Passion Provence

Bèn-vengudo dins lou Var

 

La Basse-Provence

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de http://www.transenprovence.org

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info/

Quant à La Gazette, c'est par ici :http://www.gazettedenadine.com/

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - Commentaires [42] - Permalien [#]
Tags : , ,


30 août 2014

Le général François Mireur et la Marseillaise

Francois Mireur

Etienne François Mireur, est né à Escragnolles (Alpes-Maritimes) le 9 février 1770. Après une enfance sereine, il part à Montpellier pour y suivre des cours à la faculté de médecine. Il devient docteur en médecine en 1792 mais ses études ne lui serviront guère car la France est alors en pleine Révolution. Depuis la convocation des États généraux, la prise de la Bastille, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, le vote de la Constitution, une immense exaltation patriotique a émergé à Montpellier. En 1790, avec les montpelliérains Cambon, Cambaceres et le maire Durand, le jeune Mireur participe à l'action du club des amis de la Constitution et de l'égalité. "Mon zèle, ma philanthropie firent de moi le capitaine de la garde nationale de Montpellier, laquelle avec d'autres citoyens s'empara de la vieille citadelle royale dans la nuit du 1er au 2 mai. Ce fut notre Bastille !". Adepte des idées nouvelles du moment, Mireur fit de nombreuses propositions : rendre publiques les séances du Conseil Municipal de la Commune, supprimer les différences entre les riches et les pauvres lors des enterrements, dispenser gratuitement l'enseignement aux enfants, lutter contre la présence des chiens enragés dans la commune...

Plaque François Mireur

Le 21 juin 1792, il se rend à Marseille pour organiser le mouvement des volontaires du Sud vers Paris. Le 22 juin, au cours du repas donné en son honneur au lendemain d'un discours devant le club des Amis de la Constitution, il entonne pour la première fois le Chant de Guerre pour l'Armée du Rhin, composé par Claude Joseph Rouget dit Rouget de Lisle. Adopté par les volontaires marseillais qui le chanteront au cours de leur marche vers Paris en juillet, le chant deviendra ainsi la Marseillaise.

La Marseillaise

Arrivé à Paris pour rejoindre le bataillon de l'Hérault, il se rend sur le front, combat à Argonne, à Valmy, part avec l'armée de Dumouriez conquérir la Belgique et la Hollande. Officier à l'armée d'Allemagne, chef de l'état-major de Bernadotte, il conduit les renforts commandés par ce dernier en Italie et prend une part glorieuse au passage du Tagliamento, à la prise de Gradisca, Trieste, Laybach. Il se distingue par sa bravoure dans l'Armée d'Italie et est fait général. Bonaparte l'affecte à l'armée de Rome commandée par Berthier, puis au commandement de la cavalerie de l'avant-garde de l'armée d'Orient, sous Desaix. Il meurt à l'âge de 28 ans, pendant la campagne d'Égypte : "C'est pendant le séjour de l'Armée à Damanhour, le 21 messidor, que fut tué le général de brigade Mireur, officier distingué. Les Arabes n'avaient point cessé de harceler les Français dans leur marche, et ils rôdaient autour du campement des divisions. Le général venait d'acheter un cheval arabe, et voulut sortir du camp pour l'essayer. Les avant-postes lui firent de vaines représentations sur les dangers auxquels il s'exposait en s'éloignant ; poussé par la fatalité, Mireur ne tint pas compte de ces avis et se porta au galop sur un monticule à deux cents pas des postes. Trois Arabes embusqués dans cet endroit entourèrent le général, le tuèrent et le dépouillèrent avant que les soldats de garde ne pussent venir à son secours".

Campagne d'Egypte

Les circonstances de sa mort ont fait l'objet de différents récits. Plus que ce qui précède, la version qui semble la plus proche de la réalité est qu'à la suite d'un conseil de guerre réuni à Damanhour en raison de la gravité de la situation des troupes, durement éprouvées par la traversée du désert depuis Alexandrie, Mireur aurait recommandé de rembarquer pour l'Europe. Il s'agissait de s'assurer de la paix continentale en priorité, avant de revenir en Égypte, avec une armée mieux préparée. Dans ses mémoires militaires, Desvernois aurait reconstitué l'intervention de Mireur au conseil de guerre en ces termes : "Le Directoire n’a eu qu’une pensée, éloigner d’Europe le héros qui portait ombrage à son insatiable ambition et son armée d’invincible. Au lieu de mettre le pied en Égypte, il était prudent, une fois Malte conquise, de revenir sur la Sicile et de s’en emparer, de concert avec l’armée de Rome et des États romains. Le Directoire exécutif devait à sa dignité d’agir de la sorte. Ne savait-il pas que le perfide gouvernement de Naples, cédant aux sollicitations de l’Angleterre, venait de rentrer dans une coalition contre la France ? Quant à la Sardaigne, elle accepterait facilement une garnison jusqu’à la paix générale. Maîtres de Turin, nous tenions son roi. Dès lors, toute la Méditerranée nous appartenait, puisque Corfou, les îles ioniennes, Ancône et tout le littoral de la mer Adriatique étaient gardés par nos troupes ; les Anglais n’oseraient plus s’y montrer et l’on pourrait à loisir, par l’Égypte et la Syrie, marcher sur les Indes. Toutes ces grandes choses sont encore faciles à exécuter si l’armée regagne au plus vite ses vaisseaux et ses transports. On reviendra en Égypte plus tard, sans crainte de la marine anglaise ; on aura le temps de s’entendre avec la Sublime Porte pour chasser les Mamelouks et lui payer plus fidèlement que ces usurpateurs le tribut qu’elle exige. La France n’a-t-elle pas la pensée de faire de l’Égypte et de la Syrie des comptoirs qui jalonneront la route vers les colonies qu’elle établira dans l’Hindoustan, après qu’elle en aura chassé les Anglais ?" Cet affront aurait valu à Mireur d'être suspendu de son commandement par Bonaparte qui aurait désigné le général Leclerc, son beau-frère, pour prendre la tête de la cavalerie d'avant-garde. Blessé, Mireur aurait, à la suite du conseil, cherché à s'isoler en dépassant les avant-postes, malgré les avis des officiers et généraux présents, dans un emportement qui lui coûtera la vie. La version de Bonaparte, quant à elle, dans ses récits de la Campagne d'Egypte est plus succincte : "Le général de brigade Mireur, se rendant d'un bivouac à un autre malgré les observations qui lui firent les grand'gardes, fut surpris dans une petite vallée à cent pas d'elles par quatre Arabes et percé de coups de lance. C'était un officier distingué. L'armée le regretta." Napoléon fit une halte à Escragnolles à son retour de l'île d'Elbe et demanda à rencontrer la mère du général Mireur.

Francois Mireur

Une grande plaque en faïence colorée en l'honneur de "François Mireur Héros de la Marseillaise" est apposée à l'entrée d'Escragnolles.

Son nom est inscrit sur la 28ème colonne de l'arc de Triomphe, au sommet du pilier sud, face à l'avenue Kleber avec celui des capitaines de la Révolution et du Premier Empire. Il est également visible sur les tables de bronze des galeries de Versailles où sont inscrits les guerriers et les généraux tués devant l'ennemi depuis la fondation de la Monarchie Française, parmi les Princes, les Ducs, les Généralissimes, les Amiraux et les Maréchaux tombés sur les nombreux champs de batailles. On peut lire ces lignes consacrant définitivement la gloire modeste de celui qui apporta la Marseillaise à Marseille et fut l'ami de Bernadotte :

FRANÇOIS MIREUR

GENERAL DE BRIGADE

TUE AU COMBAT DE DAMANHOUR

LE 9 JUILLET 1798 A L'AGE

DE 28 ANS

Buste François Mireur

Buste de François Mireur, réalisé entre 1792, date de son engagement militaire, et 1798, date de son décès. Il a été donné par les descendants marseillais de sa famille, en souvenir de ses études de médecine à Montpellier avant son entrée dans l'armée (http://www.culture.gouv.fr)

Sources : Wikipédia et le site du Musée d'Histoire du Pays de Fayence.

 

Posté par Nadine de Trans à 00:07 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

05 août 2014

Les surnoms des villages dans le canton de Comps sur Artuby

Comps-carte

Dans le pays de Comps sur Artuby qui possède de nombreuses fermes regroupées, de nombreux hameaux, nous trouvons des sobriquets particuliers à chaque endroit… L’explication et l’origine de ces dénominations n’est pas toujours aisée ni très claire. A Saint Bayon, on appelait les habitants les "pieds gelés" parce que l’hiver, les congères sur les plateaux et la bise qui souffle ne tiennent guère chaud.

Hameau-de-Chardan

Le hameau de Chardan est englobé dans le camp militaire de Canjuers (Photo internet)

 A Guent, c’étaient les "panetiers" car ils mangeaient beaucoup de pain.

A Chardan, les habitants étaient "les plaideurs" parce qu’ils étaient toujours en procès avec quelqu’un.  

Avelan, pourtant pays des noisetiers ? 

A Saint Laurent, on appelait les gens les "arracheurs de dents" parce que les mensonges ne leur faisaient pas peur. 

A Duou, c’étaient les "brailleurs". 

A Endosse, les "conjurés" ou les "toupiniers". Le toupin est un pot de terre utilisé par les guérisseurs parce qu'ils enlevaient les mauvais sorts, les refroidissements, les insolations en faisaint bouillir leur toupin et en disant des prières. 

A La Souche, il y avait les "conjounglié" car ils attelaient leurs boeufs avec une sorte de joug appelé "counjoungle".    

A Jabron, on fabriquait du broussin ... et on l'appréciait ! Nous avions donc les "broussiniers".    

A Verjons, il y avait les "chasseurs de rats", allez donc savoir pourquoi ? Peut-être parce qu'on y faisait beaucoup de blé ?    

A Duou comme à Chardan, on plaidait sans cesse "les plaideurs de Duou".    

La terre du plateau de Sauvechane est rouge, ses habitants étaient donc des "pieds roux". Ou encore des "mangeurs de poires sauvages" comme dit la chanson : "Allons à Sauvechane, Manger les poires sauvages, S'il n'y en a pas dessous, Nous monterons dessus..." Allons voir un peu en dehors de la commune de Comps à présent. Les habitants du village de La Bastide étaient "les ganaches" parce qu'ils avaient de grosses mâchoires. On dit aussi : "A La bastide, il y a les messieurs et à La Roque Esclapon, il y a les écus".

Ceux de Brenon, c'étaient "les baveux". On sait qu'autrefois se déroulait à Brenon la foire des coups de bâtons... et que si vous n'êtes pas né chanceux, que vous êtes un peu "juste" vous pouvez toujours aller à la "fontaine du bon sens" dont l'eau rend paraît-il... intelligent !
    A La Roque Esclapon, on qualifiait les habitants "d'enfumés" ou "d'étuvés" parce que leur four à pain fumait.
    Les gens d'Aiguines étaient "les masques" parce qu'ils avaient le mauvais oeil, ou bien encore "les sourciers" parce que dans le temps, il étaient renommés pour trouver l'eau. On disait aussi : "Va te faire tourner à Aiguines" à quelqu'un de tordu ou disgracié, car c'est à Aiguines que se fabriquaient les boules en buis cloutées, ainsi que tous les ustensiles de cuisine en bois tourné.
    Les habitants de Monteferrat étaient "les mangeurs de salsifis".
    Et pour terminer, un proverbe bien connu qui joue sur la ressemblance entre les noms de trois villages :
   
"Barjols le père,
    Bargème la mère,
    Et Bargemon l'enfant,
    Firent Brovès en passant..."

 

Source : Revue culturelle provençale Lou terraire.

 

Comps

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , ,

24 mai 2014

La pétanque

 

La prière du pétanqueur

 Le jeu de boules aurait été introduit en Gaule par les Romains. Les boules ont d'abord été en argile, en pierre, en bois et enfin en acier. Mais, après les "bouleurs" du Moyen Âge, l'âge d'or des boules fut certainement la Renaissance où la noblesse s'empare du jeu de la même façon que le bilboquet et le jeu de paume. Pour des raisons obscures, il semblerait que le jeu de boules ait été interdit au peuple de 1629 à la Révolution.

Dès le début du XIXe siècle, le jeu de boules est répandu du nord au sud de la France. En 1850, la première société officielle, "le Clos Jouve", fut fondée dans la région de Lyon puis, en 1906, la Fédération lyonnaise et régionale ouvre la voie en 1933 à la Fédération nationale des boules qui deviendra Fédération française de boules (FFB) en 1942. Bien que regroupant nombre de jeux de boules (boule des berges, boule en bois, jeu provençal), la FFB fut dominée par le jeu de boule lyonnaise (128 000 joueurs en 1945), jusqu'au début du XXe siècle.

Au XIXe siècle, alors que chaque région, ou presque, introduit une variante d'usage, les méridionaux se passionnent pour la longue ou jeu provençal avec des règles simplifiées, le libre choix du terrain, mais où les tireurs font trois pas de course pour prendre leur élan. En 1904, un Alsacien du nom de Félix Rofritsch entreprit la fabrication des premières "boules cloutées" (en bois recouvert d'une carapace de métal, formée de clous) dans son atelier de la rue des Fabres, à Marseille, sous le label de "La Boule Bleue". Le jeu provençal donnera naissance en 1907 à la pétanque, lors de la partie historique à La Ciotat où un champion de jeu provençal, Jules Hugues dit Lenoir, ne pouvant plus jouer à son jeu préféré à cause de ses rhumatismes, s’est mis un jour, à tracer un rond, envoyer le but à 5 ou 6 mètres, et, les "pieds tanqués", à jouer ses boules pour se rapprocher du cochonnet. Ceci se passait sur le terrain de boules d’un café "La boule étoilée" (terrain baptisé ainsi en clin d'œil aux boules cloutées de l'époque) dont les propriétaires s'appelaient Ernest et Joseph Pitiot. Les deux frères comprirent vite l'intérêt de ce sport, notamment Ernest qui s'appliqua à en finaliser les règles. Il faudra néanmoins attendre le premier concours officiel à La Ciotat en 1910 pour que le mot soit officialisé. Le terme vient du provençal "pied" et tanca "tanqué", donnant l'expression "jouer à la pétanque" ou encore "pés tanqués", c’est-à-dire avec les pieds ancrés sur le sol, par opposition au jeu provençal où le joueur peut prendre de l'élan. Les innovations sont les suivantes : le jeu se pratique sur un terrain plus court, le joueur lance sa boule sans élan ; les pieds joints, à partir d'un cercle tracé au sol. 

Plaque commémorative sur le boulodrome de La Ciotat

 La première boule en acier aurait été fabriquée en 1927 à Saint-Bonnet-le-Château, qui abrite à présent le Musée international pétanque et boules. La même année, les règles de la pétanque furent codifiées, mais ce n'est qu'en 1930 que les traditionnelles boules en bois cloutées furent remplacées par celles en acier. C'est à Jean Blanc que l'on doit cette évolution. La Fédération française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP) voit le jour le 31 juillet 1945 quand, forte de ses 10 000 membres, elle peut enfin quitter la section provençale de la FFB . Quant à la Fédération internationale, elle fut fondée le 8 mars 1958 à Marseille, même si c'est en Belgique, à Spa, que ses premières bases furent jetées, un an plus tôt.

Source : Wikipédia l'encyclopédie libre.

Pétanque

 

Posté par Nadine de Trans à 01:09 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

28 avril 2014

Pierres sèches


Les pierres du Talagard par provencetv

A Salon-de-Provence, dans le massif du Talagard, à la découverte des constructions en pierre sèche avec Christiane Delaval de l'association "Salon Patrimoine et Chemins". Un endroit riche en enseignements pour comprendre comment on travaillait et on vivait en Provence, à la grande époque du pastoralisme et de l'apiculture.

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,



20 avril 2014

Les tours à signaux dans le sud de la France

 

image009

 A l'aide de signaux visuels ou sonores, l'homme a toujours tenté de vaincre les distances et de mettre en place une transmission rapide de l'information. Dans le sud de la France, il existe ainsi des tours de pierre qui ont assuré cette mission. Ces vigies appelées tours à signaux sont connues depuis l'époque romaine. Ce sont sans doute les légions de Jules César qui les installent à leur arrivée en Gaule du sud. Ces petits bâtiments de guets sont ensuite améliorés par Charlemagne et ses successeurs. De longs relais de tours à signaux voient le jour en Provence, Languedoc, Roussillon, Périgord ou encore en Corse.

Calanques-sommet-marseilleveyre-vigie

Ruines de la vigie sous le sommet de Marseilleveyre (XIIe siècle) site sentier-nature.com 

Ces vigies sont bâties sur des points stratégiques : crêtes, pics, cols pour être vues de loin et pouvoir communiquer entre elles. Leur architecture est souvent commune d'une région à l'autre. Ces tours de guets sont cylindriques protégées par des murs de pierre épais. Leur hauteur varie de 8 à 12 mètres environ et leurs murs sont percés de petites fenêtres qui suivent l'escalier intérieur en colimaçon qui monte à l'étage. Sur le haut de la tour, une cage en fer ou parfois un petit bati de pierre, entoure un feu qui sommeille et pourra être ravivé. En effet, ces tours communiquent à l'aide de flammes la nuit ou de fumée le jour. Elles ne doivent pas être trop éloignées les unes des autres et la distance qui les sépare va en général de 4 à 8 km. Ces vigies sont habitées en permanence et les guetteurs qui se relaient ont interdiction de se faire remplacer par quelqu'un qui n'est pas habilité. Ils ne doivent pas s'absenter et ont pour obligation de communiquer tous les soirs avec les tours voisines. La principale contrainte de ces vigies de pierre est leur alimentation en bois qui se fait à dos d'homme ou de mulet en provenance des vallées environnantes. Un grand nombre de ces tours est parvenu jusqu'à nous. Sur les côtes du Var, du cap de l'Aigle à Saint-Raphaël, de nombreuses tours à signaux ont pour mission d'avertir les châteaux de l'arrivée de galères ennemies. On connaît aussi en Corse un réseau important de 70 tours élevées dès le XVe siècle. On les trouve surtout dans le Cap Corse et sur la côte ouest. Elles servaient à prévenir l'arrière-pays des attaques de pirates barbaresques venant d'Afrique du nord. Ce système de transmission par l'éclat des flammes et les nuages de fumée durera longtemps dans le sud de la France. La dernière tour à signaux de notre pays sera construite par des ingénieurs militaires dans les Pyrénées-Orientales en 1740.

Source : D'après "Le petit Bâti - Sud de la France" - Hubert Delobette.

Châteaux et tour à signaux 

Posté par Nadine de Trans à 01:13 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

13 avril 2014

Les ferrures provençales

 

Ferrures porte église St Michel Draguignan

Ferrures de la porte de l'église Saint-Michel à Draguignan (Photo Nadine)

Au XIIe siècle, quand la Provence appartenait aux Comtes de Barcelone, elle s'est enrichie du savoir-faire des ferronniers catalans. Le travail du fer a d'abord bénéficié aux armes puis ensuite à la serrurerie grâce à la maîtrise de la technique du ciselage. Marteler le fer à chaud était un travail noble. Le ferronnier, fournisseur des combattants pouvait porter l'épée au côté. Dans les villages, l'artisan forgeron (lou fabré en provençal) intervenait ponctuellement dans la construction des maisons. Il travaillait pour le charpentier et fabriquait les clous pour les portes, des pentures et des espagnolettes pour les volets. Avec la maçon, il concevait des gonds et des barreaux de protection qui étaient scellés dans les murs.

Rampe-escalier-fer-forgé

Rampe d'escalier en fer forgé (Photo internet)

C'est en fait au XVIIIe siècle que la ferronnerie d'art s'est véritablement épanouie grâce à la maîtrise de la soudure. Les belles demeures, hôtels particuliers et bastides, ont alors habillé leurs escaliers de rampes aériennes, leurs balcons de garde-corps aux dessins délicats et leurs portails de grilles élégantes.
    Le fer forgé est aussi entré dans les intérieurs.

Table-console-Musée-Grobet-Labadié

Table console au musée Grobet-Labadié (Photo Wikipédia)

On peut admirer une console d'entrée au motif typiquement provençal au musée Grobet-Labadié à Marseille : ce motif dit "à la marguerite" montre en effet un treillage avec des fleurs dorées aux points de soudure. On le retrouve sur des meubles, des portes d'entrée...
    Le marteau de la forge continue de résonner en Provence. Les provençaux, en effet, aiment meubler leurs maisons de tables, de chaises, de lustres, de pieds de lampes et autres objets en fer forgé, qui allient tradition et goût contemporain.

Source : L'âme des maisons provençales - Editions Ouest-France

Porte château d'Entrecasteaux

Ferrures de la porte du château d'Entrecasteaux (Photo Nadine)

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

05 avril 2014

Les aiguiers

Aiguier de Gayéaux

Aiguier de Gayéaux près de Saint-Saturnin lès Apt (84) - Photo capfrandos.free.fr

Aiguier de Gayéaux-Schéma

Aiguier de Gayéaux - Schéma

En Provence, un aiguier est une citerne creusée dans la roche et voûtée de pierres. Il sert à recueillir les eaux de ruissellement. Ces aiguiers sont implantés sur des terrains en pente ou en aval de ces derniers. Leur impluvium peut être un plan de roche dénudé et creusé de rigoles de collecte ou un chemin barré d'une rigole oblique poursuivie jusqu'à l'aiguier. Un autre dispositif consiste en une toiture collectrice concave avec lauses inclinées convergeant en direction du trou de collecte. Une crépine (filtre) de petites branches, placée dans les trous de collecte réservés dans les parois arrières ou bien sur les côtés de la bâtisse, sert à filtrer l’eau et à empêcher les petits animaux de tomber dedans. La profondeur des bassins oscille principalement entre 0,90 m et 2,20 m.

Aiguier du mont Ventoux (versant-sud)

Aiguier du mont Ventoux (versant-sud) - Photo Wikipédia

Si quelques aiguiers sont à ciel ouvert et libres d’accès pour le bétail et autres animaux, ils sont en majorité, recouverts et protégés soit par une voûte en encorbellement (forme de coupole), soit par une voûte clavée en berceau, aux voussoirs (pierre de taille en forme de coin) généralement liés par du mortier de terre ou de chaux. Dans le premier cas, le bassin est de plan circulaire ou carré avec des angles arrondis, dans le deuxième cas, de plan rectangulaire. Un troisième type d'aiguier existe mais cependant plus rare, il est dit de couvrement et est constitué par de grandes dalles rectangulaires taillées qui sont posées au niveau du sol, soit en plafond (juxtaposées), soit en bâtière (affrontées) au-dessus d'une cuve. Les aiguiers couverts par une coupole en encorbellement ont pour caractéristique commune d'avoir leur coupole légèrement en retrait par rapport au corps. La fonction de cette dernière reste une énigme : abritait-elle un chéneau circulaire destiné à recueillir l'eau de pluie tombant sur le parement extérieur de la coupole ou bien est-elle la trace d'une couverture de lauses retirée après l'abandon de l'installation ? De même, les aiguiers couverts par une voûte en plein cintre présentent un extrados à peine protégé par de la caillasse alors qu'on s'attendrait plutôt à une couverture de grandes lauses à deux pentes. Enfin, les aiguiers à voûte clavée peuvent être renforcés à l'intérieur par une arche maçonnée, soit parallèle à la voûte, soit perpendiculaire à celle-ci. Quel que soit le type de couvrement employé, les parois intérieures de ce dernier sont toujours dans la continuation de celles du bassin creusé dans la roche. Généralement proche d'une habitation, l'aiguier servait, selon les cas, à un usage domestique (laver le linge, arroser le potager), pastoral (abreuver les bêtes) ou encore artisanal (distiller la lavande et refroidir le serpentin).

Aiguier-Détail-Voûte en berceau

Détail d'une voûte en berceau - Photo baladeenfamille.free.fr

La tradition de creuser des aiguiers est antérieure à la fin du XIXe siècle. Dans sa monographie "Villars, un village de l’ancienne Provence" Auguste Roux écrit : "Le 28 mars 1666, les Consuls font observer que la montagne "est fort sèche". Il y a un rocher au quartier de La Brasque "propre à creuser un aiguier" afin d’abreuver les troupeaux… "on verra un maître coupeur (tailleur) de pierres". Le 6 juin, une partie du rocher est creusée. André Clément et d’autres ont payé le travail dont ils jugent la nécessité. Il est délibéré de poursuivre la besogne conformément "au marché fait" (prix-fait), de "relarguer" (élargir) le tout et de le payer".

Source : D'après un article de Wikipédia l'encyclopédie libre.

Sentier des Aiguiers-St Saturnin lès Apt

Sentier des aiguiers- Saint Saturnin lès Apt - Photo issanlat.free.fr/

Aiguier des Testourias-St Saturnin lès Apt

 Aiguier des Testourias - Saint Saturnin lès Apt - Photo issanlat.free.fr/

Aiguier des Testourias-Rigole et trou de collecte

 Aiguier des Testourias-Rigole et trou de collecte - Photo issanlat.free.fr/

 

Posté par Nadine de Trans à 01:38 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

25 mars 2014

La chèvre d'or

Chèvre d'or

 On trouve sa présence dans le massif de l'Estérel où elle est la gardienne des trésors laissés sur place par les Sarrasins du Fraxinet. Dans la Provence orientale la légende la rattache à la fée Estérelle. Alphonse Daudet, dans son conte "Les étoiles", les évoque l’une et l’autre : "Et ta bonne amie, berger, est-ce qu’elle monte te voir quelques fois ? ça doit être bien sûr la chèvre d’or ou cette fée Estérelle qui ne court qu’à la pointe des montagnes".

Paul Arène, dans sa préface à "La Chèvre d’or", fut co-auteur des "Lettres de mon moulin" et des "Contes du lundi", situe lui aussi la "Cabro d’or" en Provence orientale. Mais la légende la situe le plus souvent dans les Alpilles. Dans "Mireio", Frédéric Mistral lui fait hanter la région du Val d’Enfer proche de la vallée des Baux, son repaire préféré où veillant le jour et sortant la nuit, elle garde le trésor d’Abd-el-Rhamân.

"Je veux la chèvre d'Or, la chèvre
              Que nul mortel ne paît ni trait
              qui, sous le roc de BausManière
              lèche la mousse des rochers
              ou je me perdrais dans les carrières
              ou tu me verrais ramener la chèvre au poil roux !
              hélas ! Combien d'âmes sèches et affamées de gain
              mordant au piège du noir antenois et à la Chèvre d'Or
              font humer leur encens !"

On la retrouve à Saint-Rémy-de-Provence où elle campe au sommet du mausolée des Antiques. Là aussi elle est gardienne du trésor d’Abd-el-Rhamân. Il lui arrive de passer le Rhône et d’aller camper sur la rive droite du fleuve. Elle s’installe alors sur un oppidum, le "Camp de César", situé sur la commune de Laudun (Gard). Là, elle veille sur le trésor qu’y laissa Hannibal "roi des Sarrasins d’Afrique". Ce même trésor lui fait aussi hanter le Ventoux. Son antre se situe au-dessus de Malaucène, au lieu-dit "Les Aréniers", près de la source du Groseau. De gigantesques lingots d’or sont cachés derrière la "Porte Saint-Jean" qui ne s’ouvre que la nuit de Noël. Les audacieux peuvent s’en saisir au cours de la messe de minuit puisque la porte s’ouvre entre le début de l’Épître et la fin de l’Évangile.

Source : Wikipédia - l'encyclopédie libre

Sur le versant méridional du plateau des Encourdoules qui domine Valauris, une faille de roc donne péniblement accès à la grotte de la Chèvre d'Or, "lou trau de la cabro", ou seraient entassées en des profondeurs mystérieuses des masses d'or et de pierres précieuses. On ne pourrait arriver jusqu'à ces trésors sans l'aide d'une chèvre aux cornes d'or, postée sur le seuil et invisible durant le jour. Elle apparaît le soir, éveillant, par ses bonds capricieux, la curiosité du passant. Malheur à celui qui la suivrait dans la grotte, il ne reverrait jamais la douce lueur du jour. égaré dans le labyrinthe des couloirs ténébreux, il perdrait bientôt le trace de la chèvre aux cornes d'or et mourrait misérablement de faim, de soif et d'épouvante, près des plus mirifiques richesses. C'est ce qui est arrivé, conte-t-on, à tous ceux qui ont voulu suivre la chèvre dans sa sombre retraite.

Source : Le Folklore de la Provence - Claude Seignole - 1963.

A Draguignan existe la "butte de la chèvre d’or" sur la colline du Seyran. Un homme y trouva un trésor enfoui sous un rocher. Sa découverte fut rapidement attribuée à la chèvre d’or qui lui aurait indiqué l’emplacement de ce trésor. (A ce même endroit aurait trôné un autre temple antique de la chèvre d’or). A Tanneron, un homme délivra une chèvre d’or prisonnière des buissons. En remerciement, elle le conduisit au Bau Redoun, un rocher qui pivota alors sur lui-même, afin de leur offrir l’entrée d’une grotte contenant des arbres en or et diverses pierres précieuses. L’homme piocha abondamment dans ce fabuleux trésor. Il partit à Toulon puis revint vieilli et diminué. Dès lors il recommanda aux gens tentés par cette grotte magique de ne pas convoiter les richesses illusoires de l’or, mais de préférer une vie sobre et calme. A Lorgues, un temple antique dédié à la chèvre d’or aurait jadis culminé sur la "colline de la chèvre d’or".

 

Posté par Nadine de Trans à 01:18 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,

24 mars 2014

Le four banal

 

Boulangers

Au Moyen Age et sous l'Ancien Régime, les habitants avaient pour obligation d'utiliser les installations seigneuriales pour moudre le grain, cuire la pain ou encore puiser l'eau. Cela donnait lieu à un impôt en argent ou en nature appelé "banalité". Pour le pain, ils devaient utiliser le four seigneurial dit "banal" et payer un droit de "fournage". C'est-à-dire, remettre une partie de leur production au seigneur, en général, un pain sur vingt ou sur trente. C'était un asservissement tant le four à pain était indispensable à la vie quotidienne. En contrepartie, le propriétaire avait pour devoir d'entretenir son four et d'y installer un fournier (boulanger) qui était chargé de cuire le pain et de prélever l'impôt. Le fournier cuisait de gros pains avec beaucoup de mie sous une épaisse croûte afin d'assurer une conservation d'une semaine, une quizaine et parfois plus. Les habitants apportaient leur farine plusieurs jours à l'avance. Ils la marquaient en indiquant le jour du dépôt et donnaient en échange, une bûche de bois pour la cuisson.

Four à pain Le Castellet

Le four du Roy au Castellet (photo internet)

Dans le Var, au Castellet, le four du Roy se trouve à présent dans une boutique qui porte le même nom et aurait, d'après l'historique, servi jusqu'au XXe siècle. Quant à Tourtour, des textes relatent qu'au Moyen Age, les deux fours communaux étaient utilisés gratuitement. Mais lorsqu'en 1642, le seigneur Raphélis en prend possession, il instaure la banalité, indignant les habitants. Les fours seront rachetés par la commune en septembre 1727, ce qui supprima cet impôt.

Four à pain Artignosc

Le four d'Artignosc (photo internet)

A Artignosc-sur-Verdon, l'ancien four à pain qui se trouve derrière la mairie, donne lieu chaque dimanche de la Pentecôte, à une fête du pain. Ce droit de fournage était mal supporté par le paysan, d'autant que pour sa consommation personnelle, il pouvait cuire son pain dans son propre four aménagé dans sa cheminée. L'Assemblée Constituante, lors de la Révolution française, le supprima en 1790 et, la loi du 17 juillet 1793, abolit définitivement toutes les banalités.

Source : D'après un article paru dans le supplément Varmatin du 5 mai 2013 

Societés-cultures-rurales

A propos du mot "banalités" : Les taxes appelées banalités étaient si fréquentes qu'elles ont donné le mot "banal" dans notre langage d'aujourd'hui. Le seigneur, profitant de son droit de commandement (droit de ban) et de sa force militaire, exige des paysans qu'ils utilisent les installations qu'il a fait construire. Le moulin banal où le meunier perçoit une partie de la farine en paiement de son travail et de l'utilisation du moulin. Le four banal où le fournier, recruté par le seigneur, retiendra, pour la consommation de ce dernier, une partie des miches de pain cuites. Le pressoir à raisins ou à pommes dont une partie du jus recueilli ira dans la cave du seigneur. Ainsi le seigneur dispose d'aliments gratuits dont la perception se fait tout au long de l'année. Ces impôts étaient d'autant plus mal supportés par le paysan, qui pour sa consommation personnelle aurait pu moudre son grain avec une petite meule, cuire son pain dans le four installé dans la cheminée de sa masure et même presser son vin ou son cidre dans un petit pressoir personnel. Ces opérations auraient alors été faites sans versement de taxes.

Sources : D'après Wikidia - l'encyclopédie junior.

                

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

17 mars 2014

Les globes et les couronnes de mariées

 

Globe_de_mariage_provençal_fin_XIXe_s

Les globes et les couronnes étaient des objets marquants de leur époque. Chacun savait ce qu'ils représentaient et la force qu'ils possédaient. Ils étaient à la fois des objets du quotidien mais aussi des objets symboliques. Voici ci-après quelques explications.

Les globes

A l’origine, la fabrication de globes était destinée à la protection des horloges, les statues religieuses ou encore les souvenirs de voyage. Dans les années 1850, les globes se mettent à protéger les couronnes de mariées. Tout un décor spécifique et symbolique est alors créé. Dès 1880, on peut choisir son globe sur catalogue. Vers 1920, la société Lamotte de Paris propose sept types de globes : la vénitienne, le panier peluche, la spyché, les corbeilles basses, les coffrets, les favorites,les cadres... Chacun pouvait acheter son globe en fonction de ses moyens. L’apogée de la mode du globe de mariée se situe  entre le milieu du XIXe siècle et 1914. Après la Grande Guerre, la mode du globe s’estompe à cause de différentes raisons dont la crise économique de 1929. C’était un véritable investissement qui entrait dans la composition du trousseau de la jeune fille et la suivait toute sa vie. Les globes sont composés de différents éléments dont : un globe en verre, un socle en bois, souvent peint en noir et qui soutient l’ensemble. La couronne repose sur une calotte recouverte d’un capitonnage. Enfin le décor, composé essentiellement d’éléments en laiton, de miroirs et de fleurs en porcelaine, ornemente le globe. Issus de références bibliques et mythologiques et longtemps partagés, les symboliques des éléments se sont peu à peu homogénéisées par leur production et leur diffusion en série. Ils étaient cependant, toujours choisis par les fiancés.

Globe de mariée

 Les miroirs : parfois le globe pouvait comporter des miroirs et bien entendu, cela augmentait sa valeur. Chaque forme de miroir possède sa propre signification. Le miroir central représenterait la fidélité et la sincérité, le triangulaire exprimerait la fécondité, l'ovale serait un porte-bonheur offert par les témoins. Le nombre de miroirs en forme de losange indiquerait le nombre d'enfants souhaités, le nombre de miroirs rectangulaires indiquerait le nombre d'années entre les fiançailles et le mariage. Celui en forme de trapèze refléterait la communion spirituelle entre les deux époux.

Les décors en laiton : là aussi chaque élément reflète un état d’esprit. Le lierre est le symbole de la permanence du désir puisque vert en toute saison. Il représente aussi l’attachement. Les feuilles de chêne symboliseraient la force de l'amour, celles de tilleul, la fidélité, les grappes de raisin exprimeraient l'abondance et la prospérité. Quand ils ne prennent pas une forme végétale, les éléments de décoration représentent alors des oiseaux : par exemple, la colombe est le symbole de la paix dans le foyer. On peut noter également la présence de coquillages, symboles de la maison ou de l’étoile à huit branches, symbole de l’union heureuse.

Globe de mariée en verre

 Les couronnes

Comme toutes les modes, la couronne va se modifier au fil des années et des goûts. Avant 1850, les couronnes sont réalisées de différentes matières en fonction des modes régionales, elles pouvaient même être composées de coquillages. A partir de 1850 mais surtout après 1880, les couronnes s'uniformisent pour être constituées de fleurs et de boutons d'oranger en cire, symboles de virginité et d'éternité.

Source : D'après le site maison de la mariée.com et le blog amourdutemps.canalblog.com

Barre fleurs

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

10 mars 2014

L'estamaire ou le rétameur

Rétameur1

Rétameur3 Rétameur2

Huile sur toile d'Alphonse Legros (1837-1911). Né à Dijon, il entre à l'Ecole des Beaux-Arts avant d'assister à la "Petite Ecole" de Horace Lecoq de Boisbaudran (1802-1897) à Paris. Il commence à exposer en 1857. En 1863, il se rend à Londres où il trouve des admirateurs et des clients, notamment la famille Ionides, et a été ardemment promu par les frères Dante Gabriel Rossetti et William Michael Rossetti. Graveur, peintre et sculpteur, il entre à la Slade School en 1876 et est naturalisé citoyen britannique en 1880.

************************************

Autrefois, les gens possédaient infiniment moins qu'aujourd"hui. Ce n'était pas la société de consommation que nous connaissons de nos jours. Aussi les ménagères attachaient-elles beaucoup d'importance aux objets usuels qu'il fallait faire durer le plus longtemps possible. Si elles ravaudaient elles-mêmes le linge, elles ne pouvaient cependant pas réparer ce qui était métallique : couverts, casseroles, cafetières, bassines, moules, etc... Quand par-ci, par-là, des trous ou des taches de rouille apparaissaient, seul l'estamaire (le rétameur) pouvait y remédier. C'est pourquoi, dans chaque village et dans les grandes villes, il était attendu avec impatience. Celui-ci passait deux fois par an. Il finissait par avoir ses habitudes dans les villages et cela rassurait les habitants. Il faisait partie de ces gens, qui par leur passage rompent l'isolement des villages reculés. A peine était-il installé que les enfants accouraient pour regarder, bouche bée, travailler ce virtuose du fer. Avec patience il attisait son feu avec un soufflet de cuir, puis pendant qu'il faisait fondre l'étain (du provençal : estama) dans un grand chaudron en fonte, il guettait les ménagères. Il n'attendait pas longtemps. Elles arrivaient avec des faitouts, des bassines, des brocs, des poêles, des casseroles, des chaudrons de cuivre pour les confitures, ainsi que des cuillères et fourchettes dont elles attendaient qu'il leur donne une seconde jeunesse. Il déposait toute cette ferblanterie devant lui et ensuite se mettait au travail. Il commençait par décaper les ustensiles dans un bain d'esprit de sel dilué dans de l'eau. Puis, à l'aide d'une longue pince, il les plongeait dans un bain de métal en fusion, les laissant s'enrober d'une couche brillante d'étain. Une fois refroidis, il suffisait d'un peu de talc, puis d'un frottage énergique pour que les couverts retrouvent leur éclat d'origine et que les casseroles redeviennent étanches. Le soir, les ménagères récupéraient leurs objets remis à neuf contre une somme modique. Tout en travaillant, l'étameur chantait une chanson de son pays et son doute se plaisait-il à penser qu'un jour il pourrait y retourner pour s'y installer de façon définitive grâce à l'argent qu'il avait gagné.

"Lou paure mestié d'estamaire

Noun vaù aqueu di deputa

Mai fa plus per la soucièta

Que li grand discours di bramaire"

Elzéard Rougier

Source : D'après un article paru dans le supplément Var-matin du 6 octobre 2013 et arrangé par moi-même.

Estamaire

Posté par Nadine de Trans à 21:23 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

03 mars 2014

Le mistral, l'un des trois fléaux de la Provence

 

Rose-des-vents

Quand on parle du vent qui souffle en Provence, on pense tout de suite au Mistral. Nos ancêtres le connaissaient bien car ils étaient au fait de le terre et du ciel. Tout avait son importance. Le jour où il commençait à souffler, le nombre de jours qu'il allait durer, etc... Un dicton disait qu'il soufflait trois, six ou bien neuf jours de rang. Maître vent dont les siècles ont polissé l'appelation comme une pierre de moulin : "Lou Magistrau, lou Maistrau, lou Mistrau... le Mistral". Ce "manjo-fango" (majeur de boue) dont on affirmait qu'il était avec le Parlement et la Durance, l'un des trois fléaux de la Provence. Un vent caractériel qui déboule sans prévenir à 120km/h de la Vallée du Rhône pour s'écarteler sur les plaines de Camargue et de la Crau, ruer des quatre fers dans les rochers des Alpilles et des calanques marseillaises, jouer les seigneurs au sommet du Ventoux et de la Sainte-Victoire en se cognant aux murs des villes et de la mer. "Prends garde que Borée, notre Mistral, ne t'enlève du sol lorsque tu traverseras la Crau !", recommande Prométhée à Hercule, en lui traçant son chemin vers le Jardin des Hespérides. En effet, le mistral n'est-il pas là pour nettoyer le ciel, assécher les marais, chasser les miasmes et l'humidité ? Ne dit-on pas qu'il fait un mistral à décorner les boeufs ? Mistral, soleil, ciel bleu, les trois donnent des couleurs et du souffle à cette Provence de plaine, de mer et de montagne. Souverain au royaume des vents, le mistral fait la loi à la tête d'une région qui en compte plusieurs dizaines. "La Roso de touti li vènt que boufon en Prouvènço" (La Rose de tous les vents qui soufflent en Provence) qui a été dessinée par le Capitaine Négrel, de Ceyreste et publiée dans "l'Armana provençau" de 1859, en répertorie très précisément trente-deux, en fonction des saisons.  

Eole-boucle

Lis aurasso sont les vents de terre, les vents violents venant par le quart nord-ouest, lis aureto (brises) venant quart sud-ouest au printemps, li marinado (vents marins) venant l'été par le sud-est et les vents froids (li rispo) venant quart nord-est. Quelques noms de vents ont résisté au modernisme, mais force est de constater qu'ils débordent des directions précisées sur ces roses. Voici le noms des trente-deux vents :  

  1. L'auro, le vent du nord ou la tramontane.    
  2. Lou tèms-dre, le vent du nord ou bise.    
  3. La mountagnero, le vent de la montagne ou la tramontane grecque (du Levant).    
  4. La ventoureso, le vent du Ventoux.    
  5. Lou Gré ou l'Aguieloun, le Grec ou l'aquilon.    
  6. La Cisampo, la Cisampe.    
  7. La Loumbardo, La lombarde ou Lou Levant-gregau, le Levant grec.    
  8. L'auro bruno, le vent brun, la bise brune.    
  9. Lou Levant, le Levant ou Lou Levantas, le gros Levant.    
  10. L'auro rousso, le vent roux.    
  11. Lou vènt blanc, le vent blanc ou Lou Levant-eissero, le gros Levant.    
  12. Lou Marin blanc, le marin blanc.    
  13. L'eissero, le sirocco ou l'Autan.    
  14. L'auro-caudo, le vent chaud.    
  15. Lou miejour-eissero, le sirocco du Midi, ou Lou vènt-dou-soulèu, le vent du soleil.    
  16. L'embat, la brise du Sud.    
  17. Lou miejour ou Lou marin, le vent du sud ou vent marin.    
  18. Lou-vènt-de bas, le vent d'en-bas ou vènt-bas.    
  19. Lou miejour-labé, le labech du Sud ou Lou fouis, le vent de Foix.    
  20. Le vènt-larg (du large) ou la largade.    
  21. Lou labé, le labech : le vent de Lybie ou Lou garbin (de l'arabe garb = couchant).    
  22. Lou vènt-des-damo, le vent des dames ou le zéphir (parce qu'il est doux ou parce qu'il vient des Saintes-Maries-de-la-Mer ?).    
  23. Lou pounentau, le vent du ponant, ou Lou pounentau-labé, le ponant labech.    
  24. Lou roussau, le vent du Rhône.    
  25. Lou pounènt, le ponant ou l'Arbounès, lou Narbounès, le vent de Narbonne.    
  26. La travèsso, La traversière.    
  27. Lou pounènt-mistrau, le mistral du ponant ou Lou manjo-fango, le mange-boue.    
  28. Lou cers, Le cers.    
  29. Lou mistrau, le mistral ou lou vènt-terrau, le vent terrien.    
  30. Lou vènt-d'aut, le vent d'en-haut (du Nord).    
  31. La biso, la bise ou la tramontane-mistral.    
  32. L'auro-drecho, la bise droite ou l'auro-d'aut, la bise d'en-haut (du Nord).

  Source : D'après la revue Vivre en Provence N°6 Avril 1994 - Texte arrangé par Nadine.

Les vents 

Posté par Nadine de Trans à 01:45 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

Le mariage dans le Var autrefois

Autrefois, la plupart des mariages se faisaient par l'intermédiaire d'un parent, d'un ami qui remplissait les fonctions de négociateur. Quelquefois, c'étaient les jeunes gens eux-mêmes qui s'étant fréquentés se promettaient amour et fidélité. Ils en prévenaient chacun leurs parents et d'après leurs réponses, le père du jeune homme faisait la première démarche. Il se rendait avec son fils, ses parents et ses amis chez le père de la fille qu'il trouvait assis au milieu de sa famille et des personnes qui lui étaient attachées. Après les révérences réciproques et s'être chacun assis, les étrangers en face des gens de la maison, le père du futur époux se levait, le chapeau à la main. Chacun gardait un profond silence pour écouter la demande en mariage et le dialogue qui s'établissait entre les deux pères pour renouveler ce dont ils étaient déjà convenu en particulier. Les parties étant d'accord sur tous les points fixaient l'époque de la célébration du mariage. Ce n'était jamais pendant le mois de mai (mois de la Vierge), ni un vendredi car cela portait malheur : le mariage ne durerait pas. Dès que le mariage est accordé, le futur époux est reçu dans la maison de sa prétendante et on lui permet de s'entretenir avec elle en présence d'un des proches parents. La renommée ayant instruit le public de l'union projetée, l'envie fait survenir quelquefois un nouveau prétendant pour la fille. Il en fait secrètement la demande, offrant un peu plus, et, ayant affaire avec des personnes qui tiennent peu à l'inviolabilité de leurs promesses, ce dernier est préféré. On n'ose pas signifier la rupture au premier, on se contente de poser une bûche du feu droite sur une pointe et ce signe est un ordre au premier prétendant de se retirer et de céder la place à un rival plus heureux. C'est alors que des mauvais plaisants vont placer pendant la nuit sur la porte de celui ou de celle qui a été supplanté "lou grèu de sebo", sorte de bouquet fait ordinairement des germes des oignons et l'accompagnent d'une traînée de chaux qui se prolonge jusqu'à la porte de l'église. Cette sorte d'insulte se fait très rarement. Les parrains et les marraines des futurs époux sont considérés comme proches parents. Ils occupent le premier rang après les pères et mères. Ils sont aussi les premiers instruits du futur mariage et s'empressent de préparer un cadeau pour leur filleul ou la filleule. Si l'un des deux futurs époux se marie pour la seconde fois, on ne manque pas de lui faire le "charivari". Ce sont des jeunes gens qui parcourent les rues en agitant des sonnailles, des grelots, ou frappent sur du cuivre, de l'airain, sur des pelles, des poêles à frire, et ne discontinuent que pour faire entendre des couplets qui sont quelquefois offensants et scandaleux. Les époux ne se délivrent de cette musique importune qu'en donnant une somme au chef de bande et en l'invitant à un régal. Au moment de se rendre à l'église, la future épouse, afin de préserver son futur mari d'un prétendu maléfice qu'on nomme "nouer l'aiguillette", met dans son sein quelques grains de sel et en met également dans la poche du futur. Ils sont ainsi persuadés de n'avoir plus rien à craindre (voir l'explication de l'expression "nouer l'aiguillette" à la fin du texte). Le mariage étant béni, le cortège se retire.

charivari

 Si le nouvel époux est un étranger au pays, il est soumis à un droit de "pelote". Le chef de la jeunesse accompagné de plusieurs personnes armées d'un tambourin ou d'une vielle si c'est en montagne, arrête la noce à la porte de l'église, fait un compliment aux nouveaux mariés et leur présente un beau bouquet dans un bassin. Si l'époux l'accepte, il est tenu de déposer dans le même bassin une somme proportionnée à la dot de son épouse et on les accompagne chez eux au son des instruments et de plusieurs décharges de mousqueterie. Si au contraire, il le refuse, il est hué, les fusils ne brûlent que des amorces et les jeunes gens font leur possible pour lui enlever quelque monture, quelque objet précieux. Le repas de noces est toujours suivi de la danse. C'est dans la salle où se tient le bal que l'on reçoit les visites et les compliments de toutes les personnes à qui l'on a fait savoir le mariage. Les gens du peuple croient que celui des deux époux qui éteindra le flambeau nuptial mourra le premier. C'est pourquoi, on le laisse brûler toute le nuit et la plus proche parente vient ensuite l'enlever.

Source : Revue provençale Lou terraire "Coutumes et traditions varoises".

Mariage

Quelques explications

Nouer l'aiguillette : Fermer la braguette. Au Moyen-Age, les femmes jalouses se vengeaient en demandant au sorcier du village de rendre le nouvel époux impuissant. Le jeteur de sorts se postait sur les marches de l'église le jour du mariage et récitait des formules magiques tout en faisant des noeuds rituels sur une cordelette. Cette cordelette était censée représenter l'aiguillette qui fermait la braguette du jeune marié. Ainsi elle ne pourrait plus s'ouvrir pour que le mariage soit consommé. Pour protéger le couple contre pareil maléfice, il existait des antidotes magiques : par exemple, demander au jeune marié de cacher dans sa braguette un morceau de cierge pascal pendant la messe de mariage ! Les aiguillettes, cordonnets ferrés aux deux bouts, servaient à attacher la braguette aux hauts-de-chausses. Les premières braguettes étaient des poches de cuir externes prétendant dissimuler les attributs virils, mais qui en fait étaient là pour les mettre en évidence (Source : la feedulogos.blogspot.fr).

Aiguillette

Droit de pelote : Argent que la coutume exigeait des étrangers à la commune, épousant une fille du pays. Gage infligé à un étranger qui prenait une femme du pays, ou à l’époux qui était allé chercher femme, hors de la localité. Cette pénalité qui permettait d’échapper aux charivari ou, en tous cas, d’en limiter l’ampleur, était infligée en compensation de la perte, que pensait avoir éprouvée  l’Assemblée de la Jeunesse en raison du fait que l’un de ses membres en avait été écarté, par les liens conjugaux. (Source : Verbier de Félix Poussibet).

Charivari : Vacarme qu’on faisait entendre sous les fenêtres d’une personne, spécialement quand un "étranger" au village épousait une fille du pays, en cas de secondes noces ou encore de mariage avec un veuf : "Es bèn marrido la bèsti pèr que noun ague un bast nou", (elle a bien peu de mérite la fille qui n’épouse pas un jeune homme (bast nou), au lieu d’un veuf). Pour atténuer la violence des charivaris, il était versé un droit de pelote. En 1402, un règlement municipal toulonnais ordonnait que, lorsqu’une fille se mariait hors de Toulon, les portes de la ville lui étaient fermées, pour l’empêcher de sortir, aux fins que soit perçue, auparavant, la pelote, taxe d’un florin pour cent du montant de sa dot. Le charivari était "une manifestation de la réprobation de la société locale, particulièrement de la jeunesse, envers les gens qui perturbaient le jeu du marché matrimonial", désapprobation illustrée par le dicton : "Marido-ti dins toun vilage" (Marie-toi dans ton village). De la même manière, une grosse différence d’âge "A renouvelun fau ensigno nouvello" (On ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres), adage conforté par cet autre dicton : "Mariage de jeune homme et de vieille est de rien, mariage de vieil homme et de jeune fille est du diable"  était souvent à l’origine des charivaris. Il était toutefois conseillé aux Capitaines et Enseignes de la Jeunesse "d’exiger avec modestie et douceur" les charivaris et les pelotes (Archives de Collobrières en 1650) . Cette coutume s’est pratiquée à Lorgues jusqu’à la seconde guerre mondiale. (Source : Verbier de Félix Poussibet). 

Assemblées de la Jeunesse : Elles étaient chargées de l’organisation de toutes les fêtes, bals, bravades, carnavals, etc. A Aups, cette assemblée était connue sous le nom d’Abbaye de la Jeunesse. Très bien structurées, elles étaient dirigées par les "abbés mages", avec leurs piques enrubannées, encadrées par les Mousquetaires de la Jeunesse avec leurs bâtons, et les prieuresses qui, seules, pouvaient ouvrir le bal. Ces assemblées avaient leurs ressources légales : droits de pelote, de charivari, vente de gâteaux dans les fêtes. A la grande indignation du clergé qui au départ les avait cautionnées pour mieux les contrôler, les Assemblées de la Jeunesse devinrent très envahissantes, multipliant les danses jugées alors indécentes, tel le Rigodon, maintes fois interdit. A Seillans, par exemple, la jeunesse ne se contentait plus des fêtes de Saint Cyr (le 2 mai) et de Saint Léger (le 2 octobre), mais décidait d’un bal tous les dimanches, de la Saint Cyr à la Saint Léger, c’est-à-dire, tout l’été. (Source : Verbier de Félix Poussibet).

La couleur de la robe de mariée

DSC05616

La robe de la mariée est le plus souvent en étoffe de couleur verte, couleur de l'espérance. Ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle que le port de la robe blanche se répand en Provence. De la Belle Epoque date l'introduction de la couronne de fleurs d'orangers. La jeune mariée porte donc sa plus belle coiffe et sa plus belle robe d'indienne ou de soie sur un jupon blanc patiemment brodé. A sa ceinture est fixé le clavier d'argent à la chaîne duquel sont accrochés les ciseaux et le clés de sa future maison. Le clavier offert par le mari symbolise le nouvel état de la jeune femme.

DSC05650

DSC05649

Source : Musée du vêtement provençal à Solliès-Ville. 1/La robe de mariée. 2/Détail du clavier qui pend à la ceinture. 3/Globe avec la couronne de la mariée. (Photos de Nadine).

Le Musée du vêtement provençal est un très beau musée que je vous conseille de visiter. Ce musée est situé dans un ancien moulin à huile construit en 1772. Il cessa toute activité après le terrible gel de 1956, qui anéantit une grande partie des oliviers de la région varoise. Plus de 200 vêtements de femmes, d’hommes, d’enfants et accessoires de la vie quotidienne composent l’exposition permanente. La collection couvre la période de 1800 à 1915, période fatale au vêtement provençal remplacé par la mode parisienne. 
 L’architecture intérieure du "moulin à sang", (moulin dont les meules pouvaient être tournées autant par les hommes que par les animaux), ses six voûtes de presse, sa cuisine typiquement provençale avec son potager (cuisinière), ainsi que de très belles pièces d’indiennes, la robe de mariée qui en Provence avant 1850 n’était pas blanche mais de couleur verte-olive, sauront vous conter les belles traditions de notre région.

Musée vêtement provençal

02 mars 2014

Remède contre la rage

 

Remède contre la rage 1

Remède contre la rage 2

Remède contre la rage 3

Remede contre la rage pris dans la feuille du courrier d'avignon du 28 septembre 1764, ou recette d'une poudre infaillible contre la rage qui a été procurée par la Société Royale d'agriculture de la généralité de tours.

Les accidents que cause souvent la morsure des chiens enragés sur les hommes et sur les bestiaux ont engagé cette compagnie à faire imprimer, en faveur de l’économie rurale, la recette d’une poudre infaillible contre la rage. Comme tout ce qui interpelle l’humanité mérite d’avoir place dans cette feuille, on s’empresse de faire part de cette recette au public ; et on invite les curés, chirurgiens et autres personnes charitables à faire la préparation de cette poudre conformément au procédé ci-après, afin d’être en état de prévenir les funestes accidents qui arrivent fréquemment dans les villes et les campagnes ; et pour épargnier des voyages dispendieux et préjudiciables à de pauvres familles.
Vers la pleine lune de juin, lorsque les plantes sont en fleur, ou entre fleur et graine, on cueille chacune séparément les treize plantes suivantes : l’armoise, l’absynthe, la bétoine, la petite centaurée, la petite menthe ou pouillot, le millepertuis, la melisse ou piment, le grand plantain, le polypode de chenes avec les racines, la reine des prés, la rue, la verveine et la menue sauge. Il faut faire sécher toutes ces plantes à l’ombre chacune à part et les piler ensuite aussi chacune à part. Lorsqu’elles sont pulvérisées, il faut les mêler à poids égal de chacune, et après les avoir incorporées ensemble, les mettre et les garder pour le besoin dans un pot de terre neuf, non vernissé, couvert d’un bouchon de liège avec un ou deux parchemins par dessus pour pulvériser les dites plantes avec leur brin ou tiges, fleurs et feuilles on se sert d’une pile à piler le millet, et on les passe plusieurs fois au tamis commun, faisant en sorte que la plus fine poudre ne s’évapore point.
Il faut renouveler les dites poudres tous les ans. La dose pour un homme ou une femme est d’une gros et demi ; pour les enfants d’un demi-gros, et au dessus de l’enfance d’un gros. Il faut prendre cette poudre trois jours de suite à jeun, une dose chaque jour ; On la fait infuser dès le soir dans un grand verre de vin blanc vieux ; elle doit inhiler environ douze heures. Le matin on brouille bien le tout avant que de l’avaler, afin de prendre la poudre avec la liqueur ; S’il reste de la poudre attachée au vase, il faut y passer un peu de vin, afin de tout prendre. Après que l’on a pris le remède, il faut rester au lit pendant quatre heures, le bien couvrir pour donner lieu à la sueur ; Si elle survient, il ne faut point se lever, ni boire, ni manger, et ne point changer de linge qu’elle ne soit passée. On doit aussi avoir soin pendant sept jour d’égratigner légèrement une fois par jour la playe ou meurtrissure, s’il y en a, pour que le sang paroisse, et bien bassiner cette playe avec du bon vin blanc vieux, dans lequel on aura fait dissoudre autant de sel que le vin en pourra fondre. On donne aussi aux animaux ces mêmes poudres infusées pendant douze heures dans le vin, et la dose en est plus ou moins forte selon leur grosseur. On ne donne point à manger aux bestiaux huit heures avant de leur faire prendre le remède, on les laisse bien clos et fermés pendant quatre heures après qu’ils l’ont pris, et ensuite on leur donne à manger.
Comme les chiens ne peuvent souffrir le vin, on leur fait prendre les trois prises infusées aussi pendant douze heures dans du lait, que l’on a fait bouillir dès le soir, de crainte qu’il ne se caille. La dose pour les chiens est d’un gros et demi de chaque prise.

Source : Registre paroissial de Seyne, hameau de Saint Pons (Alpes-de-Haute-Provence) 1744-1792.

 

Posté par Nadine de Trans à 21:39 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

24 février 2014

Remède contre la peste, remède pour le point de côté

 

Remède contre la peste et le point de côté

 Remède contre la peste

Pour la peste, il faut avec un rasoir ouvrir le bubon, appliquer et frotter avec des oignons les ouvertures et y appliquer de la poix maigre. Mr Bayle natif du Vernet, curé de Gaubert proche de Digne avait guéri vers l’année 1721 ou 22 avec ce remède plus de vingt cinq malades pestiférés dans sa paroise.

Remède pour le point de coté.

Il faut prendre d’eau de vie camphrée, des cloux de girofle demi once, de canelle demi once, une noix muscate, du poivre entier, il faut piler le tout, il faut faire bouillir le tout à la réduction de la moitié ; on fait de tout cela un cataplasme sur d’étouppe, on l’applique chaud, autant qu’on peut le souffrir. S’il se fait des ampoules, dans douze heures le malade et guéri, autrement il est très dangereux. Dans douze heures il faut oter l’emplatre, l’humecter de nouveau dans l’eau de vie camphrée. Le même emplatre peut servir trois fois. Ce remède est violent, si un malade était fort faible, il ne faudrait pas en user.

Source : Extrait du registre paroissial de Seyne, hameau de Saint-Pons (Alpes-de-Haute-Provence) de 1744 à 1792.

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,

15 février 2014

Je travaille sur ma base de données généalogique

Bonsoir à toutes et à tous,  

je vous informe que je travaille actuellement à mettre à jour ma base de données généalogique. C'est pourquoi en ce moment, comme vous pouvez le constater, je n'écris pas d'articles. Mais, rassurez-vous, ça reviendra... Cette base de données me tiens à coeur car elle est le fruit de 26 ans de recherches. Elle comporte plus de 27.400 personnes à ce jour. Elle est constituée de ma propre généalogie, mais aussi de celle de personnes de ma famille (collatéraux). J'y ai ajouté d'autres généalogies que j'ai pu relier à la mienne : ami(e)s, connaissances, et surtout beaucoup de généalogies de familles de Trans-en-Provence. Pour tout vous dire, je suis en train de recontituer les familles de Trans pour le XIXe et le début du XXe siècle. Je les enregistre au fur et à mesure et je fais des mises à jour régulières. Les Transians peuvent donc chercher les familles qui les intéressent et trouver leurs aïeux. Cependant, j'ai masqué volontairement les personnes qui sont nées il y a moins de 90 ans. Donc, si vous désirez voir si j'ai étudié votre famille, il faut le faire à partir de vos parents, grands-parents ou encore arrière-grands-parents pour les plus jeunes.

Je vous donne l'adresse : http://gw.geneanet.org/nbarret2?lang=fr 

Bonnes recherches aux plus curieux !

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

01 décembre 2013

Le pont de Madame à La Martre

C'est à l'occasion d'un pique-nique en famille dans le Haut-Var au mois de juillet, que nous avons découvert cet agréable endroit de promenade. Il est situé sur la commune de La martre, à quelques kilomètres du hameau du Plan d'Anelle, dont je vous ai parlé dans mon article précédent.

Ce joli pont caladé à une seule arche jeté sur l'Artuby s'appelle le "Pont de la Serre". On l'appelle "Pont de Madame" en mémoire de Thérèse Isnard de la Martre, la châtelaine locale, qui finança sa construction en 1735 en remplacement d’un pont plus ancien, sur la voie royale de Draguignan à Castellane.
En contrebas de la commune, il est situé dans un cadre magnifique, entre l'eau turquoise de l'Artuby et le vert éclatant des champs et des collines alentours. Tout près de là on peut découvrir les ruines d'une ancienne scierie. Il fait partie d'un sentier de randonnée au départ du village de La Martre qui conduit sur les contreforts de la montagne du Brouis.

Je vous laisse profiter de mes photos du pont et de la scierie ruinée.

DSC06130
DSC06136
DSC06126
DSC06133
DSC06128
DSC06129
DSC06137
DSC06138
DSC06146
DSC06140
DSC06142
DSC06143
DSC06135

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

25 novembre 2013

Le Plan d'Anelle à La Martre

Situé dans la haute vallée de l'Artuby, le petit village de La Martre est bâti à flanc de coteau, dominé par les ruines de son castellas primitif. Il fait bon flâner dans les rues du village et dans les hameaux à la rencontre du patrimoine bâti : oratoire, four banal, pont romain, église, chapelle, lavoirs etc... Le Plan d'Anelle est l'un de ces hameaux que nous avons découvert à la faveur d'un pique-nique dominical en famille. Mes photos vous permettront d'apprécier ce lieu paisible et reposant, loin de toute agitation, mis en valeur et entretenu par les quelques personnes qui y habitent. A noter qu'en 2010, la population de la Martre était de 183 habitants soit 9 hab/km².

DSC06120

Le Plan d'Anelle - Vue générale

DSC06110

DSC06107

DSC06106

Un cadran solaire avec cette devise "Profite badaud que l'heure passe"

DSC06100

DSC06098

 Le four banal

DSC06103

DSC06104

DSC06105

DSC06111

DSC06112

DSC06113

DSC06116

DSC06115

La chapelle Saint Joseph, dite du Plan d'Anelle, fut édifiée en 1620. C'est une charmante chapelle rurale avec un joli clocheton à arcade unique, élevé au-dessus de la façade principale. La cloche en bronze est décorée d'une croix ornée de rinceaux végétaux et d'une inscription, datée de 1664.

DSC06119

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

17 novembre 2013

Le palais de Monseigneur du Bellay à Draguignan

DSC06187
DSC06200
DSC06198
DSC06199
DSC06201

Le musée municipal et la bibliothèque de Draguignan sont installés dans ce qui fut, à l'origine, un couvent d'Ursulines. Ordre enseignant, installé d'abord au second étage de la maison portant le numéro 60 de la rue de l'Observance. Dès leur établissement, vers 1629, les Ursulines ouvrirent leurs classes et reçurent des pensionnaires. Trois ans plus tard, elles commençaient la construction d'une chapelle à l'angle de la rue du Combat de la la rue de la République (dénominations actuelles). D'abord libres, les soeurs optèrent bientôt, vers 1636, pour la vie claustrale, alors que la chapelle s'achevait. C'était en 1640. Le monastère atteignit son plein développement vers le mileu du XVIIème siècle et comptait alors trente religieuses. Mais cette situation florissante fut de courte durée, car la prospérité des Ursulines sombra dans la catastrophe générale de la banque de Law. La fermeture de la maison fut prononcée en 1750, alors qu'il ne restait plus que sept religieuses. Les bâtiments furent alors achetés par l'évêque de Fréjus, Mgr du Bellay pour 6 000 livres  alors qu'ils étaient estimés à 9 000. Cependant, l'évêque ne se plaisait que médiocrement dans la solitude de sa cité épiscopale, dont il redoutait le climat. A cette époque, Fréjus s'était transformé en un cloaque, infesté de moustiques et le paludisme y sévissait à l'état endémique. Secondé par son architecte, Courbon, Mgr du Bellay fit démolir cloisons, planchers, escaliers, ne laissant debout que les murs-maîtres. Cela lui couta 140 000 livres, mais la "masuro", comme il qualifiait lui-même l'ancien couvent, devint un petit palais. Il meubla richement l'enfilade des salons dans lesquels il se plut à recevoir ses diocésains. Il ouvrit largement sa belle demeure à l'élite de la population dracénoise, y donna des fêtes et même des bals pendant la saison du Carnaval. Après quatorze ans d'épiscopat, Mgr du Bellay se démit de sa fonction et se retira à Paris. Son successeur, Mgr Emmanuel François de Beausset-Roquefort parut vouloir continuer les traditions mondaines de son prédécesseur d'autant que celui-ci lui avait légué sa belle demeure dracénoise. Après un certain temps, Mgr de Beausset-Roquefort envisagea de transformer sa résidence pour y loger le grand séminaire dont les bâtiments, situés à Fréjus, tombaient en ruines. Mgr du Bellay l'apprit et outré que l'on osa toucher à son palais, reprit celui-ci et le vendit à Jacques Latil, receveur des tabacs, pour la somme de 25 000 francs. Les Latil n'habitèrent jamais cet immeuble, mais le louèrent, d'abord à la comtesse du Belvédère, née Garsende de Sabran, puis au général Nicolas Chandernagor. Affecté au 2ème Régiment léger, il fut promu commandant à l'âge de 38 ans, en décembre 1835, et reçu son quatrième galon au cours d'une prise d'armes qui se déroula aux allées d'Azémar. Devenu général, Chandernagor fut nommé en 1848, gouverneur de l'Algérie, puis élu en 1871 député à l'Assemblée Nationale et enfin sénateur en 1875. Quant à l'ancien palais épiscopal, les Latil le vendirent en 1887, à la Caisse d'Epargne, qui en laissa une partie à la ville pour y installer le musée-bibliothèque. D'abord créée en 1801, par le premier Préfet, Mr Fauchet dans le collège des Doctrinaires, la bibliothèque est constituée des livres provenant des couvents supprimés et des émigrés. En 1888, sur la proposition du Maire, Mr Clavier, la bibliothèque fut transférée au premier étage de l'ancienne résidence de Mgr du Bellay, dont les salons ont conservé leurs belles portes moulurées, surmontées de petits tableaux peints sur des toiles marouflées. Les principales collections qui ont concouru à former le fond de cette bibliothèque sont celles des Dominicains de Saint-Maximin, des Capucins de Brignoles, Draguignan, Saint-Maximin et La Seyne, des Minimes de Toulon, des Chartreux de la Verne, des Doctrinaires de Draguignan, des châteaux de Valbelle à Tourves, de Vintimille au Luc et des Castellaine-Saint Juers à Grimaud. C'est ainsi que cette bibiothèque possède des manuscrits et des incunables. De 30 000 volumes, à l'origine, elle en compte maintenant plus de 100 000. Quant au musée, il fut installé en même temps, au rez-de-chaussée de ce palais et reçu les oeuvres provenant des châteaux de la région : Panini, Téniers, Mignard, Van Loo, Parocel y sont représentés ainsi que des toiles attribuées à Rubens, Boucher, Rembrandt, Philippe de Champaigne. Nota de Nadine : il n'y a pas que des tableaux au musée, vous pouvez y voir des meubles, des sculptures, de la vaisselle, des vestiges archéologique, etc...

Source : Draguignan, ses personnalités, ses rues. Raoul Bérenguier - 1989.

DSC06202
DSC06203
DSC06205
DSC06188
DSC06189
DSC06191

Photos prises cette année lors des Journées européennes du patrimoine.

µµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµ

Je me permets de rajouter le commentaire d'une de mes fidèles lectrices, Anne-Marie qui apporte un complément d'information à cet article. Merci à elle. "Et au-dessus du Musée se trouve la bibliothèque municipale qui va déménager au nouveau quartier Chabran au mois de septembre 2014. Alors, souhaitons que la municipalité trouve un jour les fonds pour développer le musée dans les locaux supplémentaires qui vont être libérés. En effet, le musée possède une réserve incroyable de tableaux anciens qui souffrent beaucoup d'être mal entreposés, faute de place. De temps en temps quelques-unes de ces toiles ont la chance de "sortir de leur réserve" pour une exposition temporaire. Cela vient d'être le cas pour une expo de grands formats à la Chapelle de l'Observance, expo merveilleuse dans ce cadre digne de la qualité des oeuvres présentées. En particulier, cinq tableaux bibliques jamais vus provenant de la Chapelle Saint-Hermentaire, dont justement une superbe représentation de ce saint dans son costume d'Evêque. Une rareté. Une des photos de Nadine montre la grande braderie de livres organisée mi-septembre par la bibliothèque qui a trié et allégé ses stocks avant le grand déménagement. A la stupeur des bibliothécaires, cette braderie a remporté un énorme succès (le prix du livre était à 1€, la recette a tourné autour de 15.000€ !!!) On y trouvait aussi bien des livres pour enfants que des romans et surtout des livres d'art, à prix unique... Il est prévu qu'une vente semblable soit organisée au printemps. Et la recette ainsi récoltée permettant l'achat de toutes nouveautés, alors, maintenant, nous lecteurs assidus, en cette rentrée littéraire, on se régale !"

 

Posté par Nadine de Trans à 20:59 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,



Fin »