Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

La Basse-Provence

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

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01 mai 2017

Mirabeau et la Provence

Honoré-Gabriel_Riqueti,_marquis_de_Mirabeau

Gabriel-Honoré de Riquetti de Mirabeau, né en 1749 au château de Bignon en Gâtinais, appartenait à une riche famille installée à Marseille au XVIe siècle. Fils de famille, il est révolté contre son père, perclus de dettes et multiplie les extravagances et les aventures féminines scandaleuses, à commencer par son mariage avec Emilie Covet-Marignane, la plus riche héritière de Provence, qu'il compromet, pour obtenir le mariage, en se présentant au balcon de sa chambre après l'avoir séduite. Des aventures qui aboutissent à sa condamnation à mort par contumace par le parlement de Franche-Comté, et à divers emprisonnements à Joux, Pontarlier, Vincennes et au château d'If. Compensant sa laideur par l'agilité de l'esprit, la révolte politique et la licence morale, Mirabeau trouve, dans les moments qui précèdent et accompagnent les débuts de la Révolution, matières à faire triompher sa forte personnalité et à rompre ouvertement avec sa classe. La préparation des états généraux le conduit à se prononcer en faveur du dédoublement du Tiers état et du vote par tête. Exclu du corps des possédants-fiefs, il en appelle à la nation française et se taille une immense popularité à Aix comme à Marseille où, en mars 1789, précédé de 500 cavaliers et suivi de 300 carosses, 120 000 personnes l'acclament dans les rues, le couvrent de palmes et de lauriers. Elu représentant d'Aix, il se fait le champion de la cause du Tiers état, vise à l'instauration d'une monarchie parlementaire. A partir de 1790, il se rapproche secrètement de la cour, prêtant le flanc aux attaques les plus vives. Usé précocement par ses luttes comme par ses excès en tout genre, il meurt le 2 avril 1791 à Paris, tombé bien bas après être apparu si grand. "Mirabeau ne s'est pas vendu, dit Charles Augustin Sainte-Beuve, il s'est laissé acheter", subtile nuance.

Mirabeau_Palais_de_Justice

Statue de Mirabeau - Palais de justice d'Aix-en-Provence

Source : L'almanach de la Provence - Pierre Echinard - Collection Jacques Marseille - 2003.

 

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26 avril 2017

L'élixir du Révérend père Gaucher

Abbaye Saint Michel de Frigolet

Alphonse Daudet, qui était un familier de l'abbaye des Prémontrés de Saint-Michel de Frigolet (près de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône), rendait souvent visite au père Herman, qui lui demanda de faire un peu de publicité pour la Norbertine, une liqueur à 40°, à base de miel et d'extraits de plantes à la couleur vert doré, que fabriquaient les pères blancs. Daudet exhauça sa demande au-delà de toute expérance en écrivant l'une des plus belles histoires de ses Lettres de mon moulin : "L'Elixir du Révérend père Gaucher". Bouvier de la communauté, le bon père gaucher avait hérité de sa tante Bégon une merveilleuse recette à base de simples cueillies dans les Alpilles. Il se mit au travail et, six mois plus tard, son élixir, avec son petit flacon de terre brune aux armes de Provence, était déjà devenu très populaire dans la région. Le couvent s'enrichit et le révérend père, penché sur ses fourneaux, s'affaira de son mieux, tant et si bien qu'il se laissa surprendre aux vapeurs de son fameux élixir. Pas question d'abandonner un fabrication qui faisait vivre le petit monde de Saint-Michel de Frigolet. Le révérend dut se sacrifier et se damner goutte à goutte tout en chantant : Dans Paris, il y a un père blanc, Palatin, Pataran, Tabarin, Tabaran...

Élixir_du_père_Gaucher

Pendant que tous les soirs les autres moines priaient pour lui. Le succès du conte, ajouté à celui de l'étiquette frappée du portrait d'un père blanc en extase devant le flacon, fut extraordinaire, mais le père Herman ne s'en fâcha pas moins avec Alphonse Daudet qui, à son goût, était allé un peu trop loin dans la plaisanterie. Les établissements Isoard de Châteaurenard se mirent en 1883 à fabriquer sous licence la Norbertine et rachetèrent en 1903 le droit d'exploitation pour 1 franc par bouteille, une somme qui ne fut pas réévaluée, au grand désespoir des Prémontrés, car la production s'éleva jusqu'à 600 hectolitres par an ! Depuis 1960, la liqueur se fabrique à nouveau à l'abbaye. Quand au révérend père Gaucher, il a pris pour tous, et à tout jamais, la physionomie de Rellys qui tint son rôle dans le film que tourna Marcel Pagnol sur Les lettres de mon moulin en 1953.

Rellys

Source : L'almanach de la Provence - Pierre Echinard - Collection Jacques Marseille - Larousse - 2003.

L'elixir-du-reverend-pere-gaucher-le-secret-de-maitre-cornille

Less lettres de mon moulin

 

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20 avril 2017

Le tarot de Marseille

Tarot de Marseille

S'il est un jeu dont la réputation franchit les frontières, c'est bien le tarot de Marseille. Ses lames divinatoires sont quasiment devenues universelles, et les cartes marseillaises sont attestées depuis le XVIIIe siècle comme étant les plus belles et les plus délicates au monde. Pourtant assez peu de jeux anciens sont parvenus jusqu'à nous : quand les moules n'étaient pas détruits et les jeux interdits, les cartes bon marché des jeux usés ou incomplets étaient recyclés en cartes de visite ! Tout le savoir qui reste donc aujourd'hui nous vient des archives de la maison Camoin. Maître cartier marseillais depuis plus de 240 ans, cette petite entreprise familiale fut la seule à conserver des méthodes de production artisanales au coeur de la révolution machiniste du XIXe siècle. Aujourd'hui, une cinquantaine d'ouvriers fabriquent plus d'un million de jeux par an, et l'entreprise connaît un rayonnement mondial. L'histoire de la maison Camoin commence en 1760, à sa fondation par Nicolas Conver. Rétablissant la traditionnelle initiatique du tarot grâce à ses anciens maîtres, restaurant différents codages de couleur, numérologiques et symboliques, il grave sur du bois de poirier le tarot de Marseille, alors connu dans toute l'Europe, et aujourd'hui considéré comme le plus important des siècles passés. Toutefois, au fil des générations de maîtres cartiers de nombreux symboles originels ont été effacés ou oubliés, à l'image de l'oeuf situé en bas de l'aigle dans "L'Empereur", attendant d'être révélé. D'autre part, l'avènement des techniques industrielles au XIXe siècle imposa un code de couleurs simplifié, réduit aux quatre couleurs primaires. Aujourd'hui, Philippe Camoin, descendant de cette maison historique, travaille en collaboration avec Alexandre Jodorowsky, afin de rétablir le tarot originel de Nicolas Convert. Il a ainsi retrouvé les véritables couleurs ésotériques du tarot de Marseille et restauré un grand nombre de symboles parmi lesquels les deux serpents enlacés au pied de "Tempérance", ou encore les quatre éléments dans l'As de Coupe. En reconstituant ce symbolisme, il a également pu souligner le système philisophique complexe qui sous-tend le jeu. Le tarot étant en effet considéré par les puristes comme une machine métaphysique dont le jeu ne serait que le support ! Un exercice intellectuel bien plus éloboré qu'il n'y paraît...

Source : La Provence en Objets - Christine Ferniot et Gilles Plazy - Editions Aubanel.

Tarot-de-marseille

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14 avril 2017

Dominique Zumbo, artiste céramiste de la Belle-Epoque

D'origine calabraise, Domenico Zumbo arrive en France à 25 ans, en 1879, comme ouvrier-potier de Clément Massier à Vallauris. Les Massier (Jérôme, Clément, Delphin et Cédric) sont une dynastie de céramistes qui remonte au-delà de la Révolution et qui joua un rôle clé dans la renaissance de la céramique de Vallauris. Zumbo va, entre 1879 et 1891, travailler avec Massier sur les reflets métalliques, avant de monter son propre atelier dans un quartier proche des Arènes à Fréjus où il a décidé de s'installer, en janvier 1892. De 1892 à 1917, il va ainsi créer des poteries d'art, très originales dans leurs formes, et dans l'utilisation de ses vernis métalliques, dont les différentes couleurs sont obtenues par des cuissons successives à différentes températures, de métaux dissous dans du vinaigre. Sa production connaîtra une renommée internationale, après qu'il obtint la médaille d'or à l'exposition universelle de Paris en 1900, s'imposant devant le Maître, Clément Massier. Malgré cela, ses affaires périclitent. Il fait faillite en 1917 et perd son atelier "La Manufacture des Arènes". Il s'installe alors à Hyères chez sa fille aînée. De 1917 à 1930, il continuera seul sa production chez cette dernière, avant de se retirer avec sa seconde épouse à La Farlède (Var), où il s'éteindra en 1939, à l'âge de 85 ans. Ses oeuvres sont signées pour la première période "Dominique Zumbo, Arènes de Fréjus-Var" et pour la seconde période "Dominique Zumbo-Hyères-Var". Elles sont aujourd'hui très recherchées car sa production est beaucoup plus faible que la production issue des ateliers de Massier. On les trouve principalement en France, aux États-Unis et en Allemagne. Dominique Zumbo eut une descendance importante avec sa première épouse, décédée en 1918, mais aucun de ses enfants ne poursuivra son oeuvre. Le secret de sa technique particulière des reflets métalliques, à partir de vinaigre local, s'est éteint avec lui.

Source : D'après Wikipédia - l'encyclopédie libre.

Une salle lui est consacrée au Musée d'Histoire locale de Fréjus. Voici quelques photos que j'ai pu faire des oeuvres de Dominique Zumbo.

Dominique Zumbo 3

Dominique Zumbo 4

Dominique Zumbo 5

Dominique Zumbo 6

Pour en savoir plus, je vous donne ce lien : http://www.ville-frejus.fr/wp-content/uploads/2012/12/DP_Zumbo.pdf

Faites un copier/coller dans la barre d'adresse et vous pourrez lire ce document au format pdf.

 

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08 avril 2017

Les rites de fondation

 

Aruspice

Lecture des aruspices 

Avant de fonder une ville, d'établir un pont ou de poser les fondations d'une villa, les Romains interrogeaient les aruspices* ; de leur réponse dépendait tout. La Provence garde quelques traces de cet antique usage, recourant à une bénédiction de l'Eglise et à l'obole de quelques pièces au millésime de l'année, d'or ou d'argent, selon le degré de fortune, déposées sous la première pierre. Ainsi, en édifiant une chapelle contre la noble façade de son château d'Ansouis, le duc de Sabran-Pontevès n'avait pas voulu manquer à la tradition. Pour la petite histoire, un jeune enfant de choeur, trouvant dommage de perdre ainsi l'or, le remplaça par du cuivre pendant le déjeuner, alors que le mortier était encore frais ; la légende se vérifia en démolissant la chapelle un siècle plus tard ! Dans bien des cas, le maître des lieux se contentait de quelques libations ou d'un document relatant la cérémonie, renfermé dans une bouteille. Le livre de raison de Courtois de Durefort, maire de Sault (Vaucluse) rapporte la cérémonie célébrée dans le domaine familial en 1812 : "J'ai fait construire à neuf une grande partie du bâtiment et, entre autres, toute l'aile du devant. Vous vous rappelez, mes enfants, comment fut posée la première pierre de l'angle. Nous mîmes en dessous une bouteille renfermant le procès-verbal de cette cérémonie. J'ai en vue, par elle, d'attacher tous mes successeurs au toit paternel...".  

Bouteille 

Peiro veirenco avec message

D'autres rites prophylactiques** interviennent dans la construction. L'achèvement du toit, symbole de protection de la famille, se marque toujours par des libations et un bouquet de laurier, de fleurs des champs ou de sapinette, que l'on soit en Basse-Provence, en Ubaye ou dans le Comtat Venaissin, prélude d'un repas festif. Mille choses viendront par la suite protéger la maison, comme la peiro veirenco, un galet vitrifié noyé dans la maçonnerie, la croix d'une cabane de gardian, la titée*** phallique d'un cabanon pointu... Sur les bâtiments agricoles, tout un arsenal vise à la sauvegarde du bétail, de la pierre de la picoto, ramassée dans le lit de la Durance, à l'éclatant chardon des Alpes, dispensant des vertus magiques. L'essentiel étant de se prémunir des effroyables sorcières, les masco, dont le nom ne se prononçait qu'avec terreur, et, au long des chemins, les oratoires, piloun selon l'expression provençale, en conjuraient le sort.

Source : La maison de Provence - Gilles Mihière-Patrice Binet - Edisud.

* Aruspices : Un haruspice, ou aruspice, est un pratiquant de l'haruspicine, l'art divinatoire de lire dans les entrailles d'un animal sacrifié pour en tirer des présages quant à l'avenir ou à une décision à prendre.

** Prophylactique : (du grec prophulaktikos, de prophulassein, se prémunir de).

*** Titée : La déesse mère de Zeus (Jupiter) est désignée par le nom de Rhéa (épouse de Saturne), la mère des dieux, la Grande Mère. Rhéa est la fille de Titée et du Ciel, la sœur des Titans, l'épouse de Saturne. 

Napoléon

  

02 avril 2017

Modification de mon blog

Bonjour à toutes et tous mes lectrices et lecteurs,

je viens d'apporter une modification à mon blog. J'ai rajouté dans la partie gauche sous le module "Catégories" le module "Pages". Il contient des glossaires de vocabulaire. Pour le moment, il y a en a quatre :

1/ Glossaire religieux, 2/ Glossaire du mobilier provençal, 3/Glossaire de vocabulaire divers, 4/ Glossaire des tissus.

Si j'en trouve d'autres je les rajouterais.

Voilà, j'espère que cela vous plaira. C'est un petit plus à mon blog.

Bonne lecture à toutes et tous.

Fleurs

 

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Saint-Raphaël, un ange veille sur la ville

 

Saint-Raphaël et Tobie

L'archange Raphaël et Tobie par Domenico Zampieri, dit Le Dominiquin

Saint-Raphaël : pourquoi un tel nom pour une localité ? Seules deux communes françaises portent ce nom, comptant d'une manière étonnante le même nombre d'habitants au XVIIIe siècle, entre 300 et 350. Située en Dordogne, la seconde n'abrite plus désormais que 115 personnes. Saint Gabriel est encore moins honoré avec un village normand tandis que saint Michel est plus populaire patronnant 20 communes de France. La première trace écrite de la commune remonte à l'an 1041 : les chanoines de Fréjus font donation à l'abbaye de Montmajour, d'un lieu-dit "Saint Raphaël" du nom de l'église dédiée à l'archange ; cette église est l'édifice pré-roman, probablement construit au VIe siècle et retrouvé dans l'actuelle "vieille église" datée des XIIe-XIIIe siècles. L'ancienne église conserve un bas-relief en pierre daté de 1261, représentant l'évêque de Fréjus, Bertrand, accompagné de saint Raphaël. L'appelation "église des Templiers" est un mythe, une falsification de l'Histoire : l'église de San Raféu n'a jamais porté ce nom ; les Templiers n'ont jamais marqué les lieux de leur présence, tout au plus auraient-ils perçu la dîme, à une époque d'ailleurs inconnue. Si la commune s'appelle encore Saint-Raphaël (hormis une minuscule et tardive parenthèse révolutionnaire du 14 février 1794 au 30 mai 1795 où le village prend le nom de Barraston, en l'honneur de Barras, conventionnel de renom, né à Fox-Amphoux et qui n'a jamais mis les pieds à Saint-Raphaël...), elle le doit uniquement à sa petite église placée sous le vocable de l'Archange. Celle-ci est le lieu identifiant du gros hameau de l'époque.

Saint-Raphaël

Enregistré en 1670, le premier blason est presque identique à l'actuel, Raphaël accompagnant le jeune Tobie, en le tenant par la main. Pourquoi Saint-Raphaël ? Le culte des trois archanges est attesté dès la primitive église : l'impératrice Hélène, mère de Constantin, fait ériger plusieurs églises en leur honneur, en Terre Sainte. On les appelle "les chevaliers servants de l'Eglise". Dès les tous premiers siècles, la vie des saints abonde en apparitions et protections angéliques, où l'Histoire se mêle à la légende, sans que l'on puisse systématiquement remettre en cause la véracité de ces manifestations. Dès le Ve siècle, les trois archanges sont célébrés solennellement le 29 septembre. A la même époque, saint Magnus, évêque d'Héraclée, fut obligé à la suite de l'invasion de cette ville par les Barbares, de chercher refuge dans les lagunes vénitiennes. Selon une tradition constante, saint Raphaël lui apparut et lui ordonna de lui ériger une église dans un lieu qui devient plus tard un quartier de Venise appelé Dorso duro. C'est probablement pour son rôle protecteur que les habitants ont placé leur modeste village sous le patronage de Raphaël : le littoral des Maures et de l'Estérel est durant plusieurs siècles le théatre de pillages, de massacres, d'incendies et d'enlèvement par différentes tribus barbares venues d'Europe centrale. A cette déferlante succèdent les innombrables razzias des Sarrasins. La proximité de la prospère abbaye de Lérins constitue un risque supplémentaire pour les populations voisines. L'abbaye sera prise et saccagée à plusieurs reprises et ses moines seront massacrés par centaines vers l'an 730. Seuls quatre d'entre eux, réduits en esclavage, survivront en faussant compagnie à leurs geôliers, lors d'une étape en baie d'Agay. Aujourd'hui encore, saint Raphaël veille sur les habitants du village, devenu cité balnéaire, puis ville.

Saint-Raphaël et Tobie

L'archange Raphaël et Tobie - Statue à l'entrée du nouveau port

Source : Magazine "La voix de Saint-Raphaël" N°31 été 2015 - Eglise Fréjus-Toulon.

 

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27 mars 2017

La mouche, le cochon et le chien

 

Cavage-cochon-truffier

Ce ne sont pas les protagonistes d'une fable animalière mais les auxiliaires indispensables à la récolte de la truffe noire (tuber melanosporum) espèce communément baptisée truffe du Périgord. Le cavage à la mouche, le plus subtil nécessite un sens de l'observation particulièrement développé. La localisation du diamant noir s'effectue d'après l'observation d'une toute petite mouche bleutée, qui répond au nom barbare de Heloymyza Tuberivora (elle en possède d'autres) dont la plus grande qualité reconnue est de voltiger à l'aplomb du cryptogame convoité. La truffe localisée, il ne reste plus qu'à la sortir de terre à l'aide d'un cavillon (morceau de bois gainé de métal à l'une de ses extrémités), sans la briser et en essayant au maximum de préserver son environnement. La technique du cochon, encore couramment employée par les "rabassiers" (du provençal "rabasso", truffe) dans le Haut-Var, est de loin la plus spectaculaire et la plus folklorique. Sous des dehors rustiques, le porc est un animal d'un naturel plutôt gourmet et, quand l'occasion lui en est donnée, il apprécie de pouvoir ajouter une truffe au brouet que constitue son ordinaire. Toute l'astuce consiste à le laisser chercher, à le laisser trouver, à le laisser rêver un court instant et à lui enlever promptement son butin avant qu'il ne l'ait englouti. La méthode est un peu perverse mais le brave cochon doit bien comprendre que ses qualités affirmées de chercheur lui valent sans doute quelques légitimes frustrations mais qu'elles retardent d'autant l'échéance inhérente à sa condition charcutière...

Cavage-chien

Le chien n'a pas franchement un goût prononcé pour la truffe mais par pure amitié pour l'homme, il apprend à la trouver au milieu d'un sous-bois comme ses congénères des douanes dans les vapeurs d'essence et de kérosène. Tout est question de flair et de conditionnement de l'animal. Les techniques de dressage varient d'un propriétaire à l'autre et sont rarement divulguées sur la place publique, car un bon chien truffier vaut de l'or. La race importe peu si ce n'est que les chiens de berger sont souvent choisis par les trufficulteurs pour leur obéissance, leur résistance et leur sens du travail bien fait. Indispensable dans la recherche de la truffe à grand échelle, le chien n'est pas près d'être supplanté par une quelconque machine. Les Japonais, qui ne manquent pourtant pas d'imagination, ont bien tenté de concevoir un nez électronique supposé détecter les truffes mais les capacités olfactives de l'engin n'ont visiblement pas enthousiasmé les rabassiers varois... Le département du Var est le troisième producteur national de truffes derrière la Drôme et le Vaucluse, à égalité avec le Gard et surtout bien loin devant le Périgord qui entretient sa réputation de gastronomie truffière grâce à ses conserveries. La création du Syndicat des trufficulteurs en 1971, la mise en place d'un marché spécifique à Aups en 1973, les programmes du Conseil général, qui depuis plus de vingt ans finance chaque année la plantation d'une quinzaine d'hectares de truffières et toutes les opérations de promotion dont elle fait aujourd'hui l'objet, ont fini par donner à la truffe varoise un poids économique quantifiable. A Aups, environ 150 à 200 kg de truffes sont négociés durant chacun des 17 marchés annuels, qui ont lieu le jeudi matin, du 25 novembre à la mi-mars. Cette estimation représente la partie visible du marché. Les spécialistes en économie trufficole considèrent que la production hebdomadaire du Haut-Var se situe plutôt autour de 300 kg. Une dizaine d'années en arrière, les échanges opérés à Aups portaient sur une vingtaine de kilos. Le marché était moins connu et essentiellement fréquenté par des rabassiers et des négociants.

Truffes

Les diamants noirs qui passaient d'une main à l'autre, d'un vulgaire sac plastique à un coffre de voiture provenaient à 80% des truffières naturelles. Le complément étant alors fourni par les premières exploitations trufficoles. Aujourd'hui, la tendance est totalement inversée. Les plantations produisent 80% de la récolte et les truffières naturelles parviennent difficilement à apporter les 20% restant. Dans un même temps, la clientèle du marché s'est modifiée. Il accueille de plus en plus de particuliers et surtout de nombreux restaurateurs tels que Paul Bajade, Alain Ducasse, Bruno de Lorgues, René Bérard, René Berges et bien d'autres magiciens de la rabasse, désireux de proposer à leur carte un produit du terroir "labéllisé" comme tel. Le marché tel qu'il fonctionne désormais, garantit au maximum la qualité et l'origine des produits qui y sont proposés. Selon le nouveau réglement édicté par le syndicat des producteurs dans le but de préserver la qualité et l'authenticité des productions négociées à Aups sous le label varois, aucune tractation de gros ou de détail n'est autorisée à l'extérieur du marché. Aucune truffe récoltée au-delà des frontières de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur ne peut être commercialisée sur le marché d'Aups.

Source : Couleurs du Var - Morceaux choisis - Conseil général du Var - Décembre 2000.

Truffes_et_main

 

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21 mars 2017

Les cigales de Louis Sicard

Bonbonniere-Sicard

Pots avec cigales

Le chant des cigales, dès la mi-juin, envahit la Provence entière : tout vibre, et raisonne. Les pinèdes et les champs d'oliviers, les collines arides et les plaines fertiles. On les entend partout et jusqu'au coeur des villes, elles célèbrent l'arrivée de la chaleur. Ce curieux insecte a de tout temps frappé l'imagination de l'homme. Les Grecs en avaient fait le symbole d'Appolon, de la musique et de la poésie, les Chinois l'avaient associé à leurs rites funéraires. Frédéric Mistral, poète et ardent défenseur de la langue et des traditions provençales fit de la cigale le symbole de la Provence et la dota d'une devise : "Lou soulèu mi fa canta", "Le soleil me fait chanter". En 1895, alors que Mistral et le félibrige rayonnent dans tout le Midi, la Société générale des Tuileries de Marseille commanda à un faïencier d'Aubagne, Louis Sicard (1871-1946), la création d'un cadeau d'entreprise évoquant la Provence. Et c'est ainsi que Louis Sicard modela la première cigale de faïence : elle avait les yeux bleus et les ailes grises et elle était posée sur une branche d'olivier. Les Tuileries de Marseille expédièrent ce presse-papier à tous leurs clients, dans le monde entier. L'objet plut, ce qui décida très vite Louis Sicard à reproduire sa cigale sur tout ce qu'il réalisait : les vases, les assiettes, les bonbonnières, les porte-parapluies et les pots à olives.

Huilier-Vinaigrier

Ces articles furent d'abord polychromes dans des colorations acidulées aux tons pastel, proches de celles des barbotines de Jérôme et Delphin Massier céramistes à Vallauris. Louis Sicard les marquait d'une petite signature en noir, comme écrite à la plume. Mais bientôt un certain jaune orangé, intense et gai comme un coucher de soleil, allait éclipser toutes les autres couleurs et servir d'écrin aux petite cigales grises posées ici et là et traitées au naturel. Ces objets furent signés par Louis Sicard au pinceau et en rouge. Plus tard, alors que l'atelier Sicard continuait de reproduire les mêmes objets dans un jaune plus clair et plus cru, les pièces furent signées avec un tampon bleu. Le succès des cigales de Louis Sicard dut être grand car il fut dès lors copié par tous les faïenciers provençaux. Massieur à Vallauris et Pichon à Uzès produisirent eux aussi des objets ornés de cigales, parfois des pièces uniques, souvent des objet de série, faïences de qualité destinées à une clientèle locale. Ce n'est qu'après les années 50, avec l'essor du tourisme en Provence, que ces objets deviendront typiques des boutiques de souvenirs. La faïencerie marseillaise de Saint-Jean-du-Désert, qui avait connu à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle une autre gloire, sous l'inspiration et le talent de faïenciers comme Joseph Clérissy et ses fils, cette faïencerie, dans une ultime décadence n'échappa pas à la mode et fabriqua à son tour quantité d'objets à cigale.

Cigale

Mais, au lieu du jaune orangé de Louis Sicard, d'ailleurs copié par Jérôme Massier, elle alla jusqu'au bout de la métamorphose et coloria ses vases d'un camaïeu allant du jaune au mauve en passant par l'orange et le rose, idéal coucher de soleil sur lequel se détachait en ombres chinoises Vincent et Mireille en costumes d'Arles, des farandoles et des tambourinaires dans un paysage de cyprès et de grands pins parasols.

Source : Couleurs de Provence - Michel Biehn - Ed. Flammarion.

Cigales de Provence

 

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15 mars 2017

Les vierges noires de Provence

 

Notre-Name-de-la-Garde

Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille

La Provence est, après le Massif Central,  la région de France où l'on trouve le plus de vierges noires. Ce sont des statues de la Vierge, en général très anciennes, taillées dans un bois sombre ou noirci, ou peintes en noir. On ignore encore aujourd'hui l'origine du phénomène et la raison de cette couleur noire. Ce que l'on constate, c'est que ces vierges génèrent une dévotion populaire très forte et qu'elles possèdent, outre leur couleur, des caractéristiques particulières. La plus frappante est qu'elles auraient été trouvées dans un sillon ou un buisson, par un animal de labour ou par une personne travaillant la terre. C'est-à-dire qu'elles ont fait un séjour prolongé au sein de la terre. A la campagne, elles séjournent dans des chapelles isolées. A la ville, elles sont placées dans les cryptes ou des chapelles latérales dans les églises. Ces vierges sont parées, lors des processions, de riches habits et même de bijoux. Des offrandes leur sont faites. Ces processions les mènent à travers les terres cultivées et, pour la plupart, d'un sanctuaire vers un autre où elles séjournent un certain temps avant d'être ramenées à leur sanctuaire de départ. On les sort aussi à l'occasion de sécheresses ou d'autres calamités. Les murs de leurs chapelles sont couverts d'ex-voto. Leurs statues sont très anciennes. Les plus vieilles datent du XIIIe et du XIVe siècles, et même lorsqu'elles ont été remplacées par des statuettes plus récentes, leurs légendes les rattachent au Moyen-Age. Ils semble donc qu'à travers ces vierges, le christianisme ait assimilé la vieille religion agraire de l'Europe, en relations avec la mort et la renaissance de la nature, sa fécondité et par extension la fécondation du bétail et celle des femmes. Mais les vierges noires incorporent aussi les nouvelles valeurs chrétiennes incarnées par Marie : la sacralisation du rôle de la mère, celle qui protège tous ses enfants (les croyants) et qui intercède directement auprès du Fils.

Notre Dame-du-chateau

La Belle Briançonne ou Notre-Dame-du-Château à Saint-Etienne-du-Grès (Bouches-du-Rhône)

Cependant, l'Eglise officielle n'a pas toujours apprécié les manifestations trop ferventes et quelquefois déviantes de la piété populaire. En bien des endroits les vierges noires ont été reléguées des des cryptes ou des chapelles parallèles, ou bien remplacées par des vierges dorées ou polychrome. Leur culte a été amoindri ou a disparu. Par exemple, à Goult, dans le Vaucluse, Notre-Dame-de-Lumières, vierge dorée du XVIIe siècle, trône rayonnante au centre de l'église basse, pendant que la vierge noire, débarrassée de ses atours, est posée sur un autel discret dans une chapelle parallèle. Une autre façon de s'en débarrasser a consisté à les promouvoir en vierges célestes : c'est le cas à Pignans, où Notre-Dame-du-Buisson s'est muée en Notre-Dame-des-Anges, et à Marseille, où Notre-Dame-de-la-Garde est passée de la crypte au sommet, oubliant jusqu'au souvenir de son ancien statut de vierge noire.

Notre-dame-de-romigier-manosque

Notre-Dame-de-Romigier à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence)

Vierges noires reconnues : Aix-en-Provence : Notre-Dame-de-Grâce, église de la Madeleine et Notre-Dame-de-l'Espérance, cathédrale Saint-Sauveur ; Maillane : Notre-Dame-de-Grâce église Sainte-Agathe ; Manosque : Notre-Dame-de Romigier ou du Roncier (c'est la plus vieille vierge noire de France), église du même nom ; Marseille : Notre-Dame-de-Confession, crypte de l'abbaye Saint-Victor ; Mazan : Notre-Dame-la-Brune ; Noves : Notre-Dame-de-la-Vacquières ou Notre-Dame-des-Oeufs ; Pignans : Notre-Dame-du-Buisson, chapelle Notre-Dame-des-Anges.

Notre-Dame-de-lesperance-aix

Notre-Dame-de-l'Espérance à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône)

Vierges noires probables : Berre : Notre-Dame-de-Caderot ; Carry-le-Rouet : Notre-Dame-du-Rouet ; Goult : Notre-Dame-de-Lumières ; Jouques : Notre-dame-de-la-Consolation ; Marseille : Notre-Dame-de-la-Garde ; Saint-Etienne-du-Grès : La Belle Briançonne ou Notre-Dame-du-Château, Saintes-Maries-de-la-Mer : Sarah, crypte de l'église ; Seillans : Notre-Dame-de-l'ormeau ; Visan : Notre-Dame-des-Vignes.

D'autres vierges noires sont connues par des textes, mais ont complètement disparu, telles, entre-autres, Notre-Dame-des-Alyscamps à Arles ou Notre-Dame-la-Brune, dans la cathédrale Notre-Dame-des-Doms à Avignon.

Sources : Chapelles de Provence - Serge Panarotto - Editions Edisud. Photos du même auteur.

Notre-Dame-la-Brune-Mazan

Notre-Dame-la-Brune à Mazan (Vaucluse)

 

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09 mars 2017

Cabanons des champs, cabanons de vignes

Les Cabanons

Les raisons de l'histoire, la nécessité jadis des remparts, l'usage d'une vie au sein de la communauté, parfois la force des habitudes, ne font pas tous les paysans provençaux habitants d'une ferme. L'éloignement de leurs lopins de terre imposait aux hommes de recourir à de petites constructions, cabanons des champs, cabanons de vignes, qui servent d'abri, de remise pour les outils, de havre pour une petite sieste aux creux de la journée. La construction est simple. Une salle, parfois un étage, un toit de tuiles, plus rarement une remise, un rang de génoises pour les plus mondains, un  pigeonnier pour les plus heureux, mais toujours un mûrier ou un micocoulier à proximité. Moissons, vendanges, olivades... les cabanons s'animent au fil des récoltes. A l'heure des travaux l'âne ou le mulet profitera seul de l'ombre, une place qu'il cède les jours de fêtes carillonnées quand la famille et les amis se réunissent pour de joyeuses ripailles.

Source : La maison de Provence - Gilles Mihière et Patrice Binet - Edisud.

Cabanon

Cabanon en Luberon

Cabanon-cyprès

Cabanon-vignes

Cabanons de Provence

 

 

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03 mars 2017

36ème Salon Collection Passion

Collection passion

A ne pas manquer ce weed-end à Draguignan au Complexe Saint-Exupéry.

 

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Un arbre d'immortalité, le cyprès

Contrairement à ce que l'on croit souvent, le cyprès ne symbolise pas le deuil mais l'immortalité, et cela depuis les temps les plus anciens. En Egypte, son bois odoriférant, réputé imputrescible, servait à la fabrication des sarcophages. Chez les Grecs et les Romains, le cyprès ornait les nécropoles, car il était censé communiquer avec les régions souterraines et de ce fait lié au culte d'Hadès, dieu des Enfers. 

Cyprès

 Dressé comme un pinceau d'un vert sombre et mat, cet arbre silencieux, immobile, impassible, comment pourrait-on imaginer sans lui les paysages du Midi qu'il rythme, qu'il ponctue de ses notes graves ? Cependant, le cyprès n'est pas originaire de Provence ni d'Italie ; sa patrie est l'Asie occidentale, son aire originelle se situerait dans les montagnes du nord de l'Iran. Seulement, depuis des millénaires, l'homme l'a planté sur tout le littoral méditerranéen de l'Europe, comme un signe, comme un symbole. Ici, aligné, il protège les cultures contre le mistral ; là, il monte la garde près d'un mas ; ailleurs, un groupe de ses fuseaux verticaux indique l'emplacement du cimetière, et c'est surtout dans cette fonction que plus au nord on l'emploie, sauf là où les hivers sont rigoureux, car il ne les supporte pas. Les anciens honoraient en lui un guérisseur dont il savaient utiliser les vertus. Les tablettes cunéiformes sumériennes qui relatent l'histoire du héros Gilgamesh attestent déjà que le cyprès était une des plantes les plus usitées dans la pharmacopée.

Le-pouvoir-des-fleurs-le-Cyprès

Il y a quelques 4.000 ans, on employait l'huile extraite de ses feuilles et de ses cônes ou galbules contre tous les désordres du système veineux, en particulier les hémorroïdes, les varices, les troubles de la ménopause. A ces indications, Hippocrate au Vème siècle avant J.C. ajoutait les affections urinaires et Galien au IIème siècle après J.C., la diarrhée. Aujourd'hui encore, la phytothérapie utilise l'action vaso-constrictive des galbules ; en aromathérapie, l'essence de cyprès constitue un remède efficace contre la toux spasmodique. Au IIIème siècle après J.C., le philosophe chrétien Origène voyait dans le cyprès l'image des vertus spirituelles, la bonne odeur qu'il répand étant celle de la sainteté. Il s'agit là d'un symbolisme non seulement très ancien, mais universel. Les mêmes croyances se retrouvent en Chine et au Japon au sujet d'autres espèces, les Chamaecyparis (mot qui vient du grec et signifie cyprès bas, proche de la terre) des botanistes, qui ressemblent au cyprès et appartiennent comme lui à la famille des Cupressacées. Dans la Chine ancienne, on attribuait aux graines de ces conifères le pouvoir de procurer la longérité, la combustion de ces mêmes graines aidait à détecter dans le sol les filons d'or et de jade, substances incorruptibles, donc immortelles. La résine des Chamaecyparis, si l'on s'en frottait les talons, permettait même, croyait-on de marcher sur les eaux, car elle rendait le corps extrêmement lèger. Au Japon, où il forme en montagne de magnifiques forêts, le hinoki est un arbre sacré. On le plante près des temples appartenant au culte shinto, l'antique religion autochtone, et son bois servait à édifier les sanctuaires les plus vénérés, ainsi que le palais de l'empereur, lui-même personnage divin.

Auteur : Jacques Brosse dans La revue d'Information Municipale de Trans en Provence n° 12 - 1986.

Cyprès Toscane

 

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25 février 2017

Un peu d'histoire de Carcès

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Carcès - Entrée de la cité médiévale (Photo Nadine)

 Le nom de Carcès pourrait venir des Romains qui avaient établi une prison sur son lieu d'implantation. Sur l'éperon rocheux qui domine le confluent de l'Argens et du Carami ainsi que les quatre voies d'accès au village, les premiers seigneurs de Carcès, les Châteaurenard, dressent en l'an 1000, le premier fort. Dans deux chartes datées de 1085 et 1099, Bertrand et Bérenger, évêques de Fréjus, restituent à l’abbaye de Saint-Victor de Marseille, l'église de Sainte-Marie-de-Pignans, de Sainte-Marie-de-Barjols et toutes les églises situées dans la vallée de Carcès, dont Notre-Dame-de-Carami de Carcès. En 1235, lorsque Raymond Béranger, comte de Provence, fait faire le recensement des chevauchées qui lui sont dues dans le diocèse de Fréjus, le château de Carcès est taxé à un chevalier. La seigneurie de Carcès appartenait à cette époque à Guillaume de Cotignac, et passa successivement, comme celle de Cotignac, dans la famille de Pontevès à partir de 1240. Cette famille éleva un château dont il reste aujourd'hui des ruines importantes.

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Carcès - Les restes du château (Photo Nadine)

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Le blason de la famille de Pontevès (Photo Nadine)

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Panneau explicatif sur le château (Photo Nadine) 

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Fontaine près du château (Photo Paul)

 Puis se sont succédé les familles de Simiane, de Rohan-Soubise et de Condé. Pendant les guerres de religion à partir de 1562, le comte de Carcès, Jean de Pontevès, grand sénéchal et lieutenant du roi, était à la tête des catholiques baptisés "Carcistes" ou encore "Marabouts", nom qui signifie "cruels et sauvages". Il combattait les Razats du maréchal de Retz qui s'appuyaient sur les seigneurs d'Oppède, d'Oraison et le baron d’Allemagne (Allemagne-en-Provence dans les Alpes-de-Haute-Provence). Les deux camps ravagèrent la Provence, brûlant, violant et perpétrant toutes sortes de cruautés. Le Parlement d'Aix condamna la conduite des Carcistes et permit de "courir sur eux et de les tailler en pièces". A cet ordre, une partie de la Provence prit les armes et, en peu de jours, soixante-six Carcistes périrent devant Cuers, quatre cents furent sabrés à Cabasse et autant trouvèrent la mort devant Lorgues. Toute la garnison du château de Trans fut passée au fil de l'épée. (Nota : En effet, Trans eut fort à souffrir de cet affrontement entre Carcistes et Razats : le château fut ravagé, le seigneur Claude de Villeneuve tué...).

Carcès ne dut son salut qu’à l’arrivée en Provence de Catherine de Médicis. Par lettres patentes du mois de mars 1571, la seigneurie de Carcès fut érigée en comté, avec remises des terres de Cotignac, Flassans, Porqueirolles, Château-Neuf, Blioux, La Molle, Tavernes, Brue, Artignosc, Tourtour, et avec pouvoir d'établir une lieutenance au siège de ce comté pour juger les premières appellations ressortissant du parlement d'Aix, siège qui fut établi le 22 novembre 1573. Ces faveurs furent accordées par le roi Charles IX à Jean V de Pontevès, pour le récompenser des services qu'il lui avait rendus pendant les guerres de religion.

  

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19 février 2017

L'église Notre-Dame de Nazareth à Varages

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L'église actuelle a été construite en pierre calcaire à partir de 1656 sur l'emplacement d'un église primitive datant de 1062. Remaniée au fil du temps, elle est composée d'une nef voûtée d'ogives à quatre travées, de deux bas-côtés, d'un chevet polygonal et d'un clocher carré surmonté d'un toit de tuiles vernissées. En 1841, l'église fut agrandie d'une travée supplémentaire. Elle est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1971. Elle abrite diverses oeuvres d'art classées monuments historiques :

- une Vierge à l'enfant en bois du XVIe siècle ;

- des fonts baptismaux du XVe siècle ;

- six retables en bois doré du XVIIe siècle dont celui de saint-Pothin patron de Varages ;

- un retable du XIXe siècle, orné de deux colonnes de faïence blanche, dédié à saint-Claude, patron des faïenciers.

Ses dimensions :

30 m de longueur

15 m de largeur

12 m de hauteur.

L'église n'était pas ouverte le jour où nous sommes allés à Varages, je ne peux donc pas vous montrer de photos de l'intérieur, ce que je regrette.

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13 février 2017

Le bagne de Toulon

Bagne de Toulon

Origine du bagne

Aujourd'hui, il ne reste plus rien des bâtiments du bagne de Toulon et de son hôpital, construits autrefois sur le quai du Grand Rang qui sépare vieille darse et darse neuve. Touché par les bombardements de 1943-1944, il a été entièrement rasé à la fin de la guerre. Le bagne de Toulon avait la particularité d'être directement issu des galères de Marseille crées en 1660. Ces navires à la ligne de flottaison basse étaient propulsés à la rame par des protestants qui avaient refusé d'abjurer leur foi, des esclaves musulmans et des repris de justice. Dépassées par l'évolution technique des navires à haut pont, elles furent transférées à Toulon en 1748. Les rameurs devinrent bientôt des travailleurs de force du port - les forçats- et les galères, qui ne quittaient plus le quai, firent fonction de bagnes flottants pour y loger les condamnés. La peine des galère fut commuée en peine des fers. Sous la Restauration, il y avait en France métropolitaine dix bagnes. Toulon faisait partie des trois plus grands avec Brest et Rochefort. Au XIXe siècle, à la faveur de la préparation de nombreuses expéditions scientifiques et coloniales, son bagne devient le plus grand de France métropolitaine, comptant entre 3 000 à 4 000 hommes suivant les périodes.

La chaîne

L'arrivée au bagne

Depuis 1820, les condamnés arrivaient à pied depuis Bicêtre ou de prisons plus au sud. Ces hommes intégraient ce que l'on appelait en Provence la chenaïdo, désignant la chaîne à laquelle ils étaient attachés par le cou. Le voyage qui durait environ trente jours, se faisait à pied et par voie fluviale à hauteur du Rhône. On utilisa quelques années plus tard des charrettes, puis des fourgons appelées "chaîne volante", dont les cellules étaient si étroites qu'il fallait porter les condamnés dont les membres étaient ankylosés pour les en sortir. A leur entrée par la porte de Castigneau, on leur retirait leur collier de fer, leurs cheveux étaient coupés de façon asymétrique pour les condamnés à temps et rasés avec des raies pour les condamnés à perpétuité. Vêtus d'un pantalon jaune, d'une chemise blanche et d'une veste rouge, ils étaient coiffés d'un bonnet phrygien, vert pour les perpétuités et rouge pour les condamnés à temps. Les récidivistes portaient une manche jaune. Chaque homme recevait un matricule et, jusqu'à la monarchie de Juillet, ils étaient marqués au fer rouge. L'accueil se terminait par la mise en place d'un anneau à la cheville - la manille - qui pesait 1,5 kg, auquel était fixée une chaîne de 7,2 kg. Les bagnards étaient ensuite attachés par deux pour une durée minimale de quatre ans.

Toulon-_Bagnard

La vie du bagnard

Lorsqu'ils arrivaient au bagne, tous étaient affectés aux travaux de "grande fatigue" : construction de bâtiments, lestage de navires, pompage des bassins, halage à terre des vaisseaux. Au bout de quatre ans, si le condamné avait fait preuve de bonne conduite, il pouvait être détaché de son compagnon d'infortune et affecté aux travaux de "petite fatigue" : infirmerie, écriture, cuisine, jardinage. Certains pouvaient travailler à l'extérieur du bagne. Il y eut ainsi en ville des domestiques-bagnards et même des dentistes-bagnards. La nuit, les condamnés logeaient dans des lieux différents. Les peines de moins de cinq ans dormaient sur des navires désarmés, les bagnes flottants, à même le sol, leur chaîne attachée à une barre. Les peines de plus de cinq ans dormaient à terre dans une salle de force sur un "tollard", un long banc en planches, et ceux qui avaient eu une bonne conduite bénéficiaient dans la salle des éprouvés, d'un petit matelas d'herbage. La salle des indociles était destinée aux fortes têtes qui étaient liés à une double chaîne, de jour comme de nuit, avec interdiction de travailler pendant trois ans. Les repas proposés par l'administration étaient extrêmement frugaux et se composaient de pain, de légumes secs et de vin. Cependant, les condamnés pouvaient le compléter grâce à l'argent qu'ils percevaient de leur travail et de petit objets qu'ils avaient fabriqués et vendus au bazar du bagne.

La bastonnade

Les évasions

Tout était mis en oeuvre pour empêcher les évasions : coupes de cheveux insolites, vêtements aux couleurs vives, chaînes et manilles. Pourtant, les tentatives étaient courantes. Dès que l'une d'elles était signalée, le bâtiment amiral chargé de la police du port hissait le drapeau jaune et tirait au canon pour avertir la population. Des récompenses étaient offertes à ceux qui feraient arrêter l'évadé. Les bagnards repris, en plus de la bastonnade, encouraient trois ans de peine supplémentaire s'ils étaient condamnés à temps et trois ans de double chaîne pour les condamnés à perpétuité.

Le-bagne-de-toulon-en-1830

La fin du bagne

Au milieu du XIXe siècle, la fin des grands travaux d'infrastructure et la mécanisation des arsenaux font soudainement apparaître, à l'administration et à la population, l'inutilité et le danger moral que constitue la présence des forçats dans les grands ports de métropole. En 1850, le prince-président, Louis-Napoléon Bonaparte estime qu'ils seraient mieux employés à valoriser les nouveaux territoires d'outre-mer. Ainsi, en 1852, les bagnes administrés par la marine sont fermés. A Toulon, il sert jusqu'en 1873 de dépôt de prisonniers avant leur embarquement pour la Nouvelle-Calédonie et la Guyane.

Vidocq

Vidocq, un hôte fameux du bagne de Toulon

Née en 1775 à Arras dans une famille de boulangers aisés, Eugène François Vidocq a connu une vie aventureuse et de nombreux démêlés avec la justice. Il est condamné en 1796 à huit ans de travaux forcés pour "faux en écritures publiques et authentiques". Envoyé au bagne de Brest, il parvient à s'évader huit jours après son arrivée. Arrêté à nouveau en 1799, il est envoyé à Toulon d'où il s'évade en mars 1800. Souhaitant vivre une existence normale, il propose en 1806 ses services comme indicateur à la police de Paris. En 1811, le préfet de police le place à la tête de la brigade de sûreté, dont le rôle est de s'infiltrer dans le "milieu". Excellent physionomiste, son talent pour se déguiser et sa mémoire sans faille le rendent indispensable. Un peu trop sans doute car il finit par s'attirer la haine de ses collègues et de nombreuses personnalités. Il est révoqué par deux fois de son poste, en 1827 et en 1832, après avoir repris ses fonctions pendant sept ans. Entre-temps, il avait ouvert une usine de papier et d'encre infalsifiable, dans laquelle il employait d'anciens bagnards qu'il aidait à se réintégrer. Il fonde en 1833 la première agence de détective privé du monde. Jusqu'à sa mort en 1857, il fut harcelé par la police qui saisit à plusieurs reprises les milliers de dossiers conservé dans son agence, tentant de le compromettre dans des affaires criminelles. La justice l'innocenta à chaque fois.

Source : Toulon de A à Z - Magali Bérenger Ed. Alan Sutton.

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07 février 2017

Les croix et les calvaires

Croix de Provence

Croix de Provence au sommet de la montagne Sainte-Victoire

En Provence, les croix sont partout. Elles se dressent aux entrées et sorties des villages, sur les places, devant les églises et les chapelles, aux carrefours dans la campagne, sur les collines, au sommet des montagnes... Elles ont pour fonction de sanctifier le territoire des hommes et pour mission de conforter les croyants dans leur foi. A tous, elles rappellent que cette terre fut, et pour certains elle demeure, fermement catholique. Grandes ou petites, richement ouvragées ou sobrement épurées, ostentatoires ou le plus souvent discrètes, elles sont, avec les oratoires, une composante indissociable du paysage provençal et de notre "cadre de vie". Ce ne sont pas toujours de simples oratoires et beaucoup d'entre elles véhiculent un contenu symbolique. Pour ceux qui savent le lire, elles sont aussi un langage.

Croix-de-mission

Croix de mission à Boulbon (Bouches-du-Rhône)

La croix de mission évoque un effort d'évangélisation , à l'étranger, ou dans nos campagnes ; la croix votive commémore l'accomplissement d'un voeu émis par la communauté ; la croix de jubilé rappelle l'anniversaire d'un règne papal ou d'un évènement religieux ;

Croix de la Passion

Croix de la passion

la croix de la passion porte dans son décor les instruments du supplice du Christ : clous, marteau et tenailles, lances, la main qui le gifla, le calice de l'agonie... Le lierre et la vigne décorent maintes croix. Le lierre signifie la vie éternelle : au Moyen-Age, il symbolisait la fidélité jusqu'à la mort et était réputé pour protéger de l'envoûtement. Dans la Bible, la vigne est assimilée à l'Arbre de vie ; pour le chrétien, le cep est le Christ et les grappes sont les fidèles, c'est-à-dire, l'Eglise. D'autres symboles sont plus parlants pour nous ou mieux connus, tel l'agneau pascal ou la colombe du Saint-Esprit. Ces éléments sont là pour renforcer la signification première de la croix qui, pour le chrétien, est le symbole de la passion du Christ rédempteur, et la promesse de la vie éternelle offerte au croyant.

Sainte-baume-calvaire

Calvaire à la Sainte-Baume (Var)

Un calvaire est un monument religieux représentant Jésus crucifié, flanqué par les croix des deux larrons. D'autres personnages peuvent être présents au pied de la croix du Christ : sa mère Marie, Marie-Madeleine, Marie-Salomé, l'apôtre Jean... Un calvaire peut être très réaliste ou simplement symbolisé par trois croix, la croix centrale étant toujours la plus importante.

Chemin de croix-Ampus

Chemin de croix à Ampus (Var). Photos de Rosette Goure

Le chemin de croix est la commémoration imagée et très codifiée de la Passion du Christ. Il comporte 14 stations qui séquencent son supplice : 1 condamnation, 2 portement de la Croix, 3 première chute, 4 rencontre avec sa mère, 5 aide de Simon de Cyrène, 6 une femme essuie son visage, 7 seconde chute, 8 consolation des fille de Jérusalem, 9 troisième chute, 10 dépouillement, 11 crucifixion, 12 mort, 13 descente de la Croix, 14 mise au tombeau.

Chemin de croix-Lorgues

Chemin de croix montant à l'ermitage Saint-Férréol à Lorgues (Var) Photo site merveilles du Var.net

 

01 février 2017

La légende de l'âne volant de Gonfaron

Souvenir de Gonfaron

En 1524, la Provence : Antibes, Vence, Grasse, Trans, Le Muy, Saint-Maximin etc..., est envahie par les troupes espagnoles de Charles Quint, sous la conduite de Fernando d'Avalos, marquis de Peyscayre, grand chambellan du royaume de Naples. Les Espagnols se répandent sur tout le pays, s'emparant et pillant même les îles de Lérins et les Iles d'Hyères, en route vers Marseille. Toute la Provence est sur le pied de guerre et elle se défend si bien qu'elle oblige les envahisseurs à coups de mousquets, d'arquebuses et de canons, à se retirer en toute hâte et dans le plus grand désordre vers Menton, non sans être accompagnés par les quolibets des Provençaux, à l'adresse du marquis,criant sur son passage : "Oh pécaïre, oh peuchère !" Après la bagarre, le Roi René II revint dans ses états de Provence et s'installa dans son beau château du Tarascon, puis, il envoya son viguier faire un tour dans le pays pour mettre un peu d'ordre dans les affaires, après une telle victoire. Ce viguier état curieux et avait de l'instruction. Il avait appris qu'en Provence , il y avait un pays où les ânes volaient. On lui avait dit : "A Gonfaron, les ânes volent" et à Gonfaron, il exigea que l'on fit voler un âne. Les gens du village amenèrent sur la place publique un vieil âne qui n'était plus bon à rien, pensant que si celui-là disparaissait dans le ciel, on ne perdrait pas grand chose.

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Ils se mirent en posture de la gonfler de leur respiration, en plantant un fort tuyau de roseau dans le trou, sauf votre respect, que tous les ânes ont sous la queue. Et tour à tour passèrent ces bravent gens, sous le regard attentif du viguier, chacun soufflant selon sa force, en bouchant bien vite avec la paume de la main, le trou du tuyau de peur que la bête ne se dégonfle. Tout le village s'exécuta et comme l'opération paraissait satisfaisante, on demanda au viguier de sceller l'exécution en soufflant à son tour. Indigné, il déclara que de trop vilaines bouches s'étaient posées sur ce tuyau et qu'il ne soufflerait pas. Mais tous se mirent à crier qu'il allait faire manquer le résultat d'un si beau travail et qu'en soufflant le dernier, il recueillerait tout le mérite de l'ascension. Il se vit donc obligé de mettre sa part de respiration dans le trou de l'âne ; mais comme il était très délicat et qu'il avait de l'éducation, il lui vint une bonne idée ; il retira le roseau, le retourna vivement, et l'ayant planté par l'autre bout dans le pertuis que vous savez, il put souffler plus proprement par l'orifice où personne, excepté l'âne n'avait mis sa bouche avant lui. Mais en retirant le roseau, le viguier avait dégonflé l'animal de tout le vent du village. Il s'en alla raconter son aventure et sa déception au Roi René qui le consola en lui disant "Mon bon ami, tant que vous n'aurez pas pénétré l'âme de notre peuple, vous ne comprendrez jamais ce que représente une galéjade".

Source : "Conte du bon vieux temps" paru dans le Bulletin Municipal de Trans en Provence n° 3 de 1983

 

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26 janvier 2017

Les ex-voto

 

Ex-voto Louise Gensolen

 Art populaire authentique, exécuté par des artistes anonymes, les ex-voto peints sont des reflets précieux de la vie quotidienne des petites gens.On y voit la façon dont ils s'habillaient, travaillaient, étaient logés, se déplaçaient... On peut y décrypter les liens sociaux et familiaux et, bien sûr, on y observe leurs malheurs.

"Ex-voto" est une abrévation de la formule latine "ex-voto suscepto" qui veut dire "à la suite d'un voeu". L'ex-voto est un objet, une inscription sur divers supports ou une image peinte offerts à la Vierge ou à un saint en remerciement d'une grâce obtenue, souvent après avoir échappé à une maladie ou à un grave danger. Dans ces circonstances, le demandeur implore la Vierge ou le saint d'un sanctuaire particulier. Une fois tiré d'affaire, il s'y rend en pèlerinage pour prier et déposer son témoignage. Cette pratique remonte à la plus haute Antiquité ; Egyptiens, Grecs, Celtes, Romains faisaient déjà ce type d'offrandes à leurs divinités. On ne sait à quel moment les chrétiens adoptèrent cette tradition. Peut a-t-elle existé dès le début de la nouvelle religion. En Provence, à partir du XVIIe siècle, le phénomène prend de l'ampleur. C'est le moment où se développent les ex-voto peints sur panneaux de bois qui racontent les circonstances du voeu et de la grâce. Les chapelles qui les reçoivent sont très nombreuses. La vague enfle, atteint son apogée au XIXè siècle, puis décroît. Les ex-voto peints sont remplacés par des paroles ou des objets familiers encadrés et des plaques de marbre gravées. C'est sous cette dernière forme que l'ex-voto survit aujourd'hui.

Les ex-voto marins : Durant des siècles, pour les marins, pour les pêcheurs et pour tous les voyageurs, la mer a été source de danger. Un chapelet de chapelles borde le littoral méditerranéen. De leurs voûtes pendent des maquettes de navires, et leurs murs sont couverts de tableaux qui racontent de terribles naufrages survenue ici, près de nos côtes, ou en mers lointaines et dangereusement exotiques.

Source : Chapelles de Provence - Serge Panarotto - Editions Edisud. 

Ex-voto_Roquebrune 

Ex-voto

Ex-voto

Ex-voto marins

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22 janvier 2017

Mise à jour de mes albums-photos

Ecusson et multi vues

Bonjour à toutes et tous,

je vous informe que j'ai téléchargé de nombreuses cartes postales dans les albums-photos de mon blog sur Trans en Provence. J'ai également mis en place un nouvel album intitulé : Auberge du Vieux Moulin.

Je vous souhaite de faire des découvertes !

Mise à jour de mes albums-photos - Trans en Provence au fil de la Nartuby

Bonjour à toutes et tous, je vous informe que j'ai mis à jour les albums-photos. J'ai téléchargé de nombreuses cartes postales qui, je l'espère, vous intéresseront. J'ai également mis en place un nouvel album-photos intitulé : Auberge du Vieux Moulin. Bon découverte à vous.

http://www.transenprovence.info

 

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20 janvier 2017

Les cigales : 4 ans sous terre... 3 mois au soleil

 

Cigale

 De juin à août, dans le sud de la France, à partir de Valence, on les entend chanter de l'aube au crépuscule, souvent en choeur parfois en solo. Ce sont les cigales qui caractérisent - avec l'olivier - le climat méditerranéen.

Ce sont les mâles qui chantent... pour écarter les ennemis et effrayer ceux qui voudraient faire leur repas des cigales et de leurs femelles : oiseaux, lézards, couleuvres. Ce "tcht, tcht, tcht" strident et monotone est produit par un organe particulier situé à la partie inférieure de l'abdomen. Le violon de la cigale comporte sept pièces : un muscle entre en vibrations et communique le mouvement à un disque corné relié par un cordon triangulaire à une cymbale qui amplifie le mouvement et débouche dans une chambre sonore munie de plusieurs résonateurs ; elle permet à l'insecte de moduler son chant en laissant passer plus ou moins d'air. Le nom de la cigale vient du latin "cicada" qui signifie "membrane qui chante". Pour se défendre, la cigale dispose aussi de sa rapidité de déplacement grâce à ses ailes, d'une cuirasse coriace et de cinq yeux ultra-complexes. En effet, entre les deux yeux nettement visibles de part et d'autre de la tête et comprenant quatorze mille facetes, la cigale dispose de trois yeux supplémentaires au milieu du front. On comprend qu'il soit si difficle de l'approcher. Cette cigale que vous observez sur le tronc d'un pin... est née d'un des quatre cents oeufs pondus voici quatre ans par une femelle qui a enfoncé sa tarière dans l'écorce des arbres ou des branches mortes un jour de juillet. Mais sur ces quatre cents oeufs, dix peut-être donneront naissance à un insecte adulte. En effet, dès la ponte, un moucheron noir greffe ses oeufs sur ceux de la cigale pour nourrir ses larves qui en détruisent une grande partie. Fin octobre, dès la ponte, la nymphe rampe jusqu'à l'ouverture de la galerie, secrète un fil de soie et se laisse suspendre au soleil. Beaucoup seront dévorées par les fourmis, les araignées ou les oiseaux. Celle qui a survécu voit sa membrane se fendre, elle dégage ses pattes et saute dans le vide. Au sol, la nymphe creuse pendant huit jours avec ses pattes antérieures jusqu'à un mètre de profondeur. Elle trouve une radicelle d'arbre et y enfonce son suçoir. Trois ans passent ainsi. Au printemps de la quatrième année, elle remonte patiemment. A ce moment-là, le froid peut la tuer. En juin enfin, elle perce la dernière couche de terre et monte sur un arbre.  

Cigale cuirasse

 Les trous que vous découvrez dans le sol en juin sont des orifices de sortie des cigales. Une fois sur l'arbre, la cuirasse se fend, la trompe sort de son faisceau, les pattes glissent hors de la peau, les ailes se déplacent, grandissent et sèchent en trois quarts d'heures. En vingt quatres heures, la cigale qui était verte devient noire. Et les mâles commencent à émettre ce bruit strident et monotone qui berse nos journées. Juin, juillet, août : la cigale aura vécu trois mois pour une adolescente de quatre ans. Comme si l'homme ne devenait adulte qu'à soixante dix ans... pour mourir à soixante quatorze ! Avec sa trompe, la cigale aspire le suc des arbres et des plantes qu'elle n'affaiblit pas sensiblement. Aucune comparaison avec les criquets d'Afrique du Nord ou les éphypigères (boudragues) qui dévastent nos collines et nos vignobles. Se nourrir, se dorer au soleil, chanter, vivre sans faire du mal à autrui pendant les mois d'été, la cigale de Provence, n'est-elle pas le symbole même du vacancier ?

Cigale 1 

 Source : Revue d'Information Municipale de Trans en Provence n° 9 - 1985.

 

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19 janvier 2017

Le débordement de la Nartuby en 1827

Sur mon autre blog, vous pouvez aller lire, si cela vous intéresse : Le débordement de la Nartuby en 1827. A rapprocher des inondations du 15 juin 2010 que nous avons subies.

Le débordement de la Nartuby en 1827 - Trans en Provence au fil de la Nartuby

La Nartuby petite rivière entièrement varoise, de 32 km de longueur, a deux sources différentes qui, à environ 1000 m d'altitude sortent de terrains calcaires. Elles sont distantes, à vol d'oiseau, de 20 km l'une de l'autre. La première, à 1km au levant du château de Vérignon, forme la Nartuby d'Ampus.

http://www.transenprovence.info

 

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