Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

La Basse-Provence

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

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23 janvier 2021

Le géant de la Provence

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Surnommé le Géant de Provence ou encore le Mont Chauve, le Ventoux culmine à 1 912 mètres d'altitude. Il fait environ 25 kilomètres de long sur 15 kilomètres de large. Détaché de la chaîne alpine comme une sentinelle avancée, il est dans son environnement un élément incontournable. C'est le point culminant des monts de Vaucluse. Son isolement géographique le rend visible sur de grandes distances, d'où l'origine de son surnom. De son sommet, par temps clair, on peut découvrir l’un des plus vastes panoramas d’Europe. Sur son versant sud, derrière le plateau d'Albion et la montagne de Lure, le mont Viso balise la frontière italienne. Plus au sud, les gorges de la Nesques, le Luberon, la montagne Sainte-Victoire et l'étang de Berre jusqu'à la Méditerranée. Le Nord ouvre un panorama qui part du Sud pour aboutir aux grands sommets alpins, découvrant au passage la vallée du Rhône, les massifs des Cévennes et le Mont Aigoual avant d'atteindre les grandes montagnes autour du Mont Blanc.

Sa nature calcaire est responsable de sa vive couleur blanche et d'une intense karstification due à 'érosion par l'eau, avec la présence de nombreux pierriers vers le sommet. Les précipitations sont particulièrement abondantes au printemps et à l'automne. L'eau de pluie s'infiltre dans des galeries et rejaillit au niveau de résurgences au débit variable comme Fontaine de Vaucluse. L'été, le Ventoux est soumis à des températures caniculaires, mais l'altitude offre une grande variété de climats. En outre, le vent peut être très violent et sa majesté le mistral, souffle pratiquement la moitié de l'année avec des pointes pouvant atteindre 250 km à l'heure. Sa géographie et ce climat particuliers en font un site riche et fragile, constitué de cinq étages de végétation qui abritent 400 genres floristiques, plus de 1000 espèces de plantes peuvent être observées entre 400 et 1900 m, qu'il faut protéger, d'où son classement Natura 2000 et réserve de biosphère par l'Unesco. A préciser qu'il existe 368 réserves dans le monde. Sur les dix réserves françaises existantes, deux, qui sont, le Ventoux et le Lubéron, sont dans le département du Vaucluse. Du fait de la richesse de ses écosystèmes, le Ventoux offre un couvert végétal unique où se côtoient les plantes méditerranéennes (oliviers, chênes verts, lavandes...) et les plantes arctiques telles que le pavot du Groenland, le saxifrage à feuilles opposées...) ces dernières poussant en été dans la caillasse qui recouvre toute la partie sommitale du massif. 

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Des peuplements humains sont avérés au cours de la Préhistoire. La toute première ascension du Ventoux jusqu'à son sommet serait due au poète Pétrarque le 26 avril 1336. Il ouvre la voie, plus tard, à de nombreuses études à caractère scientifique. Par la suite, pendant près de six siècles, le mont Ventoux sera déboisé de façon intensive au faveur des chantiers de constructions navales de Toulon, des fabricants de charbon de bois et des éleveurs d'ovins. Depuis 1966, le sommet de la montagne est coiffé d'une tour d'observation de plus de quarante mètres de haut surmontée d'une antenne.

Alors que l'élevage ovin a presque totalement disparu de ses paysages, la viticulture, le maraîchage, l'apiculture, la récolte des champignons, ainsi que la culture de la lavande sont toujours pratiqués sur ses flancs. En raison de ces particularités, le mont Ventoux est une figure symbolique importante de la Provence ayant alimenté les récits oraux ou encore littéraires, et les représentations picturales artistiques ou cartographiques. Le Ventoux est une escalade redoutable avec des pentes allant jusqu'à 22% et le géant de Provence ne doit pas être sous estimé. Il est exposé à tous les vents, comme son nom l'indique, il accroche tous les nuages, et les conditions météorologiques s'y dégradent plus rapidement qu'ailleurs. Le cyclotouriste n'est pas à l'abri des conditions extrêmes qu'il peut trouver sur les pentes de ce géant. La chaleur infernale ou le froid polaire surgissent sans crier gare et frappent le sommet dénudé et le col des Tempêtes (1841m) qui ont déjà contraint à l'abandon plus d'un courageux.

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Avant d'être parcouru par trois routes principales, permettant ainsi le développement du tourisme et des sports d'hiver ainsi que l'organisation de grandes courses cyclistes (Montée du Ventoux, Tour de France, etc...) le mont Ventoux était sillonné de drailles (chemins) tracés par les bergers à la suite de l'essor de l'élevage ovin entre le XIVème et le milieu du XIXème siècle. Ces chemins ont désormais été transformés en sentiers de randonnées. Des trois voies qui permettent d’atteindre la cime celle du versant Sud est sûrement la plus renommée, car la plus ancienne et surtout la plus spectaculaire. Cette route, construite en 1882, part de Bedoin à 296 mètres d’altitude pour rejoindre 21,600 km plus loin le sommet du Ventoux. Après avoir laissé de côté le joli petit village des Baux de Provence, la route traverse Sainte Colombe puis les Bruns. A partir du fameux virage de Sainte-Estève la pente s’affirme un peu plus, remonte la combe Rolland jusqu’à son origine. Là, abandonnant la compagnie des cèdres, des chênes verts, des pins sylvestres et des hêtres, c'est un autre monde. Elle bifurque vers l’Ouest et poursuit son ascension à travers les étendues désertiques de caillasses blanchies par les éléments. Cherchant alors sa trace, la route, de méandre en méandre, de combe en combe, se fraye un chemin vers le ciel. Au col des Tempêtes, brèche où les vents soufflent avec une violence inouïe, le sommet est tout proche. Son accès reste soumis à un ultime effort, le dernier virage résume à lui seul toute l’intensité de la grimpée. Voilà plus de 1600 mètres de dénivelé franchis en moins de 22 kilomètres de distance ! Cet effort intense et soutenu est récompensé par la vision d’un panorama éblouissant. Que la réputation du mont Ventoux, la beauté et la difficulté de l’ascension conduisent chacun à entreprendre un jour de gravir sa pente. Peu importe le temps mis pour atteindre le sommet car l’essentiel est dans la joie du sommet et dans l’émotion ressentie devant le spectacle des horizons immenses qui s'offrent à la vue des plus valeureux.

 Sources : D'après le site www.lemontventoux.net et Wikipédia, l'encyclopédie libre.

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Carte postale montrant le panorama sur la Provence

16 janvier 2021

Carnoules et l'épopée des locomotives

 

PLM

Le chemin de fer depuis Marseille a atteint Carnoules, en voie unique d’abord, sous le Second Empire. Plus précisément en 1862 pour se prolonger à partir de 1864 jusqu’à Nice. C'est par nécessité qu'en 1864 a été établi un relais permanent pour les locomotives qui a finalement aboutit à l’installation d’un dépôt à mi-distance entre Marseille et Nice. En 1880, la ligne Carnoules-Gardanne par Brignoles et Saint-Maximin est inaugurée, ce qui a pour conséquence de rendre le relais de Carnoules encore plus important qu'il ne l'était auparavant. Jusqu'à la Première Guerre mondiale, tous les trains doivent changer de locomotive à Carnoules. C’est dire l’activité du dépôt, ses ateliers, ses quais à combustible, à cette époque où pratiquement tout le trafic, "marchandises" et "voyageurs" est assuré par le rail. A l'heure de midi et le soir, les trains de voyageurs marquent un long arrêt pour que les passagers puissent se restaurer au buffet de la gare qui ne chôme guère. A signaler que c'est ce restaurant qui sera transformé par la suite en cantine pour tous les cheminots.

Puis le trafic a tendance à s'accroître durant la guerre de 1914-1918, c'est ainsi que le dépôt connaît une nouvelle extension du parc. Après la guerre, il occupe plus de 250 cheminots mais également plus de 150 à son annexe des Arcs (sur-Argens). Mais c'est alors que les grandes grèves de l'année 1920 éclatent. Le mouvement a été déclenché en février dans la région parisienne. Puis il gagne du terrain et en trois jours c'est le pays tout entier qui est en grève. Notre région n'est pas épargnée non plus. Le motif profond en est une revendication salariale face à l’inflation qui accompagne la reprise économique. Mais aussi la défense des droits syndicaux mis à mal durant la guerre où les cheminots, mobilisés sur place ou affectés aux chemins de fer de campagne à proximité du front, ont été soumis à la stricte autorité militaire. La nationalisation des chemins de fer est réclamée, mais en fait, celle-ci n'interviendra qu’une quinzaine d’années plus tard. Cette longue grève qui s’étire, avec des reprises, jusqu’au 28 mai rencontre, auprès de la population, un soutien et des gestes de solidarité qui marquent la mémoire de Carnoules.

Depot de Carnoules

Le dépôt P.L.M. de Carnoules (Carte postale ancienne)

Dans l’entre-deux guerres, le rail supporte courageusement la concurrence croissante de la route. Vers 1930, on compte encore 78 locomotives affectées au dépôt de Carnoules qui résiste vaillamment bien qu'il soit de plus en plus voué à la traction des marchandises, à l’exception de quelques omnibus et à la desserte complète de la ligne de Gardanne. C'est cette dernière ligne justement qui est fermée au transports des voyageurs en 1938. En 1937, sous le Front Populaire est décrétée la nationalisation de toutes les compagnies privées. 

Le déclenchement de la guerre de 1939-1945 ne provoque pas une baisse d’activité du dépôt ni de la gare de Carnoules. C'est en fait tout le contraire qui se produit et bientôt, après la défaite et l’invasion de mai-juin 1940, la pénurie de carburant oblige à reporter sur le rail tout transport de personnes et de denrées. Pour pouvoir répondre à la demande et y faire face, le parc de traction est renforcé par de nouvelles locomotives et par des agents venus travailler depuis d’autres dépôts. Après l’occupation de la zone sud, en novembre 1942, qui est d'ailleurs la date du sabordage de la flotte dans le port de Toulon, la gare et le dépôt subissent la tutelle directe de l’occupant : les militaires et les cheminots allemands en contrôlent toute l’activité. Mais ces derniers doivent supporter la résistance passive et active des cheminots qui subissent eux-mêmes sur la ligne ou encore dans les gares et dépôts, les mitraillages et les bombardements des alliés. C’est dans ce contexte que survient trois mois avant le débarquement des alliés en Provence, le bombardement aérien du 25 mai 1944 par l’aviation américaine. Le site est gravement atteint mais aussi le groupe scolaire et beaucoup d'habitations aux alentours, ce pilonnage débordant très largement l’objectif visé alors. Au total, il y a une trentaine de tués, une centaine de blessés, ce sont des cheminots pour la plupart.

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Carnoules - Le dépôt et la gare (carte postale ancienne)

Le débarquement et les combats de la libération interrompent tout trafic pendant plusieurs mois ; la ligne est coupée par la destruction des viaducs de Bandol, à l’ouest, et d’Anthéor, à l’est. La circulation n'est rétablie qu'à la fin de l’année 1944. A la fin de l'année 1945, les locomotives commandées par la France pour assurer la relève débarquent des Etats-Unis. A la fin de 1946, ces locomotives appelées des "141.R" sont capables d'assurer le service entre Marseille et Nice et, peu à peu remplacent les autres types de machines sur toutes les lignes y compris sur celle de Carnoules à Gardanne. En 1947, malgré la reprise de l’économie, l’inflation croissante et la baisse du pouvoir d’achat provoquent de grandes grèves qui paralysent totalement pendant trois semaines le dépôt et la gare. Au total, beaucoup de sacrifices ont été faits pour peu de résultats concrets et surtout des sanctions sévères pour certains grévistes. Puis, plus tard, l’électrification de la ligne gagne peu à peu du terrain depuis Marseille. Elle atteint Carnoules au milieu des années 60. En décembre 1965, elle est installée jusqu’aux Arcs et elle est enfin achevée en 1969 jusqu’à Nice et plus loin Vintimille. A partir de là, le dépôt de Carnoules est rendu inutile et a perdu sa raison d'être. 

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La locomotive de Carnoules (Photos Nadine)

Pour sauver de l’oubli un siècle d’intense activité ferroviaire, la commune a acquis une locomotive, une "4B9" qui avait été construite en 1893 et avait roulée à Carnoules de 1918 à 1930 et l’a installée, en juillet 1979, à l’entrée du village. Elle est devenue ainsi le monument symbolique de ce passé florissant.

Le 26 juillet 2011, la locomotive a été déplacée de l'endroit où elle se trouvait depuis 32 ans, à l'entrée de Carnoules du côté droit de la route. Un tender acheté par la municipalité a été ajouté. Elle trône désormais fièrement toujours à l'entrée de la ville, au rond point de l'école et du supermarché. Elle est ainsi devenue le véritable emblème de la commune.

Source : D'après un texte paru sur le site officiel de la mairie de Carnoules

Ci-dessous la vidéo du déplacement de la locomotive le 26 juillet 2011.

 

 

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09 janvier 2021

Les moulins à huile dans le Var

Moulin-a-huile

En 1844, on compte 485 moulins à huile dans le département du Var. "Le moulin à huile se compose de trois parties : 1/ La salle d’extraction, où se trouvent le broyeur, la presse, l’appareil à eau chaude et les enfers. 2/ L’estive ou salle de repos des huiles extraites, où l’on emmagasine les huiles des propriétaires jusqu’à ce que ceux-ci puissent venir les chercher. 3/ L’écurie, où se trouvent les chevaux ou mulets employés aux appareils extracteurs". (Latière, H. 1904).

(Nota : les chevaux ou les mulets sont employés dans les moulins dits moulins à sang. De la poutre ou pivot central part un levier qui permet d’atteler l’animal, celui-ci circule autour du socle du broyeur, entraînant la rotation de la meule).

Moulin-a-huile-interieur

Il ne faut pas oublier non plus à l'intérieur du moulin, une pièce destinée au stockage des olives apportées par les propriétaires avant de procéder à la trituration de celles-ci. Après le stockage, l’opération suivante est le broyage ou trituration. Pour cela, on utilise un broyeur composé d’un socle en maçonnerie sur lequel une pierre circulaire de forte épaisseur (meule dormante), est posée à plat. Au milieu, un trou dans lequel se loge l’axe d’une poutre de bois verticale, qui porte sur le côté une meule de grande dimension (meule tournante). Cette meule effectue une rotation sur elle-même lorsque la poutre de bois est mise en mouvement. Le canal formé par les deux meules dans lequel les olives sont jetées est appelé "mare" ou encore "conque". Il est certain qu’au bout de quelques tours de meule on ne voit plus d’olives entières. Une fois écrasées, il faut récupérer la pâte formée par le broyage des olives pour la transporter et la mettre sous presse.

Olives_sous_la_meule

Mise_en_place_des_scourtins

J'ai pris ces deux photos sur le site de Tourtour

 http://tourtour.village.free.fr

 Pour ce faire, on utilise des scourtins ou cabas qui sont des sortes de sacs en sparterie ayant la forme d’un béret. Ces scourtins étaient fabriqués au moyen de fibres diverses : alfa, coco, chanvre, crin, aloès, etc... En 1904, H. Latière écrit : "Les scourtins neufs colorent l’huile et lui communiquent une saveur spéciale, usagés, il faut avoir bien soin de les nettoyer et de les tenir d’une propreté absolue, car ils prennent très facilement un goût de rance qui se communique à l’huile". Dès 1911, J. Ruby proposera l’utilisation de scourtins ayant la forme d’un disque simple. Cela est aujourd’hui en pratique dans tous les moulins ayant encore des presses traditionnelles, la fibre utilisée étant conforme aux normes européennes. La presse est un élément indispensable dans un moulin. C’est là que l’on va mettre en pile les scourtins une fois remplis. La pression va permettre l’écoulement du liquide contenu dans la pâte d’olives, qui est un mélange d’huile et d’eau de végétation. Pour exécuter une forte pression, on utilisait dans l’Antiquité des pressoirs à levier et des pressoirs à vis centrale (la pression est exercée sur la pile de scourtins par une ou deux vis). C’est ce dernier système qui connaîtra au début du XXème siècle le plus de modernisation.

Moulin-2

Au XVIIIème siècle, la construction caractéristique des "chapelles", logement des presses dans un mur aménagé à cet effet, va se répandre dans le Var. Dans l’épaisseur des murs des moulins ont été façonnées des niches voûtées. Au pied de chaque niche se trouve une maie rectangulaire, au bas de la voûte, sur les côtés, un renfoncement pour loger la poutre recevant la vis, au sommet de la voûte un trou pour que la vis puisse monter au maximum, sur les côtés, une rainure dans laquelle glissera la planche posée entre les scourtins et la tête de la vis. A la fin du XIXème siècle, les industriels de la métallurgie proposent des presses entièrement en métal avec des systèmes démultiplicateurs facilitant le pressage. Puis enfin, l’arrivée de la presse hydraulique supprimera ce travail épuisant.

Decantation

Le jus des olives, mélange d’eau de végétation (60 à 65%) et d’huile (20 à 25%) coule de la presse vers un ou plusieurs cuviers. Après quelques instants de repos, les deux liquides se séparent naturellement et avec une casserole ou une plaque ronde en fer blanc appelée "feuille", on enlève la matière grasse. Dans tous les moulins à huile de la contrée, l’huile vierge, soit, celle que l’on obtient sans l’emploi d’eau bouillante est recueillie dans des baquets mobiles qu’on place sous l’appareil de pression, et l’huile entraînée par la seconde pression avec le secours de l’eau bouillante est recueillie dans les mêmes baquets et versée avec l’eau dans des cuviers ou par le repos elle monte à la surface. Cette séparation exige un certain laps de temps après lequel les eaux du cuvier s’écoulent dans des réservoirs connus sous le nom d’enfers. Les enfers sont de grands bassins en maçonnerie placés en cascade, souvent situés à l’extérieur. Ces bassins, de trois à six, voire davantage selon l’importance du moulin, recueillent les eaux grasses : eau de végétation, eau ayant servi au nettoyage des scourtins et des ustensiles. Ces eaux chargées de matière huileuse vont lentement se décanter, le moulinier pourra ainsi prélever pour son compte cette huile non consommable, mais recherchée par les industries (savonneries par exemple).

Source : D'après "L’olivier en terre varoise" – Yves Fattori – Edisud.

 

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02 janvier 2021

Les étrennes, les cartes de voeux, le gui et le houx

 

Le matin des étrennes-Arthur Rimbaud

Le matin des étrennes d'Arthur Rimbaud

Les étrennes

Les étrennes sont des cadeaux offerts obligatoirement en début d'année, au début du mois de janvier. C'est de Rome que nous vient l'usage du premier jour de l'an et des étrennes. Tatius, roi des Sabins, qui par la suite régna sur les Romains conjointement avec Romulus, ayant, après la réunion des deux peuples, regardé comme un augure favorable qu'on lui eût fait présent, au premier jour de l'an, de quelques branches coupées dans un bois consacré à Strena ou Strenia, déesse de la santé et de la force, convertit en coutume ce qui n'avait été que l'effet du hasard, et donna aux présents qu'il reçut depuis au renouvellement de chaque année le nom de Strenae, dont nous avons fait le mot "étrennes". A des branches d'arbre, bientôt les Romains substituèrent des figues, des dattes, du miel, qui sont symboles, comme nos confitures et nos dragées, de toutes les douceurs qu'ils souhaitaient à leurs amis pendant le cours de l'année nouvelle. Les clients joignaient une pièce d'argent aux étrennes qu'ils donnaient à leurs patrons, ce qui était un signe de tribut. Les trois ordres de l'Etat donnaient à Auguste des étrennes dont il employait le prix à l'achat de la statue de quelque divinité. Il pensait que les deniers du peuple devaient être consacrés à des objets d'utilité publique, et ne devaient pas entrer dans l'épargne de l'empereur. L'usage de recevoir des étrennes, tantôt imité, tantôt négligé par ses successeurs, ne s'est définitivement conservé qu'entre particuliers. Les étrennes sont aussi les sommes d'argent que l'on donne aux employés de maison et aux personnels des services de la ville ainsi qu'aux employés des services publics comme les pompiers, le facteur ou les éboueurs...

Source : D'après Wikipédia - l'encyclopédie libre et le site : wwwteteamodeler.com

Argent monnaie

Les cartes de voeux du Nouvel An

Première carte postale de Noël

Première carte postale de Noël dessinée par John Calcott Horsley en 1843

La carte de voeux est une tradition incontournable du Nouvel An. Certains font remonter l'origine de la carte de voeux aux chinois, mais leur apparition en Europe date en fait du Moyen-Age. En fin ou en début d'année, les religieuses envoyaient un menu à leurs familles en l'accompagnant d'une lettre de voeux peinte à la main. Cette tradition a disparue au XVIème siècle pour revenir en force XVIIIème siècle. La première carte de voeux est anglaise. Elle a été dessinée par John Calcott Horsley en 1843. Cette carte lithographiée et coloriée à la main a été éditée en 1000 exemplaires. Dès 1860, l'envoi de carte de voeux s'est généralisé en rencontrant un franc succès. La carte de voeux permet d'envoyer ses voeux de bonne année aux membres de la famille comme aux amis. En fait, il existe deux sortes de cartes de voeux : les cartes de voeux de Noël qui sont envoyées en décembre par les anglais et les anglo-saxons et les cartes de voeux du Nouvel An qui sont envoyées dès le 1er janvier pour souhaiter une bonne et heureuse année à ses proches et à sa famille.

Source : D'après le site : wwwteteamodeler.com

Bonne année

Le gui et le houx

Le gui et le houx présents au réveillon et au repas du Nouvel An sont un héritage des traditions et croyances anciennes. Depuis toujours, le feuillage vert du gui et du houx leur confère des pouvoirs surnaturels. Pour les druides celtes, le gui et le houx portaient bonheur, nous avons gardé l'habitude de nous embrasser sous le gui, le soir du Réveillon de la Saint Sylvestre, en gage de bonheur sentimental et de mariage dans l'année pour les célibataires.

Mais le bonheur n'était pas le seul pouvoir positif du gui, pour les celtes, il permettait aux femmes d'avoir beaucoup d'enfants, il protégeait du mauvais sort et garantissait des récoltes abondantes. Dans la symbolique chrétienne, le houx est plus important en raison de son feuillage persistant et de ses baies rouges, et il était traditionnellement réservé pour Noël. Aujourd'hui le houx est lui aussi utilisé dans la décoration du Nouvel An.

 Source : D'après le site www.teteamodeler.com

Gui et houx

 Je mets le lien pour que vous puissiez aller lire ou relire un de mes article du 2 janvier 2013 qui s'intitule : "Coutumes de l'An neuf" et qui concerne les étrennes et une curieuse coutume sur le mariage.

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27 décembre 2020

Les origines de la saint Sylvestre

 

Nouvel An Repas

Le réveillon du jour de l'an commence le 31 décembre soit le jour de la Saint Sylvestre. Mais qui était donc ce Sylvestre qui a donné son nom au dernier jour de l'année dans le calendrier Grégorien, c'est-à-dire notre calendrier actuel ? Et d'ailleurs l'année s'est-elle toujours terminée le 31 décembre ? 
Sylvestre, dit aussi Sylvestre 1er ou Saint Sylvestre, fut le 33ème pape de la chrétienté, il a vécu au IVème siècle après Jésus Christ, au coeur de l'empire romain, et fut un contemporain de Constantin, le premier empereur romain à se convertir au christianisme.
Une légende médiévale prétend même que ce serait Sylvestre qui aurait guérit l'empereur d'une lèpre incurable en le baptisant. On attribue aussi à Saint Sylvestre d'autres miracles, comme par exemple d'avoir terrassé un dragon ou ressuscité un taureau. Sylvestre a en tout vécu très longtemps et a été pape pendant 22 ans jusqu'à sa mort, naturelle, en 335, c'est d'ailleurs l'un des premiers saint canonisé sans avoir subi le martyre. Encore aujourd'hui personne ne sait pourquoi la Saint Sylvestre a été placée le dernier jour de l'année, car rien dans la vie de Saint Sylvestre ne le lie particulièrement à cette date, sauf peut-être le fait que son règne de pape a correspondu avec la naissance d'une nouvelle époque pour le christianisme, puisque grâce à l'empereur Constantin, le christianisme n'allait plus être persécuté dans l'empire romain. Nouvelle ère, nouvelle année.
Ce serait une belle explication si la date de la fin de l'année au 31 décembre n'était pas une invention assez récente. Les romains qui furent sans doute les vrais inventeurs du réveillon du jour de l'an, avaient fixé celui-ci au 1er janvier.
Ainsi en France jusqu'en 1564, dans de nombreuses provinces l'année commençait le 1er mars, à Lyon c'était le 25 décembre, à Vienne le 25 mars. C'est l'édit du roi Charles IX en 1564, qui mit tout le monde d'accord, dorénavant l'année finirait le jour de la Saint Sylvestre, le 31 décembre.

Source : Auteur Gaël Pollès, journaliste et écrivain.

Complément sur les origines de la Saint Sylvestre

Les origines de la Saint Sylvestre sont multiples et se perdent dans la nuit des temps. Les origines païennes se sont mélangées aux origines religieuses en draînant l'ensemble des croyances populaires et religieuses liées au solstice d'hiver. Les peuples et les cultures anciennes célébraient le solstice d'hiver et on retrouve la même symbolique dans toutes ces croyances et ces pratiques. Dans la Rome antique, on s'échangeait des pièces et des médailles à l'occasion du changement d'année. Cet échange remonte à l'époque du règne du roi Tatius Sabinus, roi des Sabins, qui reçut un bois sacré de la déesse Strenia en gage de bon augure pour l'année à venir. Par la suite, cet échange s'est généralisé à l'ensemble de Rome. C'est ainsi que cette tradition perdure dans les étrennes qui sont remises aux enfants le jour de la Nouvelle année. Une dizaine de jours après les saturnales, les romains organisaient des échanges de voeux à l'occasion de copieux repas qui s'accompagnaient d'offrandes de rameaux verts et de confiseries. Cette période de fête était clôturée par les jeux du cirque. Jusqu'à Jules César, la fête célébrant la fin d'année n'était pas une date fixe, à l'époque romaine, la fête se déroulait généralement en février. Jules César a fixé la fin d'année au 31 décembre. En France, il faut attendre Charles IX pour que le premier jour de l'année, le Nouvel An, soit fixé au 1er janvier. Saint Sylvestre a été pape de 314 à 355. Il est surtout connu pour son combat contre la doctrine d'Arius de Constantinople qui niait la nature divine de Jésus. En réalité, ce Saint a peu à voir avec la Fête du Nouvel an, mis à part son nom. Certains historiens avancent que ce Saint fut choisi uniquement pour son nom qui évoque la forêt. La nature est en effet très importante dans les symboliques et traditions héritées de l'antiquité. Saint Sylvestre 1er reste connu pour ses constructions de grandes basiliques romaines.

Source : D'après le site wwwteteamodeler.com 

Réveillon Saint Sylvestre

 Comme on ne doit pas souhaiter une bonne année bien prospère : "boun annado bèn granado", avant le premier janvier, car cela porte malheur, dans les derniers jours de décembre, on emploie cette formule de politesse :
"bouan bout d'an" c'est-à-dire : bonne fin d'année.

En Provence, le soir du 31 décembre, on se réunit autour de la bûche qui flambe dans la cheminée, on s'embrasse et l'on se dit :
"A l'an que ven !
E, se sian pas mai, sieguen pas men !"
"A l'an qui vient !

Et, si nous ne sommes pas davantage, ne soyons pas moins !"

Je vous dis à mon tour :
 Bono annado 2021, bèn granado e bèn acoumpagnado d’uno moulounado d’autro.
 Qu’aqueste annado vous adugue lou bonur, la pas, la joio, la santa e… forço voio e envanc. Diéu nous doune la gràci de vèire l’an que vèn e se sian pas mai que fuguen pas mens.

Bonne-annee

 

22 décembre 2020

La messe de Minuit

Messe de Minuit

La messe de Minuit est la messe traditionnelle des catholiques qui précède le jour de Noël, lors de la Veillée de Noël. Dans le calendrier lithurgique catholique en vigueur aujourd'hui, la dénomination exacte est "messe de la nuit". La formule "messe de Minuit" s'est imposée, du fait de l'habitude de célébrer habituellement cette messe à minuit. 

La messe de la nuit est la deuxième messe du cycle des quatre messes prévues pour célébrer avec toute la solennité nécessaire l'un des deux événements liturgiques majeurs de l'année, à savoir la naissance de Jésus à Bethléem, traditionnellement nommée "Nativité". Les messes prévues en cette occasion sont : la messe de l'Emmanuel, célébrée la veille au coucher du soleil ; la messe de la nuit ; la messe de l'Aurore célébrée avant le lever du jour ; la messe du jour de Noël.

Cette messe de la nuit est communément appelée "messe de minuit", mais dans la majorité des paroisses françaises elle est célébrée habituellement en début de soirée soit entre 18 h et 22 h. Chaque église organise sa messe de minuit qui est généralement un succès populaire et attire de nombreux non-pratiquants. La messe de Minuit du Vatican, célébrée par le pape, est retransmise à la télévision dans tous les pays à prédominance chrétienne. Les messes de Minuit locales ou celles de Bethléem ont aussi une forte dimension symbolique, émotionnelle, et sont souvent retransmises par la radio ou la télévision.

Messe_de_minuit_aux_Baux_offrande_des_Bergers

Messe de Minuit aux Baux-de-Provence, Offrande des bergers

Au coeur de la nuit, on célèbre le passage des ténèbres à la lumière. Le texte d’Isaïe (9:1-6) annonce la naissance d’un enfant "qui fera se lever une grande lumière sur le peuple". Il sera appelé "Prince de la paix". L'évangile selon Luc (2:1-14) raconte la naissance de Jésus et l’annonce des anges aux bergers. C’est pourquoi la célébration proprement dite commence souvent par une veillée dans l’église, où l’on met en scène la Nativité et où une statue de l’Enfant Jésus nouveau-né est apportée en procession dans la crèche. La proclamation de l’évangile se termine souvent par le chant du Gloire à Dieu.

Une tradition datant du VIIème siècle faisait de la messe de Noël une succession de trois messes : la première messe s’appelait "messe des Anges", la seconde "messe des Bergers" et la troisième "messe du Verbe divin". Ces trois messes étaient mieux connues sous le nom de "messe de Minuit", "messe de l’Aurore" et "messe du Jour". Ce n’est qu’au XIXème siècle qu’on prit l’habitude de les dire à la suite au moment de la veillée de Noël Saint Thomas d'Aquin a conféré à chacune une signification symbolique forte dans la "Somme de Théologie" (III, 83, 2).

Cathédrale Notre Dame de la Seds-Toulon

Cathédrale Notre-Dame-de-la-Seds à Toulon

Depuis la réforme liturgique qui a fait suite au Concile Vatican II, la forme de célébration avec les quatre messes, avec respect des horaires réels, est en vigueur dans les paroisses diocésaines. Le 7 juillet 2007, le pape Benoît XVI a rappelé que la messe traditionnelle n'avait jamais été interdite par le Concile Vatican II. Il a appelé la messe actuelle "messe selon la forme ordinaire du rite romain" et la messe traditionnelle "messe selon la forme extraordinaire". Ce rappel a largement remis en vigueur "les trois messes de Noël" dans les quelque 500 lieux de culte utilisant la forme extraordinaire. La "messe de Minuit", la "messe de l’Aurore" et la "messe du Jour" sont donc faciles à trouver actuellement.

Source : D'après un article paru dans Wikipédia - l'encyclopédie libre 

Vitraux de la Nativité

 

20 décembre 2020

Le lâcher du roitelet le 24 décembre

 

Roitelet

Dans de nombreux villages de Provence, il était d'usage, le 24 décembre, au cours de la messe de minuit, d'associer au moment de l'offrande, un lâcher d'oiseaux et, en particulier, de lâcher un roitelet.

Ce roitelet appelé petouso ou vaqueto, devait avoir été capturé vivant par de jeunes gens partis en troupe dans les champs des alentours. Celui qui saisissait le premier l'oiseau était sacré Rèi de la Petouso ou Rèi de la Vaqueto (Roi du roitelet).

 Nota de Nadine : J'ai vérifié dans le dictionnaire provençal-français : "Lou pichot tresor" (Le petit trésor) de Xavier-De-Fourvieres, ces deux appelations de petouso et de vaqueto. Je vous livre ce que j'ai trouvé :

 - pour petouso : roitelet, troglodyte, également en provençal petouvin : roitelet.

- pour vaqueto : (pour le sujet qui concerne ce texte) troglodyte. Egalement en provençal vaqueirouno : bergeronnette.

 Source : D'après l'Almanach provençal 2007 - Edition Jeanne Laffite

 

Guirlande-roses

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18 décembre 2020

Les santons de Provence

 

 

Tableau des santons

Les santons sont d'origine méditerranéenne. Ce sont de petits personnages que l'on met dans les crèches pour les fêtes de Noël. Le mot "santon" vient du provençal "santoun" : petit saint. C'est le santonnier qui fabrique les santons avec de l'argile. Ils perpétuent les traditions provençales, la vie des hommes et de leur famille. Ils sont les témoins intemporels de la chrétienté et de la résistance du peuple de Marseille aux interdictions de la révolution française (lire plus bas). Ils sont aussi une reproduction de la nativité, des vieux métiers et des personnages traditionnels des pastorales. Les Provençaux se les transmettent de génération en génération et chacun y ajoute de nouveaux personnages au gré des modes et des époques.

C'est à la mi-décembre, qu'on les sort des cartons dans lesquels ils ont dormis toute l’année, emballés délicatement dans du papier ou du frison. Pendant plus d’un mois, ils seront dans la crèche, qui reproduit un vieux village au moment de la nativité, où l’on retrouve les traditions et l’histoire populaire de la Provence.

L’histoire du santon de Provence

Les représentations de la naissance du Christ se multiplièrent à partir du IVème siècle, surtout dans les livres religieux. On a également retrouvé une description de la crèche sur un bas relief d'un sarcophage du IVème siècle conservé dans un musée à Rome, ainsi qu’une représentation de la nativité sur des couvercles de sarcophages paléochrétiens en Arles.

La fête de Noël a été décidée en 354 par le pape Libère (Liberius en latin, il fut le 36ème pape) dans le but de remplacer la fête païenne qui entourait le solstice d'hiver. Dès le XIIème siècle, on trouve de nombreuses représentations sculptées de la nativité, mais également de l'âne, du boeuf, des rois-mages. Un capucin sculpteur marseillais, copie les personnages de la crèche de son couvent en petite dimension pour le peuple.

Creche-de-Noel-vivante

La première mise en scène d'une crèche vivante avec des personnages et animaux, fut créée  en 1223 par saint François d'Assise (dont la mère était originaire de Tarascon), lors d'une messe de minuit à Gréccio (Italie) dans la forêt des Abruzzes. Bien que cette pratique ne fut guère appréciée du souverain pontife Honorius III, elle se répandit dans toute l’Italie et surtout dans la région napolitaine où saint François d’Assise séjourna. Le santon est donc probablement d’origine napolitaine, et c’est d’ailleurs dans cette région que l’on peut admirer les plus belles crèches. Dès la fin du XIIIème siècle, les moines franciscains introduisent la crèche en Provence.

Au XVIIIème siècle, la révolution interdit la messe de Minuit et les crèches d’église. Les Marseillais restés très fidèles à leurs crèches, créèrent des "crèches publiques", réalisées par des particuliers qui les faisaient visiter. L'usage se développa ainsi de monter une crèche dans chaque foyer. Une petite industrie se mit à fabriquer tous les personnages de la crèche. 

Moule_de_Lagnel

Moules de Lagnel au musée de Marcel Carbonel (Photo Wikipédia)

En 1798, Jean-Louis Lagnel de Marseille (1764-1822), conçut les premiers moules en plâtre pour fabriquer ses santons. Avant sa création, les santons étaient faits de plâtre ou de bois. Cette nouveauté technologique permit une production de masse et une plus grande diffusion. Ces "santons d'un sou" permettaient enfin à chacun de posséder sa propre crèche.

Le véritable essor des santons commença au XIX siècle avec l’apparition des premiers maîtres santonniers de Provence. Les personnages d'argile qu’ils créaient étaient empruntés à la vie quotidienne et aux métiers de la rue. Marseille, devenue capitale santonnière se mit à organiser des foires devenues annuelles. Parmi les principales étapes, on notera :

- en 1803, la 1ère Foire de Noël aux Santons et aux Crèches, se déroula sur le cours Belsunce,
- en 1808 la première vente de santons sur le cours Saint-Louis,
- en 1853, la foire se tient boulevard du Muy,
- en 1883, elle s'installe aux allées Meilhan,
- depuis 1897, la foire est devenue annuelle,

De nos jours elle se tient en décembre, sur la Canebière. La 200ème édition a été fêtée en 2003. 

Santons divers

Les personnages de la crèche

A l’origine, la crèche familiale se limitait aux personnages de la Nativité : Marie, Joseph, l'Enfant Jésus et les rois mages.

Les santonniers de Provence s’inspirèrent des vieux métiers traditionnels, du petit peuple de Marseille et des personnages de la Pastorale pour fabriquer leurs santons. Mais chaque santonnier a créé ses personnages avec des détails et des postures qui font sa "marque de fabrique".

L’ange, c’est le messager de la naissance. Le plus populaire est l’ange Boufareù, celui qui souffle, tient une trompette et guide la population vers l’étable. Il peut s’agir aussi d’un ange debout.

La Vierge, elle est assise ou à genoux. Elle contemple l’enfantoun (Jésus).

Joseph et Marie

Joseph, vêtu d’une robe de bure est à genou.

L’enfant Jésus est couché sur la paille et vêtu d’un simple lange.

L’aveugle, issu de la Pastorale Maurel, élégamment vêtu. Il s’appuie sur l’épaule de son fils et recouvre la vue devant l’étable de Jésus.

Bartoumieu, est un personnage sympathique et comique de la Pastorale. Il affiche un air bonhomme à l’allure négligée.

La Bohémienne tient un enfant dans les bras

Le ravi est un personnage à l’air naïf reconnaissable entre tous avec les bras levés au ciel en apprenant la naissance.

Le berger, un des premiers santons. Il peut être jeune ou vieux, à genou ou couché ou encore accompagné d’un mouton.

Les animaux comme l’âne et le bœuf autour de Jésus, mais aussi les moutons donnent le ton à la scène pastorale.

Les rois mages

Les rois mages, son somptueusement vêtus. Melchior est le roi maure avec un turban sur la tête et un ciboire dans les mains. Balthazar appelé le roi blanc, a une cape violette brodée d’or. Gaspard est le roi à genou qui porte un coffret de pièces d’or.

Les autres :

Les femmes : La Comtadine, la femme à la bassinoire, la femme au savon, la marchande de rubans, la femme aux limaçons, la femme à la lavande, la marchande de citrons, la fileuse, la laitière, la marchande de fougasses...

Les hommes : L’homme à la cruche, le tonnelier, le bourrelier, le gitan à la guitare, le marchand de marron, le vitrier, le rémouleur (aiguiseur), le chasseur, le curé, le tambourinaire, le pescadou (pêcheur), le pèlerin...

On retrouve également saint François d’Assise, avec sa robe de bure. Il est le saint patron des santonniers.

Source : D'après un article paru sur le site rene-84.com et lexilogos.com

Le petit monde des santons de Provence

 

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16 décembre 2020

Lou cacho-fiò, la bûche de Noël

 

Cacho fio

La veillée de Noël, scène du cacho-fio - Musée Arlaten à Arles - Carte postale

Fidèle aux anciens usages, pour mon père, la grande fête, c'était la veillée de Noël. Ce jour-là, les laboureurs dételaient de bonne heure ; ma mère leur donnait à chacun, dans une serviette, une belle galette à l'huile, une rouelle de nougat, une jointée de figues sèches, un fromage du troupeau, une salade de céleri et une bouteille de vin cuit. Et qui de-ci, et qui de-là, les serviteurs s'en allaient, pour "poser la bûche au feu", dans leur pays et dans leur maison. Au mas ne demeuraient que les quelques pauvres hères qui n'avaient pas de famille et, parfois des parents, quelques vieux garçons, par exemple, arrivaient à la nuit, en disant : "Bonnes fêtes ! Nous venons poser, cousins, la bûche au feu, avec vous autres."

Cacho-fio

Lou cacho-fio brûle dans l'âtre

Tous ensemble, nous allions joyeusement chercher la "bûche de Noël", qui — c'était de tradition — devait être un arbre fruitier. Nous l'apportions dans le mas, tous à la file, le plus âgé la tenant d'un bout, moi, le dernier-né, de l'autre ; trois fois, nous lui faisions faire le tour de la cuisine ; puis, arrivés devant la dalle du foyer, mon père, solennellement, répandait sur la bûche un verre de vin cuit, en disant : 

Allégresse ! Allégresse,
Mes beaux enfants, que Dieu nous comble d'allégresse !
Avec Noël, tout bien vient : Dieu nous fasse la grâce de voir l'année prochaine. Et, sinon plus nombreux, puissions-nous n'y pas être moins !

Alègre ! alègre,
Mi bèus enfant, Diéu nous alègre !
Emé Calèndo tout bèn vèn…
Diéu nous fague la gràci de vèire l'an que vèn,
E se noun sian pas mai, que noun fuguen pas mens !

Et, nous écriant tous : "Allégresse, allégresse, allégresse !", on posait l'arbre sur les landiers et, dès que s'élançait la première flamme : À la bûche, Boute feu ! Cacho-fiò, Bouto fio ! 
disait mon père en se signant. 

Table de Noël

Et, tous, nous nous mettions à table. Oh ! la sainte tablée, sainte réellement, avec, tout à l'entour, la famille complète, pacifique et heureuse. A la place du calèu (calen, lampe à huile), suspendu à un roseau, qui, dans le courant de l'année, nous éclairait de son lumignon, ce jour-là, sur la table, trois chandelles brillaient ; et si, parfois, la mèche tournait devers quelqu'un, c'était de mauvais augure. A chaque bout, dans une assiette, verdoyait du blé en herbe, qu'on avait mis à germer dans l'eau le jour de la sainte Barbe. Sur la triple nappe blanche, tour à tour apparaissaient les plats sacramentels : les escargots, qu'avec un long clou chacun tirait de la coquille ; la morue frite et le muge (poisson de mer dit aussi mulet de mer) aux olives, le cardon, le scolyme*, le céleri à la poivrade, suivis d'un tas de friandises réservées pour ce jour-là, comme : fouaces** à l'huile, raisins secs, nougat d'amandes, pommes de paradis ; puis, au-dessus de tout, le grand pain calendal***, que l'on n'entamait jamais qu'après en avoir donné, religieusement, un quart au premier pauvre qui passait. La veillée, en attendant la messe de minuit, était longue ce jour-là ; et longuement, autour du feu, on y parlait des ancêtres et on louait leurs actions.

 Source : Extrait de Moun espelido, Memori e raconte en provençal (1906), Mes origines, Mémoires et récits : traduction en français, par Frédéric Mistral (1906).

Explications

* Scolyme : Voilà une plante potagère qui rejoint la cohorte des légumes "racine". Longues jusqu'à 80 centimètres, les racines du scolyme d’Espagne, sont cuisinées comme beaucoup de légumes racines : au jus, à la vapeur, au beurre… Récoltées trop grosses elles deviennent parfois fibreuses et moins agréables à la dégustation. C’est un légume riche en inuline, donc un excellent aliment pour les personnes qui souffrent de diabète…

Source : jaime-jardiner.ouest-france.fr

** Fouace : Fouasse, fougasse, fougace ou fouée sont les appellations données à différents gâteaux, pains et brioches dans différentes régions de France.

Source : Wikipédia

Grand pain calendal

Grand pain calendal 

*** Grand pain calendal : Selon la tradition provençale, la table du soir de Noël doit être dressée à l’aide de trois nappes blanches ; y figurent trois chandeliers, trois "sietoun" (petites assiettes) de blé, puis, au-dessus de tout, le grand pain calendal - "lou pan Calendaù" - fait de pure farine de blé, formé d’une boule centrale avec douze autres autour ; il est piqué en son centre de verbouisset (petit houx des collines) symbole de renaissance. Le pain calendal n’est pas celui de l’ordinaire. Il s’agit d’une miche ronde entaillée en forme de croix. Représentant le Christ, il est accompagné des douze apôtres. On le garnit parfois de myrte (nerto). L’aïeul prend le pain calendal et y fait un signe de croix au dos avec la pointe du couteau ; il le partage en trois : une part pour les pauvres, une part pour le souper, et une part pour les miracles. La dernière est conservée dans l'armoire pour protéger la maison de la foudre et de l'incendie. Puis l’aïeul le répartit aux convives, en priant Dieu d’assurer le pain quotidien à chacun d’eux. On en portait aussi un morceau aux animaux et Marchetti assure que les mariniers et les pêcheurs ne s'embarquaient guère sans en emporter avec eux pour en jeter dans la mer quand elle était coléreuse. Puis vient la formule traditionnelle que l’aïeul récite en arrosant de vin cuit la bûche traditionnelle que l'on met au feu : Alegre ! alegre ! Mi bèus enfant, Diéu nous alegre ! Emé Calendo tout bèn vèn... Diéu nous fague la graci de véire l'an que vèn, E se noun sias pas mai, que noun fuguen pas mens !

Source : D'après un texte du site paroissedemartigues.com

Feu dans la cheminée

 

12 décembre 2020

Les fêtes de Noël en Provence

Les traditions de la célébration de la Noël en Provence commencent le 4 décembre, à la sainte Barbe et se terminent le 2 février à la Chandeleur. Les fêtes de Noël sont appelées les fêtes calendales, elles sont riches de symboles. Empreint de superstitions et de traditions, Noël en Provence est une succession de fêtes, de rites, l’occasion de se retrouver et de faire des cadeaux…

Blé de la sainte-Barbe

Le blé de la sainte Barbe

Planter le blé de la sainte Barbe, 20 jours avant Noël, soit le jour de la sainte-Barbara, reste une des traditions calendales les plus suivies en Provence. Le 4 décembre, il faut faire germer des graines de blé dans trois soucoupes couvertes de coton humide. (Les petits sachets de graines de blé sont vendus dans presque toutes les boulangeries au profit d'oeuvres caritatives). Si les tiges poussent droites et vertes, l’année sera prospère. Ces petits champs miniatures prendront place ensuite dans la crèche familiale et sur la table du gros souper.

La crèche provençale

La crèche et les santons

Le métiers de santonnier fait parti de la tradition provençale. La plus ancienne foire aux santons créée à Marseille en 1803 réunit plus de 30 santonniers en centre ville, sur le vieux port de Marseille (un article suivra sur les santons).

Table du Gros Souper

    Le gros souper 

Le gros souper, c’est celui du 24 décembre, veille de Noël au soir. C’est le repas le plus important de l’année en Provence, repas maigre et fastueux à la fois.

Cacho fio

Reconstitution de la cérémonie du cacho-fio. Salle calendale au Museon Arlaten (Carte postale)

La veillée de Noël : le gros souper et les treize desserts
Jadis, le gros souper était précédé de la cérémonie de "la bûche" (cacho-fio). Le vieux (lou viei) ayant choisi une belle branche de fruitier, souvent d'amandier versait dessus du vin nouveau, puis le plus jeune de la famille l’allumait dans la cheminée, à l’aide d’un bout de bois de la bûche de l’année précédente, et toute la famille chantait. A l’heure actuelle les cheminées ont souvent disparues et la bûche s’est transformée en pâtisserie.
Ah, quelle table !… Quel tableau resplendissant !

Les 13 desserts

Une nappe blanche éclairée de trois bougeoirs et décorée de trois petites assiettes du blé de la sainte Barbe. Le chiffre 3 symbolisant la Trinité. Blé ou lentilles sont symbole de renouveau et prédisent une bonne récolte à venir. L’on sort les plus belles assiettes et les plus beaux couverts, et l’on oublie pas l’assiette de plus pour le pauvre qui passerait par là. 

Selon les traditions, les plats sont présentés tous ensemble.
On y trouve, 1 poisson qui domine : la morue, et tout ce qui suit :

  • Cardons aux anchois,
  • Cardons à la béchamel,
  • Choux-fleur,
  • Sauce aux poireaux,
  • Cèleri à l’anchoïade,
  • Courges en gratin, 
  • et surtout les 13 Desserts impérativement 13 (ce chiffre symbolise Jésus et les 12 apôtres).

Pour vous souvenir des treize desserts, pensez d'abord : trois, quatre, six. Voici pourquoi :

 Trois produits fabriqués à l'occasion de Noël et qui sont des spécialités régionales : le nougat noir, le nougat blanc, la pompe à l'huile d'olive. Les nougats sont un mélange de miel et d'amandes cuites. La pompe est une fougasse à base de fine fleur de farine, d'huile d'olive, d'eau de fleur d'orangers et de sucre, le tout parfumé au citron.

 Quatre fruits frais conservés à l'occasion de Noël : la pomme, la poire, le melon, la sorbe. La sorbe, baie sauvage, ne se retrouve que rarement sur les tables de Noël d'aujourd'hui. C'est pourtant un fruit qui devient délicieux avec le temps, mais qui demande à être délicatement conservé sur de la paille sèche.

 Six fruits secs : la figue, le raisin de Malaga, l'amande, la noisette, la noix, le pruneau. Les quatre premiers sont connus sous le nom des quatre "mendiants" parce que, dit-on, on retrouve dans la couleur de la figue la robe grise du franciscain, dans celle de l'amande la robe écrue du dominicain, dans la noisette la robe brune du carme, dans le raisin la robe foncée de l'augustin. Ne pas oublier que le tout est arrosé de vin cuit dans lequel il est d'usage de tremper les morceaux de la pompe à l'huile.

 Pourtant, l'essentiel n'est pas de connaître par coeur chacun des treize desserts, c'est de pouvoir goûter à chacun après le "gros souper".

 Source : Revue d'Information Municipale de Trans en Provence n° 19 - décembre 1987

Messe de Minuit

La messe de Minuit

En Provence, la messe de Minuit est un des seuls moments de l’année ou les églises sont pleines. La messe de Minuit est marquée par la cérémonie du pastrage, qui est l’offrande de l’agneau dernier né à l’enfant Jésus venant de naître. Ceci symbolise le triomphe de la vie sur les ténèbres, symbole remontant à la nuit des temps et aux origines du christianisme. La messe de Minuit est précédée du Gros Souper qui est partagé en famille. Les treize desserts sont goûtés traditionnellement au retour de la messe.

Les fêtes calandales à suivre : L'épiphanie pour célébrer la visite des rois mages à l’enfant Jésus et la Chandeleur symbole de la purification de la Vierge.

Source : D'après un texte paru sur le site tableaux-provence.com

Nota de Nadine : Après cet article, cinq autres suivront consacrés à Noël : Les santons de Provence, La messe de minuit, Lou cacho fio, La bûche de Noël, les origines de la Saint Sylvestre, Les étrennes, les cartes de voeux, le gui et le houx.

Je vous mets le lien d'un article que j'avais fait passer en 2017 et qui s'intitule : "Noël : la fête majeure de Provence" pour que vous puissiez aller le lire.

Noël : la fête majeure de Provence - Passion Provence

Les Saturnales d'Antoine-François Callet Dans les années 330 alors que l'empereur Constantin officialise la religion chrétienne, l'Eglise décide s'instaurer une fête spécifique afin de célébrer la naissance du Christ. Le choix de la date va s'inscrire dans un contexte de lutte contre le paganisme.

http://www.passionprovence.org

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