Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

La Basse-Provence

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - Commentaires [49] - Permalien [#]
Tags : , ,


18 août 2017

La fontaine des quatre saisons à Varages

 

Varages

Varages (83) est un village dont l'activité principale demeure depuis trois siècles la faïence. De nos jours, on trouve encore au village une manufacture, des faïenceries d'art, une école de la céramique et un Musée des Faïences. Le village est bâti sur une falaise de tuf, et est arrosé par une source très abondante : la Foux. Cette source alimente treize fontaines réparties dans les rues et places du village. Leur bruit mélodieux est vraiment rafraîchissant au plus chaud de l'été provençal. La place principale de Varages, ombragée de tilleuls, propose l'été des terrasses de cafés très appréciées des habitants, et des touristes. La fontaine la plus imposante de Varages, la fontaine des Quatre Saisons, orne chacun de ses becs d'un masque figurant les quatre saisons. Elle comporte sur son sommet une Marianne posée sur un socle sur lequel on peut lire : "Place de la IVe République". Elle se situe au centre de la Place de la République, face à la mairie. Varages est un village qui vaut vraiment le détour.

Nous n'avons pas manqué de visiter le Musée des Faïences dans lequel il est interdit hélas de prendre des photos.

Varages 1

Varages 2

Varages 3

Varages 4

Varages 5

Varages 6

 

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

12 août 2017

Récipients pour le transport et la conservation des liquides : cruches, dourgo, jarres, pichets, etc...

 

Filtre-a-eau-terre-cuite

Filtre à eau en terre cuite qui sert aujourd'hui d'objet décoratif (Photo Nadine)

Leau

Leau1

Leau2

Leau3

Le-lait

Le-vin

Lhuile

Source : "Les Carnets varois du patrimoine-N°1" : Céranique varoise, Var, pays de la terre cuite - 2002 - Edition du Conseil Général du Var.

Dourgo

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

06 août 2017

Les colonnes antiques de Riez

C'est au cours d'une de nos balades que nous sommes allés à Riez. Nous avons visité la ville et avons terminé par les fameuses colonnes qui se trouvent à l'entrée de celle-ci, sur le côté gauche. Voici ce que j'ai appris grâce au panneau explicatif (ci-dessous, reproduction du temple d'origine)

Temple-Riez

Colonnes-4

Colonnes-3

Colonnes-5

Ces colonnes monolithes, en granit gris de l'Estérel, hautes de 7 mètres sont surmontées d'une architrave richement décorée en calcaire tendre. Les bases et les chapiteaux corinthiens sont en marbre blanc. Elles constituaient la façade orientale d'un temple tétrastyle, construit au 1er siècle après Jésus-Christ et vraissemblablement dédié à Apollon. Du haut d'un imposant socle en grand appareil, le temple dominait de 2,50 mètres le niveau antique de circulation : la grande voie vers Aix. Deux massifs prolongeaient le podium en avant des colonnes extrêmes et enserraient un escalier. L'édifice fut détruit à la fin de l'Antiquité et les matériaux récupérés, mais la colonnade et son support ont été soigneusement respectés. Les quatre colonnes semblaient veiller sur l'entrée de Riez au terme de la grand route d'Aix qui passait au pied même des vestiges jusqu'au XIXe siècle.

Colonnes-Riez

Colonnes-Riez-1

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

31 juillet 2017

Ce qu'on disait des jeunes provençales

Provençale

Les Provençaux avaient toutes sortes de locutions pour déterminer leurs critères à l'égard des jeunes filles.
On aimait avant tout qu'une jeune fille fût jolie :
Es Belasso ! (Elle est très belle !), Es poulido coumo un sou ! (Elle est jolie comme un sou !). Lorsqu'un jeune homme songeait à épouser une jeune fille, ses parents s'inquiétaient de savoir si celle-ci était travailleuse. C'était là une condition importante pour réussir en ménage. D'une fille sage, laborieuse et aimable on disait : Es un tresor ! (C'est un trésor !).
Certaines d'entre elles montraient des aptitudes tout à fait heureuses pour tenir la maison :
A de gouvern ! (Elle a du gouvernement !) ce qui voulait dire, en d'autres termes : elle sera une bonne maîtresse de maison. Qu'elle soit juste ou non, la réputation universelle du beau sexe a toujours été celle d'être volage. Les Provençaux n'aimaient guère cela et les jeunes filles qu'ils trouvaient trop souvent dehors, étaient mal considérées. On disait d'elles : Courre la patenteno ! (Elle court la prétentaine !) ou encore : Es uno courrentilho ! (C'est une coureuse !). C'est que l'on ne badinait pas dans les familles à cette époque avec la réputation de ou des jeunes filles de la maison !

Source : Almanach de la Provence.

Provençales

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,


25 juillet 2017

Le jardin des Gorguettes au Val

Situé au coeur de la Provence verte, à cinq kilomètres de Brignoles, Le Val est un village médiéval d’environ 3 700 habitants. Niché dans une vallée parcourue par la Ribeirotte, le village est dominé au nord par la colline de Paracol qui dessine fièrement au loin sa silhouette. C’est un village privilégié pour les amoureux d’histoire et de nature. Si vous visitez ce joli village, ne manquez pas de voir le jardin des Gorguettes. C'est un jardin des senteurs botaniques provençales avec un aqueduc du XIVème siècle, réalisé pour amener l’eau de la source des Treje Raï aux fontaines et aux moulins.

Voilà les photos que j'ai faites de ce jardin.

Gorguette1

Gorguette2

Gorguette3

Gorguette4

Gorguette5

Gorguette6

Gorguette7

Gorguette8

Gorguette9

Gorguette10

Gorguette11

Gorguette12

Gorguette13

Gorguette14

Gorguette15

Gorguette16

Gorguette17

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

19 juillet 2017

Quelques proverbes en Provençal

 

Jarre

Coin du jardin de Marcel à Trans en Provence

 Pèr ana séguramen su lei samin de la vido vidanto, lei Provençau avisa fan fisanço à nounostrei prouvèrbi que soun la quintessènci de la sapiènci poupulàri dei reire.
Pour aller sûrement sur les chemins de la vie quotidienne, les Provençaux avisés font confiance à leurs proverbes qui sont la quintessence de la sagesse populaire des anciens.

Lou tèms e l'usage rendoun l'ome sage.
Le temps et l'usage rendent l'homme sage.

De teis ami digues tout bèn, deis autre digues rèn.
De tes amis dis tout bien, des autres ne dis rien.

Es riche qu pou, urous qu saup, sage qu vau.
Est riche qui peut, heureux qui sait, sage qui veut.


Gai lesert bèu toun soulèu, que lou tèms passe trop lèu, e deman ploura belèu.
Gai lézard bois ton soleil, car le temps passe trop vite et demain il pleuvra peut-être.

Plaque-Riez

 Photo prise par moi-même en 2006 à Riez

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

13 juillet 2017

Géo Fourrier, illustrateur

Georges Fourrier dit Géo-Fourrier né le 16 juin 1898 à Lyon et mort le 8 avril 1966 à Quimper est un artiste aux talents multiples : peintre, graveur, illustrateur, créateur de bijoux, de pipes, de cartes postales.

Voici quelques-unes de ses créations qu'ils signait de ses initiales, avec cette collection de cartes postales sur les costumes provençaux que vous pouvez retrouver dans un de mes albums.

Aix

Arlesienne

Aubagne

Briançon

Cabris

Cannes

Marseille-1

Nice

Saint-Vallier

Tambourinaire

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

07 juillet 2017

Les pierres marieuses de Provence

-Rocher à marier

En Provence, comme dans beaucoup de régions, certains gros blocs de pierre sont dotés de pouvoirs recherchés par les jeunes filles à marier. Autrefois rester vieille fille était une malédiction, alors pour se marier rapidement, elles se livraient à quelques pratiques parfois étranges, comme celle de grimper sur le sommet de certains rochers et de se laisser glisser jusqu’en bas. Au coeur du temps, lustrés par les nombreuses glissades, ils sont devenus de vrais toboggans minéraux. On raconte ainsi que le jour de la fête patronale de Bauduen (Var), les jeunes filles désireuses de se marier sont venues longtemps glisser sur un rocher, formant un plan incliné, derrière l’église, et qui était devenu poli comme du marbre. On appelait cela l’escourencho, "l’écorchade". Dans les Alpes-de-Haute-Provence, dans le vallon de l’Ubayette, au village de Saint-Ours, pour trouver un mari et pour être fécondes, les femmes se laissent glisser sur une ancienne roche sacrée. Au village de Fours (Alpes-de-Haute-Provence), on appelait "pierre des épousées" un rocher de forme conique vers lequel le plus proche parent du mari conduisait l’épouse après la cérémonie religieuse. Il l’y asseyait lui-même en ayant soin de lui faire placer un pied dans un petit creux de la pierre que l’on dirait avoir été pratiqué exprès, quoiqu’il soit fait par la nature. C’est dans cette position qu’elle recevait les embrassements de toutes les personnes de la noce.

Une variante : le jour de la fête du Beaucet (Vaucluse), ou simplement un dimanche d’été, les jeunes gens vont s’asseoir auprès des jeunes filles qui leur plaisent, et dévoiler leur amour en leur lançant de petites pierres. Si la jeune fille n’est pas d’humeur favorable aux désirs du galant, elle change de place, et va s’asseoir un peu plus loin. Si au contraire, elle veut encourager l’amoureux, elle prend à son tour de petites pierres qu’elle lui envoie en plaisantant, acte dont la signification est parfaitement claire dans le pays.

 Source : Le Grand almanach de la Provence 2010.

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

01 juillet 2017

Quelques expressions du langage courant

Provence

Voilà quelques expressions qui sont employées chez nous. J'ai mis ce qui m'est venu à l'idée. Le provençal est une langue très imagée vous allez le voir. Je reconnais que lorsque je parle avec quelqu'un qui n'est pas d'ici, c'est-à-dire "un estranger du dehors", j'évite les mots ou expressions en provençal car la personne vous regarde avec des yeux comme des soucoupes et demande toujours des explications.

Aquèu m'empègui : Est employé pour exprimer la stupéfaction, la surprise. "Empègui" vient du mot provençal "pègue" qui est la poix, la colle. En français : "Alors ça, ça me tue !"

Avoir des oursins dans la poche : Hésiter à mettre la main à la poche, être pingre.

Avoir le cul bordé de nouilles ou bordé d'anchois : Avoir beaucoup de chance.

Avoir le cul comme la porte d'Aix : La porte d'Aix à Marseille est un arc de triomphe imposant. Donc, cette expression est employée pour parler de quelqu'un qui a un gros derrière.

C'est un brave pastis ou être dans un brave pastis : C'est un sacré merdier, une sacrée embrouille.

C'est un destrùssi : Qui détruit tout. Ce dit en parlant d'une personne, d'un animal.

De longue : En permanence, constamment. "Il est assis de longue devant la télé".

Devenir chèvre : Devenir folle. Faire tourner en bourrique. " Mais tu me fais devenir chèvre toi !"

Egrafigner ou grafigner : Egratigner, griffer.

Espincher : Epier à la dérobée, espionner.

Embouligue : C'est une déformation du mot français ombilic qui désigne le nombril. "Avec tout ce que j'ai mangé, je me suis fait péter l'embouligue".

Esquine : l'échine, le dos. "En avoir plein l'esquine". En avoir plein le dos.

Estanpèu : Vacarme. "Ils ont fait un brave estampèu cette nuit !"

Estouffe-gari : Un étouffe-chrétien ou un étouffe belle-mère.

Etre né avec la crépine : Etre né coiffé, avoir de la chance. "E neissu émé la crespine".

Esquichés comme des anchois : "Dans le bus, nous étions esquichés comme des anchois". Du provençal "esquicha" : pressé, serré.

Faire des cagades : Une cagade est une grosse bêtise, un ratage complet. "J'ai fais une cagade !".

Fais du bien à Bertrand, il te le rendra en caguant : Cette formule s'emploie pour parler de l'ingratitude des gens. Bertrand est un nom de famille très répandu dans le Midi. Mon arrière-arrière-grand-mère était une Bertrand de Draguignan.

Faire le cacou : Un cacou est un frimeur, un fanfaron, quelqu'un qui cherche à se faire remarquer.

Faire Pâques avant les Rameaux : Expression qui signifie qu'un couple a eu un enfant avant d'être marié.

Galine : Poule. "Faire la bouche en cul de galine" signifie affecter un air pincé et précieux.

Gàubi : Maîtrise, grande habileté. Avoir le gàubi pour faire telle ou telle chose.

Guicher de l'oeil : faire un clin d'oeil.

Il y a degun : Degun signifie "personne". Il n'y a personne. "Mais il y a degun ici !".

Les brailles : Le pantalon. "Tu en as une de belle paire de brailles !"

Mazete : Se dit quand on est admiratif. Par exemple : "Mazete ! Que tu es bien habillée".

Manger de regardelle astaca mé de fioù : Manger des regardelle attachées avec du fil : se dit quand il n'y a pas beaucoup à manger dans l'assiette. Regardelle : vient de "regarder", on appelle regardelle, tout ce qui tente les yeux.

Manquer : Prendre la honte. "J'ai manqué devant tout le monde".

Mourre de pouar : Groin de porc, de cochon, en provençal. "Celui-là, c'est un vrai mourre de pouar !" Avoir une tête de cochon, faire la tête, ne pas être aimable.

Pagaille : Adjectif désignant une personne peu ordonnée. "Qu'est-ce qu'il est pagaille celui-là".

Parpagnat : "Grossier personnage, rustre, homme du commun".

Passer la pièce par terre : Passer la serpillière. La pièce étant le morceau de tissu.
Pécaïre, peuchère : Signifie : "le pauvre !", au sens de plaindre quelqu'un.
Pépie : "Avoir la pépie". Pépie est une maladie des gallinacés se traduisant par une soif inextinguible. Donc, avoir la pépie se dit d'un assoiffé chronique.
Pigne : "Pomme de pin" ou "coup de poing dans la figure".
Porcas : "Gros cochon". S'emploie seul en invective.
Ribe : "Talus, pente, déclivité".
Sartan : "Poêle à frire". Désigne aussi une vieille sorcière malfaisante
S'embrasser comme des coucourdes : S'embrasser de bon coeur. Vient du provençal "cougourdo" courge, potiron. Avoir la tête comme une coucourde : avoir la tête enflée, en avoir plein la tête. "Tu me mets la tête comme une coucourde".
S'embroncher : Du provençal "s'embroncar" : trébucher. Heurter quelque chose avec le pied, se prendre les pieds dans quelque chose. "Je me suis embronchée dans les fils".

Se faire escaner : Se faire arnaquer. "Je me suis fais escaner au marché ce matin".

Se mettre à coucou : s'accroupir.

Se tanquer : Se planter, ne plus bouger d'un endroit, rester sur place. "Il est tanqué devant ce magasin depuis une heure !".

Sian poulit ! : On est beaux ! On est dans le beaux draps ! On est propres ! S'emploie quand tout est perdu.

Tian : Désigne le plat en terre et le gratin que l'on fait dedans. C'est aussi et surtout une bassine de terre cuite qui siégait dans la pile (l'évier) et qui servait un peu à tout.

Tomber un oeil : Exprime la rareté. "Pétard, c'est toi qui paie le restaurant aujourd'hui ? Mais il va te tomber un oeil !"

Travailler comme les filles de Toulon : Elle travaille comme les filles de Toulon, elle fait le mitan et elle laisse les cantouns : "Elle fait le milieu et elle laisse les coins".

Tronche d'api ! : Désigne familièrement un imbécile, un idiot, un benêt... Mais toujours au sens figuré, affectueux et amical malgré tout.

Trompe-couillon : Maquillage. "Je vais me mettre un peu de trompe-couillon pour me faire belle".

Va caguer à la vigne ! : Va te faire voir !

Va t'escoundre : Escoundre, c'est caché. "Va t'escoundre !".

Vieille masque : "Vieille sorcière".

Vé ! : Regarde !

Zou ! Exprime "Allez"

Zou ! Boulégan : Du latin sursum qui signifie sus. Zou peut être traduit par "en avant" "allons-y". "Aller ! bougeons".

Zou maï : Le mot maï en provençal signifie "davantage". Zou maï peut être traduit par "encore une fois" ou "ça recommence" ou "encore" !

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,

25 juin 2017

Le rocher de Roquebrune et du Muy

 

Carte 

Il y a longtemps que je voulais vous parler du rocher de Roquebrune. Ce rocher a vu vivre bon nombre de générations de mes ancêtres et eux, depuis toujours l'ont contemplé et ont vécu sous sa protection.
On dit que les Roquebrunois et les Muyois se disputent le rocher (vous le lirez dessous) qui est à moitié chez les uns et à moitié chez les autres.
Or, le 6 octobre 1890, un muyois, François Barret, a épousé une Roquebrunoise, Adélaïde Ollivier. Ils étaient mes arrière-grands-parents. Preuve qu'il ne se disputaient pas tous ! Donc, ce rocher est un peu à tous les deux et un peu à moi aussi. C'est à eux que je pense en écrivant cet article mais aussi fortement à Georges dit Jojo, mon papa. Je me suis inspirée de plusieurs documents et livres comme je le fais à mon habitude pour écrire cet article, j'ai employé aussi des photos provenant de différentes sources n'ayant pas pu les faire toutes moi-même.

Rocher_Roquebrune-sur-Argens

 Le rocher de Roquebrune dans sa totalité (Photo trouvée sur Internet)

Je le vois depuis notre terrasse à Trans en Provence (mais trop loin dans le lointain pour faire une photo valable). Il barre l'horizon de mon regard. Il est là depuis des temps séculaires. Il se dresse sublime au-dessus de la plaine de l'Argens qu'il domine de sa masse rocheuse imposante et majestueuse. C'est le rocher de Roquebrune. Il culmine à 373 mètres d'altitude et s'étale entre la commune du Muy et celle de Roquebrune-sur-Argens. Sur les cartes, le massif porte officiellement le nom de rocher de Roquebrune, une appelation qui ne plaît guère aux habitants du Muy puisque leur commune possède à peu près la moitié du territoire concerné. Ceux-ci préfèrent l'appeler "Les Trois Croix", faisant référence aux trois somments où, depuis les temps reculés, sont dressées des croix symboliques donnant un caractère sacré à la montagne. Les Roquebrunois, eux, parlent de la Roque ou du Roucas, des termes familiers, voire affectueux, pour qualifier cette montagne dont ils sont fiers et qu'ils considèrent un peu comme leur propriété.
Depuis longtemps, sans doute, les habitants des deux villages, se disputent la possession de ce rocher qui tient une grande place dans leur coeur et dans leur vie. Depuis des générations, c'est leur toile de fond, leur spectacle permanent : il change d'aspect à chaque heure du jour, quand apparaît un nuage sur les crêtes ou lorsque le mistral se lève. Il leur offre un perpétuel sujet de conversation, émaillé de dictons et de prédictions météorologiques. Sa masse s'impose à tous, sa couleur ocre, dont l'intensité varie avec la lumière, illumine leurs jours. On dirait que la montagne fait partie de leur vie, qu'elle les rassure, qu'elle leur permet de dormir tranquilles.

Roquebrune-Rocher3

 Une partie du rocher de Roquebrune (Photo Nadine) 

A cet endroit se dressait à la fin de l’ère primaire, c'est-à-dire, il y a 250 millions d’années une chaîne de montagne : la chaîne hercynienne dont les derniers témoins sont les massifs des Maures et du Tanneron. Sur environ 50 millions d’années, l’érosion a complètement nivelé la chaîne. Une partie des débris s’est accumulée dans un profond bassin d’effondrement situé au nord du massif des Maures : la pénéplaine hercynienne permienne. Ce conglomérat de sables et de galets ou le granit est dominant s’est métamorphosé sous forme de grés et d’arkoses.
A l’ère tertiaire, des mouvements tectoniques ont provoqué un rajeunissement du relief et ont fait remonter le conglomérat à la surface. C’est ainsi que le rocher constitue un énorme massif sédimentaire qui semble faire la nique au massif cristallin des Maures dont il est issu 250 millions d’années plus tôt. Depuis, l’érosion a repris son oeuvre et recommence à niveler et à grignoter le paysage. Ce massif a une apparence étrange avec son aspect chaotique. Sa couleur vraiment très caractéristique est due à une quantité inhabituelle d’hématite (oxyde de fer). Mais selon l'heure de la journée à laquelle vous le regardez, il n'a jamais les mêmes couleurs. Il n'est jamais pareil, moi, je trouve que les plus beaux tons, ce sont ceux qui le parent dans le soleil couchant. Ci-dessous deux magnifiques photos qu'un ami transian et lecteur de mon blog, Noël Landry, m'a envoyées. Merci à toi Noël pour ce beau cadeau.

Rocher-septembre

 Le Rocher au soleil couchant de septembre
(Photo de Noël un transian qui le voit de chez lui sur les hauteurs de Trans)
 

Rocher-décembre-soltice-d-hiver

 Le rocher au solstice d'hiver (Photo de Noël)

 Anecdote : Jadis, le Rocher rythmait la journée. Lorsque le temps allait changer, on regardait le Rocher. S'il se coiffait d'un chapeau de nuages, on disait en provençal :
- à Roquebrune :
"Quouro la roucaio a lou capèu, s'a pas plougu, ploura ben lèu".
(Quand le Rocher a le chapeau, s'il n'a plu, il pleuvra bientôt).
- au Muy :
"Quouro lou rouca a lou capèu, pren ta capo et va-t-en lèu".
(Quand le Rocher à la chapeau, prend ta cape et reviens vite).

Mais le rocher a une autre particularité, il donne l'heure par un cadran solaire appelé le Clègue, là où la roche affecte la forme d'un Y majuscule au côté nord. Au moment où le Clègue rentre dans l'ombre, il est midi. Si, de nos jours, on ne conculte plus le Clègue, il était encore très courant de le faire au début du XXe siècle. Alors, les paysans qui travaillaient s'en allaient prendre leur repas à l'ombre d'un arbre ou au bord de la rivière, notamment vers le Blavet.

Bastide-provence 

Une autre partie du rocher vu par l'objectif de ma cousine Michèle de Roquebrune-sur-Argens.

Sources : Le Rocher de Roquebrune - Editions Campanile - 2004 et Internet. 

rocher

 Le rocher et ses formes étranges (Photo trouvée sur Internet)

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

19 juin 2017

La calade

Gordes

Gordes (Vaucluse) rue caladée

Une rue caladée ou en calade, ou plus simplement une calade, tend à désigner aujourd'hui en Provence une rue en pente pavée de galets du Rhône ou de la Durance. Plus généralement, le terme désigne une rue pavée ou empierrée (que ce soit en galets du Rhône ou en pierres calcaires des Monts de Vaucluse, etc...). Quand il s'agit de pierres, celles-ci sont posées verticalement, sur la tranche. Le verbe calader signifie paver, empierrer. L'artisan spécialisé dans le caladage des chaussées était le caladier (en occitan caladaire).

  Le terme calade était également employé pour désigner les aires de travail en pierres de forme ronde ou carrée. Il n'est pas circonscrit à la Provence, on le rencontre ou le rencontrait dans les départements qui constituent le Languedoc (Gard, Hérault, Aude).

Calade est la francisation d'un terme de la langue d'Oc : calada.

Trois hypothèses sont en lice en ce qui concerne l'étymologie : le mot viendrait de l’occitan calar signifiant descendre, d’une racine gauloise cal signifiant pierre, ou enfin du latin callis désignant un chemin piétonnier étroit.

Nota  : A Trans en Provence, nous avons une rue de la Calade.

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

13 juin 2017

Provence de pierre et d'eau

 

Je vous parle souvent de ces deux éléments : la pierre et l'eau dans mes articles.
Je vous propose de visionner aujourd'hui la bande-annonce du film
"Provence de pierre et d'eau".

Le spectateur est transporté sur le plateau du Vaucluse, où les habitants ont su développer une véritable économie de l'eau ainsi que sur les bords de la Sorgue.
Puis c'est le Rhône, Arles et la Camargue où depuis plus d'un siècle, du fait des activités humaines, s'est établie une étonnante synergie entre l'eau douce, l'eau salée et la faune sauvage.
Sans pierre, point de construction, point d'abri pour les hommes et les bêtes.
Sans eau, point de vie tout simplement.
Rappelez-vous qu'en Provence : "Eici, l'aigo es d'or" "Ici, l'eau c'est de l'or".
Pour s'adapter au climat méditerranéen, les provençaux se sont constamment ingéniés à améliorer leur maîtrise de la gestion de l'eau. Depuis des millénaires, ils ont déployés des efforts considérables pour la mobiliser et l'acheminer à l'endroit et au moment où elle leur était utile. Notre région garde les traces de cette histoire de l'eau : aqueducs, canaux, puits, aiguiers, citernes, fontaines, barrages sont présents de partout dans nos paysages.

Fontaine

Lavoir-Moustiers-Sainte-Marie-04

Lavoir à Moustiers-Sainte-Marie Alpes de Haute Provence (Photo Nadine)

Bagnols-en-foret-Fontaine

Fontaine à Bagnols-en-Forêt (Photo Nadine)

Regusse-Fontaine

Fontaine à Régusse (Photo Nadine)

Quinson-Fontaine

Fontaine à Quinson Alpes-de-Haute-Provence  (Photo Nadine)

Trans-canal

Canal à Trans en Provence (Photo Nadine)

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , ,

07 juin 2017

Les girouettes

Trigance-clocher

Girouette coq sur le clocher aux tuiles vernissées de l'église Saint-Michel de Trigance dans le Haut-Var (Photo Nadine)

Castellane-clocher

Girouette coq sur le clocher de l'église de Castellane dans les Alpes-de-Haute-Provence (Photo Nadine)

Le-Muy-1

Girouette fanion sur le campanile du clocher de l'église fortifiée Saint Joseph du Muy (Photo Nadine)

Trans-campanile2

Girouette fanion sur le campanile du clocher de l'église Saint-Victor de Trans en Provence (Photo Nadine)

Girouette-Ampus

Girouette sur le toit d'une maison à Ampus (Photo de Rosette d'Ampus du blog Le Toupin)

Il existe des girouettes très anciennes. Les girouettes sont apparues au IXe siècle sur les églises. Au Moyen-Âge, elles sont l'emblème du pouvoir et un attribut noble sur les châteaux, elles se présentent sous la forme de fanions carrés ou de drapeaux. Le nombre et la disposition des pointes qui les ornent constituent un code qui indique la position sociale de celui qui les possède. C'est ainsi que les nobles ont des fanions avec des pointes ou bien des motifs évidés et aussi parfois des armoiries. Par contre, les chevaliers ont une seule flèche avec différents empennages... Puis elles se multiplient sur les beffrois (un beffroi est un ouvrage de charpente destiné à supporter et à permettre de faire mouvoir des cloches), sous le nom de "panonceau". A la Renaissance, on voit apparaître des dragons, chimères et autres monstres sur les châteaux et les tourelles. A l'abolition des privilèges (dans la nuit du 4 août 1789, l'assemblée nationale constituante proclame la fin du régime féodal et de ses privilèges) est promulgué le droit pour tout citoyen de possèder une girouette. Les girouettes se mettent alors à faire partie du paysage. Chacun veut en orner sa maison, indiquer son métier, son rang dans la société, ses goûts, ses craintes. Par exemple, le laboureur et son attelage, le chasseur et son chien, le vendangeur et son panier, la gabare du marinier ou le cheval et la calèche, etc...

 Mais les girouettes étaient aussi placées à des fins protectrices ou conjuratoires, le vent puissant faisant naître dans l'imagination populaire des légendes entretenues par tradition orale. Les girouettes ont bien sûr un rôle fonctionnel : nous faire connaître la variation des vents. Elles sont aussi des enseignes, avertissant le voyageur qui les découvrait de loin, de la profession de l'occupant de la maison. Ainsi, un cheval cabré indiquait un relais, un boeuf montrait la maison d'un éleveur, un moulin celle d'un meunier, etc... Les girouettes étaient en tôle ou en fer blanc, aujourd'hui elles sont en cuivre ou en zinc et sont souvent simples, parfois naïves. Mais elles peuvent être beaucoup plus raffinées et délicatement découpées pour faire les contours d'un personnage, les ailes d'un moulin ou les détails méticuleux d'une scène de vie et manifestent de cette façon l'adresse de l'artisan. Les girouettes qui représentent un coq sont les plus répandues (on pouvait voir des girouettes coq au sommet des clochers aux alentours du VIIe siècle). Pourquoi le coq ? Parce qu'il représente le passage des ténèbres à la lumière.

 Source : D'après les sites : girouette.com et 1001.girouettes et objets de vent en Europe.

Pour en savoir plus sur les girouettes, je vous conseille d'aller voir :

http://1001.girouettes.pagesperso-orange.fr/

 

01 juin 2017

Le monument du Dixmude à Pierrefeu

 

Dixmude

A la sortie du village de Pierrefeu du Var, il y a un étrange monument ; une aile de granit rose de 14 mètres de haut qui s'élève vers le ciel. C'est le monument dédié au dirigeable Dixmude.

Pendant la Première Guerre Mondiale, qui a inauguré la guerre aérienne, les ballons dirigeables ont montré leur efficacité pour les bombardements, la reconnaissance navale ou terrestre et l'escorte des convois. Ce sont les forces allemandes qui ont fabriqué les engins les plus performants sous le nom de Zeppelin, du nom de leur concepteur. Le principe était de tendre une enveloppe emplie d'hydrogène sur une structure en alliage lèger.
Dans l'histoire de ces Zeppelin, dont le premier vol eut lieu en 1900, notons le bombardement aérien de Paris, en 1916, la première traversée commerciale de l'Atlantique, en 1928, et l'incendie du Hindemburg, qui fera 35 victimes à New-York, en 1937, et qui scellera la fin de la saga des dirigeables et de leur défaut principal : être gonflés de gaz inflammable.

Base-CuersPierrefeu

Base de Cuers-Pierrefeu (vue aérienne)

Au début des années 20, dans le cadre des dommages de guerre, l'Allemagne vaincue en 1918, doit fournir à la France, deux de ses énormes dirigeables, dont le L72. Après un voyage de Friedrichshafen à Maubeuge, le lieutenant de vaisseau Jean du Plessis de Grenédan en prend le commandement avec un équipage de marins français. Le 12 août 1920, le dirigeable se pose à la base de Cuers-Pierrefeu où l'on vient d'achever la construction d'immenses hangars. Je précise que la Marine nationale utilise toujours de nos jours l'aérodrome. Le dirigeable est long de 266 mètres et a un diamètre de 24 mètres. Il est équipé de 6 moteurs de 260 CH, sa vitesse de croisière est de 77 km/h et sa vitesse maximale est de 110 km/h. Il contient près de 70 000 m3 d'hydrogène.
Le L72 est baptisé Dixmude en souvenir des fusiliers marins français et belges qui héroïquement ralentirent l'avance des allemands en octobre 1914 à Dixmude, ville des Flandres Belges. De 1920 à 1922, de multiples modifications sont entreprises sur le dirigeable. A partir de 1923, le Dixmude effectue de nombreuses sorties (320 heures de vol environ) dont celle dans le sud saharien où il bat le record du monde de vol sans escale : 9 000 kilomètres en 118 heures.

Dixmude1

Le Dixmude survolant la Corse le 17 décembre 1923

   
Sa dernière mission est d'étudier les conditions de navigation aérienne, de jour et de nuit en région désertique. Le 20 décembre 1923, une tempête le contraint à se dérouter. Le 21 décembre, désamparé et touché par la foudre, il explose en vol au large de la Sicile. Seul le corps de son commandant, le lieutenant de vaisseau Jean du Plessis de Grenédan est ramené par des pêcheurs italiens quelques jours plus tard. Sa dépouille est rapatriée par le croiseur Strasbourg. Au total, ce sont cinquante hommes, équipage et passagers qui ont péri dans cette catastrophe.

Dixmude2

La municipalité de Pierrefeu ouvre alors une souscription nationale pour ériger un monument à la mémoire collective et au patrimoine historique. Il est inauguré le 22 mai 1927, par Monsieur le président Georges Leygues,
ministre de la marine.

Sources : D'après le livre "Côte d'Azur insolite et secrète"- Jean-Pierre Cassely - Editions Jonglez et le site internet Aerosteles-hydoretro.net - article sur le Dixmude.

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

26 mai 2017

Le petit patrimoine ou le patrimoine vernaculaire

 

Rucher-apier-mur-abeilles-provence-cornillon-confoux

Un apier (mur à abeilles) à Cornillon-Confoux -
Bouches-du-Rhône (Photo internet)

D'une manière générale, le petit patrimoine, ou patrimoine vernaculaire (vernaculaire : qui est propre à une région et à ses habitants), peut être défini comme l'ensemble des constructions ayant eu, dans le passé, un usage dans la vie de tous les jours.
On peut citer par exemple : lavoirs, moulins, fontaines, canaux d’irrigation, ponts ruraux, fours à pains, fours à poix et à cade, potales (niches), croix de chemin, croix rurales, chapelles, oratoires, bornes historiques, travails à ferrer, etc... On le trouve principalement dans les villages, les bourgs, les petites villes, où il a été relativement épargné par la modernisation.
Comme le reste du mobilier urbain, ces modestes témoins du passé subissent malheureusement ce que l'on appelle le vandalisme, phénomène qui à présent concerne les petites villes, voire les villages et qui est extrêmement regrettable. Ce petit patrimoine, humble et populaire mais si important pour mieux comprendre notre passé est pourtant très vulnérable. Il ne fait pas encore assez l'objet de la part des collectivités territoriales, d'un entretien et d'une protection efficaces, voire d'un classement au titre même des objets.

Moulins-Regusse-83

Moulins à Régusse - Var (Photo Nadine)

En Provence, outre les constructions citées ci-dessus, il faut inclure les restanques, puits, clapiers, apiès ou murs à abeilles, les cabanons et les postes de chasse, mais aussi les fours à cade, fours à chaux, charbonnières ou encore les aires à battre le blé et les glacières qui sont autant d'éléments qui font partie de notre patrimoine.
Ils étaient destinés à un usage domestique, agricole, ou industriel et ils ont été construits directement par leurs utilisateurs, sans maître d'oeuvre, avec des matériaux trouvés sur place et selon des techniques traditionnelles, pour répondre à des besoins spécifiques locaux, communautaires ou individuels.

Lavoir-Quinson-04

Lavoir à Quinson - Alpes-de-Haute-Provence (Photo Nadine)

Supplément

Je mets un commentaire d'un de mes lecteurs (écrivain) afin d'apporter un complément à cet article :

"L’édification des cabanes de pierres sèches est un moyen des plus ingénieux d’utiliser avec efficacité la masse considérable de pierres issues du défrichement que poursuivent avec opiniâtreté les générations de paysans ; ceci sans avoir à beaucoup les déplacer et en en agençant le plus grand nombre. Les amoncellements de ce type ou ceux en forme de murailles ou d’enclos, les murs innombrables qui soutiennent la moindre parcelle de terre ou les longs banquets des terrains en pente, murs qu’il fallait entretenir constamment et en partie relever après chaque orage, témoignent de l’ancestrale patience de ces hommes et de ces femmes qui portèrent ces pierres une à une. Murs, enclos, clapiers, cabanes, autant de monuments de roc du silence et du courage édifiés par des générations d’hommes libres, relayés aujourd’hui par ceux qui défrichent encore, remembrent et maintiennent les terres".
   
"Dictionnaire illustré du village de Provence" André Pierre Fulconis. Site internet : www.fulconis.com

 

20 mai 2017

Les gorges du Verdon

Gorges du Verdon-carte

Du hameau de Soleils, sur la commune de Trigance à Vinon, le Verdon fait office de frontière entre la façade nord du Var et les Alpes-de-Haute-Provence. Les deux départements se partagent d'ailleurs équitablement les trésors naturels et artificiels d'un site exceptionnel dont le Grand Canyon constitue indéniablement la perle rare. Ses gorges sont uniques et au fond d'elles coule un torrent impétueux aux eaux couleur vert émeraude. La gigantesque entaille creusée par le Verdon serpente sur une distance de 21 km en suivant un parcours sinueux à travers la roche. Au sommet des falaises, la largeur entre les parois varie de 200 à 1 500 m. Dans le creux des gorges d'une hauteur pouvant atteindre 700 m, le couloir se résume la plupart du temps au seul lit du torrent, soit moins d'une dizaine de mètres dans des goulets encombrés d'un chaos de blocs de pierre. D'un accès difficile, le grand Canyon n'a été exploré dans sa totalité que tardivement. Un spéléologue de renom, rompu à l'exploration des abîmes, Edouard Alfred Martel, a été le premier à l'avoir traversé de part en part, en août 1905, au terme de trois jours d'une expédition périlleuse.

Gorges du verdon 1

De nos jours, les aménagements réalisés au fond et aux abords des gorges, notamment ceux du sentier auquel Martel a donné son nom et ceux du sentier Vidal, offrent des possibilités de randonnées inoubliables à tous points de vue. Outre ce joyau à découvrir en voiture, à pied ou au fil de l'eau pour les plus téméraires, le pays du Verdon, dont les limites géographiques (180 000 hectares) ont été officiellement redessinées en mars 1977, lors de la création du Parc naturel régional, dispose d'un patrimoine naturel hors du commun. En amont des Gorges, dans la partie septentrionale du Parc, les hautes terres du canton de Comps sont jalonnées de villages perchés entre le ciel et la forêt. Dans ce décor montagneux où les terres boisées alternent avec des vastes espaces arides, l'horizon est borné par les silhouettes étranges des chapelles templières, des oratoires et des châteaux. A Bargème, le plus haut village du Var, les ruines du château des Pontevès surplombe les quelques maisons d'un bourg qui défie le temps. Site classé, ce superbe ensemble médiéval est actuellement en cours de restauration. Chaque été, des pans de l'édifice sont patiemment remontés par des jeunes qui consacrent leurs vacances à la sauvegarde du patrimoine. A Trigance, la forteresse bâtie au XIè siècle surveille toujours l'accès à la vallée du Jabron. Des oriflammes flottent sur les quatre tours rondes d'un château-fort transformé en relais gastronomique. Des légendes relayées par des ouvrages au contenu pour le moins douteux prétendent que le fameux trésor des templiers serait enfoui quelque part dans un secteur compris entre Comps, le camp militaire de Canjuers (35 000 ha), les Gorges du Verdon et les contreforts du mont Lachens. Certains indices le situent dans l'enceinte de la commanderie templière de Valcros au Bourguet, d'autres à Bargème, Trigance, Brenon ou Châteauvieux, mais qui sait ? peut-être repose-t-il définitivement englouti sous les eaux du lac de Sainte-Croix ? A défaut d'avoir révélé sa cachette, la plus vaste des retenues du Verdon aura néanmoins considérablement modifié le paysage économique d'une région à laquelle les étendues d'eau, prisonnières des barrages EDF, ont apporté une indiscutable source de vie supplémentaire. Avec le temps, les retenues successives de Sainte-Croix, Quinson, Esparron se sont parfaitement intégrées au site. Elles forment une sorte de prologement logique aux hautes et aux basses gorges du Verdon. Dompté par cinq ouvrages d'art, deux barrages dans les Alpes-de-Haute-Provence et trois dans le Var, le torrent y a certes perdu de son caractère impétueux. En contre partie, il a gagné une dimension esthétique et touristique qui lui valent aujourd'hui d'avoir les attraits d'une véritable mer intérieure. L'image du village de Bauduen dont les vieilles demeures provençales se reflètent dans les eaux du lac de Sainte-Croix est l'illustration la plus parlante d'une métamorphose qui s'opère progressivement en profondeur sur tout le territore du Parc naturel régional.

Gorges_Du_Verdon-canyoning

Complément : Dompté par cinq barrages, jalonné de sentiers qui ont été aménagés de manière à permettre le franchissement des passages délicats, le Verdon n'en reste pas moins un site de randonnée répertorié comme pouvant être dangereux. Avant d'entreprendre une excursion au fond des gorges, il convient toujours de se renseigner en contactant les gendarmeries compétentes, les offices de tourisme ou en téléphonant au répondeur spécial mis en place par EDF. Les délestages opérés au niveau des barrages situées en amont des gorges ainsi que les violents orages modifient le débit et le niveau du torrent. Pour les circuits pédestres, il est recommandé de bien s'équiper, d'avoir de bonnes chaussures de marche, de ne pas partir seul et encore moins accompagné de jeunes enfants ou de chiens. En ce qui concernent toutes les pratiques sportives dites "extrême" (rafting, canyoning, floating, hydrospeed...) mieux vaut faire appel aux guides spécialisés.

Source : Couleurs du Var - Morceau choisis - Ed. Conseil genéral.

Gorges-du-Verdon

Gorges Verdon

Gorges-du-Verdon 1

Gorges-Verdon

Gorges-du-Verdon

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , ,

14 mai 2017

La commanderie de Peyrassol (suite)

Commanderie de Peyrassol 25

Commanderie de Peyrassol 26

Commanderie de Peyrassol 38

Commanderie de Peyrassol 27

Commanderie de Peyrassol 37

Commanderie de Peyrassol 32

Commanderie de Peyrassol 34

Commanderie de Peyrassol 35

Commanderie de Peyrassol 36

Commanderie de Peyrassol 39

Commanderie de Peyrassol 40

Commanderie de Peyrassol 41

Commanderie de Peyrassol 43

Commanderie de Peyrassol 45

Commanderie de Peyrassol 46

Il y a beaucoup d'autres sculptures disséminées dans le domaine. Je n'ai pas pu hélas me balader partout. Vous pouvez toujours consulter le site du domaine de Peyrassol. Vous pourrez voir d'autres oeuvres d'art.

Je vous donne le lien :

http://www.peyrassol.com/

Bonne visite.

J'ai validé l'album-photos qui contient les photos des deux articles sur la commanderie. Il est à présent visible dans la partie gauche du blog en diaporama.

  

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

La commanderie de Peyrassol

 

Commanderie de Peyrassol 1

Commanderie de Peyrassol 2

Commanderie de Peyrassol 6

Commanderie de Peyrassol 3

Commanderie de Peyrassol 4

Commanderie de Peyrassol 5

Commanderie de Peyrassol 7

Commanderie de Peyrassol 10

Commanderie de Peyrassol 8

Commanderie de Peyrassol 9

Commanderie de Peyrassol 11

Commanderie de Peyrassol 12

Histoire de la commanderie de Peyrassol

1256 : Sous le règne de Raymond Bérenger V, le Comte de Provence Alphonse II fait donation à Guillaume Catel, maître des maisons du Temple de Provence de la co-seigneurie de Cogolin qui est placée sous l’autorité de Peyrassol. Si l’on ignore quand a été fondée la Commanderie de Peyrassol (probablement 1204), un parchemin des templiers, daté de 1256, conservé aux archives de la ville de Marseille, donne les comptes de la Commanderie pour la récolte de l’an 1256 soit 44 milleroles (28 000 litres) de bon vin franc.

1308 : Quatre mois après l’arrestation des Templiers du royaume de France, les Templiers de Provence sont incarcérés à leur tour.

1311 : L’Ordre des Chevaliers de Malte hérite de la Commanderie de Peyrassol comme de tous les biens des Templiers. Précieusement entretenu, le vignoble restera à l’Ordre de Malte jusqu’en 1789.

1790 : Devenu bien national à la Révolution, la Commanderie est acquise par la famille Rigord. À partir de cette date, ce sont les dames de Peyrassol qui gèrent le domaine, tandis que leurs époux exercent des professions libérales jusqu’au Dr Rigord qui hérite du domaine en 1967 et entreprend de replanter une grande partie de la propriété.

1977 : Francoise Rigord décide de mettre en bouteille et de commercialiser les vins de la Commanderie.

2001 : Philippe Austruy, un passionné de vin, rachète la propriété et lui insuffle un nouvel élan.

2002 : Restructuration du vignoble, plantation de la première oliveraie.

2003 : Création d’un nouveau chai.

2005 : Acquisition de la parcelle cadastrée Peyrassol et de la chasse.

2009 : Fin de la restauration des restanques, petits murets de pierres sèches typiquement provençaux.

2015 : Construction d’un nouveau cuvier entièrement dédié aux vins rouges. Ce chai permettra de vinifier et d’élever les vins rouges avec une exigence accrue, tout en révélant la qualité du terroir.

Commanderie de Peyrassol 13

Commanderie de Peyrassol 15

Commanderie de Peyrassol 16

Commanderie de Peyrassol 17

Commanderie de Peyrassol 18

Commanderie de Peyrassol 18'

Commanderie de Peyrassol 19

Commanderie de Peyrassol 20'

Sur les contreforts du Massif des Maures, sur la commune de Flassans sur Issole, le domaine de la commanderie de Peyrassol s'étend sur plus de 950 hectares, dont 100 sont entièrement dédiés à la culture de la vigne. La propriété est largement ouverte au public. Les propriétaires souhaitent que chacun puisse partager leur passion du lieu. Visite du caveau et dégustation des vins de Peyrassol, découverte du domaine et de son parc unique en France de sculptures monumentales, table et chambres d'hôtes, évènements professionnels et privés, la commanderie de Peyrassol est un site d'exception pour découvrir l'art de vivre en Provence. Elle est également le fabuleux écrin d'une collection remarquable d'oeuvres d'art monumentales. Au coeur des vignes, au détour d'une allée, au milieu d'une prairie sauvage, vous pouvez admirer les scuptures de François-Xavier Lalanne, Bernar Venet, Jean Dubuffet, César, Arman, Alain Clément, Jean Tinguely, Jean-Pierre Raynaud, Keiji Uematsu, Patrick Fleury, Lee Ufan, Kendel Geers et bien d'autres artistes de premier plan viennent magnifier ce site où l'on cultive l'art du vin. Depuis 2016, les jardin de la Commanderie sont labellisés "Jardin remarquable". Ce label, crée par le Ministère de la Culture et de la Communication en 2005, permet aux visiteurs d'identifier une sélection de jardins nationaux présentant un intérêt culturel, esthétique, historique ou botanique marqué. La commanderie de Peyrassol participe également à l'opération "Rendez-vous au jardin".

Sources : Site de la commanderie de Peyrassol et dépliant sur la commanderie "Peyrassol, l'art de vivre en Provence". Photos de Nadine.

Commanderie de Peyrassol 21

Commanderie de Peyrassol 22

Commanderie de Peyrassol 23

Commanderie de Peyrassol 24

Commanderie de Peyrassol 24'

Je mets la suite des photos dans l'article suivant.

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

08 mai 2017

Quand le pain avait son écrin : la panetière

Panetiere

Panetière en noyer ciré - Collection Museon Arlaten -
Musée départemental d'ethnographie d'Arles

Une panetière est un meuble en réduction qui servait jadis à ranger et à conserver le pain. Tombée en désuétude de nos jours, son importance était considérable dans la gamme des mobiliers régionaux.

Elle est caractéristique de la France des siècles passés et jusqu’après la Première Guerre mondiale, lorsque le pain - qui constituait l’élément principal des repas d’alors - était pétri, préparé et cuit par la famille, à la maison ou dans le four communal du village. Le pain n’était souvent préparé qu’une fois par semaine et devait donc être conservé dans les meilleures conditions possibles pour qu'il reste consommable.

Panetière 1

Panetière (Photo Nadine - Musée des ATP à Draguignan)

On trouvait des panetières sur pied, posées sur un buffet bas ou souvent suspendues contre le mur, pour être hors de portée des rats et des souris. Elle comportait deux ou trois panneaux ajourés avec des grillages ou des colonnettes de bois tourné, afin de permettre la circulation de l’air et la meilleure conservation des miches de pain.
Les plus belles et les plus originales panetières sont celles de Provence, qui ont influencé celles du Languedoc et du Dauphiné. À l’origine, la panetière était seulement une cage de bois ajourée et dotée de pieds en escargot qui permettaient de la poser sur le pétrin avec lequel elle formait un couple indissociable. Elle a supplanté la claire-voie que l'on trouvait dès le Moyen-Age accrochée aux poutres de la maison. Ce n’est qu’à partir du XVIIIe siècle que les fuseaux de bois tourné, apparaissent et remplacent les barreaux grossiers des panneaux de bois. Sur certaines panetières, la façade commence à être équipée d’une porte par laquelle la maîtresse de maison pouvait introduire ou prendre le pain.

Panetiere 2

C’est au XIXe siècle que l’art de la panetière va prendre son essor. Elle va être posée en applique et suspendue, mais conservera toujours ses pieds. Une corniche apparaît sur le dessus toujours dans le prolongement des pieds. La panetière est-elle un objet ou plutôt un bijou ? Un bijou de finesse et de beauté faudrait-il dire. Un fronton érigé de clochetons ciselés, des candelies harmonieuses et empanachées, couronnées par un gland ou une olive sculptée, la panetière n'a rien à envier au plus subtil des mobiliers. Quant à ses chauds reflets, la panetière les doit au noyer, le bois le plus souvent employé pour sa fabrication. Un bois provenant du Dauphiné, d'où il est acheminé par flottage sur l'Isère et le Rhône, les essences locales comme l'olivier, le mûrier, l'aulne et le pin étant réservées pour les fonds et les côtés du meuble.
Les panetières vont acquérir au fil du temps une richesse des formes,
soit planes ou bombées et des décors :

  • sculptures en épis de blé, d’oiseaux se becquetant, de grappes de fruits (style Louis XVI) ;
  • sculptures denses et fines à base d’éléments végétaux, feuilles et fleurs (style fleuri) ;
  • sculptures en creux ou avec des moulures linéaires se terminant par des boucles enroulées en forme de corne de bélier ou de coquillage (style de Fourques).

Dans les autres régions, hormis le Languedoc et le Dauphiné, le décor des panetières est beaucoup plus sobre, voire inexistant.

Pétrin-panetière

Panetière et pétrin (Photo internet)

Du buffet à la panetière, les meubles provençaux sont reconnaissables par la luxuriance et la spécificité de leur riche décoration. Ce sont les sculpteurs Pierre Puget et Bernard Toro qui mettront au point le plus beau répertoire rocaille qui soit, s'inspirant de l'architecture des villes du Midi d'alors. C'est d'ailleurs au XVIIIe siècle que le mobilier provençal connaît son apogée. A la rocaille s'allie le baroque, tout en rondeurs et en volumes galbés. Le style dit "mouvementé" se multiplie, pare les crédences, les courbes et les contre-courbes ne cessent de s'entrelacer, de se couper. L'exubérance foisonne entre Nîmes, Arles et Fourques, les trois plus grands centres de production. Des ateliers des fustiers sortent des panetières qui n'ont pas leur pareil. Si leur style fait d'abord songer au Louis XV, il n'en est rien des fines sculptures végétales qui envahissent les corniches et les traverses. Le panier de fruits en ronde-bosse le dispute à la branche d'olivier, à la coquille sage, ou encore à la corbeille de vagues et de ressacs parée.
De nos jours, au niveau du marché de l’art, les panetières les plus recherchées sont évidemment celles de Provence, avec des prix variant selon l’ancienneté du meuble, sa structure, la qualité et la densité du décor, l’état de conservation de celles-ci, la qualité et l’authenticité des ferrures.

Pétrin

Pétrin - Photo Nadine -Musée des ATP Draguignan

L'inséparable pétrin

Le pétrin est aussi appelée mastro ou pastiero en provençal.
C'est une auge en trapèze, dont le plateau est amovible, et qui repose sur un piètement en quatre montants reliés par une entretoise ou une base pleine. Il reprend fréquemment le style composite de la panetière, affirme la même volubilité dans ses rameaux feuillagés comme dans ses lyres et ses coquilles découpées.
Il faut encore citer le moulin à bluter, ou
tamisadou, qui sert à séparer le son de la farine, et la trilogie du pain sera complète. Encore appelé blutoir, le moulin à bluter est un tamis cylindrique qui est actionné par une poulie. Il faut préciser que différentes toiles (coton ou soie) pouvaient être utilisées pour tamiser en fonction de la grosseur de la farine souhaitée.

Bluttoir

Blutoir (Photo Nadine - Musée du Moulin dit
d'Alphonse Daudet à Fontvieille - Bouches-du-Rhône)

Nota : Sur le dessus du meuble, vous voyez des mesures à grain et tout en bas, des tamis ou cribles à grain. Ces tamis servaient à débarrasser le grain des impuretés. En remuant l'instrument à la main par un mouvement circulaire, le grain passait par les petits trous.

Source : D'après un article paru dans le magazine "Pays de Provence" Terroirs, Patrimoine, Art de vivre - Numéro de mars-avril 2004 - et Wikipédia l'encyclopédie libre. Texte composé à partir de ces deux sources ainsi que des explications trouvées aux musées où j'ai fait mes photos.

Pain

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , , , ,

02 mai 2017

La fête de l'Oeuf à Tourtour

La 27ème édition de la Fête de l'Oeuf à Tourtour a attiré beaucoup de monde comme d'habitude. Elle s'est déroulée pendant le week-end de Pâques, les 16 et 17 avril. Je vous montre les photos que j'ai pu faire de cette sympathique manifestation.

Fête de l'oeuf 1

Fête de l'oeuf 15

Fête de l'oeuf 2

Fête de l'oeuf 3

Fête de l'oeuf 147

Fête de l'oeuf 16

Fête de l'oeuf 11

Fête de l'oeuf 12

Fête de l'oeuf 8

Fête de l'oeuf 9

Fête de l'oeuf 10

Fête de l'oeuf 4

Fête de l'oeuf 5

Fête de l'oeuf 6

Fête de l'oeuf 7

Fête de l'oeuf 14

Fête de l'oeuf 13

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

01 mai 2017

Mirabeau et la Provence

Honoré-Gabriel_Riqueti,_marquis_de_Mirabeau

Gabriel-Honoré de Riquetti de Mirabeau, né en 1749 au château de Bignon en Gâtinais, appartenait à une riche famille installée à Marseille au XVIe siècle. Fils de famille, il est révolté contre son père, perclus de dettes et multiplie les extravagances et les aventures féminines scandaleuses, à commencer par son mariage avec Emilie Covet-Marignane, la plus riche héritière de Provence, qu'il compromet, pour obtenir le mariage, en se présentant au balcon de sa chambre après l'avoir séduite. Des aventures qui aboutissent à sa condamnation à mort par contumace par le parlement de Franche-Comté, et à divers emprisonnements à Joux, Pontarlier, Vincennes et au château d'If. Compensant sa laideur par l'agilité de l'esprit, la révolte politique et la licence morale, Mirabeau trouve, dans les moments qui précèdent et accompagnent les débuts de la Révolution, matières à faire triompher sa forte personnalité et à rompre ouvertement avec sa classe. La préparation des états généraux le conduit à se prononcer en faveur du dédoublement du Tiers état et du vote par tête. Exclu du corps des possédants-fiefs, il en appelle à la nation française et se taille une immense popularité à Aix comme à Marseille où, en mars 1789, précédé de 500 cavaliers et suivi de 300 carosses, 120 000 personnes l'acclament dans les rues, le couvrent de palmes et de lauriers. Elu représentant d'Aix, il se fait le champion de la cause du Tiers état, vise à l'instauration d'une monarchie parlementaire. A partir de 1790, il se rapproche secrètement de la cour, prêtant le flanc aux attaques les plus vives. Usé précocement par ses luttes comme par ses excès en tout genre, il meurt le 2 avril 1791 à Paris, tombé bien bas après être apparu si grand. "Mirabeau ne s'est pas vendu, dit Charles Augustin Sainte-Beuve, il s'est laissé acheter", subtile nuance.

Mirabeau_Palais_de_Justice

Statue de Mirabeau - Palais de justice d'Aix-en-Provence

Source : L'almanach de la Provence - Pierre Echinard - Collection Jacques Marseille - 2003.

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,