Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

La Basse-Provence

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

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17 octobre 2017

Quand le diable s'en mêle : sorcières et possédées dans le Var

 

Sorciere

Le pays varois a connu jadis plusieurs procès de sorcellerie. Citons en 1299, deux femmes du village de la Roquebrussanne accusées de maléfices, condamnées au carcan et au fouet avant d'avoir les oreilles coupées ! Elles pouvaient toutefois éviter cette mutilation infamante en versant une forte somme à la curie de l'évêque. Deux sorcières sont brûlées vives à Hyères en 1435, place du Piol. Quatre ans plus tard, un curieux procès est intenté à deux habitants de Figanières soupçonnés de détournement d'héritage à l'aide d'un philtre magique. Citons encore six femmes convaincues de sorcellerie à Saint-Maximin en 1515 et les trois masques (masco en provençal signifie sorcière) des grottes du Garou, haut lieu archéologique surplombant le Val d'Arens, "estranglées et pendues puis bruslées" en 1614 à Cassis.

Bucher

Une affaires de possession diabolique ou prétendue telle, jugée par le parlement d'Aix en 1611, a donné lieu à une abondante littérature. Cette affaire concerne le curé des Accoules, Louis Gaufridy, condamné pour envoûtement et pacte avec Satan, soumis à la torture avant d'être brûlé vif à Aix, place des Prêcheurs. Elle intéresse le Var pour la triste destinée de "la victime". Celle-ci, Madeleine Demandolx de la Palud, née à Rians en 1593, jeune ursuline en proie à des troubles de langueur et à des terreurs nocturnes, accusa son confesseur, le trop séduisant Gaufridy, de l'avoir ensorcelée par son souffle diabolique, conduite au sabbat, contrainte à toutes ses volontés, connue charnellement "tant derrière que devant" précisera-t-elle dans ses révélations.

Exorcisée à la Sainte Baume, enfin débarrassée de ses encombrants démons, Madeleine Demandolx mena par la suite une vie errante, allant de ville en ville sous étroite surveillance religieuse, se proposant comme maîtresse d'école, toujours vêtue de noir, souvent chassée par la rumeur qui l'accusait de jeter des sorts et de gâter les récoltes. Elle aurait mendié à la porte des églises et même vendu des fagots, ce qui nous paraît un comble pour une prétendue sorcière ! Elle vint enfin, après la mort de son père en 1644, se réfugier dans une bastide que sa famille possédait à Saint-Jérôme, près de Marseille, se consacrant à l'enseignement, à des oeuvres pieuses et à des travaux agricoles. Mais, l'ancienne pénitente de Louis Gaufridy, prince des magiciens, traînait derrière elle une odeur de soufre qui ne la quittera jamais...

En 1652, alors âgée de 60 ans, l'héroïne de cette ténébreuse affaire vivait paisiblement à la campagne. Elle entretenait de bonnes relations avec une fillette du voisinage qui s'appelait Madeleine et venait jouer dans son jardin. L'enfant présente bientôt les signes d'une mystérieuse maladie. Elle s'agite, convulse, vomit des épingles, des brins de paille et même des cigales ! Ces phénomènes étranges amènent les parents et les médecins à suspecter un sortilège. La fillette exorcisée finit par avouer qu'elle est tourmentée par un diable nommé Belzébuth, le mari de la Palud... Madeleine pressent le danger et va se cacher à Aix. Elle est dénoncée, arrêtée, interrogée, examinée minutieusement à la recherche des fameuses marques d'insensibilité qui signent la possession démoniaque.
On l'accuse d'infanticide, aux dires de ses voisins, d'idolâtrie, de maléfice, de sortilège et autres "niaiseries" écrit en 1664 l'historien Bouche qui ne croit plus à la sorcellerie, peut-être depuis qu'il a assisté, en ses jeunes années, au supplice de Gaufridy. Le Parlement la condamne, faute de preuves, à rester enfermée entre quatre murs le reste de sa vie. Une des ses cousines, Françoise de Gombert, dame de Châteauvieux, persuadera les juges de lui confier la garde de la malheureuse Madeleine.

Chateauvieux

 C'est ainsi que "la Demandolx" passera seize années de solitude à Châteauvieux, petit village du Haut-Var, à la limite de notre département. Elle mourut en 1670, à l'âge de 77 ans, et fut inhumée devant l'autel de Sainte-Claire, dans la petite église du village. La maison voisine où elle vécut, léguée à la communauté, servit longtemps de mairie et d'école. Les Châteauvéyens n'ont jamais oublié l'infortunée Madeleine, injustement condamnée à la relégation perpétuelle dans leur village. J'ai sous les yeux l'affiche-annonce d'une fête de bienfaisance organisée par le Cercle de La Martre le 2 septembre 1934, avec au programme une reconstitution historique de l'arrivée de Madeleine de la Palud à Châteauvieux en 1654. Elle consiste en une grande cavalcade de personnages en costumes d'époque, les principaux rôle étant tenus par des habitants du lieu. Ce cortège coloré devait, tambourinaires en tête, escorter la "sorcière" de La Martre à Châteauvieux, installée dans une chaise à porteur en fin de parcours. D'autres réjouissances accompagnaient cette rétrospective : vin d'honneur, mât de cocagne, bal champêtre, concours de chansonnettes, concours de belote et de boules ferrées.
Louis Henseling assista à cette fête mémorable. Il la décrit dans cet article consacré à la "tragique histoire" de Madeleine de La Palud (Bulletin du vieux Toulon, 1935) et termine par une détail macabre. L'infortunée avait prédit à ses proches que son corps serait miraculeusement épargné par la corruption de la mort... Lorsqu'on ouvrit son caveau en 1905, "on n'y trouva qu'un pauvre petit squelette portant au cou une simple croix de fer."

Source : Ca s'est passé à Toulon et en Pays varois - Tome 2 - Tony Marmottans & Jean Rambaud - Editions Autre Temps.

 

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11 octobre 2017

Les ponts

Limitée par le Rhône à l'ouest ; parcourue par la Durance et ses affluents : le Verdon, l'Ubaye, l'Asse, et la Bléone ; drainée par une multitude de rivières : le Var, la Siagne, l'Argens, le Gapeau et l'Issole dans le Var, l'Ouvèze, l'Aigues, la Nesque, Les Sorgues, le Calavon et le Coulon dans le Vaucluse, pour ne citer qu'eux, la Provence est profondément découpée, et pour passer d'une rive à l'autre, les hommes ont dû construire une multitude de ponts. Ils se chiffrent par centaines. Ces cours d'eau ayant des caractéristiques très différentes, la provence offre un large éventail de ponts : ponts de pierres, de bois ou de métal ; ponts à arches et ponts suspendus, ponts à dos d'âne et ponts plats. Toutes les grandes périodes historiques sont représentées, avec des temps forts : l'Antiquité, le Moyen-Âge, le XIXe siècle et l'époque contemporaine. Un grand nombre de ces ponts sont classés monuments historiques. Les ponts romains se rencontrent le long de la Via Domitia et le la Via Aurelia, ainsi qu'à proximité de certaines villes antiques. Ils suscitent toujours beaucoup d'admiration par leur résistance au temps et aux innombrables crues qui depuis 2 000 ans ont tenté en vain de les emporter. 

Pont Vaison la Romaine

Celui de Vaison-la-Romaine construit au 1er siècle de notre ère a non seulement résisté à toutes les catastrophes naturelles, mais il a tenu bon lors du minage effectué par l'armée allemande en 1944. Il est construit à l'endroit le plus resseré de l'Ouvèze. Il ne comporte qu'une seule arche longue d'une vingtaine de mètres dont les culées s'appuient sur le rocher. 

Pont Julien

Le pont Julien au-dessus du Calavon sur la Via Domitia entre Bonnieux et Goult est lui aussi un chef-d'oeuvre d'architecture et de technique . Il a fêté ses 2 000 ans d'existence en 1997. Il comporte deux piles avec des éperons protecteurs et des ouvertures pour permettre le passage de l'eau en période de crues. 

Pont Flavien

Le pont Flavien sur le Touloubre à proximité de Saint-Chamas est une petite merveille. Il n'a qu'une arche de 22 mètres de long sur 6 mètres de large. Son dos d'âne a été rongé par le passage des chariots. Deux magnifiques double pilastres sont élevés à chacune de ses extrémités. Elles portent les lions qui ont été restaurés au XVIIIe siècle par le grand sculpteur Jean-Pancrace Chastel.  

Pont de bateaux d'Arles

Malheureusement, il ne reste presque rien du fameux pont de bateau contruit à Arles pour franchir le Rhône. On peut en voir une superbe maquette au musée de l'Arles antique. Sur les berges du Rhône, légèrement en amont de Trinquetaille et d'Arles, des amas de pierres signalent simplement les deux points de départ de ce pont. A l'époque médiévale, la Provence, qui est parcourue par les Croisés qui viennent embarquer à Marseille ou à Aigues-Mortes, construit des ponts admirables. 

Pont-Avignon

On connaît bien l'historique et la légende du pont Saint-Bénézet à Avignon, le premier pont de pierres à franchir le Rhône. Le jeune berger, Bénézet, vint à Avignon en 1177, se disant envoyé de Dieu pour construire un pont. Dix ans plus tard, on trouve dans les archives la trace de droits de péage. Il fut donc édifié très rapidement et il devait avoir un tablier de bois. En 1552, le percement de larges dégorgeoirs dans les tympans entraîne l'écroulement d'une partie des arches. On les rebâtit. D'année en année, le pont qui affronte les crues du Rhône subit de gros dégats. En 1668, de nouveau effondrements se produisent et Louis XIV refuse de le reconstruire. Il reste tel qu'on peut le voir aujourd'hui. Comme beaucoup d'ouvrages de cette période, il avait une chapelle à chacune de ses extrémités. On venait y prier avant de franchir le fleuve. Le pont avait une forte valeur symbolique : il représentait le passage d'une rive à l'autre, d'une vie à une autre. Les ponts du Moyen-Âge sont très nombreux. 

Pont trois sautets

On peut citer le pont des Trois-Sautets à Aix-en-Provence, au-dessus de l'Arc, rendu célèbre par Paul Cézanne qui le représenta en 1906, quelques semaines avant sa mort, sur deux aquarelles splendides. Le pont de Saint-Pons, également sur l'Arc, a été construit par les moines de l'abbaye de Saint-Victor. Il fut racheté au XVIIe siècle par le parlementaire Escalis de Saint-Pons, d'où son nom. Plusieurs ponts dits "romains" sont en réalité des ponts romans. 

Pont_ancien_sur_le_Caramy

C'est le cas du pont sur le Caramy ou de celui d'Entrechaux. C'est au XIIe siècle que les hommes équipent de ponts les gorges du Verdon et la vallée de l'Ubaye. On peut admirer les très beaux ponts de Beauvezer, de Moustiers-Sainte-Marie et de Saint-Paul. Curieusement, de la Renaissance au siècle des Lumières, les constructions de ponts sont rares, excepté de petits ouvrages sur les canaux, en particuliers sur ceux d'Adam de Craponne, dans la plaine de le Crau et en Camargue. On restaure tant bien que mal les ponts déjà réalisés. Ceux de Saint-Bénézet et de Bonpas sont abandonnés après les crues de 1668 et 1688, alors que celui de 

Pont Pont-Saint-Esprit

Pont-Saint-Esprit, dans le Gard provençal, est sauvé par la réfection des arches et la construction d'avant et d'arrière-becs très aigus pour lutter contre les crues. C'est le XIXe siècle et la révolution industrielle et technique qui va enfin permettre la réalisation de véritables ouvrages d'art sur le Rhône et la Durance. Le tout premier est celui de Bonpas, à Avignon, dont la construction est décidée par Napoléon Bonaparte qui avait dû franchir la Durance en bac lorsqu'il s'était rendu à Toulon pour embarquer pour l'expédition d'Egypte. 

Pont de Bonpas

La première pierre fut posée le 17 septembre 1804 avec un vibrant discours à la gloire du premier consul. Le pont achevé à la fin de Premier Empire fut un travail gigantesque. Il mesurait 500 mètres de long et nécessitait 47 travées pour enjamber la Durance. Une crue l'emporta en 1886. Les premiers ponts suspendus sont mis en chantier dans le Vaucluse à Mirabeau et à Cavaillon en 1831, à Pertuis en 1833 et à Cadenet en 1857. Ce sont des ponts "fils de fer" comme on les appelle alors. 

Pont de Mirabeau

Portique de Mirabeau

Le plus monumental est celui de Mirabeau pour lequel les architectes ingénieurs ont construit deux portiques monumentaux, un sur chaque rive. Ils sont décorés de niches romanes qui permettent le passage des immenses câbles destinés à soutenir le tablier de bois qui mesure 175 mètres de long. Ces ponts suspendus sur la Durance sont de vrais chefs-d'oeuvre. De nos jours, ils ne servent pas mais ils n'ont pas été entièrement détruits. On peut encore admirer les portiques de Mirabeau, les piliers de Cadenet et même la totalité de

Pont-suspendu-de-Mallemort-et-la-Durance

Mallemort. Il faut porter ainsi au crédit au XIXe siècle les belles réalisations de ponts tournants et de ponts levants. Ceux du port de Marseille entre les bassins d'Arenc, de la Pinède et de la Digue au large sont maintenant classés monuments historiques. Le XXe siècle confirmera l'audace et l'art du XIXe siècle. Le pont tournant pour le chemin de fer au-dessus du canal de Caronte est une pure beauté. Il est classé monument historique. Il fut détruit lors des bombardements de 1944 et reconstruit à l'identique.  

Pont canal de Caronte

 Plusieurs ponts autoroutiers comme ceux de Martigues ou de Tarascon font désormais partie de ce grand patrimoine architectural et technique engendré par cette nécessité du passage d'une rive à l'autre.

Source : Les monuments de l'eau en Provence - Jean-Marie Homet - Edisud 

Pont autoroutier de Martigues

 

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05 octobre 2017

L'école autrefois

Ecole-de-garcons-vers-1910

Ecole de garçons de Trans vers 1910. Mon grand-père Louis Rambaud est au second rang à gauche (Collection Nadine)

Ecole-de-filles-vers-1915-1916

Ecole de filles de Trans vers 1915. Mes deux grand-tantes : Julienne Rambaud et Irène Vincent sont sur la photo (Collection Nadine)

L'école joue un rôle fondamental dans la société provençale. Elle représente pour les enfants d'ouvriers et d'agriculteurs, nombreux dans les villages de Provence un moyen d'accéder à un niveau supérieur de l'échelle sociale. Leur présence dans les villages se multiplie considérablement au cours du XIXè siècle. L'origine des écoles au tout début du IVè siècle est traditionnellement attribuée en France à Charlemagne. L'époque moderne voit se développer de petites écoles destinées à donner une instruction de base aux enfants : lecture, écriture, apprentissage des chiffres. Ces petites écoles sont présentes surtout dans les villes et dans certaines régions et sont généralement réservées aux garçons. Sous Napoléon Ier, par décret du 17 mars 1808, le monopole de l'enseignement d'Etat est institué. Au cours du XIXè siècle, les gouvernements successifs s'efforcent d'améliorer l'enseignement primaire. Avec la loi Guizot de 1833, les communes de plus de 500 habitants sont tenues d'avoir une école de garçons. Guizot encourage aussi la fondation d'écoles primaires supérieures destinées à améliorer la formation générale et professionnelle des élèves issus de familles modestes et qui ne pourraient accéder aux collèges et lycées. En 1850, la loi Faloux, cherche à développe l'enseignement primaire en fixant le principe d'une école de garçons dans toutes les communes et d'une école de filles pour les villes qui en ont les moyens. Les années 1880 sont marquées par des changements fondamentaux dans le système éducatif français, mouvement essentiellement porté par Jules Ferry et son principal conseiller Ferdinand Buisson. Ces lois Ferry de la fin du XIXè siècle qui rendent l'école laïque, gratuite et obligatoire, sont l'aboutissement d'un mouvement de démocratisation de celle-ci. La loi instaure un enseignement obligatoire de 6 ans à 13 ans, les enfants pouvant toutefois quitter l'école avant cet âge s'ils ont obtenu le certificat d'études primaires. La laïcité, proclamée dès 1881 avec la suppression de l'éducation religieuse dans l'enseignement public, est renforcée par la loi Goblet de 1886, qui interdit aux religieux d'enseigner dans le public. Filles et garçons restent séparés. L'école devient alors un ascenseur social pour tous les enfants des villages de Provence qui accèdent à l'éducation. Au début du XXè siècle, les enfants vont à l'école de fin septembre jusqu'à mi-juillet et les jours de repos sont le jeudi et le dimanche. L'institution offerte par les écoles des villages est alors de moins bonne qualité qu'à la ville, d'où le désir de certaines familles aisées des campagnes de mettre leurs enfants en pensionnat dans de plus grandes communes. Dans les villages, l'enseignement est plus proche de la nature, on y étudie sur des bancs de bois et non des bureaux, on y joue à des jeux simples et il n'y a souvent pas de service de cantine pour le déjeuner. Il faut l'emporter avec soi pour les enfants qui habitent loin du village dans les fermes isolées ou dans les hameaux. Il faut aller à pied parfois sur plusieurs kilomètres pour aller à l'école. En hiver, l'instituteur ou l'institutrice fait partir les enfants éloignés plus tôt afin qu'ils soient rentrés avant la tombée de la nuit. Quand les travaux des champs l'exigent, les enfants délaissent l'école pendant quelques jours pour aider leur famille.

  Source : D'après le livre "La Provence d'antan" Editions HC. J'ai introduit mes propres connaissances vers la fin du texte.

Ampus

Ampus - L'histoire d'une école communale en Provence.

Laïque, gratuite et obligatoire

Auteur : Marcel Faure

Monsieur et Madame Faure, tous deux anciens instituteurs d'Ampus, m'ont offert en 2009, le livre ci-dessus. C'est Monsieur Faure qui l'a écrit et c'est avec plaisir que je vais vous en citer quelques passages.

  Parlons Français

 On sait quelle fut l'efficacité de l'école pour propager la langue française et achever l'unification linguistique de notre pays. Convaincus que la coexistence d'une langue régionale et de la langue française constituait un obstacle à leur mission d'alphabétisation, les instituteurs luttaient en permanence pour que la Provençal soit rejeté de l'école, aussi bien en classe que dans la cour de récréation. Quelles difficultés devaient rencontrer nos jeunes ruraux pour lesquels le Français, était une seconde langue, la première étant le Provençal local ! Des punitions étaient infligées à ceux qui écorchaient la langue de Molière : mise au piquet pendant la récréation, cent lignes à copier, chaque jour, un jeton était remis au premier élève qui employait une expression provençale. celui-ci le remettait au camarade, qui à son tour, commettait la même faute, ainsi de suite toutes la journée. l'élève qui possédait le jeton au moment de la sortie avait une punition. Cette crainte des sanctions avait un effet néfaste sur certains, qui pour ne pas prendre de riques s'enfermaient dans un mutisme total.

 Les cartables

 Le cartable en bois de Marie-Louise avait été fabriqué par son père, avec des planchettes fines. Pendant des décennies, les mamans confectionnèrent un sac en toile de lin ou de jute. Parfois cette musette avait deux poches : une pour les livres et cahiers, l'autre pour les repas. Les cinq enfants d'une famille mettaient leur matériel scolaire dans une grande sacoche en cuir que l'aîné portait en bandoulière. D'autres utilisaient un vieux carnier familial. Souvent, le père confectionnait un cartable avec une peau de mouton ou de chèvre. S'il avait du mal pour le coudre, il demandait l'aide du cordonnier du village. Après son apparus les cartables en cuir que nous avons utilisés pendant notre scolarité.

 Les fournitures scolaires

 Jusqu'au début du XXè siècle, elles étaient réduites au maximum et à la charge des parents, y compris l'encre et la craie. Les fournitures scolaires (porte-plume, plumes, crayons à papier, gommes, quelques crayons de couleur) étaient achetées chez un commerçant local ou distribuées par l'enseignant qui s'approvisionnait à la librairie Jourdan à Draguignan. Ce matériel, cédé à prix coûtant, était rangé dans des pochettes en tissu fabriquées par les mamans, dans des plumiers puis dans les trousses que nous avons connues. Après la seconde guerre mondiale, la Municipalité d'Ampus a assuré la gratuité des livres, cahiers et fournitures. Le jour de la rentrée, tout était distribué, même de grandes feuilles de papier bleu pour recouvrir les livres !

 Récompense et punitions

 Les récompenses ont été identiques pendant plusieurs générations. Elles valorisaient un travail de qualité. L'élève méritant gagnait des bon-points qu'il rangeait dans une petite boîte. Quand il en avait 10, il les échangeait contre une image. Les punitions étaient plus variées : le bonnet d'âne fabriqué en papier-journal, copie de plusieurs pages d'un livre, mise au piquet, dans un angle ou dans la cour, retenue le soir avec plusieurs problèmes à résoudre, coups de règles sur les doigts, corvées pour les plus grands qui passaient la récréation à scier du bois dans le bûcher, etc.

Aux-élèves des écoles

 

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29 septembre 2017

Les vendanges d'antan

 Vendanges

 Les vendanges dans le Midi (Carte postale ancienne)

Vieux de 2 600 ans, le vignoble provençal est le plus ancien de France. Les Phocéens sont les premiers à introduire la vigne en Provence et les Romains, dès le IIe siècle avant J.C, en développent la culture. Au cours des siècles, le vignoble s'étend et devient peu à peu une culture traditionnelle de la Provence. Les vignes sont partie intégrante des paysages du Midi et les provençaux vivent au rythme des vendanges. Pourtant, il y a 100 ans, les vins de la région n'étaient pas vraiment réputés pour leur qualité, qui va seulement s'améliorer à partir des années 60. A l'aube du XXe siècle, les maisons provençales possèdent rarement une bonne cave ; bien souvent les tonneaux manquent et sont remplacés par de grande bouteilles en verre recouvertes de nattes. Mais au moment des fêtes, le vin doit couler à flots et peu importe sa qualité. Alors, on privilégie le rendement et pour faciliter le travail dans les vignes, on préfère les planter dans les plaines, pourtant moins adaptées. Par le passé, seuls les domaines du Comtat Venaissin, dont les crus sont appréciés par les papes, et ceux du littoral de l'ouest varois, notamment celui produit à Bandol, sont de véritables bons vins.

Le travail de la vigne est celui qui requiert le plus grand nombre d'opérations. Labours, tailles, traitements se succèdent de novembre à septembre, c'est la période des vendanges. La terre doit être labourée à trois reprises : en février, mai et juin. En automne, pour préserver les vignes du froid, le viticulteur procède au chaussage des pieds de vigne. En mars, il faut au contraire, les déchausser pour les rechausser en juin dans le but de les protéger des fortes chaleurs. Au printemps, le désherbage évite les gelées blanches avant les binages de l'été. C'est la taille qui exige le plus de savoir-faire, elle s'effectue de novembre à mars. Les vignes provençales sont basses et taillées en gobelets. Les vendanges commencent à une date fixée en fonction de différents critères : la maturité du raisin, les risques de pluie et la disponibilité de la main-d'oeuvre. Cette dernière est recrutée localement parmi les journaliers. Le travail s'organise : les coupeurs déposent les grappes dans de grandes corbeilles en osier appelées banastoun ou dans des seaux, les verseurs les transportent, les vident dans des caisses de bois et les porteurs les chargent ensuite sur des charrettes. Une fois les vendanges terminées, les hommes procèdent à la vinification. La première opération consiste à écraser le raisin avec les pieds dans de grands baquets en bois ou dans une cuve en pierre. Petit à petit, cette méthode est abandonnée en faveur du broyage des grappes à l'aide d'un truei (fouloir). Cet instrument, actionné par une manivelle, est composé de deux cylindres tournant en sens inverse. On laisse le moût fermenter une quinzaine de jours avant de mettre le vin dit "de goutte" en tonneaux. Le marc resté dans la cuve peut alors être pressé pour donner le vin dit "de presse" qui est plus acide et qui mélangé au "vin de goutte" lui assure une meilleure conservation. Certains se contentent d'arroser le marc avec de l'eau et la piquette ainsi obtenue sert de boisson quotidienne.

Pressoir

 Carte postale à Trans en Provence, place de l'Hôtel de ville et intitulée. En vendanges, un pressoir. On y voit un pressoir mobile qu'un homme est en train d'actionner, trois cornues et une mesure (double décalitre). En fond, l'hôtel de ville.

Un-pressoir-fin-XIXe-devant-la-menuiserie-Coste

Pressoir installé devant l'ancienne scierie Coste, rue Nationale. Cette photo date au maximum de 1895. L'homme à droite, de face, en chemise et le chapeau rejeté en arrière est mon arrière-arrière-grand-père, Louis Rambaud (1835-1895). C'est la seule photo que je possède où il est présent.

 Les vignerons utilisent essentiellement le pressoir à vis centrale actionné par une barre de serrage fichée dans un écrou. Seuls les grands exploitants en possèdent un et bien souvent les villages provençaux ont un pressoir portatif utilisé par les petites exploitations. C'est au cours du XXe siècle que les techniques de vinification vont se moderniser et la qualité des vins de Provence va s'améliorer. C'est également au cours du XXe siècle que vont naître les coopératives vinicoles dans la majeure partie des villages provençaux. Trans en Provence avait la sienne. Elle avait été construite en 1940 et détruite en 1990 ou 91.

 Source : D'après le livre "La Provence d'antan à travers la carte postales ancienne" - HC Editions. 

grappe-raisin

  

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23 septembre 2017

Flassans sur Issole, village du centre Var

Flassans plan

Plan de Flassans, village du centre Var, peint sur des carreaux de faïence.

Ce plan se trouve sur la place (Photo Nadine)

 Le nom de Flassans provient probablement de celui d'un propriétaire terrien de l'époque gallo-romaine qui possédait un domaine sur les rives de l'Issole. D'après Auguste Longnon (1844-1911) historien et géographe spécialiste des noms de lieux, Flassans viendrait de Flaccius, personnage dont la juridiction devait s'étendre sur les lieux actuels ou bien encore du latin "flatus sanus", air pur. Des fouilles ont mis à jour les preuves d'une occupation humaine très ancienne en divers endroits et ce, depuis les temps préhistoriques : silex de l'âge du bronze recueillis sur les berges de l'Issole, oppidum avec céramiques et vestiges de cabanes sur la colline de Maunier, villas gallo-romaines à la Grande-Bastide, au Coudonnier, à Saint-Baillon, à Saint-André, à la Seigneurie, au Petit Campdumy, sépultures à tegulae (tuiles), pièce de pressoir à huile, urnes cinéraires, etc... Il paraît certain que les domaines actuels de Pique-Roque, de Saint-Martin, de l'Aubréguière, de Rouvède, de Campagne-Neuve et autres ont succédé aux "fundi" (domaines agricoles rassemblés autour d'une "villa") des temps gallo-romains et mérovingiens avec leurs bonnes terres et leurs sources abondantes. A partir du Ve siècle, à la fin de l'Empire Romain du fait du passage plus ou moins définitif des peuplades germaniques, la "provincia" gallo-romaine ne connue pas de gros bouleversements politiques, contrairement à d'autres parties de l'ancien empire romain, jusqu'aux invasions sarrasines (XIIe siècle). En fait, nous ne savons que très peu de chose sur la période allant du Ve au Xe siècle, sinon qu'il avait dû y avoir une certaine permanence des institutions politiques issues de la période gallo-romaine (maintien du droit romain et de l'influence de l'églis). A partir du IXe ou Xe siècle, la Provence a subi de grandes misères et de nombreux ravages et pillages. C'est certainement à cette période que les habitants de "Flacianis" se sont regroupés autour de la forteresse féodale, lieu aujourd'hui en ruine et appelé "ville" ou encore "Vieux Flassans". Sur l'emplacement d'un oppidum romain, un poste de guet fut élevé au Xe siècle par Hugues d'Arles pour prévenir des incursions sarrasines qui venaient de la côte et du massif des Maures où ils s'étaient installés. C'est à l'époque féodale que les Pontevès devinrent les premiers seigneurs de Flassans. A ce titre au XIVe siècle ils firent agrandir le château qui fut sous Jean de Pontevés, grand sénéchal de Provence, le quartier général des catholiques provençaux. Les protestants s'en emparèrent et le démantelèrent (Guerres de religion). A partir du XVII° siècle, les familles de Carcès et de Simiane, eurent de nombreuses possessions foncières sur la commune.

Flassans1

Flassans2

Flassans3

Flassans4

Flassans5 

Flassans6

 Flassans, coquet village traversé par l'Issole est entouré de vallons couverts de chênes blancs, qui apportent une fraîcheur délicieuse en été. Flassans était situé sur l'un des chemins de St Jacques de Compostelle : la via Tolosona. De ce riche passé, il demeure les ruines du château féodal de la famille de Pontevès sur la colline qui domine le village.

Au coeur de ce village, en bordure de l'Issole, un pont à dos d'âne et un moulin à huile restauré du XVIème siècle s'élèvent près d'une place ombragée. Ce moulin a été transformé en bibliothèque. C'est un endroit vraiment très joli. J'espère que mes photos vous plaisent ?

Dans mes liens (amis varois), vous trouverez le blog de Mounic de Flassans au cas où ce qu'elle écrit vous intéresserait.

 

11 septembre 2017

La langue d'oc et la langue d'oil

 

L'origine d'oc

Oc vient du latin hoc qui signifie littéralement cela. En fait, on exprimait ainsi l'affirmative : c'est cela ! De ce terme s'est forgé le nom de la région du Languedoc, pays de langue d'oc. Il s'étendait de la Garonne au Rhône, sa capitale était Toulouse. L'occitan a été très répandu grâce aux troubadours.

Le terme Occitanie apparaît au Moyen Âge sous sa forme latine Occitania, nom dont la terminaison a certainement été forgée sur le modèle d'Aquitania.

Aujourd'hui oui s'écrit oc en occitan mais le c final ne se prononce pas (excepté dans le nom Languedoc ou bien pais d'oc). En provençal, oui s'écrit o. Frédéric Mistral parle de la lenga d'o (langue d'o). A l'est du Rhône, c'est donc le pais d'o !

carte_langues_oil_oc

L'origine d'oïl

Dans le nord de la France, on rencontrait au Moyen Âge les deux formes : o et oil. La prononciation de cette époque est différente de celle d'aujourd'hui : on ne disait pas [oï] mais o-il. En outre, la prononciation du o avait tendance à se transformer en [ou]. On passe à [ou-il] puis la lettre finale l (comme le c dans le midi) a disparu de la prononciation pour devenir [ou-i] puis en une seul son : oui !

Au XVIe, Clément Marot (poète né à Cahors 1496-1544) écrit :
"et tant qu'ouy et nenny se dira, per l'univers le monde me lira".
A propos de la négative, nenny (ou nennil) est construit de la même façon : à partir de nen (variante de non et le suffixe -il) nenny pas ! signifie : pas du tout ! Cette expression est encore présente dans l'expression : que nenni !

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 Source : D'après Lexilogos.com - Mots et merveilles d'ici et d'ailleurs.

 

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05 septembre 2017

L'âge du travail dans le département du Var en 1840

A la ferme

Le premier âge commence de bonne heure à la campagne, dès que les enfants ont atteint leur cinquième année, on les emploie sans distinction de sexe à garder les bêtes de labour dans les pâturages et les troupeaux de volailles dans les friches. Quelques-uns vont sur les chemins ramasser de la paille pour litière ou des crotins de gros bétail. Les petites filles s'occupent de quelques travaux légers dans l'intérêt du ménage. Ces différentes occupations toujours lucratives pour les familles de la campagne, empêchent d'envoyer leurs enfants aux écoles. On voit tous les jours de bonnes gens préférer unn panier de crotin à l'enseignement gratuit qu'on offre à leurs enfants en bas âge. Plus tard, il leur est de toute impossibilité de les accepter, car à 18 ans les jeunes garçons commencent à bêcher la terre et à conduire la charrue dans les terrains légers et les jeunes filles travaillent moyennant la moitié du salaire qu'on donnerait à une femme. D'ailleurs c'est à cet âge que les enfants contractent l'amour et l'habitude d'un travail pénible et fatiguant, mais le plus souvent précieux à la société. Il est reconnu que l'enfant d'un cultivateur, s'il fréquente l'école jusqu'à 15 ans va abandonner la culture des terres pour se faire artisan ou il est toute sa vie un bien faible cultivateur, à moins qu'il ne laboure que son propre champ. De là viennent tant de personnes oisives qui dans les communes rurales sont pendant le jour des piliers de cabarets et pendant la nuit des ravageurs de campagne et des maraudeurs.

Labours

A 22 ans, l'homme des champs possède sa plus grande force. Cette époque est devancée de deux ou trois ans pour les femmes et il est ordinaire de voir des filles de 14 ans, bêcher, labourer, enfin exécuter les travaux les plus rudes. Cet usage est général dans les pays maritimes, où la plupart des hommes, élevés pour la mer, laissent aux femmes la culture des terres. A 50 ans, l'affaiblissement commence. Il est très marqué à 60 ans, c'est l'âge où le cultivateur dans l'aisance ne s'occupe plus que des travaux légers et dans les saisons tempérées.

Enfin, à 70 ans, les forces ne suffisent plus à un travail rude et surtout continu. La journée du cultivateur à cet âge est à un très bas prix, et si contraint par le besoin, il continue de vendre sa sueur, il est renvoyé aux ouvrages affectés aux femmes et aux enfants et payé à peu près à leur taux [...].

Faucheur

Dans le département du Var, la population repose principalement sur les produits territoriaux et en suit les inconvénients. Ceci parce que l'agriculture emploie beaucoup de bras, qu'elle nourrit ou salarie beaucoup d'individus. Mais aussi parce que la substance générale est due à ses productions ou payées par leur prix, et parce qu'étant la source principale des revenus, l'agriculture règle la consommation en objets de luxe ou de commodité, et par conséquent les bénéfices de l'industrie et même ceux du commerce. La classe des propriétaires est donc la première du département parce que son climat privilégié, permet plusieurs sortes de cultures et se prête à une grande division des terres. Nous citerons la culture des oliviers sur plus de la moitié de sa superficie et celles des vignes sur les 4/5e, si l'on excepte les zones de la région froide dont les principes sont dégarnis de terres végétales.

Pioche

Dans les héritages de qualité étendue, l'industrie renfermée dans un cercle étroit, se porte vers une meilleure exploitation, la charrue est bannie parce qu'ils ne comportent pas un capital de bêtes de labour, la pioche et le piochon soulèvent seuls la terre et procurent des récoltes plus abondantes. C'est ainsi qu'à Grasse, Antibes où les sols couverts de vignes et d'oliviers sont en pente et ne permettent plus l'usage de la charrue, que la production, à superficie égale, est plus grande et plus assurée que dans ceux que le soc ouvre encore. Chaque famille, même celle réputée pauvre recueille de quoi se nourrir à une époque où les travaux de la campagne sont suspendus. Aussi on voit peu de mendiants dans le département. Ceux qu'on aperçoit parfois allant de porte en porte sont des journaliers étrangers, mendiant sur leur route jusqu'à ce qu'ils soient parvenus aux lieux où les travaux les appellent. Le plus souvent se sont des familles génoises ou piémontaises qui vont chercher fortune à Marseille ou dans une autre ville.

 Sources : Histoire et statistiques du département du Var - Etienne Garcin - 1840.

  

30 août 2017

Les petites ouvertures des maisons provençales

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Porte à Riez - Alpes-de-Haute-Provence (Photo Nadine)

Dans certains murs, il était parfois difficile d'ouvrir une fenêtre par manque de place ou par crainte du froid ou du vent qui pourrait s'y engouffrer. C'est pourquoi on a fréquemment conçu de petites ouvertures qui servent plus à ventiler qu'à éclairer une pièce. Elles ne possèdent pas de volets mais sont protégées par des grilles scellées dans le mur. La façade exposée au nord, conçue comme une muraille pour résister aux éléments, en est transpercée çà et là. Quelques fenestrons y sont judicieusement placés pour aérer la maison.

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 Porte murée Renaissance avec oculus - Trigance - Haut-Var (Photo Nadine) 

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 Porte avec ouverture fermée par une grille - Riez -Alpes-de-Haute-Provence (Photo Nadine)

Sous les toits, les combles sont pourvus d'oeils-de-boeuf ou oculi (du latin oculus, oeil). Dans les bastides, ils s'alignent au-dessus des fenêtres situées aux étages, participant de cette façon à l'agencement général de la bâtisse. Leurs formes variées, rondes, ovales, carrées, rectangulaires, en losange ou encore hexagonales, témoignent du goût et du savoir-faire des constructeurs provençaux. Au détour d'un champ, un cabanon, un grenier à foin se parent d'un charme particulier grâce à un simple oculus ouvert sur un pignon. Les entrées, souvent sombres, peuvent être éclairées et ventilées par une ouverture au-dessus de la porte. Dans les maisons anciennes, cette imposte était pratiquée juste au-dessus du linteau. Simplement munie d'une grille, elle refroidissait la maison. Puis les maçons ont inclus l'imposte sous le linteau et l'ont fermées par des vitres mobiles ou pas. Plus ou moins discrète, elle s'orne de décors assortis à ceux de la porte et arbore parfois les armes de la famille qui posséde la demeure dans certains cas, depuis des générations.

Source : D'après "L'âme des maisons provençales" - Editions Ouest-France.
 

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 Porte avec imposte vitrée - Trans en Provence (Photo Nadine)

 

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24 août 2017

Emmanuel-Joseph Sieyès dit l'abbé Sieyès

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Emmanuel-Joseph Sieyès est né le 3 mai 1748 à Fréjus (une rue porte son nom), c'est le fils d'un employé des impôts et maître de poste. Il fait d'abord ses études à Draguignan puis à Paris au séminaire de Saint-Sulpice. Il entre dans les ordres comme prêtre en 1774 mais sans grande conviction. En cette qualité, il fréquente les salons et les académies où se répandent les idées des Lumières. Il devient en 1775 chanoine de Tréguier en Bretagne, puis attaché auprès de l'évêque Jean-Baptiste Joseph de Lubersac en tant que secrétaire. Par la suite, il est l'aumônier de Sophie Philippe Elisabeth Justine de France plus connue sous le nom de Madame Sophie, tante de Louis XVI, puis vicaire général de Chartres en 1787 et enfin conseiller commissaire à la chambre supérieure du clergé. S'intéressant beaucoup aux problèmes sociaux et à la misère des paysans, il décide de se rendre à Paris en 1788 et de publier plusieurs brochures où il expose ses théorie et ses espoirs pour l'avenir : "Vues sur les moyens d'exécution dont les représentants de la France pourront disposer", puis un "Essai sur les privilèges" où il fustige les deux ordres privilégiés que sont la Noblesse et le Clergé, et enfin "Qu'est-ce que le Tiers-Etat ?" texte fondateur de la Révolution française, rédigé fin 1788, alors que se préparent les prochains Etats-Généraux.

Qu-est_ce_que_le_Tiers_Etat

Publié au début du mois de janvier 1789, ce texte obtint un grand retentissement et assure la popularité de Sieyès. Des dizaines de milliers d'exemplaires de "Qu'est-ce que le Tiers-Etat ?" vont être vendus, obligeant l'éditeur à faire quatre éditions, les trois premières anonymes et la dernière étant signée par Sieyès. Les idées exposées dans cette brochure préfigurent ce qui se passera en France quelques mois plus tard.
L'Abbé Sieyès, écarté par le Clergé, sera finalement élu député du Tiers-Etat à Paris pour les Etats-Généraux qui débutent le 5 mai 1789. Il sera avec le Comte de Mirabeau un des fers de lance de son ordre, étant à l'origine de la réunion des trois ordres (Noblesse, Clergé et Tiers-Etat) aux Etats-Généraux qui débutent le 5 mai 1789 à Versailles, de la constitution d'une Assemblée Nationale le 17 juin 1789 et du serment du Jeu de Paume le 20 juin 1789.

Serment

Élu dans trois départements à la Convention, il vote la mort du roi. Il abandonne sa charge de prêtre selon les modalités en vigueur de la Constitution civile du clergé. Pendant la préparation de la constitution de l'an III, le 20 juillet 1795, il prononce un discours resté célèbre au cours duquel il propose la mise en place d'un jury constitutionnaire, premier projet d'un contrôle étendu de la constitutionnalité des actes des organes de l'État. En 1795, il démissionne du poste de Directeur auquel il fut élu, conformément au plan qu'il avait élaboré afin de mettre à mort le Directoire. En 1798, il est envoyé comme ambassadeur à Berlin. En 1799, il se résolut à entrer au Directoire, il prépare le coup d'État du 18 brumaire puis il est nommé consul provisoire par Bonaparte. Il devint président du Sénat conservateur sous l'Empire. Il est promut grand officier de la Légion d'honneur en 1804 et est nommé comte d'Empire en mai 1808. Pendant la Restauration, de 1815 à 1830, il s'exile durant quinze ans pour régicide à Bruxelles et est remplacé par le marquis de Lally-Tollendal. De retour après la révolution de Juillet 1830 "Les Trois Glorieuses", il meurt à Paris le 20 juin 1836. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise.

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18 août 2017

La fontaine des quatre saisons à Varages

 

Varages

Varages (83) est un village dont l'activité principale demeure depuis trois siècles la faïence. De nos jours, on trouve encore au village une manufacture, des faïenceries d'art, une école de la céramique et un Musée des Faïences. Le village est bâti sur une falaise de tuf, et est arrosé par une source très abondante : la Foux. Cette source alimente treize fontaines réparties dans les rues et places du village. Leur bruit mélodieux est vraiment rafraîchissant au plus chaud de l'été provençal. La place principale de Varages, ombragée de tilleuls, propose l'été des terrasses de cafés très appréciées des habitants, et des touristes. La fontaine la plus imposante de Varages, la fontaine des Quatre Saisons, orne chacun de ses becs d'un masque figurant les quatre saisons. Elle comporte sur son sommet une Marianne posée sur un socle sur lequel on peut lire : "Place de la IVe République". Elle se situe au centre de la Place de la République, face à la mairie. Varages est un village qui vaut vraiment le détour.

Nous n'avons pas manqué de visiter le Musée des Faïences dans lequel il est interdit hélas de prendre des photos.

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12 août 2017

Récipients pour le transport et la conservation des liquides : cruches, dourgo, jarres, pichets, etc...

 

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Filtre à eau en terre cuite qui sert aujourd'hui d'objet décoratif (Photo Nadine)

Leau

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Le-vin

Lhuile

Source : "Les Carnets varois du patrimoine-N°1" : Céranique varoise, Var, pays de la terre cuite - 2002 - Edition du Conseil Général du Var.

Dourgo

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06 août 2017

Les colonnes antiques de Riez

C'est au cours d'une de nos balades que nous sommes allés à Riez. Nous avons visité la ville et avons terminé par les fameuses colonnes qui se trouvent à l'entrée de celle-ci, sur le côté gauche. Voici ce que j'ai appris grâce au panneau explicatif (ci-dessous, reproduction du temple d'origine)

Temple-Riez

Colonnes-4

Colonnes-3

Colonnes-5

Ces colonnes monolithes, en granit gris de l'Estérel, hautes de 7 mètres sont surmontées d'une architrave richement décorée en calcaire tendre. Les bases et les chapiteaux corinthiens sont en marbre blanc. Elles constituaient la façade orientale d'un temple tétrastyle, construit au 1er siècle après Jésus-Christ et vraissemblablement dédié à Apollon. Du haut d'un imposant socle en grand appareil, le temple dominait de 2,50 mètres le niveau antique de circulation : la grande voie vers Aix. Deux massifs prolongeaient le podium en avant des colonnes extrêmes et enserraient un escalier. L'édifice fut détruit à la fin de l'Antiquité et les matériaux récupérés, mais la colonnade et son support ont été soigneusement respectés. Les quatre colonnes semblaient veiller sur l'entrée de Riez au terme de la grand route d'Aix qui passait au pied même des vestiges jusqu'au XIXe siècle.

Colonnes-Riez

Colonnes-Riez-1

 

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31 juillet 2017

Ce qu'on disait des jeunes provençales

Provençale

Les Provençaux avaient toutes sortes de locutions pour déterminer leurs critères à l'égard des jeunes filles.
On aimait avant tout qu'une jeune fille fût jolie :
Es Belasso ! (Elle est très belle !), Es poulido coumo un sou ! (Elle est jolie comme un sou !). Lorsqu'un jeune homme songeait à épouser une jeune fille, ses parents s'inquiétaient de savoir si celle-ci était travailleuse. C'était là une condition importante pour réussir en ménage. D'une fille sage, laborieuse et aimable on disait : Es un tresor ! (C'est un trésor !).
Certaines d'entre elles montraient des aptitudes tout à fait heureuses pour tenir la maison :
A de gouvern ! (Elle a du gouvernement !) ce qui voulait dire, en d'autres termes : elle sera une bonne maîtresse de maison. Qu'elle soit juste ou non, la réputation universelle du beau sexe a toujours été celle d'être volage. Les Provençaux n'aimaient guère cela et les jeunes filles qu'ils trouvaient trop souvent dehors, étaient mal considérées. On disait d'elles : Courre la patenteno ! (Elle court la prétentaine !) ou encore : Es uno courrentilho ! (C'est une coureuse !). C'est que l'on ne badinait pas dans les familles à cette époque avec la réputation de ou des jeunes filles de la maison !

Source : Almanach de la Provence.

Provençales

 

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25 juillet 2017

Le jardin des Gorguettes au Val

Situé au coeur de la Provence verte, à cinq kilomètres de Brignoles, Le Val est un village médiéval d’environ 3 700 habitants. Niché dans une vallée parcourue par la Ribeirotte, le village est dominé au nord par la colline de Paracol qui dessine fièrement au loin sa silhouette. C’est un village privilégié pour les amoureux d’histoire et de nature. Si vous visitez ce joli village, ne manquez pas de voir le jardin des Gorguettes. C'est un jardin des senteurs botaniques provençales avec un aqueduc du XIVème siècle, réalisé pour amener l’eau de la source des Treje Raï aux fontaines et aux moulins.

Voilà les photos que j'ai faites de ce jardin.

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19 juillet 2017

Quelques proverbes en Provençal

 

Jarre

Coin du jardin de Marcel à Trans en Provence

 Pèr ana séguramen su lei samin de la vido vidanto, lei Provençau avisa fan fisanço à nounostrei prouvèrbi que soun la quintessènci de la sapiènci poupulàri dei reire.
Pour aller sûrement sur les chemins de la vie quotidienne, les Provençaux avisés font confiance à leurs proverbes qui sont la quintessence de la sagesse populaire des anciens.

Lou tèms e l'usage rendoun l'ome sage.
Le temps et l'usage rendent l'homme sage.

De teis ami digues tout bèn, deis autre digues rèn.
De tes amis dis tout bien, des autres ne dis rien.

Es riche qu pou, urous qu saup, sage qu vau.
Est riche qui peut, heureux qui sait, sage qui veut.


Gai lesert bèu toun soulèu, que lou tèms passe trop lèu, e deman ploura belèu.
Gai lézard bois ton soleil, car le temps passe trop vite et demain il pleuvra peut-être.

Plaque-Riez

 Photo prise par moi-même en 2006 à Riez

 

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13 juillet 2017

Géo Fourrier, illustrateur

Georges Fourrier dit Géo-Fourrier né le 16 juin 1898 à Lyon et mort le 8 avril 1966 à Quimper est un artiste aux talents multiples : peintre, graveur, illustrateur, créateur de bijoux, de pipes, de cartes postales.

Voici quelques-unes de ses créations qu'ils signait de ses initiales, avec cette collection de cartes postales sur les costumes provençaux que vous pouvez retrouver dans un de mes albums.

Aix

Arlesienne

Aubagne

Briançon

Cabris

Cannes

Marseille-1

Nice

Saint-Vallier

Tambourinaire

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07 juillet 2017

Les pierres marieuses de Provence

-Rocher à marier

En Provence, comme dans beaucoup de régions, certains gros blocs de pierre sont dotés de pouvoirs recherchés par les jeunes filles à marier. Autrefois rester vieille fille était une malédiction, alors pour se marier rapidement, elles se livraient à quelques pratiques parfois étranges, comme celle de grimper sur le sommet de certains rochers et de se laisser glisser jusqu’en bas. Au coeur du temps, lustrés par les nombreuses glissades, ils sont devenus de vrais toboggans minéraux. On raconte ainsi que le jour de la fête patronale de Bauduen (Var), les jeunes filles désireuses de se marier sont venues longtemps glisser sur un rocher, formant un plan incliné, derrière l’église, et qui était devenu poli comme du marbre. On appelait cela l’escourencho, "l’écorchade". Dans les Alpes-de-Haute-Provence, dans le vallon de l’Ubayette, au village de Saint-Ours, pour trouver un mari et pour être fécondes, les femmes se laissent glisser sur une ancienne roche sacrée. Au village de Fours (Alpes-de-Haute-Provence), on appelait "pierre des épousées" un rocher de forme conique vers lequel le plus proche parent du mari conduisait l’épouse après la cérémonie religieuse. Il l’y asseyait lui-même en ayant soin de lui faire placer un pied dans un petit creux de la pierre que l’on dirait avoir été pratiqué exprès, quoiqu’il soit fait par la nature. C’est dans cette position qu’elle recevait les embrassements de toutes les personnes de la noce.

Une variante : le jour de la fête du Beaucet (Vaucluse), ou simplement un dimanche d’été, les jeunes gens vont s’asseoir auprès des jeunes filles qui leur plaisent, et dévoiler leur amour en leur lançant de petites pierres. Si la jeune fille n’est pas d’humeur favorable aux désirs du galant, elle change de place, et va s’asseoir un peu plus loin. Si au contraire, elle veut encourager l’amoureux, elle prend à son tour de petites pierres qu’elle lui envoie en plaisantant, acte dont la signification est parfaitement claire dans le pays.

 Source : Le Grand almanach de la Provence 2010.

 

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01 juillet 2017

Quelques expressions du langage courant

Provence

Voilà quelques expressions qui sont employées chez nous. J'ai mis ce qui m'est venu à l'idée. Le provençal est une langue très imagée vous allez le voir. Je reconnais que lorsque je parle avec quelqu'un qui n'est pas d'ici, c'est-à-dire "un estranger du dehors", j'évite les mots ou expressions en provençal car la personne vous regarde avec des yeux comme des soucoupes et demande toujours des explications.

Aquèu m'empègui : Est employé pour exprimer la stupéfaction, la surprise. "Empègui" vient du mot provençal "pègue" qui est la poix, la colle. En français : "Alors ça, ça me tue !"

Avoir des oursins dans la poche : Hésiter à mettre la main à la poche, être pingre.

Avoir le cul bordé de nouilles ou bordé d'anchois : Avoir beaucoup de chance.

Avoir le cul comme la porte d'Aix : La porte d'Aix à Marseille est un arc de triomphe imposant. Donc, cette expression est employée pour parler de quelqu'un qui a un gros derrière.

C'est un brave pastis ou être dans un brave pastis : C'est un sacré merdier, une sacrée embrouille.

C'est un destrùssi : Qui détruit tout. Ce dit en parlant d'une personne, d'un animal.

De longue : En permanence, constamment. "Il est assis de longue devant la télé".

Devenir chèvre : Devenir folle. Faire tourner en bourrique. " Mais tu me fais devenir chèvre toi !"

Egrafigner ou grafigner : Egratigner, griffer.

Espincher : Epier à la dérobée, espionner.

Embouligue : C'est une déformation du mot français ombilic qui désigne le nombril. "Avec tout ce que j'ai mangé, je me suis fait péter l'embouligue".

Esquine : l'échine, le dos. "En avoir plein l'esquine". En avoir plein le dos.

Estanpèu : Vacarme. "Ils ont fait un brave estampèu cette nuit !"

Estouffe-gari : Un étouffe-chrétien ou un étouffe belle-mère.

Etre né avec la crépine : Etre né coiffé, avoir de la chance. "E neissu émé la crespine".

Esquichés comme des anchois : "Dans le bus, nous étions esquichés comme des anchois". Du provençal "esquicha" : pressé, serré.

Faire des cagades : Une cagade est une grosse bêtise, un ratage complet. "J'ai fais une cagade !".

Fais du bien à Bertrand, il te le rendra en caguant : Cette formule s'emploie pour parler de l'ingratitude des gens. Bertrand est un nom de famille très répandu dans le Midi. Mon arrière-arrière-grand-mère était une Bertrand de Draguignan.

Faire le cacou : Un cacou est un frimeur, un fanfaron, quelqu'un qui cherche à se faire remarquer.

Faire Pâques avant les Rameaux : Expression qui signifie qu'un couple a eu un enfant avant d'être marié.

Galine : Poule. "Faire la bouche en cul de galine" signifie affecter un air pincé et précieux.

Gàubi : Maîtrise, grande habileté. Avoir le gàubi pour faire telle ou telle chose.

Guicher de l'oeil : faire un clin d'oeil.

Il y a degun : Degun signifie "personne". Il n'y a personne. "Mais il y a degun ici !".

Les brailles : Le pantalon. "Tu en as une de belle paire de brailles !"

Mazete : Se dit quand on est admiratif. Par exemple : "Mazete ! Que tu es bien habillée".

Manger de regardelle astaca mé de fioù : Manger des regardelle attachées avec du fil : se dit quand il n'y a pas beaucoup à manger dans l'assiette. Regardelle : vient de "regarder", on appelle regardelle, tout ce qui tente les yeux.

Manquer : Prendre la honte. "J'ai manqué devant tout le monde".

Mourre de pouar : Groin de porc, de cochon, en provençal. "Celui-là, c'est un vrai mourre de pouar !" Avoir une tête de cochon, faire la tête, ne pas être aimable.

Pagaille : Adjectif désignant une personne peu ordonnée. "Qu'est-ce qu'il est pagaille celui-là".

Parpagnat : "Grossier personnage, rustre, homme du commun".

Passer la pièce par terre : Passer la serpillière. La pièce étant le morceau de tissu.
Pécaïre, peuchère : Signifie : "le pauvre !", au sens de plaindre quelqu'un.
Pépie : "Avoir la pépie". Pépie est une maladie des gallinacés se traduisant par une soif inextinguible. Donc, avoir la pépie se dit d'un assoiffé chronique.
Pigne : "Pomme de pin" ou "coup de poing dans la figure".
Porcas : "Gros cochon". S'emploie seul en invective.
Ribe : "Talus, pente, déclivité".
Sartan : "Poêle à frire". Désigne aussi une vieille sorcière malfaisante
S'embrasser comme des coucourdes : S'embrasser de bon coeur. Vient du provençal "cougourdo" courge, potiron. Avoir la tête comme une coucourde : avoir la tête enflée, en avoir plein la tête. "Tu me mets la tête comme une coucourde".
S'embroncher : Du provençal "s'embroncar" : trébucher. Heurter quelque chose avec le pied, se prendre les pieds dans quelque chose. "Je me suis embronchée dans les fils".

Se faire escaner : Se faire arnaquer. "Je me suis fais escaner au marché ce matin".

Se mettre à coucou : s'accroupir.

Se tanquer : Se planter, ne plus bouger d'un endroit, rester sur place. "Il est tanqué devant ce magasin depuis une heure !".

Sian poulit ! : On est beaux ! On est dans le beaux draps ! On est propres ! S'emploie quand tout est perdu.

Tian : Désigne le plat en terre et le gratin que l'on fait dedans. C'est aussi et surtout une bassine de terre cuite qui siégait dans la pile (l'évier) et qui servait un peu à tout.

Tomber un oeil : Exprime la rareté. "Pétard, c'est toi qui paie le restaurant aujourd'hui ? Mais il va te tomber un oeil !"

Travailler comme les filles de Toulon : Elle travaille comme les filles de Toulon, elle fait le mitan et elle laisse les cantouns : "Elle fait le milieu et elle laisse les coins".

Tronche d'api ! : Désigne familièrement un imbécile, un idiot, un benêt... Mais toujours au sens figuré, affectueux et amical malgré tout.

Trompe-couillon : Maquillage. "Je vais me mettre un peu de trompe-couillon pour me faire belle".

Va caguer à la vigne ! : Va te faire voir !

Va t'escoundre : Escoundre, c'est caché. "Va t'escoundre !".

Vieille masque : "Vieille sorcière".

Vé ! : Regarde !

Zou ! Exprime "Allez"

Zou ! Boulégan : Du latin sursum qui signifie sus. Zou peut être traduit par "en avant" "allons-y". "Aller ! bougeons".

Zou maï : Le mot maï en provençal signifie "davantage". Zou maï peut être traduit par "encore une fois" ou "ça recommence" ou "encore" !

 

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25 juin 2017

Le rocher de Roquebrune et du Muy

 

Carte 

Il y a longtemps que je voulais vous parler du rocher de Roquebrune. Ce rocher a vu vivre bon nombre de générations de mes ancêtres et eux, depuis toujours l'ont contemplé et ont vécu sous sa protection.
On dit que les Roquebrunois et les Muyois se disputent le rocher (vous le lirez dessous) qui est à moitié chez les uns et à moitié chez les autres.
Or, le 6 octobre 1890, un muyois, François Barret, a épousé une Roquebrunoise, Adélaïde Ollivier. Ils étaient mes arrière-grands-parents. Preuve qu'il ne se disputaient pas tous ! Donc, ce rocher est un peu à tous les deux et un peu à moi aussi. C'est à eux que je pense en écrivant cet article mais aussi fortement à Georges dit Jojo, mon papa. Je me suis inspirée de plusieurs documents et livres comme je le fais à mon habitude pour écrire cet article, j'ai employé aussi des photos provenant de différentes sources n'ayant pas pu les faire toutes moi-même.

Rocher_Roquebrune-sur-Argens

 Le rocher de Roquebrune dans sa totalité (Photo trouvée sur Internet)

Je le vois depuis notre terrasse à Trans en Provence (mais trop loin dans le lointain pour faire une photo valable). Il barre l'horizon de mon regard. Il est là depuis des temps séculaires. Il se dresse sublime au-dessus de la plaine de l'Argens qu'il domine de sa masse rocheuse imposante et majestueuse. C'est le rocher de Roquebrune. Il culmine à 373 mètres d'altitude et s'étale entre la commune du Muy et celle de Roquebrune-sur-Argens. Sur les cartes, le massif porte officiellement le nom de rocher de Roquebrune, une appelation qui ne plaît guère aux habitants du Muy puisque leur commune possède à peu près la moitié du territoire concerné. Ceux-ci préfèrent l'appeler "Les Trois Croix", faisant référence aux trois somments où, depuis les temps reculés, sont dressées des croix symboliques donnant un caractère sacré à la montagne. Les Roquebrunois, eux, parlent de la Roque ou du Roucas, des termes familiers, voire affectueux, pour qualifier cette montagne dont ils sont fiers et qu'ils considèrent un peu comme leur propriété.
Depuis longtemps, sans doute, les habitants des deux villages, se disputent la possession de ce rocher qui tient une grande place dans leur coeur et dans leur vie. Depuis des générations, c'est leur toile de fond, leur spectacle permanent : il change d'aspect à chaque heure du jour, quand apparaît un nuage sur les crêtes ou lorsque le mistral se lève. Il leur offre un perpétuel sujet de conversation, émaillé de dictons et de prédictions météorologiques. Sa masse s'impose à tous, sa couleur ocre, dont l'intensité varie avec la lumière, illumine leurs jours. On dirait que la montagne fait partie de leur vie, qu'elle les rassure, qu'elle leur permet de dormir tranquilles.

Roquebrune-Rocher3

 Une partie du rocher de Roquebrune (Photo Nadine) 

A cet endroit se dressait à la fin de l’ère primaire, c'est-à-dire, il y a 250 millions d’années une chaîne de montagne : la chaîne hercynienne dont les derniers témoins sont les massifs des Maures et du Tanneron. Sur environ 50 millions d’années, l’érosion a complètement nivelé la chaîne. Une partie des débris s’est accumulée dans un profond bassin d’effondrement situé au nord du massif des Maures : la pénéplaine hercynienne permienne. Ce conglomérat de sables et de galets ou le granit est dominant s’est métamorphosé sous forme de grés et d’arkoses.
A l’ère tertiaire, des mouvements tectoniques ont provoqué un rajeunissement du relief et ont fait remonter le conglomérat à la surface. C’est ainsi que le rocher constitue un énorme massif sédimentaire qui semble faire la nique au massif cristallin des Maures dont il est issu 250 millions d’années plus tôt. Depuis, l’érosion a repris son oeuvre et recommence à niveler et à grignoter le paysage. Ce massif a une apparence étrange avec son aspect chaotique. Sa couleur vraiment très caractéristique est due à une quantité inhabituelle d’hématite (oxyde de fer). Mais selon l'heure de la journée à laquelle vous le regardez, il n'a jamais les mêmes couleurs. Il n'est jamais pareil, moi, je trouve que les plus beaux tons, ce sont ceux qui le parent dans le soleil couchant. Ci-dessous deux magnifiques photos qu'un ami transian et lecteur de mon blog, Noël Landry, m'a envoyées. Merci à toi Noël pour ce beau cadeau.

Rocher-septembre

 Le Rocher au soleil couchant de septembre
(Photo de Noël un transian qui le voit de chez lui sur les hauteurs de Trans)
 

Rocher-décembre-soltice-d-hiver

 Le rocher au solstice d'hiver (Photo de Noël)

 Anecdote : Jadis, le Rocher rythmait la journée. Lorsque le temps allait changer, on regardait le Rocher. S'il se coiffait d'un chapeau de nuages, on disait en provençal :
- à Roquebrune :
"Quouro la roucaio a lou capèu, s'a pas plougu, ploura ben lèu".
(Quand le Rocher a le chapeau, s'il n'a plu, il pleuvra bientôt).
- au Muy :
"Quouro lou rouca a lou capèu, pren ta capo et va-t-en lèu".
(Quand le Rocher à la chapeau, prend ta cape et reviens vite).

Mais le rocher a une autre particularité, il donne l'heure par un cadran solaire appelé le Clègue, là où la roche affecte la forme d'un Y majuscule au côté nord. Au moment où le Clègue rentre dans l'ombre, il est midi. Si, de nos jours, on ne conculte plus le Clègue, il était encore très courant de le faire au début du XXe siècle. Alors, les paysans qui travaillaient s'en allaient prendre leur repas à l'ombre d'un arbre ou au bord de la rivière, notamment vers le Blavet.

Bastide-provence 

Une autre partie du rocher vu par l'objectif de ma cousine Michèle de Roquebrune-sur-Argens.

Sources : Le Rocher de Roquebrune - Editions Campanile - 2004 et Internet. 

rocher

 Le rocher et ses formes étranges (Photo trouvée sur Internet)

 

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19 juin 2017

La calade

Gordes

Gordes (Vaucluse) rue caladée

Une rue caladée ou en calade, ou plus simplement une calade, tend à désigner aujourd'hui en Provence une rue en pente pavée de galets du Rhône ou de la Durance. Plus généralement, le terme désigne une rue pavée ou empierrée (que ce soit en galets du Rhône ou en pierres calcaires des Monts de Vaucluse, etc...). Quand il s'agit de pierres, celles-ci sont posées verticalement, sur la tranche. Le verbe calader signifie paver, empierrer. L'artisan spécialisé dans le caladage des chaussées était le caladier (en occitan caladaire).

  Le terme calade était également employé pour désigner les aires de travail en pierres de forme ronde ou carrée. Il n'est pas circonscrit à la Provence, on le rencontre ou le rencontrait dans les départements qui constituent le Languedoc (Gard, Hérault, Aude).

Calade est la francisation d'un terme de la langue d'Oc : calada.

Trois hypothèses sont en lice en ce qui concerne l'étymologie : le mot viendrait de l’occitan calar signifiant descendre, d’une racine gauloise cal signifiant pierre, ou enfin du latin callis désignant un chemin piétonnier étroit.

Nota  : A Trans en Provence, nous avons une rue de la Calade.

 

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