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"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

 

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06 octobre 2022

Le jeu des pieds tanqués ou l'invention de la pétanque

 

La prière du pétanqueur

Le jeu de boules aurait été introduit en Gaule par les Romains. Les boules ont d'abord été en argile, en pierre, en bois et enfin en acier. Mais, après les "bouleurs" du Moyen Âge, l'âge d'or des boules fut certainement la Renaissance où la noblesse s'empare du jeu de la même façon que le bilboquet et le jeu de paume. Pour des raisons obscures, il semblerait que le jeu de boules ait été interdit au peuple de 1629 à la Révolution.

Dès le début du XIXème siècle, le jeu de boules est répandu du nord au sud de la France. En 1850, la première société officielle, "le Clos Jouve", fut fondée dans la région de Lyon puis, en 1906, la Fédération lyonnaise et régionale ouvre la voie en 1933 à la Fédération nationale des boules qui deviendra Fédération française de boules (FFB) en 1942. Bien que regroupant nombre de jeux de boules (boule des berges, boule en bois, jeu provençal), la FFB fut dominée par le jeu de boule lyonnaise (128 000 joueurs en 1945), jusqu'au début du XXème siècle.

Au XIXème siècle, alors que chaque région, ou presque, introduit une variante d'usage, les méridionaux se passionnent pour la longue ou encore jeu provençal avec des règles simplifiées, le libre choix du terrain, mais où les tireurs font trois pas de course pour prendre leur élan. En 1904, un Alsacien du nom de Félix Rofritsch entreprit la fabrication des premières "boules cloutées" (en bois recouvert d'une carapace de métal, formée de clous) dans son atelier de la rue des Fabres, à Marseille, sous le label de "La Boule Bleue". Le jeu provençal donnera naissance en 1907 à la pétanque, lors de la partie historique à La Ciotat où un champion de jeu provençal, Jules Hugues dit Lenoir, ne pouvant plus jouer à son jeu préféré à cause de ses rhumatismes, s’est mis un jour, à tracer un rond, envoyer le but à 5 ou 6 mètres, et, les "pieds tanqués", à jouer ses boules pour se rapprocher du cochonnet. Ceci se passait sur le terrain de boules d’un café "La boule étoilée" (terrain baptisé ainsi en clin d'oeil aux boules cloutées de l'époque) dont les propriétaires s'appelaient Ernest et Joseph Pitiot. Les deux frères comprirent vite l'intérêt de ce sport, notamment Ernest qui s'appliqua à en finaliser les règles. Il faudra néanmoins attendre le premier concours officiel à La Ciotat en 1910 pour que le mot soit officialisé. Le terme vient du provençal "pied" et tanca "tanqué", donnant l'expression "jouer à la pétanque" ou encore "pés tanqués", c’est-à-dire avec les pieds ancrés sur le sol, par opposition au jeu provençal où le joueur peut prendre de l'élan. Les innovations sont les suivantes : le jeu se pratique sur un terrain plus court, le joueur lance sa boule sans élan ; les pieds joints, à partir d'un cercle tracé au sol. 

Plaque commémorative sur le boulodrome de La Ciotat

 La première boule en acier aurait été fabriquée en 1927 à Saint-Bonnet-le-Château, qui abrite à présent le Musée international pétanque et boules. La même année, les règles de la pétanque furent codifiées, mais ce n'est qu'en 1930 que les traditionnelles boules en bois cloutées furent remplacées par celles en acier. C'est à Jean Blanc que l'on doit cette évolution. La Fédération française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP) voit le jour le 31 juillet 1945 quand, forte de ses 10 000 membres, elle peut enfin quitter la section provençale de la FFB . Quant à la Fédération internationale, elle fut fondée le 8 mars 1958 à Marseille, même si c'est en Belgique, à Spa, que ses premières bases furent jetées, un an plus tôt.

Source : Wikipédia l'encyclopédie libre.

Pétanque

Extrait du film "Fanny" de Marcel Pagnol 

A suivre le 13 octobre, l'article "Faire Fanny" ou "Embrasser Fanny"

 

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29 septembre 2022

Quand les villages vivaient en autarcie, un exemple : Tourtour

En Provence, les villages vivaient en autarcie obligatoire. Le manque de chemins de communication et de charrois interdisaient tout apport extérieur régulier. Seuls les produits exceptionnels et rares échappaient à la règle, comme le sel qui était un monopole d'état et donc imposé par la gabelle. La viande de boucherie était rare et n'apparaissait qu'au moment des grandes fêtes. Les bovins étaient peu répandus dans les villages du Haut Var et n'étaient utilisés que pour le travail des champs et le transport. Les moutons étaient surtout élevés pour la laine et ce n'est que lorsqu'ils devenaient impropres à cette utilisation qu'ils étaient tués et consommés. Il ne restait que le porc, qui était élevé en quantité (en général deux au moins par maison) et nourri grâce aux glands des forêts.

Caprins

En fond le village de Tourtour (carte postale trouvée sur le net)

Présentes aussi les chèvres, qui occasionnaient des dégâts dans les forêts. Dans de vastes régions, dans lesquelles Tourtour (village du Haut-Var) était compris, il fallut que le Parlement d'Aix légifère à leur sujet pour les interdire. La volaille et les lapins représentaient également une part importante de l'alimentation carnée.

Pour les légumes, la pomme de terre n'apparut dans le Haut-Var qu'à la fin du XVIIIème siècle et ne fut d'abord utilisée que pour les porcs. Il faut reconnaître que les premiers tubercules étaient beaucoup moins appétissants que ceux que nous connaissons de nos jours.
A sa place, on utilisait une trentaine de féculents aujourd'hui disparus de nos tables : raves, raiponce, panais, campanules.....

Asperge sauvage

Pour la salade et l'épinard, il n'existait qu'une seule variété et l'asperge désignait les jeunes pousses de plantes sauvages. Une grande importance était donnée aux produits des cueillettes et du ramassage : champignons, escargots, baies des arbres et des arbustes.
Le fond de l'alimentation était constitué par le pain et l'huile d'olive. Les femmes ne buvaient pas de vin "l'aiga fai veni poulido" (l'eau fait devenir jolie), il était réservé aux hommes.
Le pain servait à tremper la soupe. La viande était bouillie, associée aux légumes et aux racines. Beaucoup de contre-sens ont été faits à leur sujet et de façon péjorative : les légumes étaient ce que l'on cueillait, les racines représentaient les produits que l'on arrachait, carottes, navets, raves, etc....
Les champignons constituaient une nourriture de saison. On les faisait bouillir à l'huile d'olive avec un rejeton de poirier pour leur faire perdre leur "malignité" et les bolets étaient dégustés crus après les avoir creusés et emplis d'huile et de sel. La récolte des escargots demandant la pluie, elle était plus aléatoire, mais ils étaient appréciés, toujours cuits à l'huile d'olive. Bien qu'interdite, la chasse ou plutôt le braconnage, étaient largement répandus. Si on ne se faisait pas prendre, les méthodes "silencieuses" permettaient de capturer des lapins ou des petits oiseaux.
Dans les villages situés en altitude, dont le sol est pauvre, on a appliqué pendant très longtemps l'assolement triennal, faisant alterner deux ans sur trois les récoltes de blé, froment, orge ou avoine tandis qu'on laissait le sol en jachère la troisième année.

Vignes

La vigne était cultivée sur les coteaux aménagés en terrasses (restanques). Dans l'état des récoltes de 1812, le Préfet du Var parle des cultures de la vigne sur les "murailles comme à Tourtour". La vigne fournissait un vin de fabrication artisanale et rustique qui était plutôt une "piquette" et ne se conservait guère, à peine une année. Il était impossible de le transporter loin, d'ailleurs on ne sait pas qui en aurait voulu...

L'olivier dans les villages du Haut Var est à la limite des possibilités climatiques de plantation, dont la frontière passe par Tourtour et Ampus. La récolte n'était pas toujours assurée car les hivers d'autrefois étaient régulièrement plus rudes qu'ils ne le sont de nos jours (Grand hiver de 1709 par exemple).
Au début du XIXème siècle, la Provence d'altitude était considérée comme le grenier à blé de la région. Il était planté partout où il y avait un peu de terre arable et des villages comme Bauduen avaient des excédents de blé qu'ils vendaient à Aups et à Salernes.

Blé

Source : Tiré du livre "Tourtour - Chronique d'un village du Haut Var" - Collection Les Régionales - André et Nicole Cabau aux Editions Serre

22 septembre 2022

Les ex-voto, magnifiques témoignages du passé

 

Ex-voto Louise Gensolen

 Art populaire authentique, exécuté par des artistes anonymes, les ex-voto peints sont des reflets précieux de la vie quotidienne des petites gens. On y voit la façon dont ils s'habillaient, travaillaient, étaient logés, se déplaçaient... On peut y décrypter les liens sociaux et familiaux et, bien sûr, on y observe leurs malheurs.

"Ex-voto" est une abréviation de la formule latine "ex-voto suscepto" qui veut dire "à la suite d'un voeu". L'ex-voto est un objet, une inscription sur divers supports ou une image peinte offerts à la Vierge ou à un saint en remerciement d'une grâce obtenue, souvent après avoir échappé à une maladie ou à un grave danger. Dans ces circonstances, le demandeur implore la Vierge ou le saint d'un sanctuaire particulier. Une fois tiré d'affaire, il s'y rend en pèlerinage pour prier et déposer son témoignage. Cette pratique remonte à la plus haute Antiquité : Egyptiens, Grecs, Celtes, Romains faisaient déjà ce type d'offrandes à leurs divinités. On ne sait à quel moment les chrétiens adoptèrent cette tradition. Peut a-t-elle existé dès le début de la nouvelle religion. En Provence, à partir du XVIIème siècle, le phénomène prend de l'ampleur. C'est le moment où se développent les ex-voto peints sur panneaux de bois qui racontent les circonstances du voeu et de la grâce. Les chapelles qui les reçoivent sont très nombreuses. La vague enfle, atteint son apogée au XIXème siècle, puis décroît. Les ex-voto peints sont remplacés par des paroles ou des objets familiers encadrés et des plaques de marbre gravées. C'est sous cette dernière forme que l'ex-voto survit aujourd'hui.

Les ex-voto marins : Durant des siècles, pour les marins, pour les pêcheurs et pour tous les voyageurs, la mer a été source de danger. Un chapelet de chapelles borde le littoral méditerranéen. De leurs voûtes pendent des maquettes de navires, et leurs murs sont couverts de tableaux qui racontent de terribles naufrages survenus ici, près de nos côtes, ou en mers lointaines et dangereusement exotiques.

Source : Chapelles de Provence - Serge Panarotto - Editions Edisud. 

Ex-voto_Roquebrune 

Ex-voto

Ex-voto

Ex-voto-bouc

nd-du-roc

 Ex-voto : Sous-verres et plaques écrites. Notre-Dame-du-Roc. Castellane (Alpes-de-Haute-Provence)

 

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15 septembre 2022

Le curé Adonis Volpato et le chemin de croix d'Ampus

Volpato

Le Père Volpato (Photo Jean-Michel Soldi)

Le Père Adonis Volpato, qui fut curé d'Ampus pendant 33 ans, est né à Padoue en Italie le 10 février 1924 dans une famille de onze enfants. Le père d'Adonis, entrepreneur, donne très tôt à son fils, le goût de la maçonnerie ; il deviendra plus tard "Le Curé Bâtisseur" d'Ampus. En 1961, ayant suivi les cours du séminaire de Toulon, il est ordonné prêtre. Après un très court séjour à l'aumônerie de l'hôpital de Toulon, il est nommé curé d'Ampus. En 1962, il entreprend la restauration de l'église paroissiale. Les travaux durent quatre ans et demi jusqu'en 1967 : 10 000 tuiles sont scellées sur la dalle de béton qui nécessite 5 000 seaux de mortier, les murs extérieurs sont rejointés tandis qu'à l'intérieur l'épaisse couche de plâtre est décapée pour laisser apparaître les pierres taillées par les moines cisterciens au XIIème siècle.

Dans le même temps, le Père Volpato à qui l'on avait donné le terrain autour de l'église (à l'emplacement du castrum médiéval), a l'idée d'y édifier un chemin de croix. Pour cela, il fait appel à un céramiste britannique installé depuis quelques années dans le village : Geoffrey Hindry dit Geoff. Le curé trace lui-même avec son tracteur l'emplacement de son futur chemin de croix et discute avec Geoff des quatorze stations que celui-ci compte créer et mettre en place lui-même. Pendant que Geoff travaille à ses panneaux de céramique, le curé prépare le terrain : 400m3 de terre sont déplacés et 300 mines explosées pour modeler le rocher. Il plante des centaines d'arbres, d'arbustes et de fleurs. Les quatorze stations sont réalisées sur deux ans de 1965 à 1967. Geoff passionné par cette entreprise décide avec l'accord de l'Abbé Volpato de créer un quinzième panneau qui mélangera céramique et galets, plus abstrait dans sa conception. Les abords aménagés par le curé Volpato conviennent très bien. L'évêque de Fréjus viendra bénir l'ouvrage en grande cérémonie. Geoffrey Hindry meurt en 1977. Par la suite, certains carreaux employés par Goeff et qui étaient de mauvaises qualité ont peut à peu été détériorés par le gel de l'hiver. La belle station du Christ mourant sur la croix, exposée au vent, a particulièrement souffert. En 2001, la municipalité décide de faire restaurer ce bien qui fait partie du patrimoine communal (le curé Volpato mort en 1994, avait fait don du chemin de croix à la commune). Le laboratoire de Conservation, Restauration et Recherches du Centre Archéologique du Var met plus d'un an à faire ce travail de restauration et de remise en état des stations. 

Egliseb

Eglise gros plan

Chemin de croix 1

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Chemin de croix 10

Statue de la Vierge

Nota : Je précise que je n'ai pas fait les photos de toutes les stations

Pour parler encore un peu du Père Adonis Volpato, je dois vous dire que le curé bâtisseur ne s'était pas contenté de restaurer l'église d'Ampus. Plus de trente églises et chapelles lui doivent d'être encore en bon état aujourd'hui, telles que celles de Vérignon, Châteaudouble, Tourtour, Lorgues, Comps, Sillans-la-Cascade, Saint-Antonin, Mons, etc... La renommée du curé dépasse largement les frontières du Var : le 7 octobre 1971, il reçoit de mains de Madame Pompidou le 8ème Prix des Chefs d'oeuvre en péril, ainsi que la somme de 10 000 Francs qui lui servira à boucher quelques trous dans les toitures des églises de la région. Le 10 décembre 1980, le Père Volpato est de nouveau à l'honneur : Monsieur Giscard d'Estaing lui remet un chèque de 20 000 Francs au nom de la Fondation des Chefs d'oeuvre en péril.

Adonis Volpato

A Ampus et dans les villages des environs, on se souvient du Père Adonis Volpato. Tous le revoient, un sac de ciment sur l'épaule droite, une échelle sous le bras gauche, sur des chemins de chèvre accompagné de son âne Tintin ou bien encore monté sur des échafaudages faits de branches ficelées à de vieilles planches à 10 mètres du sol. Sans oublier de parler de sa technique particulière pour envoyer les tuiles à son ouvrier : le curé mettait la tuile au bout d'un bâton et d'un geste habile et sûr la lançait à l'ouvrier monté sur le toit qui la réceptionnait, il paraît que sur la quantité il n'en cassait pas tellement.

 L'Abbé Adonis Volpato prit sa retraite et quitta Ampus à regret. Il retourna en Italie dans sa famille, où il mourut le 2 août 1994.

 Source : D'après la brochure : Ampus, le chemin de croix, éditée par l'APPA - Association pour la Conservation du Patrimoine d'Ampus - Mars 2009

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08 septembre 2022

La légende de Mélusine de Provence

Mélusine

Mélusine est un personnage légendaire qui se rencontre un peu partout en France. Elle est devenue un personnage culte de la mythologie française. On la dit originaire du Poitou, d’Alsace, de Lorraine, de Champagne, du Luxembourg, de Provence et d'ailleurs, C'est en fait une créature mi-humaine mi-poisson ou mi-serpent issue des contes populaires et chevaleresques du Moyen Age. Selon la légende, Mélusine est la fille d'Elinas, roi d’Albanie. Elle a dû s’enfuir avec sa mère, la fée Pressine quand son père eut découvert qu’elles avaient des queues de poisson. Il y a de nombreuses variantes à l’histoire de Mélusine, et bien qu’elle ressemble à une sirène, elle est plus souvent désignée comme étant une fée. La fée Mélusine hanta le domaine de Lusignan et l'écrivain Jehan d'Arras, à la fin du XIVème siècle, se fit son historien. "En ceste partie nous dist l'ystoire que tant vira et revira Remond l'espee qu'il fist un pertuis en l'uis [un trou dans la porte], par où il pot adviser tout ce qui estoit dedens la chambre. Et voit Melusigne en la cuve, qui estoit jusques au nombril en figure de femme et pignoit ses cheveulx, et du nombril en aval estoit en forme de queue d'un serpent, aussi grosse comme une tonne où on met harenc, et longue durement [très longue], et debatoit de sa coue l'eaue tellement qu'elle la faisoit saillir [gicler] jusques à la voulte de la chambre."

Jean d'Arras, Le Roman de Mélusine (1393-1394)

Melusine

Il était une fois, à Rousset, village situé au pied de la montagne Sainte Victoire, un beau chevalier prénommé Raymond. Il rencontra un jour sur les bords de l'Arc, une jeune fille très belle dont il tomba éperdument amoureux au premier regard, c'était la belle Mélusine. Ce fut pour ainsi dire, un coup de foudre réciproque car la jeune demoiselle ne fut pas insensible au charme du beau chevalier. Son allure et sa prestance la mirent tout de suite en émoi. De son côté, le chevalier conquis par tant de beauté et par la douceur qui émanait d'elle, lui demanda aussitôt de l'épouser. Elle accepta mais à une condition : il ne chercherait jamais, sous quelque prétexte que se soit, à la voir se baigner. Il trouva cela un peu curieux mais il y consentit tout de même après un temps de réflexion. Le mariage eut lieu promptement et les années s'écoulèrent bercées par un bonheur sans tache. De leur union naquirent deux filles et deux garçons, enfants d'une grande beauté eux aussi comme leurs parents. 

Melusine (1)

Or, un matin, Raymond de Rousset étourdi, entra sans prendre garde, dans la chambre pendant que sa femme faisait sa toilette comme à son habitude. Et là, il vit avec horreur et incrédulité, un serpent monstrueux s'élancer hors de la baignoire, franchir la fenêtre et aller se réfugier dans les marais qui bordaient la rivière. A partir de ce moment, nul ne revit jamais la belle Mélusine ni l'horrible créature. Cependant, certains habitants de la contrée racontent qu'on vit rôder longtemps aux environs du château et sous les fenêtres des enfants, une pauvre créature que l'on pouvait entendre pleurer, gémir et se lamenter. 

Source : D'après un article paru dans le Guide de la Provence mystérieuse - Editions Tchou

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01 septembre 2022

Châteaudouble et la prédiction de Nostradamus

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Vue générale de Châteaudouble (Photo Nadine) 

Présentation de la commune

Châteaudouble est un joli petit village du Haut-Var. Ses habitants sont appelés les Châteaudoublains et les Châteaudoublaines. La commune s'étend sur 40,9 km2 et compte 485 habitants depuis le dernier recensement de la population en 2005. Avec une densité de 11,9 habitants par km2, Châteaudouble a connu une nette hausse de 27,3% de sa population par rapport à 1999.

Entouré par les communes de Montferrat, Figanières et Ampus, Châteaudouble est situé à 3 km au sud-ouest de Montferrat le plus grand village des environs.
L'Artuby, la Nartuby, la Nartuby d'Ampus sont les principaux cours d'eau qui traversent cette commune.
Châteaudouble est proche du parc naturel régional des Préalpes d'Azur. Elle fait partie de la DPAV (Dracénie Provence Verdon agglomération).

Source : Wikipédia - l'encyclopédie libre.

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La tour, vestige du château à contre-jour (Photo Nadine)

Complément

Véritable nid d’aigle, perché à 525 m d'altitude, d’où il domine les gorges de la Nartuby, le village de Châteaudouble, déjà cité dans les textes en 1027 a su conserver son aspect médiéval authentique.
Châteaudouble tire son nom de la présence au Moyen Age de deux châteaux, chacun d’eux implanté sur une rive de la Nartuby. Seuls subsistent aujourd’hui les vestiges de la Tour, donjon carré, daté du XIIème siècle, qui surplombe le village. Châteaudouble fut longtemps considéré comme imprenable à cause de sa position sur les hauteurs. Ainsi en 890, des habitants de la région, fuyant les sarrasins, vinrent s’y réfugier. Le village initialement construit sur le haut du rocher descendra son implantation sur l’emplacement actuel au XVème siècle.

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Maisons avec une magnifique glycine (Photo Nadine)

Châteaudouble est également un village qui invite à la découverte nonchalante de ses ruelles, se faufilant entre les maisons et grimpant jusqu’aux ruines du château, sur le plateau de Ste Anne. L’absence de véhicules, excepté celles des riverains, permet aux visiteurs de se promener dans ce village en toute tranquillité pour admirer ses rues en calades, ses passages voûtés, ses maisons aux frontons sculptés, signatures des Templiers. Ils pourront également porter leurs regards, outre les ruines des deux châteaux forts, sur les églises et les chapelles, les lavoirs, et, du haut du belvédère, la vue sur les gorges et la chapelle Saint-Jean. L’église Notre Dame de l’Annonciation, construite en 1550, renferme un riche mobilier classé comprenant trois retables, une porte d’entrée du XVIIème siècle ainsi que des fonts baptismaux du XVIème siècle.

Eglise Chateaudouble

 L'église (Photo internet)

Les hautes façades des maisons se fondent dans les falaises et dominent d’un aplomb de 130 mètres les gorges de la Nartuby. Un oratoire datant de plusieurs siècles, un énorme rocher qui sert de gardien au village et un tunnel incitent à un voyage dans le passé. La place Beausoleil en haut du village accueille régulièrement les soirs d’été des animations musicales sous les platanes face à un panorama à couper le souffle. Au pied de l’ancienne route des gorges de Châteaudouble, le hameau de Rebouillon, havre de paix et îlot de verdure construit en hémicycle, étonne par sa lumière. Les gorges, classées et pittoresques, accueillent une faune et une flore riches avec notamment la présence remarquable de l’aigle royal. 

Nostradamus

Nostradamus et Châteaudouble…

 Le site naturellement fortifié par ses gorges a inspiré un des grands personnages de la Provence, le célèbre médecin et astrologue Michel de Notre-Dame dit Nostradamus. Il évoque le village dans l’une de ces prophéties "Châteaudouble, double château, la rivière sera ton tombeau" voyant en la Nartuby la responsable de l’usure des falaises qui protègent le village. 

Chateaudouble

A la sortie du village (Photo internet)

Source : Le site villagesdecaractereduvar.fr 

Châteaudouble - vidéo de Canal D tournée en 2016

25 août 2022

Port Grimaud, cité lacustre

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Port Grimaud, souvent appelée la "Venise provençale", est une cité lacustre privée implantée au coeur du golfe de Saint-Tropez. Cette marina est située sur la commune de Grimaud. 

Port Grimaud a été conçu et construit par l'architecte mulhousien François Spoerry. En 1962, ce dernier possédant une maison à Cavalaire apprend que des terrains marécageux sont en vente au fond du golfe de Saint-Tropez près de l'embouchure de la Giscle. Il les achète et y édifiera un vaste lotissement : une cité lacustre intégrée à cet environnement méditerranéen. A une époque où la conservation de la nature est une préoccupation moindre qu'aujourd'hui, disparaissaient ainsi les premiers pan d'une immense zone humide le long de la Gliscle. Au fil des extensions de la cité et de sa jumelle Les Marines de Cogolin, cet écosystème finira par être entièrement sacrifié.

Le premier permis de construire est délivré le 13 juin 1966, mais c'est le 14 juin qui est retenu comme date fondatrice de la cité à la suite de la demande de Paul Ploix, haut-fonctionnaire de la préfecture du Var chargé du dossier de Port Grimaud, et ami intime de François Spoerry : il tenait à célébrer la naissance de son fils né ce jour-là. La première place construite dans la cité, baptisée "place du 14juin" commémore ces deux évènements. L'obtention du permis de construire fut néanmoins freinée quelque temps pour des raisons administratives : le projet prévoyait la démolition de deux silos à sables qui, bien qu'étant abandonnés, servaient d'amers pour les marins. Le projet de construction de l'église Saint-François d'Assise qui devait être facilement visible depuis le large cessa de convaincre l'administration maritime. François Spoerry et son équipe travaillèrent durant trois ans à l'élaboration des plans de la cité lacustre. Celle-ci devait être édifiée sur la terre avant que la mer n'y soit amenée par l'intermédiaire de canaux qui seront consolidés pour éviter la pollution de la nappe phréatique. Les futures îles et presqu'îles qui doivent former la cité sont préalablement délimitées par des palplanches (planches destinées à consolider une galerie de mine afin d'éviter les éboulements) d'acier destinés à stabiliser la terre, puis elles sont surélevées par les déblais issus des canaux qui sont creusés au ras de ces palplanches.

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Les travaux de la première tranche débutèrent en juin 1966 autour des futures "place du 14 juin" et "Grand'rue", le long de la plage. Les 75 premières maisons en bordure du canal et quarante appartements sont livrés en juillet et août 1967. C'est dans ce "village" partiellement construit, quasiment pas végétalisé et dont des bâtiments apparaissent encore non crépis à l'écran, que sont pourtant déjà tournées par François Reichenbach des séquences de Spécial Bardot, émission de télévision de prestige du Nouvel An diffusée le 1er janvier 1968. Le chantier de la première tranche se poursuivit jusqu'au printemps 1968. Aux premiers logements livrés venait s'ajouter 130 appartements et studios donnant sur la plage, ainsi que 30 locaux commerciaux sous arcades et sur la "place des Six-Canons". L'hôtel Giraglia ouvrit ses portes en juillet 1968 après plusieurs mois de travaux ayant débutés à l'automne 1967. Afin de faciliter l'intégration des nouvelles constructions dans le paysage méditerranéen et les faire paraître aussi authentiques que n'importe quel village provençal, Spoerry n'hésita pas à réutiliser les matériaux (carrelages, tuiles, éléments de charpente, menuiserie, ferronnerie…) issus d'un chantier de démolition d'un quartier de Romans-sur-Isère. C'est ainsi qu'est né un village lacustre avec son église (dans laquelle repose Spoerry, décédé en 1999), ses commerces et ses services, dont un bureau de poste, constitué de maisons et desservi à la fois par un accès terrestre et par un quai où l'on peut amarrer son bateau. Sa construction s'étalera en plusieurs tranches successives jusque dans les années 2000.

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Depuis 2001, Port Grimaud est labellisé "Patrimoine du XXème siècle". Cet ensemble immobilier unique qui s’étend sur 75 hectares comporte 3 quartiers et représente au total 2 400 logements, plus de 2 000 places de bateaux, 7 km de canaux, 14 km de quais, 14 ponts plus une passerelle en bois, ainsi que 12 îles.

Port Grimaud accueille de nombreux commerçants et des professions libérales sur ses trois grandes places : la "place des Artisans", la "place du Marché", la "place des Six-canons". Durant l’été, des marchés forains ont lieu tous les jeudis et dimanches de même que des marchés d’art. Ainsi, comme le souhaitait François Spoerry, cette copropriété est aussi un espace d’échange entre terre et mer ouvert aux plaisanciers. Le plan d'une cité lacustre telle que Port Grimaud, où les mouillages sont tous accessibles au voiliers sans ponts mobiles, impliquait de créer des bassins allongés et contournés et des presqu'îles, telle "la chaussette" allongées et reliées par un minimum d'appendices. En conséquence il est souvent plus rapide de s'y déplacer en bateau qu'en voiture ou en deux-roues, c'est pourquoi des bateaux-bus, les coches d'eau, sont mis à la disposition des résidents afin de se déplacer dans la cité. Les navettes grimaldines, permettent de se rendre à Saint-Tropez par la mer de juin à septembre.

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Pour garantir cette harmonie entre propriétaires, commerçants, plaisanciers et visiteurs, certaines règles de bien vivre ensemble s'appliquent dans l’ensemble du village lacustre : les non-résidents sont invités à stationner leurs véhicules sur le parking extérieur qui leur est réservé à l’entrée de la cité, la visite s’effectuant à pied (les motos sont également interdites). Une tenue correcte est demandée, l’observation de la tranquillité des propriétaires est exigée de même que le respect de la propreté des parties communes. L'étalage du linge au regard des passants ou des voisins est interdite. Les chiens doivent être tenus en laisse. Sont également proscrits à l’intérieur de la cité : les rollers et skate-boards, ainsi que les pique-niques et les barbecues.

Source : Wikipédia - l'encyclopédie libre. Les photos sont de Nadine

Port Grimaud 18

Port Grimaud 19

A découvrir ci-dessous :

Port Grimaud : une Cité Lacustre unique | Grimaud Tourisme - Le charme de la Provence et de la Côte d'Azur

Port Grimaud, une des cités lacustres les plus connues au monde, et tout cela après seulement une cinquantaine d'années d'existence. Un port coloré, surnommé " la Petite Venise Provençale " et labellisé Patrimoine du XXe siècle, qui n'en finit pas de surprendre.

https://www.grimaud-provence.com

18 août 2022

L'extraordinaire épopée du culte des reliques chétiennes

 Si elles sont tombées un peu en désuétude de nos jours, et si leur culte a très fortement diminué, les reliques de saints ont été l'objet d'une épopée extraordinaire à partir du Moyen-Âge. Leur présence toujours actuelle dans de très nombreuses églises en Europe rappelle ces événements peu communs. Le culte des reliques chrétiennes trouve son origine dès le début du christianisme avec la mort des premiers martyrs et des premiers saints. Les reliques avaient une triple fonction : elles étaient un témoignage concret de l'exemple d'une vie droite et vertueuse à imiter ou à suivre, elles possédaient un pouvoir spirituel et énergétique à même de provoquer des miracles. En fait, on croyait que le pouvoir des saints qui faisaient des miracles se maintenait à travers leurs reliques et, avec le temps et la création du phénomène contesté des indulgences, elles procuraient des indulgences à celui qui les possédait. La demande créant l'offre, assez rapidement, des intermédiaires peu scrupuleux se mirent à inventer des reliques, aidés en cela par l'Eglise qui, pour des raisons politiques, canonisa nombre de personnalités qui ne le méritaient pas. Cela créa des situations absurdes : si l'on considère que toutes les reliques sont vraies, Marie-Madeleine aurait six corps et San Biagio, une centaine de bras. Ces excès provoquèrent évidemment une défiance vis-à-vis des reliques, et peu à peu, leur culte chuta dans l'oubli, même s'il est toujours pratiqué de nos jours : nombreux sont ceux qui croient encore aujourd'hui qu'une relique véritable d'un saint possède des pouvoirs énergétiques et spirituels. Il existe environ 50 000 reliques disséminées un peu partout à travers l'Europe, elles sont issues d'environ quelques 5 000 saints. Notons que la plupart des autres religions de la planète vénèrent ou ont vénéré des reliques. 

Kurfürst-Friedrich-III-von-Sachsen

Le plus grand collectionneur de reliques fut Frédéric III de Saxe (1463-1525) qui au total se procura 21 441 reliques, dont 42 corps de saints entièrement préservés. Avec cette collection unique au monde, il calcula qu'il avait totalisé 39 924 120 ans et 220 jours d'indulgence ! Pourtant, sous l'influence de Luther, il abandonna le culte des reliques en 1523. A partir du Moyen-Age, la chasse aux reliques s'accéléra et les inventions de reliques avec elles. On inventa carrément les saints eux-mêmes. Afin d'augmenter le nombre de reliques potentielles, on procéda aussi à la canonisation totalement abusive de certains personnages, afin que le marché continue à être alimenté en reliques de saints. Pour des raisons diplomatiques, liées à l'époque de la Réforme au XVIe siècle, la canonisation se fit aussi beaucoup sur des critères politiques plutôt que sur des critères religieux ou moraux. La plupart des souverains de l'époque furent ainsi sanctifiés afin de s'assurer de leur fidélité à l'Eglise catholique, qui subissait les assauts des protestants. Saint Stanislas de Pologne, saint Casimir de Lituanie, sainte Brigitte de Suède, saint Stéphane de Hongrie, sainte Marguerite d'Ecosse, sainte Elisabeth du Portugal, saint Venceslas de Bohême... la liste est longue. Ne renonçant à rien pour s'enrichir au détriment des croyants les plus naïfs, les marchands de reliques ont fait preuve d'une imagination sans faille lors de leur quête aux reliques et ont réussi à inventer quelques reliques tout simplement fascinantes comme les cornes de Moïse ou les plumes de l'Archange saint Michel, dont on a les traces de la vente au Mont-Saint-Michel en 1784. Les reliques les plus prisées étaient bien sûr celles du Christ. Malheureusement, pour les chasseurs de reliques, le Christ étant monté au Ciel lors de l'Ascension, son corps n'était plus par définition sur Terre. On fit alors preuve d'imagination en inventant la relique absolument extraordinaire, du souffle de Jésus (!) qui serait préservée dans la cathédrale de Wittemberg en Allemagne, dans une ampoule en verre. Celle du prépuce du Christ, récupéré après sa circoncision, sept jours après sa naissance, et celle de son ombilic (!) seraient conservées au palais du Latran, à Rome et le pain de la Cène, lui, serait préservé à Gaming en Autriche. Certains textes médiévaux, perdus de nos jours parlaient même de la relique des rayons de l'étoile qui guida les Rois mages, et qui aurait été conservée elle aussi au palais du Latran à Rome !

Source : Provence insolite et secrète - Jean-Pierre Cassely - Editions Point 2

Compléments de Nadine

Reliquaire sainte Marie Magdeleine

A propos de Marie-Madeleine :

Si vous vous rendez à Sainte-Maximin-la Sainte-Baume vous pourrez voir dans la basilique la crypte dans laquelle sont conservées les reliques de Sainte-Marie-Madeleine. La basilique constitue le troisième tombeau de la chrétienté après le Saint Sépulcre à Jérusalem et la basilique Saint-Pierre-de-Rome. Je cite : "Au fond de la crypte, dans la paroi sud, est creusée une alvéole dans laquelle est placé le reliquaire de sainte Marie-Madeleine. Le reliquaire contient un crâne qui selon la tradition serait celui de Marie-Madeleine. Un tube de cristal scellé à ses deux extrémités est attaché au reliquaire ; il contient le "Noli me tangere" (Ne me touche pas) lambeau de chair ou de tissu osseux adhérant à l'os frontal de la sainte où Jésus aurait posé ses doigts le jour de la résurrection. Ces ossements font partie de ceux découverts au cours des fouilles réalisées par Charles II. Ils étaient contenus dans un reliquaire d'or et d'argent avec une couronne d'or et de pierreries. Ce reliquaire et tous les autres de la basilique ont disparu à la Révolution. Le reliquaire actuel a été sculpté en 1860 par Didron suivant un dessin de l'architecte Henri Révoil".

Source : Wikipédia, l'encyclopédie libre

A propos de San Biagio 

Saint Blaise

 Blaise de Sébaste, connu sous le nom de San Biagio (IIIe siècle - Sébaste 316), était un évêque catholique arménien. Il a vécu entre le IIIe et le IVe siècle à Sébaste en Arménie (Asie Mineure) il est vénéré comme un saint par l'Eglise catholique et l'Eglise orthodoxe. Il était médecin et a été nommé évêque de sa ville. En raison de sa foi, il a été emprisonné par les Romains, pendant le procès a refusé de renoncer à la foi chrétienne ; en punition il a été mutilé avec des peignes de fer, qui sont utilisés pour carder la laine. Il est mort décapité. San Biagio martyr meurt trois ans après l'octroi de la liberté de culte dans l'Empire romain (313). Une raison à son martyre peut être trouvée dans le conflit qui a opposé deux empereurs : Constantin et Licinus (314), ce qui a conduit à des persécutions locales, avec la destruction des églises, des travaux forcés pour les chrétiens et des condamnations à mort pour les évêques. Le corps de Saint-Blaise a été enterré dans la cathédrale de Sébaste. En 732 certains de ses restes mortels, placés dans une urne de marbre, ont été pris pour être amenés à Rome. Une tempête a jeté le bateau sur la côte de Maratea, les fidèles ont amené l'urne contenant les reliques - la "poitrine sacrée" et d'autres parties du corps - dans la Basilique de Maratea, sur le mont San Biagio. La basilique a ensuite été placée sous la protection de la Curie Royale par le roi Philippe IV de Habsbourg, par une lettre datée du 23 Décembre 1629 et depuis lors, est populairement connue sous le nom de Chapelle Royale. Un grand nombre d'endroits se vantent de posséder un morceau du corps du saint. Cela est dû, en plus de l'ancienne coutume de disséquer les corps des saints et de distribuer les pièces pour répondre aux besoins des fidèles, à la pratique de la simonie, dont une forme consistait dans la vente de fausses reliques (reliques des saints ou des homonymes). Dans Casal di Principe (en Campanie), un sanctuaire qui lui est dédié. C'est là qu'est conservée la relique d'un os de la main du saint. Carosino, un petit village dans la province de Tarente, abrite une autre relique : un morceau de langue, conservé dans un flacon dans une croix en or massif. Dans la paroisse de San Biagio di Montefiore, dans la municipalité de Recanati, est conservé dans un reliquaire tout un os de l'avant-bras. Il y a ainsi beaucoup de lieux en Italie où se trouvent les reliques de San Biagio et la liste est longue.

Source : D'après Wikipédia, l'encyclopédie libre

 A propos des reliques de Jésus :

Un certain nombre de reliques associées à Jésus ont fait l'objet de vénération tout au long de l'histoire du christianisme. Si certains croient en leur authenticité, d'autres en doutent profondément. Par exemple, au XVIe siècle, le théologien catholique Érasme écrit ironiquement à propos de la prolifération des reliques, notamment en évoquant le nombre de bâtiments qui auraient pu être construits à partir du bois de la croix utilisée dans la crucifixion du Christ. De même, alors que des experts argumentent pour savoir si le Christ a été crucifié avec trois ou quatre clous, plus de 30 "saints clous" continuent à être vénérés comme des reliques à travers l'Europe. Quelques reliques, comme les restes supposés de la Couronne d'épines, ne reçoivent qu'un faible nombre de pèlerins, tandis que d'autres, tels le Suaire de Turin (associé à une dévotion catholique approuvée à la Sainte Face de Jésus), reçoivent des millions de pèlerins, y compris les papes Jean-Paul II et Benoît XVI.

Source : D'après Wikipédia, l'encyclopédie libre

 

11 août 2022

Les amours impossibles d'Aloïse et Bozon

Il était une fois sur la rive droite du ravin, à Moustiers, au quartier des Baumettes, un sire de Pena, baron de Moustiers qui était le tuteur de la belle Aloïse. De l'autre côté du pont, c'était "le faubourg" et le père du jeune chevalier nommé Bozon en était le seigneur.

Amoureux

Or, un beau jour, la pure et chaste Aloïse, rencontra Bozon et éprouva un sentiment inconnu en le voyant, sentiment troublant qui fit soulever l'albâtre de son sein, pâlir son visage et troubler sa vue. Bien entendu, le coup de foudre fut réciproque et le jeune Bozon ne tarda pas à déclarer la passion qui remplissait son âme, et les voeux ardents qu'il adressait au ciel pour obtenir la main de la belle Aloïse. Tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais hélas, à ce coup de foudre succéda bientôt un coup de tonnerre. Les parents des deux amoureux, qui ne s'aimaient guère, poussés par on ne sait quels intérêts ou vieilles rancunes tenaces, se déclarèrent la guerre. Et comme le père de Bozon était trop vieux pour combattre, c'est Bozon lui-même qui fut désigné pour porter le glaive contre celui qui aurait pu être son beau-père. Bozon eut beau refuser l'honneur qui lui était fait de prendre le commandement d'une coalition de petits seigneur locaux, petits mais cependant, tous de vaillants guerriers, pour l'assaut contre leur suzerain honni. Le baron de Moustiers son père et les autres chevaliers furent inflexibles. Contre son gré, Bozon dut alors se résoudre à prendre le glaive contre le camp de sa bien-aimée. Lorsqu'elle apprit la chose, la belle s'évanouit dans les bras de sa nourrice. C'est alors que les hostilités commencèrent. "Déjà sous le disque sanglant de la lune, à la lueur des torches enflammées, on voyait les chefs et les soldats s'avancer avec furie des deux côtés de Moustiers. La fougueuse impatience qui les dévorait ne leur avait pas permis d'attendre jusqu'au lendemain. Déjà le glaive du carnage était tiré, le sang ruisselait dans les rues et des cris perçants ou des imprécations féroces pouvaient parvenir jusqu'à la chapelle des rochers... Vainqueur ou repoussé tour à tour, chacun des deux partis s'animait mutuellement d'une nouvelle furie, et frémissait de la résistance qu'on osait lui opposer... A chaque victime qui succombe sous le fer meurtrier, des hurlements de joie, ou des plaintes des blessés font retentir la vallée, les remparts et les rochers de l'ermitage." Aloïse, revenue à elle, dominée par sa passion et n'écoutant que son courage, descendit alors sur le lieu de bataille, au milieu des combattants, près du pont de bois, cherchant Bozon.

Bataille

"La rage des assaillants... était devenue si violente en ce moment, que l'infortunée Aloïse ne fut aperçue d'aucun des guerriers." Une flèche, décochée par on ne sait quel parti, lui transperça la poitrine. Elle tomba et fut aussitôt foulée aux pieds des chevaux et des soldats. Même le ciel s'en mêla : "En ce fatal moment, un orage épouvantable éclatait avec impétuosité. Un craquement horrible semblait fendre les rochers du haut en bas. Les éclairs en sillonnaient les crevasses et répandaient une clarté sinistre sur cette scène de douleur. Le bruit prolongé du tonnerre retentit en affreux mugissements ; il se mêle aux bruits des armes ; les échos les répètent, et des torrents d'eau noirâtre s'échappent des nombreuses cavités de la montagne." Grimpé sur un rocher pour mieux observer le champ de bataille, Bozon vit le pont de bois s'écrouler sous l'assaut des eaux et le corps d'Aloïse emporté par le courant. Le courageux chevalier, n'hésitant pas une seconde, voulut se jeter à l'eau, après s'être débarrassé de son casque, de son épée et de son bouclier. Mais un javelot tout aussi aigu que perfide l'atteignit, brisant net son élan. Pendant ce temps là, devant la violence de la tempête, les soldats s'étaient dispersés. Plusieurs d'entre eux s'étaient, aperçu du même coup, qu'il avaient horreur d'égorger leurs concitoyens. D'autres, désertant le combat, se partageaient avidement le butin dont ils s'étaient emparés. Peu à peu, l'arène sanglante était devenue presque déserte. C'est alors que le vaillant Blacas arriva. Frère d'armes de Bozon, il le prit dans ses bras et recueillit les dernières volontés du mourant : "O Blacas, cher Blacas ! Promets-moi de réunir mon corps à celui de mon Aloïse". La fin de la bataille fut marquée par un phénomène singulier : l'air sembla retrouver sa sérénité première, la nature  reprit sa touchante harmonie  et, ô miracle, le flot impétueux s'interrompit, permettant à nouveau le passage de l'une à l'autre rive et remédiant ainsi à la destruction du pont. Blacas se rendit aussitôt en ambassade auprès du terrible baron de Pena, tuteur de la défunte Aloïse, pour lui faire part de sa requête du tout aussi défunt Bozon. L'intraitable baron refusa et, au contraire, donna l'ordre que chacun des deux corps soit déposé, l'un au sommet du baou qui domine Moustiers, l'autre sur la cime du baou opposé, celui qui surplombe le faubourg, les séparant de cette façon pour l'éternité. Le plus curieux dans cette chronique désolante, c'est qu'on fit graver sur le marbre du tombeau d'Aloïse : "Rose naissante, tu n'as pas pu t'épanouir !" La fin de l'histoire n'en est pas moins étonnante : un matin, au moment où les premières lueurs de l'aurore ramènent dans les champs les laboureurs et les bergers, parut tout à coup à leurs yeux une chaîne immense qui réunissait les deux tombeaux, et à laquelle était attachée comme par enchantement la comète embrasée, symbole de la flamme éternelle qui anima le coeur d'Aloïse et de Bozon. "On assure que, sur ordre de Blacas, deux anneaux d'or placés à chaque extrémité de la chaîne, viennent s'attacher sous le marbre, à la main des deux amants, comme pour les unir à jamais".

Moustiers-sainte-marie la chaîne

Source : D'après une chronique de Louis-François de Villeneuve-Bargemon écrite en 1824 et reprise par Jacques Lecugy dans le numéro 33 de la revue Verdons - décembre 2010.

 

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01 août 2022

Exposition : De la Résistance à la Libération

De la résistance à la libération

Mon ami Jean-Michel Soldi présente sa nouvelle exposition aux Arcs-sur-Argens.

1942-1944

De la Résistance à la Libération

Espace Hugony - Place du 11 novembre

Du 8 au 15 août 2022

Avec pour la première fois, exposition de la maquette de Franck Dugas : reconstitution d'un planeur CG-4A Waco entièrement fait en bois qui a nécessité quelques 600 heures de travail. Egalement, un modèle réduit d'un char Sherman proposé par Frédéric Lombard.

Jean-Michel lance également un appel : afin de sauvegarder ce pan de l'Histoire de la Provence et de la France, si vous possédez des objets qui datent de la Seconde Guerre mondiale qui dorment dans vos caves et greniers ainsi que des documents de toutes sortes, plutôt que de les laisser pourrir ou encore de les jeter à la poubelle, donnez-les à Jean-Michel et à Adrien, son fils qui les conserveront et en prendront soin.

Pour ne pas oublier notre Histoire.

Je vous donne l'adresse de leur site internet qui est une véritable mine de renseignements :

August 15, 1944, Operation Anvil-Dragoon, Le débarquement de Provence, Southern France

Le 14 Août 1944, les résistants n'ont plus de doute. Radio-Londres diffuse enfin le message tant attendu : "Nancy a le torticolis" . L'opération "Anvil-Dragoon" commence dans la nuit du 14 au 15 août. Avant les premières lueurs de l'aube, des commandos s'emparent de quelques positions avancées allemandes.

https://www.operation-dragoon.com

Venez nombreux voir cette exposition !

Journal 12 août 2022

 Article sur l'exposition paru sur le journal Var-matin du 22 aût 2022

 

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