inconvénients. Ceci parce que l'agriculture emploie beaucoup de bras, qu'elle nourrit ou salarie beaucoup d'individus. Mais aussi parce que la substance générale est due à ses productions ou payées par leur prix, et parce qu'étant la source principale des revenus, l'agriculture règle la consommation en objets de luxe ou de commodité, et par conséquent les bénéfices de l'industrie et même ceux du commerce. La classe des propriétaires est donc la première du département parce que son climat privilégié, permet plusieurs sortes de cultures et se prête à une grande division des terres. Nous citerons la culture des oliviers sur plus de la moitié de sa superficie et celles des vignes sur les 4/5e, si l'on excepte les zones de la région froide dont les principes sont dégarnis de terres végétales.

Pioche

Dans les héritages de qualité étendue, l'industrie renfermée dans un cercle étroit, se porte vers une meilleure exploitation, la charrue est bannie parce qu'ils ne comportent pas un capital de bêtes de labour, la pioche et le piochon soulèvent seuls la terre et procurent des récoltes plus abondantes. C'est ainsi qu'à Grasse, Antibes où les sols couverts de vignes et d'oliviers sont en pente et ne permettent plus l'usage de la charrue, que la production, à superficie égale, est plus grande et plus assurée que dans ceux que le soc ouvre encore. Chaque famille, même celle réputée pauvre recueille de quoi se nourrir à une époque où les travaux de la campagne sont suspendus. Aussi on voit peu de mendiants dans le département. Ceux qu'on aperçoit parfois allant de porte en porte sont des journaliers étrangers, mendiant sur leur route jusqu'à ce qu'ils soient parvenus aux lieux où les travaux les appellent. Le plus souvent se sont des familles génoises ou piémontaises qui vont chercher fortune à Marseille ou dans une autre ville.

 Sources : Histoire et statistiques du département du Var - Etienne Garcin - 1840.

  

30 août 2017

Les petites ouvertures des maisons provençales

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Porte à Riez - Alpes-de-Haute-Provence (Photo Nadine)

Dans certains murs, il était parfois difficile d'ouvrir une fenêtre par manque de place ou par crainte du froid ou du vent qui pourrait s'y engouffrer. C'est pourquoi on a fréquemment conçu de petites ouvertures qui servent plus à ventiler qu'à éclairer une pièce. Elles ne possèdent pas de volets mais sont protégées par des grilles scellées dans le mur. La façade exposée au nord, conçue comme une muraille pour résister aux éléments, en est transpercée çà et là. Quelques fenestrons y sont judicieusement placés pour aérer la maison.

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 Porte murée Renaissance avec oculus - Trigance - Haut-Var (Photo Nadine) 

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 Porte avec ouverture fermée par une grille - Riez -Alpes-de-Haute-Provence (Photo Nadine)

Sous les toits, les combles sont pourvus d'oeils-de-boeuf ou oculi (du latin oculus, oeil). Dans les bastides, ils s'alignent au-dessus des fenêtres situées aux étages, participant de cette façon à l'agencement général de la bâtisse. Leurs formes variées, rondes, ovales, carrées, rectangulaires, en losange ou encore hexagonales, témoignent du goût et du savoir-faire des constructeurs provençaux. Au détour d'un champ, un cabanon, un grenier à foin se parent d'un charme particulier grâce à un simple oculus ouvert sur un pignon. Les entrées, souvent sombres, peuvent être éclairées et ventilées par une ouverture au-dessus de la porte. Dans les maisons anciennes, cette imposte était pratiquée juste au-dessus du linteau. Simplement munie d'une grille, elle refroidissait la maison. Puis les maçons ont inclus l'imposte sous le linteau et l'ont fermées par des vitres mobiles ou pas. Plus ou moins discrète, elle s'orne de décors assortis à ceux de la porte et arbore parfois les armes de la famille qui posséde la demeure dans certains cas, depuis des générations.

Source : D'après "L'âme des maisons provençales" - Editions Ouest-France.
 

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 Porte avec imposte vitrée - Trans en Provence (Photo Nadine)

 

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24 août 2017

Emmanuel-Joseph Sieyès dit l'abbé Sieyès

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Emmanuel-Joseph Sieyès est né le 3 mai 1748 à Fréjus (une rue porte son nom), c'est le fils d'un employé des impôts et maître de poste. Il fait d'abord ses études à Draguignan puis à Paris au séminaire de Saint-Sulpice. Il entre dans les ordres comme prêtre en 1774 mais sans grande conviction. En cette qualité, il fréquente les salons et les académies où se répandent les idées des Lumières. Il devient en 1775 chanoine de Tréguier en Bretagne, puis attaché auprès de l'évêque Jean-Baptiste Joseph de Lubersac en tant que secrétaire. Par la suite, il est l'aumônier de Sophie Philippe Elisabeth Justine de France plus connue sous le nom de Madame Sophie, tante de Louis XVI, puis vicaire général de Chartres en 1787 et enfin conseiller commissaire à la chambre supérieure du clergé. S'intéressant beaucoup aux problèmes sociaux et à la misère des paysans, il décide de se rendre à Paris en 1788 et de publier plusieurs brochures où il expose ses théorie et ses espoirs pour l'avenir : "Vues sur les moyens d'exécution dont les représentants de la France pourront disposer", puis un "Essai sur les privilèges" où il fustige les deux ordres privilégiés que sont la Noblesse et le Clergé, et enfin "Qu'est-ce que le Tiers-Etat ?" texte fondateur de la Révolution française, rédigé fin 1788, alors que se préparent les prochains Etats-Généraux.

Qu-est_ce_que_le_Tiers_Etat

Publié au début du mois de janvier 1789, ce texte obtint un grand retentissement et assure la popularité de Sieyès. Des dizaines de milliers d'exemplaires de "Qu'est-ce que le Tiers-Etat ?" vont être vendus, obligeant l'éditeur à faire quatre éditions, les trois premières anonymes et la dernière étant signée par Sieyès. Les idées exposées dans cette brochure préfigurent ce qui se passera en France quelques mois plus tard.
L'Abbé Sieyès, écarté par le Clergé, sera finalement élu député du Tiers-Etat à Paris pour les Etats-Généraux qui débutent le 5 mai 1789. Il sera avec le Comte de Mirabeau un des fers de lance de son ordre, étant à l'origine de la réunion des trois ordres (Noblesse, Clergé et Tiers-Etat) aux Etats-Généraux qui débutent le 5 mai 1789 à Versailles, de la constitution d'une Assemblée Nationale le 17 juin 1789 et du serment du Jeu de Paume le 20 juin 1789.

Serment

Élu dans trois départements à la Convention, il vote la mort du roi. Il abandonne sa charge de prêtre selon les modalités en vigueur de la Constitution civile du clergé. Pendant la préparation de la constitution de l'an III, le 20 juillet 1795, il prononce un discours resté célèbre au cours duquel il propose la mise en place d'un jury constitutionnaire, premier projet d'un contrôle étendu de la constitutionnalité des actes des organes de l'État. En 1795, il démissionne du poste de Directeur auquel il fut élu, conformément au plan qu'il avait élaboré afin de mettre à mort le Directoire. En 1798, il est envoyé comme ambassadeur à Berlin. En 1799, il se résolut à entrer au Directoire, il prépare le coup d'État du 18 brumaire puis il est nommé consul provisoire par Bonaparte. Il devint président du Sénat conservateur sous l'Empire. Il est promut grand officier de la Légion d'honneur en 1804 et est nommé comte d'Empire en mai 1808. Pendant la Restauration, de 1815 à 1830, il s'exile durant quinze ans pour régicide à Bruxelles et est remplacé par le marquis de Lally-Tollendal. De retour après la révolution de Juillet 1830 "Les Trois Glorieuses", il meurt à Paris le 20 juin 1836. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise.

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18 août 2017

La fontaine des quatre saisons à Varages

 

Varages

Varages (83) est un village dont l'activité principale demeure depuis trois siècles la faïence. De nos jours, on trouve encore au village une manufacture, des faïenceries d'art, une école de la céramique et un Musée des Faïences. Le village est bâti sur une falaise de tuf, et est arrosé par une source très abondante : la Foux. Cette source alimente treize fontaines réparties dans les rues et places du village. Leur bruit mélodieux est vraiment rafraîchissant au plus chaud de l'été provençal. La place principale de Varages, ombragée de tilleuls, propose l'été des terrasses de cafés très appréciées des habitants, et des touristes. La fontaine la plus imposante de Varages, la fontaine des Quatre Saisons, orne chacun de ses becs d'un masque figurant les quatre saisons. Elle comporte sur son sommet une Marianne posée sur un socle sur lequel on peut lire : "Place de la IVe République". Elle se situe au centre de la Place de la République, face à la mairie. Varages est un village qui vaut vraiment le détour.

Nous n'avons pas manqué de visiter le Musée des Faïences dans lequel il est interdit hélas de prendre des photos.

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12 août 2017

Récipients pour le transport et la conservation des liquides : cruches, dourgo, jarres, pichets, etc...

 

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Filtre à eau en terre cuite qui sert aujourd'hui d'objet décoratif (Photo Nadine)

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Le-vin

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Source : "Les Carnets varois du patrimoine-N°1" : Céranique varoise, Var, pays de la terre cuite - 2002 - Edition du Conseil Général du Var.

Dourgo

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