Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

La Basse-Provence

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

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27 février 2021

La foire de Beaucaire

Foire de Beaucaire

Gravure représentant la foire de Beaucaire

Notice sur La foire de Beaucaire par Hector Rivoire - Extrait des Mémoires de l'Académie de Nîmes 1842-1843-1844
La ville de Beaucaire dépendait autrefois de la Provence ; Raymond Béranger, premier de ce nom, comte de Provence, la céda à Alphonse, comte de Toulouse, par acte passé le 15 décembre 1125. Pendant la guerre des Albigeois, cette ville parut fort attachée aux intérêts de Raymond VI, comte de Toulouse. C'est pour la récompenser de son zèle que ce prince y établit une foire, par lettres patentes du 12 avril 1217, par lesquelles il ordonne qu'elle serait tenue, tous les ans, le 22 juillet et les trois jours suivants. Raymond le jeune, fils de Raymond VI, confirma l'existence de cette foire et les privilèges que son père y avait attachés.
Il parait qu'avant cette institution légale de Raymond VI, il existait à Beaucaire un marché très important à la même époque. Il en est parlé pour la première fois dans un acte portant la date de 1168. Comme de nos jours, une grande affluence de négociants de toute nation se rendait à cette foire pour y faire des achats, des trocs ou des ventes. Cette foire commençait, toutes les années, le 22 juillet, jour de la Sainte Madelaine. Quoique sa tenue ordinaire ne fût alors que de trois jours, sans y comprendre les dimanches et les fêtes, elle durait ordinairement sept à huit jours. Les marchandises qui s'y vendaient pendant ce temps-là, et qui en sortaient pour les pays étrangers, étaient exemptes des anciens droits forains et du droit appelé Saint-André. Sous le règne de Charles VIII, la province du Languedoc ayant été réunie à la couronne, ce roi après la mort de Louis XI, son père, qui eut lieu en 1483, confirma les anciens privilèges de la foire de Beaucaire, et y ajouta un nouveau privilège, en ordonnant que les fêtes qui se rencontreraient après le 22 juillet, ne seraient point jours utiles, et que toutes les marchandises qui sortiraient de cette foire seraient affranchies de tout droit.
Pendant l'année 1539, le fermier des droits appelés "reve et haut passage", qu'on levait alors en Languedoc, et qui ont été depuis réunis aux droits forains, entreprit d'y assujettir les marchandises qui sortaient de la foire de Beaucaire. Il fut débouté de sa prétention par une sentence de la Chambre du domaine, qui fut confirmée par un arrêt du Conseil en 1560. Les privilèges de cette foire furent confirmés, la même année, par lettres
patentes du roi François II.
Une autre tentative, faite par le fermier en 1604, eut un résultat plus heureux. Il prétendit assujettir au cinquième denier des anciens droits forains, les marchandises et les denrées sortant de cette foire, comme l'étaient celles qui sortaient des foires de Lyon. Les consuls de Beaucaire s'opposèrent d'abord à cette mesure ; mais ils se désistèrent de leur opposition, lorsque le fermier leur eut accordé la franchise annuelle de sortie d'une certaine quantité de blé et de vin. Cette prétention du fermier fut confirmée par un arrêt du Conseil, en 1605. Louis XIII, en confirmant les privilèges de la foire de Beaucaire, déchargea les marchandises de ce droit, et, par arrêt du 24 mars 1611, il le réduisit, par forme d'abonnement, à 1 500 livres par an, payables au fermier par les marchands. La même année, ce roi défendit, par un autre arrêt, de faire des entrepôts de marchandises à Beaucaire, avant les quinze jours qui précédaient l'ouverture de la foire. Il ordonna qu'il n'y aurait que les marchandises débitées, vendues ou échangées pendant cette foire qui pourraient jouir de la franchise. Cet arrêt fut confirmé sous le règne de Louis XIV, par l'article 293 du bail passé à Versailles, le 18 mars 1687, à Pierre Domergue, adjudicataire général des fermes de Sa Majesté. Le fermier prétendit encore, quelque temps après l'abonnement de 1 500 livres, en 1611, que la fête de Sainte Anne, qui se trouve après le 22 juillet, serait comptée pour jour "util" ; mais il fut débouté par arrêt de 1615.
Le droit d'abonnement de 1 500 livres subsista jusqu'en 1634. Le roi Louis XIII, qui l'avait établi, en déchargea les consuls, marchands et habitants de Beaucaire ; mais, par le même édit, il ordonna qu'on payerait, pour les marchandises sortant de la foire, la réappréciation des anciens droits forains portés par l'édit de Béziers de 1632, aussi bien que les droits locaux, domaniaux, et tous les autres droits, lorsque les marchandises passeraient par des localités où ils seraient dus.
Par l'article 292 du bail de Pierre Domergue, il était expressément stipulé, que les marchands et les négociants jouiraient du droit forain de 1542, seulement pour les marchandises et les denrées qu'on aurait déballées et exposées en vente pendant la foire, dans les places et dans les magasins. Depuis cette époque, on fit payer la réappréciation pour les marchandises allant en pays étrangers ou dans certaines parties de la France. On fit aussi payer les droits domaniaux avec leur augmentation ; les marchandises et les denrées sujettes à ces droits étaient : les bestiaux, les grains, les légumes, les toiles et les vins.
La réappréciation que l'on percevait sur les marchandises qui y étaient sujettes en sortant de la foire, était une augmentation du droit forain de certaines marchandises évaluées à un trop bas prix dans l'ancien tarif de la foraine. Cette réappréciation les rapprochait, il est vrai, de leur juste valeur, mais augmentait les droits en proportion.

Foire de Beaucaire et partie de Tarascon

La ville de Beaucaire était, autrefois, en usage de donner un mouton, un tonneau de vin et un sac de pain au patron de la première barque qui y arrivait chargé de marchandises pour la foire ; l'usage de donner un mouton s'est conservé, et la ville de Beaucaire, représentée par la personne de son maire, offre cette récompense au premier bateau chargé de marchandises qui vient s'installer pour la foire.
La publication de la foire se faisait autrefois, comme aujourd'hui, le soir du 21 juillet, veille de la Madeleine. Les consuls, en habit de cérémonie, se portaient sur toutes les places publiques, ainsi que sur les bords du Rhône, et y faisaient publier, à son de trompe, l'ouverture de la foire pour le même jour à minuit. La franchise commençait dès que minuit sonnait, et l'on pouvait alors commencer à débarquer les marchandises. Le dernier jour de la foire, les consuls de Beaucaire allaient encore en cérémonie sur toutes les places et sur les bords du Rhône, pour y faire publier, à son de trompe, la clôture de la foire et de sa franchise, à minuit du même jour.
Cette foire se tenait jadis dans l'enceinte de la ville ; mais, sa réputation s'étant bientôt accrue, on l'étendit jusque dans la campagne, à l'extérieur de la ville, et sur les bords du Rhône.
Au commencement de la révolution de 1789, la crise politique porta un préjudice réel aux opérations commerciales de la foire de Beaucaire. Les années 1790 et 1791 se présentèrent sous de fâcheux auspices ; les négociants étaient encore en suspens, et ne se hasardaient qu'avec crainte à faire transporter leurs marchandises dans cette ville. Les importations étrangères, surtout celles d'Italie et d'Espagne, diminuèrent sensiblement, et le mouvement commercial ne commença qu'au milieu des craintes et de la défiance. Cette hésitation s'est, du reste, faite remarquer à chaque époque fertile en événements politiques ; la paix a été seule, de tous les temps, la plus puissante garantie de la prospérité de ce grand marché.
Ainsi que par le passé, les chargements des bâtiments Catalans, consistent, aujourd'hui, en barils d'anchois et de sardines, en lièges, en planches ou en bouchons, en vins, en citrons et en oranges, venant des iles Baléares. - Les chargements venus d'Italie se composent de riz, de citrons, de balais, d'oranges, de confitures, de vermicelles, d'huiles, d'objets de mercerie, de parfumerie et de quelques étoffes. A ces importations, on peut joindre les marchandises de l'Allemagne et de la Suisse, qui descendent le Rhône, comme les marchands lyonnais, bourguignons, etc... et viennent débarquer, sur la rive droite du grand fleuve, les marchandises servant à alimenter la foire. En remontant le Rhône à son embouchure, les commerçants du Levant se joignent aux navires espagnols et italiens, parcourent une distance de 45 kilomètres environ, qui sépare Beaucaire de la Méditerranée, et apportent dans ce marché les ouvrages et les productions de leurs pays. D'un autre côté, le canal d'Aigues-Mortes facilite les transports qu'un encombrement à l'embouchure du Rhône rendait difficile. Tous ces moyens de communication font de cette foire une des plus remarquables de l'Europe.

Foire de Beaucaire en couleurs

Les soies qu'on vend à Beaucaire subissent assez fréquemment une grande variété dans les prix ; les doupions, les bobines, les belles croisées et les soies fines, sont les qualités qui s'y vendent plus couramment. Les soieries, telles que foulards et autres tissus, gants, etc. supportent difficilement à Beaucaire, la concurrence de la fabrique de Lyon ; il faut attribuer à cette lutte la baisse assez régulière qu'éprouvent ces articles pendant toute la durée de la foire. Le même inconvénient se reproduit pour la fabrication et la vente des châles, qui formaient, il y a quelques années, la branche la plus importante des ventes de la foire, avec les robes, les fichus et les petits châles de mode. L'article des châles a repris cependant depuis peu de temps, une nouvelle importance qui semble lui promettre un grand développement pour l'avenir. Les draps de Bédarieux, de Chalabre, de Carcassonne ; les toiles de Grenoble, de Voiron, etc... , se placent avantageusement pendant cette foire. Les toiles peintes, les tissus de coton, les calicots, les indiennes, la bonneterie, le chanvre, les objets de mercerie, de quincaillerie et de mégisserie, forment, chacun dans sa partie, un commerce avantageux, et viennent augmenter la profusion de toute espèce de marchandises qu'on rencontre tous les ans à Beaucaire. 
Les fers, tels que poterie de fer, fontes, clouterie, y ont un débit assez régulier ; il n'en est pas ainsi des vins et des huiles, de la verrerie et de la droguerie, qui s'y vendent avec difficulté. Les savons et les sucres, la bijouterie, l'horlogerie, les salaisons en tous genres, et les bois de service, sont aussi dans le nombre des différentes espèces d'industrie qui viennent prêter leur concours aux vastes et rapides opérations qui ont lieu annuellement pendant cette foire remarquable. 
Au milieu de ce grand mouvement industriel, se placent à leur tour, et indifféremment, dans tous les quartiers de la ville, les établissements ouverts à la curiosité au au délassement. Les cafés, les restaurants et les spectacles bruyants qu'attire toute foire un peu importante, se trouvent réunis à Beaucaire ; la belle promenade, connue sous le nom de Pré, est toujours le lieu où viennent se grouper de préférence ces divers établissements.

Foire de Beaucaire noir et blanc

Un bail à loyer, dont la durée est ordinairement de six années, est proposé périodiquement, par le Conseil municipal de Beaucaire, aux adjudicataires qui se présentent pour obtenir l'autorisation de construire des baraques ou des échoppes sur la prairie, plus généralement connue sous le nom de Pré. Le cahier des charges de ces adjudications s'étend aussi aux autres lieux où les constructions peuvent être autorisées. Le haut commerce et les industries autres que celles qui portent sur les objets de consommation, la quincaillerie, la parfumerie, etc..., s'installent dans l'intérieur de la ville, d'après un plan proposé par l'autorité municipale.
Depuis un temps immémorial, une décharge est accordée aux fermiers des baraques ou échoppes du champ de foire, pour cause d'inondation extraordinaire du Rhône, qui longe cette partie de la prairie. La peste, la famine, les troubles politiques, les incendies, et autres accidents imprévus qui peuvent s'opposer à la prise de possession des baraques et à la vente absolue des marchandises, déchargent aussi le fermier du paiement du loyer, et prolongent son bail pour autant d'années que la jouissance en a été interrompue. Ces clauses, qui figurent au cahier des charges chaque fois qu'on renouvelle les adjudications, sont rarement mises en vigueur.
L'histoire ne rapporte qu'un seul fait remarquable au sujet de la suspension entière de cette foire ; la date de ce fait remonte à l'année 1720, pendant la dernière invasion de la peste à Marseille.
Le mois de juillet fut, de tout temps, l'époque choisie pour la tenue de la foire de Beaucaire, dont la durée, avant le 7 janvier 1807, n'était que de trois jours. Depuis lors, elle a été portée à sept jours, et s'ouvre le 22 juillet de chaque année, ce qui lui a fait donner le nom de Foire de la Madeleine.

Pont_de_Beaucaire_à_Tarascon

Il serait difficile d'établir d'une manière exacte le chiffre des opérations commerciales qui se traitent pendant le cours de la foire de Beaucaire. Toutefois, j'ai cru pouvoir résumer, la vente des tissus pour l'exportation, le résultat des opérations de la foire pendant les années 1841 et 1842.
En 1841, la vente des tissus de toute nature faites à l'étranger, a donné un chiffre de 1 215 409, 89 fr.
En 1842, les mêmes articles ont produit une somme de 1 441 147, 50 fr. Excédant en faveur de cet article, 225 737, 61 fr.
Ces renseignements, qui ont été obtenus à l'aide de la connaissance exacte des transcriptions des certificats d'origine, paraissent présenter un caractère d'authenticité qui ne peut être sérieusement contesté. L'appréciation des prix de vente des nombreux objets qui sont apportés dans ce grand marché, nécessiterait des développements dont l'étendue ne pourrait prendre place dans cet aperçu. D'un autre côté, ayant à opérer sur un objet qui n'offre aucune certitude, je craindrais de présenter un travail inexact et incomplet.
Je termine, Messieurs, en mettant sous vos yeux un état du mouvement du port de Beaucaire pendant l'année 1842 : 52 navires, dont 2 Génois, 5 Sardes, 1 Espagnol et 1 Corse, sont venus prendre place dans le port de Beaucaire, dans le cours de la foire en 1842.
 

 

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20 février 2021

Les dorures et les ors des provençales

Lou vèsti prouvençau

Les dorures sont les bijoux que les jeunes filles recevaient en dot de leur père, avec quelques pièces d'étoffes précieuses et quelques mesures de dentelle. L'histoire du bijou provençal est étroitement liée à celle du costume. La prospérité que connut la Provence au XVIIIème siècle, l'intense commerce du port franc de Marseille, qui importait les plus belles étoffes de l'Orient, les toiles peintes, les indiennes, les mousselines des Indes mais aussi celui de la foire de Beaucaire (Gard) où parvenaient les dentelles des Flandres, les bijoux et les pierres de joaillers d'Amsterdam et de Paris, tout cela favorisa l'épanouissement d'un costume régional riche et élégant. Dès le XVIIIème siècle, alors que dans les autres provinces il faudra attendre la période de la Révolution et même parfois jusqu'en 1830 pour que le costume régional se diversifie. L'emploi des indiennes, les belles coiffes "à la cardeline" ou "à la chanoinesse", le simple "pletchoun" enroulé autour de la tête et le très singulier "droulet" sorte de casaquin à longues et fines basques pendant dans le dos, en font un ravissant costume haut en couleurs et si différent qu'il émerveille les voyageurs.

L'atelier de couture

Le peintre Antoine Raspal, qui décrivit si bien la petite société d'Arles de la fin du XVIIIème siècle, montre les jolies artisanes et les ouvrières de l'atelier de couture (tableau ci-dessus) portant fièrement à leur cou une croix de Malte, ou au bras droit un large bracelet, le "coulas" jonc en or de la grosseur d'un plume d'oie qui se terminait par deux boules prises l'une dans l'autre. A l'un de ces anneaux pendait une autre croix de Malte ou une lourde médaille. Ce bracelet fut porté jusqu'à la Restauration. Les "maltaises" ainsi qu'on appelait ces croix ornées de l'insigne des chevaliers de l'ordre de Malte, rappelaient la longue histoire qui liait la Provence à l'ordre depuis sa fondation par un Provençal. Elles étaient en or, décorées de motifs gravés et émaillés de blanc à l'endroit et de noir à l'envers suspendues près du cou à un ruban de velours noir sur la nuque. Les Provençales portèrent aussi de nombreuses autres croix, comme la "croix à la dévote", masse d'argent sur or qui enserrait en serti clos des "roses" de tailles décroissantes vers les extrémités des branches.

Devote

Croix dite à la dévote (Photo internet)

Coulas-copie-1

Lou coulas (Photo internet)

Une autre croix était la "maintenon" où six diamants, plus un pour le coulant, étaient pris dans des cônes d'or. La "capucine" elle, était une croix d'or ornée de cinq cônes d'or surmontés de diamants, dont le coulant était en forme de croix de Saint André orné d'un cône supplémentaire  identique aux cinq autres. Enfin, la "Papillon" était une grande croix d'or et d'argent très richement découpée et ornée de pierres. Dès que cessa la mode des coiffes enveloppant le visage, comme la "cardeline" ou la "chanoinesse" à Arles, ou encore la "couqueto" à Marseille, les Provençales s'empressèrent de porter aussi des pendants d'oreilles, "poissardes" et "créoles". Les bagues étaient nombreuses à tous les doigts, ornées de roses, de grenats, de camées de corail ou d'agates. Enfin, au XIXe siècle l'usage vint d'offrir, pour fêter la naissance de chaque nouvel enfant, un long sautoir d'or aux mailles finement travaillées. Sept enfants, c'étaient autant de chaînes d'or, brillant symbole à la fois, du lien d'amour et de la servitude.

Source : Couleurs de Provence - Michel Biehn - Flammarion

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13 février 2021

Saint-Pothin, le saint patron des Varageois

Saint Pothin Varages

Le patron de Varages est Saint Pothin, martyr et premier évêque de Lyon. C'est un très bon saint et les Varageois ont toujours eu pour lui une dévotion particulière. Au cours des âges, il les a toujours protégés contre les chutes et les éboulements, contre la peste et les destructions des gens de guerre. On sait qu'il n'avait pas de préférence : il protégeait tout le monde, pauvres ou riches, femmes ou hommes, jeunes ou vieux.

Pourtant, Saint Pothin, en a vu de toutes les couleurs. Pendant les guerres de religions, les protestants logeaient leurs mules dans sa chapelle qui se remplissait de crottin. Un peu plus tard, les catholiques, réfugiés dans l'église dévastée, auraient arraché les bois de son autel pour faire cuire un cochon. A partir de 1793 son culte fût sévèrement interdit. Il l'était encore en 1811. A l'occasion de la naissance du roi de Rome, les Varageois sollicitèrent son rétablissement en demandant au Préfet l'autorisation de se rendre de nouveau à la chapelle et d'y célébrer une messe pour attirer la bénédiction du saint sur l'héritier impérial et "l'auguste famille Bonaparte". La manoeuvre était habile car le temps d'avoir une réponse, il n'y avait plus d'Empire et le grand Saint Pothin recouvrait ses droits. C'est le 2 juin que le saint quitte sa niche et sort de l'église en grande pompe. Autrefois pour passer la journée dans sa chapelle, sur la colline en face du village, maintenant simplement pour faire le tour de la source de la Foux. Pendant longtemps, le Capitaine de ville, armé de la pique et l'enseigne de la jeunesse qui portait le drapeau, étaient chargés d'organiser à leurs frais les festivités. On assumait cette charge à tour de rôle ; c'était un honneur. Les consuls donnaient dix huit livres pour la poudre de la bravade et l'argent des "pelotes", prélevé lors des mariages, servait à payer les fifres et les tambourins. 

Procession Varages

Il va sans dire que Saint Pothin, dans son éternelle présence et de sa bienveillance pour les Varageois, considère ces épreuves comme de subalternes péripéties. Son intérêt pour Varages remonte à la nuit des temps. Certains avancent même que, lorsque naquit Notre Seigneur, Saint Pothin existait déjà. Ils n'ont peut-être pas tort. Des indices suggèrent que, sous la paix Romaine, dans un temple ou sur les berges des ruisseaux d'où s'écoulait la Foux, on célébrait le culte d'un certain Foutin ou Futinus en latin. Ce Futinus rendait les hommes audacieux et virils et les femmes ardentes. Quand, sous l'ère chrétienne, les Provençaux en eurent fait Foutine, il conserva les mêmes propriétés. En particulier à Varages où il continuait à être honoré. C'est au XIIème siècle que les communautés réclamèrent un Saint Patron ; comme aujourd'hui jumelées à des villes étrangères. Alors, dans sa sagesse, l'évêque de Riez (ou le prieur de Montmajour) attribua à Varages le patronage de Saint Pothin. Les noms se ressemblaient, les manants n'y virent que du feu. D'ailleurs, abandonnant les symboles et les pratiques érotiques dont parlent, paraît-il, les vieux chroniqueurs, les Varageois transférèrent rapidement sur la personne de l'évêque martyr, leur enthousiasme et leur affection. Cependant, ils n'arrivèrent jamais à orthographier correctement son nom, du moins jusqu'à l'arrivée des instituteurs laïques. En provençal, il prononçaient "San Foutine" et il en est toujours ainsi, bien que le provençal se perde. Les tabellions, au Moyen Age écrivaient, eux, Fotinus. Puis le "F" devint "ph" et San Foutine devint Saint Pothin lorsque le français remplaça le provençal. Il en allait de même pour le prénom, souvent donné aux enfants du village. Personne, jusqu'aux lois de Jules Ferry, ne s'étant soucié à Varages de l'orthographe française.

Jusqu'à la fin du siècle dernier existait un ermitage accolé à la chapelle où habitait le frère chargé de veiller sur les lieux et de sonner la cloche en cas d'orage ou d'incendie. La communauté lui fournissait un habit, des draps, une paillasse. Pour se nourrir, l'ermite cultivait son petit enclos mais comptait surtout sur la charité publique. Il était autorisé à quêter à la porte de l'église pour les principales fêtes et recueillait, au temps des récoltes, du blé aux Aires et de l'huile aux moulins.

Source : Faïences et faïenciers de Varages - Paul Bertrand

 

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06 février 2021

Explication de quelques noms de famille

Noms de famille

Dans le journal "Le progrès" du 9 janvier 2021, j'ai trouvé un article sur les noms de famille les plus répandus en France par régions. Je vous fais profiter de l'explication de ces noms (onomastique) et j'en ai aussi profité pour rajouter mes propres explications.

Quels sont les noms les plus portés en France et dans votre département ? L'Insee tient à jour le Fichier des noms, d'après les informations de l'état civil concernant les naissances. Découvrez la popularité de votre nom de famille, et ses territoires de prédilection, grâce aux données publiées pour la période 1891-2000.

Bernard : de l'anthroponyme germanique bern-hard, de bern-, forme contractée du germanique berin "ours", et de hard, forme contractée du germanique "dur, fort, aguerri". C'est un ancien surnom de guerrier devenu patronyme très courant. C'est le second nom de famille porté en France, juste derrière l'intouchable Martin. Bernad et Bernat sont des formes méridionales, notamment catalanes. Sans parler non plus du prénom qui a bien sûr la même signification.

Blanc : du francique blank "blanc" ou "brillant". Surnom lié sans doute plus à la couleur des cheveux qu'à celle de la peau. Variantes et diminutifs : Blancard, Blanch, Blanchais, Blanchard, Blanchereau, Blancherie, Blanchery, Blanchet, Blanchier, Blanchon, Blanchot, Blanchou, Blanchoz, Blanck, Blanco, Blancon, Blan(c)quart, Blanquet, Blenck, Leblanc. A Trans en Provence, le patronyme Blanc est présent depuis bien avant le XVème siècle. C'est un nom très répandu et toujours porté.

Boyer : variante du mot bouvier "gardien de bœufs". Variante Bouyer, diminutif Boyreau. Il est très répandu dans tout le domaine occitan, de la Haute-Loire à la Provence et au Sud-Ouest. Il y avait des Boyer à Trans en Provence et aux Arcs sur Argens, tout proche.

Daumas/Dumas: le nom est très fréquent dans la Loire et la Dordogne. Comme Delmas, ou Mas, il vient de celui qui habitait un mas : pas une simple maison, mais une exploitation agricole dont les terres rayonnent autour de la maison d'habitation. Le mot vient du latin "mansus".

Faure : forme en langue d'oc du mot "forgeron" vient du latin faber. Nombreuses variantes : Faurie, Favrot, Forot, Forie, Faivre et Favre un peu plus rares, en domaine franco-provençal. Il y a également Lefèvre, Lebebvre, Lefébure... Noms très fréquents en France, comme Smid, Smith, Schmidt, de même signification, qui sont les plus répandus respectivement en Flandre, en Angleterre et en Allemagne.

Garnier : nom de famille d'origine germanique, Warinhari (warin = protection + hari = armée), surnom probable de guerrier. Patronyme très répandu dans l'Ouest, ainsi que dans la région lyonnaise et en Franche-Comté. Garnier peut également trouver son origine dans le surnom d'un garde-chasse (de l'ancien français garennier, et de garenne, "réserve seigneuriale dans laquelle on gardait le gibier "). Variantes : Garner, Guernier, et, par métathèse Granier et Grenier (qui peuvent cependant être aussi le grenier), Garnaud, Grenaud et Guernaud. Avec l'initiale V ou W, dans le domaine picard et dans l'Est, les mêmes patronymes sont de forme Warin, Varain, Varin, Warnier, Wargnier, Varnier ou Vernier (qui peut dans certains cas être "l'homme des vergnes"), Varnerin, Varnerot, matronyme Varnière. Diminutifs : Garnereau, Garneret, Garnerin, Garneron, Garnerot, sans doute Garnery, Garnesson, Garniaux, Garniel.

Lacroix : la forme française et la forme catalane d'un même nom, désignant celui qui habite près d'une croix ou dont la maison possède une croix. Dans la région de Prades (Pyrénées-Orientales), la plupart des Lacreu ont francisé leur nom en Lacroix à partir du XVIIIe siècle. Variantes : Croix, De la Croix, De la Croy, Delacroix, Delacroy, Delcroix, Delecroix, La Croys, Lacrois, Lacroux, Lacroy. 

Martin : nom théophore issu du dieu romain Mars. Très nombreux diminutifs et variantes : Martinaud, Martineau, Martinel, Martinet, Martinez, Marti(g)non, Martinot, Marthet, Martet, et leurs formes abrégées : Tinot, Tinaud. Des formes italiennes ou espagnoles également : Martinez, Martini, Marti ; et une forme basque : Machin.

Morel : forme labialisée de l'ancien prénom Maurel, du latin Maurus qui désignait tous les peuples d'Afrique du Nord, puis, par métaphore, tout homme au teint basané, sobriquet possible d'une personne à la peau foncée, tel un maure. Variantes : Mauran, Maurand, Maurandi, Maurel, Morault, Moraux, Moreaud, Moreaux, Morel, Morelle, diminutifs Morelet, Morelon, Morelot, Morel(l)on, Morellou, Morélec, Morellec, Morellet, Morlet, Morlon, Morlot, Morello, Morelli, Moreul, Moreux, Mourain.

Perret : nom dérivé de pierre (habitant près d'un tas de pierres, d'une carrière ou exerçant le métier de tailleur de pierres), sa popularité est liée à l'apôtre Pierre dont le nom est, avec Jean et Jacques le nom de baptême le plus ancien et le plus répandu en France. Variantes, dérivés et diminutifs : Pérard, Pernot, Péron (ou grosse pierre), Perrier, Perot, Perrault, Perraut, Perreau, Perret, Perrette, Perrenot, Perrot, Piérat, Piér(r)rard, Pierret ; Perriat et Perriault qui sont des inversions de Perriat et Perriot ; Perrichet et Perrichon qui peuvent aussi se rapporter à perron, perrier, «terrain pierreux» ; diminutif Perrin, ses formes voisines, Perrinaud, Perrineau, Perrinel, Perrinet (parfois contracté en Prinet), Perriniaux, Perrinot et le matronyme Perrinelle. A Trans en provence, il y avait sous l'Ancien régime et bien avant, des Perrinet.

Prost : forme contractée de Provost. Comme pour Prevost, Prévost, Prévot ou Prévôt, il s'agit d'un nom de fonction : le prévôt (latin praepositus = préposé) était au moyen âge un officier de justice (sens le plus fréquent), ou encore un dignitaire ecclésiastique. Autres variantes : Prau, Praud, Prault, Praut, Prauth, Praux, Pro, Prod, Proh, Pros, Proste, Prot, Proth, Prott, Prox, Proz.

Roche : nom très fréquent dans le Massif Central (Ardèche, Cantal). Roche, Roca, Roque, Roques : plutôt qu'un simple rocher, le mot désigne le plus souvent une fortification construite au sommet d'un rocher. Les noms Roque et Roques sont surtout portés dans le Tarn, l'Hérault et les Pyrénées-Orientales. Quant à Roca, le nom peut-être catalan ou italien.

Si vous désirez en savoir plus et tester votre nom de famille pour savoir où il est le plus porté, je vous donne le lien pour que vous puissiez aller voir : Infographies. D'où viennent les gens qui portent votre nom de famille ? (leprogres.fr)

Source : Insee - Fichier des noms de famille

 

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30 janvier 2021

Le costume des habitants de la Haute-Provence

Costume-de-Haute-Provence-Digne

Costume Haute-Provence

La même en version colorisée

Comment étaient vêtus les habitants de la Haute-Provence autrefois ? On peut s'en faire une idée grâce à deux descriptions : celle d'Abel Hugo dans "La France pittoresque" paru en 1835 et à celle de l'archiviste et historien Raymond Collier dans son livre "La vie en Haute-Provence de 1600 à 1850".

Voyons d'abord ce qu'écrit Abel Hugo : "Les hommes des Basses-Alpes portent des habits de drap grossier, longs et larges, dont les manches ont des parements garnis de boutons ; leurs vestes, qui ne se boutonnent point, descendent jusqu'à mi-cuisse sur un gilet d'étoffe blanche. Ils ont des culottes de drap et de longs bas de laine qui recouvrent le genou. Leurs chaussures consistent en de gros souliers dont l'épaisse semelle est garnie de clous énormes et d'un fer à cheval sous le talon ; l'hiver ils y ajoutent quelques crampons à glace. Ils portent les cheveux flottants sur les épaules ; un bonnet de laine que surmonte un large chapeau retroussé en pointe, forme leur coiffure". "Les femmes sont vêtues d'étoffes de laine à couleurs vives et tranchantes où dominent le rouge, le vert et le violet ; elles ont de larges jupons à plis qui forment un bourrelet autour des hanches, et donc la partie supérieure est soutenue dans un corset de drap très épais, renforcé par des baguettes de fer piquées dans tous les sens, et fermé par derrière avec des forts lacets. Leur coiffure est un bonnet de toile blanche garni de dentelles plus ou moins fines, et sur lequel se posent soit un large chapeau de paille ou de feutre, soit un mouchoir de gaze noire ou de coton de couleur".

Costume homme

Passons à présent à la description de Raymond Collier : Le costume des hommes du peuple du début du XVIIIème siècle au début du XIXème siècle "était assez sommaire, se composant d'un chapeau, d'un justaucorps ou gilet (assez souvent), d'une veste, d'une culotte et de bas. Pas toujours de cravate, encore bien moins souvent un manteau. L'étoffe de l'habit est du cadis, du cordeillat ou même de la bure ; elle est teinte (sans doute vert bouteille, gros bleu, jaune terreux) ou reste "couleur de la bête". A peu près jamais du linge de corps, sauf la chemise. Il devait s'y adjoindre parfois la taillole (taiolo), cette ceinture de flanelle que portent encore de vieux paysans".

Quant au costume des femmes, voici ce qu'il en dit : "... il apparaît que, de la fin du XVIIème siècle au début du XIXème siècle, les femmes du peuple portent la coiffe ou un mouchoir de tête, un corsage, une jupe, des bas, souvent un corset et un tablier, parfois un fichu ; pour linge de corps, uniquement une chemise de jour. Le cotillon manque souvent".

Nota : Le cotillon est une sorte de jupon apparu au XVIIème siècle. C’est plus précisément une jupe de dessous, qui se porte au-dessus d’un jupon et en-dessous d’une jupe bien sûr.

La-vie-en-Haute-Provence

Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille le joli blog de mon amie Joëlle de la Malle aux trésors. Voilà le lien de la partie de son blog qui concerne le costume de Haute-Provence :

http://labastido.canalblog.com/tag/costume%20proven%C3%A7al%20de%20Haute%20Provence

Et puis comme je vous le recommande souvent, prenez le temps de visiter son blog pour y faire de belles découvertes.

 

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23 janvier 2021

Le géant de la Provence

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Surnommé le Géant de Provence ou encore le Mont Chauve, le Ventoux culmine à 1 912 mètres d'altitude. Il fait environ 25 kilomètres de long sur 15 kilomètres de large. Détaché de la chaîne alpine comme une sentinelle avancée, il est dans son environnement un élément incontournable. C'est le point culminant des monts de Vaucluse. Son isolement géographique le rend visible sur de grandes distances, d'où l'origine de son surnom. De son sommet, par temps clair, on peut découvrir l’un des plus vastes panoramas d’Europe. Sur son versant sud, derrière le plateau d'Albion et la montagne de Lure, le mont Viso balise la frontière italienne. Plus au sud, les gorges de la Nesques, le Luberon, la montagne Sainte-Victoire et l'étang de Berre jusqu'à la Méditerranée. Le Nord ouvre un panorama qui part du Sud pour aboutir aux grands sommets alpins, découvrant au passage la vallée du Rhône, les massifs des Cévennes et le Mont Aigoual avant d'atteindre les grandes montagnes autour du Mont Blanc.

Sa nature calcaire est responsable de sa vive couleur blanche et d'une intense karstification due à 'érosion par l'eau, avec la présence de nombreux pierriers vers le sommet. Les précipitations sont particulièrement abondantes au printemps et à l'automne. L'eau de pluie s'infiltre dans des galeries et rejaillit au niveau de résurgences au débit variable comme Fontaine de Vaucluse. L'été, le Ventoux est soumis à des températures caniculaires, mais l'altitude offre une grande variété de climats. En outre, le vent peut être très violent et sa majesté le mistral, souffle pratiquement la moitié de l'année avec des pointes pouvant atteindre 250 km à l'heure. Sa géographie et ce climat particuliers en font un site riche et fragile, constitué de cinq étages de végétation qui abritent 400 genres floristiques, plus de 1000 espèces de plantes peuvent être observées entre 400 et 1900 m, qu'il faut protéger, d'où son classement Natura 2000 et réserve de biosphère par l'Unesco. A préciser qu'il existe 368 réserves dans le monde. Sur les dix réserves françaises existantes, deux, qui sont, le Ventoux et le Lubéron, sont dans le département du Vaucluse. Du fait de la richesse de ses écosystèmes, le Ventoux offre un couvert végétal unique où se côtoient les plantes méditerranéennes (oliviers, chênes verts, lavandes...) et les plantes arctiques telles que le pavot du Groenland, le saxifrage à feuilles opposées...) ces dernières poussant en été dans la caillasse qui recouvre toute la partie sommitale du massif. 

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Des peuplements humains sont avérés au cours de la Préhistoire. La toute première ascension du Ventoux jusqu'à son sommet serait due au poète Pétrarque le 26 avril 1336. Il ouvre la voie, plus tard, à de nombreuses études à caractère scientifique. Par la suite, pendant près de six siècles, le mont Ventoux sera déboisé de façon intensive au faveur des chantiers de constructions navales de Toulon, des fabricants de charbon de bois et des éleveurs d'ovins. Depuis 1966, le sommet de la montagne est coiffé d'une tour d'observation de plus de quarante mètres de haut surmontée d'une antenne.

Alors que l'élevage ovin a presque totalement disparu de ses paysages, la viticulture, le maraîchage, l'apiculture, la récolte des champignons, ainsi que la culture de la lavande sont toujours pratiqués sur ses flancs. En raison de ces particularités, le mont Ventoux est une figure symbolique importante de la Provence ayant alimenté les récits oraux ou encore littéraires, et les représentations picturales artistiques ou cartographiques. Le Ventoux est une escalade redoutable avec des pentes allant jusqu'à 22% et le géant de Provence ne doit pas être sous estimé. Il est exposé à tous les vents, comme son nom l'indique, il accroche tous les nuages, et les conditions météorologiques s'y dégradent plus rapidement qu'ailleurs. Le cyclotouriste n'est pas à l'abri des conditions extrêmes qu'il peut trouver sur les pentes de ce géant. La chaleur infernale ou le froid polaire surgissent sans crier gare et frappent le sommet dénudé et le col des Tempêtes (1841m) qui ont déjà contraint à l'abandon plus d'un courageux.

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Avant d'être parcouru par trois routes principales, permettant ainsi le développement du tourisme et des sports d'hiver ainsi que l'organisation de grandes courses cyclistes (Montée du Ventoux, Tour de France, etc...) le mont Ventoux était sillonné de drailles (chemins) tracés par les bergers à la suite de l'essor de l'élevage ovin entre le XIVème et le milieu du XIXème siècle. Ces chemins ont désormais été transformés en sentiers de randonnées. Des trois voies qui permettent d’atteindre la cime celle du versant Sud est sûrement la plus renommée, car la plus ancienne et surtout la plus spectaculaire. Cette route, construite en 1882, part de Bedoin à 296 mètres d’altitude pour rejoindre 21,600 km plus loin le sommet du Ventoux. Après avoir laissé de côté le joli petit village des Baux de Provence, la route traverse Sainte Colombe puis les Bruns. A partir du fameux virage de Sainte-Estève la pente s’affirme un peu plus, remonte la combe Rolland jusqu’à son origine. Là, abandonnant la compagnie des cèdres, des chênes verts, des pins sylvestres et des hêtres, c'est un autre monde. Elle bifurque vers l’Ouest et poursuit son ascension à travers les étendues désertiques de caillasses blanchies par les éléments. Cherchant alors sa trace, la route, de méandre en méandre, de combe en combe, se fraye un chemin vers le ciel. Au col des Tempêtes, brèche où les vents soufflent avec une violence inouïe, le sommet est tout proche. Son accès reste soumis à un ultime effort, le dernier virage résume à lui seul toute l’intensité de la grimpée. Voilà plus de 1600 mètres de dénivelé franchis en moins de 22 kilomètres de distance ! Cet effort intense et soutenu est récompensé par la vision d’un panorama éblouissant. Que la réputation du mont Ventoux, la beauté et la difficulté de l’ascension conduisent chacun à entreprendre un jour de gravir sa pente. Peu importe le temps mis pour atteindre le sommet car l’essentiel est dans la joie du sommet et dans l’émotion ressentie devant le spectacle des horizons immenses qui s'offrent à la vue des plus valeureux.

 Sources : D'après le site www.lemontventoux.net et Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Mont-Ventoux-Panorama

Carte postale montrant le panorama sur la Provence

16 janvier 2021

Carnoules et l'épopée des locomotives

 

PLM

Le chemin de fer depuis Marseille a atteint Carnoules, en voie unique d’abord, sous le Second Empire. Plus précisément en 1862 pour se prolonger à partir de 1864 jusqu’à Nice. C'est par nécessité qu'en 1864 a été établi un relais permanent pour les locomotives qui a finalement aboutit à l’installation d’un dépôt à mi-distance entre Marseille et Nice. En 1880, la ligne Carnoules-Gardanne par Brignoles et Saint-Maximin est inaugurée, ce qui a pour conséquence de rendre le relais de Carnoules encore plus important qu'il ne l'était auparavant. Jusqu'à la Première Guerre mondiale, tous les trains doivent changer de locomotive à Carnoules. C’est dire l’activité du dépôt, ses ateliers, ses quais à combustible, à cette époque où pratiquement tout le trafic, "marchandises" et "voyageurs" est assuré par le rail. A l'heure de midi et le soir, les trains de voyageurs marquent un long arrêt pour que les passagers puissent se restaurer au buffet de la gare qui ne chôme guère. A signaler que c'est ce restaurant qui sera transformé par la suite en cantine pour tous les cheminots.

Puis le trafic a tendance à s'accroître durant la guerre de 1914-1918, c'est ainsi que le dépôt connaît une nouvelle extension du parc. Après la guerre, il occupe plus de 250 cheminots mais également plus de 150 à son annexe des Arcs (sur-Argens). Mais c'est alors que les grandes grèves de l'année 1920 éclatent. Le mouvement a été déclenché en février dans la région parisienne. Puis il gagne du terrain et en trois jours c'est le pays tout entier qui est en grève. Notre région n'est pas épargnée non plus. Le motif profond en est une revendication salariale face à l’inflation qui accompagne la reprise économique. Mais aussi la défense des droits syndicaux mis à mal durant la guerre où les cheminots, mobilisés sur place ou affectés aux chemins de fer de campagne à proximité du front, ont été soumis à la stricte autorité militaire. La nationalisation des chemins de fer est réclamée, mais en fait, celle-ci n'interviendra qu’une quinzaine d’années plus tard. Cette longue grève qui s’étire, avec des reprises, jusqu’au 28 mai rencontre, auprès de la population, un soutien et des gestes de solidarité qui marquent la mémoire de Carnoules.

Depot de Carnoules

Le dépôt P.L.M. de Carnoules (Carte postale ancienne)

Dans l’entre-deux guerres, le rail supporte courageusement la concurrence croissante de la route. Vers 1930, on compte encore 78 locomotives affectées au dépôt de Carnoules qui résiste vaillamment bien qu'il soit de plus en plus voué à la traction des marchandises, à l’exception de quelques omnibus et à la desserte complète de la ligne de Gardanne. C'est cette dernière ligne justement qui est fermée au transports des voyageurs en 1938. En 1937, sous le Front Populaire est décrétée la nationalisation de toutes les compagnies privées. 

Le déclenchement de la guerre de 1939-1945 ne provoque pas une baisse d’activité du dépôt ni de la gare de Carnoules. C'est en fait tout le contraire qui se produit et bientôt, après la défaite et l’invasion de mai-juin 1940, la pénurie de carburant oblige à reporter sur le rail tout transport de personnes et de denrées. Pour pouvoir répondre à la demande et y faire face, le parc de traction est renforcé par de nouvelles locomotives et par des agents venus travailler depuis d’autres dépôts. Après l’occupation de la zone sud, en novembre 1942, qui est d'ailleurs la date du sabordage de la flotte dans le port de Toulon, la gare et le dépôt subissent la tutelle directe de l’occupant : les militaires et les cheminots allemands en contrôlent toute l’activité. Mais ces derniers doivent supporter la résistance passive et active des cheminots qui subissent eux-mêmes sur la ligne ou encore dans les gares et dépôts, les mitraillages et les bombardements des alliés. C’est dans ce contexte que survient trois mois avant le débarquement des alliés en Provence, le bombardement aérien du 25 mai 1944 par l’aviation américaine. Le site est gravement atteint mais aussi le groupe scolaire et beaucoup d'habitations aux alentours, ce pilonnage débordant très largement l’objectif visé alors. Au total, il y a une trentaine de tués, une centaine de blessés, ce sont des cheminots pour la plupart.

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Carnoules - Le dépôt et la gare (carte postale ancienne)

Le débarquement et les combats de la libération interrompent tout trafic pendant plusieurs mois ; la ligne est coupée par la destruction des viaducs de Bandol, à l’ouest, et d’Anthéor, à l’est. La circulation n'est rétablie qu'à la fin de l’année 1944. A la fin de l'année 1945, les locomotives commandées par la France pour assurer la relève débarquent des Etats-Unis. A la fin de 1946, ces locomotives appelées des "141.R" sont capables d'assurer le service entre Marseille et Nice et, peu à peu remplacent les autres types de machines sur toutes les lignes y compris sur celle de Carnoules à Gardanne. En 1947, malgré la reprise de l’économie, l’inflation croissante et la baisse du pouvoir d’achat provoquent de grandes grèves qui paralysent totalement pendant trois semaines le dépôt et la gare. Au total, beaucoup de sacrifices ont été faits pour peu de résultats concrets et surtout des sanctions sévères pour certains grévistes. Puis, plus tard, l’électrification de la ligne gagne peu à peu du terrain depuis Marseille. Elle atteint Carnoules au milieu des années 60. En décembre 1965, elle est installée jusqu’aux Arcs et elle est enfin achevée en 1969 jusqu’à Nice et plus loin Vintimille. A partir de là, le dépôt de Carnoules est rendu inutile et a perdu sa raison d'être. 

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La locomotive de Carnoules (Photos Nadine)

Pour sauver de l’oubli un siècle d’intense activité ferroviaire, la commune a acquis une locomotive, une "4B9" qui avait été construite en 1893 et avait roulée à Carnoules de 1918 à 1930 et l’a installée, en juillet 1979, à l’entrée du village. Elle est devenue ainsi le monument symbolique de ce passé florissant.

Le 26 juillet 2011, la locomotive a été déplacée de l'endroit où elle se trouvait depuis 32 ans, à l'entrée de Carnoules du côté droit de la route. Un tender acheté par la municipalité a été ajouté. Elle trône désormais fièrement toujours à l'entrée de la ville, au rond point de l'école et du supermarché. Elle est ainsi devenue le véritable emblème de la commune.

Source : D'après un texte paru sur le site officiel de la mairie de Carnoules

Ci-dessous la vidéo du déplacement de la locomotive le 26 juillet 2011.

 

 

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09 janvier 2021

Les moulins à huile dans le Var

Moulin-a-huile

En 1844, on compte 485 moulins à huile dans le département du Var. "Le moulin à huile se compose de trois parties : 1/ La salle d’extraction, où se trouvent le broyeur, la presse, l’appareil à eau chaude et les enfers. 2/ L’estive ou salle de repos des huiles extraites, où l’on emmagasine les huiles des propriétaires jusqu’à ce que ceux-ci puissent venir les chercher. 3/ L’écurie, où se trouvent les chevaux ou mulets employés aux appareils extracteurs". (Latière, H. 1904).

(Nota : les chevaux ou les mulets sont employés dans les moulins dits moulins à sang. De la poutre ou pivot central part un levier qui permet d’atteler l’animal, celui-ci circule autour du socle du broyeur, entraînant la rotation de la meule).

Moulin-a-huile-interieur

Il ne faut pas oublier non plus à l'intérieur du moulin, une pièce destinée au stockage des olives apportées par les propriétaires avant de procéder à la trituration de celles-ci. Après le stockage, l’opération suivante est le broyage ou trituration. Pour cela, on utilise un broyeur composé d’un socle en maçonnerie sur lequel une pierre circulaire de forte épaisseur (meule dormante), est posée à plat. Au milieu, un trou dans lequel se loge l’axe d’une poutre de bois verticale, qui porte sur le côté une meule de grande dimension (meule tournante). Cette meule effectue une rotation sur elle-même lorsque la poutre de bois est mise en mouvement. Le canal formé par les deux meules dans lequel les olives sont jetées est appelé "mare" ou encore "conque". Il est certain qu’au bout de quelques tours de meule on ne voit plus d’olives entières. Une fois écrasées, il faut récupérer la pâte formée par le broyage des olives pour la transporter et la mettre sous presse.

Olives_sous_la_meule

Mise_en_place_des_scourtins

J'ai pris ces deux photos sur le site de Tourtour

 http://tourtour.village.free.fr

 Pour ce faire, on utilise des scourtins ou cabas qui sont des sortes de sacs en sparterie ayant la forme d’un béret. Ces scourtins étaient fabriqués au moyen de fibres diverses : alfa, coco, chanvre, crin, aloès, etc... En 1904, H. Latière écrit : "Les scourtins neufs colorent l’huile et lui communiquent une saveur spéciale, usagés, il faut avoir bien soin de les nettoyer et de les tenir d’une propreté absolue, car ils prennent très facilement un goût de rance qui se communique à l’huile". Dès 1911, J. Ruby proposera l’utilisation de scourtins ayant la forme d’un disque simple. Cela est aujourd’hui en pratique dans tous les moulins ayant encore des presses traditionnelles, la fibre utilisée étant conforme aux normes européennes. La presse est un élément indispensable dans un moulin. C’est là que l’on va mettre en pile les scourtins une fois remplis. La pression va permettre l’écoulement du liquide contenu dans la pâte d’olives, qui est un mélange d’huile et d’eau de végétation. Pour exécuter une forte pression, on utilisait dans l’Antiquité des pressoirs à levier et des pressoirs à vis centrale (la pression est exercée sur la pile de scourtins par une ou deux vis). C’est ce dernier système qui connaîtra au début du XXème siècle le plus de modernisation.

Moulin-2

Au XVIIIème siècle, la construction caractéristique des "chapelles", logement des presses dans un mur aménagé à cet effet, va se répandre dans le Var. Dans l’épaisseur des murs des moulins ont été façonnées des niches voûtées. Au pied de chaque niche se trouve une maie rectangulaire, au bas de la voûte, sur les côtés, un renfoncement pour loger la poutre recevant la vis, au sommet de la voûte un trou pour que la vis puisse monter au maximum, sur les côtés, une rainure dans laquelle glissera la planche posée entre les scourtins et la tête de la vis. A la fin du XIXème siècle, les industriels de la métallurgie proposent des presses entièrement en métal avec des systèmes démultiplicateurs facilitant le pressage. Puis enfin, l’arrivée de la presse hydraulique supprimera ce travail épuisant.

Decantation

Le jus des olives, mélange d’eau de végétation (60 à 65%) et d’huile (20 à 25%) coule de la presse vers un ou plusieurs cuviers. Après quelques instants de repos, les deux liquides se séparent naturellement et avec une casserole ou une plaque ronde en fer blanc appelée "feuille", on enlève la matière grasse. Dans tous les moulins à huile de la contrée, l’huile vierge, soit, celle que l’on obtient sans l’emploi d’eau bouillante est recueillie dans des baquets mobiles qu’on place sous l’appareil de pression, et l’huile entraînée par la seconde pression avec le secours de l’eau bouillante est recueillie dans les mêmes baquets et versée avec l’eau dans des cuviers ou par le repos elle monte à la surface. Cette séparation exige un certain laps de temps après lequel les eaux du cuvier s’écoulent dans des réservoirs connus sous le nom d’enfers. Les enfers sont de grands bassins en maçonnerie placés en cascade, souvent situés à l’extérieur. Ces bassins, de trois à six, voire davantage selon l’importance du moulin, recueillent les eaux grasses : eau de végétation, eau ayant servi au nettoyage des scourtins et des ustensiles. Ces eaux chargées de matière huileuse vont lentement se décanter, le moulinier pourra ainsi prélever pour son compte cette huile non consommable, mais recherchée par les industries (savonneries par exemple).

Source : D'après "L’olivier en terre varoise" – Yves Fattori – Edisud.

 

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02 janvier 2021

Les étrennes, les cartes de voeux, le gui et le houx

 

Le matin des étrennes-Arthur Rimbaud

Le matin des étrennes d'Arthur Rimbaud

Les étrennes

Les étrennes sont des cadeaux offerts obligatoirement en début d'année, au début du mois de janvier. C'est de Rome que nous vient l'usage du premier jour de l'an et des étrennes. Tatius, roi des Sabins, qui par la suite régna sur les Romains conjointement avec Romulus, ayant, après la réunion des deux peuples, regardé comme un augure favorable qu'on lui eût fait présent, au premier jour de l'an, de quelques branches coupées dans un bois consacré à Strena ou Strenia, déesse de la santé et de la force, convertit en coutume ce qui n'avait été que l'effet du hasard, et donna aux présents qu'il reçut depuis au renouvellement de chaque année le nom de Strenae, dont nous avons fait le mot "étrennes". A des branches d'arbre, bientôt les Romains substituèrent des figues, des dattes, du miel, qui sont symboles, comme nos confitures et nos dragées, de toutes les douceurs qu'ils souhaitaient à leurs amis pendant le cours de l'année nouvelle. Les clients joignaient une pièce d'argent aux étrennes qu'ils donnaient à leurs patrons, ce qui était un signe de tribut. Les trois ordres de l'Etat donnaient à Auguste des étrennes dont il employait le prix à l'achat de la statue de quelque divinité. Il pensait que les deniers du peuple devaient être consacrés à des objets d'utilité publique, et ne devaient pas entrer dans l'épargne de l'empereur. L'usage de recevoir des étrennes, tantôt imité, tantôt négligé par ses successeurs, ne s'est définitivement conservé qu'entre particuliers. Les étrennes sont aussi les sommes d'argent que l'on donne aux employés de maison et aux personnels des services de la ville ainsi qu'aux employés des services publics comme les pompiers, le facteur ou les éboueurs...

Source : D'après Wikipédia - l'encyclopédie libre et le site : wwwteteamodeler.com

Argent monnaie

Les cartes de voeux du Nouvel An

Première carte postale de Noël

Première carte postale de Noël dessinée par John Calcott Horsley en 1843

La carte de voeux est une tradition incontournable du Nouvel An. Certains font remonter l'origine de la carte de voeux aux chinois, mais leur apparition en Europe date en fait du Moyen-Age. En fin ou en début d'année, les religieuses envoyaient un menu à leurs familles en l'accompagnant d'une lettre de voeux peinte à la main. Cette tradition a disparue au XVIème siècle pour revenir en force XVIIIème siècle. La première carte de voeux est anglaise. Elle a été dessinée par John Calcott Horsley en 1843. Cette carte lithographiée et coloriée à la main a été éditée en 1000 exemplaires. Dès 1860, l'envoi de carte de voeux s'est généralisé en rencontrant un franc succès. La carte de voeux permet d'envoyer ses voeux de bonne année aux membres de la famille comme aux amis. En fait, il existe deux sortes de cartes de voeux : les cartes de voeux de Noël qui sont envoyées en décembre par les anglais et les anglo-saxons et les cartes de voeux du Nouvel An qui sont envoyées dès le 1er janvier pour souhaiter une bonne et heureuse année à ses proches et à sa famille.

Source : D'après le site : wwwteteamodeler.com

Bonne année

Le gui et le houx

Le gui et le houx présents au réveillon et au repas du Nouvel An sont un héritage des traditions et croyances anciennes. Depuis toujours, le feuillage vert du gui et du houx leur confère des pouvoirs surnaturels. Pour les druides celtes, le gui et le houx portaient bonheur, nous avons gardé l'habitude de nous embrasser sous le gui, le soir du Réveillon de la Saint Sylvestre, en gage de bonheur sentimental et de mariage dans l'année pour les célibataires.

Mais le bonheur n'était pas le seul pouvoir positif du gui, pour les celtes, il permettait aux femmes d'avoir beaucoup d'enfants, il protégeait du mauvais sort et garantissait des récoltes abondantes. Dans la symbolique chrétienne, le houx est plus important en raison de son feuillage persistant et de ses baies rouges, et il était traditionnellement réservé pour Noël. Aujourd'hui le houx est lui aussi utilisé dans la décoration du Nouvel An.

 Source : D'après le site www.teteamodeler.com

Gui et houx

 Je mets le lien pour que vous puissiez aller lire ou relire un de mes article du 2 janvier 2013 qui s'intitule : "Coutumes de l'An neuf" et qui concerne les étrennes et une curieuse coutume sur le mariage.

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27 décembre 2020

Les origines de la saint Sylvestre

 

Nouvel An Repas

Le réveillon du jour de l'an commence le 31 décembre soit le jour de la Saint Sylvestre. Mais qui était donc ce Sylvestre qui a donné son nom au dernier jour de l'année dans le calendrier Grégorien, c'est-à-dire notre calendrier actuel ? Et d'ailleurs l'année s'est-elle toujours terminée le 31 décembre ? 
Sylvestre, dit aussi Sylvestre 1er ou Saint Sylvestre, fut le 33ème pape de la chrétienté, il a vécu au IVème siècle après Jésus Christ, au coeur de l'empire romain, et fut un contemporain de Constantin, le premier empereur romain à se convertir au christianisme.
Une légende médiévale prétend même que ce serait Sylvestre qui aurait guérit l'empereur d'une lèpre incurable en le baptisant. On attribue aussi à Saint Sylvestre d'autres miracles, comme par exemple d'avoir terrassé un dragon ou ressuscité un taureau. Sylvestre a en tout vécu très longtemps et a été pape pendant 22 ans jusqu'à sa mort, naturelle, en 335, c'est d'ailleurs l'un des premiers saint canonisé sans avoir subi le martyre. Encore aujourd'hui personne ne sait pourquoi la Saint Sylvestre a été placée le dernier jour de l'année, car rien dans la vie de Saint Sylvestre ne le lie particulièrement à cette date, sauf peut-être le fait que son règne de pape a correspondu avec la naissance d'une nouvelle époque pour le christianisme, puisque grâce à l'empereur Constantin, le christianisme n'allait plus être persécuté dans l'empire romain. Nouvelle ère, nouvelle année.
Ce serait une belle explication si la date de la fin de l'année au 31 décembre n'était pas une invention assez récente. Les romains qui furent sans doute les vrais inventeurs du réveillon du jour de l'an, avaient fixé celui-ci au 1er janvier.
Ainsi en France jusqu'en 1564, dans de nombreuses provinces l'année commençait le 1er mars, à Lyon c'était le 25 décembre, à Vienne le 25 mars. C'est l'édit du roi Charles IX en 1564, qui mit tout le monde d'accord, dorénavant l'année finirait le jour de la Saint Sylvestre, le 31 décembre.

Source : Auteur Gaël Pollès, journaliste et écrivain.

Complément sur les origines de la Saint Sylvestre

Les origines de la Saint Sylvestre sont multiples et se perdent dans la nuit des temps. Les origines païennes se sont mélangées aux origines religieuses en draînant l'ensemble des croyances populaires et religieuses liées au solstice d'hiver. Les peuples et les cultures anciennes célébraient le solstice d'hiver et on retrouve la même symbolique dans toutes ces croyances et ces pratiques. Dans la Rome antique, on s'échangeait des pièces et des médailles à l'occasion du changement d'année. Cet échange remonte à l'époque du règne du roi Tatius Sabinus, roi des Sabins, qui reçut un bois sacré de la déesse Strenia en gage de bon augure pour l'année à venir. Par la suite, cet échange s'est généralisé à l'ensemble de Rome. C'est ainsi que cette tradition perdure dans les étrennes qui sont remises aux enfants le jour de la Nouvelle année. Une dizaine de jours après les saturnales, les romains organisaient des échanges de voeux à l'occasion de copieux repas qui s'accompagnaient d'offrandes de rameaux verts et de confiseries. Cette période de fête était clôturée par les jeux du cirque. Jusqu'à Jules César, la fête célébrant la fin d'année n'était pas une date fixe, à l'époque romaine, la fête se déroulait généralement en février. Jules César a fixé la fin d'année au 31 décembre. En France, il faut attendre Charles IX pour que le premier jour de l'année, le Nouvel An, soit fixé au 1er janvier. Saint Sylvestre a été pape de 314 à 355. Il est surtout connu pour son combat contre la doctrine d'Arius de Constantinople qui niait la nature divine de Jésus. En réalité, ce Saint a peu à voir avec la Fête du Nouvel an, mis à part son nom. Certains historiens avancent que ce Saint fut choisi uniquement pour son nom qui évoque la forêt. La nature est en effet très importante dans les symboliques et traditions héritées de l'antiquité. Saint Sylvestre 1er reste connu pour ses constructions de grandes basiliques romaines.

Source : D'après le site wwwteteamodeler.com 

Réveillon Saint Sylvestre

 Comme on ne doit pas souhaiter une bonne année bien prospère : "boun annado bèn granado", avant le premier janvier, car cela porte malheur, dans les derniers jours de décembre, on emploie cette formule de politesse :
"bouan bout d'an" c'est-à-dire : bonne fin d'année.

En Provence, le soir du 31 décembre, on se réunit autour de la bûche qui flambe dans la cheminée, on s'embrasse et l'on se dit :
"A l'an que ven !
E, se sian pas mai, sieguen pas men !"
"A l'an qui vient !

Et, si nous ne sommes pas davantage, ne soyons pas moins !"

Je vous dis à mon tour :
 Bono annado 2021, bèn granado e bèn acoumpagnado d’uno moulounado d’autro.
 Qu’aqueste annado vous adugue lou bonur, la pas, la joio, la santa e… forço voio e envanc. Diéu nous doune la gràci de vèire l’an que vèn e se sian pas mai que fuguen pas mens.

Bonne-annee