Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

Côte d'azur varoise

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui fait place à La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

  Pour celui sur Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

Création d'un troisième blog :

Cimetières de Trans en Provence et généalogies transiannes (canalblog.com)

Ce blog est en construction. J'étudie les familles de Trans par rapport à leurs tombes et je mets un lien qui renvoie à ma base de données de généalogie (quand j'ai étudié les familles en question). Si vous désirez le visiter quant même, il vous suffit de cliquer sur le lien. Merci à vous.

Ma base de données de généalogie

Des racines et des hommes - Geneanet

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même."

(Guy de Maupassant-Le horla)

 

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17 octobre 2021

Conférence "La Peste dans une infirmerie" - Pôle culturel Chabran à Draguignan

"La Peste dans une infirmerie" par Monsieur CREMADES et Monsieur BOUET Le 21 octobre 2021 à 18h - Auditorium du Pôle Culturel Chabran - Draguignan

Alors que Signes, tout comme la Provence, traverse son énième vague de peste en 1587, la communauté décide de réquisitionner un jas pour y soigner et isoler les pestiférés.

Comme tant d'autres infirmeries provençales, elle ne devait être active que durant les quelques mois de ce millésime. Pourtant, elle sera activée à chaque vague de peste touchant le village varois, jusqu'à la moitié du XVIIIe siècle. A bien des égards, ce lieu de soin est atypique.

Cette conférence sera coanimée par Monsieur Didier CREMADES, doctorant sur une thèse consacrée à " La géostratégie des implantations des hôpitaux en Provence médiévale " (université Lyon 2) et Président du laboratoire de recherche Centre d'histoire des bénéficiaires d'établissements de la charité (CHIBEC) et Monsieur Hugo Bouet, archéologue spécialiste du numérique.

Elle sera donc l'occasion d'y présenter la vie quotidienne, notamment, et les hypothèses faisant l'objet de nombreuses recherches actuelles grâce aux technologies numériques.

Médecin de la peste

La présentation du passe sanitaire est requise pour participer à cette conférence.

 

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13 octobre 2021

Les globes et les couronnes de mariées

 J'avais passé cet article le 17 mars 2014. A l'époque, il vous avait beaucoup intéressé. Je le repasse donc pour vous faire plaisir.

Merci à vous de votre fidélité quotidienne.

Globe_de_mariage_provençal_fin_XIXe_s

Les globes et les couronnes étaient des objets marquants de leur époque. Chacun savait ce qu'ils représentaient et la force qu'ils possédaient. Ils étaient à la fois des objets du quotidien mais aussi des objets symboliques. Voici ci-après quelques explications.

Les globes

A l’origine, la fabrication de globes était destinée à la protection des horloges, les statues religieuses ou encore les souvenirs de voyage. Dans les années 1850, les globes se mettent à protéger les couronnes de mariées. Tout un décor spécifique et symbolique est alors créé. Dès 1880, on peut choisir son globe sur catalogue. Vers 1920, la société Lamotte de Paris propose sept types de globes : la vénitienne, le panier peluche, la spyché, les corbeilles basses, les coffrets, les favorites, les cadres... Chacun pouvait acheter son globe en fonction de ses moyens. L’apogée de la mode du globe de mariée se situe  entre le milieu du XIXe siècle et 1914. Après la Grande Guerre, la mode du globe s’estompe à cause de différentes raisons dont la crise économique de 1929. C’était un véritable investissement qui entrait dans la composition du trousseau de la jeune fille et la suivait toute sa vie. Les globes sont composés de différents éléments dont : un globe en verre, un socle en bois, souvent peint en noir et qui soutient l’ensemble. La couronne repose sur une calotte recouverte d’un capitonnage. Enfin le décor, composé essentiellement d’éléments en laiton, de miroirs et de fleurs en porcelaine, ornemente le globe. Issus de références bibliques et mythologiques et longtemps partagés, les symboliques des éléments se sont peu à peu homogénéisées par leur production et leur diffusion en série. Ils étaient cependant toujours choisis par les fiancés.

Globe de mariée

 Les miroirs : parfois le globe pouvait comporter des miroirs et bien entendu, cela augmentait sa valeur. Chaque forme de miroir possède sa propre signification. Le miroir central représenterait la fidélité et la sincérité, le triangulaire exprimerait la fécondité, l'ovale serait un porte-bonheur offert par les témoins. Le nombre de miroirs en forme de losange indiquerait le nombre d'enfants souhaités, le nombre de miroirs rectangulaires indiquerait le nombre d'années entre les fiançailles et le mariage. Celui en forme de trapèze refléterait la communion spirituelle entre les deux époux.

Les décors en laiton : là aussi chaque élément reflète un état d’esprit. Le lierre est le symbole de la permanence du désir puisque vert en toute saison. Il représente aussi l’attachement. Les feuilles de chêne symboliseraient la force de l'amour, celles de tilleul, la fidélité, les grappes de raisin exprimeraient l'abondance et la prospérité. Quand ils ne prennent pas une forme végétale, les éléments de décoration représentent alors des oiseaux : par exemple, la colombe est le symbole de la paix dans le foyer. On peut noter également la présence de coquillages, symboles de la maison ou de l’étoile à huit branches, symbole de l’union heureuse.

Globe de mariée en verre

 Les couronnes

Comme toutes les modes, la couronne va se modifier au fil des années et des goûts. Avant 1850, les couronnes sont réalisées de différentes matières en fonction des modes régionales, elles pouvaient même être composées de coquillages. A partir de 1850 mais surtout après 1880, les couronnes s'uniformisent pour être constituées de fleurs et de boutons d'oranger en cire, symboles de virginité et d'éternité.

Globe

 Source : D'après le site "maison de la mariée.com" et le blog "amourdutemps.canalblog.com"

 

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08 octobre 2021

Parlez-vous le sud ? Que veut dire "gobie" ?

Yves Pujol mains derrière la tête

Aujourd'hui Yves Pujol nous donne l'explication du mot "Gobie".

"Té ! Vé ! Le voilà, tête de gobie !" Un gobie, c'est un petit poisson de la famille des gobiidés. On en compte à peu près deux mille espèces, dont une soixantaine, en Méditerranée. Ce sont des petits poissons de moins de dix centimètres. Et chez nous dans le sud, ce sont souvent les minots qui les pêchent dans le port. Un "gobie", c'est aussi quelqu'un à qui on peut tout faire avaler, qui croit tout, qui gobe tout.

 

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30 septembre 2021

Saint Honorat, abbé de Lérins et évêque d'Arles

 

Saint Honorat

Honorat est né dans l'aristocratie gallo-romaine. Il reçoit une éducation classique, mais sa vocation religieuse se manifeste très tôt, et en particulier son attirance pour la vie monastique. Cependant, ce renoncement au monde va entraîner l'hostilité de sa famille, surtout celle de son père qui voit s'effondrer tous les espoirs qu'ils avait placés en son fils. A la vie confortable que lui promet son père, il préfère répondre à l'appel du Christ. C'est probablement vers l'âge de quinze ou seize ans qu'il se convertit ainsi que son frère aîné, Venantius (Venance). C'est avec lui qu'il entreprendra quelques années plus tard, un périple en Orient pour visiter les lieux saints de Palestine, de Syrie et d'Égypte. Vers 368 ils embarquent à Marseille. Mais malheureusement Venantius décède lors de ce voyage. Et Honorat, malade après ce séjour dramatique, revient en Occident afin de poursuivre son ascèse* sous des cieux plus cléments. Après un bref séjour en Italie, où il noue des liens d'amitié avec les communautés chrétiennes du pays, il rentre à pied en Gaule du sud, accompagné de Caprais, son père spirituel. Il séjourne un moment dans la cité militaire romaine de Fréjus. On vient de loin pour l'écouter, mais cette célébrité lui devient pesante et pour finir insupportable. L'appel de la solitude se fait ressentir avec de plus en plus d'insistance. Et c'est toujours accompagné de Caprais qu'il s'installe comme ermite dans une grotte du Cap-Roux, perdue dans le désert du massif de l’Estérel, où les deux hommes tentent de mettre en pratique les enseignements qu'ils ont reçus des pères. Mais bientôt, sa célébrité le rattrape à nouveau et les visiteurs se font trop nombreux, bien trop nombreux. Il faut partir une nouvelle fois.

Mais où ? A Lérins (Lérina), bien sûr, sur la petite île des deux îles, celle qui ressemble à un désert et qui est située au large de Cannes. L'autre île porte le nom de Sainte-Marguerite. Honorat demande à un pêcheur d'Agay de les conduire sur l'île. Mais voilà : l'île est petite, inhabitable, sans eau, remplie de serpents. Mais rien ne fait peur aux deux complices. Personne ne croit qu'ils y resteront plus d'un jour. Mais Honorat et Caprais bâtissent deux abris sommaires avec des pierres plates et des branchages, et ils reprennent la vie d'ermité qu'ils avaient commencée au Cap-Roux. Et c'est ainsi que peu à peu, dans l'absolue solitude de Lérins à peine troublée par le passage, de temps en temps, d'un pêcheur qui apporte de l'eau et quelques galettes de pain confectionnées par les fidèles d'Agay, qu'Honorat se prépare à la plus haute perfection, en compagnie de Caprais. Mais, comme il fallait s'y attendre, l'occupation de l'île par Honorat et Caprais provoque un grand mouvement de curiosité sur tout le littoral. Et au grand désespoir des deux solitaires, se produit le contraire de ce qu'ils avaient espéré : de plus en plus nombreuse la foule réapparait devant leur ermitage. Certains, parmi cette foule, touchés par l'exemple des deux moines, se construisent un abri sur le rocher, quémandant humblement chaque jour un conseil pour se livrer à leur tour aux mortifications corporelles et à la purification de l'esprit, prélude au grand voyage vers les immensités intérieures où les happait l'irrésistible appel de Dieu. On les voit faire pieds nus le tour de l'île.

Lérins

Après avoir longuement prié, Honorat demande enfin conseil à l'évêque Léonce, et il se décide entre 400 et 410, avec quelques compagnons à fonder le deuxième monastère chrétien de Gaule romaine sur la plus petite des îles de Lérins. Ce monastère comptera parmi les plus illustres et les plus puissants de la chrétienté. Avant l'arrivée des moines, les marins redoutaient d'accoster sur cette île en cas de tempête, tant elle était sauvage et inhospitalière. Après qu'Honorat s'y fut installé, beaucoup firent le détour pour recevoir son hospitalité. Honorat avait un don très particulier, il lisait dans la vie et le coeur de ceux qui venaient à lui, comprenait tout de suite leurs peines, leurs joies, et quelles étaient leurs préoccupations premières.

A cette époque, les relations entre les hommes étaient brutales et violentes. La vie (surtout celle des esclaves et des femmes) n'avait pas beaucoup de valeur... Le christianisme apporta de nouvelles valeurs vis-à-vis des rapports humains comme l'attention aux autres, le respect des autres, la tendresse, la solidarité envers les autres. Ce dont témoignait Honorat avec ceux qu'il rencontrait. Son biographe et ami, saint Hilaire, disait de lui qu'il "changeait les fauves en hommes"Au monastère, Honorat met tout en oeuvre pour faire avancer ses disciples dans les voies de la perfection. En l'an 420, Patrick d'Irlande (le futur Saint Patrick) vient à l'abbaye de Lérins pour étudier la théologie. Il reste deux ans, puis retourne en Irlande évangéliser et construire des églises, des monastères et des écoles. 

  La renommée d'Honorat est grande, et à la mort de l'évêque d'Arles, devenue en 395, capitale des Gaules et de l'Empire, il va devoir quitter son île pour être, contre son gré, placé sur le siège épiscopal d'Arles. N'ayant pas été consulté, il refuse d'abord puis finit par accepter de devenir évêque d'Arles. C'est Maxime, deuxième abbé de Lérins, qui le remplace à la tête du monastère. Célestin 1er écrira en 428 à tous les évêques du sud-est de la Gaule pour leur demander qu'à l'avenir "un prêtre ne soit élu, venant d'une autre Eglise, que dans le cas où aucun clerc de l'Eglise à pourvoir ne serait jugé digne, etc..."

Saint Honorat évêque d'Arles

 Honorat se sait malade et en sursis, mais renonce cependant à finir sa vie dans la paix de son île, et s'en va à Arles. A son arrivée, il trouve les caisses du trésor pleines de richesses amassées par ses prédécesseurs. Il n'hésite pas et redistribue toutes ces richesses aux donateurs, ne se réservant pour l'évêché "que ce qui devait suffire aux nécessités du ministère." Honorat fait rapidement l'unanimité dans son diocèse. Mais le travail à accomplir est énorme. Le 6 janvier 430, bien que faible, il se rend dans sa cathédrale pour prêcher. Mais à son retour, il doit s'aliter. A cette nouvelle, ses amis du diocèse d'Arles et de l'île de Lérins accourent à son chevet, Hilaire en tête, qui nous dit "Leur douleur lui était plus pénible que la sienne propre." Lorsqu'il entra en agonie, les corps constitués affluèrent, ainsi que le préfet en exercice et les anciens préfets, selon l'usage de l'époque. Le Saint ne manqua pas une si belle occasion de les chapitrer. Et, toujours grâce à Hilaire, nous possédons l'unique sermon qui ait été conservé d'Honorat : "Voyez quelle fragile demeure nous habitons ! Si haut que nous montions, la mort nous en fera descendre. Vivez donc votre vie de telle façon que vous ne redoutiez pas le terme, et ce que nous appelons la mort, attendez-le comme un simple passage." Puis, après les avoir menacés de l'enfer, il rappela ce que fut sa règle monastique. "Il faut que l'esprit reconnaisse sa nature supérieure et livre combat aux vices charnels. Ce n'est qu'à ce prix qu'il conservera l'une et l'autre substance sans tache pour la paix éternelle". Enfin, il lança un suprême avertissement concernant tous les moines de l'avenir : "Que nul parmi vous ne soit prisonnier de l'amour excessif du monde. Que personne ne s'abandonne aux richesses." Et il répétera avant de s'endormir dans la paix de la mort : "Que nul ne soit l'esclave de l'argent, que nul ne se laisse corrompre par la vaine apparence des biens terrestres. C'est un crime de faire un instrument de perdition de ce qui pourrait vous servir à acheter le salut, et de rendre esclave au moyen de ce qui pourrait vous reconquérir la liberté."

Ile Saint-Honorat

  Seize siècles nous séparent de l’arrivée de saint Honorat sur l’île qui porte aujourd’hui son nom. Pendant toute cette période, la vie monastique a été menée à Lérins de façon presque ininterrompue jusqu’à nos jours. L'île  qui accueillit saint Loup de Troyes, saint Eucher de Lyon ou saint Césaire d'Arles, appartient aujourd’hui aux moines de la Congrégation cistercienne de l’Immaculée Conception de l'abbaye de Sénanque.

*Ascèse : L'ascèse ou ascétisme est une discipline volontaire du corps et de l'esprit cherchant à tendre vers une perfection. L'ascèse est couramment rattachée à diverses religions, mais son usage n'est pas limité à celles-ci. (Source : Wikipédia).

Source : D'après le livre de Mireille Labrousse, Saint Honorat, fondateur de Lérins et évêque d’Arles. Étude et traduction de textes d’Hilaire d’Arles, Fauste de Riez et Césaire d’Arles, Bellefontaine, 1995. 

 

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22 septembre 2021

Remèdes d'autrefois

Lorsqu'on parcourt les registres paroissiaux tenus par les curés sous l'Ancien Régime, notamment parce qu'on fait des recherches généalogiques, on a parfois la surprise d'y découvrir des annotations insolites autres que les actes de baptêmes, mariages ou décès habituels. En effet, le curé peut avoir inscrit ou relaté des évènements qui sont arrivés dans la commune par exemple, mais aussi des recettes diverses, des poèmes, il peut aussi avoir fait des dessins, des croquis, etc...

C'est en consultant la rubrique des archives insolites sur Généanet que j'ai trouvé ce que vous pouvez lire ci-dessous.

Il s'agit de remèdes contre la rage, la peste, le point de côté parus dans le Courrier d'Avignon en 1764 et que le curé de Seyne-les-Alpes a retranscrit dans ses registres.

Courrier_d’Avignon_1733_no1_page1

A propos du Courrier d'Avignon : 

Le Courrier d'Avignon est un journal qui a occupé une place importante dans la presse internationale de langue française du XVIIIe siècle. Publié dans le Comtat Venaissin, qui appartenait aux Etats Pontificaux puis à Monaco, le journal échappait au système de contrôle de la presse en France (privilège avec autorisation préalable) tout en subissant le contrôle des autorités pontificales. Le Courrier d'Avignon parut de 1733 à 1793 avec deux interruptions, l'une entre juillet 1768 et août 1769 à cause de l'annexion d'Avignon à la France et l'autre entre le 30 novembre 1790 et le 24 mai 1791 (Source : Wikipédia). 

Remèdes 1

Remède contre la rage pris dans la feuille du courrier d’avignon du 28 7bre (septembre) 1764, ou recette d’une poudre infaillible contre la rage qui a été procurée par la Société Royale d’agriculture de la généralité de Tours

Les accidents que cause souvent la morsure des chiens enragés sur les hommes et sur les bestiaux ont engagé cette compagnie à faire imprimer, en faveur de l’économie rurale, la recette d’une poudre infaillible contre la rage. Comme tout ce qui interesse l’humanité merite d’avoir place dans cette feuille, on s’empresse de faire part de cette recette au public ; et on invite les curés, chirurgiens et autres personnes charitables à faire la preparation de cette poudre conformément au procedé ci-après, afin d’être en etat de prevenir les funestes accidents qui arrivent frequemment dans les villes et les campagnes ; et pour epargner des voyages
dispendieux et préjudiciables à de pauvres familles. .../... Vers la pleine lune de juin, lorsque les plantes sont en fleur, ou entre fleur et graine, on cueille chacune separément les treize plantes suivantes : l’armoise, l’absynthe, la betoine, la petite centaurée, la petite menthe ou pouillot, le millepertuis, la melisse ou piment, le grand plantain, le polypode de chenes avec les racines, la reine des prés, la rue, la verveine et la menue sauge. Il faut faire secher toutes ces plantes à l’ombre chacune à part et les piler ensuite aussi chacune à part. Lorsqu’elles sont pulverisées, il faut les mêler à poids egal de chacune, et après les avoir incorporées ensemble, les mettre et les garder pour le besoin dans un pot de terre neuf, non vernissé, couvert d’un bouchon de liège avec un ou deux parchemins par dessus pour pulvériser les dites plantes avec leur brin ou tiges, fleurs et feuilles on se sert d’une pile à piler le millet, et on les passe plusieurs fois au tamis commun, faisant en sorte que la plus fine poudre ne s’evapore point. Il faut renouveller les dites poudres tous les ans. La dose pour un homme ou une femme est d’une gros et demi ; pour les enfans d’un demi-gros, et au dessus de l’enfance d’un gros. Il faut prendre cette poudre trois jours de suite à jeun, une dose chaque jour ; On la fait infuser dès le soir dans un grand verre de vin blanc vieux ; elle doit inhiler environ douze heures. Le matin on brouille bien le tout avant que de l’avaler, afin de prendre la poudre avec la liqueur ; S’il reste de la poudre attachée au vase, il faut y passer un peu de vin, afin de tout prendre. Après que l’on a pris le remède, il faut rester au lit pendant quatre heures, le bien couvrir pour donner lieu à la sueur ; Si elle survient, il ne faut point se lever, ni boire, .../... ni manger, et ne point changer de linge qu’elle ne soit passée. On doit aussi avoir soin pendant sept jour d’egratigner legerement une fois par jour la playe ou meurtrissure, s’il y en a, pour que le sang paroisse, et bien bassiner cette playe avec du bon vin blanc vieux, dans lequel on aura fait dissoudre autant de sel que le vin en pourra fondre. 
 On ne donne point à manger aux bestiaux huit heures avant de leur faire prendre le remede, on les laisse bien clos et fermés pendant quatre heures après qu’ils l’ont pris, et ensuite on leur donne à manger. Comme les chiens ne peuvent souffrir le vin, on leur fait prendre les trois prises infusées aussi pendant douze heures dans du lait, que l’on a fait bouillir dès le soir, de crainte qu’il ne se caille. La dose pour les chiens
est d’un gros et demi de chaque prise.

Remèdes 2

Remèdes 3

Autre remède contre la rage plus facile pris
aussi dans le courrier d’Avignon en l’année 1764

On apprend d’Udine ville capitale du Frioul venitien qu’un homme qui avait eté mordu d’un chien enragé s’est preservé des suites funestes de cet accident en avalant un grand verre de vinaigre ; ce qui a tellement accredité ce remède qu’on le regarde comme un véritable specifique contre la rage, et que la faculté de medecine de padoue l’a adopté pour tel en prescrivant d’en faire prendre aux malades une livre à trois reprises le matin, à midi et le soir. .../...

Remèdes 4

Remède contre la peste (1764)

Pour la peste, il faut avec un rasoir ouvrir le bubon, appliquer et frotter avec des oignons les ouvertures et y appliquer de la poix maigre.
M(onsieu)r Bayle natif du vernet curé de gaubert proche de Digne avait guéri vers l’année 1721 ou 22 avec ce remède plus de vingt cinq malades pestiferés dans sa paroisse.

Remède pour le point de côté (1764)

Il faut prendre l’eau de vie camphrée, des cloux de girofle demi once, de canelle demi once, une noix muscate, du poivre entier ; il faut piler le tout, il faut faire bouillir le tout à la reduction de la moitié ; on fait de tout cela un cataplasme sur d’etouppe, on l’applique chaud, autant qu’on le peut souffrir. 
S’il se fait des ampoules, dans douze heures le malade est guéri, autrement il est très dangereux. Dans douze heures il faut oter l’emplatre, l’humecter de nouveau dans l’eau de vie camphrée. Le même emplatre peut servir trois fois. Ce remède est violent, si un malade étoit fort faible,
il ne faudroit pas en user.

 Source : Geneanet - AD des Alpes-de-Haute-Provence - Seyne/Saint-Pons - 1 MI5/0065 - BMS, 1744-1792, 78 et 79/388 

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14 septembre 2021

La mouche, le cochon et le chien

 

Cavage-cochon-truffier

Ce ne sont pas les protagonistes d'une fable animalière mais les auxiliaires indispensables à la récolte de la truffe noire (tuber melanosporum) espèce communément baptisée truffe du Périgord. Le cavage à la mouche, le plus subtil nécessite un sens de l'observation particulièrement développé. La localisation du diamant noir s'effectue d'après l'observation d'une toute petite mouche bleutée, qui répond au nom barbare de Heloymyza Tuberivora (elle en possède d'autres) dont la plus grande qualité reconnue est de voltiger à l'aplomb du cryptogame convoité. La truffe localisée, il ne reste plus qu'à la sortir de terre à l'aide d'un cavillon (morceau de bois gainé de métal à l'une de ses extrémités), sans la briser et en essayant au maximum de préserver son environnement. La technique du cochon, encore couramment employée par les "rabassiers" (du provençal "rabasso", truffe) dans le Haut-Var, est de loin la plus spectaculaire et la plus folklorique. Sous des dehors rustiques, le porc est un animal d'un naturel plutôt gourmet et, quand l'occasion lui en est donnée, il apprécie de pouvoir ajouter une truffe au brouet que constitue son ordinaire. Toute l'astuce consiste à le laisser chercher, à le laisser trouver, à le laisser rêver un court instant et à lui enlever promptement son butin avant qu'il ne l'ait englouti. La méthode est un peu perverse mais le brave cochon doit bien comprendre que ses qualités affirmées de chercheur lui valent sans doute quelques légitimes frustrations mais qu'elles retardent d'autant l'échéance inhérente à sa condition charcutière...

Cavage-chien

Le chien n'a pas franchement un goût prononcé pour la truffe mais par pure amitié pour l'homme, il apprend à la trouver au milieu d'un sous-bois comme ses congénères des douanes dans les vapeurs d'essence et de kérosène. Tout est question de flair et de conditionnement de l'animal. Les techniques de dressage varient d'un propriétaire à l'autre et sont rarement divulguées sur la place publique, car un bon chien truffier vaut de l'or. La race importe peu si ce n'est que les chiens de berger sont souvent choisis par les trufficulteurs pour leur obéissance, leur résistance et leur sens du travail bien fait. Indispensable dans la recherche de la truffe à grand échelle, le chien n'est pas près d'être supplanté par une quelconque machine. Les Japonais, qui ne manquent pourtant pas d'imagination, ont bien tenté de concevoir un nez électronique supposé détecter les truffes mais les capacités olfactives de l'engin n'ont visiblement pas enthousiasmé les rabassiers varois... Le département du Var est le troisième producteur national de truffes derrière la Drôme et le Vaucluse, à égalité avec le Gard et surtout bien loin devant le Périgord qui entretient sa réputation de gastronomie truffière grâce à ses conserveries. La création du Syndicat des trufficulteurs en 1971, la mise en place d'un marché spécifique à Aups en 1973, les programmes du Conseil général, qui depuis plus de vingt ans finance chaque année la plantation d'une quinzaine d'hectares de truffières et toutes les opérations de promotion dont elle fait aujourd'hui l'objet, ont fini par donner à la truffe varoise un poids économique quantifiable. A Aups, environ 150 à 200 kg de truffes sont négociés durant chacun des 17 marchés annuels, qui ont lieu le jeudi matin, du 25 novembre à la mi-mars. Cette estimation représente la partie visible du marché. Les spécialistes en économie trufficole considèrent que la production hebdomadaire du Haut-Var se situe plutôt autour de 300 kg. Une dizaine d'années en arrière, les échanges opérés à Aups portaient sur une vingtaine de kilos. Le marché était moins connu et essentiellement fréquenté par des rabassiers et des négociants.

Truffes

Les diamants noirs qui passaient d'une main à l'autre, d'un vulgaire sac plastique à un coffre de voiture provenaient à 80% des truffières naturelles. Le complément étant alors fourni par les premières exploitations trufficoles. Aujourd'hui, la tendance est totalement inversée. Les plantations produisent 80% de la récolte et les truffières naturelles parviennent difficilement à apporter les 20% restant. Dans un même temps, la clientèle du marché s'est modifiée. Il accueille de plus en plus de particuliers et surtout de nombreux restaurateurs tels que Paul Bajade, Alain Ducasse, Bruno de Lorgues, René Bérard, René Berges et bien d'autres magiciens de la rabasse, désireux de proposer à leur carte un produit du terroir "labéllisé" comme tel. Le marché tel qu'il fonctionne désormais, garantit au maximum la qualité et l'origine des produits qui y sont proposés. Selon le nouveau réglement édicté par le syndicat des producteurs dans le but de préserver la qualité et l'authenticité des productions négociées à Aups sous le label varois, aucune tractation de gros ou de détail n'est autorisée à l'extérieur du marché. Aucune truffe récoltée au-delà des frontières de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur ne peut être commercialisée sur le marché d'Aups.

Source : Couleurs du Var - Morceaux choisis - Conseil général du Var - Décembre 2000.

Truffes_et_main

 

 

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10 septembre 2021

Exposition : Saint-Raphaël, ses habitants et ses conscrits au début du XIXe siècle (1799-1844)

Le cgenea83 (Cercle généalogique 83) est heureux de vous inviter à son exposition à l'occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte, au Centre Culturel de Saint-Raphaël

du mardi 7 septembre au dimanche 26 septembre 2021.

Cette exposition s'intitule :

Saint-Raphaël, ses habitants et ses conscrits au début du XIXe siècle (1799-1844)

Entrée gratuite

Exposition1

Exemple d'une des fiches de cette exposition

La grande histoire n'a pas retenu son nom.
Je m'appelle Louis Truc. Je suis né à Saint-Raphaël le 13 mars 1787.
Le panneau que nous avons réalisé pour expliquer aux enfants la conscription et le parcours du combattant d'un soldat du Premier Empire. Une histoire qui se termine à l'hôpital de Palmanova le 19 février 1810 et que, comme ses camarades nous avons voulu sortir de l'oubli et mettre à l'honneur. Ils sont partis à pied et parfois ne sont pas revenus... C'est l'autre volet de notre exposition pour tout savoir sur les soldats du Premier Empire de Saint-Raphaël. Louis truc avait 20 ans, il était blond bouclé et avait les yeux bleus comme le ciel de son pays natal.
Exposition2

Un double thème a été abordé et traité par les membres du Cercle généalogique : l'histoire des conscrits (soldats et inscrits maritimes) sous le premier empire et de l'histoire d'une vingtaine de maisons de cette commune à la même période et en particulier de celles qu'ils habitaient. Les 40 panneaux de l'exposition seront illustrés de photographies anciennes et contemporaines de maisons, des costumes et de drapeaux des régiments du Premier Empire dont ils faisaient partie et d'explications sur comment rechercher ses ancêtres soldats ou faire la généalogie d'une maison avec des exemples. C'est l'histoire de 19 maisons du village du début du XIXe à la fin du XXe siècle comme ici, celle de nos amis de l'Amicale des Raphaëlois que vous pourrez découvrir. Des histoires de gens que la Grande Histoire n'a pas conservé dans sa mémoire mais que le Cercle généalogique a mis à l'honneur.

Les membres du Cercle seront heureux de vous accueillir tous les après midi,tous les jours sauf le lundi !

Venez nombreux ! 

Amicale des Raphaëlois

Maison de l'Amicale des Raphaëois

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Marie-Dominique Germain-Ciamin, présidente du cgenea83, à gauche, lors de l'inauguration

 

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07 septembre 2021

Les aqueducs autour d'Aix-en-Provence

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Fondation d'Aix par Sextius Calvinus (Joseph Villevieille 1900)

Aix-en-Provence est la ville de l'eau par excellence. Son nom l'indique, il dérive d'Aquae Sextiae, les eaux de Sextius qui est le nom du général romain qui envoyait ses légionnaires se baigner dans les sources nées au pied de la montagne Sainte-Victoire afin de cicatriser leurs blessures. Ce n'est pas un hasard si Caïus Sextius Calvinus fit usage de ces eaux et décida de fonder une ville là où elles jaillissaient de terre. Strabon, géographe grec du 1er siècle après J.C. dans son ouvrage "Géographieattribue aux vertus de l'eau d'Aix la fécondité exceptionnelle des femmes provençales. Les Romains édifièrent d'ailleurs à l'emplacement des sources, un temple à la gloire de Priape dont le frontispice était orné d'un énorme phallus, de nos jours conservé au Musée Granet à Aix, avec une inscription que l'on peut traduire de cette façon : "Les eaux fécondent les unions stériles". La ville antique va se développer autour de la fameuse source dite "Impératrice". Pendant près d'un siècle, les eaux guérisseuses sont réservées aux soldats. Mais il faut compter sur l'empereur Auguste qui va ouvrir les bains d'Aquae Sextiae à tous et c'est ainsi que la cité connaît une expansion considérable. Elle devient métropole de la Narbonnaise Seconde. (Nota : C'est à la suite de la réorganisation de l'Empire par Dioclétien, empereur romain que sont créées les provinces de Narbonnaise première, de Narbonnaise seconde et de Viennoise) et sa population décuple. Ses eaux sont tellement réputées qu'on vient de tout l'Empire pour en profiter. Dès le premier siècle, Pline, le naturaliste, ne tarit pas d'éloges à leur propos. Mais bientôt, les sources vont se révéler insuffisantes pour alimenter la ville qui a fait construire ses bains, ses thermes, ses latrines, ses bassins, ses fontaines et ses jeux d'eau. L'eau est partout présente. Quatre aqueducs vont être édifiés pour satisfaire aux besoins des habitants qui iront chercher l'eau qui coule en abondance dans les environs. La campagne aixoise porte d'ailleurs encore quelques vestiges de ces monuments.

Sainte Victoire

Malgré son apparence de miroir ardent du soleil, la montagne Sainte-Victoire est un château d'eau. Elle est à l'origine de sources et de rivières comme l'Infernet, la Cause, la Torse ou encore le Bayon. Ce sont elles que les Romains vont partiellement capter pour emmener leurs eaux jusqu'à Aix-en-Provence. Certes, le "barrage romain" situé sur le cours de l'Infernet, à quelques centaines de mètres du château du Tholonet, ne fait pas l'unanimité des archéologues. Les ingénieurs du premier siècle avaient-ils réellement barré le cours de l'Infernet pour créer un bassin de rétention et pour régulariser l'écoulement de l'eau ? Ce n'est pas certain. Mais cependant ce qui est sûr, c'est le captage des eaux du Bayon à une douzaine de kilomètres d'Aix. L'aqueduc passait au pont de l'Anchois, il franchissait le ravin de Roques-Hautes comme en témoignent encore les ruines de quelques piles, puis il longeait le lit de la rivière. On retrouve plusieurs ruines de la canalisation le long de la RD17 avec en fond, la Sainte-Victoire. A cause du relief particulièrement tourmenté des lieux, les constructeurs ont dû réaliser à la fois des tunnels et des chemins surélevés afin d'assurer la continuité de la pente. On trouve également des traces d'un aqueduc aux environs de Vauvenargues sur le versant nord de la Sainte-Victoire. Il amenait à Aix les eaux de la source de Claps.

Traconnade

Vestiges de l'aqueduc de la Traconnade sur la commune de Meyrargues (Photo Wikipédia)

Mais les plus beaux vestiges sont situés aux environs de Meyragues, au pied de la butte du château, au lit-dit les Arcades. cet aqueduc mesurait une trentaine de kilomètres, collectait les eaux d'une source près de Jouques, au lieu-dit Traconnade, là où coule de nos jours le ruisseau Saint-Bachi. Il suivait la rivière, se dirigeait vers la Durance et coulait très souvent dans les galeries souterraines dont on retrouve la trace au sud de Peyrolles avant de déboucher au Pas de l'Etroit qu'il franchit au moyen d'arcades qui ont donné le Reclavier. Puis, il gagnait Venelles en souterrain puis, de là, les hauteurs d'Aix. Un quatrième aqueduc passant par Eguilles amenait les eaux de la Touloubre captées à la Bargemone. Mais hélas, ces vestiges sont aujourd'hui trop rares pour qu'il soit possible d'en reconstituer le parcours.

Source : Les monuments de l'eau en Provence - Jean-Marie Homet - Edisud

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L'aqueduc du Tholonet à Aix-en-Provence

 

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31 août 2021

La légende de la chèvre d'or

Chèvre d'or

La chèvre d'or est un animal mythique qui a pour particularité de posséder un pelage, des cornes et des sabots en or. Elle serait la gardienne de trésors légendaires et fabuleux laissés sur place par les Sarrasins du Fraxinet. On trouve mention de sa présence dans différentes parties de la Provence. 

Dans la Provence orientale la légende la rattache à la fée Estérelle. Alphonse Daudet, dans son conte "Les étoiles", les évoque l’une et l’autre : "Et ta bonne amie, berger, est-ce qu’elle monte te voir quelques fois ? ça doit être bien sûr la chèvre d’or ou cette fée Estérelle qui ne court qu’à la pointe des montagnes".

La chèvre d'or - Paul Arène

Illustration de La chèvre d'or de Paul Arène (Wikipédia)

Paul Arène, dans sa préface à "La Chèvre d’or", fut co-auteur des "Lettres de mon moulin" et des "Contes du lundi", situe lui aussi la "Cabro d’or" en Provence orientale. Mais la légende la situe le plus souvent dans les Alpilles. Dans "Mireio", Frédéric Mistral lui fait hanter la région du Val d’Enfer proche de la vallée des Baux, son repaire préféré où veillant le jour et sortant la nuit, elle garde le trésor d’Abd-el-Rhamân.

"Je veux la chèvre d'Or, la chèvre
              Que nul mortel ne paît ni trait
              qui, sous le roc de BausManière
              lèche la mousse des rochers
              ou je me perdrais dans les carrières
              ou tu me verrais ramener la chèvre au poil roux !
              hélas ! Combien d'âmes sèches et affamées de gain
              mordant au piège du noir antenois et à la Chèvre d'Or
              font humer leur encens !"

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Les Antiques à Saint-Rémy-de-Provence - Le mausolée

On la retrouve aussi à Saint-Rémy-de-Provence où elle campe au sommet du mausolée des Antiques. Là aussi elle est gardienne du trésor d’Abd-el-Rhamân. Il lui arrive de passer le Rhône et d’aller camper sur la rive droite du fleuve. Elle s’installe alors sur un oppidum, le "Camp de César", situé sur la commune de Laudun (Gard). Là, elle veille sur le trésor qu’y laissa Hannibal "roi des Sarrasins d’Afrique". Ce même trésor lui fait aussi hanter le Ventoux. Son antre se situe au-dessus de Malaucène, au lieu-dit "Les Aréniers", près de la source du Groseau. De gigantesques lingots d’or sont cachés derrière la "Porte Saint-Jean" qui ne s’ouvre que la nuit de Noël. Les audacieux peuvent s’en saisir au cours de la messe de minuit puisque la porte s’ouvre entre le début de l’Épître et la fin de l’Évangile.

Source : D'après un article de Wikipédia - l'encyclopédie libre

Sur le versant méridional du plateau des Encourdoules qui domine Valauris (Alpes-Martimes), une faille de roc donne péniblement accès à la grotte de la Chèvre d'Or, "lou traou de la cabro", ou seraient entassées en des profondeurs mystérieuses des masses d'or et de pierres précieuses. On ne pourrait arriver jusqu'à ces trésors sans l'aide d'une chèvre aux cornes d'or, postée sur le seuil et invisible durant le jour. Elle apparaît le soir, éveillant, par ses bonds capricieux, la curiosité du passant. Malheur à celui qui la suivrait dans la grotte, il ne reverrait jamais la douce lueur du jour. égaré dans le labyrinthe des couloirs ténébreux, il perdrait bientôt le trace de la chèvre aux cornes d'or et mourrait misérablement de faim, de soif et d'épouvante, près des plus mirifiques richesses. C'est ce qui est arrivé, conte-t-on, à tous ceux qui ont voulu suivre la chèvre dans sa sombre retraite.

Source : Le Folklore de la Provence - Claude Seignole - 1963

Chèvre d'or

 Je vous mets un lien vers ce site : "J'aime le Vaucluse", dans lequel j'ai trouvé un article sur la chèvre d'or qui complète mon article.

La chévre d'or

La légende de la Chèvre d'or est présente dans bien d'autres lieux aussi bien en Provence, comme l'a constaté Paul Arène, que dans des contrées plus éloignées. La chèvre d'or est un animal fabuleux qui possède un pelage, des cornes et sabots d'or.

https://www.j-aime-le-vaucluse.com

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24 août 2021

Les pointus, bateaux des ports de Méditerranée

Pointus à Sanary

Les pointus apportent une touche colorée à nos ports du littoral méditerranéen. Adaptés à la pêche au trémail (filet de pêche formé de trois nappes superposées), se comportant bien aux caprices de la mer, aux exigences de la navigation en Méditerranée, ils doivent leur originalité à leurs formes galbées qui n'ont guère été modifiées depuis l'Antiquité. Ils sont de la même veine que les galères, les tartanes, les chebecs (bateau à voile latine à formes fines pouvant naviguer à la rame), les gourses (bateaux méditerranéens) ou encore les mourres de pouar (du provençal : tête de cochon, terme désignant l'éperon et par extension le bateau qui le porte). Ils devraient leur nom à leurs formes effilées à leurs deux extrémités (formes pointues). C'est en fait une appellation récente qui leur aurait été donnée au début du XIXème siècle par des officiers de marine toulonnais séduits par ces bateaux construits à flancs bords sur membrures.

Les 3 biquets-Sanary

Ils présentent souvent des touches locales singulières, lointain héritage de leurs constructeurs, de solides charpentiers de marine venus de Catalogne, de Ligurie, de Naples et de Sicile. Le bois utilisé pour la  construction des pointus est l'objet de tous leurs soins. Pour les membrures, ils utilisent l'ormeau, le chêne, le frêne, le mûrier et l'acacia, pour le bordage, le pin d'Alep qui depuis 1780 colonise les massifs calcaires varois, le pin parasol et le pin sylvestre. C'est à une date plus récente que les charpentiers de marine ont eu recours au mélèze, rare dans le Haut-Var mais particulièrement abondant dans les Alpes-de-Haute-Provence. La quille constituée en une seule pièce est en chêne. Elle reçoit une semelle réalisée dans un bois plus tendre. Les arbres sont impérativement abattus en période hivernale à "lune vieille". Pour les tolets et les bittes d'amarrage, c'est du bois d'arbousier, de cade ou de bruyère qui est utilisé car ils sont réputés pour leur dureté. Aujourd'hui, ce sont les bois exotiques qui sont employés. Ce sont les charpentiers de marine qui vont en forêt pour sélectionner les arbres dont ils auront besoin. Les meilleurs constructeurs de pointus étaient et demeurent ceux d'origine ligurienne ou napolitaine. Héritiers d'un savoir-faire transmis de génération en génération souvent dans le plus grand secret, ils travaillent sans plan à partir de gabarits. 

Pointus-Sanary

La mise en forme des pointus

Les plus courants mesuraient six mètres mais pouvaient aller jusqu'à huit mètres. Leur longueur était exprimée en pan, le pan équivalant à 25 cm. La mise en forme d'un pointu obéissait à un ordre bien établi. Les membrures étaient fixées sur la quille qui recevait l'étrave. Celle-ci avec l'étambot (pièce de bois implantée dans la quille d'un bateau qu'elle continue obliquement à l'arrière) étaient ensuite tracés au gabarit puis assemblés à l'aide de boulons en fer.

Mise en forme-pointu

Les bordés étaient façonnés et cloués à l'aide de clous galvanisés ou de rivets en cuivre. Venait ensuite la pose des bancs, dont le banc de mât placé au niveau de la quatrième membrure. Ensuite le plat bord découpé dans un plateau de chêne puis venait la pose du plancher, le payol, enfin l'organisation intérieure du bateau dont le compartiment qui recevait le poisson. La coque était alors soigneusement calfatée à l'aide de tresses de coton ou de chanvre. Dans les temps plus anciens, l'étanchéité du pointu était confortée par l'usage du brai gras (résine de pin ou de goudron utilisée pour assurer l'étanchéité des coques en bois), de la poix et du goudron obtenus par distillation de la résine de pin. Puis on ponçait la coque avant la mise en peinture. Une opération longue et délicate menée à l'aide d'une planchette recouverte jadis de peau de requin et de nos jours par du papier de verre. Les noeuds étaient soigneusement frottés à l'aide d'un gousse d'ail ou de gomme arabique pour favoriser la prise de peinture, qui était rouge pour la carène et bleue pour la coque.

Le Capian

A signaler qu'une pièce essentielle fait encore la gloire des pointus, le capian. C'est une partie intégrante de l'étrave, symbole commun aux ports de la Méditerranée occidentale. Allégorie de la force masculine, c'est le phallus vénitien souvent peint en rouge.

Pointu-lagune-du-Brusc-12

L'âge d'or des pointus se situe entre 1850 et 1930. En 1926, on dénombre dans le Var 663 pointus armés par 1600 marins pêcheurs. En 1901, le port du Lavandou déclare 135.84 kg de poissons. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la flottille de pêche du Var réquisitionnée en partie par les troupes allemandes et italiennes se trouve en piteux état. Il faut dans les meilleurs délais reconstruire les pointus nécessaires à la reprise de la pêche littorale. Devant le nombre insuffisant des charpentiers provençaux, les autorités font appel à ceux de Tunisie et du Maroc. Ils apportent avec eux des gabarits nouveaux et des pointus aux formes nouvelles font leur apparition dans les ports varois. 

Pointu-voile

La voile latine

Bateaux à voile et à avirons, les pointus sont gréés en voile latine d'influence arabe. Leur mât autoporteur fait la longueur du bateau, l'antenne quelques mètres de plus, la voile couvrant une vingtaine de mètres carrés. Le foc (voile triangulaire) est peu utilisé. Taillées dans une toile robuste, les voiles sont teintes comme les filets avec des écorces de pin mises à bouillir dans un grand chaudron de cuivre. Les pêcheurs qui optent pour le rouge tintent leurs voiles avec du cinabre (sulfure de mercure) mélangé à l'argile. La couleur est fixée par d'abondants rinçages à l'eau de mer. La voile latine se manie avec délicatesse. Le gréement est très simplifié du fait de la mobilité de la voile autour d'un point fixe. Les pêcheurs ne l'utilisent que pour aller sur les lieux de pêche ou revenir au port, aux allures portantes ou de largue. 

Pointu en mer

Les pointus étaient armés par trois ou quatre hommes. Le patron était à la barre. A chaque coup d'aviron, les matelots prenaient appui sur leurs pieds, se soulevaient sur leurs bancs et pesaient de tout leur corps. Une épreuve harassante surtout après une bonne pêche quand le bateau est plein, ils rentraient au port enfoncés jusqu'aux dalots (espace destiné à l'écoulement de l'eau). La motorisation des pointus se fera à partir de 1913, elle modifiera radicalement le mode de vie des pêcheurs à qui sera désormais épargnée la vougado (transit à la rame). Parmi les premiers moteurs montés sur les pointus, il convient de citer les moteurs Aster, Ballot, Castelnau, Baudouin, Couach, Bernard. Le monocylindre et les quatre cylindre Baudouin, inusables, sont encore présents dans toutes les mémoires.

Une vie bien rude !

Au début du XXème siècle, la vie des marins pêcheurs à bord des pointus est encore bien rude. Avant la motorisation c'est à la rame qu'ils rejoignent leurs lieux de pêche et les filets sont relevés à bras. A la belle saison, pour leur éviter une fatigue inutile, les pêcheurs mouillent leurs bateaux à proximité de leur zone de pêche, dans une crique abritée. Ils ne rentreront qu'au matin.

Pêcheurs

La nuit sera passée à bord du pointu protégés par un prélart (bâche souple goudronnée). Leur repas à base de poissons est frugal. Lorsqu'ils appareillent, ils rangent dans un ordre minutieux le matériel et les ingrédients de première nécessité : pain, huile d'olive, sel, poivre, marmite en fonte, bonbonne de vin, tonnelet d'eau douce, sac de pommes de terre. Entre deux pierres, dans une crique abritée, ils établissent un foyer rustique sur lequel ils préparent une bouillabaisse en utilisant les poissons mutilés par les poulpes et les seiches et devenus invendables. Un menu qui ne varie guère. Quand la tempête survient, ils mouillent leur pointu dans une crique ou mettent le cap sur les "abris de pêcheurs" construits par les prud'homies, surtout sur les côtes des îles d'Hyères : une mauvaise estacade (appontement réalisé à l'aide de pièces de bois) pour amarrer le bateau, et un abri qui se réduit à une grande pièce pourvue d'une cheminée, d'une table et de bancs.

Fraternité

La fraternité des gens de mer !

En 1721, au lendemain de la grande peste de 1720 en Provence qui fit des milliers de morts, à la demande du roi de France, ce sont des pêcheurs catalans qui viennent s'installer à Marseille mais aussi sur le littoral de l'Ouest varois pour remplacer les marins emportés par le fléau. Plus tard, ce sont des pêcheurs italiens qui remplaceront les pêcheurs varois retenus au service du roi par les grandes guerres maritimes.

En 1761, le pacte de famille conclu entre la France, l'Espagne et le Royaume des deux Siciles autorise les Catalans et les Napolitains à pêcher sur les côtes méditerranéennes.

A une époque plus récente, Liguriens et Napolitains pêchent sur les côtes varoises. A bord de leurs bateaux à voile, tout au long de leur transit, ils pêcheront et vivront de leur poisson vendu au gré de leurs escales. Arrivés dans le Var, ils seront employés comme matelots par les patrons pêcheurs qui renforcent ainsi leurs équipages durant la saison d'été. Leurs conditions de vie sont très précaires puisqu'ils vivent pratiquement à bord de leur bateau.

Et pour terminer, les patrons pêcheurs jouèrent un rôle considérable pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ils entrèrent en Résistance. Le plus connu de ces hommes fut un patron du Lavandou qui un soir de tempête embarqua le général Giraud au nez et à la barbe des troupes ennemies. Evadé de sa prison allemande, c'est à bord d'un pointu qu'il rallia le sous-marin qui devait le transporter en Algérie.

Source : Les Carnets du patrimoine N°4 - Le pointu - Edité par le Conseil Général du Var

J'ai trouvé pour vous un site que je vous recommande d'aller voir :

Les Pointus d'abord

L'objet de ce site est l'Artesien, pointu Toulonnais construit en 1946 à La Seyne-sur-mer, sa restauration, son épopée ancienne (je cherche des infos !) et son actualité... Mais aussi pour parler des pointus, ceux de la Lagune du Brusc et d'ailleurs... Olivier MIL En novembre le Mistral peut être fort avec plus de 55 nœuds en rafale.

                                 Vidéo : Les pointus, bateaux de tradition                        

                          

Le sirocco

                                                                                           

Bateau-de-pêche-dans-le-port

                                                                                           

Pointus dans le port

                                                                                             

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