Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

La Basse-Provence

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

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20 février 2018

La via Domitia

 

Carte-Alpes-Pyrénées-Voie Domitia

 De Cavaillon à Sisteron, la Provence est traversée par la plus ancienne route construite en France : la via Domitia (voie Domitienne). Voie interprovinciale créée à partir de 118 av. J-C. par le général et consul romain : Cneus Domitius Ahenobarbus. Suivant d'anciens itinéraires, elle traversait les Alpes au col du Montgenèvre, gagnait la Provence par Briançon, Gap et Sisteron et, de là, rejoignait le delta du Rhône par les vallées de la Durance et du Calavon pour ensuite se diriger vers l'Espagne à travers le Languedoc et le Roussillon. Constuite et entretenue au nom de l'Etat romain, la voie Domitia nécessita d'importants travaux dont il reste les traces : percées à travers les rochers, murs de soutènement, dallage pour la traversée des villes et des gués, ouvrages d'art en pierre pour franchir les cours d'eau, tels le pont Julien près d'Apt ou ceux de Ganagobie sur le Buès et de Céreste sur l'Aiguebelle. D'abord militaire, la voie domitienne est rapidement devenue une des plus fréquentées de l'Empire romain par les divers service publics mais aussi les marchands, les voyageurs, et plus tard, les pèlerins. C'est ainsi qu'elle fut jalonnée, tous les 15 kilomètres environ, de relais pour le repos des hommes et le changement d'attelage et, tous les 30 kilomètres, à partir de bourgades préexistantes ou nouvelles, de gîtes d'étape. Le long de cette voie majeure ou à proximité, des monuments médiévaux, des prieurés, des chapelles souvent liés à l'un des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, se sont ajoutés ou substitués, au fil des temps, aux vestiges antiques conservés ou enfouis : tour de Sabran, Carluc, Salagon, Notre-Dame des Anges, Ganagobie, etc... 

Source : L'Almanch de la Provence - Pierre Echinard - Ed. Larousse

Pour en savoir plus :

Via Domitia

La Voie Domitienne (Via Domitia) est une voie romaine construite à partir de 118 avant J.-C. pour relier l'Italie à la péninsule ibérique en traversant la Gaule Narbonnaise. La Voie Domitienne a été créée à partir de 118 avant J.-C. à l'instigation du général romain Cneus Domitius Ahenobarbus dont elle porte le nom.

http://routes.wikia.com

 

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14 février 2018

Les aiguiers

Aiguier

Aiguier de Gayéaux près de Saint-Saturnin lès Apt (84) - Photo capfrandos.free.fr

Aiguier de Gayéaux-Schéma

Aiguier de Gayéaux - Schéma

En Provence, un aiguier est une citerne creusée dans la roche et voûtée de pierres. Il sert à recueillir les eaux de ruissellement. Ces aiguiers sont implantés sur des terrains en pente ou en aval de ces derniers. Leur impluvium peut être un plan de roche dénudé et creusé de rigoles de collecte ou un chemin barré d'une rigole oblique poursuivie jusqu'à l'aiguier. Un autre dispositif consiste en une toiture collectrice concave avec lauses inclinées convergeant en direction du trou de collecte. Une crépine (filtre) de petites branches, placée dans les trous de collecte réservés dans les parois arrières ou bien sur les côtés de la bâtisse, sert à filtrer l’eau et à empêcher les petits animaux de tomber dedans. La profondeur des bassins oscille principalement entre 0,90 m et 2,20 m.

Aiguier du mont Ventoux (versant-sud)

Aiguier du mont Ventoux (versant-sud) - Photo Wikipédia

Si quelques aiguiers sont à ciel ouvert et libres d’accès pour le bétail et autres animaux, ils sont en majorité, recouverts et protégés soit par une voûte en encorbellement (forme de coupole), soit par une voûte clavée en berceau, aux voussoirs (pierre de taille en forme de coin) généralement liés par du mortier de terre ou de chaux. Dans le premier cas, le bassin est de plan circulaire ou carré avec des angles arrondis, dans le deuxième cas, de plan rectangulaire. Un troisième type d'aiguier existe mais cependant plus rare, il est dit de couvrement et est constitué par de grandes dalles rectangulaires taillées qui sont posées au niveau du sol, soit en plafond (juxtaposées), soit en bâtière (affrontées) au-dessus d'une cuve. Les aiguiers couverts par une coupole en encorbellement ont pour caractéristique commune d'avoir leur coupole légèrement en retrait par rapport au corps. La fonction de cette dernière reste une énigme : abritait-elle un chéneau circulaire destiné à recueillir l'eau de pluie tombant sur le parement extérieur de la coupole ou bien est-elle la trace d'une couverture de lauses retirée après l'abandon de l'installation ? De même, les aiguiers couverts par une voûte en plein cintre présentent un extrados à peine protégé par de la caillasse alors qu'on s'attendrait plutôt à une couverture de grandes lauses à deux pentes. Enfin, les aiguiers à voûte clavée peuvent être renforcés à l'intérieur par une arche maçonnée, soit parallèle à la voûte, soit perpendiculaire à celle-ci. Quel que soit le type de couvrement employé, les parois intérieures de ce dernier sont toujours dans la continuation de celles du bassin creusé dans la roche. Généralement proche d'une habitation, l'aiguier servait, selon les cas, à un usage domestique (laver le linge, arroser le potager), pastoral (abreuver les bêtes) ou encore artisanal (distiller la lavande et refroidir le serpentin).

Aiguier-Détail-Voûte en berceau

Détail d'une voûte en berceau - Photo baladeenfamille.free.fr

La tradition de creuser des aiguiers est antérieure à la fin du XIXe siècle. Dans sa monographie "Villars, un village de l’ancienne Provence" Auguste Roux écrit : "Le 28 mars 1666, les Consuls font observer que la montagne "est fort sèche". Il y a un rocher au quartier de La Brasque "propre à creuser un aiguier" afin d’abreuver les troupeaux… "on verra un maître coupeur (tailleur) de pierres". Le 6 juin, une partie du rocher est creusée. André Clément et d’autres ont payé le travail dont ils jugent la nécessité. Il est délibéré de poursuivre la besogne conformément "au marché fait" (prix-fait), de "relarguer" (élargir) le tout et de le payer".

Source : D'après un article de Wikipédia l'encyclopédie libre.

Sentier des Aiguiers-St Saturnin lès Apt

Sentier des aiguiers - Saint Saturnin lès Apt - Photo issanlat.free.fr/

Aiguier des Testourias-St Saturnin lès Apt

 Aiguier des Testourias - Saint Saturnin lès Apt - Photo issanlat.free.fr/

Aiguier des Testourias-Rigole et trou de collecte

 Aiguier des Testourias - Rigole et trou de collecte - Photo issanlat.free.fr/

 

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08 février 2018

Chapelles de Provence

 

Chapelle St Jaume Lorgues

 Chapelle Saint Jaume à Lorgues (Var)

Les chapelles sont partout en Provence... Au coeur ou à la périphérie de chaque ville, de chaque village, de chaque hameau, érigées au sommet des montagnes, lovées au fond des gorges, émergeant des garrigues sauvages en gardiennes des champs, des vignes et des vergers, cachées au profond des forêts, dressées en bienveillantes vigies au-dessus de nos côtes... Quelle foi a poussé nos ancêtres à couvrir ce pays de ces témoignages de leur piété, de leurs espoirs mais aussi de leurs craintes ? Le christianisme a pénétré très tôt en Provence. Probablement dès la fin du 1er siècle de notre ère, s'il faut en croire la légende des saintes Maries échouées en Camargue ; et il faut croire aux légendes, car elles portent la vérité du coeur. Mais l'histoire nous enseigne aussi qu'au IIIe siècle, Arles est déjà le siège d'un évêché et c'est dans cette ville, en 314, que se tint le premier concile de l'Eglise alors que l'empereur Constantin 1er vient à peine de reconnaître la nouvelle religion. C'est dire l'implantation ancienne et profonde du christianisme dans la belle Provincia. Mais la religiosité des Provençaux a des racines plus profondes encore. Sous bien des édifices chrétiens dorment les vestiges de temples païens gallo-romains, recouvrant eux-mêmes quelquefois des lieux de culte celto-ligures.

Chapelle Saint-Sixte-Eygalières

Chapelle Saint Sixte à Eygalières (Bouches-du-Rhône)

Les vierges noires et certains saints sont les héritiers d'anciens cultes agraires de fécondité. Ils en marquent à la fois la continuité et la mutation ; continuité, car, dans une Provence rurale à 80% jusqu'au début du XXe siècle, le paysan est d'abord préoccupé par le cycle des saisons, le temps qu'il fera et le rendement des cultures qui le nourrissent ; mutation, car la religion catholique substitue aux rites magico-religieux l'engagement de la foi personnelle. Ce changement de mentalité et de croyance profonde mettra plusieurs siècles à s'imposer au peuple. Car ce peuple est durement éprouvé : la famine le guette, la maladie le frappe cruellement, la peste le décime périodiquement, les barbares et les sarrasins le razzient et les seigneurs et les rois censés le protéger le plongent dans des guerres incessantes et meurtrières. Dans ces temps difficiles, les hommes demandent d'abord à Dieu aide et protection dans la vie présente et promesse d'une vie future... La Vierge et les saints qui sont perçus comme plus accessibles, plus humains, deviennent des intercesseurs privilégiés ; d'où une multitude de chapelles qui leur sont dédiées. Pourtant, au tournant de l'an mille, un miracle se produit. Un formidable essor religieux génère une vague de constructions, jamais égalée depuis. Du XIe au XIIe siècle, l'Europe entière se couvre d'abbayes, de cathédrales, d'églises et de chapelles. Innovations architecturales et élande foi s'unissent.

Chapelle romane St Thyrse Castellane

Chapelle romane Saint Thyrse à Castellane (Alpes de Haute Provence)

C'est l'âge roman, le temps des grands pèlerinages, des croisades, des abbayes conquérantes, de la course aux reliques ; la réforme grégorienne assainit l'Eglise, qui est au faîte de sa puissance, le Christ règne en souverain des esprits et le culte marial s'impose partout... Le visage de la Provence en est durablement transformé. Jusqu'aux coins les plus reculés du pays, églises et chapelles comme moissons en été... Humbles ou fières, simples ou monumentales, les chapelles romanes ponctuent le paysage provençal. Dix siècles après, certaines, construites avec autant de soins que des cathédrales, n'ont presque pas bougé. D'autres ont été profondément remaniées. Dans leurs pierres, on lit l'évolution des styles, les flux et reflux des croyances et les vicissitudes de l'histoire. La Provence restera longtemps fidèle au modèle roman. Le style gothique, né en Ile de France au XIIIe siècle, n'aura que peu d'influence ici ; quelques villes y sont sensibles ( Avignon, Aix...), mais les campagnes lui sont réfractaires. Juqu'au XVe siècle et même au-delà, on continue à construire selon le modèle roman.

Il faudra attendre le XVIe siècle pour que la construction change. Les édifices sont plus vastes, mais construits en moellons et couverts d'un toit de tuiles sur charpente. Rare est la pierre de taille, les plans sont confus, les chevets sont plats et le décor sculpté disparaît... Heureusement, quelques fresques qui ornaient les murs nous sont parvenues. Les deux styles issus de la Renaissance, l'un fondé sur la raison, le classique, l'autre nourrit par la passion, le baroque, ont peu d'echo dans l'architure religieuse locale, mais ils se retrouvent à l'intérieur des édifices, façonnant de magnifiques retables qui ornent le choeur des sanctuaires. Après la Révolution, qui a beaucoup détruit, le XIXe siècle s'est surtout attaché à reconstuire et à regagner les âmes. Il n'en ressort aucun style, car ses bâtisseurs n'ont fait que copier les styles précédents (néogothique en néo classique, romano-byzantin...). Le XXe siècle a vu la réalisation de quelques rares mais superbes oeuvres. Les matériaux nouveaux ( béton, verre...) y sont au service d'un indéniable élan spirituel. Il faut aussi mettre à l'actif du présent l'effort considérable de restauration et de revalorisation du patrimoine religieux produit par les fidèles, des associations et des collectivités locales. Le plus remarquables enfin, c'est que beaucoup de ces lieux vivent ou revivent grâce au maintien et à la relance des pèlerinages et des fêtes locales.

Source : Chapelles de Provence - Serge Panarotto - Edisud. Photos du site Provence à vivre 

 

02 février 2018

Le four banal

 

Boulangers

Au Moyen Age et sous l'Ancien Régime, les habitants avaient pour obligation d'utiliser les installations seigneuriales pour moudre le grain, cuire la pain ou encore puiser l'eau. Cela donnait lieu à un impôt en argent ou en nature appelé "banalité". Pour le pain, ils devaient utiliser le four seigneurial dit "banal" et payer un droit de "fournage". C'est-à-dire, remettre une partie de leur production au seigneur, en général, un pain sur vingt ou sur trente. C'était un asservissement tant le four à pain était indispensable à la vie quotidienne. En contrepartie, le propriétaire avait pour devoir d'entretenir son four et d'y installer un fournier (boulanger) qui était chargé de cuire le pain et de prélever l'impôt. Le fournier cuisait de gros pains avec beaucoup de mie sous une épaisse croûte afin d'assurer une conservation d'une semaine, une quizaine et parfois plus. Les habitants apportaient leur farine plusieurs jours à l'avance. Ils la marquaient en indiquant le jour du dépôt et donnaient en échange, une bûche de bois pour la cuisson.

Four à pain Le Castellet

Le four du Roy au Castellet (photo internet)

Dans le Var, au Castellet, le four du Roy se trouve à présent dans une boutique qui porte le même nom et aurait, d'après l'historique, servi jusqu'au XXe siècle. Quant à Tourtour, des textes relatent qu'au Moyen Age, les deux fours communaux étaient utilisés gratuitement. Mais lorsqu'en 1642, le seigneur Raphélis en prend possession, il instaure la banalité, indignant les habitants. Les fours seront rachetés par la commune en septembre 1727, ce qui supprima cet impôt.

Four à pain Artignosc

Le four d'Artignosc (photo internet)

A Artignosc-sur-Verdon, l'ancien four à pain qui se trouve derrière la mairie, donne lieu chaque dimanche de la Pentecôte, à une fête du pain. Ce droit de fournage était mal supporté par le paysan, d'autant que pour sa consommation personnelle, il pouvait cuire son pain dans son propre four aménagé dans sa cheminée. L'Assemblée Constituante, lors de la Révolution française, le supprima en 1790 et, la loi du 17 juillet 1793, abolit définitivement toutes les banalités.

Source : D'après un article paru dans le supplément Varmatin du 5 mai 2013 

Societés-cultures-rurales

A propos du mot "banalités" : Les taxes appelées banalités étaient si fréquentes qu'elles ont donné le mot "banal" dans notre langage d'aujourd'hui. Le seigneur, profitant de son droit de commandement (droit de ban) et de sa force militaire, exige des paysans qu'ils utilisent les installations qu'il a fait construire. Le moulin banal où le meunier perçoit une partie de la farine en paiement de son travail et de l'utilisation du moulin. Le four banal où le fournier, recruté par le seigneur, retiendra, pour la consommation de ce dernier, une partie des miches de pain cuites. Le pressoir à raisins ou à pommes dont une partie du jus recueilli ira dans la cave du seigneur. Ainsi le seigneur dispose d'aliments gratuits dont la perception se fait tout au long de l'année. Ces impôts étaient d'autant plus mal supportés par le paysan, qui pour sa consommation personnelle aurait pu moudre son grain avec une petite meule, cuire son pain dans le four installé dans la cheminée de sa masure et même presser son vin ou son cidre dans un petit pressoir personnel. Ces opérations auraient alors été faites sans versement de taxes.

Sources : D'après Wikidia - l'encyclopédie junior.

                

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27 janvier 2018

Naïs de Marcel Pagnol

 

Naïs

Toine, un valet de ferme, est bossu, et cette infirmité lui pèse, car il aime en secret la belle Naïs, fille unique de son employeur, le père Micoulin, un vieil ours qui ne plaisante pas avec la bagatelle. Quand Naïs rencontre Frédéric Rostaing, le fils des riches bourgeois d'Aix, dont le père Micoulin est le métayer, elle est aussitôt séduite par le beau garçon et beau parleur. Mais cela provoque l'ire du patriarche qui les a surpris. Il décide de supprimer Frédéric pour mettre fin au déshonneur.

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Heureusement, Toine veille sur eux. C'est grâce à son entremise désintéressée que sera trouvée une issue heureuse au conflit, avec l'aide discrète de la providence. La méchanceté du père Micoulin se retourne contre lui et les parents de Frédéric, après avoir nié l'évidence, sont convaincus par Toine. Naïs part vivre à Aix avec la famille de Frédéric.

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Adaptant un récit peu connu d'Emile Zola : Naïs Micoulin, Marcel Pagnol rejoint ici l'inspiration de ses oeuvres d'avant-guerre, notamment ANGÈLE (1934) et LA FILLE DU PUISATIER (1940), dont NAÏS constitue une sorte de synthèse. On y retrouve en effet des situations et des personnages similaires : fille séduite et répudiée par son père, serviteur au physique disgracieux et au grand cœur, couple de bourgeois hypocrites, etc... Surtout, l'opposition entre la ville porteuse de tous les vices et la campagne régénératrice, thème cher à Pagnol, est parfaitement soulignée. NAÏS, comme JOFROI, peut être regardé comme un plaidoyer écologique, avant la lettre.
Jacqueline Bouvier porte ici son nom de jeune fille pour la dernière fois. Elle deviendra Mme Jacqueline Pagnol le 6 octobre 1945, peu après la fin du tournage.
L'une des scènes les plus touchantes du film est celle où Fernandel récite la chanson des petits bossus, la voix étranglée de sanglots. Pagnol, après plusieurs essais, décida de conserver ce trébuchent naturel de l'interprète, qui concourt puissamment à l'émotion.

 
Toine à Mme Rostaing :
"Je vais vous dire Madame Rostaing, quand j'étais petit mes parents m'adoraient. Et surtout ma grand mère, j'étais déjà comme je suis naturellement. Et moi, je savais pas, enfin je veux dire je savais pas la différence qu'il y avait avec les autres. La bosse c'est traître, ça vous vient par derrière on la voit pas. Chez les paysans y'a pas d'armoire à glace et on se voit dans les yeux de sa mère, et naturellement on s'y voit beau. Un jour un voisin qui était très gentil m'a dit :
"Oh le joli petit bossu !" Alors j'ai demandé à ma grand-mère : "Qu'est-ce que c'est un bossu ?"
Alors elle m'a dit: "C'est vrai que tu es un joli petit bossu parce que tu as un peu le dos rond et c'est parce que tu n'es pas comme les autres qu'on t'aime beaucoup."
Alors elle m'a chanté une vieille chanson, je me rappelle pas la musique mais les paroles ça disait comme ça : "Un rêve m'a dit une chose étrange, un secret de Dieu qu'on a jamais su. Les petits bossus sont de petits anges, qui cachent leurs ailes sous leur pardessus. Voilà le secret des petits bossus."
C'est joli mais c'est pas vrai. Moi, j'y ai cru jusqu'à dix ans, je croyais que les ailes me poussaient.
Alors souvent, ma grand-mère, elle me chantait la chanson qui était beaucoup plus longue que ça. Seulement les grands-mères, Madame Rostaing, c'est comme le mimosa, c'est doux et c'est frais et c'est fragile. Un matin elle n'était plus là.
Un bossu et une grand-mère tout va bien on peut chanter.
Mais un petit bossu qui a perdu sa grand-mère, c'est un bossu tout court."

Réalisé par Raymond Leboursier
Avec Fernandel, Jacqueline Pagnol, Raymond Pellegrin, Henri Poupon, Charles Blavette
Scénario : Marcel Pagnol d'après Emile Zola
Musique : Vincent Scotto & Henri Tomasi
Photographie : Charles Suin & Walter Wottitz
Montage : Jeanne Rongier

Une production Société Nouvelle des Films Marcel Pagnol
France - 120 mn - 1945
Naïs4
 

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21 janvier 2018

Phénomènes météorologiques au fil des registres paroissiaux

 Il arrive parfois que l'on trouve dans les registres paroissiaux (tenus par les curés), en plus des mentions habituelles des baptêmes, mariages et sépultures, des notes personnelles. Ces annotations concernent un évènement survenu dans la paroisse, un fait historique, un phénomène météorologique, etc..., tout ce que le curé jugeait important d'être mentionné. C'est ainsi que l'on peut lire qu'à Saint-Zacharie, du 14 juin au 22 juillet 1783, "il a régné presque partout une fumée à laquelle on n'osait pas donner le nom de brouillard, parce qu'elle n'avait rien d'humide, laquelle fumée interceptait la lumière, et ne laissait cours qu'à une chaleur excessive, qui avait résisté à tous les vents et à la pluye (pluie). Elle a cédé à l'orage du 22 juillet à 11 heures". A peu près à la même époque, le curé de Montmeyan fait le même constat : "Un brouillard extraordinaire a régné pendant le mois, depuis le commencement de juin 1783, jusques en septembre, jour et nuit, obscurcissant la lumière du soleil, interceptant ses rayons et ne laissant entrevoir que le disque, comme un grand globe de feu. Ce brouillard fixe et immobile, planait au-dessus des nuages, sans jamais se mêler avec eux". Le curé de Montmeyan ajoute que "les physiciens ont conclu que ce pouvait être l'effet des volcans qui s'étaient ouverts, par de furieux tremblements de terre arrivés cette année dans la Calabre ultérieure, dans le royaume de Naples et en Sicile". L'opinion éclairée de cet érudit local pourra surprendre. Certes, le brave curé de Montmeyan, qui était alors un hameau qui ne comptait à l'époque que 650 habitants, est plus calé en volcanologie qu'en géographie. Car, c'est bien d'une éruption volcanique dont il s'agissait. En revanche, elle n'a pas eu lieu dans la botte italienne, mais en Irlande, à Laki, le 8 juin 1783. Elle est à l'origine d'une des plus importantes pertubations climatiques du dernier millénaire. Au Royaume-Uni, l'été 1783 est connu comme "l'été de sable", en raison des abondantes pluies de cendres qu'elle provoqua. L'épanchement des gaz donna naissance à travers l'Europe à un phénomène connu sous le nom de "Brouillard de Laki".

Eyjafjallajökull

Eruption du Eyjafjallajökull en Islande le 20 avril 2010

Les frasques du Laki (8 juin 1783), du Krakatoa (27 août 1883), du mont Saint-Helens (18 mai 1980), du Pinatubo (7 juin 1991) ont, en tous les cas jusqu'à ce jour, été nettement plus désastreuses que celles de l'Eyjafjallajökull (20 avril 2010). Si la précision de ces observations volcano-météorologiques laissent quelque peu à désirer, que dire de l'approche d'un tout autre phénomène cosmographique, constaté en 1619, par le curé de La Garde-Freinet, lequel déclare avoir vu "une estelle guettant un long rayon en forme de verges et une autre dans l'espace de 7 à 8 jours, en forme de coutellas". On pense évidemment à une comète qui, en l'occurence n'a pu être celle de Halley, puisque cette dernière apparaît, d'une façon cyclique, assez régulière (environ tous les 76 ans) et qu'elle a été officiellement observée en 1607 et 1682. Ceci dit, au Siècle des Lumières, les Encyclopédistes n'étaient pas les seuls à s'intéresser à l'ensemble des domaines scientifiques. Deux ans seulement avant l'éruption du volcan islandais, le 23 août 1781, un botaniste de Cotignac, Louis Gérard, avait adressé au Directeur Adjoint de l'Observatroire de Marseille, de judicieuses observations sur l'olivier, nous dévoilant une Provence qui participait à l'activité scientifique et s'intéressait aux travaux de Georges-Louis Leclerc de Buffon. C'est ce même Louis Gérard qui fut d'ailleurs élu, en 1796, à l'Académie des Sciences.

Source : D'après un article de Félix Poussibet paru dans le Bulletin de l'Association généalogique du Var.

Eruption du Laki

Schéma de propagation des fumées émises lors de l'éruption du Laki

Précisions sur l'éruption du Laki

"Sur une distance de 25 km, on trouve 130 cratères qui émirent 14 milliards de m3 de lave basaltique, d'acide fluorhydrique et de dioxyde de soufre, entre 1783 et 1784, causant l'éruption volcanique la plus importante des temps historiques, avec des conséquences catastrophiques pour l'Islande et des très importantes perturbations météorologiques en Europe".
L’éruption commença le 8 juin 1783. Au début elle fut explosive, puis elle continua en émission de lave pendant des mois, jusqu’en février 1784. Les cendres recouvrirent l’île, et de 50% à 80% des animaux d’élevages moururent. La famine qui suivit décima environ 20% de la population islandaise. En cet été 1783, un anticyclone puissant et centré durablement sur le nord de l'Atlantique envoya les fumées vers le reste de l’Europe. Il faut savoir que "l’on estime que 122 millions de tonnes de dioxyde de soufre furent émis dans l'atmosphère, l'équivalent de trois fois les émissions industrielles annuelles en Europe et l'équivalent d'une éruption comme celle du Mont Pinatubo en 1991 tous les 3 jours. L'émission de dioxyde de soufre coïncidant avec des conditions climatiques inhabituelles provoqua un épais brouillard sulfuré qui se répandit à travers l'Europe occidentale, provoquant des milliers de morts durant 1783 et l'hiver 1784".
Un nuage de poussière recouvrit les 2/3 de la France et se déposa en partie au sol. C'était exceptionnel, car ces poussières sont normalement en suspension très haut dans l'air et en faibles quantités. Les années qui ont suivi l'éruption du Laki en 1783 furent marquées par des phénomènes météo extrêmes, dont des sécheresses et des hivers très rigoureux, puisqu’on disait que le pain et la viande gelaient sur la table de la cuisine et les corbeaux en plein vol. On vit une accentuation du petit âge glaciaire. La ligne de grain orageux qui traversa la France du sud au nord, en été 1788, détruisit presque toutes les récoltes du pays. On pesa des grêlons de 10 livres (5 kgs). 

Météo

La situation des paysans fut si désespérée que la révolution éclata en 1789. Ces modifications climatiques et le volcan Laki ne sont peut-être pas seuls en cause, mais les historiens admettent que leur influence fut considérable dans les événements politiques qui mirent fin à la royauté. On estime que le nuage de cendre modifia le régime des moussons en Afrique, faisant baisser le niveau du Nil et l’irrigation de la plaine céréalière d’Egypte.

Source : Les blogs - Les hommes libres. En savoir plus : http://www.gisclimat.fr/sites/default/files/Laki.pdf

 

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15 janvier 2018

La bugade et un musée des traditions provençales à Lançon de Provence en vidéo

Nous allons à la rencontre de Nicole Escot, une provençale amoureuse des traditions, qui nous présente les joyaux de l'Association les Amis du Vieux Lançon. C'est d'abord une exposition bugade et estirage, puis la visite de la maison des Arts et Traditions qui recèle de beaux objets d'autrefois. Les amateurs de brocante et de traditions provençales y trouvent leur bonheur.

 

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09 janvier 2018

L'hôtel Maurel de Pontevès et ses atlantes

 

Cours-Mirabeau-1792

Le cours Mirabeau en 1792 dit "Lou cous" en provençal

C'est le parlement de Provence qui ordonna la construction d'un cours à carrosses à la place du rempart, du fossé et des lices. Il fut construit entre 1649 et 1651. Il reliait la vieille ville et le nouveau quartier Mazarin, c’est une promenade en carrosse intra–muros qu'il convenait de créer comme lieu de déambulation des aixois. A l’origine il n’a pas de nom, son appellation Cours Mirabeau ne date que de 1876. C’est sur le Cours que se situent quelques-uns des plus beaux hôtels particuliers de la ville. Celui que je vous présente est sis au 38, Cours Mirabeau. Il abrite le Tribunal de Commerce. Construit entre 1647 et 1650 pour le marchand drapier Pierre Maurel, il est le plus ancien hôtel particulier du cours Mirabeau et reflète la réussite financière et sociale de son propriétaire. Il fut successivement commerçant de draps, puis maître des courriers des postes en la Généralité de Provence, conseiller à la Cour des Comptes pour terminer Intendant des Finances. Pierre Maurel fut anobli en 1639 par sa charge à la Cour des Comptes de Provence, il épousa Diane de Pontevès en 1645 et devint Trésorier des Etats de Provence en 1653.

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Les atlantes de l'hôtel Maurel de Pontevès (Photo Nadine)

Il fit construire sa demeure par Jean Lombard et Pierre Pavillon dès 1647.
L'architecture est d'ordonnance classique : de style dorique au premier étage, ionique au second, corinthien au troisième. Les atlantes de Jacques Fossé, qui supportent le balcon, inaugurent ce thème à Aix et la porte en noyer impressionne par ses heurtoirs à tête de lion. La qualité de la décoration de la façade se retrouvait dans la disposition intérieure, en partie inspirée à Pierre Pavillon par le peintre Jean Daret, célèbre jusqu'à devenir le peintre du roi Louis XIV.
A l’arrière, se trouve un beau jardin décoré de fontaines.

Hotel-Maurel-Ponteves3

Atlante - gros plan - (Photo Nadine)

 

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03 janvier 2018

Il y a 2000 ans, le destin d'Agricola croise celui de Forum Julii

 

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Statue d'Agricola à Fréjus (Photo Nadine)

Qui est Agricola ? 

Gnaeus Julius Agricola (né le 13 juin 38 à Fréjus - mort le 23 août 93 à Rome) fut un général de l'empire romain, artisan d'une grande partie de la conquête de la Grande Bretagne. Son action nous est bien connue grâce à la biographie que son gendre, l'historien Tacite, lui a consacrée en 98. Elle s'intitule en latin : De vita et moribus Julii Agricolae. Agricola commence assez jeune une carrière politique et surtout militaire. Il est tribun de la plèbe en 66, préteur en 68 et commande de 70 à 73, la XXe légion en Bretagne (Angleterre actuelle). Nommé par Vespasien, légat en Gaule Aquitaine de 74 à 76, il retourne en Bretagne en 77 comme gouverneur, poste qu'il occupe jusqu'en 84.

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Plaque sous la statue d'Agricola (Photo Nadine)

C'est lui qui acheve la conquête de la Grande Bretagne en étendant l'influence romaine jusqu'à l'embouchure de la Clyde et au Forth. Il écrase les Calédoniens dirigés par Galgacus et reconnaît le caractère insulaire de l'île en effectuant le premier le tour complet de celle-ci avec sa flotte. Domitien, rendu jaloux par ses succès le rappelle à Rome. Agricola refuse divers proconsulats en Asie et en Afrique et vit dans la retraite jusqu'à sa mort en 93. On a prétendu que Domitien le fit empoisonner mais rien de très sérieux ne vient étayer cette thèse.

Source : Wikipédia - l'encyclopédie libre.

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Le destin d'Agricola croise celui de Forum Julii

En l'an 40, celui qui allait pacifier la Bretagne (aujourd'hui la Grande Bretagne) vient au monde à Forum Julii (Fréjus). Son père, philosophe et auteur d'un traité sur la viticulture à l'origine du nom d'Agricola, est mis à mort pour avoir refusé d'accuser un ennemi de l'empire. A l'époque, Forum Julii, littéralement le forum de Jules, créé un siècle plus tôt par Jules César, est en pleine expansion. Auguste en a fait sa base navale après sa victoire sur Antoine et Cléopâtre et y a installé son butin de guerre. Des remparts ont été érigés et la cité dispose d'un théâtre de 2 000 spectateurs.
Devenu jeune homme, Agricola part faire son apprentissage militaire en Bretagne. Lorsqu'il retourne à Rome pour accèder aux magistratures, il gagne par sa sagesse l'estime publique. Dix ans plus tard, son intégrité, sa rigueur et son énergie s'illustrent de nouveau en Bretagne où il amadoue la 20e légion "insoumise et redoutable" qu'il mène à la victoire. Ses mérites lui valent d'être promu gouverneur d'Aquitaine.
Pendant ce temps, deux chantiers monumentaux sont en cours à Forum Julii. La ville construit un amphithéâtre de 10 000 places et un aqueduc doit relier sur 42 km la source de la Siagnole à la cité. Lorsqu'en 77, Agricola prend la tête de la Bretagne, l'ouvrage est probablement encore en cours. Après une bataille mémorable, la province rebelle rend les armes. Agricola étend l'empire jusqu'aux frontières de l'Ecosse et romanise l'île. Ce triomphe, et sa vertu exemplaire, lui vaudront une notoriété sans égale... et probablement sa mort en 93 à 53 ans. un empoisonnement commandité par l'empereur Domitien jaloux de ses succès ? C'est l'hypothèse qu'avance Tacite, son gendre.
Pour rendre hommage à l'enfant du pays, Fréjus a fait ériger une statue sur une place qui porte son nom. C'est mon cousin, le sculpteur Jean-Marie Luccerini, de souche transianne par sa mère, qui a eu le privilège de créer cette oeuvre d'art (rendez-vous sous cet article pour en savoir plus sur lui).
C'est la seule statue d'Agricola qui existe au monde avec celle de Bath, en Angleterre. "C'est pourtant peut-être grâce à sa renommée qu'on a pu lever des fonds pour construire l'aqueduc et l'amphithéâtre" suggère Philippe Cantarel, guide à Fréjus. "Fréjus est une des villes antiques les plus représentatives de France. En deux heures, on peut voir ici tout ce qui faisait la vie d'Agricola et des romains, il y a 2000 ans".

Source : Var Mag' - Le magazine du Conseil Général - N° 134 - Août 2008.

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Statue d'Agricola à Bath en Angleterre

Qui est Jean-Marie Luccerini ?

Itinéraire d'un sculpteur qui a forgé sa réputation à la force du poignet.

Né à Fréjus, il est venu dans les années 40 à Trans en Provence avec sa famille.
Son grand-père, Louis Vincent était le frère de mon arrière-grand-père Paul Alexandre Vincent. Sa mère Joséphine était donc la cousine germaine de ma grand-mère Marie-Louise (branche maternelle).

"J'ai obtenu mon CAP de forgeron en 1950 et j'ai alors débuté dans la ferronnerie d'art, raconte-t-il. Et de la ferronnerie d'art à la sculpture, il y a juste un petit fossé que j'ai franchi en 1974, en réalisant ma première oeuvre : le Saturnien".
Coup d'essai et coup de maître qui lui vaudra le Grand prix de la ville de Fréjus. Une réussite initiale qui va agir comme un déclic, l'incitant dès lors à se consacrer tout entier à son art, la sculpture sur métal. A ce jour, Jean-Marie a réalisé trente-huit créations originales auxquelles sont venues s'ajouter quelques momuments à la commande : la statue du général Agricola installée à Fréjus sur la place du même nom, le Christ de l'église de Beausoleil dans les Alpes-Maritimes, la plaque du Mémorial d'Indochine à Fréjus et le Saint Aygulf découpé en trois "tranches" qui trône dans le jardin d'une église à Saint Aygulf.
Paradoxalement, hormis à Vallauris, Jean-Marie Luccerini expose peu. "Mes oeuvres font office de plantes grasses dans les expositions de tableaux de certains de mes amis" dit-il avec humour. Il a tout de même exposé à l'Hôtel de ville de Trans en Provence dans les années 90 où nous avons pu admirer quelques unes de ses créations.
Des commandes particulières comme Agricola ou Saint Aygulf par exemple lui ont demandé respectivement quatre et deux ans de travail.
C'est la nuit que les oeuvres prennent forme "Je crée ce que j'ai rêvé" assure ce sexagénaire aux faux airs de Léo Ferré. Le tout en prenant soigneusement le temps de vivre. "Je travaille à mon rythme, certains jours dix heures, d'autres une heure. Je me laisse toujours une certaine marge de manoeuvre !" assure-t-il avec une jovialité toute méditerranéenne dont il ne se départit jamais.
Toujours assidu, quoiqu'il en dise, devant sa forge, où brille dans ses yeux la flamme inextinguible de sa passion.

Source : D'après un article de journal paru dans Var Matin : "Jean-Marie Luccerini, la main de fer" Arrangé et amélioré par moi-même.

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Plaque du Mémorial d'Indochine à Fréjus (Photo Nadine)

A présent, voilà ce que j'ai lu dans un livre consacré aux métiers d'art et qui s'intitule :
L'art sous toutes ses formes - Les créateurs du Var.
Ce livre m'avait été confié en son temps par le frère de Jean-Marie :
Louis dit Loulou que tous les Transians connaissaient bien.

Luccerini : Chevalier des Arts et Lettres est un artiste passionné à la recherche de l'Art Vrai. Sculpteur, il crée des personnages venus d'une autre galaxie, qui lui parlent un langage cosmique, qu'il est le seul à comprendre et qu'il nous traduit dans son oeuvre. C'est là que l'artiste sait avec tant de talent, appliquer ses expériences de ferronnier d'art, en apportant la poésie de la musique à la création de ses meilleures sculptures, travaillées à la main, au marteau et en acier trempé.
Il a obtenu de multiples distinctions comme le Grand Prix de l'Académie internationale de Lutèce à Paris, le Grand Prix des Métiers d'Art, la Médaille de la Ville de Nice, etc... et à travers ses célèbres monuments tels que le Mémorial National dédié aux Morts de la guerre d'Indochine à Fréjus inauguré par le Président de la République en 1993, la statue du Général romain Agricola, le Christ de Beausoleil, le Blason sur la façade de la mairie de Saint-Raphaël ainsi que le momument de Saint Aygulf et la stèle de Nimeno II aux arènes de Fréjus.

Voilà comment à partir d'un article sur Agricola j'ai voulu rendre hommage à mon cousin, Jean-Marie.

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 Blason sur le fronton de la mairie de Saint-Raphaël (Photo Nadine) 

 

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28 décembre 2017

Conte de Noël provençal en vidéo

Ecoutez l'histoire du petit Jeannot : un conte de Noël provençal, raconté par Jean Lambert, il s’agit d'une sorte de réhabilitation du vilain loup noir qui s’attaquait à la petite chèvre de Monsieur Seguin.

 

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22 décembre 2017

Noël : la fête majeure de Provence

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Les Saturnales d'Antoine-François Callet

Dans les années 330 alors que l'empereur Constantin officialise la religion chrétienne, l'Eglise décide s'instaurer une fête spécifique afin de célébrer la naissance du Christ. Le choix de la date va s'inscrire dans un contexte de lutte contre le paganisme. En effet, les Saturnales, fêtes qui célèbrent le dieu des semailles et de l'agriculture donnent lieu à Rome à des réjouissances débridées entre le 17 et le 24 décembre. Les Romains échangent des cadeaux, des porte-bonheur, des gâteaux et décorent leurs foyers avec du lierre, des branches de houx et de gui. Le 25 décembre est aussi la fête de Mithra, dieu perse qui symbolise la lumière et la pureté, introduit à Rome par l'empereur Elagabal en 218 et dont le culte devient officiel en 274 sous l'empereur Aurélien. Les adeptes de cette religion diffusée par les légionnaires dans les provinces les plus éloignées de l'Empire, appartiennent plutôt à l'élite urbaine aristocratique et militaire. Ils célèbrent alors au moment du solstice d'hiver, qui est la période de l'année où les jours rallongent, la renaissance du Sol Invictus, le "Soleil invaincu". En fixant Noël le 25 décembre, l'Église facilite le passage des coutumes païennes à la foi chrétienne. En 337, le pape Jules 1er est le premier a décréter que Jésus a vu le jour un 25 décembre. En 506, le concile d'Agde en fait une obligation dogmatique et en 529 l'empereur Justinien déclare la Nativité jour chômé. Mais la fête de la Nativité ne connaît un réel essor qu'au Moyen Age avec la propagation du christianisme. Le terme même de Noël devient une exclamation de joie, lancée par la foule en liesse lors des grandes occasions : naissances, baptêmes ou mariages princiers, entrées triomphales des souverains dans une ville. La crèche et la messe de minuit datent aussi de la période médiévale. Très tôt, le premiers Chrétiens vénèrent le lieu de naissance du Christ à Bethléem et les pélerins viennent se recueillir dans la grotte et devant la crèche ayant selon la tradition chrétienne abritée l'Enfant Jésus. Une légende prétend que c'est saint François d'Assise, provençal par sa mère, qui le premier célèbre une messe de minuit en 1223, devant une étable où hommes et bêtes rejouent la scène de la Nativité. A partir du XIIIème siècle, les Mystères, ces tableaux vivants qui ont pour thème la vie de Jésus introduisent des crèches dans leurs représentations. 

Santons

Par la suite, celles-ci apparaissent à l'entrée et dans le choeur des églises, avant de se répandre, sous une forme miniaturisée dans les foyers. Dès le XVIIIème siècle, les religieuses fabriquent des niches vitrées dans lesquelles elles créent des scènes représentant la Nativité. Elles sont composées de petits personnages en verre filé ou en porcelaine. L'apparition de sujets modelés en mie de pain, en cire ou en argile permet leur diffusion dans toutes les régions de France. Inspirée par la tradition napolitaine des presepio (crèches), la Provence invente les santons (du provençal "santoun" petit saint). Dès la période pré-révolutionnaire, les églises s'ornent de crèches offertes à la dévotion des fidèles au moment de Noël. La Révolution supprimant les lieux de culte, les modestes figurines en terre crue ou cuite permettent de réaliser à la maison les crèches que l'on ne peut plus admirer dans les sancturaires. Pour les croyants la messe de Minuit avec le rite du pastrage (offrande des bergers) et les chants de Noël représentent le pinacle des festivités. Les plus anciens datent du XVème siècle. Ils ont été popularisés grâce aux bibles de Noël, recueils de cantiques vendus par les colporteurs du XVIème au XIXème siècle. Il ne faut pas oublier de citer les pastorales qui sont des sortes de pièces chantées qui content la Nativité. Quant au sapin, il faut attendre la fin du XIXème siècle pour le voir s'imposer en France.

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En complément :

Les santons anciens sont difficilement identifiables. Ils ne sont de toute façon pas signés et il est donc quasi impossible de connaître vraiment leur provenance. Les moules des santonniers ont souvent été réutilisés, sans parler des pièces imitées ou remoulées sur des santons.  La présence d'une signature constitue toujours une preuve de facture récente.

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Le saviez-vous ?

  A l'origine, le Père Noël, ce personnage débonnaire à la barbe blanche qui apportait des cadeaux aux enfants sages était habillé de vert. C'est en 1931 que la firme Coca-Cola s'en empara et en fit un bonhomme ventru tout de rouge vêtu.

Pere-Noel

Mais encore :

L'immense fête qui célèbre la Nativité est surtout la fête des enfants. Les santons sont de tradition italienne, le sapin, d'inspiration germanique et le Père Noël a des origines nordiques.

 Sources : Hors-série Historia décembre 2011 et Les Objets de Provence de Rémi Venture aux Editions du Chêne.

 

16 décembre 2017

Le village provençal de Noël en vidéo

Je vous présente Jean-Claude Lohé un passionné de crèches et de santons qui, chaque année, installe son village provençal dans le jardin devant sa maison. Tout a commencé en 2003 à l’époque il avait créé une petite crèche illuminée. En voyant de nombreuses personnes s’arrêter et regarder, cela lui a donné l’idée de l’agrandir d’année en année, jusqu’à atteindre aujourd’hui 110 m2. Son épouse et lui, grands fervents de traditions provençales, la font visiter durant un mois et demi entre le premier décembre et la semaine qui suit l'épiphanie.

Le village provençal de Noël - Provence TV

 

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10 décembre 2017

Jean-Baptiste Roux de Toulon, personnage de la Révolution

 

Port-Toulon-Letuaire

Port de Toulon - Gravure de Pierre Letuaire

Toulon, plus que toute autre ville, a souffert de la Révolution. Dès les premiers troubles a régné en maîtresse une bande d'ouvriers de l'arsenal, de matelots déserteurs, d'hommes du peuple, de portefaix, bouchers, forgerons, crocheteurs, etc... La guerre est déclarée à l'autorité maritime. Le chef de cette bande est Sylvestre, vainqueur de la Bastille, héros du 10 août, expédié dans le Var par les Jacobins de Paris. Y figurent aussi : Paul, un rentier, le perruquier Lambert, le "chiffonniste" Figon, Monteil et le "pendeur de la ville" Lemaille dit Beau-Soleil. Leur programme est le pillage des maisons riches et l'amputation des têtes d'aristocrates... C'est un spectacle coutumier de voir, à la corde des lanternes, pendre un corps humain haché de coups de sabre... La municipalité complice pactise avec les bandits, la Garde Nationale protège les massacres... La ville est terrorisée. Le Major général de Rochemares a été pendu ; l'amiral de flotte d'Argenson, commandant de la Marine, dépecé.

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L'insubordination a gagné les équipages des navires. Un homme, un "bridier", s'est alors révélé : il s'appelle Jean-Baptiste Roux. Le 12 juillet 1793, comme les terroristes venaient de parcourir une fois de plus la ville en vociférant des menaces de mort, Roux frappa aux portes, entra chez tous ceux qu'il savait être ennemis du désordre et leur donna rendez-vous, pour le soir-même, à la Chapelle des Franciscains, dans un faubourg, contre les remparts. Il y eut foule. Roux prit la parole, fit un "tabac" !.. Une délégation va à l'Hôtel de Ville et après bien des péripéties, dès le lendemain, Roux annonce solennellement le retour de Toulon à la fidélité monarchique, proclame Louis XVII et commande d'arborer sur tous les édifices le drapeau blanc fleurdelisé. Il forme un Comité Général de Gouvernement, composé de citoyens honnêtes et d'officiers de marine. Les huit principaux terroristes sont arrêtés et livrés à la justice. On emprisonne les deux Conventionnels Beauvais et Baille (ce dernier se suicide dans sa cellule...).

bonaparte-a-toulon

Bonaparte blessé par un soldat anglais lors du siège de Toulon (1793) par Jacques Onfroy de Bréville, dit Job

Par la suite, Roux fut, semble-t-il, mis moins en avant. Le Comité Général accepta le concours des Anglais qui croisaient sur la rade et qui s'emparèrent du port militaire...Toulon expia cela cruellement. Bonaparte chassa les Anglais. La nuit du 18 au 19 décembre fut, pour les Toulonnais, une nuit d'épouvante... A l'aube, plus de 20.000 Toulonnais veulent embarquer sur les vaisseaux anglais. Les Conventionnels, à peine revenus s'installer à la Maison Commune, décrétèrent le massacre en masse : toute la population dut se regrouper au Champ-de-Mars, et, la passant en revue, les représentants la décimèrent. Les exécutions se prolongèrent pendant plusieurs jours : 200 fusillés le 20, 200 le 22, 400 le 24, 800 le 5 janvier...et l'on ne sait pas tout...
Parmi les laissés pour morts, Jean-Baptiste Roux et son fils !...
Ils gagnent la campagne où ils trouvent un abri qui les sauve. On ne sait où se terra ce Jean-Baptiste Roux qui eut le singulier privilège d'être "le premier vaincu de Napoléon". A la Restauration il reparut. Ses concitoyens le traitaient avec déférence.
Roux était célèbre et on le montrait aux visiteurs de marque.
 

Duchesse-de-Berry

 C'est ainsi (voir les Mémoires d'Outre-Tombe de Chateaubriand) qu'il fut présenté à la future Duchesse du Berry, lors de la venue de celle-ci à Toulon. Elle écrivit à son fiancé, futur roi de France: " J'ai vu avec plaisir ce brave Rousse (sic), le seul qui ait fait connaître Louis XVII et qui continue par un entier et désintéressé dévouement à se rendre utile à son pays et à son roi."

En 1817, Louis XVIII accorda à ce survivant des grands désastres le Cordon de Saint Michel... mais Jean-Baptiste Roux mourut quelques jours avant l'arrivée de l'ordonnance royale qui le décorait.

Reprise-de-Toulon

Reprise de Toulon par les troupes françaises le 15 décembre 1793

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C'est un généalogiste, Monsieur Dominique Roux, de passage à Trans en Provence avec sa femme qui est venu chez moi un après-midi. Il voulait des renseignements sur un de ses ancêtres transians car il est le descendant d'une famille Roux originaire du village.
Une des branches de cette famille a fait souche en Argentine et a toujours des descendants vivants là-bas. Comme quoi, le monde est petit ! J'ai réussi avec toutes les données que j'ai emmagasinées au cours de mes très nombreuses années de recherche, à lui donner des informations sur sa famille. Il m'avait promis de m'envoyer ce texte.
Je lui en laisse la conclusion et je l'en remercie :
"Voici donc résumée l'histoire de "Roux Louis XVII", comme on le surnommait, d'après un article paru dans le journal "L'Abeille de la Nouvelle Orléans" daté du 8 avril 1913 et signé G. Lenotre et que j'ai essayé de rendre concis sans le dénaturer. Il va de soi qu'il serait très intéressant d'en savoir plus sur cet éminent personnage... et sur sa généalogie !!!"

 

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04 décembre 2017

La Pierre de la Fée à Draguignan, le dolmen et la légende

 

Celtic Stone in Draguignan Provence

Le dolmen de la Pierre de la fée à Draguignan est situé sur la route de Montferrat. Il est constitué par trois dalles verticales de 2,20 à 2,40 mètres de haut, soutenant une table de plus de 5 mètres de longueur pour un poids avoisinant les 20 tonnes. Une dalle de soutien supplémentaire existait au siècle dernier et encore en 1996. Les dalles en place sont en calcaire local. Ce dolmen, classé monument historique a été restauré en 1951. Il est l'un des plus imposant de Provence. A l'origine, sépulture collective, il date de la fin du néolithique, début du chalcolithique (2500/2000 avant J.C.) Les archéologues ont découvert une douzaine de perles en rondelle (callaïs et jadéïte), deux perles en rondelle en calcaire amorphe blanchâtre, neuf perles en lignite, une crache de cerf perforée à la racine, deux perles en tonnelet en serpentine à perforation biconique et trois opercules de "cyclostomas elegans" à perforation naturelle. Des fouilles de Léon Compagnon en 1844, il ne reste qu'une pointe de flèche en silex, deux boutons en os et une perle de plomb. Des fragments de restes humains révèlent la présence d'un sujet âgé. Ce dolmen a été source de nombreuses fouilles clandestines jusqu'à subir un dynamitage en 1975 !

La légende de la fée Esterelle en fait un lieu de fécondité. Le mégalithe est cité par Jehan de Nostredame, frère de Michel de Nostredame (Nostradamus) dans sa légende de saint Hermentaire (1540) et par Frédéric Mistral dans Calendal (1886) :

"Vers Draguignan quouro que trèves

T'enseignaran, se te n'entrèves,

La Peiro de la fado : es un immenso blot..."

"Vers Draguignan, si tu te trouves

Fais-toi montrer, si ne la trouves,

La Pierre de la Fée, c'est un immense bloc..."

Pierre de la fée

Il était une fois une fée qui aimait à se déguiser en bergère. Ainsi travestie, elle s'en allait, sous les bosquets d'orangers et de grenadiers, et jouait de la mandoline. La fausse bergère, gràce à sa beauté et, peut-être, à quelque mélodie magique, parvint à inspirer une grande passion à un jeune génie du voisinage qui finit par lui demander sa main. La fée consentit à la lui accorder, s'il acceptait, de son côté, que le mariage fût celebré sur une table formée de trois pierres dont elle lui fit un portrait minutieux. Le jeune homme reconnut dans la description de sa bien-aimée les pierres qui, depuis dix siècles avaient dévalé la montagne de Fréjus pour s'entasser au bas de la gorge voisine. Réunissant toutes ses forces physiques et surnaturelles, il parvint à dresser les deux premières pierres, mais fut incapable de déplacer la troisième. Accablé, il crut avoir perdu la main de la bergère. Mais la fée, à qui il n'était pas indifférent le prit de pitié. La nuit suivante, elle s'approcha de la pierre récalcitrante et traça autour d'elle un cercle magique. Sur le champ, une immense flamme s'éleva et la lourde dalle fut transportée sur les deux autres. A l'aube, la bergère magicienne surveilla son amant pour partager sa joie au moment où il découvrait le prodige. Mais le jeune homme comprit seulement qu'il était un bien modeste génie et qu'il était condamné à mourir parce qu'il aimait une fée plus habile que lui. Il mourut donc, bientôt suivi par la fée folle de désespoir.

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28 novembre 2017

L'histoire de la Coupo Santo

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La Coupo santo , c'est-à-dire la Coupe sainte, est une coupe en argent que les félibres catalans offrirent aux félibres provençaux lors d’un banquet qui se tint à Avignon le 30 juillet 1867, en remerciement de l’accueil réservé au poète catalan Victor Balaguer, exilé politique en Provence.
Cette coupe est l’œuvre du sculpteur et statuaire Louis Guillaume Fulconis et de l’argentier Jarry. Les deux femmes représentent la Provence et la Catalogne. Cette union entre Catalans et Provençaux se retrouve aussi dans les couleurs du drapeau provençal : d'or et de gueules. Fulconis en apprenant la destination patriotique de la coupe qu'il avait réalisée refusa d'être payé pour son travail.

Nota de Nadine : Je précise que Louis Guillaume Fulconis était natif d'Avignon, où son père était tailleur de pierre-marbrier. Il était en fait l'héritier d'une lignée de tailleurs de pierre de Saint Etienne de Tinée (Alpes-Maritimes).

Le capoulié (grand maître) du Félibrige est traditionnellement le dépositaire de la coupe. Celle-ci est présentée une fois par an lors du banquet qui se tient à l’occasion du congrès du Félibrige, dit de la Santo-Estello (Sainte-Estelle). Le banquet se termine par la cansoun de la Coupo (la chanson de la Coupe) qui fut écrite pour commémorer cet événement par Frédéric Mistral sur la musique d’un chant de Noël attribué à Nicolas Saboly et composé au XVIIe siècle, mais en fait oeuvre du frère Sérapion. Elle est devenue depuis l'hymne de la Provence et même l'un des hymnes de l'Occitanie.

Source : Wikipédia l'encyclopédie libre - Texte arrangé par moi-même

Nota de Nadine : L'arrière-petit-fils du sculpteur Louis Guillaume Fulconis, le créateur de la coupe m'a écrit et m'a demandé de faire connaître le site sur son arrière-grand-père. C'est avec plaisir que je vous donne le lien afin que vous puissiez le découvrir :
http://www.fulconis.com/louisguillaume/ 

Coupo-Santo

Prouvençau, veici la Coupo
Que nous vèn di Catalan ;
A-de-rèng beguen en troupo
Lou vin pur de noste plant.

Coupo Santo
E versanto
Vuejo à plen bord
Vuejo abord
Lis estrambord
E l'enavans di fort !

D'un vièi pople fièr e libre
Sian bessai la finicioun ;
E, se toumbon li Felibre
Toumbara nosto nacioun.

D'uno raço que regreio
Sian bessai li proumié gréu ;
Sian bessai de la patrìo
Li cepoun emai li priéu.

Vuejo-nous lis esperanço
E li raive dóu jouvènt,
Dóu passat la remembranço
E la fe dins l'an que vèn.

Vuejo-nous la couneissènço
Dóu Verai emai dóu Bèu,
E lis àuti jouïssènço
Que se trufon dóu toumbèu.

Vuejo-nous la Pouësio
Pèr canta tout ço que viéu,
Car es elo l'ambrousìo
Que tremudo l'ome en diéu.

Pèr la glòri dóu terraire
Vautre enfin que sias counsènt
Catalan, de liuen, o fraire,
Coumunien tóutis ensèn !

Coupo1

Provençaux, voici la coupe
Qui nous vient des Catalans
Tour à tour buvons ensemble
Le vin pur de notre plant.

Coupe sainte
Et débordante
Verse à pleins bords
verse à flots
Les enthousiasmes
Et l'énergie des forts !

D'un ancien peuple fier et libre
Nous sommes peut-être la fin ;
Et, si les Félibres tombent
Tombera notre nation.

D'une race qui regerme
Peut-être sommes nous les premiers jets ;
De la patrie, peut-être, nous sommes
Les piliers et les chefs.

Verse nous les espérances
et les rêves de la jeunesse,
Le souvenir du passé
Et la foi dans l'an qui vient.

Verse nous la connaissance
Du Vrai comme du Beau,
Et les hautes jouissances
Qui se rient de la tombe.

Verse nous la Poésie
Pour chanter tout ce qui vit,
Car c'est elle l'ambroisie
Qui transforme l'homme en Dieu.

Pour la gloire du pays
Vous enfin nos complices
catalans, de loin, ô frères,
Tous ensemble, communions !

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22 novembre 2017

Célestin Freinet l'instituteur qui révolutionna l'école

 

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 Célestin Freinet naît le 15 octobre 1896 à Gars dans les Alpes-Maritimes. La maison natale donne sur une place au bout du village. L'école est juste en face à dix mètres un peu en contrebas, c'est un signe prémonitoire. Pendant la Première Guerre mondiale, il est blessé et gardera des séquelles de ses blessures toute sa vie. Il passera un an en convalescence dans son village. Les habitants le voient déambuler par les rues, un livre à la main, sa longue et fine silhouette couverte d'une large cape noire. 

Freinet avec ses élèves

 Célestin Freinet avec ses élèves

Célestin Freinet met au point seul, entre 1920 et 1925, dans sa petite école de Bar-sur-Loup, ce qui va devenir l'essentiel de sa pédagogie. Son enseignement favorise l'expression et la communication, le travail individualisé, l'autonomie, le tâtonnement expérimental (pédagogie de l'erreur), l'organisation coopérative de la classe (chacun peut y trouver un rôle à jouer) ainsi qu'une plus grande responsabilité de la part de l'élève. Militant de l'École émancipée, il refuse le manuel scolaire et le "bourrage de crâne". Il propose d'initier les enfants à l'imprimerie. Sur de petites presses semblables à celles qu'utilisent alors les commerçants pour imprimer leurs étiquettes, il encourage les enfants à montrer leurs capacités à s'exprimer et à communiquer par la rédaction d'un "journal de classe" et à les inciter de ce fait à la lecture.

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Célestin et Elise Freinet

A partir de 1925, dans divers articles de presse, il fait connaître ses initiatives et tisse un réseau de correspondants. En octobre 1926, il entreprend une correspondance inter-scolaire régulière avec René Daniel, instituteur comme lui, en Bretagne. Puis, il rencontre Elise, une enseignante qui adhère et collabore à son action. Ils se marient. Freinet crée la revue "La Gerbe", qui est une publication des meilleurs textes d'élèves, et le bulletin "L'Imprimerie à l'école", pour l'auto-formation des instituteurs intéressés. A la rentrée de 1927, est fondée la Coopérative de l'enseignement laïque, qui distribue des films, des disques et des brochures. Ses méthodes nouvelles bousculent les principes et dérangent les esprits. Il est en butte à la méfiance et à l'hostilité de ses supérieurs. 

Classe

 En 1932, débute la campagne de l'Action francaise contre cet instituteur "bolchevique" - en poste à Saint-Paul-de-Vence depuis 1928 - qui aboutit à son déplacement d'office. Célestin Freinet franchit alors le pas : il achète un terrain à Vence et bâtit lui-même sa propre école, ouverte en octobre 1935. Il peut enfin parfaire ses méthodes éducatives. Son école est organisée comme une véritable communauté où les enfants appellent "papa" et "maman" le couple Freinet. Ils organisent eux-mêmes des ateliers d'activités manuelles, l'affichage hebdomadaire du plan de travail, le conseil de coopérative (pour la gestion) et rédigent un journal de classe affiché au mur dans lequel ils expriment leurs critiques et leurs voeux. Interdit d'école sous l'Occupation, Freinet participe activement à la Résistance. Revenu à Vence en 1945, il reprend son oeuvre, publie jusqu'à sa mort le 8 octobre 1966, "L'Éducateur", revue de référence du "mouvement Freinet".

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Célestin Freinet

La "pédagogie Freinet" a été peu à peu adoptée par les écoles de l'Europe entière, mais aussi d'Amérique latine, où pénètrent les méthodes actives, les bibliothèques de classe, voire la presse scolaire. En revanche, la vie communautaire de Vence a été abandonnée. Nul ne songerait aujourd'hui à faire construire une école par les enfants. Ce que fit Célestin Freinet !

 Aujourd'hui, sa salle de classe au Bar-sur-Loup est devenue une salle du conseil municipal et seule une plaque posée à l'entrée de la mairie témoigne de cette expérience.

 Source : D'après Mille ans d'école, de Charlemagne à Claude Allègre - Les collections de l'Histoire - octobre 1999.

Affiche

 

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16 novembre 2017

Le Grand Hôtel Bain à Comps-sur-Artuby

 

Comps

Comps dans les années 50 (carte postale colorisée)

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Situé aux portes des gorges du Verdon, la commune de Comps-sur-Artuby s'étend sur 6 349 hectares à une altitude de 900 mètres. Initialement construit sur un rocher, Comps est un ancien village fortifié, au milieu d'une région sauvage. Le vieux bourg a beaucoup de caractère, l'endroit est calme et reposant, idéal pour les vacances.
La chapelle fortifiée et classée de Saint-André fut édifiée par les Templiers dont le village fut longtemps un des fiefs. Il reste encore de nombreuses traces de cette époque. Les chapelles de Saint-Jean et de Saint-Didier sont à visiter.
La rivière Artuby qui passe dans le village est un autre centre d'intérêt. Comps est un lieu privilégié pour les randonneurs et les amis de la nature. Les massifs montagneux longtemps érodés par le temps, les gorges profondes, les haut-plateaux et les montagnes richement boisées offrent un environnement magnifique. C'est une invitation à la découverte où se mêlent merveilles naturelles et architecturales.

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Vue de l'hôtel au début du XXe siècle et généalogie de la famille Bain

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L'hôtel quand il possédait encore sa pompe à essence (Carte postale années 60)

Si vous passez par-là, vous ne manquerez pas de voir le Grand Hôtel Bain qui est situé dans le village en bordure de la route. En 1737, sous le règne de Louis XV dit le Bien Aimé, ", alors que la famille est installée à Comps depuis des générations, Claude Bain et Marguerite Gariel fondent la lignée qui de père en fils va nous conduire à ce XXIème siècle, avec trois générations en présence : Clément, Arnaud et Jean-Marie Bain qui vont avec leurs épouses poursuivent la tradition familiale.
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J'ai voulu vous montrer la décoration de cet hôtel.

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10 novembre 2017

La Maison du Patrimoine de Roquebrune-sur-Argens

Roquebrune

Roquebrune-sur-Argens à l'abri de son rocher

C'est au cours des Journées du Patrimoine que j'ai découvert La Maison du Patrimoine de Roquebrune-sur-Argens. J'avais envie d'aller visiter ce musée depuis longtemps et je n'ai pas été déçue. Il faut vous expliquer que j'aime bien aller me balader et découvrir les villages dans lesquels ont vécu mes ancêtres. Or, Roquebrune-sur-Argens constitue, tout comme Le Muy, une très grosse partie de ma généalogie paternelle. Cette branche roquebrunoise commence avec mon arrière-grand-mère, Adélaïde Ollivier mariée à François Barret, et à partir d'elle, j'ai des Ollivier, des Ginette, des Abbe, des Clavel, Pourcin, Sénéquier, Autran, Baup, Bérard, Besson, Allons, Gayol, Raynaud, Octoul, Laudon, Martin, Maurine, Gairard, Caban, Guigonnet, Brunel, Aragon, Beuf, Blay, Marenc, Jaume, Lacroix, Fournier, Gentil, Fabre, Rambert, Fellix, Carpenel, Cauvière, Jubert, Tallon, Broquier, André, Guerin, Héraud, Jaume, Attanoux, Pascal, Rigord, Gaston, Chauvier, David, Mouton, Nègre, Escoffier, Roux, Ardisson, Sauteron ,Taradel, Véran, etc... J'en passe et j'en oublie. Et tout ça à Roquebrune ? Mais oui, mais oui... et sans eux, je ne serai pas là pour vous le raconter.

Maison du Patrimoine

Mais revenons à la Maison du Patrimoine. La collection présentée dans ce musée couvre une période allant de la Préhistoire à nos jours, alliant le profane et le sacré, et met en valeur tout ce qui constitue le patrimoine de la commune. C'est grâce à une découverte fortuite réalisée en 2002, dans une ancienne écurie construite en 1883, et devenue par la suite bâtiment municipal, que nous pouvons voir la présentation de l'étendue et la variété du patrimoine historique de la commune. Cette trouvaille, faite par le Comité des Sites (vous trouverez des explications sur cette association à la suite de l'article), est celle d'une authentique glacière du XVIIe siècle, en parfait état, sise au niveau du sol et mise en scène pour la compréhension de son fonctionnement. Une grande plaque de verre la recouvre. 

Ex-voto

A l'aide de panneaux explicatifs et d'objets, la Maison du Patrimoine permet d'intéresser chacun et d'apporter des réponses aux interrogations, qu'il s'agisse de la Préhistoire et de son "Homo Bouvérien" découvert dans les grottes de la Bouverie, jusqu'aux machines à confectionner les bouchons de liège, industrie jadis prospère dans le village et dans le Var. On y voit aussi une borne milliaire, une urne cinéraire, des amphores, des ex-voto du XVIIe siècle appartenant à l'ermitage Notre Dame de Pitié, et bien d'autres choses encore... Alors : "Ayez la curiosité d'aller visiter le musée. Je suis même sûre qu'il y a des Roquebrunois(es) de souche qui n'y ont jamais mis les pieds".

Hommes préhistoire

Nota : Le Comité des Sites est le Comité pour la Protection des Monuments Historiques et des Sites de la Commune de Roquebrune-sur-Argens. C'est une association agréée fondée il y a une quarantaine d'années. Il fonctionne comme une commission extra municipale, indépendante, qui exerce plusieurs activités dans le cadre de la protection du patrimoine de la commune. Ce Comité a des fonctions de recherches aussi bien historiques (dans les archives de la commune), qu'archéologiques (découverte de plusieurs grottes préhistoriques, de sites romains et médiévaux, de la glacière dans laquelle est implantée la Maison du Patrimoine, etc...). Le Comité des Sites a édité trois livres consacrés à l'histoire du village, et publie également une ou deux fois par an les Chroniques de Santa Candie. On lui doit le classement du site du Rocher, la création d'un sentier botanique, d'un musée archéologique transféré à la Maison du Patrimoine, etc...

A voir également, le Musée du chocolat et du cacao. C'est un joli petit musée très intéressant. Il vaut le détour.

 

04 novembre 2017

La légende des Champs-Elysées

 

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Les Grecs croyaient que chaque point blanc qui constituait la Voie lactée représentait l'âme d'un mort. Dans le très vaste royaume des Enfers, en un lieu appelé les "Champs-Elysées", les personnes défuntes savouraient un bonheur parfait. Elles s'y nourrissaient d'asphodèles qui sont des plantes vivaces. Mais cependant, tous n'avaient pas la chance d'accéder aux "Champs-Elysées". Seuls les héros et les gens vertueux pouvaient, après leur mort, s'épanouir parmi les asphodèles.

Tous les autres étaient condamnés à errer sans fin, entre le ciel et la terre pour rechercher leur nourriture. C'est pour cette raison que l'on plantait autour des sépultures ces plantes nourricières des morts.

A noter que dans la mythologie chrétienne, les "Champs-Élysées" se situent en enfer et accueillent les héros et les poètes qui ont vécu avant la venue du Christ. C'est ainsi que dans le poème de Dante Alighieri, la Divine Comédie, les "Champs-Élysées" constituent le premier cercle de l'enfer et rassemblent les Anciens, que le sage Aristote préside.

Source : D'après l'Almanach des Terres de France 2009 - Presses de la cité. Article enrichi par moi-même.

Asphodele

Asphodèles (Photo internet)

 

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29 octobre 2017

Regain de Jean Giono

Panturle

Note de Nadine :

Le "regain", c'est l'herbe qui repousse dans les prés, après la première fauchaison. C'est le renouveau, c'est l'espoir... Dans une des scènes, on voit Panturle revenir de la ville et déposer sur la table trois paquets. Du premier, il sort une boule de pain qu'un ami lui a donnée ; du second, il laisse couler du blé entre ses doigts ; et du troisième, tout biscornu, il tire un soc de charrue que lui a confié le père Gaubert, le vieux forgeron du village parti mourir chez son fils, Jasmin, qui habite dans la plaine.

Regain

Résumé du livre :

Regain raconte la mort et la résurrection d'un village de Haute-Provence : Aubignane. C'est aussi l'histoire d'un amour et des ressources de courage et d'énergie qu'un homme porte en lui sans le savoir : parce qu'il aime, un être se réveille, s'affirme et transforme tout autour de lui. Ce héros, c'est le frustre Panturle, resté seul à Aubignane avec une vieille Piémontaise veuve, Mamèche. Panturle vit de ses chasses mais s'ennuie ; Mamèche pense qu'il faut lui procurer une femme et, grâce à un stratagème, va attirer à lui Arsule, la jeune compagne d'un rémouleur, Gédémus, qui remplace l'âne pour tirer sa charrette. La présence de cette femme va transformer Panturle qui, pour la voir heureuse et qu'elle soit fière de lui, va labourer la terre aride où lèvera bientôt le plus beau blé du monde. Le village va se repeupler et renaître à une nouvelle vie...

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Arsule-et-Gedemus

Gédémus et Arsule

Extrait : 

(J'ai choisi de vous faire partager le début du livre qui parle des villages des ancêtres paternels de ma maman : Revest-des-Brousses, Banon, Vachères, parce que sentimentalement, c'est un passage que j'aime bien). 

"Quand le courrier de Banon passe à Vachères, c'est toujours dans les midi. On a beau partir plus tard de Manosque les jours où les pratiques font passer l'heure, quand on arrive à Vachères c'est toujours midi. Réglé comme une horloge. C'est embêtant, au fond, d'être là au même moment tous les jours.

Michel, qui conduit la patache, a essayé une fois de s'arrêter à la croisée du Revest-des-Brousses, et de "tailler une bavette" avec la Fanette Chabassut, celle qui tient le caboulot des Deux-Singes, puis de repartir tout plan pinet. Rien n'y fait. Il voulait voir ; eh bien ! il a vu ! Sitôt après le détour "d'hôpital", voilà le clocher bleu qui monte au-dessus des bois comme une fleur et, au bout d'un petit moment, voilà sa campane qui sonne l'angélus avec la voix d'une clochasse de bouc.

- Eh, c'est encore midi, dit Michel, et puis, penché sur la boîte de la patache :

- Vous entendez, là-dedans ? C'est encore midi ; il n'y a rien à faire.

Alors, que voulez-vous, on tire les paniers de dessous la banquette et on mange.

On tape à la vitre :

- Michel, tu en veux de cette bonne andouillette ?

- Et de cet oeuf ?

- Et de ce fromage ? 

- Ne te gêne pas.

Il ne faut pas faire du tort à personne. Michel ouvre le portillon et prend tout ce qu'on lui donne.

- Attendez, attendez, j'ai les mains pleines.

Il met tout ça à côté de lui, sur le siège.

- Passez-moi un peu de pain aussi. Et puis, s'il y en a un qui a une bouteille !...

Après Vachères, ça monte. Michel, alors, attache les guides à la manivelle du frein et il commence à manger, tranquillement, en laissant les chevaux aller leur train.

Ceux qui sont dans la voiture, c'est, la plupart du temps, toujours les mêmes : un acheteur de lavande qui vient des villes de la côte, un Camous, ou un nom comme ça ; un berger qui monte aux pâtures, et qui taille régulièrement dans son pain un morceau pour lui, un morceau pour son chien ; une maîtresse de ferme, toute sur son "trente-et-un" de la tête aux pieds ; et une de ces filles des champs qui sont comme des fleurs simples, avec du bleuet dans l'oeil. Quelquefois il y a, en plus, le percepteur et sa serviette assis à côté comme deux personnes raisonnables.

Le clocher de Vachères est tout bleu ; on l'a badigeonné de couleur depuis la sacristie jusqu'au petit chapeau de fer.

Ca, c'est une idée de ce monsieur du domaine de la Sylvabelle. Il n'a pas voulu en démordre.

- Puisque je vous dis que je paye la couleur, moi, toute la couleur ; et que je paye le peintre, moi ; puisque je vous dis que vous ne payez rien et que je paye tout, moi !

 - Alors, on l'a laissé faire. Ca n'est pas si vilain, et puis, ça se voit de loin...

Ceux qui voyagent dans la voiture du courrier le regardent longtemps, ce clocher bleu, tout en mâchant l'andouillette. Ils le regardent longtemps parce que c'est le dernier clocher avant d'entrer dans le bois, et que, vraiment, à partir d'ici, le pays change. 

Voilà : de Manosque à Vachères, c'est colline après colline, on monte d'un côté et on descend de l'autre, mais, chaque fois, on descend un peu moins que ce qu'on a monté. Ainsi, peu à peu, la terre vous hausse sans faire semblant. Ceux qui ont déjà fait le voyage deux ou trois fois s'en aperçoivent parce qu'à un moment donné il n'y a plus de champs de légumes, puis, parce qu'on passe sous les premiers châtaigniers, puis, parce qu'on traverse à gué des torrents d'une eau couleur d'herbe et luisante comme de l'huile, puis, parce que enfin, paraît la tige bleue du clocher de Vachères, et que, ça, c'est la borne.

On sait que la montée qui commence là, c'est la plus longue, c'est la plus dure, c'est la dernière ; et que, d'un seul élan, elle va porter les chevaux, la patache, et les gens au plein milieu du ciel, avec et les vents et les nuages. On ne descend plus de l'autre côté. On va monter, d'abord sous les bois, puis à travers une terre malade de lèpre comme une vieille chienne qui perd ses poils. Puis, on va être si haut qu'on recevra sur les épaules comme des coups d'ailes en même temps qu'on entendra le ronflement du vent-de-toujours. Enfin, on abordera le plateau, l'étendue toute rabotée par la grande varlope de ce vent ; on trottera un petit quart d'heure et, dans une molle cuvette où la terre s'est affaissée sous le poids d'un couvent et de cinquante maisons, on trouvera Banon".

Gaubert-et-Panturle

  Le vieux Gaubert et Panturle.

Gaubert fait cadeau d'un soc de charrue tout neuf à Panturle.

Provence-de-Giono

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