Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

Côte d'azur varoise

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui fait place à La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

  Pour celui sur Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

Création d'un troisième blog :

Cimetières de Trans en Provence et généalogies transiannes (canalblog.com)

Ce blog est en construction. J'étudie les familles de Trans par rapport à leurs tombes et je mets un lien qui renvoie à ma base de données de généalogie (quand j'ai étudié les familles en question). Si vous désirez le visiter quant même, il vous suffit de cliquer sur le lien. Merci à vous.

Ma base de données de généalogie

Des racines et des hommes - Geneanet

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même."

(Guy de Maupassant-Le horla)

 

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22 septembre 2021

Remèdes d'autrefois

Lorsqu'on parcourt les registres paroissiaux tenus par les curés sous l'Ancien Régime, notamment parce qu'on fait des recherches généalogiques, on a parfois la surprise d'y découvrir des annotations insolites autres que les actes de baptêmes, mariages ou décès habituels. En effet, le curé peut avoir inscrit ou relaté des évènements qui sont arrivés dans la commune par exemple, mais aussi des recettes diverses, des poèmes, il peut aussi avoir fait des dessins, des croquis, etc...

C'est en consultant la rubrique des archives insolites sur Généanet que j'ai trouvé ce que vous pouvez lire ci-dessous.

Il s'agit de remèdes contre la rage, la peste, le point de côté parus dans le Courrier d'Avignon en 1764 et que le curé de Seyne-les-Alpes a retranscrit dans ses registres.

Courrier_d’Avignon_1733_no1_page1

A propos du Courrier d'Avignon : 

Le Courrier d'Avignon est un journal qui a occupé une place importante dans la presse internationale de langue française du XVIIIe siècle. Publié dans le Comtat Venaissin, qui appartenait aux Etats Pontificaux puis à Monaco, le journal échappait au système de contrôle de la presse en France (privilège avec autorisation préalable) tout en subissant le contrôle des autorités pontificales. Le Courrier d'Avignon parut de 1733 à 1793 avec deux interruptions, l'une entre juillet 1768 et août 1769 à cause de l'annexion d'Avignon à la France et l'autre entre le 30 novembre 1790 et le 24 mai 1791 (Source : Wikipédia). 

Remèdes 1

Remède contre la rage pris dans la feuille du courrier d’avignon du 28 7bre (septembre) 1764, ou recette d’une poudre infaillible contre la rage qui a été procurée par la Société Royale d’agriculture de la généralité de Tours

Les accidents que cause souvent la morsure des chiens enragés sur les hommes et sur les bestiaux ont engagé cette compagnie à faire imprimer, en faveur de l’économie rurale, la recette d’une poudre infaillible contre la rage. Comme tout ce qui interesse l’humanité merite d’avoir place dans cette feuille, on s’empresse de faire part de cette recette au public ; et on invite les curés, chirurgiens et autres personnes charitables à faire la preparation de cette poudre conformément au procedé ci-après, afin d’être en etat de prevenir les funestes accidents qui arrivent frequemment dans les villes et les campagnes ; et pour epargner des voyages
dispendieux et préjudiciables à de pauvres familles. .../... Vers la pleine lune de juin, lorsque les plantes sont en fleur, ou entre fleur et graine, on cueille chacune separément les treize plantes suivantes : l’armoise, l’absynthe, la betoine, la petite centaurée, la petite menthe ou pouillot, le millepertuis, la melisse ou piment, le grand plantain, le polypode de chenes avec les racines, la reine des prés, la rue, la verveine et la menue sauge. Il faut faire secher toutes ces plantes à l’ombre chacune à part et les piler ensuite aussi chacune à part. Lorsqu’elles sont pulverisées, il faut les mêler à poids egal de chacune, et après les avoir incorporées ensemble, les mettre et les garder pour le besoin dans un pot de terre neuf, non vernissé, couvert d’un bouchon de liège avec un ou deux parchemins par dessus pour pulvériser les dites plantes avec leur brin ou tiges, fleurs et feuilles on se sert d’une pile à piler le millet, et on les passe plusieurs fois au tamis commun, faisant en sorte que la plus fine poudre ne s’evapore point. Il faut renouveller les dites poudres tous les ans. La dose pour un homme ou une femme est d’une gros et demi ; pour les enfans d’un demi-gros, et au dessus de l’enfance d’un gros. Il faut prendre cette poudre trois jours de suite à jeun, une dose chaque jour ; On la fait infuser dès le soir dans un grand verre de vin blanc vieux ; elle doit inhiler environ douze heures. Le matin on brouille bien le tout avant que de l’avaler, afin de prendre la poudre avec la liqueur ; S’il reste de la poudre attachée au vase, il faut y passer un peu de vin, afin de tout prendre. Après que l’on a pris le remède, il faut rester au lit pendant quatre heures, le bien couvrir pour donner lieu à la sueur ; Si elle survient, il ne faut point se lever, ni boire, .../... ni manger, et ne point changer de linge qu’elle ne soit passée. On doit aussi avoir soin pendant sept jour d’egratigner legerement une fois par jour la playe ou meurtrissure, s’il y en a, pour que le sang paroisse, et bien bassiner cette playe avec du bon vin blanc vieux, dans lequel on aura fait dissoudre autant de sel que le vin en pourra fondre. 
 On ne donne point à manger aux bestiaux huit heures avant de leur faire prendre le remede, on les laisse bien clos et fermés pendant quatre heures après qu’ils l’ont pris, et ensuite on leur donne à manger. Comme les chiens ne peuvent souffrir le vin, on leur fait prendre les trois prises infusées aussi pendant douze heures dans du lait, que l’on a fait bouillir dès le soir, de crainte qu’il ne se caille. La dose pour les chiens
est d’un gros et demi de chaque prise.

Remèdes 2

Remèdes 3

Autre remède contre la rage plus facile pris
aussi dans le courrier d’Avignon en l’année 1764

On apprend d’Udine ville capitale du Frioul venitien qu’un homme qui avait eté mordu d’un chien enragé s’est preservé des suites funestes de cet accident en avalant un grand verre de vinaigre ; ce qui a tellement accredité ce remède qu’on le regarde comme un véritable specifique contre la rage, et que la faculté de medecine de padoue l’a adopté pour tel en prescrivant d’en faire prendre aux malades une livre à trois reprises le matin, à midi et le soir. .../...

Remèdes 4

Remède contre la peste (1764)

Pour la peste, il faut avec un rasoir ouvrir le bubon, appliquer et frotter avec des oignons les ouvertures et y appliquer de la poix maigre.
M(onsieu)r Bayle natif du vernet curé de gaubert proche de Digne avait guéri vers l’année 1721 ou 22 avec ce remède plus de vingt cinq malades pestiferés dans sa paroisse.

Remède pour le point de côté (1764)

Il faut prendre l’eau de vie camphrée, des cloux de girofle demi once, de canelle demi once, une noix muscate, du poivre entier ; il faut piler le tout, il faut faire bouillir le tout à la reduction de la moitié ; on fait de tout cela un cataplasme sur d’etouppe, on l’applique chaud, autant qu’on le peut souffrir. 
S’il se fait des ampoules, dans douze heures le malade est guéri, autrement il est très dangereux. Dans douze heures il faut oter l’emplatre, l’humecter de nouveau dans l’eau de vie camphrée. Le même emplatre peut servir trois fois. Ce remède est violent, si un malade étoit fort faible,
il ne faudroit pas en user.

 Source : Geneanet - AD des Alpes-de-Haute-Provence - Seyne/Saint-Pons - 1 MI5/0065 - BMS, 1744-1792, 78 et 79/388 

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14 septembre 2021

La mouche, le cochon et le chien

 

Cavage-cochon-truffier

Ce ne sont pas les protagonistes d'une fable animalière mais les auxiliaires indispensables à la récolte de la truffe noire (tuber melanosporum) espèce communément baptisée truffe du Périgord. Le cavage à la mouche, le plus subtil nécessite un sens de l'observation particulièrement développé. La localisation du diamant noir s'effectue d'après l'observation d'une toute petite mouche bleutée, qui répond au nom barbare de Heloymyza Tuberivora (elle en possède d'autres) dont la plus grande qualité reconnue est de voltiger à l'aplomb du cryptogame convoité. La truffe localisée, il ne reste plus qu'à la sortir de terre à l'aide d'un cavillon (morceau de bois gainé de métal à l'une de ses extrémités), sans la briser et en essayant au maximum de préserver son environnement. La technique du cochon, encore couramment employée par les "rabassiers" (du provençal "rabasso", truffe) dans le Haut-Var, est de loin la plus spectaculaire et la plus folklorique. Sous des dehors rustiques, le porc est un animal d'un naturel plutôt gourmet et, quand l'occasion lui en est donnée, il apprécie de pouvoir ajouter une truffe au brouet que constitue son ordinaire. Toute l'astuce consiste à le laisser chercher, à le laisser trouver, à le laisser rêver un court instant et à lui enlever promptement son butin avant qu'il ne l'ait englouti. La méthode est un peu perverse mais le brave cochon doit bien comprendre que ses qualités affirmées de chercheur lui valent sans doute quelques légitimes frustrations mais qu'elles retardent d'autant l'échéance inhérente à sa condition charcutière...

Cavage-chien

Le chien n'a pas franchement un goût prononcé pour la truffe mais par pure amitié pour l'homme, il apprend à la trouver au milieu d'un sous-bois comme ses congénères des douanes dans les vapeurs d'essence et de kérosène. Tout est question de flair et de conditionnement de l'animal. Les techniques de dressage varient d'un propriétaire à l'autre et sont rarement divulguées sur la place publique, car un bon chien truffier vaut de l'or. La race importe peu si ce n'est que les chiens de berger sont souvent choisis par les trufficulteurs pour leur obéissance, leur résistance et leur sens du travail bien fait. Indispensable dans la recherche de la truffe à grand échelle, le chien n'est pas près d'être supplanté par une quelconque machine. Les Japonais, qui ne manquent pourtant pas d'imagination, ont bien tenté de concevoir un nez électronique supposé détecter les truffes mais les capacités olfactives de l'engin n'ont visiblement pas enthousiasmé les rabassiers varois... Le département du Var est le troisième producteur national de truffes derrière la Drôme et le Vaucluse, à égalité avec le Gard et surtout bien loin devant le Périgord qui entretient sa réputation de gastronomie truffière grâce à ses conserveries. La création du Syndicat des trufficulteurs en 1971, la mise en place d'un marché spécifique à Aups en 1973, les programmes du Conseil général, qui depuis plus de vingt ans finance chaque année la plantation d'une quinzaine d'hectares de truffières et toutes les opérations de promotion dont elle fait aujourd'hui l'objet, ont fini par donner à la truffe varoise un poids économique quantifiable. A Aups, environ 150 à 200 kg de truffes sont négociés durant chacun des 17 marchés annuels, qui ont lieu le jeudi matin, du 25 novembre à la mi-mars. Cette estimation représente la partie visible du marché. Les spécialistes en économie trufficole considèrent que la production hebdomadaire du Haut-Var se situe plutôt autour de 300 kg. Une dizaine d'années en arrière, les échanges opérés à Aups portaient sur une vingtaine de kilos. Le marché était moins connu et essentiellement fréquenté par des rabassiers et des négociants.

Truffes

Les diamants noirs qui passaient d'une main à l'autre, d'un vulgaire sac plastique à un coffre de voiture provenaient à 80% des truffières naturelles. Le complément étant alors fourni par les premières exploitations trufficoles. Aujourd'hui, la tendance est totalement inversée. Les plantations produisent 80% de la récolte et les truffières naturelles parviennent difficilement à apporter les 20% restant. Dans un même temps, la clientèle du marché s'est modifiée. Il accueille de plus en plus de particuliers et surtout de nombreux restaurateurs tels que Paul Bajade, Alain Ducasse, Bruno de Lorgues, René Bérard, René Berges et bien d'autres magiciens de la rabasse, désireux de proposer à leur carte un produit du terroir "labéllisé" comme tel. Le marché tel qu'il fonctionne désormais, garantit au maximum la qualité et l'origine des produits qui y sont proposés. Selon le nouveau réglement édicté par le syndicat des producteurs dans le but de préserver la qualité et l'authenticité des productions négociées à Aups sous le label varois, aucune tractation de gros ou de détail n'est autorisée à l'extérieur du marché. Aucune truffe récoltée au-delà des frontières de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur ne peut être commercialisée sur le marché d'Aups.

Source : Couleurs du Var - Morceaux choisis - Conseil général du Var - Décembre 2000.

Truffes_et_main

 

 

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10 septembre 2021

Exposition : Saint-Raphaël, ses habitants et ses conscrits au début du XIXe siècle (1799-1844)

Le cgenea83 (Cercle généalogique 83) est heureux de vous inviter à son exposition à l'occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte, au Centre Culturel de Saint-Raphaël

du mardi 7 septembre au dimanche 26 septembre 2021.

Cette exposition s'intitule :

Saint-Raphaël, ses habitants et ses conscrits au début du XIXe siècle (1799-1844)

Entrée gratuite

Exposition1

Exemple d'une des fiches de cette exposition

La grande histoire n'a pas retenu son nom.
Je m'appelle Louis Truc. Je suis né à Saint-Raphaël le 13 mars 1787.
Le panneau que nous avons réalisé pour expliquer aux enfants la conscription et le parcours du combattant d'un soldat du Premier Empire. Une histoire qui se termine à l'hôpital de Palmanova le 19 février 1810 et que, comme ses camarades nous avons voulu sortir de l'oubli et mettre à l'honneur. Ils sont partis à pied et parfois ne sont pas revenus... C'est l'autre volet de notre exposition pour tout savoir sur les soldats du Premier Empire de Saint-Raphaël. Louis truc avait 20 ans, il était blond bouclé et avait les yeux bleus comme le ciel de son pays natal.
Exposition2

Un double thème a été abordé et traité par les membres du Cercle généalogique : l'histoire des conscrits (soldats et inscrits maritimes) sous le premier empire et de l'histoire d'une vingtaine de maisons de cette commune à la même période et en particulier de celles qu'ils habitaient. Les 40 panneaux de l'exposition seront illustrés de photographies anciennes et contemporaines de maisons, des costumes et de drapeaux des régiments du Premier Empire dont ils faisaient partie et d'explications sur comment rechercher ses ancêtres soldats ou faire la généalogie d'une maison avec des exemples. C'est l'histoire de 19 maisons du village du début du XIXe à la fin du XXe siècle comme ici, celle de nos amis de l'Amicale des Raphaëlois que vous pourrez découvrir. Des histoires de gens que la Grande Histoire n'a pas conservé dans sa mémoire mais que le Cercle généalogique a mis à l'honneur.

Les membres du Cercle seront heureux de vous accueillir tous les après midi,tous les jours sauf le lundi !

Venez nombreux ! 

Amicale des Raphaëlois

Maison de l'Amicale des Raphaëois

Exposition 3jpg

Marie-Dominique Germain-Ciamin, présidente du cgenea83, à gauche, lors de l'inauguration

 

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07 septembre 2021

Les aqueducs autour d'Aix-en-Provence

Sextius-Calvinus_par_Villevieille

Fondation d'Aix par Sextius Calvinus (Joseph Villevieille 1900)

Aix-en-Provence est la ville de l'eau par excellence. Son nom l'indique, il dérive d'Aquae Sextiae, les eaux de Sextius qui est le nom du général romain qui envoyait ses légionnaires se baigner dans les sources nées au pied de la montagne Sainte-Victoire afin de cicatriser leurs blessures. Ce n'est pas un hasard si Caïus Sextius Calvinus fit usage de ces eaux et décida de fonder une ville là où elles jaillissaient de terre. Strabon, géographe grec du 1er siècle après J.C. dans son ouvrage "Géographieattribue aux vertus de l'eau d'Aix la fécondité exceptionnelle des femmes provençales. Les Romains édifièrent d'ailleurs à l'emplacement des sources, un temple à la gloire de Priape dont le frontispice était orné d'un énorme phallus, de nos jours conservé au Musée Granet à Aix, avec une inscription que l'on peut traduire de cette façon : "Les eaux fécondent les unions stériles". La ville antique va se développer autour de la fameuse source dite "Impératrice". Pendant près d'un siècle, les eaux guérisseuses sont réservées aux soldats. Mais il faut compter sur l'empereur Auguste qui va ouvrir les bains d'Aquae Sextiae à tous et c'est ainsi que la cité connaît une expansion considérable. Elle devient métropole de la Narbonnaise Seconde. (Nota : C'est à la suite de la réorganisation de l'Empire par Dioclétien, empereur romain que sont créées les provinces de Narbonnaise première, de Narbonnaise seconde et de Viennoise) et sa population décuple. Ses eaux sont tellement réputées qu'on vient de tout l'Empire pour en profiter. Dès le premier siècle, Pline, le naturaliste, ne tarit pas d'éloges à leur propos. Mais bientôt, les sources vont se révéler insuffisantes pour alimenter la ville qui a fait construire ses bains, ses thermes, ses latrines, ses bassins, ses fontaines et ses jeux d'eau. L'eau est partout présente. Quatre aqueducs vont être édifiés pour satisfaire aux besoins des habitants qui iront chercher l'eau qui coule en abondance dans les environs. La campagne aixoise porte d'ailleurs encore quelques vestiges de ces monuments.

Sainte Victoire

Malgré son apparence de miroir ardent du soleil, la montagne Sainte-Victoire est un château d'eau. Elle est à l'origine de sources et de rivières comme l'Infernet, la Cause, la Torse ou encore le Bayon. Ce sont elles que les Romains vont partiellement capter pour emmener leurs eaux jusqu'à Aix-en-Provence. Certes, le "barrage romain" situé sur le cours de l'Infernet, à quelques centaines de mètres du château du Tholonet, ne fait pas l'unanimité des archéologues. Les ingénieurs du premier siècle avaient-ils réellement barré le cours de l'Infernet pour créer un bassin de rétention et pour régulariser l'écoulement de l'eau ? Ce n'est pas certain. Mais cependant ce qui est sûr, c'est le captage des eaux du Bayon à une douzaine de kilomètres d'Aix. L'aqueduc passait au pont de l'Anchois, il franchissait le ravin de Roques-Hautes comme en témoignent encore les ruines de quelques piles, puis il longeait le lit de la rivière. On retrouve plusieurs ruines de la canalisation le long de la RD17 avec en fond, la Sainte-Victoire. A cause du relief particulièrement tourmenté des lieux, les constructeurs ont dû réaliser à la fois des tunnels et des chemins surélevés afin d'assurer la continuité de la pente. On trouve également des traces d'un aqueduc aux environs de Vauvenargues sur le versant nord de la Sainte-Victoire. Il amenait à Aix les eaux de la source de Claps.

Traconnade

Vestiges de l'aqueduc de la Traconnade sur la commune de Meyrargues (Photo Wikipédia)

Mais les plus beaux vestiges sont situés aux environs de Meyragues, au pied de la butte du château, au lit-dit les Arcades. cet aqueduc mesurait une trentaine de kilomètres, collectait les eaux d'une source près de Jouques, au lieu-dit Traconnade, là où coule de nos jours le ruisseau Saint-Bachi. Il suivait la rivière, se dirigeait vers la Durance et coulait très souvent dans les galeries souterraines dont on retrouve la trace au sud de Peyrolles avant de déboucher au Pas de l'Etroit qu'il franchit au moyen d'arcades qui ont donné le Reclavier. Puis, il gagnait Venelles en souterrain puis, de là, les hauteurs d'Aix. Un quatrième aqueduc passant par Eguilles amenait les eaux de la Touloubre captées à la Bargemone. Mais hélas, ces vestiges sont aujourd'hui trop rares pour qu'il soit possible d'en reconstituer le parcours.

Source : Les monuments de l'eau en Provence - Jean-Marie Homet - Edisud

laprovence-23032011

L'aqueduc du Tholonet à Aix-en-Provence

 

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31 août 2021

La légende de la chèvre d'or

Chèvre d'or

La chèvre d'or est un animal mythique qui a pour particularité de posséder un pelage, des cornes et des sabots en or. Elle serait la gardienne de trésors légendaires et fabuleux laissés sur place par les Sarrasins du Fraxinet. On trouve mention de sa présence dans différentes parties de la Provence. 

Dans la Provence orientale la légende la rattache à la fée Estérelle. Alphonse Daudet, dans son conte "Les étoiles", les évoque l’une et l’autre : "Et ta bonne amie, berger, est-ce qu’elle monte te voir quelques fois ? ça doit être bien sûr la chèvre d’or ou cette fée Estérelle qui ne court qu’à la pointe des montagnes".

La chèvre d'or - Paul Arène

Illustration de La chèvre d'or de Paul Arène (Wikipédia)

Paul Arène, dans sa préface à "La Chèvre d’or", fut co-auteur des "Lettres de mon moulin" et des "Contes du lundi", situe lui aussi la "Cabro d’or" en Provence orientale. Mais la légende la situe le plus souvent dans les Alpilles. Dans "Mireio", Frédéric Mistral lui fait hanter la région du Val d’Enfer proche de la vallée des Baux, son repaire préféré où veillant le jour et sortant la nuit, elle garde le trésor d’Abd-el-Rhamân.

"Je veux la chèvre d'Or, la chèvre
              Que nul mortel ne paît ni trait
              qui, sous le roc de BausManière
              lèche la mousse des rochers
              ou je me perdrais dans les carrières
              ou tu me verrais ramener la chèvre au poil roux !
              hélas ! Combien d'âmes sèches et affamées de gain
              mordant au piège du noir antenois et à la Chèvre d'Or
              font humer leur encens !"

les-Antiques-le-mausolee-min

Les Antiques à Saint-Rémy-de-Provence - Le mausolée

On la retrouve aussi à Saint-Rémy-de-Provence où elle campe au sommet du mausolée des Antiques. Là aussi elle est gardienne du trésor d’Abd-el-Rhamân. Il lui arrive de passer le Rhône et d’aller camper sur la rive droite du fleuve. Elle s’installe alors sur un oppidum, le "Camp de César", situé sur la commune de Laudun (Gard). Là, elle veille sur le trésor qu’y laissa Hannibal "roi des Sarrasins d’Afrique". Ce même trésor lui fait aussi hanter le Ventoux. Son antre se situe au-dessus de Malaucène, au lieu-dit "Les Aréniers", près de la source du Groseau. De gigantesques lingots d’or sont cachés derrière la "Porte Saint-Jean" qui ne s’ouvre que la nuit de Noël. Les audacieux peuvent s’en saisir au cours de la messe de minuit puisque la porte s’ouvre entre le début de l’Épître et la fin de l’Évangile.

Source : D'après un article de Wikipédia - l'encyclopédie libre

Sur le versant méridional du plateau des Encourdoules qui domine Valauris (Alpes-Martimes), une faille de roc donne péniblement accès à la grotte de la Chèvre d'Or, "lou traou de la cabro", ou seraient entassées en des profondeurs mystérieuses des masses d'or et de pierres précieuses. On ne pourrait arriver jusqu'à ces trésors sans l'aide d'une chèvre aux cornes d'or, postée sur le seuil et invisible durant le jour. Elle apparaît le soir, éveillant, par ses bonds capricieux, la curiosité du passant. Malheur à celui qui la suivrait dans la grotte, il ne reverrait jamais la douce lueur du jour. égaré dans le labyrinthe des couloirs ténébreux, il perdrait bientôt le trace de la chèvre aux cornes d'or et mourrait misérablement de faim, de soif et d'épouvante, près des plus mirifiques richesses. C'est ce qui est arrivé, conte-t-on, à tous ceux qui ont voulu suivre la chèvre dans sa sombre retraite.

Source : Le Folklore de la Provence - Claude Seignole - 1963

Chèvre d'or

 Je vous mets un lien vers ce site : "J'aime le Vaucluse", dans lequel j'ai trouvé un article sur la chèvre d'or qui complète mon article.

La chévre d'or

La légende de la Chèvre d'or est présente dans bien d'autres lieux aussi bien en Provence, comme l'a constaté Paul Arène, que dans des contrées plus éloignées. La chèvre d'or est un animal fabuleux qui possède un pelage, des cornes et sabots d'or.

https://www.j-aime-le-vaucluse.com

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24 août 2021

Les pointus, bateaux des ports de Méditerranée

Pointus à Sanary

Les pointus apportent une touche colorée à nos ports du littoral méditerranéen. Adaptés à la pêche au trémail (filet de pêche formé de trois nappes superposées), se comportant bien aux caprices de la mer, aux exigences de la navigation en Méditerranée, ils doivent leur originalité à leurs formes galbées qui n'ont guère été modifiées depuis l'Antiquité. Ils sont de la même veine que les galères, les tartanes, les chebecs (bateau à voile latine à formes fines pouvant naviguer à la rame), les gourses (bateaux méditerranéens) ou encore les mourres de pouar (du provençal : tête de cochon, terme désignant l'éperon et par extension le bateau qui le porte). Ils devraient leur nom à leurs formes effilées à leurs deux extrémités (formes pointues). C'est en fait une appellation récente qui leur aurait été donnée au début du XIXème siècle par des officiers de marine toulonnais séduits par ces bateaux construits à flancs bords sur membrures.

Les 3 biquets-Sanary

Ils présentent souvent des touches locales singulières, lointain héritage de leurs constructeurs, de solides charpentiers de marine venus de Catalogne, de Ligurie, de Naples et de Sicile. Le bois utilisé pour la  construction des pointus est l'objet de tous leurs soins. Pour les membrures, ils utilisent l'ormeau, le chêne, le frêne, le mûrier et l'acacia, pour le bordage, le pin d'Alep qui depuis 1780 colonise les massifs calcaires varois, le pin parasol et le pin sylvestre. C'est à une date plus récente que les charpentiers de marine ont eu recours au mélèze, rare dans le Haut-Var mais particulièrement abondant dans les Alpes-de-Haute-Provence. La quille constituée en une seule pièce est en chêne. Elle reçoit une semelle réalisée dans un bois plus tendre. Les arbres sont impérativement abattus en période hivernale à "lune vieille". Pour les tolets et les bittes d'amarrage, c'est du bois d'arbousier, de cade ou de bruyère qui est utilisé car ils sont réputés pour leur dureté. Aujourd'hui, ce sont les bois exotiques qui sont employés. Ce sont les charpentiers de marine qui vont en forêt pour sélectionner les arbres dont ils auront besoin. Les meilleurs constructeurs de pointus étaient et demeurent ceux d'origine ligurienne ou napolitaine. Héritiers d'un savoir-faire transmis de génération en génération souvent dans le plus grand secret, ils travaillent sans plan à partir de gabarits. 

Pointus-Sanary

La mise en forme des pointus

Les plus courants mesuraient six mètres mais pouvaient aller jusqu'à huit mètres. Leur longueur était exprimée en pan, le pan équivalant à 25 cm. La mise en forme d'un pointu obéissait à un ordre bien établi. Les membrures étaient fixées sur la quille qui recevait l'étrave. Celle-ci avec l'étambot (pièce de bois implantée dans la quille d'un bateau qu'elle continue obliquement à l'arrière) étaient ensuite tracés au gabarit puis assemblés à l'aide de boulons en fer.

Mise en forme-pointu

Les bordés étaient façonnés et cloués à l'aide de clous galvanisés ou de rivets en cuivre. Venait ensuite la pose des bancs, dont le banc de mât placé au niveau de la quatrième membrure. Ensuite le plat bord découpé dans un plateau de chêne puis venait la pose du plancher, le payol, enfin l'organisation intérieure du bateau dont le compartiment qui recevait le poisson. La coque était alors soigneusement calfatée à l'aide de tresses de coton ou de chanvre. Dans les temps plus anciens, l'étanchéité du pointu était confortée par l'usage du brai gras (résine de pin ou de goudron utilisée pour assurer l'étanchéité des coques en bois), de la poix et du goudron obtenus par distillation de la résine de pin. Puis on ponçait la coque avant la mise en peinture. Une opération longue et délicate menée à l'aide d'une planchette recouverte jadis de peau de requin et de nos jours par du papier de verre. Les noeuds étaient soigneusement frottés à l'aide d'un gousse d'ail ou de gomme arabique pour favoriser la prise de peinture, qui était rouge pour la carène et bleue pour la coque.

Le Capian

A signaler qu'une pièce essentielle fait encore la gloire des pointus, le capian. C'est une partie intégrante de l'étrave, symbole commun aux ports de la Méditerranée occidentale. Allégorie de la force masculine, c'est le phallus vénitien souvent peint en rouge.

Pointu-lagune-du-Brusc-12

L'âge d'or des pointus se situe entre 1850 et 1930. En 1926, on dénombre dans le Var 663 pointus armés par 1600 marins pêcheurs. En 1901, le port du Lavandou déclare 135.84 kg de poissons. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la flottille de pêche du Var réquisitionnée en partie par les troupes allemandes et italiennes se trouve en piteux état. Il faut dans les meilleurs délais reconstruire les pointus nécessaires à la reprise de la pêche littorale. Devant le nombre insuffisant des charpentiers provençaux, les autorités font appel à ceux de Tunisie et du Maroc. Ils apportent avec eux des gabarits nouveaux et des pointus aux formes nouvelles font leur apparition dans les ports varois. 

Pointu-voile

La voile latine

Bateaux à voile et à avirons, les pointus sont gréés en voile latine d'influence arabe. Leur mât autoporteur fait la longueur du bateau, l'antenne quelques mètres de plus, la voile couvrant une vingtaine de mètres carrés. Le foc (voile triangulaire) est peu utilisé. Taillées dans une toile robuste, les voiles sont teintes comme les filets avec des écorces de pin mises à bouillir dans un grand chaudron de cuivre. Les pêcheurs qui optent pour le rouge tintent leurs voiles avec du cinabre (sulfure de mercure) mélangé à l'argile. La couleur est fixée par d'abondants rinçages à l'eau de mer. La voile latine se manie avec délicatesse. Le gréement est très simplifié du fait de la mobilité de la voile autour d'un point fixe. Les pêcheurs ne l'utilisent que pour aller sur les lieux de pêche ou revenir au port, aux allures portantes ou de largue. 

Pointu en mer

Les pointus étaient armés par trois ou quatre hommes. Le patron était à la barre. A chaque coup d'aviron, les matelots prenaient appui sur leurs pieds, se soulevaient sur leurs bancs et pesaient de tout leur corps. Une épreuve harassante surtout après une bonne pêche quand le bateau est plein, ils rentraient au port enfoncés jusqu'aux dalots (espace destiné à l'écoulement de l'eau). La motorisation des pointus se fera à partir de 1913, elle modifiera radicalement le mode de vie des pêcheurs à qui sera désormais épargnée la vougado (transit à la rame). Parmi les premiers moteurs montés sur les pointus, il convient de citer les moteurs Aster, Ballot, Castelnau, Baudouin, Couach, Bernard. Le monocylindre et les quatre cylindre Baudouin, inusables, sont encore présents dans toutes les mémoires.

Une vie bien rude !

Au début du XXème siècle, la vie des marins pêcheurs à bord des pointus est encore bien rude. Avant la motorisation c'est à la rame qu'ils rejoignent leurs lieux de pêche et les filets sont relevés à bras. A la belle saison, pour leur éviter une fatigue inutile, les pêcheurs mouillent leurs bateaux à proximité de leur zone de pêche, dans une crique abritée. Ils ne rentreront qu'au matin.

Pêcheurs

La nuit sera passée à bord du pointu protégés par un prélart (bâche souple goudronnée). Leur repas à base de poissons est frugal. Lorsqu'ils appareillent, ils rangent dans un ordre minutieux le matériel et les ingrédients de première nécessité : pain, huile d'olive, sel, poivre, marmite en fonte, bonbonne de vin, tonnelet d'eau douce, sac de pommes de terre. Entre deux pierres, dans une crique abritée, ils établissent un foyer rustique sur lequel ils préparent une bouillabaisse en utilisant les poissons mutilés par les poulpes et les seiches et devenus invendables. Un menu qui ne varie guère. Quand la tempête survient, ils mouillent leur pointu dans une crique ou mettent le cap sur les "abris de pêcheurs" construits par les prud'homies, surtout sur les côtes des îles d'Hyères : une mauvaise estacade (appontement réalisé à l'aide de pièces de bois) pour amarrer le bateau, et un abri qui se réduit à une grande pièce pourvue d'une cheminée, d'une table et de bancs.

Fraternité

La fraternité des gens de mer !

En 1721, au lendemain de la grande peste de 1720 en Provence qui fit des milliers de morts, à la demande du roi de France, ce sont des pêcheurs catalans qui viennent s'installer à Marseille mais aussi sur le littoral de l'Ouest varois pour remplacer les marins emportés par le fléau. Plus tard, ce sont des pêcheurs italiens qui remplaceront les pêcheurs varois retenus au service du roi par les grandes guerres maritimes.

En 1761, le pacte de famille conclu entre la France, l'Espagne et le Royaume des deux Siciles autorise les Catalans et les Napolitains à pêcher sur les côtes méditerranéennes.

A une époque plus récente, Liguriens et Napolitains pêchent sur les côtes varoises. A bord de leurs bateaux à voile, tout au long de leur transit, ils pêcheront et vivront de leur poisson vendu au gré de leurs escales. Arrivés dans le Var, ils seront employés comme matelots par les patrons pêcheurs qui renforcent ainsi leurs équipages durant la saison d'été. Leurs conditions de vie sont très précaires puisqu'ils vivent pratiquement à bord de leur bateau.

Et pour terminer, les patrons pêcheurs jouèrent un rôle considérable pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ils entrèrent en Résistance. Le plus connu de ces hommes fut un patron du Lavandou qui un soir de tempête embarqua le général Giraud au nez et à la barbe des troupes ennemies. Evadé de sa prison allemande, c'est à bord d'un pointu qu'il rallia le sous-marin qui devait le transporter en Algérie.

Source : Les Carnets du patrimoine N°4 - Le pointu - Edité par le Conseil Général du Var

J'ai trouvé pour vous un site que je vous recommande d'aller voir :

Les Pointus d'abord

L'objet de ce site est l'Artesien, pointu Toulonnais construit en 1946 à La Seyne-sur-mer, sa restauration, son épopée ancienne (je cherche des infos !) et son actualité... Mais aussi pour parler des pointus, ceux de la Lagune du Brusc et d'ailleurs... Olivier MIL En novembre le Mistral peut être fort avec plus de 55 nœuds en rafale.

                                 Vidéo : Les pointus, bateaux de tradition                        

                          

Le sirocco

                                                                                           

Bateau-de-pêche-dans-le-port

                                                                                           

Pointus dans le port

                                                                                             

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17 août 2021

Parlez-vous le Sud ? Que veut dire "stoquefiche" ?

Yves Pujol

       Je sais d'après vos commentaires que vous appréciez ces petites vidéos d'Yves Pujol dans lesquelles il nous explique ce que veulent dire certains mots ou certaines expressions de notre langue provençale.

Aujourd'hui, le mot "stoquefich" d'où l'expression : "être maigre comme un stoquefiche". "Lui, il est maigre comme un stoquefiche !" Vous avez peut-être déjà entendu quelqu'un faire cette remarque. L'origine de stoquefiche ou stocofiche est plutôt étonnante pour une expression du sud. Stoquefiche en provençal cela veut dire maigre, et même très maigre. En fait, cela vient du mot anglais "stockfish" ou du néerlandais "stokvis". Cela désigne des filets de morue qui sèchent au soleil. Une expression provençale qui vient donc d'un mot anglais et c'est plutôt rare !

 

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10 août 2021

Le 15 juin 1637, les Espagnols attaquent Saint-Tropez

Arrivée des Espagnols

L'arrivée des espagnols dans le port de Saint Tropez (1er des trois ex-voto)

Le 15 juin 1637, les Tropéziens repoussaient l'assaut de la marine espagnole qui tentait de débarquer dans leur port. En souvenir de ce fait d'armes, la communauté décida d'organiser une procession annuelle qui se perpétue encore de nos jours et de faire également peindre trois ex-voto, qui sont exposés aujourd'hui à la mairie dans la salle du conseil municipal.

Contexte historique

Dans le but d'affaiblir la puissance de la maison des Habsbourg et de renforcer la position de la France en Europe, le cardinal de Richelieu, ministre d'Etat du roi Louis XIII, déclare la guerre à l'Espagne le 19 mai 1635. La France se trouve alors impliquée dans la Guerre de Trente ans, un conflit qui avait débuté en 1618. Cette guerre a touché, hormis l'Angleterre et la Russie, la majorité des pays européens, où batailles, famines, massacres et maladies ont provoqué la disparition de 3 à 4 millions de personnes en trente ans, soit un Européen sur cinq. La monarchie espagnole répond à la déclaration de guerre de la France en envoyant sa flotte, qui est commandée par le duc de Ferrandina, dans le but de prendre et d'occuper les îles de Lérins au mois de septembre 1635. Ils assurent leurs positions en fortifiant les îles et ne seront finalement chassés que vingt mois plus tard le 15 mai 1637 après six semaines de combats acharnés. C'est à l'aube du 15 juin 1637, au cours de leur retraite que vingt et une galères espagnoles attaquent le port de Saint-Tropez. Les espagnols ont débarqué au môle du Ponant, près de la chapelle de l'Annonciade, car ce lieu est le point faible de la défense tropézienne.

La bataille des Espagnols

La bataille proprement dite (2ème des trois ex-voto)

Dès le 23 juin, les consuls, parfaitement conscients de cette faiblesse pour la protection de la ville, écrivent : "qu'il sera necesère, pour le service du Roy et pour la defance de la ville, de fère à la pointe du mole du pounant une plate-forme à chaux et sable pour y pouvoir loger quatre pièces de canon et quelques houmes". Une tour de défense est très rapidement édifée : la tour Saint Elme. Dans cette attaque, les Espagnols se heurtent très vite aux Tropéziens qui réussissent à les repousser au bout de trois heures de lutte acharnée. La milice bourgeoise est dirigée par François Cocorel, le capitaine de ville, Paulet Robin, Jean Meissonnier, Balthazar Taurel et Charles Nabon, les capitaines de quartiers. Les Tropéziens sont épaulés dans leurs combats par les militaires et les marins des quatre vaisseaux de la flotte française qui étaient au radoub dans le port, mais aussi par des habitants des villages voisins réquisitionnés la veille de la bataille. 

Le départ des Espagnols

La fuite des Espagnols (3ème des trois ex-voto)

Il est à préciser que la tour Saint Elme a été détruite au début du XIXème siècle et rebâtie en 1993 sur un emplacement proche de celle qui avait été édifiée au XVIIème siècle. Elle abrite désormais les bureau de la capitainerie du port de Saint-Tropez.

Mise en place d'une procession

Le 11 juillet 1637, les consuls de Saint-Tropez votent la mise en place "à advenir toutes les années et le quinziesme jour de juin, d'une procession générale en action de grâce, pour remercier le souverain Dieu de la grâce et faveur qu'il nous fist de nous avoir donné la force de se desfandre de l'attaque". 

La bravade dite des Espagnols était née. Quatre ans plus tard, le 1er mai 1641, le conseil décide "que sera faict ung tableau de l'ataque des galères d'Espagne par le peintre quy ce trouve de présant en ceste ville". Pierre Ricard, peintre de La Ciotat, présent à Saint-Tropez pour exécuter la commande d'une confrérie, peint trois tableaux décrivant l'évènement : l'arrivée des galères espagnoles, la bataille proprement dite, puis le départ des assaillants. Ils sont depuis exposés dans la salle du conseil de ville (conseil municipal). Il semble qu'ils aient été exposés à la foule de façon régulière lors des bravades ce qui expliquerait les multiples restaurations dont ils ont été l'objet. En les regardant attentivement, on remarque un anachronisme flagrant : la tour Saint Elme y est figurée. Cette tour existait en 1641 lors de la réalisation du peintre mais n'était pas encore édifiée au moment de l'attaque des Espagnols.

Source : D'après un article écrit par Bernard Romagnan paru dans Freinet-Pays des Maures - N°9, 2010/2011

Vous pouvez lire ci-dessous le texte intégral de Bernard Romagnan en faisant défiler les pages par le côté ou la fenêtre externe (carré fléché en haut à droite du document). Et encore dessous, j'ai rajouté une vidéo de la bravade de 2014.

 

Pour lire ou relire un article que j'avais passé en 2014 et qui avait pour titre : Saint-Tropez et la tradition de la bravade. (lien ci-dessous).

Saint-Tropez et la tradition de la bravade - Passion Provence

 

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Exposition : "De la Résistance à la Libération", mémoire de la Seconde Guerre mondiale

Réalisée par l’association "15 août 1944" et portée par Jean-Michel Soldi, l’exposition "De la Résistance à la Libération" met en évidence la vie des hommes, des femmes et des enfants qui ont vécu la Seconde Guerre mondiale, de la Résistance à l’après-guerre.

De nombreux objets d’époque, documents et photographies y sont exposés. Prêtés ou donnés par les familles locales (notamment arcoises), ils illustrent les souvenirs qui vous sont racontés. Des souvenirs de notre histoire, de nos familles, de nos voisins.

Ceux qui ont assisté à l’exposition de 2019 découvriront deux nouvelles thématiques mettant en lumière les cheminots, leurs actions, leurs sabotages et leur réseau, et les femmes de la Résistance. Des femmes qui avaient du cran, avec pour seules armes leur vélo… et leur intelligence.

L’exposition "De la Résistance à la Libération" se tiendra aux Arcs-sur-Argens, dans la salle des fêtes (Espace J.-C. Hugony).

du lundi 9 août au dimanche 15 août 2021

Entrée libre de 10h à 12h et de 15h30 à 19h

Port du masque obligatoire

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03 août 2021

Le naufrage du paquebot le Liban à Marseille en 1903

Liban au port

Le naufrage du paquebot baptisé le Liban le 7 juin 1903, à la suite de sa collision avec le paquebot dénommé l’Insulaire près de l’île Maire, à seulement quelques encâblures de Marseille, fut certainement l’une des plus grandes catastrophes maritimes que la cité phocéenne a connu.

Le Liban était un paquebot mixte, c'est-à-dire qu'il transportait aussi bien des passagers que des marchandises. C'était un paquebot à vapeur, construit en 1882 à Glasgow en Ecosse par les chantiers Napier & Sons pour le compte de la compagnie Fraissinet. La Fraissinet était une Compagnie Marseillaise de Navigation à Vapeur, aux mains de l’un des plus puissants armateurs du sud de la France, qui régnait alors sur les transports maritimes vers la Corse, l’Italie et tous les pays du pourtour de la Méditerranée. Et ironie du sort, les deux paquebots en cause dans la collision du 7 juin 1903 appartenaient tous les deux à la compagnie Fraissinet !

Il était long de 91 mètres pour 11 mètres de large et 6 mètres de tirant d’eau, jaugeant 2308 tonnes, il pouvait atteindre une vitesse de croisière de 12 noeuds grâce à une machine à vapeur de 3 cylindres à triple expansion de 386 cv, alimentée par une chaudière et connectée à une seule hélice.

Liban en mer

Le Liban était allé jusqu’en Chine et à Madagascar également avant d’être affecté aux transports de passagers entre Marseille et la Corse. En 1903, au moment du naufrage, il était commandé par le capitaine Antoine Lacotte. Le 7 juin 1903, le Liban, qui assurait aussi le service postal entre le continent et la Corse, était parti de Marseille à 11h30 pour Bastia. Le temps était très beau et les passagers se pressaient vers le restaurant pour y prendre leur déjeuner comme à l'accoutumée. La traversée s’annonçait sans aucun problème. C'est en longeant la côte en direction de Cassis, que le Liban qui était en train de doubler l’île Maire rencontra l’Insulaire, un autre paquebot lui aussi de la compagnie Fraissinet qui naviguait en sens inverse puisqu'il arrivait de Nice et de Toulon.

Carte naufrage Liban

En ce qui concerne les croisements de navires, les règles de navigation sont très claires : les deux navires qui suivent des caps inverses doivent s’écarter, chacun par son tribord. Dans le cas présent, la manoeuvre était rendue délicate pour l’Insulaire car il longeait au plus près la rive de l’île Maire sur son tribord et il ne pouvait donc pas modifier davantage sa route vers la droite car il risquait de s’échouer. 

Le capitaine Lacotte voyant que l'Insulaire gardait le même cap, qui rapprochait de très près les deux navires, crut que le Liban manoeuvrait pour s'éloigner. Et c’est ainsi qu’il commit l’erreur fatale de décider de croiser l’autre paquebot par bâbord, contrairement aux règles de navigation en vigueur. Ce faisant, le Liban se rapprocha dangereusement de l’île Maire, présentant son flanc droit à l’Insulaire qui, pour sa part, n’avait toujours pas changé de cap et lui fonçait droit dessus, en plein travers. 

Liban et Insulaire - Supplement du Petit-Journal-1903

La collision était fatale et se produisit dans un fracas épouvantable. L’Insulaire aborda par tribord le Liban à 12h30, provoquant une énorme brèche qui laissa un flot important pénétrer dans la coque de celui-ci, et qui le fit sombrer en moins de dix minutes.

Le capitaine du Liban qui connaissait les fonds marins de cet endroit a quand même essayé d’amener son paquebot sur un plateau moins profond entre les îlots des Farillons et l’île Maire, dans le but désespéré de l’échouer pour éviter le naufrage. Mais malheureusement, il n'y arriva pas, le paquebot étant trop gravement touché. Il se remplissait d’eau inexorablement et quand les sauveteurs arrivèrent à sa portée, le Liban avait déjà sombré.

Plusieurs navires qui croisaient dans les parages avaient été les témoins directs de la catastrophe, dont notamment le Balkan et le Plaider, de la Compagnie Fraissinet, le navire autrichien Rakocsy et le bâteau de pilotage Bléchamp. Ces navires organisèrent immédiatement les secours. Le patron du Bléchamp se dirigea sur le Liban au moment où, envahi par les eaux, le capitaine Lacotte tentait une ultime manoeuvre en poussant à fond ses machines pour aller s’échouer à terre.

Sur le Liban, pendant que la proue s’enfonçait et que la poupe s’élevait à la verticale, les passagers tentèrent de sa masser sur l’arrière, encore hors de l’eau. Mais la partie arrière était couverte d’une tente qui constitua un piège car les malheureux ne purent se dégager de cette toile quand le paquebot sombra.

Le Liban avait à son bord 43 personnes qui constituaient les membres d'équipage, 148 passagers qui possédaient un billet et une grande quantité de passagers sans ticket, dont le nombre était inconnu car beaucoup de passagers en classe économique avaient pour habitude d’embarquer et de payer leur traversée directement auprès des commissaires de bord. Au moment de la catastrophe, la régularisation des passagers sans titre de transport n’était pas encore terminée et on ne put donc jamais établir avec certitude un bilan précis des victimes du naufrage. On estime cependant que le drame a coûté la vie à cent à deux cents personnes, hommes, femmes et enfants. Une centaine de personnes rescapées de la catastrophe furent ramenées à Marseille.

Victime

Le deuxième navire mis en cause, le paquebot l’Insulaire, dont l’avant était sérieusement touché mais présentait des voies d’eau de moindre importance, continua sa route à toute vapeur vers le port de Marseille, sans se préoccuper de son homologue en train de sombrer. Si ce comportement a été beaucoup critiqué par la suite, les explications fournies par son commandant, le capitaine Arnaud, étaient très logiques : voyant que plusieurs navires se trouvaient à proximité des lieux de la collision et se rendaient au secours des victimes, il avait préféré amener le plus rapidement possible son navire en lieu sûr afin d’éviter un deuxième naufrage, qui aurait rendu la catastrophe encore plus meurtrière. En agissant de la sorte, il avait sauvé son paquebot, ses membres d'équipage et ses passagers.

Carte épave Liban

Aujourd’hui, le Liban se trouve sur la face sud de l’île Maire. La proue contre les Farillons du large, aux coordonnées : latitude 43° 12’ 47 N et longitude 5° 20’ 23 E.

La proue encastrée dans les rochers se trouve à 32 mètres de fond. La poupe au plus profond repose à 36 mètres. Le site peu éloigné de la côte, n’est pas abrité des vents d’est et de sud. La profondeur reste à la portée de la plupart des plongeurs et en général l’eau y est claire. Le paquebot Liban est relativement bien conservé et abrite une vie abondante. C'est est l’une des épaves les plus plongées de la région marseillaise.

Source : Le naufrage du Liban par Emile Thomas - Le Figaro du 8 juin 1903

Je vous recommande de lire le texte ci-dessous pour en savoir plus. Il a été écrit par un journaliste du Figaro le 8 juin 1903. Le naufrage du Liban par Emile Thomas - Une Catastrophe en mer

 
Compagnie maritime fraissinet

La Compagnie Fraissinet a été fondée en janvier 1836 à Marseille par Marc Fraissinet qui va s'allier au courtier d'assurance Chancel. En 1841, Fraissinet rachète la compagnie. En 1853, l'entreprise est rebaptisée Compagnie marseillaise de navigation à vapeur . En 1860, la société possède dix navires.

http://www.corsicamea.fr

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26 juillet 2021

Régusse... et leurs ailes tournent

 

Régusse-Les moulins

Régusse et ses moulins ruinés sur la gauche (Carte postale ancienne)

Le 3 août 1996, un grand nombre de personnes font le déplacement jusqu'à Régusse, village du Haut Var, pour assister à l'événement : l'inauguration des moulins situés au sud du village qui ont été restaurés. Sont présents Monsieur Hubert Falco, sénateur, alors président du Conseil général, Monsieur Farhner, architecte des Bâtiments de France, Monsieur René Roux, maire de Régusse et de tous les officiels. Sur les ailes, les voiles tendues s'offrent au vent. A l'intérieur, les meules se mettent à tourner, et c'est un métier disparu qui reprend vie. Celle des meuniers de Provence, tel maître Cornille, raconté par Alphonse Daudet. 

Mais en réalité, c'est bien plus tôt que commence l'histoire de ces moulins. Le premier, le plus proche du village, a été bâti au XIVème siècle par les Templiers. Le second est érigé un siècle plus tard, alors que la commune est la propriété de la seigneurie Dalbert. Viendront ensuite les Castellane puis les Grimaldi, dont la présence à Régusse reste gravée sur le blason de la commune. Jusqu'à la Révolution, les moulins, propriété des seigneurs, servent à moudre le blé de l'ensemble des cerfs établis sur une distance d'une lieue autour du village. Après la Révolution, ils deviennent privés. Témoins d'une activité passée, ils fonctionnent jusqu'à la moitié du XIXème siècle. On y moud alors, tous les ans, pas moins de cinquante tonnes de grains. Puis, concurrencés par la minoterie industrielle, ils perdent leur utilité. Peu à peu ces bâtiments tombent en désuétude et ils finissent en ruines. De ces beaux moulins, il ne reste que les deux tours. Délabrés et inutilisables, ils suscitent l'intérêt de la municipalité qui, au début des années 90, décide de lancer une campagne de restauration. Un bail emphytéotique de 99 ans est alors signé entre la municipalité et le propriétaire. Dans un premier temps, un débroussaillage des terres autour des moulins a lieu afin de les rendre accessibles. Puis, vient ensuite une phase d'études : un long travail de recherches est entrepris. Grâce au concours de l'architecte des Bâtiments de France, l'équipe en charge du projet récupère des plans d'origine de moulins type de Provence, datant de 1640. Un déplacement est même organisé à Fontvieille dans les Bouches-du-Rhône, pour visiter le moulin dit Moulin de Daudet. Ces investigations et observations servent de bases à la reconstruction des vestiges meuniers de Régusse. Pour le savoir-faire, la restauration du mécanisme, de la charpente et du toit, ce sont les "Charpentier du Haut-Var", au Muy, dont le gérant, Monsieur Aujogue est un ancien "Compagnon charpentier du tour de France" qui ont oeuvré à la reconstruction.

Le toit vu de l'intérieur

La charpente - Vue à l'envers (Photo du dossier)

Les moulins de Provence sont reconnaissables grâce à leurs mensurations. Leur diamètre est égal à leur hauteur : six mètres. Au dessus de la tour est simplement posé le toit, plus précisément nommé chapelle, qui a été reconstruit en cèdre rouge. A l'époque c'était du châtaignier, mais là, il était important d'utiliser du bois imputrescible pour cette pièce maîtresse du moulin. La chapelle pèse 5,2 tonnes. Pour la faire pivoter et orienter les ailes aux vents, la force de huit personnes est nécessaire. A l'intérieur de cette pièce maîtresse, est fixé l'arbre principal, un morceau de chêne long de sept mètres et pesant pas moins de 800 kg. Mis en rotation, il entraîne la grande roue et donne le mouvement à l'ensemble du mécanisme.

Le mécanisme du moulin

Vue du mécanisme avec axe et grande roue (Photo du dossier)

A Régusse, ce savoir-faire perdure grâce à quelques bénévoles, qui, régulièrement, font tourner le moulin. Lors de la fête qui leur est dédiée, le premier week-end du mois d'août, des Journées européennes du patrimoine (21 et 22 septembre 2019) et à bien d'autres occasions tout au long de l'année, ils parent les ailes de leurs voilages avant de les actionner. Le grain est alors transporté jusqu'à l'étage du moulin avant d'être broyé entre les meules. Sous les yeux émerveillés des petits comme des grands, le blé devient boulange. "Ici, nous avons entre 220 et 240 jours de vent par an", précise Alain Gasquet. "Cela laisse à penser que ces moulins tournaient très régulièrement. Le reste du temps, le meunier s'occupait de leur entretien". Sur les deux bâtiments restaurés, tous deux inscrits à l'inventaire des Monuments historiques depuis 1978, un seul a bénéficié de la remise en état de son mécanisme. Le second a été converti en musée. On y trouve divers outils agricoles et quelques photos anciennes du village.

Je mets le lien ci-dessous pour que vous puissiez aller voir le site des amis des moulins de Régusse.

Les Amis des Moulins de Régusse (lesamisdesmoulinsderegusse.fr)

Source : D'après un article paru dans le magazine Le Var - Eté 2019 - Nul Var Ailleurs

Régusse-Les moulins

 Les moulins à vent de Régusse (Photo Nadine)

Moulins de Régusse

Les moulins dans le soleil couchant (Photo Nadine)

 

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