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Des racines et des hommes - Geneanet

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

 

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31 janvier 2023

La population varoise en 1840

 Le déjeuner des paysans

Lou gousta, le déjeuner des paysans - Alphonse Moutte

 Sous les rapports physiques, les Provençaux forment la nuance et le passage entre les peuples du Nord et du Midi de l'Europe. Ils ont en général, les cheveux châtains, quelquefois noirs, rarement blonds, la peau brune, le regard vif et pénétrant, la physionomie spirituelle mais passionnée. [...].

Ce qu'on est convenu d'appeler le peuple forme quatre classes bien distinctes. La première est celles des ménagers, composée de propriétaires vivant du produit de leurs champs, qu'ils cultivent eux-mêmes. Leur instruction se réduit à savoir un peu lire, écrire et chiffrer. Dépositaires de la pratique de l'agriculture, des adages et des traditions qui y sont relatifs, il exercent leur art avec ordre et intelligence. Le travail est pour eux une habitude. L'aisance et quelquefois la richesse en sont la récompense. Ils se nourrissent de légumes frais ou secs qu'ils récoltent dans leurs terres ou des herbages de leur petit potager. Une ou deux fois par semaine, ils font usage de la viande mais quand ils sont malades, ils ne se refusent aucun soin.

La fenaison-Alphonse Moutte

La fenaison - Alphonse Moutte

La seconde classe est celle des paysans, beaucoup plus nombreux que la première, et présentant des nuances infinies. Tous louent leurs oeuvres pendant une partie plus ou moins considérable de l'année. Les ressources toujours incertaines, varient avec le produit des terres et le prix du travail. Aussi son caractère se ressent-il de la mobilité de sa situation : insolent dans l'aisance, il est humble et soumis dans la pauvreté. On remarque en général que plus les terres d'une contrée sont ingrates, plus les paysans y sont laborieux. L'on est souvent étonné, et du courage avec lequel ils entreprennent des plantations dans les champs pierreux et stériles, et du succès prodigieux qui couronne leurs entreprises. Dans les contrées fertiles au contraire, le paysan se reposant sur le prix excessif de ses journées, vit sans prévoyance pour l'avenir et expire aux premières infirmités, en proie à tous les genres de besoins. Leur nourriture est très sobre dans leurs ménages : la soupe le soir et le matin, et du pain à l'heure de midi, quelquefois avec une demie bouteille de vin. Les saisons les plus favorables pour eux sont celles de la récolte des fèves en cosse, des pommes de terre, des figues et des raisins. Mais si par le genre d'ouvrage qu'on les emploie, on est obligé de les nourrir, ils se montrent plus difficiles et demandent des mets recherchés et un vin de première qualité. Il leur suffit d'en avoir à foison et d'en disposer à discrétion. Le plaisir le plus agréable du paysan, celui qui lui sert de délassement des pénibles travaux de la semaine, est de passer les jours de fête dans un cabaret ou dans une chambrée avec ses camarades pour y boire, manger et chanter de toutes ses forces jusqu'à ce que le sommeil l'invite à aller goûter un repos nécessaire à cause du travail du lendemain.

La troisième classe est formée des paysans des montagnes septentrionales du département. La rigueur du climat n'y permettant qu'une culture, celle des grains, des familles entières de cultivateurs, hommes, femmes, enfants, en descendent dans la partie tempérée pour y obtenir du travail. Le montagnard sait communément lire, écrire, filer, tricoter. Ses formes sont peu agréables, ses mouvements lourds, son travail lent, peu soigné, aussi le prix de ses journées n'est guère que de deux tiers de celui qu'on donne aux paysans méridionaux. 

Artisan

 La quatrième classe, composée des artisans, se rapproche par l'instruction, du premier ordre des citoyens. Presque tous propriétaires, et joignant le produit de leur industrie à celui de leurs champs, ils s'emploient à pousser leurs enfants dans la carrière qui leur paraît la plus avantageuse. Ceux qui ne savent point profiter de l'éducation qu'on leur donne et c'est le plus grand nombre, aident leur père et héritent de leur pratique. Celui au contraire qui a le bonheur de faire de bonnes études, sa naissance ne le rendant ni fier, ni timide, perce dans les emplois et ne manque jamais de parvenir. Cependant, il en est qui par attachement à leur famille et à leur pays, préfèrent exercer la même profession que leur père et l'instruction qu'ils ont aide à perfectionner leur métier et le rendre aussi lucratif qu'un bon emploi [...].

Taiolo

 Le climat du département du Var est peu favorable à la vieillesse de l'homme. Les brusques et nombreuses variations qui caractérisent notre température, suppriment facilement chez les vieillards les transpirations pulmonaires et cutanées et ces affections sont mortelles, parce qu'elles trouvent la vie déjà usée par une atmosphère desséchante, par l'impétuosité de la passion, par la vivacité de la parole, et le ton bruyant, habituel et général en toutes les choses, enfin par le régime diététique qui est habituellement chaud et excitant. Il est cependant quelques communes où l'on vieillit davantage que dans la généralité, nous citerons principalement celles de Signes, de Lorgues, de Trans et quelques-unes dans la partie avantageuse sous les climats les plus purs et les plus sains.

 Source : Extrait de "Description et statistiques du département du Var" Etienne Garcin 1840

  Var

 

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24 janvier 2023

La semaine en provençal

Sept

Le mot semaine ou semano en provençal, vient du latin septimana qui signifie sept, chiffre magique par excellence en Orient comme en Occident.
Le mois se divise approximativement en quatre semaines de sept jours calquées sur les phases lunaires d'une lunaison.
Dans l'Antiquité, les astrologues avaient découvert dans le ciel sept planètes : Saturne (Pèire de Prouvenço), Jupiter (Jupiter), Mars (Mars), Mercure (Mercùri), Vénus, le Bon Soleil, (lou Soulèu) et la Lune (la Luno)... qui ne sont pas remarquez bien, à proprement parler des planètes.Il était alors logique de faire correspondre chaque jour de la semaine à la planète qui lui correspond. Leur nom seul ne laisse subsister aucun doute : lundi est sous l'influence de la lune, mardi de Mars, mercredi de Mercure, jeudi de Jupiter, vendredi de Vénus. Seuls samedi et dimanche échappent à la règle. Ils ne sont pas liés aux planètes, en particulier dans notre pays. A l'inverse les Anglais ont conservé saturday pour Saturne et sunday pour dimanche. En France, samedi vient de Sabbat et dimanche est devenu, religion oblige, le jour du Seigneur.
En Provençal, le jour se compose en plaçant toujours Di en premier, dies signifiant jour en latin. Ainsi, les jours de la semaine en provençal sont : dilun, dimars, dimècre, dijoù, divèndre, dissate, dimenche.
Autrefois, ces jours en relation étroite avec les planètes conditionnaient le temps, les faits et gestes des populations.

Dilun était propice à tous les travaux des champs et à toute autre entreprise. Au niveau du temps, si le mistral se lève un lundi, il durera un jour ou trois jours.

Dimars, un dicton dit : coume fai lou dilun, fai lou dimars (comme il fait le lundi, il fait le mardi). Ce jour qui est sous l'influence de mars est propice à l'agriculture et au travail de la terre. 

Dimècre, il faut redouter la lune nouvelle si elle commence un mercredi car ce jour serait alors néfaste à tous les points de vue.

Dijoù, prépare déjà la fin de la semaine. Si le mistral se lève un jeudi, il durera trois, six ou neuf jours. Et si le soleil se couche couvert, la fin de semaine connaîtra la pluie.

Divèndre, jour de tristesse et d'abstinence, tous se doivent de faire maigre. Ce jour maudit, qui est celui de la mort du Christ, où aucun travail ne doit être entrepris. On doit aussi, ne rien porter de neuf ce jour là, on ne met pas un vêtement neuf un vendredi ni une paire de chaussures nouvellement achetée par exemple.

Dissate, c'est un jour beau en général. Si on compte dans l'année trois samedis sans soleil, c'est un mauvais présage. Enfin, si le mistral se lève un samedi, il cessera de souffler avant lundi.

Dimenche, il fera le même temps que le vendredi. Le dimanche, jour du Seigneur, offre le repos aux travailleurs.

Source : D'après l'Almanach 2009 - Un an en Provence - Edisud - Texte agrémenté de mes propres connaissances.

 

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17 janvier 2023

La chapelle Notre-Dame-de-Spéluque à Ampus

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Connaissez-vous cette chapelle à Ampus ? C'est une jolie petite chapelle qui remonte au Xème siècle. Elle mesure 15.50m de long sur 5.50m de large et 7m de hauteur. Elle fut consacrée le 10 janvier 1090 par Bérenger III, évêque de Fréjus sous le nom de Beate Marie de Speluca. On la désigne de nos jours également sous le nom de Chapelle Notre Dame du Plan. Elle a été classée monument historique par arrêté du 26 juin 1990. Cet édifice, situé en bordure de la Nartuby, au pied du plateau des Rouvières et de celui de Canjuers comprend une nef unique, de trois travées, voûtée d'un berceau brisé et terminée par une abside en cul-de-four avec meurtrière. A gauche du choeur, la sacristie occuperait l'emplacement d'une chapelle primitive du Xème siècle. Au temps où les Sarrasins occupaient la région dite du Fraxinet (les alentours de l'actuel village de la Garde-Freinet) ceux-ci firent irruption dans la plaine de Tourtour. Les habitants résistèrent à l'invasion et jurèrent, s’ils remportaient la victoire, de construire une chapelle en témoignage de leur reconnaissance à la Vierge Marie. Ils chassèrent l’envahisseur et construisirent l'édifice selon le voeu qu'ils avaient fait. En 990, Almerade, évêque de Riez, la dota d’un "Autel en Val d’Empure" consacré à la Vierge. Par la suite, cette chapelle primitive étant devenue trop petite, on lui en adjoignit une autre qui fut consacrée en 1090 par Béranger, évêque de Fréjus. Il existait à la même époque un monastère et un village regroupés autour de cette église. Quelques années plus tard, un chevalier félon, nommé Truan, et des membres de sa famille saccagèrent ce joyau de l’art roman ainsi que le monastère et le petit village. Seule fut réparée la chapelle située au milieu de la petite plaine. Elle fut pourvue d’un prieur et desservie par quatre moines. Puis, en 1793, elle fut vendue comme bien national et achetée par Madame Autran, puis par la famille de Jerphanion qui la rendirent alors au culte. D’importantes réparations ont été entreprises depuis lors et le clocher et l’ermitage furent restaurés. Madame de Jerphanion, souhaitant rendre à cette chapelle privée sa destination première, y accueille une moniale qui y vit à demeure.

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La voie aurélienne qui reliait Fréjus (Forum Julii) à Riez (Reis Appolinaris) passait devant la chapelle. Des vestiges sont encore visibles entre les quartiers d'Olves et de Sainte-Anne mais aussi à proximité de la chapelle où l'on peut voir une croix de fer plantée dans une pierre cylindrique, vestige d'une borne romaine. Sur le fût de celle-ci est mentionné le nom de l'autorité (empereur ou consul) à l'initiative de la construction ou de la réfection de la voie, ainsi que la distance en milles romains entre la borne et les cités administratives les plus proches.

  Sources : Monsieur Marcel Faure, instituteur et historien d'Ampus - Les photos sont de Nadine.

Pour en savoir plus :

Chapelle Notre-Dame de Spéluque – une chapelle provençale du XIe siècle (notredamedespeluque.org)

 

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10 janvier 2023

Le corail rouge de Méditerranée

corail-rouge

Corail rouge est le nom commun de Corallium rubrum ainsi que de plusieurs espèces de coraux marins. Les coraux rouges se distinguent des autres coraux par leur squelette rouge ou rose-orange qui est très dur et intensément coloré. Le corail rouge est utilisé pour la fabrication de bijoux et d’ornements divers. Le squelette dur des branches de corail rouge est naturellement mat, mais peut être poli pour obtenir une brillance vitreuse. On le trouve principalement dans la mer Méditerranée, parce que cette mer est peu profonde et sombre par nature. Comme presque tous les coraux, le corail précieux forme des colonies composées de nombreux polypes. Les colonies ont une taille comprise entre 5 et 30 centimètres, et sont irrégulières et peu ramifiées. Avec un courant fort et continu, le corail forme également des croûtes. Les colonies de plus d’un mètre et pesant plus de 30 kilogrammes ont disparu de la nature, en raison d’une exploitation excessive faite pour la production de bijoux. Les extrémités des branches ont une épaisseur de 3 à 5 millimètres, et les branches calcaires de la colonie sont formées de sclérites fondus.

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Cet animal vit donc en colonies sous la forme de branches d’arbres dans lesquelles les individus partagent le travail de subsistance : des polypes munis de tentacules sont chargés de capturer la nourriture, et d’autres membres comme les pores sont responsables de la circulation de l’eau dans le système de tube qui forme la colonie. Le corail rouge se nourrit de zooplancton et il est colonisé par diverses espèces d’éponges de mer. Le corail rouge se reproduit sexuellement. Les larves ont une phase embryonnaire d’un mois et quelques jours de vie planctonique. Plus tard, ils se fixent à un type de substrat, dans des endroits peu éclairés, avec des eaux calmes et une salinité constante.

Les coraux grandissent à un rythme d’environ 3 ou 4 cm tous les 10 ans et poussent surtout entre 40 et 100 mètres de profondeur, plus rarement dans des eaux moins profondes protégées par des grottes. La côte d’Alghero, en Sardaigne, également connue sous le nom de "côte corallienne", abrite de nombreuses grottes où le corail rouge est présent en grande quantité à une profondeur de 4 mètres. On trouve également du corail rouge dans la Méditerranée et l’océan Atlantique à l’est du Portugal, dans les îles Canaries et les îles du Cap-Vert. 

Ce corail était auparavant une espèce abondante, mais en raison de son exploitation abusive à des fins commerciales, il a aujourd’hui disparu de nombreuses endroits. La pêche et maintenant le changement climatique menacent sa persistance. En raison de cet état de fait, le corail rouge est actuellement une espèce protégée dans de nombreuses réserves marines. Les trois plus anciennes aires marines protégées de la Méditerranée où se trouve le Corallium rubrum sont Banyuls, Carry-le-Rouet et Scandola, au large de l’île de Corse.

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Sculpture sur du corail rouge (Photo internet)

La pêche au corail rouge est actuellement pratiquée exclusivement pour les coraux sous-marins, avec un permis spécifique renouvelé chaque année en fonction de la région concernée, et opérant généralement dans des zones de grande profondeur allant de 80 à 130 mètres. On estime que ces dernières années, dans toute la Méditerranée, 60 tonnes de coraux rouges ont été pêchées chaque année. Cette quantité est actuellement considérablement réduite grâce à la modification des politiques de protection et de gestion de la flore et de la faune marines par les gouvernements qui ont interdit les techniques de pêche massive. Comme cité précédemment, le corail rouge est largement utilisé pour la fabrication de bijoux, mais aussi pour l’homéopathie. En ce qui concerne la fabrication de bijoux, il est généralement monté sur de l’or et de l’argent, ou percé pour obtenir des colliers et des bracelets. Le traitement du corail rouge pour obtenir un bijou est divisé en différentes phases qui commencent par l’élimination du revêtement, puis le nettoyage, la coupe et le découpage, le traitement et enfin le polissage. Concernant l’homéopathie, les vertus homéopathiques du corail rouge proviennent du coralligène zoophyte, du carbonate de chaux, du fer, de la gélatine et des autres éléments contenus dans l’espèce. Les coraux rouges sont généralement utilisés pour le traitement des tempéraments nerveux, ainsi que pour l’asthme, la toux et les problèmes respiratoires. Il est également utilisé dans le traitement des taches rougeâtres et brunâtres sur la peau, ainsi que dans le traitement des taches laissées par des maladies comme la varicelle par exemple.

Source : D'après un article du Site internet dailygeekshow.com

J'avais déjà fait un article à propos du corail qui était paru le 7 mars 2015. Je vous mets le lien si vous désirez le lire ou le relire.

Les travailleurs du corail - Passion Provence

Un grand panier de sardines sous un bras, le poing sur la hanche, la balance romaine accrochée à la ceinture, la poissonnière du quartier Saint-Jean est l'un des personnages les plus caractéristiques du peuple marseillais et l'un des premiers a avoir été immortalisé par les santonniers.

http://www.passionprovence.org

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