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Des racines et des hommes - Geneanet

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

 

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02 décembre 2022

Saveurs de Provence

Saveurs-provence

Un aperçu de quelques spécialités provençales présentées sur cette carte postale et
quelques-unes rajoutée par moi-même selon mon inspiration. Si vous en trouvez d'autres, vous pouvez les glisser dans les commentaires. La liste est longue et chacun est libre d'aimer ce qui lui plaît. A vous de compléter...

Déjà, sur la carte, on peut voir :
Calissons
Miel
Feuille de figuier (représente les figues)
Pâtisson
Sachet de lavande
Thym
Différentes huiles d'olive
Navettes
Picodons à l'huile
Picodons
Mortier et pilon (représente l'aïoli)
Santons
Savons de Marseille
Cigales en céramique
Ail
Olives
Romarin

Herbes-provence

Herbes de Provence

Lavande

Fuseau de lavande

Lavande-copie-1

Sachets de lavande

Nougat

Nougat de Montélimar

Olives

Olives en chocolat

Fruits-confits

Fruits confits d'Apt

Pates-damande

Fruits en pâte d'amande

Berlingots

Berlingots de Carpentras

Calissons

Calissons d'Aix en Provence

Navettes

Navettes de Provence

Croquants

Croquants aux amandes ou casse-dents

Bonbons

Bonbons au miel

Banon

Fromage de Banon

 

25 novembre 2022

Le torpilleur des rues

 

Torpilleur des rues

1401510004-83-Toulon-6-

Lorsque La Seyne (La Seyne-sur-Mer, près de Toulon) devint une cité urbaine, et qu'il fallut procéder chaque jour à l'évacuation des ordures et des vidanges des seaux d'aisance, on vit s'aligner sur les trottoirs devant chaque porte, les poubelles qui voisinaient avec les toupines. C'étaient des véhicules différents qui étaient chargés d'enlever le contenu de ces immondices. Ils ne circulaient pas tous aux mêmes heures et les toupines devaient être sorties juste avant le passage du torpilleur, c'est-à-dire, au petit matin, dès que l'aube pointait. Le ramassage des ordures ménagères s'effectuait au moyen d'un tombereau tiré par un cheval et l'employé affecté à ce travail ingrat, armé d'une énorme pelle plate et d'un balai de bruyère, avait pour tâche de vider les poubelles et enlever les petits tas d'ordures accumulés par les balayeurs de rue avant son passage. Le torpilleur, véhicule hippomobile au XIXème siècle, devint un engin motorisé au milieu du XXème siècle. Mais pourquoi l'appelait-on ainsi ? Probablement parce qu'on le fuyait comme un navire aurait fui face à la menace d'une torpille. La puanteur que répandait ce véhicule constituait une telle agression pour les narines qu'on le considérait comme un danger redoutable, surtout quand un piéton devait le croiser. Ce dernier était obligé d'appliquer un mouchoir sur son nez pour tenter de masquer l'odeur. On disait à ce moment là : "Attention, ça torpille !" On comprend aisément pourquoi ! Il arrivait parfois que pour éviter de rencontrer le terrible engin de collecte, des travailleurs ratent volontairement le départ du bateau ou du tramway qui les conduisait à leur atelier ou à leur bureau. Les toupines émaillées, couvertes d'un disque en bois ou en métal, portant un bouton sphérique sur le dessus, permettant de soulever le couvercle, attendaient sagement le passage de l'employé municipal qu'on entendait arriver de loin car il poussait des jurons caractéristiques. Son cheval n'allait jamais à la cadence qu'il aurait voulu qu'il aille. Parfois, des récipients avaient été renversés par des plaisantins, ce qui ajoutait à la colère du vidangeur et provoquait sa mauvaise humeur. Ou alors, des retardataires le hélaient, leur toupine à la main. Il leur répliquait sur un ton agressif : 

- Vous attendrez demain pour vider votre toupine !  

- Mais j'en ai qu'une moi de toupine. Comment voulez-vous que je fasse ?  

- Allez la vider vous-même chez Gamel alors !  

Pour la petite histoire, il faut savoir que les Gamel étaient des éleveurs de cochons établis au quartier de Saint-Jean. Propriétaires de vastes terrains agricoles situés entre la route d'Ollioules et l'hôpital, ils recevaient la vidange que l'on y épandait chaque jour. Les émanations qui se mêlaient à celles des porcheries n'avaient pas fait de ce quartier un endroit où l'on aimait flâner. D'où l'expression "Sènté Gamèou" qui signifie "ça sent Gamel" énoncée à chaque fois qu'une odeur nauséabonde s'élevait quelque part. C'était devenu systématique. Ce fameux torpilleur était un tonneau monté sur deux roues et avait une contenance de cinq cents litres environ. Il était coiffé d'un entonnoir volumineux, par lequel l'employé versait le contenu d'un gros seau rempli lui-même par le contenu de plusieurs toupines. Les mêmes gestes inlassablement répétés exigeaient des efforts physiques assez importants. Tous ces transferts ne pouvaient s'effectuer sans éclaboussures, surtout lorsque le mistral soufflait. On comprend pourquoi les passants devaient s'écarter pendant que l'homme effectuait les manipulations nécessaires à ce travail si délicat ! Ce dernier, malgré l'adresse dont il faisait preuve, ne pouvait s'empêcher de mettre ses vêtements dans un état terrible. Son pantalon en velours qui tombait en accordéon sur ses chaussures, son veston boutonné jusqu'au cou, son chapeau de feutre noir, le tout présentait un aspect peu ragoûtant et l'odeur qui s'en dégageait était infecte !

Torpilleur des rues 2

Et quand le gros tonneau que l'on appelait la boute (du provençal "bouta" : tonneau) s'ébranlait sur les pavés disjoints, des giclées du trop-plein s'échappaient par l'entonnoir pour venir s'écraser sur la chaussée. Si le cheval n'avait pas su éviter les trous profonds, le vidangeur furieux l'accablait d'injures. Ensuite les ménagères, les yeux gonflés de sommeil, venaient récupérer leur récipient. On assistait alors à des scènes de rues que nos grand-mères nous racontaient en riant. Ces dames s'approchaient délicatement de la toupine, en prenant garde où elles mettaient leurs pieds, tenant les pans de leur peignoir d'une main, et de l'autre une "escoubette", petit balai terminé par un hérisson de chiendent. Celles qui demeuraient à proximité d'une fontaine, y rinçaient leur toupine sans difficulté. Dans les rues les plus longues, il n'existait qu'un seul point d'eau à une extrémité, les ménagères qui en étaient le plus éloignées apportaient l'eau pour rincer leur toupine de l'intérieur de la maison. Après avoir nettoyé le récipient avec soin, elles le vidaient directement dans le ruisseau où le liquide stagnait pendant plusieurs jours. On imagine facilement alors ce que les rues pouvaient sentir mauvais et de plus les dangers de cette pratique. Cette eau croupie était un véritable foyer d'infections en tous genres ! 

Source : D'après un texte trouvé sur le site-marius-autran.com et arrangé par moi-même

Le torpilleur des rues-Toulon

Torpilleur

 

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18 novembre 2022

Seillans, la parfumée

Vicomtesse Savigny de Moncorps

Elle s'appelait Charlotte Jeanne Marie, vicomtesse Savigny de Moncorps née de Villers La Faye, en Bourgogne. A la fin du XIXe siècle, elle offre au pays de Fayence une nouvelle prospérité. Plus encore, des saisons colorées, odorantes et un grand esprit de solidarité.
Son époux en secondes noces, le marquis de Rostaing, possède une grande propriété à Seillans, où elle s'installe. En 1870, une épidémie de choléra emporte le marquis. Pour se consoler, la marquise voyage en Inde.
De retour avec son troisième époux, le vicomte Savigny de Moncorps, elle trouve le village moribond. En plus du choléra, le phylloxéra a ravagé les vignes qui sont le pilier de l'économie locale. La vicomtesse n'est pas une femme du monde (on aperçoit chez elle Alphonse Karr, Jean Aicard, Guy de Maupassant et même la reine Victoria d'Angleterre) à rester sans rien faire. Une idée lui trotte dans la tête : comment redonner vie au village ? Un ami de la parfumerie de Grasse, lui suggère de planter des fleurs que l'établissement pour lequel il travaille lui rachètera. Finalement, elle décide d'exploiter elle-même ses fleurs, avec les villageois, dans la parfumerie qu'elle crée à Seillans. Ses terres s'étendent à l'est jusqu'au village de Callian et au nord, jusqu'à celui de Comps. 

Jasmin

Roses

Y sont plantés 140 000 pieds de jasmin, 45 000 touffes de violettes et 10 000 rosiers. Sans compter, la lavande, les iris, la menthe et les géraniums qui sont d'excellents fixateurs olfactifs. Les plantes bénéficient d'une ingénieux procédé d'irrigation que la vicomtesse a découvert pendant ses différents voyages. Il lui vaudra d'être la première femme à recevoir l'Ordre national du mérite agricole. 

En 1883, les premières récoltes ont lieu. Les femmes cueillent et procèdent à l'enfleurage. L'enfleurage consiste à mettre les fleurs les plus fragiles sur de la graisse pour en extraire l'essence. Un parfum est produit. Il est baptisé "Parfum de Seillans". La vicomtesse est la première à décliner la fragrance (le parfum) sur toute une gamme de produits : eau de toilette, crème parfumée, savon et poudre de riz. Le succès est immédiat auprès de la clientèle féminine.
Pendant la guerre de 14, la vicomtesse transforme la parfumerie en hôpital de campagne. Entre 1914 et 1915, elle accueille 50 blessés de guerre. Par la suite, elle poursuivra en tant qu'infirmière bénévole à l'hôpital militaire de Boulouris jusqu'en mars 1919. A la fin du conflit, les machines laissées à l'extérieur, ont rouillé. A 80 ans, la vicomtesse n'a plus le coeur à relancer l'exploitation. Elle vend sa parfumerie et se consacre aux autres jusqu'à sa mort en 1932.

Parfumeries de Seillans

La parfumerie connaîtra un nouvel essor après les années 30 avec Pierre Chauvet qui développe l'usine dans le monde entier. Certains à Seillans se rappellent encore Guerlain venant choisir ses essences.
Aujourd'hui, toutes les productions florales ont été délocalisées.
La parfumerie existe toujours mais ne se visite pas.

Source : D'après un article paru dans Var Mag' - Le magazine du Conseil Général -
N° 134 - Août 2008

 

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Trans en Provence d'hier et d'aujourd'hui

Je vous informe que j'ai transféré toutes les cartes postales de Trans en Provence dans mon nouveau blog :

"Trans en Provence d'hier et d'aujourd'hui"

Trans en Provence d'hier et d'aujourd'hui (villagedetrans83.fr)

Il y en a actuellement 245 classées par thèmes et utilisées pour faire des articles.

Les albums-photos ne figurent donc plus dans le blog "Trans en Provence au fil de la Nartuby."

Trans-La Nartuby

 

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