Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

La Basse-Provence

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

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17 octobre 2019

Une folle histoire de chapeaux à Nice

 

1899 Chapeau

Nous sommes entre la fin du XIXème siècle et le début du XXème siècle. Les toilettes des dames aisées sont recherchées et leurs tenues sont toujours accompagnées d'imposantes capelines aux larges bords, garnies de rubans, de plumes, de noeuds, de fleurs, d'objets divers (et même parfois d'oiseaux morts et empaillés entiers). Une première gêne provoquée par ces ornements imposants consistait en le fait que, lors des représentations 

théâtrales, des concerts et autres manfestations, les spectateurs assis derrière étaient souvent privés d'une partie ou de la totalité de ce qui pouvait se passer devant eux...

Dans les salles de spectacles et de concerts, il était donc demandé aux dames de retirer leurs chapeaux, (ce qui en temps normal ne se faisait pas et ne se demandait pas).

Chapeau de femme 1

Or, l'affaire alla plus loin :

Vu l'ampleur que pouvaient prendre ces couvre-chefs et donc, leur prise au vent, il fallait obligatoirement arrimer solidement le tout sur le chignon à l'aide d'épingles et de piques à chapeaux.

C'est ainsi que cela fut l'occasion d'accidents plus ou moins graves : les épingles (pouvant parfois atteindre 20 à 30 centimètres de long) dont la pointe dépassait des chapeaux s'avéraient être dangereuses car elles pouvaient balafrer, griffer ou même crever les yeux des personnes passant un peu trop près !

Les incidents se répétèrent si souvent que des mesures furent prises par les autorités. En voici un exemple avec ce document (Musée du Palais Masséna à Nice).

Mairie de Nice 1

Mairie de Nice 2

 MAIRIE DE NICE

(Alpes Maritimes)

Nous, Maire de la ville de Nice, Grand Officier de la Légion d'Honneur, 

Vu l'article 99 de la loi du 5 avril 1884 ;

Vu l'article 471 paragraphe 15 du Code Pénal

Considérant que la partie acérée des épingles fixant les chapeaux féminin dépasse parfois la coiffure de plusieurs centimètres, sans être munie d'aucun appareil protecteur et que des accidents se sont déjà produits de ce chef.

Considérant que le port d'épingles de coiffure à pointe nue et apparente constitue une menace et un danger pour autrui dans les endroits fréquentés par un public nombreux notamment dans les voitures publiques, tramways et salles de spectacles.

Arrêtons :

Article 1er. - L'accès des voitures publiques, salles de spectacles et de réunions, est interdit aux personnes portant un chapeau que fixent ou ornent une ou plusieurs épingles à pointe apparente, si cette pointe n'est pas munie d'un "cache-pointe" constituant une protection suffisante.

Article 2me. - M. le Commissaire Central de Police est chargé de l'exécution du présent arrêté.

Fait à Nice, le 28 novembre 1912.

Le Maire, 

Général F. GOIRAN.

Epingles à chapeau

Paire d'épingles à chapeaux avec et sans protection.

 Source : D'après un article du blog de Garibondy.over-blog.com ainsi que le document pris en photo par elle-même et la paire d'épingles

  

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16 octobre 2019

Exposition, "Le var dans la guerre - un territoire statégique"

Exposition Le Var dans la guerre 1939-1944

Vernissage de l'exposition le jeudi 17 octobre à 18h.

Exposition présentée du 17/10/2019 au 28/02/2020.

1 - L'exposition "Le Var dans la guerre - un territoire stratégique (1939-1944)".

Combats de 1940 contre les Italiens, internements, maquis, exfiltration de résistants, sabordage de la flotte, bombardements, débarquement : le département du Var et ses habitants ont été bien plus marqués par la Seconde guerre mondiale qu’on ne le pense souvent.

Dans le cadre du 75e anniversaire du débarquement de Provence, l’exposition des Archives départementales vise à restituer tous les aspects de cette période où le Var et Toulon furent une pièce sur l’échiquier de l’histoire, avec les conséquences que cela implique sur ses habitants. Période traumatique, avec son lot de déchirements et de souffrances, mais aussi des moments d'exaltation patriotique et de refondation républicaine par la Résistance et la Libération. Elle a laissé des traces nombreuses et de nature diverse.

Au-delà des événements marquants, il s’agit de faire connaître des acteurs parfois retombés dans l’oubli, comme par exemple les parlementaires varois ayant voté contre les pleins pouvoirs au maréchal Pétain ou encore l'imprimerie toulonnaise Lions et Azzaro qui a imprimé clandestinement la brochure du Conseil National de la Résistance intitulée Les jours heureux.

La vie quotidienne des Varois pendant cette période est également évoquée.

Préparée en collaboration avec l’historien Jean-Marie Guillon qui en est le conseiller scientifique, cette exposition présente des documents originaux inédits et des objets évocateurs de l’époque : parachute, affiches et tracts de propagande, carnets de maquis, photos du débarquement, tickets de rationnement…

A la fois attractive et didactique, l’exposition se décline sur trois périodes et réserve une place centrale au tournant de la guerre située en novembre 1942 avec l’exfiltration du général Giraud, le débarquement d’Afrique du Nord, l’opération Torch, l’invasion de la zone libre et le sabordage de la flotte à Toulon.

L'accès est libre et gratuit durant les heures d'ouverture des Archives départementales (du lundi au vendredi de 8h30 à 17h)

Une visite guidée de l'exposition, assortie de la visite du bâtiment, est également prévue sur inscription le 22 novembre 2019, de 14h à 16h.

Pour les groupes constitués et les scolaires, les visites sont programmées à la demande.

Pour tout renseignement, contacter les Archives départementales au 04.83.95.83.83

2 - Des actions labellisées 75e anniversaire du débarquement.

Le Conseil départemental du Var a obtenu, le 31 juillet 2019, la labellisation "75ème anniversaire des débarquements et de la Libération" pour le projet présenté par les Archives départementales.

Il s‘agit d’un projet global axé sur la valorisation, la préservation, la numérisation, la diffusion et la médiation autour de l’histoire de la Seconde guerre mondiale et de la Libération dans le Var. Le support privilégié, mais non exclusif, sera le document d’archives sous toutes ses formes et tous ses supports : papier, photographique, sonore, audiovisuel.

L’élément central est l’exposition intitulée «le Var dans la guerre : un territoire stratégique (1939-1944)» présentée du 17 octobre 2019 au 28 février 2020 et qui sera accompagnée de conférences et d’une table-ronde, ainsi que de propositions pédagogiques. Ces événements contribueront à la commémoration de la Libération pendant l’année 2019.

Parallèlement, les Archives départementales, qui ont entrepris une importante campagne de numérisation relative à la Seconde guerre mondiale dans le Var, mettront à la disposition du public des documents écrits et des témoignages oraux numérisés sur leurs sites internet (www.archives.var.fr, www.memoires-de-guerres.var.fr et www.memoire-orale.var.fr), ou bien en salle de lecture, en fonction des règles d’accès à ces documents. Un nouveau guide des sources sera également diffusé.

L’impact visé est double : 

- faire connaître et diffuser l’histoire du territoire dans la guerre et dans la Libération auprès du grand public et des scolaires et susciter l’intérêt des chercheurs ;

- conserver et préserver les documents présents aux Archives départementales et assurer un meilleur accès aux sources auprès des chercheurs et des citoyens par le biais de l’innovation technologique que constituent la numérisation et la mise en ligne.

Conférence

"Vichy et la Collaboration dans le Var - 1940-1944", par Jean-Marie Guillon, historien, professeur émérite des Universités.

Entre les Alpes-Maritimes de Darnand, le chef de la Milice française, et le Marseille de Sabiani, patron incontesté du PPF, principal parti d’extrême droite, le Var n’échappe pas aux formes les plus extrêmes de la Collaboration, mais celle-ci revêt bien d’autres aspects, à commencer par le soutien au régime de Vichy et à sa politique de collaboration d’État. Collaboration économique, collaboration par le travail, collaboration militaire et policière, la conférence se propose donc, à partir du territoire varois et provençal, de traiter de façon historienne un phénomène qui est souvent perçu de façon sommaire et qui, pour beaucoup, sent encore le soufre.

 Conférencier : Jean-Marie Guillon, historien, professeur émérite des Universités.

Date et heure : Jeudi 24 octobre à 18h.

Lieu : Auditorium du Pôle culturel Chabran, 660, boulevard J.F. Kennedy, Draguignan.

Entrée libre.

 

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11 octobre 2019

Les gantiers-parfumeurs de Grasse

 

Grasse-vue générale

A partir du Moyen-Âge, les tanneurs s’installent à Grasse. Ils peuvent ainsi facilement commercer avec les localités de Gênes et de Pise pour exporter leurs cuirs. Mais l’odeur des peaux, malgré leur qualité, reste nauséabonde. L’engouement de la noblesse pour les gants diminue donc fortement tandis que le parfum connait un succès éclatant. Une véritable frénésie, alors que la propreté diminue et que le parfum est utilisé pour masquer les mauvaises odeurs. Poudres et eaux parfumées embaument alors les visages et les perruques de la Cour. 

Gants parfumés

La tradition du gant parfumé viendrait d’Italie. C'est le marquis Pompeo Frangipani, maréchal de France sous Louis XIII, qui aurait inventé un parfum à base d’amandes pour dissimuler la forte odeur que dégageaient ses gants en cuir ainsi que ses chaussures. C’est de cette façon que l’idée de parfumer ses gants est née… mais aussi la crème frangipane que le pâtissier de Pompeo Frangipani utilisa pour parfumer sa crème ! (Nota : il existe plusieurs théories sur l'origine de cette recette, voir les explications à la fin du texte). 

Mariage Henri II et Catherine de Médicis

Mariage de Catherine de Médicis avec Henri, duc d’Orléans célébré à Marseille le 28 octobre 1533 par le pape Clément VII - Huile sur toile vers 1627 de Francesco Bianchi Bonavita (1603-1658)

Quand Catherine de Médicis quitta l’Italie pour la France, pour se marier avec Henri II, elle n’arriva pas les mains vides. La parfumerie “Santa Maria Novella” lui fabriqua l’eau de Cologne “L’eau de la Reine”, à l’occasion de son mariage. Cette fragrance à base de bergamote, fleurs blanches et épices est toujours concoctée selon le respect de la fabrication traditionnelle. Elle emmena également avec elle son fidèle parfumeur Renato Bianco, plus connu en France sous le nom de René le Florentin qui, étant donné le statut de la Reine, a été protégé toute sa vie et a connu une très grande célébrité grâce à elle. Il installa très rapidement une jolie boutique sur le Pont Saint-Michel en plein centre de Paris, dans laquelle il vendit ses parfums ainsi que de la lingerie féminine parfumée. Il fut le premier à vendre ce type de produits en France. Rappelons qu’à la Renaissance, on évitait de prendre un bain puisque l’eau chaude ouvrait les pores de la peau et favorisait ainsi la propagation des maladies comme la peste ou le choléra. Donc, au lieu de se laver, on se parfumait avec des essences capiteuses pour masquer les odeurs nauséabondes du corps. Par ailleurs, René le Florentin aurait lancé la mode des gants parfumés et des pommes d’ambre ou pomanders (Nota : voir les explications sur les pommes d'ambre à la fin du texte). 

Pomander à la ceinture

Illustration d'un pomander pendu à la ceinture : Un pomander est une pomme de senteur, également nommée pomme d'ambre, pomander, pomandre ou pommandre est une boule en forme de pomme composée de produits odoriférants à visée prophylactique tels que l'ambre gris, la civette ou le musc. Plus tard, il devient un bijou en métal précieux ciselé, contenant les mêmes parfums que l'on portait à la pendu à la ceinture ou en pendentif. 

Catherine de Médicis aimant porter des gants en cuir, elle demanda à René de les parfumer pour masquer la forte odeur du cuir. Cet accessoire connut un immense succès auprès des dames de la Cour, et tout le monde se battait pour avoir les siens, signe de haut rang social et de raffinement. La ville de Grasse, alors connue pour ses tanneries, commença à développer cette activité. La région étant propice aux cultures de plantes à parfum grâce à son climat doux, développa également l’extraction des essences, puis la parfumerie continua de se développer pour finalement arriver à son apogée au XVIIIème siècle. Mais parfumer les gants n’est pas une mince affaire et les fabricants y parvenaient par à un processus long et délicat. Après plusieurs étapes fastidieuses, Simon Barbe, un des célèbres gantiers-parfumeurs de Paris, sans doute le plus fameux de son siècle, disait obtenir "des gants qui ont l’odeur de la fleur naturelle". Il écrivit deux manuels de parfumerie, y consignant ses connaissances et son savoir-faire. L'un "le parfumeur français" en 1693 et l'autre "le parfumeur royal" en 1699.

 

Parfumeur-francais-Simon-Barbe-1693

Parfumeur-francais Simon-Barbe-1693-1

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Le parfumeur français de Simon Barbe écrit en 1693

 Pour obtenir des gants qui ont l'odeur de la fleur naturelle, il faut d’abord traiter la peau et la débarrasser de son odeur très désagréable. Après de nombreux rinçages, la peau est immergée dans un bain de senteurs, c’est-à-dire une eau parfumée aux essences à la mode. Une fois cette étape passée, les gants sont taillés, cousus et teints. Intervient alors la technique de la "mise en fleurs", une étape capitale dans la tradition du gant parfumé. Elle consiste à superposer des gants avec des couches de fleurs dans une boîte fermée. Cette opération doit être renouvelée toutes les douze heures. Entre chaque mise en fleurs, les gants sont suspendus à un fil pour sécher. Ce processus dure au minimum huit jours pour atteindre le résultat escompté. Enfin, l’intérieur des gants est également poudré pour faire disparaitre toute trace de mauvaise odeur et faciliter l’enfilage. Cette nouvelle mode envahit la France et l’étranger et les fabricants se distinguent par la puissance de la fragrance utilisée. En France, les notes choisies sont plutôt douces avec une base de violette, d’iris ou encore de fleur d’oranger. En Espagne, des fragrances plus soutenues telles que le musc, l’essence de cèdre ou encore le camphre sont préférées pour parfumer les peaux.  

Gantiers-parfumeurs

 Maîtrisant la méthode de fabrication, les gantiers-parfumeurs profitent de cet avantage pour progressivement acquérir le monopole de la distribution des parfums. Au détriment des apothicaires, distillateurs, alchimistes et droguistes, sous l’autorité de Louis XIII puis de Louis XIV. Les gantiers-parfumeurs travaillent ainsi les peaux pour en faire de véritables accessoires de luxe. En 1651, Louis XIV délivre le brevet de maîtres gantiers-parfumeurs qui autorise les fabricants à se targuer d’un titre d’honneur. La corporation des gantiers-parfumeurs voit le jour. Elle compte alors 21 membres, pour atteindre le nombre de 70 une vingtaine d’années plus tard ! Ils sont alors les seuls habilités à composer des parfums et ont pignon sur rue dès le XVIIème siècle dans le quartier Saint-Honoré à Paris. 

Gants parfumés

A partir de 1759, le cuir devient extrêmement taxé et les maîtres gantiers-parfumeurs doivent affronter une nouvelle concurrence installée à Nice. Dans le même temps, se parfumer devient pour les françaises un véritable rituel de beauté : le parfum n’est plus utilisé à des fins de commodité pour camoufler les mauvaises odeurs. Dans ce contexte, les métiers de tanneurs et de parfumeurs se séparent et un véritable commerce de parfum se développe. La corporation des gantiers-parfumeurs est finalement dissoute en 1791 après la Révolution Française par la Loi Le Chapelier qui proscrit tous les groupements de métiers.  

Source : D'après un texte trouvé sur le site Carrément belle (https://www.carrementbelle.com/blog/fr) et un article trouvé sur : Discovart Blog (https://discovart.fr) Secrets de beauté, Catherine de Médicis. 

Frangipane

 Complément sur la frangipane

 S’il y a un consensus sur le fait que le nom de la crème vient du patronyme italien Frangipani, il existe plusieurs théories quant à l'origine de sa recette : 

1/ La recette de la crème aurait été donnée par le comte Cesare Frangipani en cadeau de mariage à Catherine de Médicis, qui allait épouser le futur roi de France Henri II.

2/ Mutio Frangipani, botaniste italien qui aurait visité les Antilles en 1493, aurait appris aux marins qui l'accompagnaient que l'odeur délicieuse sentie à proximité d'Antigua provenait d'un arbuste, nommé Plumeria alba, devenu le "frangipanier". L'essence imitant cette odeur aurait aussi été renommée en son honneur.

3/ Le petit-fils de Mutio, Pompeo Frangipani, marquis et maréchal des armées de Louis XIII, aurait mis au point le parfum de la frangipane pour cacher l'odeur du cuir des gants et des souliers. L'invention de la pâtisserie lui a aussi été attribuée.

4/ Mauritius Frangipani, un moine italien pionnier de la parfumerie, aurait constaté que les principes des parfums étaient solubles dans l'esprit de vin.

Source : Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Pomander 1

 Complément sur les pommes d'ambre ou pomanders

L'histoire des pommes de d'ambre ou de senteur court du XIIème siècle au XVIIIème siècle. La première mention de pomme d'ambre, ou pomander, désigne une pépite d'ambre gris enchâssée dans une boule de senteurs. On lui prêtait des vertus curatives mais aussi aphrodisiaques. Le premier pomander est cité en 1174 dans un texte décrivant le présent offert à l'Empereur Frédéric Barberousse par le roi Baudouin de Jérusalem. Il le remerciait ainsi de son aide dans la lutte contre les infidèles. A partir du XIVème siècle, le terme de "pomander" désigne l'objet où prend place la boule odorante. Elle est constituée d'une petite cage sphérique s'ouvrant à l'équateur par une charnière et un ressort. Elle a un usage essentiellement prophylactique ou thérapeutique et est très utilisée pendant les épidémies de peste, les recettes du mélange de substances aromatiques étant adaptées en fonction du niveau de vie des utilisateurs. Elle sert également à parfumer le linge de corps qui n'est pas renouvelé régulièrement, même dans les milieux de la Cour. A la Renaissance, les pomanders deviennent des pièces d'orfèvrerie, ciselées en or, en argent ou en vermeil. Au tournant du XVIème siècle, ils s'ornent d'incrustations de perles, émaux ou pierres précieuses, grenat, rubis, topaze, émeraude ou diamant. Munis d'un pied, ils s'ouvrent en quartiers sur de petits réceptacles pouvant réunir plusieurs parfums sous forme de pâte ou de poudre. La fin du XVIIème siècle, voit leurs supposés pouvoirs ésotériques tournés en dérision. Ils ne sont plus portés que par coquetterie et leurs senteurs lourdes et entêtantes sont supposées servir l'art de la séduction. Ils passent de mode au milieu de XVIIIème siècle.

 Source : Wikipédia, l'encyclopédie libre

 Complément sur Simon Barbe gantier-parfumeur

Le Sieur Simon Barbe était gantier-parfumeur à Paris, sans doute le plus fameux de son siècle. Il y tenait une boutique rue des Gravilliers : A la toison d'or. Il écrivit deux manuels de parfumerie, y consignant ses connaissances et son savoir-faire. Le premier, a été écrit en 1693 à l'intention des non professionnels dans l'idée d'enseigner à tous la manière de composer les parfums, en particulier pour "Le divertissement de la Noblesse, l'utilité des personnes Religieuses & nécessaire aux Baigneurs et Perruquiers." Il contient les traités des poudres pour les cheveux et celui des savonnettes, suivis des essences et huiles parfumées aux fleurs, des pommades, des dentifrices, des eaux de toilette, des pastilles à brûler, des peaux et gants parfumés et du tabac. Il écrivit en 1699 son second traité, "Le Parfumeur Royal", destiné cette fois-ci aux gens du métier. Il présente cet ouvrage comme utile à "celles qui recueillent des fleurs et nécessaire aux gantiers, perruquiers et marchands de liqueurs".

Source : Blog "Le blog de Camille, histoires de la beauté" www.cameline.org 

  

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05 octobre 2019

Les parfums de Grasse

 

Musée international de la Parfumerie à Grasse

Musée International de la Parfumerie à Grasse (Photo www.worldeventlistings.com )

Le Musée International de la Parfumerie, créé en 1989 à Grasse, capitale de la parfumerie de luxe, est un musée unique au monde. Il a obtenu le label "Musée de France". Cet établissement permet aux visiteurs de découvrir l'histoire et l'originalité du métier des industriels et des grandes maisons de parfumerie. Véritable témoignage de l'histoire internationnale technique, esthétique, sociale et culturelle de la tradition de l'usage des senteurs, le musée aborde l'histoire des fragrances sous tous ses aspects. Depuis plus de 4000 ans, le parfum a sublimé la femme de cette odeur faguce éveillant des souvenirs souvent associés à des désirs. Le parfum, dont la signification est de répandre une fumée, servait alors dans les ordres religieux de l'Egypte ancienne et de l'Orient, tandis que le culte de la beauté du corps de la civilisation romaine y trouva un véritable engouement. Vers 800 après J.C., les apothicaireries fabricaient des substances parfumées pour lutter contre les épidémies, et Montpellier, célèbre pour ses huiles et ses pommades, étendait son marché sur les foires de Provence. La ville de Grasse est située à 350 mètres d'altitude et à une vingtaine de kilomètres de la Méditerranée. Elle jouit d'un microclimat qui permet les cultures de plantes locales mais également exotiques qui entrent dans la composition des parfums. La première distillation de la cité remonterait à 1595, lorsque la corporation médiévale des gantiers utilisait les fleurs locales pour parfumer ses cuirs. 

Habit de parfumeur

Habit de parfumeur - Vente ambulante de divers produits aromatiques vers 1700 - Illustration de Nicolas de Larmessin (Musée International de la Parfumerie à Grasse)

Habit de parfumeur

Habit de parfumeur - Statue de Tomek Kawiak (1997) au Musée International de la Parfumerie à Grasse (Photo prise sur le blog http://missgleniandco.canalblog.com/)

En 1614, le roi de France introduisit par lettre patente, le titre de "Maître Gantier Parfumeur". C'est en 1724 que ces nouveaux artisans se détachèrent définitivement de la tannerie et fondèrent leur propre corporation, ancêtre de l'association actuelle des parfumeurs de Grasse, et dont l'éventail des produits se diversifia : pâtes aromatisées à base de graisse de porc et d'huile, poudres, savons parfumés à l'iris et à la rose présentés dans des coffrets ou encore des flacons fabriqués industriellement. Malgré les difficultés de transport par les caravanes muletières ou par la mer vers la voie rhodanienne ou encore la Toscane, ces parfumeurs évitèrent la concurrence parisienne en se spécialisant dans la fabrication et la vente des matières premières nécessaires à l'élaboration de tous les produits de parfumerie, dont l'approvisionnement en fleurs fraîches qui fit la prospérité des paysans locaux autour de Grasse. 

Ingrédient-rose-parfum

(Photo trouvée sur le site Carrementbelle.com)

Le jasmin pousse bien jusqu'à Fayence préférant cependant avec la rose, les terrasses argilo-calcaires du Trias : Plascassiers, Mougins, Peymeinade, etc... Les violettes, elles, poussent sur les sols pauvres de Tourettes-sur-Loup, tandis que les alluvions de la Siagne permettent aux géraniums, tubéreuses, résédas et menthes de se développer. Les orangers de la Riviera, les oeillets de Bellet, la lavande et les mimosas sont autant de senteurs qui génèrent des secrets de fabrication. En 1768, c'est Antoine Chiris qui fonde les premières parfumeries grassoises à dimension industrielle et qui, dès 1825, régneront sur le marché européen et d'Outremer avec 40 parfums.

Après la distillation, puis l'enfleurage (voir les explications de ces mots à la suite du texte), le procédé suivant est l'extraction, permettant de prélever le parfum des fleurs sous un maximum de contentration et de puissance, pour obtenir la "concrète" à l'aide d'un solvant qui s'évapore. Le cueillette des fleurs est délicate et en particulier celle du fragile jasmin qui doit se faire lorsqu'il est entrouvert, juste avant le lever du soleil. Autrefois, leur triage avant lieu dans un hangar, comme pour les autres fleurs. Les femmes, qui venaient pour la plupart d'entre-elles du Piémont, étaient assises autour d'une longue table recouverte de fleurs entêtantes. Elles les triaient une à une, sous l'oeil de surveillants en canotier de paille ou chapeau melon, endimanchés et guindés. 

Triage des pétales

La récolte annuelle entre 1900 et 1930 était de 600 000 à 1.4 million de kg, sachant qu'il faut une tonne de jasmin pour fabriquer 3 kg de "concréte". A Grasse, quatre parfumeurs de renom offent des visites et dévoilent leurs secrets de fabrication : Fondée en 1926 par un ancien notaire parisien, Eugène Fuchs, Fragonard est installé depuis cette époque dans une des plus anciennes fabriques de la ville qui fut bâtie par le parfumeur Claude Monet en 1841. Cette fabrique est ainsi nommée en hommage au grand peintre local Jean Honoré Fragonard, lui-même fils d'un maître gantier parfumeur à la Cour. Jean Galimard, seigneur de Séranon, fondateur de la corporation des gantiers parfumeurs, qui fournissait la cour du roi Louis XV, crée la parfumerie Galimard en 1747. 

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Parfumerie Molinard à Grasse (Photo du site nicetourisme.com)

Molinard contribue depuis 1849 à mettre en valeur la ville, développant son savoir-faire traditionnel et artisanal, et fait découvrir ses flacons anciens, au cours de visites dans les décors provençaux authentiques des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Quant à Guy Bouchara, il allie créativité olfactive et tradition artisanale en utilisant des essences qui ont fait la renommée de Grasse, tout en faisant admirer une collection d'étiquettes anciennes de la corporation, tandis que la "Parfumerie de Grasse" révèle les "Authentiques parfums" de la région, dans son atelier artisanal. 

Source : D'après un article de Lucienne Delille paru dans l'Almanach des Provençaux et du Comté de Nice, 2016.

Alambic

Des alambics et au sol des pétales de roses (Photo du site du parfumeur Fragonard (www.fragonard.com)

Complément : la distillation

La technique de la distillation repose sur la capacité de la vapeur d'eau à capter les huiles essentielles.
Connue dès l'Antiquité, elle s'est perfectionnée dans la civilisation arabe à partir du VIIIème siècle et reste aujourd'hui une technique majeure de la parfumerie traditionnelle.
Les fleurs ou végétaux divers à distiller sont placés sur un plateau perforé situé à la partie supérieure de la cuve d'un alambic remplie d'une eau portée à ébullition. En s'élevant, la vapeur dégagée s'imprègne au passage des principes odorants de ces plantes et les entraîne dans un serpentin où un système de réfrigération permet sa condensation. Le mélange d'eau et d'huile essentielle ainsi obtenu est alors récupéré dans des essenciers, encore appelés vases florentins, dans lesquels les deux liquides se séparent naturellement par différence de densité. Les huiles essentielles sont recueillies à la surface pour être utilisées en parfumerie, tandis que les eaux parfumées de certaines essences (eau de rose, eau de fleur d'oranger…) sont réservées à d'autres usages.

Enfleurage

Châssis en verre pour l'enfleurage (Photo du site Pinterest.co.uk)

Complément : L'enfleurage

La technique de l’enfleurage repose sur le pouvoir des corps gras à absorber naturellement les odeurs. Elle peut être pratiquée, selon la différence de résistance des plantes à la chaleur, à chaud ou à froid.
L’enfleurage à chaud ou macération consiste à faire infuser les fleurs ou autres éléments odorants dans des matières grasses, huiles ou graisses, préalablement chauffées. Les mélanges obtenus sont ensuite filtrés à travers des tissus afin d’obtenir des onguents parfumés. Cette technique connue dès l’Antiquité fut complétée au cours des siècles avec les progrès réalisés dans les autres méthodes d’extraction. Le lavage mécanique à l’alcool de ces pommades parfumées dans des batteuses permet ainsi de produire un extrait alcoolique parfumé après séparation des produits graisseux et alcooliques.
Les fleurs les plus fragiles, comme le jasmin, la tubéreuse ou la jonquille ne supportant pas d’être chauffées, se développa également la technique de l’enfleurage à froid. Très répandue dans la région grassoise jusque dans la première moitié du 20ème siècle, elle consiste à étaler une couche de graisse inodore sur les parois d’un châssis en verre que l’on recouvre ensuite de fleurs. Ces fleurs sont renouvelées jusqu’à ce que la graisse soit saturée de parfum. Les pommades parfumées obtenues peuvent être utilisées en l’état pour la fabrication de produits cosmétiques. Traitées à l’alcool dans des batteuses pour les décharger de leur graisse, elles permettent d’obtenir après évaporation une absolue.

Source : Site du parfumeur Fragonard (www.fragonard.com) 

Molinard-grasse-provence-30joursaparis

Complément : Les sept familles de parfums

      Devant la diversité des compositions parfumées, le Comité français du parfum a établi une classification en sept grandes familles, elles-mêmes subdivisées en sous-familles. Ces appellations sont applicables tant pour les créations féminines que masculines. 1. Les hespéridés regroupent des parfums résultant de l'expression des zestes d'agrumes (orange, bergamotte...). 2. Les floraux correspondent aux parfums à dominante fleurie (rose, tubéreuse...). 3. Les fougères, contrairement à leur appelation, ne sont pas le reflet de l'odeur de ces plantes, mais associent des notes boisées et lavandées. 4. Les chyprés doivent leur dénomination à un parfum créé par François Coty en 1917, "Chypre". Ce sont des odeurs de mousse de chêne accompagnées de notes fleuries et fruitées. 5.Les boisés sont plutôt destinés à une clientèle masculine. Ils utilisent le santal ou le cèdre, mais également le patchouli et le vétiver. 6. Les ambrés, appelées également les orientaux, présentent des fragrances chaudes et poudrées aux fréquents accents vanillés. 7. Les cuirs, davantage masculins, évoquent les odeurs de tabac, de fumée ou de peau.

Source : Le livre "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Provence sans jamais oser le demander - Les miscellanées du docteur Giraud - Editions Ouest-France, 2015.

Parfums et fleurs

(Photo Futura-sciences.com)

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Cet article est à rapprocher de celui paru le 2 août 2015 : Grasse, ville d'histoire, dont vous trouverez le lien ci-dessous.

Grasse, ville d'histoire - Passion Provence

Capitale de la Provence orientale, sous-préfecture des Alpes-Maritimes, Grasse demeure, à travers les mutations de la Côte d'Azur, un chef-lieu administratif et un pôle d'attraction économique. Le site de Grasse était peuplé dès le néolithique (5 000 ans avant J.C.

 


29 septembre 2019

De Vitis Alba à Vidauban

 

Blason de Vidauban

"De gueule à deux lances d’or passées en sautoir, accompagnées de quatre fleurs de lys du même". Telles sont les armes de Vidauban.

L’origine du nom de la ville fait l'objet de plusieurs hypothèses : selon la première, elle viendrait du latin "Vitis Alba", du nom de la clématite (vigne blanche), jolie et odorante, qui parfume les rives de l’Argens. Une autre version prétend que Vidauban dériverait de "Vitis Albanus", soit "La Vigne d'Albanus", du nom d'un propriétaire terrien. Enfin, de vieux documents mentionnent aussi "Vicus Albanorum" et "Castrum de Vidalban"...

Il était une fois Vidauban

Le Centre Var a toujours été un lieu de passage, une voie de communication majeure pour la France du Sud-Est. C’est dans ce cadre que se situe Vidauban, au coeur d’une vaste plaine qui sépare deux zones de collines massives et irriguées de cours d’eau, dont le plus important est l’Argens. On estime que le Sud de la France commence à se peupler il y a un million d’années. A Vidauban, les premiers signes de présence humaine sont attribués à l’Homo erectus, après la découverte de pierres taillées qui lui ont été attribuées. Le témoignage indiscutable de la présence de nos ancêtres est toutefois celui du dolmen de Jas de Parète (ce dolmen est dans un domaine privé), daté du milieu du troisième millénaire avant notre ère. (lire le complément à la suite de l'article). A cette époque, l’homme subvient déjà à ses besoins par l’agriculture et l’élevage. Plus tard, à l’âge du fer, plusieurs oppida (lieux fortifiés) sont érigés. A vocation défensive, ils se situent surtout sur les hauteurs. Des vestiges en seront retrouvés, par exemple à Sainte-Brigitte, bâtie sur un piton rocheux à 180 m de hauteur ou encore au Camp Romain. Quelques ruines, inscriptions, médailles, céramiques ou sépultures attestent d’un peuplement gallo-romain. Qui plus est, des vestiges de la voie Aurélienne, qui reliait Nice à Narbonne, jalonnée de bornes milliaires, ont été dégagés dans le secteur qui surplombe les Blaïs. Terre de rencontres et de passage, Vidauban connaît des invasions et des pillages. Les sources archivistiques manquent donc pour que l’on puisse en savoir davantage sur l’établissement du village. La longue période qui précède le Moyen Age est donc mal connue. A la fin du premier millénaire, la vie des habitants s’organise le long de la route d'Italie, bordée d'une dizaine de chapelles. Cependant, cette route n'est pas sûre. En effet, les Sarrasins, implantés au Fraxinet, envahissent les campagnes qu'ils pillent et brûlent. Pour se protéger, les habitants se replient temporairement sur les hauteurs. C’est en 1014 que l'existence d’un "Castrum nomine Vite Albano" apparaît dans une charte (cartulaire de l'abbaye Saint-Victor de Marseille) : une "manse" (lire le complément à la fin de l'article), propriété des Vicomtes de Marseille, est donnée par ces derniers à l’Abbaye de Saint-Victor. Par la suite, le "fief très noble de Vidalban" apparaît dans diverses transactions, même s’il demeure dans le patrimoine des Vicomtes. Au XIIIème siècle, Vidauban est sans doute située au Sud de la colline de Sainte-Brigitte, dans le secteur dit "Derrière le château". En 1215, Jourdan de Vidalban cède, aux Templiers de Lorgues de la commanderie du Ruou, les terres situées "ultra argencium" "au-delà de l'Argens", c'est-à-dire l'actuel domaine d’Astros. Au XIVème siècle, le site de Vidauban est déjà formé en communauté. Les habitants possédent une bonne partie des terres cultivables et leurs biens ne sont pas soumis à la "tasque" (impôt) en grains et vins. En 1390, le fief de Vidauban revient à Raimond de Villeneuve, fils de Giraud, baron des Arcs. Il demeurera dans cette famille pendant plus de 300 ans. 

Vidauban-vue générale

Vue générale de Vidauban

L’histoire de Vidauban durant cette période est très mal connue. On sait seulement que le terroir a été un moment déserté par la population. L’ancien village, "Derrière le Château", a été détruit en 1500. Les bases du village actuel datent de 1511. Un acte d’habitation est signé à cette date entre Louis de Villeneuve (1450-1516) et 17 manants, des colons venus repeupler le village abandonné. Le seigneur dispose de ses privilèges (justice, impôts), mais les habitants peuvent se constituer en communauté. Ils peuvent élire des administrateurs qui, pendant leur mandat d’un an, s’occupent des affaires communales et des services publics. Ce contrat régira les rapports entre le seigneur et les habitants jusqu’à la Révolution de 1789. Au début du  XVIème siècle, le village s’est déplacé en direction de la Route d’Italie, autour de l’église actuelle. En 1698, le fief change de mains : le Seigneur de Vintimille en prend possession de Messire de Raity. A cette époque, Vidauban compte 146 chefs de familles, 83 maisons habitées et 72 non habitées. En 1707, le village est pillé et ensuite brûlé, à l'exception de l’église, par l’armée de Savoie qui venait de lever le siège de Toulon. De nombreux habitants parviennent à fuir ; d’autres, réfugiés dans l’église, y sont massacrés. Le village est progressivement reconstruit. Une nouvelle invasion a encore lieu en 1747. Vidauban compte 1205 habitants en 1776. En 1786, l’ancien cimetière, "Derrière le Château", est abandonné au profit de celui de l’Aubrède. A la veille de la Révolution, Vidauban est un petit bourg prospère. Ses habitants, par le biais de leur Conseil, n’hésitent pas à tenir tête à leur Seigneur, notamment en lui faisant de très nombreux procès. Les débuts de la Révolution ne sont pas remarqués à Vidauban. Les Vidaubannais, en dehors de litiges habituels, n’ont que peu de demandes à formuler. Le cahier de doléances rédigé en 1789 semble d’ailleurs être un cahier-type, recopié comme dans de nombreux villages. Il est signé par 24 personnes.

Photo_biens_nationaux_

Il faut en fait attendre 1790 et l'application d'un décret de l'Assemblée nationale demandant le recensement des "Biens Nationaux", autrement dit des biens des nobles, du clergé et, à Vidauban, de l'ordre de Malte. En effet, les Chevaliers de Malte avaient pris possession du domaine d’Astros à la suite de la dissolution de l’Ordre des Templiers par Philippe le Bel en 1308. Ainsi, par exemple, l'estimation, la fixation, l’évaluation de toutes les propriétés, droits et revenus appartenant au Seigneur, Comte de Vintimille, débute-t-elle le 18 février. Le 12 frimaire An II (novembre 1793), des lots sont formés et vendus. 1793, c’est aussi l’année de la destruction du château. Par la suite, l’ancienne place du Château devient la Place de la Mairie. En 1848, la République est accueillie avec enthousiasme dans le Var. Après la dissolution de l'assemblée nationale par Louis-Napoléon Bonaparte en 1851, de nombreux républicains prennent les armes pour défendre la Constitution. Le jeudi 4 décembre, c’est la prise du pouvoir à Vidauban. Les républicains s’emparent de la mairie et les sons lugubres du tocsin appellent aux armes. Mais dès le 10 décembre, c’est le début d’une terrible répression qui laissera une cinquantaine de cadavres sur le terrain, notamment à Lorgues, parmi les 6000 hommes de l’armée républicaine venus de tout le département. Emile Zola s’inspirera de cet épisode dans "La Fortune des Rougons", premier roman de la série des Rougon-Macquart. 

Avant 1850, on dénombre beaucoup de fours à poix sur le territoire communal. La plupart produit de la poix "navale", substance résineuse et collante. A la fin du XIXème siècle, Vidauban est une commune à vocation semi-industrielle, prospère notamment grâce à l’industrie du liège et des bouchons. Comme toutes les communes de France, Vidauban paie un lourd tribut à la Première Guerre mondiale. Nombreux sont les jeunes Vidaubannais qui, mobilisés, ne reviendront pas. 

Monument aux morts de Vidauban

Description du monument aux morts de Vidauban : Un piédestal portant les armes de la ville supporte un obélisque tronqué, où sont représentés une couronne mortuaire, une palme, un drapeau et les initiales R.F. Il est couronné d'un coq posé sur un globe, la poitrine fière, chantant le renouveau après la Victoire.

Inscription: "La ville de Vidauban à ses enfants glorieux morts pour la France. 1914-1918."

 Tiré de l'ouvrage de Sylvie Mattone-Vastel et Georges Meissonnier : L'Art et la mémoire de 1914-1918 dans le Var, Commission Départementale de l'Information Historique pour la Paix, 1998.

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Suite de l'article

La commune met à la disposition de la 15ème région militaire l’établissement numéro 12 pour l’assistance aux convalescents militaires. Cette structure dispose de 20 lits pour accueillir les blessés du front. Pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le village occupé, l’atmosphère est pesante. Les Italiens, qui s’étaient installés en 1942, sont rejoints par les Allemands l’année suivante. Pressentant un débarquement imminent en Provence, beaucoup de Vidaubannais sont mobilisés pour le travail obligatoire aux défenses du littoral, au Lavandou et à La Londe. Le village est libéré par les troupes américaines le 16 août après-midi, à la suite du débarquement de l’opération "Dragoon", qui a eu lieu la veille sur les côtes varoises. L’explosion de joie de toute une population succède à des années sombres. Les années qui succèdent à ces pages d’histoire, jusqu’à nos jours, sont marquées de plusieurs sceaux. C’est ainsi la notoriété des Côtes de Provence qui s’étend, et une politique de recherche systématique de la qualité qui leur permet d’accéder, en 1977, au rang d’appellation d’origine contrôlée. Aujourd’hui, la viticulture est l’activité principale de la commune. Elle réunit 5 châteaux, 9 domaines, et une cave coopérative. Le rosé représente 80% des volumes produits et ce vin est incontestablement leader en France et à travers le monde. C’est aussi le développement de Vidauban, qui est passée en quelques dizaines d’années de la taille d’un village à celle d’une petite ville, et qui se dote des moyens et équipements les plus à même de répondre aux besoins de sa population. Vidauban a su préserver son charme d’autrefois. Elle est demeurée authentique et sait allier le progrès au respect de la tradition provençale. 

Sainte Brigitte- Vidauban

Chapelle Sainte-Brigitte à Vidauban (Photo du site Observatoire du Patrimoine Religieux)

Il fera toujours bon faire des balades en canoë-kayak sur l’Argens, découvrir la faune et la flore, se balader sur le chemin de Sainte-Brigitte pour aboutir sur un éperon rocheux dominé de la chapelle, et d’où la vue, panoramique, est grandiose sur la plaine des Maures. Ou encore se promener dans les rues pittoresques de la ville, entre maisons anciennes et fontaines. Tentez bien l'oreille, elles vous raconteront l’histoire de Vidauban… 

Source : D'après un texte trouvé sur le site de la Mairie de Vidauban et arrangé par moi-même

 Compléments à l'article 

Dolmen du Jas de Parète : L'édifice fut découvert en 1965 par G. Palausi du Bureau de Recherches Géologiques et Minières de Marseille. Il a été construit à extrémité d'un petit affleurement de rhyolite d'où ont été extraites ses dalles de construction. La chambre sépulcrale est de forme carrée. Elle est délimitée par une dalle de chevet (1,5 m) à l'est et une dalle au nord reposant sur un muret en pierres sèches. Le côté sud de la chambre est désormais manquant : aucune trace de muret ou de dalle n'a pu être relevée. La chambre ouvre à l'ouest. L'entrée est marquée par deux piliers et une dalle de seuil. Le couloir et le tumulus ont disparu. Le dolmen a été vidé à une époque indéterminée et la couche archéologique d'origine a disparu mais quelques éléments de mobilier ont pu être recueilli directement sur le substrat rocheux au fond de la chambre : 2 perles, 48 éclats de quartz et 8 de silex. Le site comportait aussi de nombreux tessons de tuiles romaines. L'acidité naturelle du sol peut expliquer l'absence totale de fragments osseux.

Manse : Un ou une manse correspond à une parcelle agricole suffisamment importante pour nourrir une famille. A l'époque mérovingienne il est désigné comme une terre cultivée par un affranchi. Il est l'unité de base de la villa, qui peut être composée d'une ou plusieurs manses. La villa ne possède pas la terre détenue par les manses et peut être vendue, donnée, etc... sans que le/s propriétaire/s des manses en soient affectés. A l'époque carolingienne le manse est parfois caractérisé par la condition de celui qui le tient, on parle alors des manses ingénulles (propriétaire libre), des manses lidiles (lite, colon) ou serviles (serf). Si sa superficie est assez précise, cette unité recouvre des superficies très différentes selon les régions. Elle sert essentiellement à la fiscalité. Regroupés en colonicae ou collonges, les manses étaient occupés par des rustici ou paysans qui devaient au seigneur une partier de leur récolte. Dans le sud de la France, manse est devenu mas, mot désignant une ferme, une habitation rurale isolée, mais aussi par extension un quartier rural. Ensuite, la manse est devenue une cote fiscale, un outil de comptabilité fiscale que devait un exploitant à son maître.

Source : Wikipédia - l'encyclopédie libre.

  

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23 septembre 2019

Les puits

Je repasse cet article paru le 14 avril 2013, parce que j'y rajouté le petit texte ci-après. 

Cabanon avec puits

Des présents pour le puits

 Nous savons tous la place importante du puits pour les villageois d'une époque révolue, l'eau coulant désormais sur l'évier. Nos ancêtres honoraient le puits, bâti par des maçons habiles à manier la truelle et le fil à plomb, et respectueux de la belle ouvrage. Au jour de l'An, et même parfois deux autres fois au cours de l'année, les villageois offraient des présents à l'eau du puits, y jetant une tranche de pain bis beurrée, une poignée de grains de blé, des fruits et certains y ajoutaient un verre de bon vin, blanc ou rouge. Cette coutume puisait ses origines dans une autre tradition plus ancienne : à l'époque néolithique, les gens célébraient les fontaines, symbole de richesse et de fécondité. Ainsi, la personne qui, au village, déposait une offrande à minuit, dans une fontaine, était assurée d'une grande prospérité, de même que d'une protection durable vis-à-vis de nombre de maladies ou encore des mauvais esprits. Et pour garder un niveau constant à l'eau d'un puits, il est une condition bien connue des villageois du temps passé : en puiser assidûment.

Source : D'après un article paru dans l'Almanach des Provençaux et du Comté de Nice - Ed. 2015

Puits

 Puits à proximité d'un champ à Vérignon (Photo Nadine)

Le puits a longtemps été la seule source d'approvisionnement en eau avec les sources et les rivières. Les premiers puits apparaissent à la période du Néolithique avec l'agriculture et la sédentarisation de l'être humain. Au Moyen-âge, certains puits étaient utilisés pour l'alimentation en eau et d'autres, abandonnés pour insuffisance de production, pour jeter les ordures et les cadavres d'animaux. Étant souvent liés à un même nappe souterraine, ils ont favorisé l'expansion de diverses épidémies.

Source : Ekopédia.

Le cannet-puits

 Puits au milieu de vignes au Cannet-des-Maures (Photo Nadine)

Saint-Maximin-puits

 Puits dans le jardin du couvent royal de la basilique de Saint-Maximin (Photo Nadine) 

Trans-puits2

 Puits dans un bois à Trans-en-Provence (Photo Nadine)

L'eau de puits sert à tout. Pendant des siècles, certaines communes n'ont eu recours qu'à cette ressource. En ville, le puits est couvert et le plus souvent assez discret puisque placé à l'endroit de la veine d'eau : autant au milieu d'une place qu'au fond d'une cour ou au tournant d'une ruelle. Certains sont même accessibles de l'intérieur des bâtisses publiques ou des maisons. Les puits bien visibles sont ceux de la campagne : placés en bordure des parcelles, ils se signalent par leur structure hors sol qui s'ouvre dans le sens de la pente. Leurs formes et leurs dimensions sont standardisées et leurs abords agrémentés de niches, de vasques, d'abreuvoirs, de banquettes et de plantations de fleurs (lilas, roses), d'arbustes (laurier sauce), d'arbres à ombrage et à fruits (chêne, tilleul, amandier, cerisier).

Source : D'après "Var" - Editions Christine Bonneton.

Le Val-puits

 Puits fleuri sur une placette au Val (Photo Nadine) 

Baudinard-puits

 Puits dans une rue à Baudinard (Photo Nadine)

Trigance-Puits

 Puits dans une rue à Trigance (Photo Nadine)

Je mets le lien ci-dessous afin que vous puissiez lire l'article sur Le puisatier.

Le puisatier - Passion Provence

Dans le silence de la campagne, le bruit d'une poulie qui grince, un seau en fer qui tape sur une margelle, de l'eau versée sur la pierre... Ces sons reposants, familiers des siècles passés, ont aujourd'hui disparu. Pourtant, la corvée de l'eau au puits n'est pas si ancienne en France.

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17 septembre 2019

L’hôpital médiéval de Garron à Seillans

 

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L'hôpital de Garron tel qu'il est aujourd'hui. Le bâtiment a été transformé en auberge il y a quelques années : "Le relais de Garron" (Photo Nadine)

 Il existe à 19 km de Draguignan, le long de la route départementale 562 en direction de Grasse, un pont et une importante bastide dénommés "Garron". Ce lieu-dit a un caractère historique puisque le toponyme "Pont de Garron" est déjà mentionné dans les textes dès le XIe siècle (1). Cet auxiliaire routier, le pont qui enjambe le Riou de Claviers, a été maintes fois démoli, reconstruit et réparé car sa situation sur le grand axe transversal Aix-Brignoles-Draguigna-Grasse-Nice en faisait au Moyen-Age, un passage obligé.

Par contre, la bastide édifiée à proximité du pont a un passé qui mérite notre attention. Ce bâtiment, même dans sa modernité actuelle, évoque le souvenir d’un hôpital de route, d’un logis, d’une auberge. Cette vocation de lieu d’accueil s’est succédé, semble-t-il, depuis des temps immémoriaux. Sans entreprendre une étude architecturale, la bâtisse laisse apparaître encore de nos jours de vastes salles voûtées et des murs imposants (2). Le site lui-même, possède les composantes classiques d’une "hospitalité" rurale : la proximité d’un pont sur une route de grand charroi ; la présence d’un cours d’eau commode pour les besoins du lavage et pour l’évacuation des ordures (3) ; l’isolement du lieu à mi-chemin entre deux villes importantes, Draguignan et Grasse ; sa position en limite de deux seigneuries médiévales, Séaï et Saint-Julien-d’Oule. La recherche d’archives nous renseigne sur l’existence d’un tel établissement, ou plutôt sur sa destruction (4). Nous avons peu d’éléments, en vérité, pour étayer cette réalité hospitalière. Malgré tout, au regard des divers actes connus, nous allons tenter de mieux l’expliquer.

Nota : Actuellement, il semble que l'auberge ne fonctionne plus ? Qui parmi mes lecteurs pourrait me le préciser svp ?

Garron2

 Le relais de Garron (Photo Nadine)

La première mention de la Bastide est de 1314. Celle-ci appartient à Pierre de Garron et à ses frères, roturiers demeurant à Seillans. Ils passent une reconnaissance à Gérine, femme de Jacques de Seillans, seigneur dudit lieu et coseigneur de Saint-Julien-d'Oule.

Peu après, en 1341, un marchand dracénois, Jean de Saint-Trophème, créancier de Pierre de Garron, se fait "colloquer" (5) sur la bastide de Garron, avec prise d’investiture des seigneurs de Saint-Julien et paiement du droit de lods (6).

Ce bien est laïque et jusque là nous ne trouvons aucune mention de l’hôpital. Le compte des décimes (7) du diocèse de Fréjus, en 1351, ne fait pas état de Garron dans la liste des hôpitaux. Le seul acte de référence est une supplique adressée par Antoine de Villeneuve au pape Eugène IV, en 1437. Ce document nous signale que "l’hôpital de Pont de Garron n’a pas pu exercer l’hospitalité depuis plus de soixante ans et ne peut le faire à présent, étant totalement détruit du fait des guerres et des pestes et qu’il est privé de ses biens, aux plus grands préjudices et dommage des pèlerins…" 

Le texte est précis, l’hôpital n’existait donc plus vers 1377. En théorie, notre hôpital eut donc une durée éphémère d’une vingtaine d’années peut-être. La tentative de restauration de cette oeuvre charitable fut vouée à l’échec malgrél’autorisation papale accordée le 18 février 1440 à Florence.

Nous avons là un cas d’investigation exemplaire puisque l’examen attentif d’archives anciennes, même copiées tardivement, nous restitue une "archéologie des sites".

 Source : Publication de la revue provençale "Lou Terraire" texte de Régis Fabre ancien directeur du Musée municipal d’Art et d’Histoire de Draguignan, historien et archéologue et Wikipédia pour l'explication des mots.

Notes :

 (1) Cartulaire de Saint-Victor de Marseille, charte n° 536.

(2) Le bâtiment a subi d’importants travaux de réfection en 1975. L’architecture médiévale en a été fortement remaniée.

(3) Histoire de hôpitaux de France, Jean Imbert, Toulouse 1982.

(4) La désolation des églises, monastères et hôpitaux en France pendant la guerre de Cent ans. H. Denifle, 1897.

 (5) Colloquer : (inscrire des créanciers dans l'ordre suivant lequel ils doivent être).

(6) Droit de lods : en fait, on dit droit de lods et ventes – aussi appelés dans certaines provinces ventes et issues, ventes et gants, ventes et honneurs, et treizième en Normandie – étaient sous l'Ancien Régime un droit casuel consistant en des taxes seigneuriales prélevées à chaque fois qu'une terre en censive était vendue.

(7) Décimes : Les décimes (n.f. pluriel XIIIe siècle ; du latin decimus "dixième") sont une taxe perçue exceptionnellement par le roi sur les revenus du clergé.

 

11 septembre 2019

La faïence de Moustiers

 

Moustiers-Sainte-Marie

Si vous allez à Moustiers-Sainte-Marie dans les Alpes-de-Haute-Provence, ne manquez pas de visiter le Musée de la Faïence. Vous y verrez des oeuvres uniques et magnifiques du début du XVIIe siècle jusqu'à nos jours.

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Qu'est-ce que la faïence ? C'est une céramique à pâte argileuse et opaque, poreuse, recouverte d'émail stannifère (contenant de l'étain) qui la rend imperméable.

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Les Clérissy, venant sans doute d'Italie, se sont installés vers 1550 à Moustiers comme "potiers de terre". Le premier faïencier de Moustiers, fut vers 1679, Pierre Clérissy, descendant de cette longue lignée de potiers de terre. Son fils Antoine, s'associa avec lui à partir de 1702. Moustiers comptait alors plus de 2.000 habitants, 4 moulins à papier et 14 ateliers de fabrication d'émail.

C'est un moine venu de Faenza, en Italie qui séjournait en 1668 au Couvent des Servites de Moustiers qui aurait appris à Pierre Clérissy le secret de la faïence stannifère. Par la suite, le bel émail blanc laiteux allait assurer avec le bleu dit "de Moustiers" la réputation et la richesse de la petite cité. Pierre et Antoine Clérissy furent les seuls faïenciers de Moustiers jusqu'en 1715 et surent s'entourer d'excellents collaborateurs : François, Gaspard et Jean-Baptiste Viry, père et fils, peintres et décorateurs formés à l'école de l'arsenal de Toulon. 

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Cheminée Faïence : décor en camaïeu bleu de grand feu peint d’après poncif. Attribué à la fabrique de Pierre Clérissy, Moustiers-Sainte-Marie, vers 1720-1730.

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Plat, décor de grand feu, Joseph Clérissy.

Ci-dessous :  Grand plat de monstre, fabrique Clérissy, vers 1730

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Cruche

A la même époque, Joseph Clérissy, le frère de Pierre, s'installa dans les faubourgs de Marseille, à Saint Jean du désert pour y créer une faïencerie. La production des Clérissy est de grand feu (de 1.000°C à 1.350°C) et elle est caractérisée par des décors tirés des gravures d'Antonio Tempesta, peintre et graveur florentin de la Renaissance. Le décor dit "à la Bérain", du nom de Jean Bérain (1638-1711), dessinateur du cabinet du roi Louis XIV et l'un des ornemanistes les plus féconds du XVIIe siècle, apparaît vers 1700.

Puis, Joseph Olérys, natif de Marseille et qui avait probablement travaillé dans l'atelier de Clérissy, s’installa à Moustiers à la fin de l'année 1737.
Il s'associa avec son beau-frère Jean Baptiste Laugier, un bourgeois de Moustiers pour ouvrir une fabrique en 1738. Olérys, très créatif, renouvela complètement les décors de la faïence de Moustiers en introduisant la polychromie et ses créations servirent bientôt de modèles aux autres faïenciers locaux. On lui doit des décors bien connus comme les guirlandes et les médaillons, les fleurs de pomme de terre, les grotesques chinois et le décor au drapeau.
Joseph Fouque, qui utilisait la technique du petit feu (de 100°C à  1.000°C) avait fait son apprentissage chez Joseph Olérys. Il signa également de très belles pièces. A la disparition de son maître en 1749, il s’associa avec Jean-François Pelloquin, un de ses cousins qui travaillait avec lui chez Olérys pour créer des faïences d'excellente qualité. En 1783, il racheta la fabrique des Clérissy et devint le principal faïencier de Moustiers jusqu'à sa mort en 1799. Il est probablement l’auteur d'une grande partie des nouveaux décors de grand feu créés à la fin du XVIIIe siècle. 

A la même époque fut fondée la fabrique Féraud. Son fondateur Gaspard Féraud s'associa à Joseph Henry Berbegier pendant treize ans. On leur attribue le décor mythologique de la fin du XVIIIe siècle. Il faut parler également des Ferrat. Ils étaient potiers à terre comme les Clérissy. Vers 1763, ils fondèrent une fabrique et firent construire des fours spéciaux pour le petit feu dont ils firent leur spécialité. Parmi leurs productions, il faut citer le décor au chinois et le décor maritime mais aussi des pièces inspirées des productions de l'Est de la France.

Alors qu’à la fin du XVIIIe siècle, le village compta jusqu'à douze ateliers, la production de faïence de Moustiers déclina au cours du XIXe siècle et la production cessa en 1873.
En 1926, Marcel Joannon (1892-1951), qui prit le pseudonyme de Marcel Provence, entreprit de faire renaître l'art de la faïence à Moustiers. Il construisit un four et relança, avec le concours d'artistes décorateurs et d'artisans qualifiés, une production originale de faïences. C'est lui et un groupe de passionnés d'Histoire et de céramiques, formant l'Académie de Moustiers, qui ont également créé en 1929, le Musée de La Faïence à Moustiers-Sainte-Marie.

 Ci-dessous : d'autres exemples de faïences de Moustiers

Sources : Wikipédia, l'encyclopédie libre

Faience

Soupiere-faience

Plat-barbe

Plat à barbe

 

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05 septembre 2019

La panetière, le meuble le plus typique de la Provence

 

Panetière_de_Fourques_dans_les_Alpes_provençales

 Photo de panetière à Fourques dans les Alpes-de-Haute-Provence

La panetière servait à conserver le pain et à le stocker tout en marquant la classe sociale des Provençaux par ses ornements plus ou moins travaillés et remarquables. Cette coutume de la conservation du pain était en usage depuis le Moyen-Age.

Panetière, vient de "paniero" en provençal qui vient lui-même de l'italien "pane", le pain. Ce petit meuble, caractéristique de la Provence était accroché au mur et pouvait présenter différentes tailles. Son utilisation a perduré jusqu'après la Première Guerre mondiale lorsque le pain était encore pétri et cuit par les particuliers chez eux ou encore dans le four communal du village. Le pain n'était alors fabriqué qu'une fois par semaine et devait être conservé dans les meilleures conditions possibles afin qu'il soit consommable sur la durée. La farine, le levain et la levure n'étaient pas de la même qualité qu'aujourd'hui et le pain se gardait mieux. Certains le préféraient rassis et trempé dans la soupe. Le pain était donc mis dans une cage en bois ajourée, afin de permettre la circulation de l'air, et cette cage accrochée à une poutre de la maison. Au fil du temps, cette boîte à pain s'est transformée et s'est agrémentée de colonnettes et de pieds. Il était ainsi plus pratique de la poser sur un meuble, par exemple un pétrin.  

Pétrin-panetière

Panetière et pétrin ou "maestro" (Photo internet).

Nota de Nadine : j'ai toujours entendu ma mère parler de "mastro" en parlant du pétrin.

 Ce dernier est également présent dans tous les foyers provençaux car il est indispensable à la fabrication du pain. C'est pourquoi, il est généralement appelé "maestra ou maestro", car il est considéré comme le "maître" du pain. A partir du XVIIe siècle, tout en gardant son utilité première, la panetière apparaît comme un meuble d'ornement. Très vite, la cage et ses barreaux de bois, qui étaient jusque là fabriqués grossièrement, se parent de moulures. Elle est à nouveau élevée et ainsi mise à l'abri des rats et des souris. Même posée en applique et suspendue au mur, par tradition, elle gardera ses pieds. Le pétrin, en pierre tout d'abord va, lui aussi, devenir un meuble intégré au mobilier. Il est commandé en même temps que la panetière et fabriqué dans le même bois avec les mêmes motifs de décoration. Lorsque la nécessité de faire son pain à sa maison ne s'est plus faite sentir, le pétrin a cependant gardé sa fonction utilitaire pour entreposer la farine puis ensuite divers aliments ou ustensiles de cuisine.

Panetière

 Photo d'une panetière trouvée sur internet

Au XVIIIe siècle, l'art de la panetière va prendre son essor et elle deviendra un véritable objet de décoration. Elle sera alors soit plane soit bombée selon la mode de l'époque. Le choix du bois, le travail du menuisier, le nombre de petites colonnettes en bois délicatement sculptées et la richesse de ses fioritures définissent alors la fortune des maîtres de la maison. Plus la classe sociale est élevée, plus les panetières sont travaillées. Les sculpteurs et les menuisiers régionaux, comme le sculpteur toulonnais Bernard Honoré Turreau dit Bernard Toro (1661-1731), façonnent tout un choix de panetières dont la structure est empruntée au mobilier des cours royales parisiennes. Le style provençal est cependant respecté. Les pieds sont en forme de chandelles, on les appelle des pieds candelés, ils sont parfois terminés par une pièce en forme d'olive, les portes sont agrémentées de tissus colorés par exemple des cotonnades ou du boutis importés d'Orient au XVIIe siècle. Les panneaux latéraux de ces panetières s'ornent de sculptures fines comme des feuilles, fleurs, épis ce blé, oiseaux, coquillages, etc... La fabrication des panetières va se poursuivre tout au long du XIXe siècle ajoutant constamment de nouveaux motifs en vogue à cette époque, tels que :  corbeilles et guirlandes de fleurs, grappes de fruits, carquois et flèches, instruments de musique,  noeuds et rubans, torchères, lyres typiques de la fin du XVIIIe siècle, etc... La finesse des petits ornements tournés qui ornent la façade, les coins et les côtés font penser aux clochetons représentés dans les peintures vénitiennes. Vers 1850, la panetière provençale des classes les plus aisées n'est plus que sculpture. Sa place en suspension lui donne une apparence de dentelle. Elle va perdre son utilité première, lorsqu'au début du XXe siècle, il est plus facile d'aller acheter du pain tous les jours que de le fabriquer. Aujourd'hui, dans certaines maisons de campagne, notamment vers Tourtour ou Brignoles, la panetière est un meuble de décoration qui sert le plus souvent à ranger les bouteilles de bons vin ou les bouteilles d'apéritifs. Elle est aujourd'hui très recherchée par les collectionneurs. 

Source : D'après un article de Nelly Nussbaum paru dans le supplément "Nous" n°41 du journal Varmatin, "La panetières des riches n'était pas celle du pauvre" et Wikipédia "Panetière provençale".

 

Panetière provençale en noyer

 Panetière provençale en noyer (Photo internet)

Cet article est à rapprocher de celui que je vous ai présenté le 8 mai 2017 et qui avait pour titre : "Quand le pain avait son écrin : la panetière". Cliquez sur le lien pour lire cet article.

Quand le pain avait son écrin : la panetière - Passion Provence

Panetière en noyer ciré - Collection Museon Arlaten - Musée départemental d'ethnographie d'Arles Une panetière est un meuble en réduction qui servait jadis à ranger et à conserver le pain. Tombée en désuétude de nos jours, son importance était considérable dans la gamme des mobiliers régionaux.

30 août 2019

Nicolas Claude Fabri de Peiresc, un grand savant provençal

 

Peiresc

Nicolas Claude Fabri de Peiresc naquit à Belgentier (Var) le 1er Décembre 1580 où ses parents, d'origine aixoise, s'étaient réfugiés afin d’échapper à la peste qui sévissait à Aix. Il prit en 1604 le nom de Peiresc, un village situé non loin de Méailles (Alpes-de-Haute-Provence), qui lui venait de son père. Il fit des études de philosophie et ressentit de l’intérêt pour l'astrononie. Appartenant à une famille de robe, il apprit le droit et fut attiré par l'archéologie, ce qui lui permit de poursuivre ses études en Italie. Il revint en France en 1602 afin de préparer son doctorat à l'Université de Montpellier. C'est en 1604, qu'il fut proclamé docteur en droit.

Nicolas-Fabri-de-Peiresc

Il fit de nombreux voyages avant d'être nommé Conseiller au parlement de Provence. Sa demeure d'Aix-en-Provence était un véritable musée où se côtoyaient sculptures antiques, peintures modernes, médailles, bibliothèque et jardin d'acclimatation.

Nicolas Claude Fabri de Peiresc est un magnifique exemple de grand intellectuel et scientifique moderne qui lui valut le titre de "Prince de la république des Lettres". En effet, s'il fut un politique remarqué dans sa région, il fut aussi un infatigable épistolier avec ses 10 000 lettres. Peiresc, en effet, a été en correspondance régulière avec Malherbe, les frères Dupuy, avec le frère du cardinal Richelieu, Rubens dont il fut le grand ami mais aussi Galilée, Pierre Gassendi et Campanella pour lesquels il lutta afin de défendre ces savants aux prises avec l'Inquisition.

Sa correspondance à Malherbe permet de mieux comprendre la personnalité de Marc-Antoine de Malherbe, le fils de Malherbe, tué en duel par Paul de Fortia de Piles avec l’aide de Gaspard de Covet de Marignane le 13 juillet 1627. Ce drame rendra Malherbe fou de douleur, il en mourra l'année suivante.

Nébuleuse d'Orion

La nébuleuse d'Orion (Photo internet)

Mais son talent ne s'arrête pas à cette oeuvre épistolaire abondante. Il fut aussi astronome (il découvrit en 1610 la nébuleuse d'Orion). Pour déterminer avec plus de précision les longitudes, il coordonna l'observation de l'éclipse de lune du 28 août 1635 tout le long de la Méditerranée ; ceci lui permit de constater que cette mer était en réalité plus courte de près de 1 000 km que ce que l'on croyait jusqu'alors. Avec l'appui, notamment financier, de Gassendi, il entreprit, avec le graveur Claude Mellan de dresser la première carte de la lune fondée sur des observations télescopiques. Mais la mort devait l'empêcher de mener à bien cette tâche.

Il fut encore numismate avec son médaillier de plus de 18 000 pièces, archéologue, amateur d'art, historien, égyptologue, botaniste, zoologue (études sur les caméléons, les crocodiles, l'éléphant et l'alzaron, sorte de gazelle à tête de taureau venant de Nubie et aujourd'hui disparue), physiologiste, géographe (projet de construction d'un Canal de Provence reliant Aix à Marseille), et écologiste. Il écrira une Histoire abrégée de la Provence, jamais éditée qui sera publiée par Jacques Ferrier et Michel Feuillas en 1985 chez Aubanel.

Cet humaniste s'éteignit à l'âge de 57 ans, le 24 juin 1637.

Buste-Aix-en-Provence_Nicolas-Claude_Fabri_de_Peiresc

Buste de Peiresc à Aix-en-Provence (Photo Wikipédia)

En son hommage, un buste en bronze a été élevé sur la place de l'université à Aix-en-Provence, en face de la cathédrale Saint-Sauveur. Par ailleurs, sa demeure, qui était située près du palais de Justice a complètement disparu : elle a été abattue lors de la construction de l'actuel Palais de Justice. Le musée du village de Peyresq situé près de Digne dans les Alpes-de-Haute-Provence, est entièrement dédié à son œuvre.

Source : D'après Wikipédia - l'encyclopédie libre

Pour en savoir plus sur Fabri de Peiresc, voir le lien ci-dessous :

Les amis de Peiresc. Documentation sur Peiresc.Bibliothèque numérique

La vaste correspondance de Peiresc est une des meilleures sources de connaissances sur le XVIIe provençal  et il apparait comme un précurseur du web. Nous avons créé une page web pour faciliter l'accès à la correspondance de cet infatigable épistolier.  
http://www.lesamisdepeiresc.fr 

24 août 2019

Superstitions et remèdes de bonne femme

 

Ollioules-Les-Gorges

Quand on quitte la gare de Sanary, sur le chemin de fer de Nice à Marseille, à neuf kilomètres environ de Toulon, et qu'on se dirige vers le village d'Ollioules, on rencontre, à une centaine de mètres de la voie, sur le bord d'un petit sentier rural, un chêne dont le tronc présente une disposition assez bizarre. A un endroit donné de sa hauteur, il est partagé en deux, par une fente de plus d'un mètre de longueur, de trois à huit centimètres d'ouverture, comme s'il était constitué par deux branches qui, après s'être séparées, se seraient réunies de nouveau. Cette disposition n'est pas un jeu de la nature, mais bien l'oeuvre de l'intervention humaine ; en y regardant de plus près, on voit que, primitivement, le tronc de cet arbre a été fendu en deux, et que l'hiatus est le résultat de la cicatrisation accidentelle d'une partie de la fente. Il n'est pas rare de rencontrer dans les champs, en Provence, des arbres qui présentent cette disposition. Ce sont le plus souvent des chênes, mais cependant on constate que des frênes, des noyers, des ormes, des peupliers, des pins même, ont été ainsi fendus intentionnellement, puis ont été entourés d'un lien, pour que les parties séparées se réunissent. Quand on cherche à savoir pourquoi certains arbres ont été ainsi traités, on ne tarde pas à apprendre que c'est parce qu'ils ont servi à la pratique d'une vieille superstition des paysans provençaux, qui croient fermement qu'en faisant passer, à un moment donné, un enfant à travers un tronc d'arbre fendu, on peut le guérir de telle ou telle maladie.

C'est surtout contre les hernies des petits enfants que ce passage à travers le tronc d'un arbre est considéré comme efficace. Voici comment la crédulité publique conseille de procéder : il faut prendre un jeune arbre d'apparence bien vigoureuse, le fendre dans sa longueur, sans l'arracher ni pousser la fente jusqu'aux racines, puis, écartant les deux parties de l'arbre, faire passer entre elles, à trois ou sept reprises différentes, dans une même séance, le petit hernieux. Une fois cela fait, les deux portions de la tige sont rapprochées très exactement et maintenues en contact à l'aide d'un lien très fortement serré. Si ces parties se recollent bien, et que l'année d'après l'arbre a repris la solidité de sa tige, l'enfant est guéri ; si, au contraire, la fente ne s'est pas soudée, on peut prédire que l'enfant restera hernieux toute sa vie !

Ane

Il est une autre manière d'agir qui est encore plus singulière, et qui cette fois ne touche en rien, aux choses de la religion. Je veux parler du remède populaire de quelques Provençaux pour guérir le "coburni" (la coqueluche) d'une manière certaine et infaillible, si on en croit les bonnes femmes. Pour obtenir cette guérison de la coqueluche, il faut faire passer l'enfant sept fois de suite sous le ventre d'un âne, en allant de droite à gauche, et sans jamais aller de gauche à droite ; car si on oubliait cette précaution, les passages en sens inverse se neutralisant, on n'obtiendrait pas le résultat désiré. Dans certains villages, il y a des ânes plus ou moins renommés pour leur vertu curative. Il y a quelques années, il y en avait un au Luc (Var) qui jouissait d'une telle réputation, que, non seulement il servait à tous les enfants de la localité, mais encore les enfants de Draguignan et même de Cannes, étaient, maintes fois, amenés au Luc, c'est-à-dire faisaient un voyage de plus de soixante kilomètres, pour bénéficier du traitement.

Sorbais_(Aisne)_église_Saint-Martin,_statue_Saint_Eloi

Enfin, je ne dois pas oublier de rapporter ici une variante de cette pratique et qui ne manque pas d'originalité. Dans beaucoup de villages de Provence, le jour de Saint-Eloi, après avoir fait bénir les bêtes, il y a une procession dans laquelle la statue du saint est portée sur l'épaule de quatre vigoureux gaillards. Pendant que cette procession est en marche, on voit nombre de paysans et de paysannes armés d'un bâton au bout duquel ils ont attaché un petit bouchon de paille, s'approcher de la statue, se glisser entre les quatre porteurs et, passant leur bâton par dessous le brancard, vont frotter la face du saint avec ce bouchon de paille, habituellement des brins d'avoine sauvage. Cette paille a dès lors la propriété de guérir les animaux malades ; aussi est-elle conservée avec soin dans la maison comme un remède miraculeux. Dans les villages de Signes et de La Cadière près de Toulon, c'est à la procession de la fête de l'Ascension, dite procession des vertus, que cette pratique se fait.

Source : D'après "Superstitions et survivances" - Laurent Jean Baptiste Bérenger-Feraud -1896-

Nota de Nadine ce jour, 24 août. Je viens de recevoir un commentaire de Giselle qui m'écrit ceci : "bona fama" est une expression latine signifiant de "bonne réputation" et non de "bonnes femmes", comme on le pense souvent". Merci à Giselle pour cette précision qui nous éclaire grandement.

 

 

18 août 2019

Les bains de mer en 1900 sur la Côte d'Azur

 

Cotedazur

Carte de la Côte d'Azur (Site Wikipédia - l'encyclopédie libre)

Les début des bains de mer sur la Côte d'Azur

Jusqu'au XVIIe siècle, la mer, peuplée de monstres marins, labourée de tempêtes et de pirates qui rôdent sur les côtes, fait peur. Il est déconseillé de s'en approcher. Seuls les pêcheurs osent la défier. Alors l'idée des bains de mer n'est même pas envisageable.

Ce sont les Anglais qui, les premiers, découvrent les vertus thérapeutiques des bains de mer, et en premier lieu sur le littoral hyérois. Au milieu du XVIIIe siècle, la station d'Hyères et ses environs sont très recherchées par les Britanniques pour leur villégiature hivernale. Plus tard, les récits de Tobias George Smollett (1721-1771), médecin écossais, malade en repos à Nice, publiés outre-Manche en 1765, et la venue régulière de la famille royale d'Angleterre vont développer le littoral azuréen. "Les gens furent très surpris lorsque je commençais à me baigner au début du mois de mai. Ils trouvaient curieux qu'un homme apparemment poitrinaire plongeât dans la mer, surtout par un temps aussi froid, et des médecins prévoyaient une mort immédiate. Mais lorsqu'il apparut que, grâce à mes bains, je me portais de mieux en mieux, des officiers suisses en firent autant, plusieurs habitants de Nice suivirent notre exemple", écrit Tobias Smollett.

A partir de là, en Angleterre, les bains aux effets curatifs sont mis au goût du jour par des médecins qui prônent les vertus thérapeutiques de l’eau salée et la tonicité de l’air marin. Mais cependant, cette thérapie n’est pas une partie de plaisir… Les bains aux effets curatifs sont mis au goût du jour par des médecins qui prônent les vertus thérapeutiques  de l’eau salée et la tonicité de l’air marin. Mais cette thérapie n’est pas une partie de plaisir… 

Bandol-

C'est ainsi que la vogue des grandes stations balnéaires telles que Bandol, Sanary, Cannes, Nice, Monaco se met en place au milieu du XIXe siècle. Des personnes fortunées, généralement des étrangers, traversent la promenade des Anglais dans leur peignoir, prennent leur bain de mer hivernal et retournent à l'hôtel. Les autochtones, eux, ne se baignent pas pendant l'hiver. Seuls quelques hommes se trempent pendant l'été. Beaucoup doutent des bienfaits de ce drôle de plaisir. "Quiconque voit sortir de l'eau la pauvre créature qui prend l'un de ses premiers bains, qui la voit pâle, hâve, effrayante, avec un mortel frisson sent la dureté d'un tel essai et tout ce qu'il y a de dangereux pour certaines constitutions. (…). J'entends que, pour certaines personnes, il peut entraîner des effets mortels, anévrisme, apoplexie…", écrit le Hyérois Jules Michelet (1798-1874), historien, dans son pamphlet sur Les Bains de mer en 1861.

Les-bains-de-mer-arrêté-de-1895

Le plaisir du bain de mer apparaît réellement au début du XXe siècle. Il fallait "se baigner", c'est-à-dire se tremper modérément dans l'eau de mer, pas plus de dix à quinze minutes par jour. A Nice, les plages de la Tour rouge ou du Lazaret, sur l'actuel boulevard Franck-Pilatte, font partie des premières à accueillir les baigneurs intrépides. Les cabines de plage apparaissent. Il convient de rester habillé : robe arrivant à mi-mollet pour les dames, avec charlotte tricotée en guise de chapeau, maillot et caleçon long pour les hommes. Il est d'usage d'éviter le contact direct avec le soleil, le bronzage, réservé aux paysans, étant encore assez vulgaire. On s'abrite sous des ombrelles, on garde son chapeau et on ne reste que peu de temps sur la plage : le tennis, les casinos, les villas et les stades hippiques offrent d'autres distractions que celle-ci.

Tentes et parasols

Entre 1920 et 1930, la saison estivale rejoint, en importance, la saison hivernale. Les plages sont alors équipées de restaurants ou de buvettes. On commence à pratiquer le bronzage légèrement vêtu, la natation, mais aussi le ski nautique, la voile légère ou le pédalo. Dès son lancement par Franck Jay Gould (1877-1956) philanthrope et homme d'affaire américain, Juan-les-Pins s'affirme comme une station uniquement estivale. D'autres stations suivent, comme Cannes par exemple, favorisée par la naissance de la Croisette. L'instauration des congés payés en 1936 lancera définitivement la pratique des vacances à la plage. Le torse nu est accepté pour les plus jeunes garçons et les jeux de plage apparaissent. Après la Seconde Guerre mondiale, les bains se libèrent et on apprend volontiers à nager, mais les corps se libèrent également et pour plus de confort, le corset tombe, à la ville comme à la plage.

Saint-Raphaël, Saint-Tropez et, comme le démontre un article du journal Le Littoral de 1938, Cannes, deviennent les stations balnéaires à la mode. " Il n'est pas contestable que la saison balnéaire est, cette année, plus brillante que l'an dernier. Jamais on avait vu pareille affluence sur nos plages, ni une telle floraison de tentes et parasols dont le bariolage anime gaiement le paysage. Les deux établissements de bains de la Croisette sont combles chaque jour. (…) La plupart des estivants, pour employer le jargon consacré, sont venus des régions voisines (…)."

Les couturiers en vogue à Paris (Jean Patou, Lucien Lelong ou Elsa Schiapparelli) s'emparent du maillot de bain qui, au fil du temps, devient de plus en plus mini. Dès 1955, les premiers bikinis font leur apparition grâce aux starlettes du Festival du film de Cannes. Désormais, le tourisme balnéaire est né.

Source : D'après un article de Nelly Nussbaum paru dans le journal Nice-Matin du 21.07.2014 et le blog "Plume d'histoire" de Marie Petitot 

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Les bain-de-jambes

La baignade de jadis

Les plages étroites mais magnifiques au pied des Maures ne furent longtemps, sur de longs espaces, que le domaine des mouettes et des gabians*. Leur sable en portait souvent que l'empreinte de leurs pattes. Parfois même, seul le vent y creusait de toutes petites vagues figées en dunes minuscules. Devant les hameaux de pêcheurs, les barques y laissaient la marque de l'étrave mêlée aux traces de pieds nus. Les enfants bruns des pescadous (pêcheurs) s'amusaient à courir et sauter dans la vague, y plonger et se laisser porter par l'eau. Ils savaient qu'ils seraient sûrement pêcheurs eux aussi et la grande bleue ne leur faisaient pas peur, mais dans les villages éloignés, aller passer une journée à la mer, c'était toute une affaire. Le matin du départ, on chargeait la jardinière ou le char à bancs. On y mettait les provisions pour la journée, la bonbonne d'eau, le picotin pour le cheval, des paniers, des parapluies pour s'abriter du soleil et les maillots de bain. On coiffait le cheval d'un chapeau de toile blanche, on grimpait dans la carriole et hue ! en route, on cahotait dans le chemin et on arrivait enfin devant la mer magnifique, bordée de grands pins et de tamaris aux fines fleurs roses. Vite, on allait se mouiller les pieds puis on allait revêtir les maillots, dissimulées derrière des buissons. Les mamans se décidaient parfois, les plus élégantes en longues culottes bouffantes resserrées sous les genoux, dos et bras couverts et le chignon couvert par une charlotte à volant. Celles qui ne possédaient pas de costume de bain, en pantalon et cache-corset serraient leurs bras sur leur poitrine. Si leur visage était tanné par le soleil, tout leur corps était très pâle et elles étaient vite gênées d'être ainsi dévêtues. Certaines se mettaient une vieille robe dont elles épinglaient le devant et le dos entre les jambes par une épingle anglaise et se baignaient ainsi. Trempant le bout des orteils, elles avançaient prudemment dans l'eau et reculaient à la moindre vague plus forte. On était timoré en ce temps-là, les bains n'avaient pas bonne réputation, on les disaient plutôt dangereux pour la santé. Les hommes dépassaient les premières lames et criaient : "venez, allez-y, elle est bonne !".

Trempette dans la mer

Les enfants échauffés par leurs gambades, détendus par l'eau tiède de midi, s'enhardissaient à faire quelques brasses rapides en soufflant et en s'excitant. Le timide bain fini, on retournait se cacher pour se rhabiller. Sur les tamaris, on faisait sécher les maillots. Puis, c'était l'heure de faire ripaille avant de dormir à l'ombre des pins. A l'époque des plage bondées et de la mer porteuse de naïades bronzées, on a du mal à croire à ces baigneuses n'osant montrer leur peau et mouiller leur corps. Plages d'aujourd'hui bariolées de centaines de parasols, fréquentées au point de saturation, vos pins ont disparus et il faut bien chercher pour trouver une petite surface libre pour y poser sa serviette et par dessus, son corps demi-nu que le soleil va brûler de ses rayons ardents.

Explications

 Le gabian est un oiseau marin côtier bien connu en Provence. C'est un mot provençal et aussi présent dans le français régional. C'est ce qu'on appelle ailleurs un goéland (du breton gwelan), appelé aussi (à tort, selon les scientifiques) une mouette. 

Source : D'après le livre "Les Maures, terre de Provence" de Georgette Brun-Boglio - Les Presses du Midi

 Costumes de bain 1899

Maillots de bains et bains de mer en 1900

Au début du XXème Siècle, les bains de mer étaient surtout recommandés pour leurs vertus tonifiantes pour la santé. Mais on ne s’offrait pas à l’élément liquide sans s’entourer d’un luxe de précautions. Depuis la "cabine de bains" tractée par un robuste cheval qui vous conduisait au contact de la mer (tout en vous dissimulant aux regards indiscrets) en passant par le "Maître Baigneur" au physique de vieux corsaire et dont la stature rassurante semblait pouvoir défier toutes les tempêtes et les raz-de-marée imaginables, il restait encore à revêtir le costume approprié. Dans les années 1900, les maillots de bain, comme leur nom l’indique, "emmaillotaient" parfaitement le corps des intrépides sportifs, de la base du cou jusqu’aux chevilles. Nul centimètre carré d’épiderme n’aurait pu offenser la pudeur du Sénateur René Bérenger (1830-1915), lequel présidait à l’époque la "Société de protestation contre la licence des rues". Au sein de cette société, le 4 Février 1906, l'abbé Antonin-Gilbert Sertillanges (1863-1948) dénonçait : "les obscénités immondes, les cartes postales immorales, les illustrations lubriques qui, sous le masque de l’art, courent librement les rues".

La naissance de Vénus-Sandro Botticelli

La naissance de Vénus de Sandro Botticelli tableau peint vers 1484-1485 - Musée des Offices à Florence

Le chef d’œuvre de Sandro Botticelli (1445-1510) : "La naissance de Vénus", aussi nue qu’au jour de sa naissance, n’était encore qu’une machine à fantasmes pour nos arrières-grands-parents. Le tissu mouillé venant souligner les imperfections du corps humain, il fallait aux baigneuses beaucoup de grâce, beaucoup de charme, ainsi enveloppées et enrubannées de la tête aux pieds, pour ne point sombrer dans le ridicule à défaut de sombrer dans les abysses.

Source : Site du Musée de la carte postale à Antibes - Exposition Maillots de bains et bains de mer 1900 en 2002

Bains de mer

 

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12 août 2019

Exposition : Les Arcs de la résistance à la libération 1942-1944

Exposition libération les arcs

Je vous fais part d'une exposition intitulée : Les Arcs, de la résistance à la libération 1942-1944. Elle sera visible aux Arcs-sur-Argens, à la salle Hugony, place du 11 novembre, du 13 au 16 août 2019 et du 20 au 30 août 2019. Les horaires d'ouverture : de 10 h à 12 h et de 15 h à 19 h. L'entrée est gratuite. Cette exposition a été concoctée et mise en place par Jean-Michel Soldi que je connais depuis de très nombreuses années. Vous pourrez y voir des documents, des photographies et du matériel qu'il a patiemment récupéré au fil des ans. Il est comme moi : un passionné d'Histoire et lui en particulier d'Histoire de la Seconde guerre mondiale. Il y aura également une présentation de livre "The 517th's Gang" par l'auteur Loïc Jankowiak. Je vous conseille d'aller voir cette exposition qui ne pourra être bien entendu que très intéressante, je dirai même passionnante mais ça, vous l'avez déjà compris.

Je mets ci-dessous le lien d'un article que j'avais fait paraître le 8 novembre 2012 et qui avait pour sujet le cimetière américain de Draguignan. 

Le cimetière américain de Draguignan - Passion Provence

Le 15 août 1944, les Forces Alliées débarquent sur le littoral varois. Ce jour-là à Draguignan, on apporte au docteur Angelin German, les corps de deux parachutistes américains tombés au quartier des Selves. Le médecin fait partie de la Résistance. Après une concertation avec son comité, il les fait enterrer dans un champ d'oliviers près du cimetière des Augustins.

Histoire du maquillage au fil des siècles

 

Homo-Sapiens

Histoire de l'Evolution Humaine : Homo Sapiens 

Depuis toujours, les hommes et les femmes ont cherché à sublimer leur beauté grâce à l'utilisation de produits cosmétiques. L'usage de maquillage remonte à la nuit des temps et il est probable que les hommes préhistoriques pratiquaient déjà la peinture corporelle. Je vous propose de retracer l’histoire du maquillage au fil des siècles.

A l’Antiquité de -3000 à 476

L’utilisation de maquillage est une pratique plusieurs fois millénaire : si l’on en trouve les premières traces écrites dans la Bible, l’archéologie a permis de retrouver des accessoires et des cosmétiques remontant à 3000 ans avant JC.

Egyptienne aux yeux fardés

Egyptienne aux yeux soulignés de khôl (Musée du Louvre)

3000 ans avant notre ère, les Egyptiens mettaient leurs yeux en valeur grâce au khôl, qui était fabriqué à base de suie ou de plomb, du fard rouge pour les lèvres et les joues à base de rouge minéral comme le coquelicot et du henné pour colorer les ongles… Et déjà ils appliquaient du carbonate de plomb appelé aussi blanc de céruse sur le visage pour blanchir la peau. Le khôl avait aussi la fonction de protéger les yeux des rayons du soleil et des conjonctivites.

Caravanes

Gravure représentant une caravane sur la route de la soie

En fait, ce sont les caravanes acheminant les épices et la soie en Europe qui ont fait connaître les produits de maquillage en Grèce et dans tout l'Empire romain. Dans la Grèce antique, notamment à Athènes et à Sparte, cette pratique était à l’origine interdite aux femmes respectables et réservée aux courtisanes. Sous l'Empire romain, les patriciennes (personnes qui faisait partie de la noblesse, de la classe privilégiée) consacraient beaucoup de temps à leur toilette, leur coiffure et leur maquillage. Ovide (poète latin) a d’ailleurs écrit un traité à ce sujet dans lequel il donne aux coquettes de son temps de nombreux conseils et recettes de beauté (Ovide : Les Fards ou Soins du visage). Chez les Grecques comme chez les Romaines, un masque à base de poudre d’orge, de miel et d'oeuf était destiné à éclaircir le teint. Les sourcils étaient noircis avec du charbon. A noter : le blanc est la couleur des nobles (c'est-à-dire, ceux qui ne travaillent pas). Très réputée, de l’urine humaine et animale était importée d’Espagne et donc vendue à prix d’or, pour se faire des bains de bouche tous les matins afin d’avoir les dents blanches. Pour se rafraîchir l’haleine et se laver les dents, des feuilles de myrrhe mélangées à du vin et des pétales de roses étaient utilisées. Au Ier siècle, la mode voulait que l’on s’éclaircisse la peau avec de la céruse et de la craie, qu’on souligne le regard d’un trait de khôl et que l’on rehausse son teint et ses lèvres avec du rouge.

A noter : à cette époque et jusqu’au début du XIXème siècle, les cosmétiques utilisés (notamment le blanc de céruse) sont des produits toxiques qui contiennent du plomb et du mercure. 

Céruse

Pot contenant du blanc de céruse (photo internet)

Quelques explications

Blanc de céruse : La céruse, encore appelée blanc de Saturne, blanc de plomb ou blanc d'argent, est un pigment synthétique blanc opaque à base de plomb. La céruse est un produit de la chimie, mais elle existe aussi dans la nature sous forme de minéral dont le nom est l'hydrocérusite. Le blanc de plomb servait aussi à fabriquer des peintures et du fard blanc dès l'Antiquité. Sa toxicité est affirmée au XVIIIème siècle. Cependant, réputé être le meilleur pigment blanc, il reste en usage même après la mise dans le commerce d'alternatives, d'abord le blanc de zinc au XIXème siècle, puis le blanc de titane au XXème siècle. Son usage est interdit au début du XXème siècle. La diminution de l'emploi de la peinture à l'huile hors du domaine des beaux-arts lui a fait perdre son importance.

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Maquillage de l'Egypte antique

Khôl, kohol ou kohl : (mais aussi en égyptien ancien : mesdemet), est une poudre minérale autrefois composée de sulfure de plomb ou de sulfure d'antimoine. Elle fut aussi composée dans le passé d'un mélange de plomb sous forme de galène, de soufre et de gras animal, voire de bois brûlé ou de bitume, utilisée pour maquiller et/ou soigner les yeux. En effet, Les Égyptiens utilisaient la mesdemet en tant que collyre pour prévenir et soulager des infections oculaires, et peut-être aussi pour protéger les yeux des fortes réfractions de la lumière du désert. Les pharaons et leurs sujets semblent avoir été également conquis par l'effet esthétique que conférait la mesdemet à leur regard, et aussi bien les femmes que les hommes l'utilisaient pour se maquiller. Le khôl peut être noir ou gris, selon les mélanges qu'il contient. Si le khôl est maintenant théoriquement utilisé sans plomb toxique en tant que cosmétique pour souligner le tour de l'œil, des intoxications graves par le plomb sont encore constatées à la suite de l'usage de khôl contenant du sulfure de plomb. Le khôl semble d'ailleurs avoir autrefois surtout eu un objectif médicinal, sa toxicité ayant une fonction biocide. Il a même peut-être été le premier antibiotique composé de molécules chimiques synthétisées par l'homme, il y environ 4 000 ans. 

 Arbre à myrrhe

Arbre à myrrhe (Commiphora mirrha)

Résine de myrrhe

Résine de myrrhe

Myrrhe : La myrrhe est une gomme-résine aromatique produite par l'arbre à myrrhe. L'histoire de la myrrhe est aussi ancienne que celle de l'encens. Les Egyptiens la connaissent depuis quatre millénaires et en faisaient un des composants du kyphi (sorte d'encens sacré). Elle était également utilisée dans les embaumements. Pour les hébreux, la myrrhe est l'un des principaux composants d'une huile d'onction sainte. A ce titre, elle fait partie des cadeaux apportés à Jésus par les rois mages. Balthazar apporta de la myrrhe en offrande (signe d'une souffrance future) alors que Melchior offrit de l'or (symbole de royauté) et Gaspard de l'encens (symbole de divinité). Du vin mêlé de myrrhe a été proposé à Jésus (qui l'a refusé) avant sa crucifixion pour atténuer les douleurs immenses de ce suppliceLa myrrhe, astringente, est utilisée dans le traitement des ulcères de la bouche et des gencives.

Source : Wikipédia, l'encyclopédie libre

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Au Moyen-Age de 476 à 1453 jusqu'en 1492

(A noter : en 1453, chute de l'empire Romain et en 1492 découverte de l’Amérique et début des Temps Modernes).

Les Croisés ont rapporté le maquillage en Europe du Nord à partir du XIIème siècle. Dès le XIIIème siècle, les nobles utilisent du fond de teint, de la teinture pour les cheveux et du parfum. Les femmes utilisent de la farine, du corail blanc et de la céruse pour se blanchir le teint. Le maquillage est condamné par l’église car il est symbole de luxure. La femme parfaite doit être mince et élancée, avoir la peau blanche et être blonde. Les prostituées devaient avoir les cheveux “carotte” pour être reconnues. Cette couleur s’obtenait avec du safran ou avec de la garance (plante dont les racines sont utilisées pour teindre les textiles en rouge vif). A noter : des cure-dents, en bois par exemple, et des pâtes à base de corail et d’herbes assainissantes servaient à se laver les dents et un linge servait à les frotter .

La Renaissance de 1453 à 1492 et jusqu'à 1610 

 A la Renaissance, l’idéal de beauté féminine consistait à avoir le teint diaphane, les lèvres, les joues, les ongles rouges et les cheveux dorés. Pour obtenir un blond vénitien, les femmes enduisaient leur chevelure d'un mélange de safran et de citron et exposaient leurs cheveux au soleil. Par ailleurs, elles se poudraient le visage à la céruse et à l'ocre rouge et se teintaient les lèvres avec de la teinture de cochenille.

Époque des Temps Modernes de 1453 à 1492 et jusqu'à 1789

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Madame de Pompadour (1721-1764) par François Boucher

A partir du XVIIème siècle, l’usage du maquillage s’étend à toutes les classes sociales. Alors qu’au XVIIIème siècle, on abusait du rouge et on se fardait même pour dormir, le XIXème siècle est marqué par un certain retour au naturel.

L'époque des temps modernes commence avec Charles VII, la nudité devient esthétique, notamment grâce à l’art. Les critères de beauté ont quelque peu changé, la femme doit avoir des rondeurs, mais pas trop quand même, pour être belle, mais toujours la peau claire et les cheveux blonds si possible. Les yeux et les cils sont maquillés avec de l’antimoine noir, hautement toxique (cousin de l’arsenic sous forme de cristaux), du vermillon est porté sur les lèvres, les ongles et les joues (pour les nobles évidemment). Il est à noter que pour avoir les cheveux blonds comme les italiennes, les femmes s’enduisent les cheveux de safran et de citron puis restent au soleil pendant des heures. Les femmes placent des boules de musc (le musc provient de glandes abdominales de cerfs) dans leur bouche pour se parfumer l’haleine. A l’époque de Louis XIV, toutes sortes d’artifices sont utilisés pour être beau et paraître propre. Par exemple, les mouches sur le visage, afin de camoufler les boutons et les cicatrices dûs à la variole (petite vérole) mais après la découverte du vaccin de cette maladie en 1796, la mouche est devenue l’ élément esthétique indispensable. (voir à ce propos mon article du 21.06.2019 Le langage des mouches et des éventails au XVIIIe siècle ).

Mouches sur le visage

Où sont placées les mouches sur le visage ?

  • “La Majestueuse” : se porte au milieu du front,
  • “La Passionnée” : au coin de l’œil,
  • “L’Effrontée” : au bout du nez,
  • “La Baiseuse” : à la commissure des lèvres,
  • “La Receleuse” : sert à dissimuler un bouton. 

Le parfum est largement répandu pour essayer de cacher l’odeur de crasse, des gens, des animaux et des excréments. On se farde le jour comme la nuit ! 

A noter : il y avait bien des cabinets d’aisance (chaise d’affaires pour le Roi) et des latrines au château de Versailles,  mais en raison d’un nombre trop limité, des systèmes de pots de chambre portatifs ont été inventés, seulement, parfois, les gens étaient obligés de se soulager où ils pouvaient. Le nom de ce pot est un bourdaloue. Vous imaginez ce que cela signifie en terme d’hygiène et d’odeur...

Bourdaloue

Un exemple de bourdaloue joliment décoré

 Explication du mot bourdaloue

L’origine du mot vient de la cour de Louis XIV où dans la chapelle royale l’abbé Louis Bourdaloue (1632-1704), appelé Roi des prédicateurs et prédicateur des rois avait l’habitude de faire des prêches interminables.
La longueur effarante de ses sermons en chaire, s’imposant souvent pendant plus de deux heures d’affilée, ne pouvait manquer de poser quelques problèmes intimes, et clairement mictionnels, aux dames de la haute société placées tout en avant dans la chapelle, mais incapables alors de se soulager de vessies douloureuses. Cachées sous la crinoline, avec l’avantage des culottes de l’époque fendues d’avant en arrière, cet objet astucieux pouvait  libérer ces pénitentes qui confiaient alors discrètement à leurs dames de compagnie le soin de vider l’instrument fort peu sacré derrière l’édifice religieux. Le mot est utilisé aussi en chapellerie (ruban du chapeau) et en pâtisserie (tarte aux poires avec de la crème d’amandes… ).

Source pour le mot bourdaloue : Site du Conservatoire du patrimoine hospitalier de Rennes - www.cphr.fr

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Hygiène

Image slideplayer.fr - Formation d’ambulancier en Transport Médico-Sanitaire

Au XVIIIème siècle, c'est le renouveau qui arrive. En effet, depuis le Moyen-Age, les déchets et les pots de chambre étaient jetés par les fenêtres. Se promener dans la rue à l’époque promettait donc potentiellement d'avoir quelques surprises… Cependant, il faut attendre le règne de Napoléon III pour implanter tout un réseau d’égouts sous les grandes avenues. Les premières latrines collectives sont créées, mais aussi les premiers trottoirs et le transport des eaux usées par un système de chasse d'eau dans les souterrains. Si à cette époque, on abusait du rouge et on se fardait même pour dormir, le XIXème siècle est marqué par un certain retour au naturel. Les habitudes bien ancrées sur le maquillage et l’hygiène sont totalement revues. En effet, dès 1906, on ne met plus de fard blanc à base de céruse sur le visage, au contraire, on préfère un maquillage qui s’adapte à la forme du visage et on utilise la paraffine et la vaseline. On prend soin de faire sa toilette et on ne met plus de parfum à outrance. 

1930s-Make Up

A partir de 1930, la mode est d’avoir un teint halé. D’ailleurs, de nos jours, nous cultivons toujours ce teint qui nous fait l'effet d'avoir bonne mine. Pendant des millénaires, fautes de moyens et de connaissances, des populations ont utilisé des produits toxiques et ont souffert de manque d’hygiène, que ce soit pour des critères de beauté ou pour diverses croyances. Il a fallu attendre le XXe siècle pour commencer à comprendre les besoins du corps humain. L'industrialisation et les progrès scientifiques ont bouleversé le monde des cosmétiques au XXème et au XXIème siècles, avec notamment l’apparition de parfums de synthèse, de tensioactifs et de conservateurs.

Sources : Site internet "Lillelettrée" - D'après un article sur l'hygiène et le maquillage de l'Antiquité à nos jours paru en 2015 et également le site Gralon.net, d'après un article paru en 2008 sur le même sujet.

 

06 août 2019

L'hygiène au fil du temps

 

Déesse Hygie

Tête d'Higie, attribuée à Scopas et provenant de Tégée - Musée national archéologique d'Athènes

Le mot hygiène dérive du nom de la déesse grecque Hygie ou Hygée (du grec ancien hugieinós "bon pour la santé"), qui était la déesse de la santé et de la propreté. Fille d'Asclépios, dieu de la médecine, et d'Epione, celle-ci symbolise la prévention alors que sa soeur Panacée (voir explication à la fin du texte) est la déesse guérisseuse liée au traitement médical et aux médicaments. Cette origine mythologique explique que les Grecs entretiennent intitialement avec leur corps des rapports vertueux, l'hygiène considérée à cette époque comme purificatrice étant ritualisée lors de cérémonies ou de libations. Dans la Grèce antique mais également dans la Rome antique, l'hygiène est un symbole de santé et se concrétise par la fréquentation des bains publics. Hippocrate, considéré comme le père de la médecine fut le premier à préconiser l'hygiène du corps à des fins curatives mais aussi préventives. Il écrivit trois livres sur le sujet consacrés à la diététique, la propreté et l'hygiène. Dans ces écrits, il recommande les exercices corporels, la pratique de bains thérapeutiques et avant toute chose la modération dans l'alimentation et la boisson. 

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Tacuinum Sanitatis

Au Moyen-Age en Europe, le manuel de diététique et traité d'hygiène de référence est le Tacuinum Sanitatis duquel les médecins extraient des conseils généraux d'hygiène, adaptés aux configurations astronomiques, aux conditions climatiques et à l'âge des patients. L'hygiène domestique médiévale concerne aussi les repas : un véritable guide du savoir-vivre apparaît au XVème siècle, Les Contenances de la table qui recommandent notamment de se laver les mains avant le repas ou de s'essuyer la bouche avant de boire. La nourriture est un chapitre essentiel de l'art médical et de nombreux traités médiévaux d'art culinaire ne sont que des adaptations du Régime du corps du médecin italien Aldebrandin de Sienne. Les étuves et bains publics populaires (hommes et femmes s'y baignant dans des baquets communs) ou raffinés sont en plein essor au XIIIème siècle, Mais l'église catholique d'Europe centrale et occidentale interdit leur pratique et cherche à fermer les établissements la permettant. Elle désapprouve également les bains à la rivière et recommande avant tout les ablutions, la seule eau pure étant l'eau de baptême destinée au salut de l'âme.

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Bains publics au Moyen-Age

Une des raisons invoquées pour bannir les étuves, bains publics et bains de rivière est qu'ils sont suspectés de propager la peste (traumatisme de la peste noire du milieu du XIVème siècle, les médecins craignant qu'elle ne fût transmise par l'eau s'infiltrant dans les pores de la peau et transportant toutes sortes de germes) et que les premiers sont assimilés à des lieux de débauche, parfois de façon justifiée, même si cette débauche n'empêche pas l'hygiène corporelle : leur fermeture se fera progressivement au cours des XVIème et XVIIème siècles. Ces prescriptions religieuses expliquent qu'aux XIVème et XVème siècles apparaissent dans les maisons aisées, au plus près du lit, les "estuves" ou bains privés, la "cuve baigneresse" (cuvier en bois cerclé, dont les parois sont doublées avec une toile pour éviter les échardes) ou la fontaine murale et, plus rarement dans les maisons plus modestes (car le bain chaud reste un luxe), les baquets et bassines qui sont plus réservés au lavage du linge. Le bain privé reste cependant essentiellement un privilège de riche et un signe d'hospitalité. 

Bains et étuves

Les étuves – Le livre de Valère Maxime, XVe siècle - Paris

Au début du XVIIème siècle, les bains fréquents qui étaient à la norme dans les cités médiévales disparurent progressivement avec l’arrivée de certaines croyances. La principale était la crainte de la maladie, car on croyait à cette époque que l’eau pénétrait par les pores de la peau et déposait, entre autre, le germe de la syphilis. L’eau était aussi censée faire perdre la vigueur sexuelle et on pensait être épargné de la maladie grâce à la crasse ! L’église, quand à elle, contribua à effacer les bienfaits des bains, en dénonçant l’immoralité de ces lieux qui mélangeaient les individus des deux sexes, et les attitudes lascives que prenaient les femmes lors de bains chauds. On ne peux pourtant pas omettre de dire que durant le XVIème siècle, le nudisme était de rigueur, et qu’il était fréquent de voir quelques attroupements près d’un fleuve ou d’une rivière. Le nudisme des femmes quand à lui, fut interdit au début du XVIIème siècle et le port de la chemise fut rendu obligatoire... On utilisait des parfums  (jasmin, cannelle, jonquille, musc) pour camoufler les mauvaises odeurs et ceux-ci étaient censés servir de désinfectant. Les pastilles d’anis servaient à parfumer l’haleine. Le développement des cosmétiques (notamment l'usage des fards rouges et blancs introduit par Catherine de Médicis ou le poudrage du corps et des cheveux par la pommade de Florence, la poudre de Chypre) souligne qu'à la cour, la vue s’impose face à l’odorat et au toucher. La toilette sèche se fait sur le corps par friction avec un linge propre ou un frottoir en peau, seul le visage et les mains se lavent à l'eau et au savon (ou l'herbe à fossé pour les moins nantis). Le corps est protégé sous la crasse, ainsi un habit blanc devenu noir est bien perçu. Seules les personnes aisées, qui peuvent changer souvent de vêtements, pratiquent une hygiène vestimentaire. La toilette des plus nobles est complétée par l'application de baumes et d'onguents aux vertus préventives, apportés notamment par les Grandes découvertes. Luigi Cornaro (1484-1566), noble vénitien qui vécu centenaire, écrit en 1558 De la sobriété dépend la longévité. Conseils pour vivre longtemps qui "sert de modèle aux ouvrages d'hygiène classiques où la santé est quasi idéalisée, permettant d'épurer le corps, de l'alléger, l'éloignant de toute maladie"

Habit-de-parfumeur

Habit de parfumeur - Nicolas de Larmessin (1632-1694)

A partir du XVIIème siècle, la "toilette sèche" perdure, mais l'usage de l'eau réapparaît petit à petit. Les premiers cabinets de bain se développent chez les gens riches et raffinés dont la blancheur de linge est soulignée au col et au poignet. Le bain froid est jugé hygiénique, non par son pouvoir nettoyant mais par son pouvoir tonifiant, tandis que le bain chaud ne reste qu'une pratique médicale. La bourgeoisie dénonce le caractère masquant des parfums et des cosmétiques de la noblesse, et de fait, l'usage de fards qui blanchissent la peau devient beaucoup moins présent. A partir du XVIIIème siècle, on voit apparaître la terreur des miasmes et les philosophes et les médecins se penchent sur les questions de l'hygiène individuelle et l'hygiène collective. Mais, l'hygiène concerne aussi la "propreté du dessous" puis, la propreté de la peau qui se fait entièrement par le lavage. La réapparition des établissements de bain et la multiplication d'espaces spécialisés (cabinets de bain, bidets, latrines collectives en usage non seulement dans les châteaux ou abbayes mais aussi dans les maisons modestes) est liée au développement de la notion d'intimité. C'est à partir de cette époque que les grandes ville se dotent d'égouts souterrains. 

Louis Pasteur

Louis Pasteur (1822-1895)

Au XIXème siècle, Louis Pasteur (1822-1895) développe une théorie des germes selon laquelle certaines maladies sont causées par des micro-organismes. Un nouveau courant de pensée, l'hygiènisme s'appuie sur les travaux de Pasteur et s'intéresse à tous les aspects de la vie quotidienne (propreté des villes, pollution, réseaux d'eau). Les scientifiques et les médecins formulent des recommandations comme le lavage des mains et la toilette quotidienne à l'eau et au savon  qui est produit en masse avec l'essor des industries chimiques de fabrication de soude. Ces instructions sanitaires s'invitent alors autant dans les classes d'école que dans la cour de récréation et dans les familles. Le thermalisme, réputé pour la santé se développe, répondant à la vocation d'une ville de santé conforme aux préceptes de l'hygiénisme urbain. La fin du siècle marque le développement des salles de bain et des toilettes dans les logements en lien avec le développement de l'eau courante dans les maisons.

Ignaz_Semmelweis

Ignace Phlippe Semmelweis (1818-1865)

C'est Ignace Phlippe Semmelweis (1818-1865), chirurgien et obstétricien hongrois qui met en évidence le risque nosocomial. Il devine en 1846 les vrais mécanismes de la contagion de fièvres puerpérales. Les femmes meurent moins en accouchant à leur domicile, à la maternité des sages-femmes de Vienne ou même dans la rue qu’à l’hôpital. Un comble ! Il arrive à la conclusion que les fièvres puerpérales sont véhiculées par les médecins eux-mêmes lorsqu’ils passent des salles de dissection et d’autopsie aux salles d’accouchement sans se laver les mains ni changer de blouses. Il mourut fou, à quarante-sept ans, de ne pas avoir réussi à convaincre les scientifiques de son époque. 

Source : D'après un article paru dans le site Wikipédia, l'encyclopédie libre. 

Complément

Panacée : En pharmacie, il était une croyance selon laquelle un remède efficace pouvait exister contre un grand nombre de maladies. On appelait ce remède la thériaque ou la panacée. Ce mot entra dans le langage courant au Moyen-Age. Aujourd'hui, on l'utilise de façon souvent ironique pour désigner un objet, une idée, un concept qui semble être le remède à tous les maux ou tout un ensemble de maux. Le mot est parfois redoublé, on ne parle plus simplement de "panacée", mais de "panacée universelle", ce qui est un pléonasme. Le ginseng appartient au genre panax, traduction latine de Panákeia. La centaurée était autrefois considérée comme une panacée, son nom évoquant le centaure Chiron, qui enseigna la médecine à Asclépios, l'Esculape romain.

Source : Wikipédia, l'encyclopédie libre.

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Autre article à suivre le 12 août : Histoire du maquillage au fil des siècles.

  

31 juillet 2019

Roger Bricoux de Monaco, musicien sur le Titanic

 

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Portrait de Roger Bricoux 

Roger Bricoux avait 20 ans lorsqu'il s'embarqua sur le Titanic en tant que violoncelliste dans l'orchestre qui animait jour et nuit la vie mondaine à bord. Mais ce dernier ne revint jamais de cette croisière tragique dont il fut l'un des héros.

Roger Bricoux, jeune violoncelliste était heureux car il venait de décrocher un contrat de rêve sur le plus grand paquebot du monde : le Titanic. Il écrivit à son père qui était musicien à l'orchestre de Monte-Carlo : "Mon père, ma vie va changer, car je viens d'être engagé comme musicien sur le plus grand paquebot du monde, le Titanic. Je vais participer à sa première croisière, le 10 avril 1912". Tout le monde avait entendu parler du Titanic. Une publicité énorme avait été faite pour son voyage inaugural de Southampton à New-York. Les agences de la compagnie de la White Star Line vendaient les billets. Il y avait justement une agence à Monaco.

Affiche de la Cie White Star Line

Affiche publicitaire de la White Star Line pour le Titanic

Le père de Roger, Léon Bricoux, faisait partie de l'orchestre symphonique de Monaco depuis 1883 et il jouait du cor. La construction du Casino et de l'Opéra de Monte-Carlo en 1879 avait nécessité d'augmenter l'effectif de l'orchestre, lequel avait été fondé en 1856 avec une quinzaine de musiciens. Le chef d'orchestre en était Roméo Accursi, neveu du célèbre compositeur Gaetano Donizetti. Léon Bricoux s'était marié avec Marie-Rose. Leurs deux premiers enfants, Marius et Marcel, étaient morts en bas-âge. C'est pour cela qu'en 1891, lorsque Marie-Rose appris qu'elle était enceinte d'un troisième enfant, elle décida d'aller accoucher dans la maison de ses parents à Cosne-sur-Loire en Bourgogne. Voilà pourquoi Roger n'est pas né à Monaco. Il n'y passa pas moins son enfance et son adolescence. Ses parents étaient des gens très catholiques et ils envoyèrent Roger au collège Saint-Charles situé dans la Principauté et ensuite au collège de la Visitation. Il commença ses études musicales avec son père et les musiciens de l'orchestre de Monte-Carlo, puis les poursuivit à l'Académie musicale de Bologne en Italie. Il les acheva au conservatoire de Paris, puis revint à Monaco. Comme font tous les jeunes musiciens, il effectua des remplacements dans les orchestres de la région : à l'orchestre de Monaco avec son père mais aussi dans les grands hôtels de Nice et de la Côte qui employaient beaucoup de musiciens pendant la saison d'hiver. Les saisons d'été se passaient ailleurs. Roger se produisait ainsi à l'Hôtel Central de Leeds en Angleterre en 1910 mais encore au Grand Hôtel du Lion d'Or à Lille en 1911. Et c'est pourquoi, au début de l'année 1912, Roger s'est engagé sur le Titanic. Il rejoint donc les six autres musiciens : Théodore Brailey, pianiste ; John Hume, violoniste ; Percy Taylor, pianiste ; Frederick Clarke, contrebassiste, John Woodward, violoncelliste ; Georges Krins, violoniste. Ils sont tous Britanniques sauf le dernier qui est Belge et Roger Bricoux. Le chef d'orchestre est Wallace Hartley, il est Anglais. Roger est le plus jeune du groupe. Le contrat a été signé avec la Black Talent Agency, qui a le monopole des orchestres de paquebots.  

Orchestre du Titanic Gravure

Les héroïques musiciens du Titanic

 Le jour du départ est enfin arrivé et le 10 avril 1912, dans le port de Southampton, alors que les passagers embarquent à bord du Titanic, l'orchestre joue sur le pont supérieur. Il entonne l'hymne de la compagnie, la White Star March. Près de mille passagers s'engouffrent dans la coque du magnifique navire réputé insubmersible. Ils découvrent avec émerveillement le décor luxueux qui s'offre à leurs yeux. Les gens les plus riches de l'époque s'y sont donné rendez-vous, de même que des centaines d'émigrants d'Angleterre, d'Irlande et d'Europe désireux d'aller commencer une nouvelle vie aux Etats-Unis. C'est le moment du départ. A 12 heures 15, le paquebot qui a mis en marche ses moteurs colossaux s'écarte du quai. Premier incident : les remous causés par les hélices font rompre les cordages du City of New York, qui est amarré à côté du Titanic et qui commence à dériver. Les deux navires manquent de se percuter. Le commandant, Edward Smith, ordonne de procéder à une marche arrière d'urgence, ce qui a pour effet de repousser le City of New York. La collision a été évitée de justesse. Le Titanic quittera Southampton avec une heure de retard.

Titanic-and-City of Newyork

Le Titanic et le City of New York (Photo Wikipédia)

La vie à bord se met en place. L'orchestre joue en plusieurs lieux : le Café parisien, la salle de réception de première classe à l'heure du thé, la grande salle pour le dîner. Il se produit également au sommet du grand escalier en fin de matinée et trois fois par jour dans l'escalier principal de deuxième classe. Les musiciens jouent en effectif complet de huit musiciens ou en trio ou encore en quintette. Le dimanche matin 14 avril, jour du drame, l'orchestre accompagnera également l'office religieux en présence du commandant. Les passagers s'assayent même sur les marches pour écouter l'orchestre. D'ailleurs, une des rescapées du naufrage, Helen Churchill Candee dira : "L'orchestre était populaire et tout le monde refusait de le quitter. Tout le monde demandait qu'il joue son air préféré". Vers 23 h 40, alors que le Titanic a déjà parcouru 1451 miles (2687 kilomètres) et que le commandant a maintenu sa route malgré la présence de blocs de glace, signalée par radio par quatre bateaux successifs, dont le Baltic et le Californian, les veilleurs, Frederik Fleet et Reginald Lee, installés dans le nid-de-pie du mât avant, aperçoivent un iceberg droit devant dans le brouillard et le signalent à la passerelle. Le 1er officier, William Murdoch, alors officier de quart, essaie de faire virer le navire vers bâbord, il fait stopper les machines et demande une marche arrière toute. Quelques trente sept secondes plus tard, le navire vire de bord, mais heurte l'iceberg par tribord et le choc fait déchirer des tôles et sauter des rivets ouvrant ainsi une voie d'eau dans la coque sous la ligne de flottaison. Tout le monde entend un grand facas mais s'en savoir ce qui arrive. Les portes étanches sont alors immédiatement fermées par Murdoch afin d'éviter une voie d'eau plus importante. Mais l'eau commence à envahir les cinq premiers compartiments du bateau. Or, le Titanic ne peut flotter qu'avec au maximum quatre de ses compartiments remplis d'eau. A 23 h 50, l'avant du paquebot s'est déjà enfoncé de quatre mètres. A 00 h 05, le commandant fait enlever les tauds (abris de grosse toile) des embarcations et rappeler l'équipage. A 00 h 15, le premier appel de détresse est envoyé en signal CQD (alphabet morse) par TSF sur la longueur d'onde des 600 mètres. A 00 h 25, l'ordre est donné de faire monter les femmes et les enfants en premier dans les canots de sauvetage. A 00 h 45, le premier canot est affalé avec 28 passagers contre 65 possibles et le signal CQD est transformé en SOS. Les officiers s'occupent de faire monter les femmes et les enfants en priorité dans les canots et les première et deuxième classes, étant plus près des canots, y ont plus facilement accès. Mais la capacité des canots n'est que de 1 178 personnes au total et il y a environ 2 200 personnes à bord à secourir ! Les canots quittent le Titanic à intervalle régulier, et sont pour la plupart à moitié vides. A bâbord, le second officier Charles Lightoller et le capitaine Edward Smith ne font monter que des femmes et des enfants, alors qu'à tribord le premier officier William Murdoch complète souvent les places vides avec des hommes. Seuls deux des vingt canots partiront à pleine charge ! A h 05, le canot pliable D est le dernier mis à la mer avec succès contenant 24 personnes à son bord contre 47 possibles. A intervalles réguliers, jusqu'à h 40, des fusées de détresse sont envoyées. Il en est de même pour les SOS qui sont envoyés jusqu'à h 17, heure à laquelle l'eau atteint la cabine radio. Les deux canots restants après h 05, les canots pliables A et B, situés sur le toit du quartier, sont descendus sur le pont des embarcations mais les officiers ne disposant pas de suffisamment de temps, ils partent à la dérive quand l'eau envahit l'avant du pont et des nageurs s'y installent. Environ quarante personnes se trouvant sur ces dernières chaloupes seront récupérés par d'autres canots.

 Salle de réception 1ère classe-Titanic

Salon des passagers de 1ère classe

 Revenons en arrière pour parler de l'orchestre : à partir du moment où les passagers ont commencé à évacuer le navire, l'orchestre s'est réuni dans le salon des passagers de première classe. Les huit musiciens ont réçu l'ordre de jouer pour éviter la panique. Un peu plus tard, alors que dans un grand désordre, les passagers se dirigent vers le pont supérieur, l'orchestre se déplace vers le grand escalier. Les passagers sont à présent sur le pont transis de peur et de froid. L'orchestre les rejoint. Il se tient à tribord, près de la deuxième cheminée. L'un des officiers rescapés, Charles Lichtoller, commentera dans ses Mémoires : "La présence de l'orchestre nous a beaucoup aidés à maintenir le calme pendant le chargement des canots." A 2 h 00, sur le pont de plus en plus incliné, au milieu des cris des passagers, les musiciens jouent toujours, arrivant de plus en plus mal à tenir leur équilibre. Ils sont vaillants à la tâche car ils se sentent investis d'une mission supérieure, persuadés qu'ils doivent assumer leur rôle jusqu'à dernier moment. Vers 2 h 15, sentant que la fin est proche, ils attaquent "Plus près de toi, mon Dieu". Puis, l'orchestre se tait juste avant la chute de la cheminée. A 2 h 17, le paquebot s'enfonce. Une vague énorme balaye le pont, les gens, les musiciens. Ils sont engloutis avec les derniers passagers et les membres de l'équipage. La grande verrière se brise en entraînant la destruction du grand escalier et donnant accès à l'eau à toutes les pièces de l'avant. A h 18, les lumières du Titanic clignotent une dernière fois puis s'éteignent. Un instant plus tard, le paquebot se brise en deux. Alors que la partie avant coule, la partie arrière flotte pendant quelques instants et se remplit d'eau lentement jusqu'à ce qu'elle sombre à h 20. Le plus grand paquebot du monde, que l'on disait insubmersible a sombré à jamais dans l'océan Atlantique. La température de l'eau est alors de −2 °C. Aux alentours de 3 h, le canot n°14 commandé par le cinquième officier Harold Lowe, arrive sur les lieux du naufrage après avoir vidé ses passagers dans d'autres canots. Arrivant trop tard, il ne tire de l'eau que quatre hommes, dont l'un meurt à bord du canot. Plus tard, à h 30, les passagers des canots aperçoivent les feux du Carpathia. A h 30, le Californian prévenu par le Frankfurt arrive sur les lieux du désastre. Le dernier canot est récupéré à h 30, le deuxième officier Charles Lightoller est le dernier à monter à bord. Le Carpathia met ensuite le cap sur New York à 10 h 50.

RMS_Carpathia

Navire Le Carpathia 

On dénombrera mille cinq cents morts et sept cents rescapés. Très rapidement, la presse va se passionner pour l'histoire des musiciens du Titanic et leur attitude héroïque. Ils ont joué jusqu'au dernier instant. Les unes des journaux leur seront consacrées de part et d'autre de l'Atlantique. Les partitions de "Plus près de toi mon Dieu" seront vendues par dizaines de milliers d'exemplaires en leur hommage. Des concerts sont donnés pour venir en aide aux familles des musiciens : le 9 mai 1912 à Brooklyn à New York, le 24 mai au Royal Albert Hall de Londres. Des cérémonies ont lieu partout dans le monde. Le 2 mai, l'une d'elles va se tenir en l'église Sainte-Dévote à Monaco en hommage à Roger Bricoux. Le magazine Monaco-Revue rend compte de la manifestation : "Jamais l'église Sainte-Dévote ne connut pareille affluence. Tous les musiciens de l'orchestre étaient là... On rendit hommage à notre concitoyen, qui a joué jusqu'au dernier moment, à qui ni le froid ni la mort n'ont fait trembler l'âme". Un baryton chanta, les musiciens de l'orchestre monégasque jouèrent une fois de plus "Plus près de toi mon Dieu". "Un irrésistible émotion est montée du coeur à tous les yeux, chargée de la douleur de seize cents âmes", raconte Monaco Revue. Cette tragédie connut une suite à peine croyable. Les Américains n'ayant pas envoyé aux autorités françaises le certificat de décès de Roger Bricoux, celui-ci fut déclaré déserteur de l'Armée française pendant la Première Guerre mondiale. Il a fallu attendre plus de quatre-vingts ans, à savoir un jugement du 11 août 2000 du tribunal de Nevers pour que sa mort soit rendue officielle. Plus de quatre-vingts ans pour certifier que l'océan avait englouti ce héros de la musique et de la mer.

Monument hommage aux musiciens Southampton

Monument en hommage aux musiciens à Southampton lieu de départ du Titanic

Le corps de Roger Bricoux n'a jamais été retrouvé. Son père, Léon Bricoux reçut le 1er mai 1912, une lettre de la White Star Company lui annonçant la disparition du corps de son fils... mais précisant que les frais lui incomberaient s'il était retrouvé ! Le journaliste anglais Steve Turner, qui a écrit sur l'histoire de l'orchestre du Titanic et qui a reproduit ce courrier dans son ouvrage pose les questions que l'on se pose sur la mort des musiciens : "Sont-ils morts instantanément au moment de l'engloutissement du paquebot ? Sont-ils morts de froid dans l'eau ? Ont-ils été broyés par la machinerie du paquebot ? Ou ont-ils été repêchés mais jamais identifiés ?" Nul n'a les réponses à ces questions.

Plaque_commemorating_Roger_Bricoux,_Cosne-Cours-sur-Loire

Plaque commémorative en hommage à Roger Bricoux - Cimetière de Cosne-sur-Loire

Comme il est dit dans le récit, il est incroyable qu'il ait fallu attendre l'an 2000 pour que la mort de Roger Bricoux soit officiellement reconnue. Le 2 novembre de cette année 2000, une plaque commémorative a été apposé dans le cimetière de Cosne-sur-Loire, à l'initiative de l'Association Française du Titanic. Sur cette plaque, Roger Bricoux est présenté comme titulaire du "Premier prix du conservatoire de Monaco et musicien du Titanic". Il est précisé que : " Par jugement rendu le 11 août 2000, la Chambre de la Famille du Tribunal de Grande Instance de Nevers a dit que l'intéressé, membre de l'équipage du Titanic, est décédé en mer, dans la nuit du 14 au 15 avril 1912". La sortie du film de James Cameron, en 1997, avec Leonardo Di Caprio et Kate Winslet, avait certainement précipité les choses.                                                                                                   

Sources : D'après un article écrit par André Peyrègne dans Le magazine "Nous", supplément du journal Var-Matin N°47 et Wikipédia, l'encyclopédie libre.                                                                          

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Je mets une vidéo trouvée parmi beaucoup d'autres sur Youtube. 

TITANIC : La Légende du Siècle - (1998 Documentaire TF1). Il s'agit d'un reportage diffusé le mardi 17 mars 1998 à 23h05 sur TF1 proposé par Charles Villeneuve et Pascal Praud.

 

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25 juillet 2019

Le gipier, artisan aux mains expertes

 

Carrières de gypse

Carrières de gypse (Photo internet)

A l'époque où personne ne connaissait encore le ciment, lou gip que travaillait lou gipier n'était autre que le gypse, qui se transformait en plâtre dans les mains expertes de ce professionnel. Dans toute la Provence, l'utilisation de ce matériau était des plus répandu du fait de la présence du minerai de gypse dans les sols, et plus particulièrement ceux de la Haute-Provence et des Alpes-de-Haute-Provence. De nombreuses carrières généralement à ciel ouvert ont été ainsi aménagées sur les effleurements de cette roche tendre, facile à extraire. Il semble que l'usage professionnel du gypse soit né à l'époque gallo-romaine et ait perduré jusqu'au XIXème siècle et de façon plus artisanale jusqu'à nos jours. Ainsi le gipier eut une importance équivalente à celle du maçon qui travaillait la pierre et la chaux. En effet, si l'on se réfère aux archives notariales, on voit que parmi les travailleurs de la terre et de la pierre, les gipiers étaient les plus importants. Leur rôle ne se limitait pas aux enduits et aux belles décorations. Le premier travail de cet artisan était d'assurer l'extraction de la roche, sa déshydratation par cuisson (entre 110° et 140°) et son broyage en une mouture plus ou moins fine. Mélangé avec de l'eau et souvent chargé de sable, de chaux, de terre, de sciure ou de gravats pilés, ce plâtre lui servait alors pour le gros oeuvre et les finitions en extérieur. Pour les murs intérieurs, il laissait s'épanouir toute son habileté et son talent pour créer à la main de délicats ornements. Il utilisait alors un mélange plus souple où il avait ajouté du sel, du lait, du sang ou même de la sève de figuier. Il semble bien que comme les maçons et les tailleurs de pierre, le gipier proposait son travail en voyageant de ville en ville et en se présentant dans les villages. Quand il se voyait confier un chantier, il en devenait le responsable, parfois même de toute la construction d'un bâtiment. Il était alors à la fois architecte et maître d'oeuvre. La profession très respectée conférait à cet homme une certaine honorabilité.

Gypserie-chateau-suze-la-rousse

Gypseries au château de Suze-la-Rousse (Drôme)

Mairie de Peyrolles

Gypseries à la mairie de Peyrolles en Provence (Bouches-du-Rhône)

A Aix-en-Provence, par exemple, au sein de la confrérie de Notre-Dame-de-Beauvezet, qui regroupait les métiers de la pierre au sens large du terme, se retrouvaient ainsi en bonne place, les maîtres gipiers dont plusieurs firent la renommée de la ville. Avant la Première République, un jeune qui terminait son apprentissage auprès d'un de ces artisans confirmés recevait une truelle, un fil à plomb, une règle et un marteau auxquels était souvent ajoutés une auge pour gâcher le plâtre. Au fils des siècles, est donc née une authentique culture du plâtre en Provence. Les superbes décors gypsés des nobles maisons, dont ceux des escaliers des vieilles demeures aixoises des XVIème et XVIIème siècles en restent les magnifiques témoins.

 Source : D'après un texte paru dans l'Almanach des provençaux 2011.

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Un exemple de maison à gypseries : la maison du patrimoine à Ollioules

La maison qui porte le numéro 20 de la rue Gambetta, appelée "Maison des Têtes" par tradition et aujourd'hui "Maison du Patrimoine", est un exemple exceptionnel de décoration intérieure du début du XVIIème siècle. En effet, il s'agit d'un hôtel particulier doté d’une façade néo-Louis XVI des années 1870. Elle est située en plein centre ancien et elle a la particularité d’être un bâtiment traversant entre la rue Gambetta et la rue Berthelot. L’intérieur est orné de gypseries (terme provençal désignant des sculptures en plâtre) datant de 1620, de peintures murales des années 1870 et comporte un escalier monumental à balustres. Elle est entièrement inscrite à l'ISMH (Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques) et les décors sculptés (couloir, escalier, cour intérieure et paliers) ont été classé Monument Historique.

Le décor de gypserie a été réalisé au début du XVIIème siècle dans le style maniériste caractéristique de cette période. Le terme de "gypserie" vient du mot provençal "gipparie", de "gip" (le plâtre) ; l'artiste qui les réalise est appelé "gippier", mot lui aussi d'origine provençale. La gypserie, propre à la Provence et au Midi de la France, est constituée d'un mélange de plâtre et de chaux. Le sculpteur travaille le plâtre frais, directement sur place ; les figures, les ornements végétaux et les animaux, les moulures, tout est sculpté à la main et non en utilisant des moules. Une fois le plâtre sec, on ne peut plus le travailler, mais seulement affiner certains détails. Si l'on s'est trompé ou si le motif n'est pas satisfaisant, il faut le casser et recommencer. Cela donne une bonne idée de la maîtrise qu'il fallait pour réaliser de tels décors.
Les éléments de ce décor mêlent des motifs traditionnels de la Renaissance (vases, figures mythologiques, éléments inspirés de l'Antiquité), des motifs chrétiens (agneau pascal et colombe du St Esprit dans les médaillons du couloir d'entrée) et des personnages du début du XVIIème siècle symbolisant le maître et la maîtresse de maison.

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Gypseries de la maison du patrimoine à Ollioules (Photo internet)

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Gypseries de la maison du patrimoine à Ollioules (Photo internet)

On ignore qui a fait construire et décorer cette maison. La tradition orale parle des Vintimille d'Ollioules, ce qui n'est pas impossible mais que l'on ne peut affirmer faute de preuves. Ce que l'on peut dire en revanche, c'est qu'il s'agit de la maison d'un noble ou de celle d'un riche bourgeois vivant noblement. La maison est un petit hôtel particulier qui rappelle en réduction ceux d'Aix en Provence.
A la fin du XIXème siècle, dans les années 1870, le propriétaire d'alors fait réaliser la façade actuelle sur la rue Gambetta, ainsi que les peintures murales. Au XVIIème siècle, les murs étaient sans doute blanchis à la chaux pour donner de la clarté et une impression d'espace.
La Maison du Patrimoine qui a été transférée à Toulon Provence Méditerranée en 2007 et fait actuellement l'objet de travaux de réhabilitation. Ces travaux sont destinés à en faire
un lieu de ressource du patrimoine architectural historique du territoire. Une scénographie ludique animera les pièces du bâtiment. La livraison de l’équipement culturel est prévue pour décembre 2019.

Sources : D'après un texte du Site de la Maison du Patrimoine à Ollioules ainsi que le site de Métropole Toulon Provence Méditerranée

 

 

19 juillet 2019

Les géants de Camargue

 

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Dans le beau pays de Camargue inondé de soleil tout est matière à histoire. Rien ne peut échapper au talent du poète ou du conteur. Les roseaux, le ciel, les étangs, le sel, les taureaux, les chevaux et la mer en sont les  principaux personnages. Une vieille légende raconte que, depuis des temps immémoriaux, la vaste région couverte à présent par la plaine de la Crau, était le royaume des fils de Caïn. Ceux-ci étaient des géants effrayants par leur stature et leur caractère. Ils étaient si fiers de leur taille qu'ils en étaient bouffis d'orgueil. Parce qu'ils étaient puissants, ils pensaient que leur place n'était pas sur terre mais dans le ciel, d'où ils pourraient gouverner le monde entier. Afin d'y parvenir, ils étaient prêts à déplacer les montagnes. "Arrachons la Sainte-Victoire et les Alpilles à leurs racines rocheuses et mettons-les sur le mont Ventoux" proposa l'un d'eux. "Bien ! s'exclama le second. Et lorsque nous serons dessus, nous nous ferons la courte échelle pour atteindre les plus hauts sommets du ciel". Et le troisième déclara : "De là plus personne ne nous résistera et nous serons alors les maîtres du l'univers en entier". Leurs voix étaient si fortes qu'elles firent trembler le ciel. Leurs gestes étaient si larges qu'ils déplacèrent des masses d'air. Du coup, les nuages en furent transformés. Trois d'entre eux prirent la forme de gigantesques oiseaux de proie qui plongèrent l'un après l'autre en direction de la plaine. Le premier souffla tout l'air contenu dans sa poitrine. Et c'est ainsi que naquit le mistral, ce vent violent auquel rien ne résiste, ni les herbes folles, ni les vieux oliviers chenus, ni les toits des maisons. Le deuxième cracha sa colère en un jet de feu. Et c'est ainsi que naquit la foudre. Le troisième tourbillonna sur lui-même inlassablement en agitant ses ailes puissantes. Et c'est ainsi que naquit l'ouragan. En sifflant, tonnant et tempêtant, tous les trois agitèrent les eaux du Rhône et de la Durance. Ils les gonflèrent de leurs larmes de rage et les bousculèrent de leurs souffles furieux et puissants, à tel point qu'ils arrivèrent à en détourner le cours, laissant à la place des flots, d'immenses plages de galets ronds et blancs. Puis, il se retirèrent, ravalant leurs sanglots, aspirant l'air dans leurs poumons, emportant avec eux des tonnes de cailloux qui montèrent au ciel en même temps qu'eux et formèrent tout là-haut un très lourd nuage de pierraille. Ce nuage devint petit à petit si gros et si pesant qu'ils ne put demeurer suspendu entre le sol et l'azur du ciel. Tout à coup, dans un craquement gigantesque, il se brisa comme un oeuf immense dont la coquille se fendille avant d'éclater. Et sous les yeux effrayés des géants, il lâcha une pluie de pierres qui ensevelit les orgueilleuses créatures sous un tapis de gros graviers. Depuis ce jour, plus personne n'entendit parler des fils de Caïn. Il ne reste d'eux que la plaine de la Crau, immense et blanche sépulture sous le soleil brûlant de Camargue.

Source : D'après un texte de Pierre-Jean Brassac dans Veillées Méditerranéennes, Editions CPE 2013.

Plaine de la Crau

Complément

La Crau ou plaine de la Crau est un paléo-delta de la Durance, proche de la Camargue, dans de département des Bouches-du-Rhône. La plaine de la Crau forme un triangle d'une surface estimée à 550 km2 . La Crau était historiquement une pelouse pastorale aride, formant une végétation unique, nommée coussoul (ou coussous), aujourd'hui fragmentée et réduite, constituant la Crau sèche, dernier habitat de type steppique d'Europe occidentale. Il subsiste aujourd'hui 95 km2 de steppe intacte. La partie nord de la Crau, qui fut irriguée à partir du XVIe siècle par le canal d'Adam de Craponne et mise en culture, forme la Crau humide, qui donne un foin réputé, premier fourrage à avoir obtenu une AOC, le foin de Crau. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, de nombreuses cultures intensives (vergers et maraîchage) ont été implantées, réduisant encore la surface de coussoul. La valeur écologique et patrimoniale du coussoul a été prise en compte à partir des années 1970 et plusieurs outils de protection ont été mis en place. L'habitat est aujourd'hui intégré au réseau Natura 2000 et la la Réserve naturelle nationale des Coussouls de Crau a été créée en 2001. Mais cette protection partielle n'empêche pas la poursuite de l'aménagement de la Crau par divers projets incompatibles avec sa biodiversité et son paysage, tous deux uniques.

Source : Wikipédia - l'encyclopédie libre.

 

13 juillet 2019

La curieuse destinée de la comtesse enterrée trois fois

 

Amoureux

La lettre d'amour 1771 - Jean-Honoré Fragonard (1732-1806)

L'histoire ci-après se situe dans l'ambiance galante du XVIIIe siècle. Après l'austérité du siècle de Louis XIV, ce siècle là est un siècle amoureux où sont édités des romans comme Manon Lescaut et où le peintre grassois Jean-Honoré Fragonard peint des tableaux charmants. La ville de Toulon est à cette époque en plein renouveau. Le souvenir funeste de la peste de 1720 qui avait causé 13 000 morts, est loin dans les mémoires. L'arsenal connaît un essor considérable qui est la conséquence des besoins en armement maritime dans une Europe politique instable. Le bagne a été créé en 1748 (voir le lien ci-dessous sur mon article intitulé : Le bagne de Toulon) attirant sur la ville renommée et curiosité. 

Le bagne de Toulon - Passion Provence

Origine du bagne Aujourd'hui, il ne reste plus rien des bâtiments du bagne de Toulon et de son hôpital, construits autrefois sur le quai du Grand Rang qui sépare vieille darse et darse neuve. Touché par les bombardements de 1943-1944, il a été entièrement rasé à la fin de la guerre.

http://www.passionprovence.org

Des édifices monumentaux sont construits comme la porte de l'arsenal ou encore la tour de l'horloge. Des voies nouvelles sont ouvertes, on nomme les rues, on numérote les maisons, la ville est éclairée la nuit, on bâtit des fontaines dans le but de favoriser l'hygiène publique qui laisse beaucoup à désirer. On crée aussi de beaux et vastes espaces qui dominent la rade et qui sont représentés dans les tableaux de Joseph Vernet. Les promeneurs élégants et les amoureux s'y donnent rendez-vous. Laurent de Pézenas de Bernardy et Rose de Vallavieille font partie de l'aristocratie toulonnaise. Le premier, originaire du Dauphiné, a fait une belle carrière militaire. En effet, fils d'un officier de la marine royale, embarqué à l'âge de dix-sept ans à Toulon aux côtés de Charles-Pierre Claret de Fleurieu, il s'est battu contre les anglais dans la rade des Sablettes en 1759. Devenu capitaine de vaisseau de la flotte royale, onze ans plus tard, il a participé au bombardement de Bizerte et de Sousse en Tunisie aux côtés du comte varois Rafélis de Brovès. A Toulon, il faisait déja figure de héros en s'illustrant dans diverses batailles. Quant à Rose de Vallavieille, née à Toulon en 1754, elle est la fille du procureur du Roi de la ville.

Le port de Toulon par Horace Vernet

"Vue du port de Toulon" par Joseph Vernet

C'est aux beaux jours de l'été 1774, qu'à Toulon on enterra dans les larmes, les prières et les chants religieux, la comtesse Rose de Pézenas de Bernardy. La défunte avait tout juste vingt ans. On pleurait aussi l'enfant qu'elle portait. Le corps fut transporté au cimetière Saint-Lazare et le caveau recouvert de fleurs. La même nuit, la comtesse s'éveillait dans sa tombe...

Lorsque le 26 avril 1774, Laurent de Pézenas de Bernardy avait épousé à Toulon, Rose Louise Marguerite de Vallavieille, tout le monde s'accorda pour dire que c'était bien là un mariage d'amour. La ravissante mariée allait avoir vingt ans, l'époux trente deux.
Le jeune ménage s'était installé dans une confortable maison de la rue Salvator (de nos jours rue des Bonnetières), non loin du port et à deux pas du procureur de Vallavielle. Peu de temps après les épousailles, Madame de Pézenas fut enceinte. Son mari satisfaisait à tous les caprices provoqués par son état. C'est ainsi qu'il lui avait offert de superbes abricots qu'il avait commandés. Ce jour-là, ils déjeunent tous deux en tête à tête et Laurent de Pézenas porte l'un de ces fruits aux lèvres de son épouse. Rose mord dans la chair, savoure le jus du fruit, et tout d'un coup, avale le noyau. Elle pâlit, crispe les mains sur sa gorge, s'étouffe, ne peut plus respirer. Le comte prend peur, se précipite vers elle, elle se débat dans ses bras, ses lèvres sont bleues. Laurent la secoue, lui tape dans le dos, essaie de lui retirer le noyau qui l'étouffe, rien n'y fait. Et le corps de la comtesse s'abandonne peu à peu mollement contre lui... elle est morte ! Lorsque le médecin arrive, il ne peut que constater le décès. En un instant, la vie a basculé passant du bonheur au drame. Laurent est effondré, sa douleur est immense. Il est anéanti, devient fou de douleur. Sa femme est morte avec l'enfant qu'elle portait ! Sa famille se charge des obsèques. Laurent de Pézanas demande que sa femme soit enterrée vêtue de ses plus beaux atours et parée de tous ses bijoux. C'est ainsi qu'on lui met au cou une somptueuse rivière de diamants, que le fossoyeur ne manquera pas de regarder, au moment de la mise en bière... Le tout Toulon était présent aux obsèques de la comtesse dans la cathédrale Sainte-Marie, là ou quatre mois auparavant, on avait célèbré son mariage.

Cathedrale-sainte-Marie

Cathédrale Sainte-Marie à Toulon (Photo internet)

Vers minuit, une silhouette se glissa dans le cimetière, et se dirigea vers le tombeau des Pézenas. L'ouverture du caveau fut dégagée, et à l'aide d'une petite échelle, le fossoyeur pénétra dans le tombeau. Il ouvrit le cercueil et commença son horrible besogne. Il assit la jeune femme afin de pouvoir dégager le fermoir du collier de diamants. Mais, tantôt la morte allait de l'avant à l'arrière et inversement et du coup, il n'arrivait pas à saisir le fermoir. Le croque-mort était étonné de constater que le corps n'avait pas la rigidité des cadavres qu'il avait l'habitude d'enterrer. Cependant, impatienté, il finit par donner un coup de poing dans le dos du cadavre, en lui disant "Tiens-toi droite". Soudain, la morte a comme un hoquet, elle expluse le noyau d'abricot qui obstruait sa trachée, ouvre les yeux, se met à respirer très fort. Le voleur est terrorisé, épouvanté. "Je suis la comtesse de Pézenas, dit la jeune femme. Où suis-je ?"." Conduisez-moi auprès de mon mari je vous prie". Le fossoyeur toujours terrorisé lui explique tout de même qu'elle est au cimetière et qu'il va l'aider à rentrer chez elle. Rose, enceinte et à bout de force, soutenue par le fossoyeur arrive enfin chez elle vers une heure du matin. Le fossoyeur frappe à la porte. Les domestiques sont choqués qu'un étranger se permette de faire un tel tapage devant une maison en deuil, puis enfin, ils reconnaissent leur maitresse et là ils ont la plus grande frayeur de leur vie. Et comment décrire la joie du mari, le premier moment de stupeur passé ?

Par la suite des temps, ils eurent de nombreux enfants. Le premier, celui que la comtesse portait au moment de "sa mort", fut Joseph-François-Xavier. Il naquit le 12 février 1775. Le jour de son baptême, il y avait foule dans la cathédrale, parce que l'histoire avait fait le tour de la ville. Et voilà qu'on le portait sur les fonds baptismaux à présent. Chacun disait : "Voici Monsieur de Pézenas qui fut enterré avant de naître". On parlait aussi beaucoup de la mort apparente de la comtesse, il était question de syncope respiratoire, de léthagie. A cette époque on enterrait rapidement les défunts, les XVIIIe et XIXe siècles abondent de ces récits. A la fin de notre XXe siècle, certains spécialistes en la matière ne prétendent-ils pas que 4% des personnes enterrées sont encore vivantes ? Cela fait froid dans le dos !

Laurent de Pézenas de Bernardy mourut le 6 septembre 1793, fusillé. Rose de Pézenas, de nouveau enceinte, resta veuve à quarante ans. En 1794, elle se réfugia à Pernes (de nos jours Pernes-les-Fontaines), dans le Vaucluse, le village natal de son mari, où on l'arrêta le 14 avril comme ennemie de la Révolution. Le 22, elle fut transférée à Toulon et incarcérée à la prison Sainte-Ursule. Elle avait avec elle ses deux filles de douze et dix ans et deux garçons de six et quatre ans. Elle n'échappera à la mort que grâce à sa grossesse. Rose sera libérée pour accoucher de son dernier fils, Charles-Joseph. L'incroyable histoire de Rose de Vallavieille a été racontée à la fin du XIXe siècle, dans un ouvrage publié à Paris en 1896, par un historien médecin de la marine toulonnaise, Laurent Béranger-Féraud, lequel avait interrogé les descendants des deux familles ainsi que les enfants des témoins. La comtesse Rose de Pézenas finit sa vie à La Seyne-sur-Mer, dans le quartier de l'Evescat, au-dessus de Tamaris, vers les Sablettes. On sait peu de choses sur la fin de sa vie, si ce n'est qu'elle fit oeuvre de charité à l'égard des pauvres de la ville. En mourut en 1829 à l'âge de soixante-quinze ans. Elle avait traversé la Révolution, le Premier et la Second Empire, avait connu une république et le retour de la royauté. On l'enterra dans l'ancien cimetière de la ville. Mais ce ne fut pas sa dernière sépulture. En 1838, un nouveau cimetière fut construit à La Seyne et ses restes y furent transférés. C'est ainsi que la comtesse Rose de Pézenas fut enterrée trois fois.

Tombe

Tombe de la comtesse Rose de Pézenas au cimetière de La Seyne (Photo internet)

On peut voir aujourd'hui sa tombe à l'abandon, près du mur du cimetière. Une simple grille rouillée et une épitaphe qui s'efface avec le temps sont là pour marquer sa présence. Il est gravé entre autre dans la pierre : "Modèle des épouses et des mères, elle fut toujours à l'appui des malheureux". Mais aucune allusion n'est faite à son destin hors du commun. 
Parfois sur sa tombe une ou deux fleurs sont déposées par quelques mains charitables devant tant de misère posthume. Mais qui se souvient encore de l'extraordinaire histoire de la comtesse de Pézenas ? Peu à peu, le temps efface les souvenirs comme les inscriptions sur les monuments funéraires. Et c'est ainsi qu'aujourd'hui, plus personne ou presque ne raconte l'incroyable histoire de Rose de Vallavieille.

Sources : D'après "La Provence insolite" - Christiane Maréchal - Editions Campanile et le Magazine "Nous" - Supplément du journal Var-matin n°56 - Texte d'André Peyrègne.

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L'Inhumation précipitée - Antoine Wiertz 1854

Complément : La taphophobie

La peur d'être enterré vivant porte un nom : la taphophobie. Elle s'est largement répandue à partir de la Renaissance. Cette peur s'est accrue au XIXe siècle par la prolifération de récits d'épouvante rédigés par des écrivains adeptes du romantisme tels Edgar Allan Poe et par la relation de cas réels rapportés dans les jounaux ou encore des tableaux comme L'inhumation précipitée d'Antoine Wiertz. De nombreux médecins d'alors admettent leurs difficultés à diagnostiquer, avec certitude, un décès dans des cas de catalespsie, léthargie, coma, etc...

Source : Magazine "Nous" - Supplément du journal Var-matin n°56

Complément : Le croque-mort

Le croque-mort ou croquemort est le surnom populairement donné aux employés des pompes funèbres chargés de la mise en bière des défunts et de leur transport au cimetière. Le mot apparaît vers la fin du XVIIIe siècle, juste avant la Révolution. Dans notre imaginaire collectif, le croquemort est un personnage sinistre et lugubre, voire porteur de malheur. Cette image ne correspond plus avec la réalité d'un croque-mort, assistant funéraire. L'origine du nom vient des épidémies de peste au Moyen-Age pendant lesquelles les nombreux morts étaient rassemblés avec des crochets (crocs), ou à une ancienne pratique consistant à mordre l'orteil d'un défunt pour s'assurer de son décès par son manque de réaction, ce terme n'apparaît dans les textes écrits qu'en 1788. Il semble que l'expression signifie que les employés des pompes-funèbres "croquent" (mangent) les morts en leur subtilisant bijoux et valeurs (dont les alliances et les dents en or), avant de les faire disparaître d'abord dans un cercueil puis sous terre. Cette interprétation est à rapprocher du mot sarcophage, cuve destinée à recevoir un cadavre, dont l'étymologie grecque Σαρκοφάγος (sarcos désignant la chair et phagein l'action de manger, dévorer) se traduit littéralement par "mangeur de chairs".

Source : Wikipédia - l'encyclopédie libre

Complément : La mise en bière

La mise en bière, fait de placer un mort dans un cercueil et de l'y enfermer, a une origine étymologique complètement différente de celle de la boisson. Le mot bière dans cette expression est issu du francisque "bëra", civière (XIème siècle). Le Dictionnaire historique de la langue française apporte les précisions suivantes : L'évolution sémantique de ce mot reflète l'histoire sociale du mode d'ensevelissement des cadavres au moyen âge ; du Ve au VIIIe siècle, la coutume était en Europe occidentale et centrale d'enterrer les morts à même le sol, quelquefois sur une planche, très rarement dans un réceptacle. Originellement, bière désigne la civière sur laquelle on portait les malades, les blessés et spécialement les morts, et que l'on abandonnait fréquemment comme couche avec ces derniers. Quand l'usage du cercueil, d'abord réservé aux grands se répandit, bière commença par métonymie à désigner un cercueil en bois (fin XIIe siècle). Avant le XVIe, il abandonna à civière son sens étymologique de brancard tout en le conservant dans certains dialectes de l'Est. Le sens de funérailles est isolé en moyen français, mais également connu de rhéto-roman ; celui du tombeau (XVIe siècle) disparait au début du XVIIe siècle.

Source : Yahoo ! Questions Réponses

Complément : Les pompes funèbres

Le terme "pompes funèbres" date du XVIe siècle : il se compose du mot latin "pompa" qui signifie procession, cortège, ce mot a ensuite été synonyme de luxe, de grand cérémonial, c'est pour cela qu'il s'est retrouvé dans l'expression "en grande pompe" et "pompes funèbres". Ainsi, cette expression a d'abord été employée pour désigner le faste des grandes cérémonies funéraires (notamment au XVIIe), les longs cortèges...
Ce n'est qu'à la fin du XIXe et au XXe siècle que l'enterrement est devenu une charge de la mairie et non plus de la famille, le terme pompes funèbres a donc été employé pour désigner ces entreprises qui ont remplacé le menuisier, les porteurs, les pleureuses, les employés de mairie, le fleuriste... pour proposer une offre "tout en un".

Source : Yahoo ! Questions Réponses

 

07 juillet 2019

Comme un paquebot posé sur la colline... La villa Noailles à Hyères

 

Villa Noailles

La villa Noailles à Hyères (Photo du site de l'Office de tourisme de Hyères) 


Emission "Des racines et des ailes" 

Construite entre 1923 et 1925 sur les hauteurs de Hyères, située à 4 km de la mer, la villa Noailles, est l'une des premières constructions françaises de style moderne. Réalisée au temps des années folles par l'architecte français Robert Mallet-Stevens (1886-1945), pour le compte de Charles vicomte de Noailles et de son épouse Marie-Laure, ce bijou avant-gardiste est représentatif du mouvement rationaliste, avec un intérieur à la fois très lumineux, fontionnel et minimaliste. Au début des années 20, pour réaliser la villa de ses rêves, le vicomte de Noailles va faire appel aux artistes et aux artisans les plus renommés de l'époque. Parmi eux : Louis Barillet pour les vitraux, Eileen Gray et Francis Jourdain pour le mobilier. Gabriel Guévrékian pour le jardin cubiste, Piet Mondrian ou Constantin Brancusi pour les oeuvres d'art. Dans sa correspondance avec l'architecte, Charles de Noailles précise : "Je ne compte plus sacrifier un pouce de fenêtre pour obtenir une façade Louis XVI que pour obtenir une façade moderne et intéressante" (1923).  "Je ne pourrais jamais supporter quoi que ce soit dans cette maison ayant un but seulement architectural et je cherche une maison infiniment pratique et simple, où chaque chose serait combinée du seul point de vue de l'utilité" (1924).  "Je veux le soleil le matin dans les chambres à coucher et le soleil de l'après-midi dans le salon, parce que c’est pour avoir le soleil que j'irai dans cette maison" (1925). Habitée dès janvier 1925, la maison sera agrandie jusqu'en 1933 avec la collaboration de l'architecte local Léon David, pour atteindre 2 000 m2 (contre 500 en 1925) et 60 pièces avec piscine, squash et gymnase privés. Surmontée, comme l'atelier, d'une verrière formant une composition néo plastique de poutres et de panneaux aux plans décalés, c'est également le premier exemple d'une piscine privée couverte en France. Environ la moitié des espaces affectés au service et au logement des domestiques semblent avoir été conçus principalement par Léon David, qui succédera comme maître d'oeuvre à Mallet-Stevens. C'est pour la piscine, que Robert Mallet-Stevens crée, en 1923-1925, le "Fauteuil Transat", en tube de tôle laquée et toile, qui constitue l'un des tout premiers meubles modernes à structure métallique. En 1925, Georges Bourgeois dit Djo-Bourgeois aménage la salle à manger, puis en 1926 quatre chambres au mobilier intégré et, dans les salles voûtées, un bar coloré ; tandis que Pierre Legrain est chargé d'une chambre. Pour la chambre de la vicomtesse, il livre un lit, tandis qu'Eileen Gray présente un tapis et une desserte, Francis Jourdain une chaise et Léon Domin un fauteuil. Au total, ce "paquebot immobile" disposera de 1800 m2 de superficie, avec pas moins de quinze chambres de 15 m2 équipées chacune d'une salle de bain, d'un dressing, du chauffage central et du téléphone. Sur la colline du vieux château dominant la ville d'Hyères, la villa comporte également un grand jardin méditerranéen planté par le vicomte de Noailles, complété en 1925 par un jardin cubiste de Gabriel Guévrekian.

Cubist_Garden_Villa_de_Noailles_Hyeres

Ce jardin cubiste, appelé aussi le jardin triangulaire était orné d'une sculpture en bronze de Charles Lipchitz, aujourd'hui conservée au Musée d'Isaräl à Jérusalem. Au sein de leur immense domaine, les époux Noailles, véritables mécènes, accueillent des artistes de renom dont ils soutiennent le travail, tels Alberto Giacometti, Jean Cocteau, Luis Bunuel, Salvador Dali, ou encore Man Ray qui tourna en ce lieu son premier film. Vendue à la municipalité en 1973, la villa, inscrite en 1975 et 1987 aux monuments historiques après une longue période d'abandon et de détérioration, a été restaurée publiquement en plusieurs étapes par les architectes Cécile Briolle, Claude Marro et Jacques Repiquet, pour devenir un centre d'art et d'architecture en 1996 (expositions temporaires d'art contemporain : arts plastiques, architecture, design, photo ou mode). Elle est ouverte au public depuis 1989. Aujourd'hui dirigée par Jean-Pierre Blanc, la Villa Noailles perpétue sa tradition d'avant-garde car elle est le seul centre d'art en France qui construit sa programmation autour de l'architecture (exposition en février), la mode et la photographie (Festival international de mode et de photographie), et le design (Design-Parade à Hyères et Toulon). Son originalité, la qualité de sa programmation et son rayonnement local, national et international lui ont valu le label "Centre d'art d'intérêt national".

Ci-dessous une autre vidéo intitulée : Les ombres de la villa Noailles. Cliquez sur la vignette ou Bing video pour la visionner.

Sources : D'après un article paru dans Version Femina, supplément de Var-Matin n° 891 et également Wikipédia l'encyclopédie libre.

Villa-Noailles-Hyères-6


Villa Noailles de nuit

  

01 juillet 2019

Le 31 octobre 1875, le Magenta explose avec son trésor dans la rade de Toulon

 

Magenta_and_Napoléon_III_in_Brest

Navire le Magenta à Brest (Gravure Wikipédia)

Très découpée, la côte varoise a été la scène de nombreux naufrages depuis l'Antiquité. Celui du Magenta, navire cuirassé de la Marine Nationale est resté dans les annales. En effet, dans la nuit du 31 octobre 1875, le navire mouillé en rade de Toulon, explose à la suite d'un incendie, sans faire de victime. Avec ses 100 mètres de long, sa coque en bois recouverte de 12 centimètres d'acier et sa propulsion mécanique mixte, le Magenta, construit à Brest entre 1859 et 1861, est le plus grand bâtiment de cette conception réalisé en France. Dans ses soutes, ont été chargés 46 caisses remplies de 2 080 stèles puniques ainsi que la statue de l'impératrice Sabine, petite-nièce de l'empereur romain Trajan. Un trésor que les scaphandriers, puis les plongeurs sous-marins auront bien du mal à retrouver au vu des nombreux dégâts subis par le cuirassé. Faisons un retour en arrière sur cette tragédie qui n'a toujours pas révélé tous ses trésors.

Dans le but d'enrichir les collections du Musée du Louvre, la France, par le biais de son ministère de l'Instruction publique et de l'Académie des inscriptions et belles lettres, donne mandat à l'archéologue Jean-Baptiste Pricot de Sainte Marie (1843-1899)*, alors interprète du consulat général de France à Tunis, pour la réalisation de campagnes de fouilles à Carthage, cité phare des Phéniciens en Tunisie. Ces fouilles seront entreprises au nord du Tophet - nécropole légendaire - sur plusieurs murs datant des romains. C'est à cet endroit que les Carthaginois honoraient les dieux protecteurs de la ville c'est-à-dire, Baal Hamon, seigneur de l'autel des parfums, et Tanit péné Baal. Ils leur sacrifiaient les premiers nés des grandes familles. C'est à partir du IIe siècle que le culte s'est tourné vers les animaux : moutons ou béliers. Autant de représentations ornant les 2 600 stèles qui seront extraites du site. Toutes taillées dans du calcaire, elles sont décorées ou couvertes d'inscriptions sur une seule face. Mais les trouvailles ne s'arrêtent pas là. L'archéologue découvre aussi une pure merveille : une statue en marbre haute de 2.10 mètres de l'impératrice Sabine, épouse de l'empereur romain Hadrien. Brisée en 6 morceaux, elle est pratiquement entière. Rapidement identifiée, "la statue fut érigée vers 127-128 après J-C. en prévision des fêtes célébrant les dix dernières années de règne de l'Empereur. L'analyse du marbre a permis de déterminer sa provenance depuis les carrières du Cap Vathy sur l'île de Thassos en Grèce", précisent les spécialistes. Il faudra attendre presque un an pour que la dernière partie des antiquités soit embarquée sur le Magenta pour rentrer à Toulon. Soit au total 2 080 stèles puniques et la statue.

Explosion Magenta

Toulon, le 31 octobre 1875 : une explosion spectaculaire.

Le 31 octobre 1875, le Magenta est au mouillage dans la rade est de Toulon, face au bassin Vauban. Sa cargaison n'a pas encore été débarquée. Et voilà que dans la nuit, le feu prend à l'arrière du navire. Malgré tous les efforts fournis par l'équipage, l'incendie n'a pas été maîtrisé. Il progresse dangereusement jusqu'à son stock de poudre : 20 tonnes ont été embarquées. Puis, vers 3 heures du matin la frégate explose. Sur les quais, des centaines de Toulonnais assistent impuissants au tragique spectacle. La déflagration est tellement puissante qu'elle souffle tous les becs de gaz de la ville. A l'Arsenal, 20 000 vitres brisées devront être remplacées. Le Magenta coule par 12 mètres de fond, laissant encore apparaître ses superstructures. La Marine Nationale récupère avec l'aide de scaphandriers une partie de la cargaison soit près de 1 500 stèles. Ces stèles étaient placées à l'avant du bateau et elles ont ainsi été en partie préservées. Si certaines ont été noircies par la combustion, beaucoup sont intactes. Par contre, la tête de la statue, une partie de son bassin et un pan de vêtement restent introuvables. Les recherches s'arrêtent. Le navire est dynamité pour libérer le passage. 

Sabine_Carthage_Magenta

La statue de l'impératrice Sabine provenant de la fouille de Pricot de Sainte Marie, détruite lors du naufrage. Et, à droite, le visage retrouvé en 1995 et non remis en place car noirci par l'incendie. Cette statue se trouve au musée du Louvre (Photo wikipédia)

Toulon, le 27 avril 1995 : des plongées pour trouver d'autres vestiges.

"J'ai orienté mes recherches sur le coffre d'amarrage du Magenta. J'avais lu de nombreuses correspondances officielles indiquant que l'épave se situait à l'aplomb de ce dernier. Nous avions des craintes que les aménagements pour la construction du bassin Vauban empiétant de plus de 1 500 mètres sur la mer aient recouvert l'épave. Il n'en est rien", raconte Max Guérout, directeur des opérations du Groupe de recherche en archéologie navale (Gran). Créé en 1982 et présidé par le commandant Philippe Talliez, le Gran, installé à Toulon, regroupe une équipe d'archéologues, d'historiens, de spécialistes de la plongée et de l'intervention sous la mer, et d'experts de disciplines diverses. Contacté en 1993 par l'archéologue Jean-Pierre Laporte pour récupérer le reste de la cargaison du Magenta, le Gran localise l'épave en avril 1994. Trois campagnes archéologiques sont organisées entre 1995 et 1998 par Max Guérout. Le département du Var soutient le Gran et participe en financement de ces opérations. Le 10 mai 1995, après 13 jours de plongée, l'incroyable, l'inespéré se produit. "C'étaient des plongées difficiles de par la nature du bateau qui était blindé. Trouver quelque chose sous ce blindage ou parmi lui, rendait les recherches compliquées" explique Guy Martin, plongeur et photographe pour le Gran. "Après des repérages, nous avons fouillé une petite zone de quatre mètres sur quatre définie par Max Guérout. Dans cette vase, nous utilisions des suceuses, des aspirateurs. Nous étions rapidement envahis par les poussières rejetées, nous étions dans le noir absolu. Donc, nos fouilles progressaient à tâtons. Là, sous une plaque en acier, j'ai touché une pierre dans une cavité d'un mètre de profondeur. Je l'ai mise de côté et continué mes fouilles. J'ai regardé l'heure sur mon profondimètre. J'ai récupéré la pierre mise de côté. C'est en remontant à la surface, l'eau s'éclaicissant et la poussière s'évacuant sur ma trouvaille que la pierre s'est transformée en figure. Je suis sorti de l'eau en brandissant en l'air la tête de Sabine. On était tous fous de joie", raconte l'inventeur de la découverte. Au total sur les 3 campagnes, 7 éléments de la statue romaine et 85 stèles ou fragments puniques datant du IIe siècle avant J-C. seront remontés de leur sarcophage blindé. Exposée au Musée du Louvre depuis 1997, la tête de Sabine est présentée, telle qu'elle a été trouvée, noircie par l'incendie, à côté de la statue en partie revonstituée.

Source : D'après un article paru dans le magazine "Le Var" N°5 Eté 2018 édité par le Conseil départemental du Var.

Tête de Sabine dans le Magenta

La tête de Sabine trouvée par le plongeur Guy Martin

Complément :      

* Jean-Baptiste Evariste Charles Pricot de Sainte-Marie, né le 1er octobre 1843 à Paris et mort le 10 février 1899 à Madrid est diplomate, archéologue et épigraphe. Il est le fils de Jean-Baptiste Evrariste Marie Pricot de Sainte-Marie officier et géographe. Par ses explorations, il est l'un des pionniers de l'archéologie dans la régence de Tunis. Son nom reste attaché au site archéologique de Carthage ainsi qu'au cuirassé de la Marine Nationale : le Magenta, qui coula au large de Toulon le 31 octobre 1875 avec une partie de ses antiquités et qui a fait l'objet de fouilles archéologiques sous-marines entre 1995 et 1998.

Source : Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Livre Le Magenta

Si vous voulez tout savoir sur le Magenta, allez sur le lien ci-dessous.

Magenta (1861) - Wikipédia

La Magenta était une frégate cuirassée lancée en 1861 à Brest pour la Marine française. Affectée comme navire amiral de la flotte française de Méditerranée dès 1865, elle passe par le Mexique en 1867 avant d'être mise à quai pour le changement de son artillerie.

Et si vous voulez voir les objets remontés du Magenta, j'ai trouvé ce lien (dessous) pour vous, les curieux qui lisent mon blog :

Les fouilles du Magenta

Pour les journées du patrimoine 2015 le musée a proposé une exposition (qui dure encore en ce 5 octobre) d'un certain nombre d'objets issus des fouilles effectuées à partir de 1995 et conduites par le Groupe de Recherches en Archéologie Navale (GRAN) de Toulon sur les restes de l'épave du Magenta coulé en 1875 après un incendie et une explosion extraordinaire.
http://www.museedumas.fr