Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

La Basse-Provence

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla).

Mon nouveau blog :

Cimetières de Trans en Provence et généalogies transiannes (canalblog.com)

Attention ! Ce blog est pour le moment en cours de construction et il le sera pendant un certain temps, c'est-à-dire, le temps que je fasse tous les articles qui sont prévus, soit un article par tombe. Si vous désirez le visiter, il n'y a pas de problème, il vous suffit de cliquer sur le lien. Merci de votre compréhension.

 

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20 avril 2021

Il était un colporteur : Jean Pierre Coste

Porteballe des Hautes-Alpes

Le colporteur transporte des marchandises pour les vendre, sur son dos, dans une caisse appelée balle, ou dans une petite voiture à bras. Il peut être nommé marchand colporteur, voyageur de commerce ou porte-balle. Il vend des articles de mercerie, des tissus, des livres, des graines, des lunettes, etc... Ce type de commerce connaît son apogée au milieu du XIXème siècle. Les Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence conservent de nombreux documents permettant de retracer le parcours de ces marchands particuliers. Colporteur et célibataire Jean Pierre Coste est né le 15 mars 1874 à Valjouffrey, dans l‛Isère. Le climat y est rude, avec des hivers très longs. Au XIXème siècle, l‛activité dominante y est l‛élevage et les cultures céréalières sont vivrières. Dans cet univers, la pratique du colportage et les migrations saisonnières semblent répondre à trois besoins : économique en raison du manque de subsistances, socio-économique puisque le peu de qualifications professionnelles limite le choix des métiers, culturelle quand le colportage permet un autre mode de vie.

Coste Jean Pierre

Jean Pierre Coste

Fils de paysans, Jean-Pierre a appris le métier de colporteur avec son oncle dès l‛âge de 15 ans. Paysan et colporteur, il s‛en retourne longtemps cultiver la terre familiale en Isère, de Pâques à la Toussaint. Colporteur mercier, il achemine ensuite, de ferme en ferme, depuis Valjouffrey jusqu‛aux Basses-Alpes, de l‛automne au printemps, tout ce qui est utile à la couture : fils, aiguilles, rubans, boutons, etc… Il paie des patentes de 1902 à 1910 en tant que marchand forain. Un document de décembre 1913 le signale comme marchand rouennier ambulant (marchand de toiles de coton de couleur peintes, fabriquées principalement à Rouen).

Carnet de voyage

Carnet de voyage de Jean Pierre Coste du 25 février 1911 au 15 mai 1912

La marchandise est achetée à la Mure et à Sisteron et, à partir de 1900, il loue un local qui lui permet de stocker ses produits. Ses premiers achats ont été faits à crédit, afin de pouvoir constituer un stock. Mariage et sédentarisation : Coste s‛établit à La Javie comme marchand forain en 1902 où il fait la connaissance d‛Emma Garcin. Née en 1881 à Prads, elle y est épicière. Le mariage est célébré le 26 octobre 1905. Un contrat de mariage a été signé la veille chez maître Robert à La Javie. Emma apporte un trousseau constitué de linges, hardes et bijoux, ainsi que son fonds d‛épicerie et de mercerie. Le couple a quatre enfants. Coste continue de colporter mais seulement pour quelques jours et aux alentours de la Javie. Il dort alors chez l‛habitant ou dans des granges. Désormais, il se déplace en voiture à cheval. Jean-Pierre Coste finit par se sédentariser entre 1919 et 1921 à La Javie. En effet, la guerre a lourdement altéré sa santé. Il lui est sûrement devenu plus difficile de courir les routes. Il développe donc le commerce de sa femme. A partir de 1927, il devient buraliste et vend du tabac et des journaux. Emma Coste décède le 30 juillet 1938, son mari le 11 mai 1953.

Source : Traces de vies, itinéraires de Bas-Alpins ordinaires - Exposition présentée par les Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence en 2004.

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Colporteur des Hautes-Alpes

Colporteur des Hautes-Alpes

J'ai trouvé pour vous dans un site sur l'Oisans, un article très intéressant qui traite des colporteurs. Je vous invite à aller le lire.

Petite histoire des colporteurs de l'Oisans

Première partie : Un type d'émigration alpine. Deuxième partie :La fin de l'émigration hivernale dans l'Oisans. Par G. Grandidier Journal des débats, samedi 23 août 1924 De toutes les manifestations que l'activité humaine a su créer pour assurer les relations commerciales entre les groupements sédentaires, le colportage est une des plus curieuses et aussi une de celles qui méritent d'être étudiées à notre époque où la rapidité, la facilité des communications et le machinisme restreignent de jour en jour les initiatives individuelles.

http://freneydoisans.com

J'avais déjà fait un article en 2013 sur le colporteur que vous aviez apprécié. Il était en deux parties : le colporteur et le colportage des livres. Je vous mets le lien si vous désirez le découvrir ou le relire.

Le colporteur - Passion Provence

Chaque année entre la Toussaint et Pâques, les colporteurs venant des vallées les plus reculées des Alpes comme le Queyras ou l'Ubaye, allaient de village et village, leur mallette en bandoulière, et proposaient leur marchandise. Bons marcheurs, ils avaient la vie rude mais ils étaient toujours accueillis avec joie, apportant aux villageois bien des produits nécessaires à la vie quotidienne.

http://www.passionprovence.org

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15 avril 2021

Info de dernière minute !

Bonjour à toutes et tous,
cet article est tout récent, je viens de le terminer pour vous. La passerelle himalayenne de Trans en Provence point d'orgue du circuit touristique de la "Boucle du Calant" vous attend. Elle est enfin ouverte depuis quelques jours. Venez la découvrir en photos et vidéo. Et surtout venez la voir "en vrai" et la traverser pour passer d'une rive à l'autre de la Nartuby.
Bonne lecture et bonne visite de Trans en Provence, mon village.
Ce nouvel article est paru il y a quelques minutes dans mon blog sur Trans en Provence.

Passerelle 9

Passerelle 10

Passerelle 3

La Nartuby vue de la passerelle

Quelques-unes de mes photos

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12 avril 2021

Vincent Scotto, l'homme aux 4000 chansons

Scotto-portrait

Vincent Scotto est né le 21 avril 1874 à Marseille. Il est le fils de Pasquale Scotto d'Aniello et de Antonia Intartaglia, originaires de l'île de Procida située au nord du golfe de Naples.

Il débute comme chanteur à Marseille en 1906 en s'accompagnant à la guitare. L'une de ses toutes premières compositions est adaptée par Christiné pour devenir un succès de Polin, un chanteur de café-concert : "La Petite Tonkinoise". Fort de cette réputation, il monte à Paris. C'est le début d'une production abondante et de qualité, comme : "J'ai deux amours", "Prosper", "La Trompette en bois", "Marinella", "Le Plus Beau Tango du monde", "Sous les ponts de Paris".

Tino Rossi lui doit un grand nombre de ses succès, que Vincent Scotto composa pour lui sur mesure.

Scotto n'est pas seulement l'auteur de 4 000 chansons. On lui doit aussi 60 opérettes interprétées par Alibert (Henri Allibert 1889-1951) son gendre, Paulette Merval, Marcel Merkès...

Opérettes de Scotto

La série des "opérettes marseillaises", sur des livrets de René Sarvil qui était parolier (notamment "Un de la Canebière"), a beaucoup fait pour répandre à Paris, sinon dans le monde entier, une certaine image de Marseille, des Marseillais et des méridionaux, image souvent caricaturale.

Sa popularité actuelle est due également aux nombreuses musiques qu'il a composées pour le cinéma. On ne dénombre pas moins de 200 films à son actif, dont ceux de son ami Marcel Pagnol. Ce dernier lui confia même le rôle-titre dans Jofroi en 1933. Marcel Pagnol, qui lui écrivit un jour ce bel hommage : "Mon cher Vincent, quand tu partiras, tu laisseras cent ou deux cents chansons, des sentiments à toi, des idées à toi, qui feront encore du bien à des gens qui ne sont pas nés".

Il meurt à Paris, le 15 novembre 1952, à l'âge de 76 ans, un an avant la création de son dernier ouvrage, "Les Amants de Venise", au célèbre théâtre Mogador. Il repose au cimetière Saint-Pierre à Marseille.

Depuis 1948, un Prix Vincent Scotto est décerné annuellement par la SACEM pour récompenser la meilleure chanson populaire qui s'est révélée dans l'année.

Source : Wikipédia - l'encyclopédie libre.

scotto

 

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04 avril 2021

Le monument du Dixmude à Pierrefeu

 

Dixmude

A la sortie du village de Pierrefeu du Var, il y a un étrange monument ; une aile de granit rose de 14 mètres de haut qui s'élève vers le ciel. C'est le monument dédié au dirigeable Dixmude.

Pendant la Première Guerre Mondiale, qui a inauguré la guerre aérienne, les ballons dirigeables ont montré leur efficacité pour les bombardements, la reconnaissance navale ou terrestre et l'escorte des convois. Ce sont les forces allemandes qui ont fabriqué les engins les plus performants sous le nom de Zeppelin, du nom de leur concepteur. Le principe était de tendre une enveloppe emplie d'hydrogène sur une structure en alliage lèger.
Dans l'histoire de ces Zeppelin, dont le premier vol eut lieu en 1900, notons le bombardement aérien de Paris, en 1916, la première traversée commerciale de l'Atlantique, en 1928, et l'incendie du Hindemburg, qui fera 35 victimes à New-York, en 1937, et qui scellera la fin de la saga des dirigeables et de leur défaut principal : être gonflés de gaz inflammable.

Base-CuersPierrefeu

Base de Cuers-Pierrefeu (vue aérienne)

Au début des années 20, dans le cadre des dommages de guerre, l'Allemagne vaincue en 1918, doit fournir à la France, deux de ses énormes dirigeables, dont le L72. Après un voyage de Friedrichshafen à Maubeuge, le lieutenant de vaisseau Jean du Plessis de Grenédan en prend le commandement avec un équipage de marins français. Le 12 août 1920, le dirigeable se pose à la base de Cuers-Pierrefeu où l'on vient d'achever la construction d'immenses hangars. Je précise que la Marine nationale utilise toujours de nos jours l'aérodrome. Le dirigeable est long de 266 mètres et a un diamètre de 24 mètres. Il est équipé de 6 moteurs de 260 CH, sa vitesse de croisière est de 77 km/h et sa vitesse maximale est de 110 km/h. Il contient près de 70 000 m3 d'hydrogène.
Le L72 est baptisé Dixmude en souvenir des fusiliers marins français et belges qui héroïquement ralentirent l'avance des allemands en octobre 1914 à Dixmude, ville des Flandres Belges. De 1920 à 1922, de multiples modifications sont entreprises sur le dirigeable. A partir de 1923, le Dixmude effectue de nombreuses sorties (320 heures de vol environ) dont celle dans le sud saharien où il bat le record du monde de vol sans escale : 9 000 kilomètres en 118 heures.

Dixmude1

Le Dixmude survolant la Corse le 17 décembre 1923

   
Sa dernière mission est d'étudier les conditions de navigation aérienne, de jour et de nuit en région désertique. Le 20 décembre 1923, une tempête le contraint à se dérouter. Le 21 décembre, désamparé et touché par la foudre, il explose en vol au large de la Sicile. Seul le corps de son commandant, le lieutenant de vaisseau Jean du Plessis de Grenédan est ramené par des pêcheurs italiens quelques jours plus tard. Sa dépouille est rapatriée par le croiseur Strasbourg. Au total, ce sont cinquante hommes, équipage et passagers qui ont péri dans cette catastrophe.

Dixmude2

La municipalité de Pierrefeu ouvre alors une souscription nationale pour ériger un monument à la mémoire collective et au patrimoine historique. Il est inauguré le 22 mai 1927, par Monsieur le président Georges Leygues,
ministre de la marine.

Sources : D'après le livre "Côte d'Azur insolite et secrète"- Jean-Pierre Cassely - Editions Jonglez et le site internet Aerosteles-hydoretro.net - article sur le Dixmude.

 

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01 avril 2021

Poisson d'avril !

1er avril

Le 1er avril est traditionnellement le jour où l’on fait des plaisanteries à ses proches. La plus célèbre étant d’accrocher un poisson en papier dans le dos d’une personne le plus discrètement possible puis de s’écrier "Poisson d’avril !" une fois la blague découverte. Ces dernières années, les médias (presse, radio, télévision, internet) ont également repris cette coutume en diffusant des informations inventées de toutes pièces mais qui peuvent cependant sembler crédibles, dissimulées parmi les actualités du jour.

Une question se pose : à quand remonte l'origine de cette tradition ? En fait, il existe plusieurs thèses. La plus connue la ferait remonter à 1564. Charles IX, alors roi de France, décida de réformer le calendrier. Jusqu’à cette période, l’année civile ne débutait pas à la même date selon la province où l’on habitait : à Lyon par exemple, elle commençait le 25 décembre, ailleurs à Pâques, et dans certaines régions le 25 mars avec une prolongation des fêtes jusqu’au 1er avril. Et c’est en terre Dauphinoise, à Roussillon (Isère) que Charles IX, alors âgé de 11 ans, parapha l’Édit de Roussillon, qui fit commencer l’année le 1er janvier. Cette date sera étendue à l’Europe chrétienne par le pape Grégoire XIII.

Mais on ne change pas les habitudes calendaires par le paraphe d’un édit et beaucoup n’étaient même pas au courant que la date de la nouvelle année avait changé, aussi de nombreuses personnes ont continué à célébrer la nouvelle année jusqu’au 1er avril. Et ce serait pour se moquer d’elles que quelques farceurs auraient eu l’idée de leur offrir des faux cadeaux, des cadeaux pour s'amuser, pour rire tout simplement... Et c’est ainsi qu’à partir de ce jour-là, chaque année le 1er avril, petits et grands auraient pris l’habitude de se faire des blagues et des farces. D’autres hypothèses rattachent cette tradition aux fêtes de Pâques, le 1er avril s'inscrivant dans le carême, période du jeûne, où la consommation de la viande était interdite et où l'on s'offrait des poissons. D'autres anecdotes viennent du monde des pêcheurs et selon les pays, le poisson étant rare en avt donc difficile à attraper, l’une des farces les plus fréquentes était donc d’offrir de faux poissons aux personnes crédules, et c'est ainsi que le poisson d’avril est ainsi devenu une tradition ! Il y a une autre explication possible qui est liée cette fois au calendrier zodiacal, c'est que le mois d’avril correspond au signe des Poissons, c’est donc cet animal qui aurait été choisi pour symboliser cette fête.

Poissons

Poissons et chats

En France, au début du XXème siècle, on s’envoyait de jolies cartes postales, toutes ornées d’un poisson d’avril et richement décorées. On s’écrivait, pour cette occasion, des messages chaleureux, et on s’envoyait des voeux. C'était la fête de l'amour et de l'amitié.

Source : D'après un texte paru le 1er avril 2021 sur la page d'accueil du site des Archives départementales des Hautes-Alpes

 

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27 mars 2021

Les trois soeurs provençales

Silvacane

La Provence, possède trois magnifiques abbayes fondées par les moines Cisterciens : Silvacane, Sénanque et Le Thoronet, elles sont surnommées "les trois soeurs provençales". Elles sont toujours là toutes les trois depuis des siècles à nous émouvoir par leur beauté et leur sobriété. Elles ont traversé le temps même si l'Histoire leur a réservé de bien sombres épisodes comme les guerres de Religion ou la Révolution française. En leurs murs, la vie était austère, entièrement tournée vers la prière, la méditation mais aussi des travaux plus physiques destinés à assurer une indépendance et une autosuffisance au quotidien. L'aînée des trois s'appelle Silvacane. Elle est sise à la Roque d'Anthéron dans les Bouches-du-Rhône. Construite en 1144 au bord de la majestueuse Durance sur une forêt de roseaux d'où son nom (silva-cane), autrement dit une zone de marécages. Elle a été fondée par saint Bernard (Bernard de Claivaux). C'est lui qui prêcha la deuxième croisade dont l'issue fut parmi les moins glorieuses en l'an 1148, année qui vit la naissance de sa soeur cadette... Sénanque.

senanque

L'Abbaye de Sénanque est située sur la commune de Gordes, dans le département du Vaucluse, au sein d'un vallon où coule la Sénancole. C'est la seule qui abrite encore en ses murs une communauté monastique. Elle est idéalement placée au fond d'une petite vallée et il est recommandé de la visiter quand les lavandes sont en pleine floraison. Son fondateur est moins célèbre que saint Bernard mais il n'en est pas moins illustre : il s'agit d'Alphant qui était évêque de Cavaillon. Une partie se visite comme le cloître ou encore la salle capitulaire. Les moines s'y réunissaient, assis sur des gradins, pour lire et commenter les Écritures, recevoir les voeux des novices, veiller les défunts et prendre d'importantes décisions.

le-thoronet

La troisième est l'abbaye du Thoronet qui fut fondée en 1160 à une époque où la Provence relevait du Saint-Empire romain germanique sous l’autorité de Frédéric 1er Barberousse. L’empire s’étendait de la Bohême au Rhône. Le Thoronet constitue la première présence cistercienne dans cette région. Avant de fonder l’abbaye du Thoronet, la première communauté de moines venus de l'abbaye de Mazan en Ardèche s’installa, le 14 avril 1136, sur la commune de Tourtour, à Notre-Dame de Florielle (ou Florieye) à une journée de marche au nord-ouest de l’actuel site du Thoronet. Cette première implantation eut lieu grâce au don d’une partie des terres de la famille de Castellane. Malgré d’autres dons importants de terrains, la nouvelle communauté installée à Notre-Dame de Florielle ne trouva pas les conditions idéales à son développement et décida de se déplacer sur une des terres qu’elle possédait déjà et qui leur avait été léguée par le catalan Raymond Bérenger, comte de Provence. Le premier acte de fondation de 1157 marque l’abandon définitif du site de Notre-Dame de Florielle qui devient un simple prieuré, pour le massif de l’Urbac dans la forêt de la Darboussière au sein de la seigneurie de Séguemagne, lieu d’implantation de la nouvelle abbaye.

Source : Livre "Les trois soeurs provençales : Le Thoronet, Silvacane, Sénanque" - Serge Panarotto - Edisud

 

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20 mars 2021

Et le Var perdit son fleuve

Var-1854-2b

On le sait, il y a plus de deux siècles, le Var n’existait pas. Il était un morceau de la Provence. Un gros morceau, un beau morceau mais sans "frontières" à lui, ni nom de baptême. Certes, comme ses quatre-vingt deux départements frères, il est le fruit du mariage de dame Révolution avec les députés de l’Assemblée nationale. Mais l’accouchement ne se fit pas en un jour. Il fallut d’abord couper la Provence en trois (Basses-Alpes, Bouches-du-Rhône, Var) pour ne pas dire en quatre, le Vaucluse étant maltraité à part, avec ses Etats pontificaux, sa Principauté d’Orange, et autres confins montagnards aux limites fluctuantes. Mauvais présage que cette naissance par chirurgie violente ? En fait, la gestation fut longue et difficile. Entre la conception en Chambre le 20 décembre 1789 et la proclamation de la naissance du Var par l’Assemblée d’Aix-en-Provence le 26 septembre 1790, il s’écoula… neuf mois, ce qui paraît assez conforme à l’ordre naturel des choses mais n’alla pas sans malaises ni crises.

Avant même le décret national (février-mars 1790), qui sanctionnait le découpage de la Provence, les députés d’Aix-en-Provence et de Marseille s’affrontèrent durement et les troubles de la fin 1789 repartirent de plus belle en avril et mai 1790, à Toulon comme à Marseille où les émeutiers s’emparèrent de trois forts non sans avoir massacré le major de Bausset. Il fallut attendre juillet 1790 pour voir les administrations départementales s’installer respectivement à Aix-en-Provence, Digne et Toulon, pour la première fois préfecture avant la lettre. Enfin, le 28 septembre 1790 seulement, la Chambre d’Aix-en-Provence proclama le décès, sur papier, de la Provence, morte en donnant le jour à trois enfants reconnus, dont le Var. L’antique Provence n’avait pas dit son dernier mot car elle en avait vu d’autres au cours de son Histoire. Mais le nouveau-né fut tout de même bien accueilli. Grand et fort, il était l’un des plus vastes parmi les 83 départements de la Nation nouvelle. D’Ouest en Est, il s’étalait jusqu’au bout de la France, jusqu’à la frontière des Etats sardes, autrement dit, le comté de Nice. Mais c’était bien trop beau pour que cela demeure ainsi. L’avenir lui ménageait des turbulences et des avanies dont il se serait bien passé. Les premiers pas de cette valse varoise des préfectures les promenèrent successivement de Toulon à Grasse puis à Brignoles pour terminer à Draguignan et finalement en 1974 revenir à Toulon. Cela ne se fit pas sans cris, sans grincements de dents, sans heurts, mais malgré les protestations, les manifestations, les affrontements avec les CRS, etc.…  rien n’y fit. La préfecture fut déplacée à Toulon et Draguignan devint sous-préfecture.

Mais revenons en arrière au temps de la tourmente révolutionnaire. Le grand port militaire qui s’ouvrait sur la Méditerranée allait perdre, en 1793, non seulement le siège du département mais également son nom. En effet, Toulon prit le nom de Port-la-Montagne et ce n’était qu’un début. On ne savait pas encore à l’époque, qu’à son tour, le nom même du département allait être menacé de disparaître. En 1860, le Comté de Nice fut rattaché à la France. Pour des raisons d’équilibre, il fallut agrandir le nouveau département des Alpes-Maritimes. Pour cela, comme naguère on fit de la Provence, on trancha dans le Var. On l’amputa, on lui arracha un grand et beau morceau : rien moins que tout l’arrondissement de Grasse, ex-préfecture du Var et du même coup Cannes, la future perle de la Côte d’Azur.

Le cours du Var

Savez-vous ce que l’on nous donna en compensation ? Le Var eut le droit de garder son nom ! Une histoire de fou car désormais depuis cette amputation, le fleuve Var, qui a donné son nom à notre département, ne coule plus dans le Var ! De sa source à son embouchure, il coule dans le département des Alpes-Maritimes. C’est d’une logique que je vous laisse apprécier ! Mais cela ne fait rien. Cela ne nous empêche pas d’être de bons et fidèles varois. On y tient à notre nom de baptême, celui que l’on a reçu quand le Var était encore plus grand, sur les fonts baptismaux de la Révolution.

Source : D’après un article écrit par Jean Rambaud dans "Ça s’est passé à Toulon et en Pays varois".

 

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13 mars 2021

Le costume niçois

Costume-Blason-Nice

Comme partout ailleurs, les habitants du Comté de Nice, se sont habillés de mille façons au cours des siècles. Cependant, le folklore niçois a retenu son costume traditionnel en fonction de son histoire riche et tourmentée. Ce sont les Grecs qui ont fondé la cité de Nikaia (Nice) au IIIème siècle avant J.C. Ceux-ci étaient des pêcheurs et des paysans. De par leur origine et leur situation géographique, les Niçois ont perpétué ces deux activités jusqu’au XIXème siècle. C’est pourquoi le costume traditionnel porté par les danseurs lors des fêtes rend hommage aux pêcheurs et aux bouquetières d’antan.

 Costume niçois

Le costume masculin 

Le costume niçois porté par les garçons reprend l’habit traditionnel des pêcheurs niçois.

Il est généralement constitué des éléments suivants :
- une chemise en toile blanche à large col fermé par une cordelière en coton de couleur rouge.
- une culotte à la "Matelote", sorte de corsaire en toile rayée rouge et blanche retenue à la taille par une très longue ceinture en laine rouge bordée de velours noir, la taiola.
- une veste taillée court avec un col et un revers, en gros drap marron.
- un bonnet de laine rouge, bordé de velours noir.
- des espadrilles en toile blanche et semelles de sparte.
Il existe des variantes de ce costume comprenant une culotte blanche à fines rayures bleues et un foulard à carreaux bleus et blancs, noué sur la chemise blanche.
Dans ce cas, la ceinture et le bonnet sont également bleus.
Dans les villages du Comté de Nice, les hommes portent des pantalons en gros velours brun arrêtés au-dessus du genou, des bas de coton et des souliers noirs (parfois ils sont chaussés de sabots).

Bouquetière

Le costume féminin 

Le costume niçois porté par les filles est celui des bouquetières.

Il se compose de :
- une jupe en toile avec des rayures rouges et blanches et bordée de deux rangées de velours noir.
- une chemisette blanche agrémentée de dentelles anciennes, avec des manches bouffantes.
- un corset de velours noir fermé sur le devant par un passement noir.
- un tablier et un châle en satin noir brodés.
- un grand chapeau rond et plat en paille tressée, appelé "capelina".

- des chaussures noires de modèle ancien.

Les avant-bras sont recouverts par des mitaines noires. Les dessous comportent un jupon et un pantalon serré au genou par des rubans, ainsi que des bas de coton blanc.

 Source : D'après "Costumes niçois - Des vêtements populaires du XIXème siècle aux costumes folkloriques actuels" Dominique Veux-Rocca.

Juan-les-Pins

 Légende de cette carte postale :

Mon sourire, mes fleurs et, sous mon tablier : Juan les Pins

 

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06 mars 2021

Les cinq voeux de la naissance

Bebe

Autrefois, en Provence, comme dans les autres régions de France, les sages-femmes s'occupaient des naissances, ne faisant appel aux médecins que lorsqu'il y avait un problème. Une vieille coutume, permettait à celle qui coupait le filet de l'enfant, c'est-à-dire la petite membrane qui se situe sous la langue, de recevoir une pièce de 25 centimes percée en son centre.

Après la naissance du nouveau-né, la tradition voulait que les premières personnes qui venaient voir le bébé, en général des voisines de la maisonnée, lui présentent des cadeaux qui symbolisaient des voeux pour ce dernier. Ces cadeaux apportés à la mère étaient censés proféger l'enfant au cours de chaque étape de sa vie. C'est pourquoi cette tradition était fort importante et devait être respectée à la lettre si l'on voulait que l'enfant ait une vie sans embûche. 

Les offrandes apportées avec cérémonie étaient au nombre de cinq : il y avait tout d'abord du pain, puis du sel, ensuite une allumette, et encore un oeuf ainsi qu'au final du miel. Ces voisines disaient alors à tour de rôle au-dessus du berceau (lou brès) où l'enfant était couché : 

- Que siègue boun coume lou pan (qu'il soit bon comme le pain) ;
 - Que siègue san coume la sau (qu'il soit sain comme le sel (symbole de bonne santé) ;
- Que siègue dre coume uno brouqueto (qu'il soit droit comme une allumette) ;
- Que siègue plèn coume un ioù (qu'il soit plein comme un oeuf (au sens de : qu'il soit comblé de biens matériels et spirituels) ;
- Que siègue dous coume lou mèu (qu'il soit doux comme le miel).
Avec ces voeux on pouvait dire que le bébé avait toutes les chances de son côté et qu'il était paré pour affronter la vie et ses vicissitudes. 
Cette tradition s'est hélas perdue de nos jours dans les familles provençales, à l'heure où les présents sont des jouets, des vêtements, etc...

Source : Almanach provençal

Naissance-du-nistoun

Scène de la visite des voisins à l'enfant reconstituée avec des santons

 

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27 février 2021

La foire de Beaucaire

Foire de Beaucaire

Gravure représentant la foire de Beaucaire

Notice sur La foire de Beaucaire par Hector Rivoire - Extrait des Mémoires de l'Académie de Nîmes 1842-1843-1844
La ville de Beaucaire dépendait autrefois de la Provence ; Raymond Béranger, premier de ce nom, comte de Provence, la céda à Alphonse, comte de Toulouse, par acte passé le 15 décembre 1125. Pendant la guerre des Albigeois, cette ville parut fort attachée aux intérêts de Raymond VI, comte de Toulouse. C'est pour la récompenser de son zèle que ce prince y établit une foire, par lettres patentes du 12 avril 1217, par lesquelles il ordonne qu'elle serait tenue, tous les ans, le 22 juillet et les trois jours suivants. Raymond le jeune, fils de Raymond VI, confirma l'existence de cette foire et les privilèges que son père y avait attachés.
Il parait qu'avant cette institution légale de Raymond VI, il existait à Beaucaire un marché très important à la même époque. Il en est parlé pour la première fois dans un acte portant la date de 1168. Comme de nos jours, une grande affluence de négociants de toute nation se rendait à cette foire pour y faire des achats, des trocs ou des ventes. Cette foire commençait, toutes les années, le 22 juillet, jour de la Sainte Madelaine. Quoique sa tenue ordinaire ne fût alors que de trois jours, sans y comprendre les dimanches et les fêtes, elle durait ordinairement sept à huit jours. Les marchandises qui s'y vendaient pendant ce temps-là, et qui en sortaient pour les pays étrangers, étaient exemptes des anciens droits forains et du droit appelé Saint-André. Sous le règne de Charles VIII, la province du Languedoc ayant été réunie à la couronne, ce roi après la mort de Louis XI, son père, qui eut lieu en 1483, confirma les anciens privilèges de la foire de Beaucaire, et y ajouta un nouveau privilège, en ordonnant que les fêtes qui se rencontreraient après le 22 juillet, ne seraient point jours utiles, et que toutes les marchandises qui sortiraient de cette foire seraient affranchies de tout droit.
Pendant l'année 1539, le fermier des droits appelés "reve et haut passage", qu'on levait alors en Languedoc, et qui ont été depuis réunis aux droits forains, entreprit d'y assujettir les marchandises qui sortaient de la foire de Beaucaire. Il fut débouté de sa prétention par une sentence de la Chambre du domaine, qui fut confirmée par un arrêt du Conseil en 1560. Les privilèges de cette foire furent confirmés, la même année, par lettres
patentes du roi François II.
Une autre tentative, faite par le fermier en 1604, eut un résultat plus heureux. Il prétendit assujettir au cinquième denier des anciens droits forains, les marchandises et les denrées sortant de cette foire, comme l'étaient celles qui sortaient des foires de Lyon. Les consuls de Beaucaire s'opposèrent d'abord à cette mesure ; mais ils se désistèrent de leur opposition, lorsque le fermier leur eut accordé la franchise annuelle de sortie d'une certaine quantité de blé et de vin. Cette prétention du fermier fut confirmée par un arrêt du Conseil, en 1605. Louis XIII, en confirmant les privilèges de la foire de Beaucaire, déchargea les marchandises de ce droit, et, par arrêt du 24 mars 1611, il le réduisit, par forme d'abonnement, à 1 500 livres par an, payables au fermier par les marchands. La même année, ce roi défendit, par un autre arrêt, de faire des entrepôts de marchandises à Beaucaire, avant les quinze jours qui précédaient l'ouverture de la foire. Il ordonna qu'il n'y aurait que les marchandises débitées, vendues ou échangées pendant cette foire qui pourraient jouir de la franchise. Cet arrêt fut confirmé sous le règne de Louis XIV, par l'article 293 du bail passé à Versailles, le 18 mars 1687, à Pierre Domergue, adjudicataire général des fermes de Sa Majesté. Le fermier prétendit encore, quelque temps après l'abonnement de 1 500 livres, en 1611, que la fête de Sainte Anne, qui se trouve après le 22 juillet, serait comptée pour jour "util" ; mais il fut débouté par arrêt de 1615.
Le droit d'abonnement de 1 500 livres subsista jusqu'en 1634. Le roi Louis XIII, qui l'avait établi, en déchargea les consuls, marchands et habitants de Beaucaire ; mais, par le même édit, il ordonna qu'on payerait, pour les marchandises sortant de la foire, la réappréciation des anciens droits forains portés par l'édit de Béziers de 1632, aussi bien que les droits locaux, domaniaux, et tous les autres droits, lorsque les marchandises passeraient par des localités où ils seraient dus.
Par l'article 292 du bail de Pierre Domergue, il était expressément stipulé, que les marchands et les négociants jouiraient du droit forain de 1542, seulement pour les marchandises et les denrées qu'on aurait déballées et exposées en vente pendant la foire, dans les places et dans les magasins. Depuis cette époque, on fit payer la réappréciation pour les marchandises allant en pays étrangers ou dans certaines parties de la France. On fit aussi payer les droits domaniaux avec leur augmentation ; les marchandises et les denrées sujettes à ces droits étaient : les bestiaux, les grains, les légumes, les toiles et les vins.
La réappréciation que l'on percevait sur les marchandises qui y étaient sujettes en sortant de la foire, était une augmentation du droit forain de certaines marchandises évaluées à un trop bas prix dans l'ancien tarif de la foraine. Cette réappréciation les rapprochait, il est vrai, de leur juste valeur, mais augmentait les droits en proportion.

Foire de Beaucaire et partie de Tarascon

La ville de Beaucaire était, autrefois, en usage de donner un mouton, un tonneau de vin et un sac de pain au patron de la première barque qui y arrivait chargé de marchandises pour la foire ; l'usage de donner un mouton s'est conservé, et la ville de Beaucaire, représentée par la personne de son maire, offre cette récompense au premier bateau chargé de marchandises qui vient s'installer pour la foire.
La publication de la foire se faisait autrefois, comme aujourd'hui, le soir du 21 juillet, veille de la Madeleine. Les consuls, en habit de cérémonie, se portaient sur toutes les places publiques, ainsi que sur les bords du Rhône, et y faisaient publier, à son de trompe, l'ouverture de la foire pour le même jour à minuit. La franchise commençait dès que minuit sonnait, et l'on pouvait alors commencer à débarquer les marchandises. Le dernier jour de la foire, les consuls de Beaucaire allaient encore en cérémonie sur toutes les places et sur les bords du Rhône, pour y faire publier, à son de trompe, la clôture de la foire et de sa franchise, à minuit du même jour.
Cette foire se tenait jadis dans l'enceinte de la ville ; mais, sa réputation s'étant bientôt accrue, on l'étendit jusque dans la campagne, à l'extérieur de la ville, et sur les bords du Rhône.
Au commencement de la révolution de 1789, la crise politique porta un préjudice réel aux opérations commerciales de la foire de Beaucaire. Les années 1790 et 1791 se présentèrent sous de fâcheux auspices ; les négociants étaient encore en suspens, et ne se hasardaient qu'avec crainte à faire transporter leurs marchandises dans cette ville. Les importations étrangères, surtout celles d'Italie et d'Espagne, diminuèrent sensiblement, et le mouvement commercial ne commença qu'au milieu des craintes et de la défiance. Cette hésitation s'est, du reste, faite remarquer à chaque époque fertile en événements politiques ; la paix a été seule, de tous les temps, la plus puissante garantie de la prospérité de ce grand marché.
Ainsi que par le passé, les chargements des bâtiments Catalans, consistent, aujourd'hui, en barils d'anchois et de sardines, en lièges, en planches ou en bouchons, en vins, en citrons et en oranges, venant des iles Baléares. - Les chargements venus d'Italie se composent de riz, de citrons, de balais, d'oranges, de confitures, de vermicelles, d'huiles, d'objets de mercerie, de parfumerie et de quelques étoffes. A ces importations, on peut joindre les marchandises de l'Allemagne et de la Suisse, qui descendent le Rhône, comme les marchands lyonnais, bourguignons, etc... et viennent débarquer, sur la rive droite du grand fleuve, les marchandises servant à alimenter la foire. En remontant le Rhône à son embouchure, les commerçants du Levant se joignent aux navires espagnols et italiens, parcourent une distance de 45 kilomètres environ, qui sépare Beaucaire de la Méditerranée, et apportent dans ce marché les ouvrages et les productions de leurs pays. D'un autre côté, le canal d'Aigues-Mortes facilite les transports qu'un encombrement à l'embouchure du Rhône rendait difficile. Tous ces moyens de communication font de cette foire une des plus remarquables de l'Europe.

Foire de Beaucaire en couleurs

Les soies qu'on vend à Beaucaire subissent assez fréquemment une grande variété dans les prix ; les doupions, les bobines, les belles croisées et les soies fines, sont les qualités qui s'y vendent plus couramment. Les soieries, telles que foulards et autres tissus, gants, etc. supportent difficilement à Beaucaire, la concurrence de la fabrique de Lyon ; il faut attribuer à cette lutte la baisse assez régulière qu'éprouvent ces articles pendant toute la durée de la foire. Le même inconvénient se reproduit pour la fabrication et la vente des châles, qui formaient, il y a quelques années, la branche la plus importante des ventes de la foire, avec les robes, les fichus et les petits châles de mode. L'article des châles a repris cependant depuis peu de temps, une nouvelle importance qui semble lui promettre un grand développement pour l'avenir. Les draps de Bédarieux, de Chalabre, de Carcassonne ; les toiles de Grenoble, de Voiron, etc... , se placent avantageusement pendant cette foire. Les toiles peintes, les tissus de coton, les calicots, les indiennes, la bonneterie, le chanvre, les objets de mercerie, de quincaillerie et de mégisserie, forment, chacun dans sa partie, un commerce avantageux, et viennent augmenter la profusion de toute espèce de marchandises qu'on rencontre tous les ans à Beaucaire. 
Les fers, tels que poterie de fer, fontes, clouterie, y ont un débit assez régulier ; il n'en est pas ainsi des vins et des huiles, de la verrerie et de la droguerie, qui s'y vendent avec difficulté. Les savons et les sucres, la bijouterie, l'horlogerie, les salaisons en tous genres, et les bois de service, sont aussi dans le nombre des différentes espèces d'industrie qui viennent prêter leur concours aux vastes et rapides opérations qui ont lieu annuellement pendant cette foire remarquable. 
Au milieu de ce grand mouvement industriel, se placent à leur tour, et indifféremment, dans tous les quartiers de la ville, les établissements ouverts à la curiosité au au délassement. Les cafés, les restaurants et les spectacles bruyants qu'attire toute foire un peu importante, se trouvent réunis à Beaucaire ; la belle promenade, connue sous le nom de Pré, est toujours le lieu où viennent se grouper de préférence ces divers établissements.

Foire de Beaucaire noir et blanc

Un bail à loyer, dont la durée est ordinairement de six années, est proposé périodiquement, par le Conseil municipal de Beaucaire, aux adjudicataires qui se présentent pour obtenir l'autorisation de construire des baraques ou des échoppes sur la prairie, plus généralement connue sous le nom de Pré. Le cahier des charges de ces adjudications s'étend aussi aux autres lieux où les constructions peuvent être autorisées. Le haut commerce et les industries autres que celles qui portent sur les objets de consommation, la quincaillerie, la parfumerie, etc..., s'installent dans l'intérieur de la ville, d'après un plan proposé par l'autorité municipale.
Depuis un temps immémorial, une décharge est accordée aux fermiers des baraques ou échoppes du champ de foire, pour cause d'inondation extraordinaire du Rhône, qui longe cette partie de la prairie. La peste, la famine, les troubles politiques, les incendies, et autres accidents imprévus qui peuvent s'opposer à la prise de possession des baraques et à la vente absolue des marchandises, déchargent aussi le fermier du paiement du loyer, et prolongent son bail pour autant d'années que la jouissance en a été interrompue. Ces clauses, qui figurent au cahier des charges chaque fois qu'on renouvelle les adjudications, sont rarement mises en vigueur.
L'histoire ne rapporte qu'un seul fait remarquable au sujet de la suspension entière de cette foire ; la date de ce fait remonte à l'année 1720, pendant la dernière invasion de la peste à Marseille.
Le mois de juillet fut, de tout temps, l'époque choisie pour la tenue de la foire de Beaucaire, dont la durée, avant le 7 janvier 1807, n'était que de trois jours. Depuis lors, elle a été portée à sept jours, et s'ouvre le 22 juillet de chaque année, ce qui lui a fait donner le nom de Foire de la Madeleine.

Pont_de_Beaucaire_à_Tarascon

Il serait difficile d'établir d'une manière exacte le chiffre des opérations commerciales qui se traitent pendant le cours de la foire de Beaucaire. Toutefois, j'ai cru pouvoir résumer, la vente des tissus pour l'exportation, le résultat des opérations de la foire pendant les années 1841 et 1842.
En 1841, la vente des tissus de toute nature faites à l'étranger, a donné un chiffre de 1 215 409, 89 fr.
En 1842, les mêmes articles ont produit une somme de 1 441 147, 50 fr. Excédant en faveur de cet article, 225 737, 61 fr.
Ces renseignements, qui ont été obtenus à l'aide de la connaissance exacte des transcriptions des certificats d'origine, paraissent présenter un caractère d'authenticité qui ne peut être sérieusement contesté. L'appréciation des prix de vente des nombreux objets qui sont apportés dans ce grand marché, nécessiterait des développements dont l'étendue ne pourrait prendre place dans cet aperçu. D'un autre côté, ayant à opérer sur un objet qui n'offre aucune certitude, je craindrais de présenter un travail inexact et incomplet.
Je termine, Messieurs, en mettant sous vos yeux un état du mouvement du port de Beaucaire pendant l'année 1842 : 52 navires, dont 2 Génois, 5 Sardes, 1 Espagnol et 1 Corse, sont venus prendre place dans le port de Beaucaire, dans le cours de la foire en 1842.
 

 

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