Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

Côte d'azur varoise

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla).

Mon nouveau blog :

Cimetières de Trans en Provence et généalogies transiannes (canalblog.com)

Ce blog est pour le moment en travaux. Il le sera pendant un certain temps, soit le temps que je fasse tous les articles qui sont prévus, c'est-à-dire, un article par tombe. Si vous désirez le visiter, il n'y a aucun problème, il vous suffit de cliquer sur le lien. Merci à vous.

 

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15 juin 2021

Le rêve mexicain des Barcelonnettes

 

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Les trois frères Arnaud restent comme les pionniers de l'immigration des "Barcelonnettes" au Mexique. Jacques Arnaud, originaire de Jausiers, dans les Basses-Alpes (actuelles Alpes-de-Haute-Provence), a environ trente ans lorsqu'il ferme sa filature de soie en 1820 dans laquelle il a médiocrement réussi. En septembre 1821, il décide de partir, non pas de façon saisonnière vers la région des Flandres, ou encore la Hollande, Lyon, le Midi, le Piémont... comme c'était l'habitude depuis longtemps dans la vallée de Barcelonnette, mais pour la Nouvelle-Orléans, où il devient un petit fournisseur de l'armée américaine. Plus tard, profitant qu'Iturbide, proclamé empereur en 1822, sous le nom d'Augustin 1er, ouvrait les portes du Mexique aux étrangers, il part pour Mexico, s'associe à un certain Maillefert et monte un magasin de tissus, le "Cajon de Ropa de las Siete Puertas" dans la rue de Bajos de Portaceli. Leurs débuts ayant été promptement couronnés de succès, il fait venir ses frères, Dominique et Marc-Antoine. Dans les années qui suivirent, d'autres jeunes gens de la vallée vinrent aussi les rejoindre. En 1837, Eugène Caire de Briançon (Hautes-Alpes), Derbez et Alphonse Jauffred de Jausiers, venus aussi comme employés de la maison Arnaud, créèrent à leur tour, au Portal de las Flores, un nouvel établissement. Enfin, cinq ans plus tard, Edouard Gassier fonde à Mexico la troisième maison barcelonnette, qui devint la première des trois en importance. 

Dès 1845, Caire et Jauffred, revenaient au pays avec assez d'argent gagné pour encourager les hésitants. Mexico compta bientôt cinq maisons barcelonnettes, Puebla , Zacatecas, Guadalajara et Toluca eurent aussi les leurs. En 1870, la ville de Mexico possède seize grands "cajones de ropa" vendant en gros et au détail toutes sortes de tissus de provenance étrangère ou indigène et des articles de Paris. On compte cinq maisons faisant le courtage et la commission, et si l'on veut avoir le nombre total des industriels barcelonnettes établis et l'énumération complète des industries représentées, il faut y ajouter une importante chapellerie, deux maisons de confections et articles divers, une papeterie, un fabricant d'huile, un fabricant de bouchons, trois boulangers, un cafetier et un menuisier... Bientôt, il y a en tout cent trente-deux établissements barcelonnettes au Mexique, parmi lesquels quatre-vingt-six magasins de nouveautés, dont le chiffre d'affaires représente annuellement plusieurs centaines de millions de francs et s'accroît chaque jour suivant une progression constante. A partir de 1875-1876, le commerce des tissus en gros et détail, reste presque exclusivement aux mains des Barcelonnettes et leurs établissements, dès lors, n'ont cessé de prospérer. Joseph Antoine Couttolenc, né à Chazelas, près de Barcelonnette, en 1796, lui, fit fortune dans l'exploitation d'une mine de cuivre. Un de ses fils devint un fameux général mexicain.

Il est à noter que cette aventure hors du commun, qui a concerné des milliers de personnes, qui ont immigré au Mexique jusqu'en 1950 et dont on estime aujourd'hui à environ 50 000 le nombre des descendants pour la seule ville de Mexico, a principalement concerné l'industrie textile (filatures de soie) et les grands magasins.

Sources : D'après "Les Voyages autour du monde par terre et par mer" : Les Barcelonnettes au Mexique - Emile Chabrand - 1897 et L'Almanach de la Provence - Pierre Echinard

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 J'ai pris toutes les photos lors d'une excursion à Barcelonnette en 2007

Les plus chanceux des “Soyeux du Mexique”, qui ont fait fortune dans le textile et les banques à Mexico et en province, rentrent en Ubaye pour y faire construire une belle villa, un “petit château” et aussi un immense tombeau. Ces villas, que l’on peut admirer le long des allées et avenues de la capitale ubayenne, sont le témoignage du profond attachement des Barcelonnettes à leur terre natale. Au nombre d’une quarantaine, ces villas sont implantées à la périphérie du centre, formant une ceinture monumentale et décorative unique. On ne peut évoquer l'édification des villas de Barcelonnette et de Jausiers sans mentionner celle des tombes monumentales construites dans ces mêmes années, parfois en même temps que la villa. Tous les cimetières de la Vallée, sans exception, témoignent de la richesse du patrimoine funéraire Ubayen réunissant le savoir-faire des tailleurs et marbriers italiens et la diversité des pierres et marbres sculptés.

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 Quelques tombes monumentales du cimetière de Barcelonette

 

08 juin 2021

Antoine Raspal, peintre de l’élégance provençale

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Le peintre et sa famille, musée Réattu à Arles

Antoine Raspal est né à Arles en 1738, il grandit dans un univers bourgeois ou l’art règne en maître. Son père, marchand de profession, peintre amateur et sa mère, fille du sculpteur arlésien Pons Dedieu, à la tête d’une friperie, l’envoient se former à l’École de l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture à Paris. Primé en 1764 par une médaille pour son "Académie d’homme", il fera deux séjours à Paris, dont on ne retrouve que peu de traces, avant que son coeur provençal ne le ramène à Arles pour toujours.

Véritable touche à tout, il excelle dans l’art du détail et de la représentation des textiles. Il puise son inspiration dans l’atelier des demoiselles Raspal, dirigé par ses soeurs : Thérèse et Catherine dont il laisse le plus précis des témoignages dans son chef d’oeuvre "L’ Atelier de couture". Héritier d’une lignée de sculpteurs et d’orfèvres, c’est avec l’adresse et la gestuelle précise qu’il copie les modèles de mode créés avec panache et dextérité par ses soeurs dans leur atelier. Intégré au paysage local, il est reconnu et semble avoir le monopole sur les commandes de peintures et de dessins des particuliers et des instituions arlésiennes.

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"Atelier de couture à Arles", vers 1785, musée Réattu, Arles

"L'Atelier de couture", la plus célèbre de ses oeuvres tant elle a été reprise dans les livres sur le costume provençal, est son oeuvre majeure. Ce tableau présente un atelier de couturières en costume qui sont à l’ouvrage et ont en arrière-plan des robes accrochées au mur, visiblement terminées. Christian Lacroix le célèbre couturier, aime raconter que cette oeuvre l’a suivi tout au long de sa carrière et a été une source d’inspiration pour ses créations. Les couleurs chatoyantes, les motifs nombreux, sont d’une grande richesse pour l’amateur de textiles.

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"Intérieur de cuisine" - vers 1776-1780

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"Le pont de l'observance"  

Antoine Raspal maîtrise à la perfection la représentation de l’élégance provençale de la seconde moitié du XVIIIème siècle. Il restitue dans ses tableaux avec une précision d’orfèvre les jupons imprimés, les droulets colorés, les taffetas de soie brochée, les casaquins ornés de fleurs des Indes, les dentelles, les croix Maintenon et maltaises. Ses deux tableaux : "L'intérieur de cuisine" et "Le pont de l'observance" nous apportent des visions intimes de la vie et des vêtements portés au quotidien. Dans son tableau "La grande promenade aux Alyscamps", toute la société qui l'entoure se déploie dans l'antique nécropole des Alyscamps. La fête, la vie, la mode et la musique sont réunies autour d'Antoine Raspal au premier plan et de ses soeurs qui se donnent le bras. L'aspect non fini de cette toile laisse imaginer cette dernière terminée, comme une explosion de couleurs et de détails.

Antoine Raspal-Promenade aux Alyscamps

La promenade aux Alyscamps1778, huile sur toile. Collection Hôtel d’Agar, Cavaillon

Antoine Raspal meurt dans sa ville natale en 1811, après avoir occupé les fonctions de juge de paix durant la Révolution et formé son neveu Jacques Réattu à l’art de la peinture.

 Source : Le magazine de proantic - Magazine d'art et expositions

Portrait de Madame de Privat

Portrait de Madame de Privat et ses enfants, 1780-1781, Museon Arlaten, musée départemental d’ethnographie, Arles

Arlésienne aux oeillets

Arlésienne aux oeilletsMusée Grobet-Labadié, Marseille

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Arlésienne aux yeux bleus

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Arlésienne

Arlésienne

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Arlésienne - Musée Fragonard à Grasse

Traits pour traits - Christian Lacroix, nous parle de l'importance de l'oeuvre d'Antoine Raspal "Un atelier de couturières à Arles" conservée au musée Réattu, dans son parcours artistique.

 

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01 juin 2021

Quand les cloches sonnent

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Clocher et campanile à Trans en Provence (Photo Nadine)

Au fil du temps 

On commence à parler des cloches au IIème ou IIIème millénaire av. Jésus-Christ avec les petites cloches chinoises. Au 1er millénaire av. Jésus-Christ, en Egypte, les chiens portent des clochettes  d'airain. Au Vème siècle de notre ère : Saint-Patrick attire les fidèles avec des cloches à main. C'est au VIème siècle que l’emploi des cloches se généralise dans les monastères et les églises. Au VIIIème siècle : les moines irlandais et bretons se déplaçaient en tenant une clochette pour faire fuir les démons. Au IXème siècle, seuls les prêtres avaient le droit de sonner les cloches. Chaque église devait avoir deux cloches (six pour les cathédrales). Au XIème siècle, le roi de France Robert II le Pieux fit baptiser cinq cloches à Orléans et le pape Urbain II institua la sonnerie de l’angélus à la tombée de la nuit. Au XVème siècle : Louis XI ordonna de faire sonner les cloches trois fois par jour (angélus de 7h, 12h et 19h). En 1790, à la Révolution, une seule cloche était autorisée dans les clochers. Beaucoup de cloches furent fondues pour fabriquer des monnaies.

Sonneur de cloches

Les sonneurs de cloches ou "campaniers" jouaient un rôle important dans les paroisses. Ils se faisaient un honneur d’annoncer les moments importants qui rythmaient la journée tout au long de l’année : angélus quotidiens (prières que l'on récite au son des cloches), offices religieux, sonneries de fêtes, baptêmes, mariages, enterrements. Dans ce dernier cas, ils sonnaient le glas (son régulier au tempo très lent), ils sonnaient aussi pour dissiper l’orage, et parfois encore, mais de façon exceptionnelle, pour donner l’alarme, ils "toquaient le saint" d'où le mot "tocsin" pour prévenir d'un danger immédiat comme un incendie, une inondation ou encore d’évènements graves (déclarations de guerre, armistices). De nos jours, le tocsin est remplacé par une sirène.

Orage et cloches 

Dans toutes les paroisses françaises, de temps immémorial, au moins une cloche était prévue pour éloigner l’orage. Le son des cloches avait la réputation de disperser les nuages. Mais on devait se contenter de faire tinter la cloche, c'est-à-dire de la faire sonner lentement, par coups espacés. "On ne doit jamais sonner les cloches en volée pendant les temps d’orage, sous quelque prétexte que ce soit. On devra se borner à tinter pour annoncer les services religieux" (1). 

Les cloches avaient un rôle initiatique dans la société traditionnelle. Dans certaines paroisses, les jeunes garçons secondaient les campaniers" : ils se plaisaient à se suspendre à la corde actionnant la cloche et à se laisser soulever, parfois jusqu’à deux ou trois mètres de haut. Afin de se faire payer certaines sonneries comme l’angélus, les messes, "les campaniers" quêtaient à différents moments de l’année. Avant la Révolution, ils pouvaient aussi être rétribués par la Fabrique, groupe de clercs ou de laïcs administrant les biens paroissiaux.

Actuellement en France, les maires règlent l'usage des cloches par arrêté. Ils ne peuvent en interdire l'emploi pour l'annonce des offices cultuels et se contentent de le limiter en accord avec le desservant afin d'assurer la tranquillité des habitants. Par conte, les ministres des cultes ne peuvent s'opposer à l'usage civil des cloches. Les cloches ont aussi pour fonction de signaler le passage du temps. Le plus souvent, les heures pleines, mais aussi leurs subdivisions sont sonnées parfois en deux séries de coups : le pic et le repic (ou rappel).

La fabrication

Les cloches sont fabriquées par des fondeurs. Au Moyen-Age, c'est presque toujours dans les monastères ou auprès des églises, que l'on fond les cloches. La fabrication d’une cloche nécessite un grand savoir-faire. A chaque cloche correspond une note précise. Cette note dépend du diamètre de la cloche et du rapport entre son diamètre et son épaisseur. Pour faire une cloche il faut construire un moule qui correspond à l’empreinte en creux de la future cloche et que l’on va remplir avec du métal en fusion. Pour résister à cette température, un matériau de moulage composé d’argile, de crottin de cheval et de poils de chèvre est utilisé.

La fabrication du moule est fait en quatre étapes :

Le noyau

A l’aide du gabarit intérieur il faut commencer par construire une maçonnerie de briques réfractaires qui va servir d’armature pour soutenir le reste du moule. Cette maçonnerie est recouverte de ce mélange d’argile, de crottin de cheval et de poils de chèvre et va donner la forme intérieure de la cloche. Cette première partie du moule – appelée le noyau – sera recouverte d’une couche isolante pour la séparer de la partie suivante, la fausse cloche.

La fausse cloche

On change alors de gabarit pour construire la seconde partie du moule, que l’on appelle la fausse cloche parce qu’elle a la même forme que la future cloche en bronze. Elle est faite en argile et est recouverte de cire pour la lisser parfaitement et former les filets. Puis on vient y poser les décors qui ont été préparés en cire.

La chape

A l’aide de pinceaux très fins, la fausse cloche est enduite de plusieurs couches du mélange argile, crottin de cheval et poils de chèvre, ces couches de plus en plus épaisses vont venir former une carapace autour de la fausse cloche, appelée la chape. Pendant toute la fabrication du moule, on entretient un feu de charbon de bois à l’intérieur du moule qui va faire sécher les différentes couches d’argile. Quand la chape est suffisamment épaisse on force le feu de charbon de bois. Les lettres et les décors en cire vont fondre et laisser alors leur empreinte en creux et à l’envers dans la partie extérieure du moule, la chape. La couche de cire entre la fausse cloche et la chape a également fondu. On peut donc soulever la chape, casser la fausse cloche et reposer la chape sur le noyau. On obtient alors un vide entre les deux où l’on viendra verser le métal. Les décors qui se trouvaient en creux et à l’envers dans la chape vont se retrouver à l’endroit et en relief sur la cloche en bronze.

La couronne

 On part d’un modèle en cire qu’on enduit d’argile. Cet élément est ensuite chauffé dans une étuve à 200°C, afin que la cire fonde et laisse son empreinte en creux. C’est la technique dite de "la cire perdue" qui est utilisée aussi pour les décors. Le moule de la couronne est ensuite ajusté sur le moule de la cloche et tout sera coulé en une seule fois.

La coulée de la cloche

Le bronze utilisé est un alliage de 78 % de cuivre et 22 % d’étain : l'airain. Il est fondu à 1 200°C dans le four réverbère à double voûte, d’une contenance de 13 tonnes. Ce four est utilisé pour couler les cloches de plus de 500 kg que l’on va enterrer dans une fosse. Un canal en briques construit sur le dessus de la fosse permet au métal de se déverser par gravité du four dans les moules.
Pour les plus petites cloches (moins de 500 kg), le métal est fondu dans un four à creuset. Une poche de coulée est maniée à la main ou à l’aide d’un palan pour récupérer le bronze du four et le déverser dans le moule.

Le décochage

Après la coulée, le moule va refroidir environ une semaine voire plus selon la taille, puis il sera cassé pour obtenir la cloche brute de fonderie. Ensuite l’équipe de fondeurs sable la cloche, la polit, la cisèle et enfin l’accorde. Dans la tradition chrétienne, on accorde les cloches sur les cinq premières harmoniques : 1. Le bourdon qui est l’octave basse 2. Le fondamental à l’octave au-dessus 3. La tierce mineure du fondamental 4. La quinte 5. La nominale qui caractérise la cloche. Pour mesurer la note et les notes partielles, on utilise un analyseur de spectre électronique et c’est l’accordeur par son savoir-faire qui va choisir à quel endroit et sur quelle profondeur il faudra enlever du métal par meulage intérieur.

C'est à la suite de la restauration religieuse qui a suivi la signature du Concordat en 1801 que l'art campanaire connaît une renaissance. Les églises sont reconstruites, restaurées, ce qui entraîne un besoin de cloches. Avec le début de l'industrialisation en France, d'artisanale, la fabrication des cloches devient alors industrielle, puis ensuite viendra leur électrification.

Le baptême

 Tout de suite après l’installation de la cloche ou même souvent avant de la mettre en place, il revenait à l’évêque diocésain le droit de la bénir. 

Baptême de cloche

Le Méridional du 24 mai 1966-Cérémonie de baptême d'une cloche à Castellane (Alpes-de-Haute-Provence)

Cette bénédiction, appelée baptême de la cloche est instauré au VIIIème siècle par l'Eglise. La cloche est vêtue d'un habit de baptême, une robe blanche en dentelle avec des rubans. La cérémonie suit un rituel bien précis : elle commence par des chants ou des psaumes, puis le lavage de la cloche avec de l'eau bénite pour la purifier, l'onction avec de l'huile sainte, tandis que des parfums sont brûlés sous la cloche, puis la bénédiction proprement dite de la cloche, et pour finir le chant de l'Evangile de Marthe et de Marie. L'évêque actionne le battant de la cloche qui sonne alors. Viennent ensuite les tours du parrain et de la marraine et du maire du lieu. Les parrains et marraines sont choisis par les conseils municipaux et paroissiaux parmi les notables et pieuses personnes.

Décors de cloche

Inscriptions et dessins sur la cloche (Photo internet)

Protection du patrimoine campanaire

En 1988, le Ministère de la Culture a décidé d’intensifier sa politique d’inventaire et de protection des cloches et carillons, au titre des Monuments Historiques. Par mesure de protection des cloches anciennes, des aides ont été apportées pour effectuer des modifications, telles que des travaux d’électrification.

Les cloches peuvent comporter des images, des décors floraux, des inscriptions. Ces inscriptions peuvent comporter une prière, la date de fabrication de la cloche, son nom, ceux des parrain et marraine ceux des curés et ainsi que du fondeur.

(1) - J.B. DENEUVILLE - Le nouveau trésor des familles, p 136 (1868)

Sources : Petite histoire de nos cloches - Numéro 9 d'Archi'clas -Mars 2008 - Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence et le site sur l'histoire de Cunac - Art campanaire, les cloches de Cunac 

 

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25 mai 2021

Rose et l'apprentissage de la langue des signes en 1825 dans les Basses-Alpes

Cela se passe en 1825, à Saint-Martin-lès-Seyne, un village de 147 habitants situé dans les Basses-Alpes.

Académie française

Thérèse Mélanie Hermitte, une jeune femme de 26 ans s'est vue attribuer un prix de vertu décerné par l'Académie française ainsi qu'une somme de 3000 francs. Mais qu'a-t-elle bien pu faire pour obtenir une telle récompense ? 

Vertueuse, cette demoiselle l'est assurément. Thérèse est la fille cadette d'une famille respectable, elle est bien éduquée et de moeurs irréprochables. Elle s'adonne aux travaux domestiques sans relâche malgré une santé fragile. Thérèse est la jeune fille modèle comme on l'entend à l'époque. Ce n'est cependant pas son caractère doux et modeste qui lui vaut son prix mais une entreprise charitable : l'instruction réussie en dix-huit mois de Rose Silve, une jeune sourde muette du village proche de Selonnet. Cette enfant est née dans une famille indigente et elle est accueillie en 1823, à l'âge de 11 ans par la famille Hermitte. Thérèse se prend vite d'affection pour Rose et remarque qu'elle a une intelligence vive. Elle lui apprend à écrire et à s'exprimer en utilisant un alphabet composé de lettres en cuivre et en créant un langage des signes tout à fait personnel. L'invention de son procédé est d'autant plus remarquable que Thérèse ignore parfaitement la science du langage. Sa méthode est empirique et repose uniquement sur sa complicité avec la jeune sourde muette. Rose commence par lui désigner des objets dont elle écrit les noms avec les lettres en cuivre. Thérèse lui apprend l'alphabet en donnant à chaque lettre un signe de main particulier. Pour le E par exemple, ses mains en indiquent la forme et elle les incline plus ou moins selon que c'est un E muet ou fermé. Une gestuelle est mise en place pour l'indication des temps, ainsi pour exprimer le passé, elles emploient un mouvement de la main de la droite vers la gauche et des signes représentent le genre, le nombre, voire des mots entiers. Employée à quelques courses en ville, Rose est capable d'écrire le nom des objets désirés et parvient à prononcer quelques sons, en particulier : "je ne veux pas". Leurs échanges se font par ces gestes et des lettres tracées dans l'air qui intriguent leur entourage, si bien que le curé de la paroisse, le maire et le médecin se déplacent pour constater de visu la réussite de cet apprentissage. Des témoins soulignent également la piété avec laquelle Rose est élevée, ce qu'atteste la prière qu'elle écrit pour prouver son degré d'instruction. Mais c'est un autre de ses textes qui est touchant : "j'aime ma maîtresse de tout mon coeur & je veux aller là-bas pour manger des cerises. Je languis de voir mon petit frère".

Rose

Source : D'après un texte paru dans Histoires d'archives - Les archives départementales racontent - Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence à Digne.

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Complément

Dans l’Antiquité, l’intelligence était étroitement liée à la parole. Aristote pensait que quelqu’un qui ne parle pas, ne peut pas penser. Les sourds, isolés, n’ont pu enrichir leurs langues signées et ont dû se contenter d’une gestuelle simpliste. De ce fait, ne disposant pas d’une langue élaborée et ne bénéficiant pas d’éducation, ils passaient parfois pour simples d’esprit.                                                                                                                                                    A partir du XVIème siècle, des peintres sourds tels que Navarette ou Pinturicchio ont été reconnus. Par ailleurs, en Espagne, des enfants sourds issus de la noblesse ont été instruits par des précepteurs.

Pedro Ponce de Leon

Pedro Ponce de Leon

L’un d’entre eux, Pedro Ponce de Leon s’intéressa aux codes gestuels existants tel que l’alphabet manuel et les utilisa pour enseigner auprès de ces enfants. D’autres précepteurs mirent plutôt l’accent sur l’apprentissage de la parole.     

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Charles Michel de l'Epée fondateur de la première école publique pour les sourds

L'Abbé de l'Epée fut, en 1760, le premier entendant connu à s’intéresser aux modes de communication des  sourds-muets. En observant un couple de jumelles sourdes communiquer entre elles par gestes, il découvre l’existence d’une langue des signes. Il décide de s’appuyer sur cette langue pour instruire les enfants sourds. Il l’adapte en y ajoutant des notions grammaticales propres au français, comme par exemple, la conjugaison. Par ailleurs, il regroupe les enfants sourds pour les instruire et ouvre une véritable école pour sourds qui deviendra l’Institut national des jeunes sourds, aujourd’hui Institut Saint-Jacques, à Paris. L’Abbé de l’Epée est aujourd’hui une figure historique de l’histoire de la langue des signes et des sourds. Il est connu par les sourds dans le monde entier.

Dans la même période, le courant "oraliste" s’amplifie. Les "oralistes" pensent que les sourds doivent apprendre à parler pour s’intégrer dans la société. Le congrès de Milan en 1880 où l’immense majorité des participants est entendante et oraliste a décrété que la méthode orale pure doit être préférée. Trois raisons sont invoquées : la langue des signes n’est pas une vraie langue, elle ne permet pas de parler de Dieu, les signes empêchent les sourds de bien respirer ce qui favorise la tuberculose.

Cette préférence a eu des conséquences dramatiques pour les sourds : pendant 100 ans la langue des signes a été proscrite, méprisée et marginalisée aux seules associations de sourds. Dans les instituts de sourds, les élèves signent en cachette. La langue des signes s’est alors appauvrie.

Durant les années 1980, se produit ce que les sourds appellent le Réveil Sourd.

La langue des signes commence à reconquérir ses lettres de noblesse avec William Stokoe, linguiste, qui étudie la langue des signes comme une véritable langue. Des chercheurs en linguistique et en sociologie tels que Christian Cuxac et Bernard Mottez poursuivent ce travail et mettent en avant la culture sourde qui y est rattachée.

Par ailleurs, un travail culturel est mené par Jean Gremion (écrivain, journaliste et metteur en scène) et Alfredo Corrado (un artiste sourd américain). Ils créent en 1976, l'International Visual Theatre (IVT). Dès lors, ils travaillent à la requalification de la langue des signes. En parallèle, une réflexion est menée sur l’enseignement auprès des élèves sourds. La philosophie bilingue (LSF/Français) commence à germer dans les esprits. En 1980 est crée l’association "2 Langues pour une Education". Elle met en place des "stages d’été pour les parents". Ces stages rassemblent des parents d’enfants sourds, des sourds, des interprètes. Ils oeuvrent ensemble à la création des premières classes bilingues dans un contexte législatif et sociologique difficile. 

                                                      Dans les années 90, les sourds et la LSF commencent à avoir une renommée dans le grand public, l’histoire de la langue des signes s’enrichit d’une nouvelle page. En 1992, un numéro de la "La marche du siècle" est consacré aux sourds. Les français découvrent alors cette communauté et cette langue à travers les témoignages de Victor Abbou et Joël Chalude. 

Emmanuelle Laborit

Puis Emmanuelle Laborit comédienne sourde, reçoit en 1993, le Molière de la révélation théâtrale pour son rôle dans "Les enfants du silence". Cette même année, le documentaire "Le pays des sourds" de Nicolas Philibert montre cet univers inconnu des malentendants. Pendant ces années, de nombreuses associations de sourds ouvrent leurs portes aux entendants en leurs proposant des cours de langue de signes. Ces formations, les films, le théâtre et l’engagement de plusieurs associations dans la sensibilisation pour la culture sourde, permet une meilleure reconnaissance des droits des sourds. Dans le même temps, le métier d’interprète en langue des signes/français se professionnalise et est validé par un diplôme. 

Progressivement les mentalités évoluent. Yves Delaporte, ethnologue, se penche lui aussi sur la communauté sourde et la langue des signes. Il publiera en 2007 un "Dictionnaire étymologique et historique de la langue des signes française." Les combats menés depuis 25 ans pour la reconnaissance de la langue des signes commencent à porter leurs fruits : la Loi n°2005-102 du 11 février 2005 reconnaît la langue des signes comme "langue à part entière". En 2008, la langue des signes devient une option pour le Bac, comme n’importe quelle autre langue. En 2010, le CAPES de langue des signes est créé. En 2012, c’est l’année du 300ème anniversaire de la naissance de l’Abbé de l’Epée. De multiples hommages lui ont été rendus par les sourds. Cette même année, Emmanuelle Laborit (directrice de l’IVT depuis 2003) est devenue officier de l’Ordre des Arts et des Lettres.

Source : Site signesetformations.com - Histoire de la langue des signes.

 

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18 mai 2021

Les mosaïques du monastère de Ganagobie

Monastère de Ganagobie

Le monastère de Ganagobie a pour origine le premier siècle avant Jésus-Christ. Ganagobie était en effet un lieu de passage de la Via Domitia, voie romaine qui reliait Rome à l’Espagne. Cette route était alors considérée comme la plus courte et la plus sûre. 

Au Xème siècle, l’évêque de Sisteron, Jean II lance la création d’un monastère qui est donné en 965 à l’abbaye de Cluny. Sur place, une quinzaine de moines habite les lieux jusqu’au XIVème siècle, période à laquelle le monastère est abandonné et tombe en ruines. Le coeur et les transepts de l’église sont ensuite démolis à la masse pendant la Révolution en 1794 et servent de carrière de pierres.

En 1891, des moines retournent à l’abbaye. En 1893, sont entrepris les premiers travaux de dégagement conduits par le père Gibbal. En 1898, de nouveaux travaux conduits par la père Santini permettent de mettre à jour, sous des couches de gravats, des mosaïques superbes. Il y en a une notamment qui s'étale sur une surface de 82m2, dont 72m2 sont récupérés intacts ! Elle est signée Pierre Trutbert, lui-même identifié grâce à une inscription latine le mentionnant. Cet artiste récupérait les pierres de marbre blanc issues des bâtisses romaines pour l'éxécution des mosaïques. Trois couleurs dominent : rouge (grès), blanc (marbre), noir (calcaire). On y découvre des chevaliers qui affrontent des créatures dans un imaginaire monstrueux. Quelques références chrétiennes sont aussi visibles comme saint Georges terrassant le dragon, allégorie de la victoire du bien sur le mal. 

En 1902, afin de protéger les mosaïques, elles sont mises à l’abri, sous du sable et de la terre. Durant les années 1950, on souhaite les mettre en valeur sur le site même, ce qui conduit d’abord à la restauration de l’église. Puis, débute en 1975 la restauration des mosaïques. Elles sont soigneusement démontées pour être entièrement restaurée à Périgueux dans les locaux de la SOCRA. Cette société en assure la réparation en appliquant des procédés alors novateurs, sous le contrôle de l’administration des Monuments historiques. 

Mosaïque

 Saint Georges terrassant le dragon (symbole de la victoire de la vie sur la mort) 

Le décor le plus saisissant que l'on peut voir est, sans aucun doute, celui réalisé pour l’abside centrale. Il s’agit d’un ensemble de huit animaux de grandes dimensions – six quadrupèdes et deux poissons – s’organisant autour de l’autel majeur, placé au centre de la scène. Se mélangent animaux réels et animaux fantastiques. Parmi les animaux rencontrés, une place primordiale est offerte à l’éléphant symbole de la puissance paisible, il porte sur son dos une maquette du monastère. Si sa présence peut paraître surprenante, c’est un animal pourtant bien connu de l’iconographie médiévale. En France, une vingtaine d’églises romanes possèdent des représentations d’éléphants comme celle-ci. En 1986, tout est remis en place. Dès lors, cavaliers, lions, éléphant, cerf, aigle cyclope, griffon, sagittaire, harpie, gorgone, chimère, dragon… ont repris leur affrontement presque millénaire au coeur du monastère.

Mosaïque Ganagobie

Aujourd’hui, quatorze moines bénédictins sont à Ganagobie, et suivent la règle de saint Benoît "prie et travaille" (traduction du latin "Ora et Labora"). Leurs journées sont rythmées par des temps de prière et le travail manuel.

Eléphant

Représentation de l'éléphant symbole de puissance

Sources : D'après Histoires d'archives - Les  Archives départementales racontent "Au nord, les ténèbres ; au sud, la lumière" - Les mosaïques du monastère de Ganagobie (XIIe siècle). Le site Le Salon Beige

Pour en savoir plus, voir le lien ci-dessous.

Abbaye Notre-Dame de Ganagobie, Monastère bénédictin en Provence

Bienvenue sur le site de l'Abbaye de Ganagobie ! Vous y trouverez une présentation du monastère sous différents aspects : la communauté des moines, son implantation au cœur de la Haute-Provence, son histoire riche de nombreux siècles, ses bâtiments datant du XIIe siècle et ses mosaïques romanes réputées.

https://www.abbaye-ganagobie.com

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11 mai 2021

Histoire des cartes à jouer

Cartes à jouer 2

Les cartes à jouer sont apparues en Europe à la fin du XIVème siècle, c'est la seule certitude que nous ayons. Très peu de textes et de jeux de cette époque nous sont parvenus et il est donc difficile de savoir qu'elle en est l'origine exacte. Tout ce que nous savons est qu'elles n'ont pas été inventées en Europe. Il est très probable qu'elles soient originaires du Proche-Orient car on retrouve des traces remontant au XIIème ou XIIIème siècle d’un jeu mamelouk dont la forme est très proche du jeu de cartes italien. D'autre part, le nom de certaines figures (naib, malik et thani naib) rappelle le mot italien "naibbe" ainsi que le mot espagnol "naipes", qui désignent les cartes à jouer. A cette époque, les liens entre l’Europe et le Moyen-Orient sont nombreux. Soit par l’Espagne, que les arabes occupent alors ou par les marchands lombards et vénitiens. L’introduction en Europe des jeux de cartes s’est probablement faite par ces deux voies.

Les premières cartes à jouer étaient réservées à une élite fortunée car elles étaient fabriquées et peintes à la main par des artistes reconnus et rehaussées d’or fin. Cependant, les jeux de cartes vont rapidement se démocratiser avec l’utilisation de procédés de fabrication plus économiques : dans un premier temps, les cartes à jouer vont être de très mauvaises qualité, avec des coloriages grossiers au pochoir. Puis, plus tard, avec l'invention de l’imprimerie les progrès seront considérables. Dès 1420, des fabricants Suisses et Allemands produisent des jeux par milliers.

L’engouement pour les jeux de cartes est tel que l’Eglise s’en inquiète et elle fait promulguer de nombreux édits qui vont en interdire l'usage. Dans certaines villes (Bologne en 1423, Nuremberg en 1452), des autodafés de jeux sont organisés.

Carte à jouer 1

Le nombre des cartes et leur répartition (cartes de points, figures) se stabilise très tôt. Par contre, les symboles des quatre séries évoluent beaucoup suivant les pays, les époques et les fabricants : animaux, fleurs, objets… Ce n’est que vers la fin du XVème siècle que les symboles encore utilisés de nos jours sont adoptés. Sauf cependant en Italie et en Espagne, dont les cartes utilisent dès le début les bâtons, épées, coupes et deniers hérités des arabes. Jusqu’au début du XIXème siècle, le papier est rare et comme le dos des cartes est blanc à cette époque, on se mit à les utiliser pour écrire des mots doux à sa bien-aimée, en faire des certificats de mariage, des cartes de visite, mais également des reconnaissances de dettes, des réclames, et même des ordres d'incarcération...  Il est à souligner que la Révolution les a même utilisées comme monnaie ! 

Cartes à jouer 4

C'est ainsi que tous ces usages ont permis de sauver de nombreuses cartes de cette époque. On a de cette façon, retrouvé des notes de Molière, Jean-Jacques Rousseau ou encore Napoléon. Pendant quatre siècles, les procédés de fabrication des cartes n’évoluent pratiquement pas : elles sont imprimées par xylographie (impression à partir d’une gravure sur bois). L’usure rapide du bois impose de petites séries ; la fabrication des cartes à jouer reste donc très artisanale. Durant le XIXème siècle, le métier de cartier va se transformer, et les artisans sont remplacés par des industriels. De nouveaux procédés d’impression permettent de plus grandes séries : lithographie (la pierre remplace le bois), puis offset. Les coins s’arrondissent grâce à une invention acquise et exploitée par B.P. Grimaud, l’opacité et le vernissage des cartes sont perfectionnés pour obtenir des cartes toujours plus durables.

Source : D'après un article paru sur l'Histoire des cartes à jouer - site jeux de cartes.net

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Cartes à jouer 1

Histoire de cartes à jouer - Quand les notaires rebattaient les cartes 

Il n'est pas rare de trouver des cartes à jouer en tournant les feuillets des registres notariaux. Que font donc ces cartes au milieu des minutes notariales ? Ces cartes usagées servaient de signets, de notes ou encore d'étiquettes. C'est au dos de celles-ci que les clercs, lors de la confection des registres à partir des minutes, ont écrit les millésimes, telle l'année 1582 au dos d'un quatre de pique. Objet des plus banals depuis leur apparition au XIVème siècle, les cartes à jouer usagées finissaient souvent par alimenter le foyer domestique sans l'intervention des tabellions. Très rares sont les signes et les marques qui permettent d'en déterminer l'origine : un valet de trèfle est sorti au cours du XVIIème siècle de l'atelier de Pierre Cheminade, marchand cartier à Grenoble. Ce "domestique" est employé par le notaire Richaud à l'extrême fin du règne de Louis XIV. Le fabricant a utilisé la technique de la gravure sur bois coloriée au pochoir ; les autres cartes de l'as au dix étaient simplement coloriées. Passant de la table de jeu à l'écritoire du notaire, les dos des cartes servent alors à des calculs d'argent - en 1757, 29 louis, 14 écus à six livres et quatre petits écus... font une belle somme ! -, tandis que sur d'autres, des notes sont griffonnées : sur un dix de carreau s'étalent au XVIème siècle les titres de Jérôme d'Audiffret, marquis de Gréoux, lieutenant général de l'amirauté du Levant. En revanche, les illustrations sont rares. Ainsi, alors que les guerres de Religion font rage dans le royaume, un clerc dessine à la plume un oiseau au dos d'un dix de carreau, s'inscrivant ainsi dans une tradition solidement implantée dans les études où les registres portent des dessins. Toutes les figures regardent l'Ancien Régime - ce sont bien des rois et des reines avec leurs valets - sauf une, une dame de carreau sur laquelle est écrit au dos, le nom de Louis Fabry et qui, liée à un jeu révolutionnaire, a perdu ses attributs royaux.

 Pour multiplier les signets, le notaire a parfois découpé les cartes dans le sens de la hauteur ; rares sont les coupes faites dans la largeur. Et pourtant, au bon temps de Louis XV, un roi de carreau a fini sa vie de carte la tête coupée par Me Blanc, notaire à Entrevaux, régicide avant l'heure ! Le roi était passé à l'as... 

Source : Mon département n°4 - Le magazine septembre, octobre 2018 - Les Archives départementales racontent... Histoire de cartes à jouer - Quand les notaires rebattaient les cartes.

Jeu de cartes à jouer

 

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04 mai 2021

La bugado, la lessive

Lessive

La bugado, c'est ainsi qu'on appelait la grande lessive qui se faisait deux fois par an, au printemps dès les premiers beaux jours et à l'automne après les travaux des champs. Bien sûr, il y avait la petite lessive de tous les jours, le linge des enfants, les coiffes et les fichus de mousseline et de tulle brodé, les belles dentelles de Malines ou de Valenciennes. Tout cela on le lavait doucement au savon de Marseille, c'était un  bugadon. Quant aux cotons imprimés, aux indiennes et à toutes les toiles de couleur, on les lavait dans une infusion de racines de saponaire, cette plante qui pousse partout dans les collines de Provence. Pour laver les tissus noirs, les tissus de deuil, on ajoutait à la saponaire des feuilles de lierre et de noyer. Mais les rudes chemises de jour et de nuit, les mouchoirs, les draps et les nappes, tout ce linge blanc de lin, de chanvre et de coton, qu'on ne changeait pas aussi souvent qu'aujourd'hui, donnait lieu à un rituel immuable qui se passait toujours dans le secret de la nuit. La veille, on l'avait mis à tremper, toute la journée et toute la nuit, dans de l'eau claire et froide avec quelques cristaux de soude. Puis il fallait le rincer une première fois. Vers le soir, on préparait le tinèu, le cuvier, vaste cuve de bois cerclée de fer et posée sur un trépied. Tout au fond était un trou pour laisser couler l'eau. Afin que le linge ne bouche pas ce trou, on plaçait devant un bouquet de thym protégé par un morceau de tuile cassée. Et, pour que le bois du cuvier ne tache pas le linge, on y étalait un grand drap de toile grise et grossière qu'on appelait le florier. Puis on entassait le linge en commençant par le plus sale. On le recouvait d'un second florier plus petit et plus fin, sur lequel on répandait une couche de cendres de bois tamisées.

Lavoir

Maintenant il fallait attendre que la nuit tombe, comme si l'ombre était nécessaire pour protéger les mystères de cette opération magique. Toutes les femmes de le maison étaient rassemblées et elles "coulaient la lessive". Elles avaient fait chauffer de l'eau qu'elles versaient sur les cendres, tiède au début, puis de plus en plus chaude. L'eau entraînait la potasse contenue dans les cendres et formait le léissiu, qui s'écoulait dans un seau posé au pied du cuvier. On réchauffait ce liquide et on le versait à nouveau. Et encore et encore. Et on coulait ainsi la lessaive toute la nuit. C'est la grand-mère qui commençait, relevée par sa fille. Quand celle-ci, épuisée, au matin allait prendre un peu de repos, la grand-mère se remettait à la tache.

Les dames qui en avaient les moyens ne coulaient pas elles-mêmes leur lessive. Elles "faisaient laver" par la bugadière professionnelle, qui assurait seule la tache toute la nuit. Enfin le léissiu prenait une couleur de café au lait, et tout était fini. Alors on changeait le linge dans une brouette et on allait le rincer au lavoir ou à la rivière. Le lavoir était le lieu privilégié où toutes les femmes se retrouvaient entre elles pour commenter la vie du village.

Battoirs

Les genoux dans une caisse garnie de paille, armées d'un savon, d'une brosse en chiendent et d'un battoir de noyer, celui-là même que leur fiancé leur avait offert à la veille de leurs noces, les bugadières insistaient sur les dernières traces qui marquaient encore le linge et le rinçaient à grande eau. Tout cela se faisait dans les cris et les rires. L'été, elles portaient une grand coiffe à bavolet pour se protéger du soleil, mais à l'automne, l'eau étaient parfois bien froide lorsque les manches relevées, elles plongeaient les bras dans l'eau jusqu'aux coudes. Enfin, à deux, elles tordaient le linge, l'essoraient et l'étendaient dans les prés, sur les buissons ou sur des cordes courant d'arbre en arbre sur les places des villages.

Source : Couleurs de Provence - Michel Biehn - Flammarion.

Bugado

 

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26 avril 2021

A ceux que j'aime et qui m'aiment

Six ans, voilà six ans que ma maman est partie. Ce poème est pour elle, pour vous, pour tous ceux et celles qui ont perdu un être cher. 

A ceux que j'aime et qui m'aiment

 

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20 avril 2021

Il était un colporteur : Jean Pierre Coste

Porteballe des Hautes-Alpes

Le colporteur transporte des marchandises pour les vendre, sur son dos, dans une caisse appelée balle, ou dans une petite voiture à bras. Il peut être nommé marchand colporteur, voyageur de commerce ou porte-balle. Il vend des articles de mercerie, des tissus, des livres, des graines, des lunettes, etc... Ce type de commerce connaît son apogée au milieu du XIXème siècle. Les Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence conservent de nombreux documents permettant de retracer le parcours de ces marchands particuliers. Colporteur et célibataire Jean Pierre Coste est né le 15 mars 1874 à Valjouffrey, dans l‛Isère. Le climat y est rude, avec des hivers très longs. Au XIXème siècle, l‛activité dominante y est l‛élevage et les cultures céréalières sont vivrières. Dans cet univers, la pratique du colportage et les migrations saisonnières semblent répondre à trois besoins : économique en raison du manque de subsistances, socio-économique puisque le peu de qualifications professionnelles limite le choix des métiers, culturelle quand le colportage permet un autre mode de vie.

Coste Jean Pierre

Jean Pierre Coste

Fils de paysans, Jean-Pierre a appris le métier de colporteur avec son oncle dès l‛âge de 15 ans. Paysan et colporteur, il s‛en retourne longtemps cultiver la terre familiale en Isère, de Pâques à la Toussaint. Colporteur mercier, il achemine ensuite, de ferme en ferme, depuis Valjouffrey jusqu‛aux Basses-Alpes, de l‛automne au printemps, tout ce qui est utile à la couture : fils, aiguilles, rubans, boutons, etc… Il paie des patentes de 1902 à 1910 en tant que marchand forain. Un document de décembre 1913 le signale comme marchand rouennier ambulant (marchand de toiles de coton de couleur peintes, fabriquées principalement à Rouen).

Carnet de voyage

Carnet de voyage de Jean Pierre Coste du 25 février 1911 au 15 mai 1912

La marchandise est achetée à la Mure et à Sisteron et, à partir de 1900, il loue un local qui lui permet de stocker ses produits. Ses premiers achats ont été faits à crédit, afin de pouvoir constituer un stock. Mariage et sédentarisation : Coste s‛établit à La Javie comme marchand forain en 1902 où il fait la connaissance d‛Emma Garcin. Née en 1881 à Prads, elle y est épicière. Le mariage est célébré le 26 octobre 1905. Un contrat de mariage a été signé la veille chez maître Robert à La Javie. Emma apporte un trousseau constitué de linges, hardes et bijoux, ainsi que son fonds d‛épicerie et de mercerie. Le couple a quatre enfants. Coste continue de colporter mais seulement pour quelques jours et aux alentours de la Javie. Il dort alors chez l‛habitant ou dans des granges. Désormais, il se déplace en voiture à cheval. Jean-Pierre Coste finit par se sédentariser entre 1919 et 1921 à La Javie. En effet, la guerre a lourdement altéré sa santé. Il lui est sûrement devenu plus difficile de courir les routes. Il développe donc le commerce de sa femme. A partir de 1927, il devient buraliste et vend du tabac et des journaux. Emma Coste décède le 30 juillet 1938, son mari le 11 mai 1953.

Source : Traces de vies, itinéraires de Bas-Alpins ordinaires - Exposition présentée par les Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence en 2004.

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Colporteur des Hautes-Alpes

Colporteur des Hautes-Alpes

J'ai trouvé pour vous dans un site sur l'Oisans, un article très intéressant qui traite des colporteurs. Je vous invite à aller le lire.

Petite histoire des colporteurs de l'Oisans

Première partie : Un type d'émigration alpine. Deuxième partie :La fin de l'émigration hivernale dans l'Oisans. Par G. Grandidier Journal des débats, samedi 23 août 1924 De toutes les manifestations que l'activité humaine a su créer pour assurer les relations commerciales entre les groupements sédentaires, le colportage est une des plus curieuses et aussi une de celles qui méritent d'être étudiées à notre époque où la rapidité, la facilité des communications et le machinisme restreignent de jour en jour les initiatives individuelles.

http://freneydoisans.com

J'avais déjà fait un article en 2013 sur le colporteur que vous aviez apprécié. Il était en deux parties : le colporteur et le colportage des livres. Je vous mets le lien si vous désirez le découvrir ou le relire.

Le colporteur - Passion Provence

Chaque année entre la Toussaint et Pâques, les colporteurs venant des vallées les plus reculées des Alpes comme le Queyras ou l'Ubaye, allaient de village et village, leur mallette en bandoulière, et proposaient leur marchandise. Bons marcheurs, ils avaient la vie rude mais ils étaient toujours accueillis avec joie, apportant aux villageois bien des produits nécessaires à la vie quotidienne.

http://www.passionprovence.org

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15 avril 2021

Info de dernière minute !

Bonjour à toutes et tous,
cet article est tout récent, je viens de le terminer pour vous. La passerelle himalayenne de Trans en Provence point d'orgue du circuit touristique de la "Boucle du Calant" vous attend. Elle est enfin ouverte depuis quelques jours. Venez la découvrir en photos et vidéo. Et surtout venez la voir "en vrai" et la traverser pour passer d'une rive à l'autre de la Nartuby.
Bonne lecture et bonne visite de Trans en Provence, mon village.
Ce nouvel article est paru il y a quelques minutes dans mon blog sur Trans en Provence.

Passerelle 9

Passerelle 10

Passerelle 3

La Nartuby vue de la passerelle

Quelques-unes de mes photos

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