Passion Provence

Bèn-vengudo dins lou Var

 

La Basse-Provence

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de http://www.transenprovence.org

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info/

Quant à La Gazette, c'est par ici :http://www.gazettedenadine.com/

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

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11 novembre 2014

Expositions sur la Grande Guerre

Exposition-guerre14-Trans

Une exposition à l'hôtel de ville de Trans en Provence à découvir à partir de demain jusqu'au 16 novembre 2014

Exposition-guerre 14 ATP

Témoignages, correspondances, documents et découvertes des fouilles archéologiques à découvrir jusqu'au 20 septembre 2015.

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Vous pouvez vous rendre sur le blog de mon amie Anne pour voir ses photos de monuments aux morts de quelques villages des Bouches-du-Rhône et du Var et par là-même en profiter pour visiter son blog. Voici le lien : http://mamoue13.blogspot.fr/

 

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10 novembre 2014

Des montjoies aux oratoires

 

Montjoie

 A l'origine des oratoires, certains chercheurs n'hésitent pas à voir une manière de perpétuer les menhirs antiques tout en les détournant de leurs cultes originels. Selon l'abbé Moreri, qui fut un spécialiste en ce domaine, ces monuments  votifs trouvent leur origine dans les pèlerinages. Les premiers seraient apparus dès le XIIIème siècle : les pèlerins jalonnaient leur route de petits tas de pierres et édifiaient un tumulus plus conséquent en arrivant au terme de leur pèlerinage. Enfin, ils couronnaient ces édicules de croix confectionnées avec des branches. On disait alors qu'il "faisaient des Montjoie". La coutume s'est perpétuée au fil des siècles. Elle s'est élargie à des paysans plaçant ainsi leur champ sous la protection de tel ou tel saint, à des particuliers remerciant le ciel après avoir été exaucés dans leurs prières. Des reposoirs furent également construits sur des lieux élevés : des groupes de fidèles s'y rendaient le jour des rogations. Certains autres commémorent des faits historiques marquants, ainsi celui du Brusc immortalise-t-l la victoire des Six-Fournais sur les Sarrasins en 950. Peu à peu, les oratoires ont prix leur forme actuelle, avce cette niche caractéristique pur accueillir une statuette ou une image pieuse. Leurs formes différentes selon les lieux, et l'inspirtion du bâtisseur. On en trouve à pilons cylindriques, mais ils sont rares. La plupart sont carrés, suvent coiffés de tuiles à deux pans, de pierres pyramidales, de bulbes ou de dômes. Les uns sont élancés, d'autres plus trappus et il en existe taillés dans la roche et même dans un tronc d'arbre. Certains sont flanqués d'un banc de pierre "lou banqué" qui pouvait à terme être creusé pour servir d'abreuvoir aux bêtes. On en voit qui sont bâtis en pierres apparentes ou enduites de briques. Où que vos pas vous conduisent, vous trouverez un oratoire. Arrêtez-vous pour le regarder et vous vous rendrez vite commte qu'aucun d'eux ne se ressemble.

Compléments

On appelait autrefois montjoie un monceau de pierres entassées pour marquer les chemins. La coutume des pèlerins était de faire des montjoies sur lesquels ils plantaient des croix aussitôt qu'ils découvraient le lieu de dévotion où ils allaient en pèlerinage. Les montjoies du XIIIème siècle étaient édifiés sur des socles  hexagonaux et étaient décorés de statues de rois. Entre le pied et la colonne de la croix se trouvait une colonnade à jour dont le haut formait plusieurs arcades en mitres. C'est dans ces niches qu'étaient représentés le roi Philippe III le Hardi et les autres seigneurs qui l'avaient accompagné revêtus de leurs habits de cérémonie. Quatre des fûts des croix étaient ornés d'un "L" couronné, à la suite d'une restauration effectuée au XVIIe siècle.

A noter qu'au Moyen Age, le cri d'armes des armées du roi de France était : Montjoie ! Saint-Denis !

Oratoire

Etymologie de montjoie

L'étymologie pourrait expliquer la variabilité du sens du mot montjoie. Deux étymologies sont avancées :

 1/ Il pourrait provenir de "Mons Gaudii", soit "montagne de joie" nom donné par les pèlerins à la montagne de Rama située au nord-ouest de Jérusalem. Mons Gaudii a dû exister préalablement dans la littérature religieuse, avec une valeur symbolique ; les substantifs "mons" et "gaudium" (parfois juxtaposés), sont utilisés dans des hyperboles en latin chrétien pour désigner le "royaume de Dieu" et la "félicité". Le nom propre s'est appliqué ensuite à diverses éminences dont on pouvait voir le lieu saint, puis à des points de vues quelconques : montjoie comme cri de joie des pèlerins apercevant la ville sainte a été adopté au Moyen Âge comme cri de guerre.

2/ L'historienne Anne Lombard-Jourdan a proposé une étymologie différente. Montjoie, procéderait des éléments germaniques "mund" et "gawi", soit "protection" et "territoire" et renverrait à un "territoire de protection" situé entre Saint-Denis et Paris auxquels les Francs à la suite des Gaulois auraient attribué une puissance sacrée, celle du "protège-pays". La figure tutélaire du "protège-pays" aurait été invoquée lors des combats par les Francs et serait devenu le cri de guerre des rois de France.

Sources : Var'mag - Magazine du Conseil général du Var - N°2. 1995 et Wikipédia l'encyclopédie libre.

Oratoire Saint Victor Trans

Oratoire Saint Victor à Trans en Provence (Photo Oratoires.com)  

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23 octobre 2014

Saint-Tropez et la tradition de la bravade

A l'aube des temps, la presqu'île de Saint-Tropez, fut peuplée par les Ligures puis vinrent les Celtes qui appportent l'usage du fer. On sait que le littoral fut fréquenté par les Carthaginois, mais ce sont les Ioniens, qui ayant chassé les Celto-Ligures de Massalia (Marseille) prospérent et installent des comptoirs sur toute la côte orientale dont Athénopolis qui deviendra plus tard Saint-Tropez.

St Tropez-Buste

A Pise, Caïus Torpetius, brillant officier, fut choisi par l'empereur Néron comme intendant de son palais. Converti par saint Paul dont il assurait la garde, Torpetius proclama ouvertement sa foi chrétienne lors d'une fête organisée par l'empereur en l'honneur de la déesse Diane. Déconcerté, Néron insista pour qu’il se rétracte. Tropez refusa. L’Empereur lui donna à choisir jusqu’au lendemain, entre le sacrifice aux dieux ou la mort. C’est Satellicus qui avait été chargé par l’Empereur de l’exécution de la sentence. Torpetius fut livré aux bêtes féroces, mais dans l'arène, les fauves se couchèrent à ses pieds. Irrité, Néron le fit flageller, mais la colonne à laquelle il était attachée pour l'excution de la sentence se brisa et tua Satellicus. Finalement, c'est le fils de Satellicus pour venger son père qui le fit décapiter et son corps fut jeté dans une barque avec un coq et un chien à l'embouchure de l'Arno, selon la loi Pompeia contre les parricides. Cela se passait le 29 avril de l'an 68 de notre ère. Recueillie par les habitants, la tête de Torpetius (Saint Tropez) est conservée à Pise dans une chapelle qui lui est dédiée. Portée par le courant Ligure, la barque dériva et s'échoua sur les rivages du golfe de l'actuel Saint-Tropez. En souvenir du martyr de Torpetius, les moines de l'abbaye Saint-Victor de Marseille, propriétaires de la presqu'île, firent élever une chapelle "Ecclesia Sancti Torpetis". En 739, une razzia des Sarrasins laissa le pays entièrement travagé. En 1046, le territoire revint aux Vicomtes de Marseille. A partir de 1436, le roi René 1er d'Anjou tente de repeupler la Provence. Il crée la Baronnie de Grimaud en faveur de son chambellan, Jean de Cossa et fait appel au gentilhomme génois Raphaël de Garezzio, qui aborde la presqu'île avec une flotte de caravelles accompagné d'une soixantaine de familles génoises. Des provençaux se joindront également aux génois pour repeupler la région. L'acte d'habitation passé le 14 février 1470 entre Jean de Cossa, baron de Grimaud, grand sénéchal de Provence et Raphaël de Garezzio en présence de 21 chefs de famille stipule que les soussignés seront francs, libres et exempts d'impôt (cette convention perdurera jusqu'à son abrogation en 1672 par Louis XIV).

 

St-Tropez-tour-vielle

 

En contrepartie, ils devront fortifier et défendre le rivage de Sainte-maxime à Cavalaire. Dans Saint-Tropez détruit par la guerre de la fin du XIVe siècle, Raphaël de Garezzio fait construire des murs d'enceintes dont deux larges tours qui sont encore debout : l'une à l'extrémité du grand môle et l'autre à l'entrée de la "Ponche" (en provençal : la pouncho, la pointe). La tour carrée faisait partie de l'ensemble. La cité est désormais une petite république qui possède sa flotte et son armée. Elle est administrée par deux consuls et douze conseillers qu'elle élit. Le 24 juin 1558, le conseil crée la charge de capitaine de ville (le premier fut Honorat Coste) pour "garder la ville de jour comme de nuit, pour aller contre les Turcs et les ennemis du Roy notre Sire". Cette décision fut ratifiée par le roi Charles IX le 8 novembre 1564. Le capitaine de ville, dirige les capitaines de quartiers, un bombardier, une milice et des mercenaires. Il a le pouvoir de prendre tous les hommes nécessaires à la défense, de remettre en état l'artillerie, d'acheter la poudre pour les bombardes ainsi que la poudre fine. L'assemblée communale devient conseil municipal dont la compétence est universelle. Ce dernier gère les biens, dirige les travaux publics, nomme le médecin, le régent de l'école (maître d'école) et surtout fait respecter les privilèges de la cité qui est devenue un organisme politique complet avec une force militaire, navale et autonome. Pendant deux siècles, la cité combattit les ennemis de la France et du Roy, lutta contre les barbaresques, les espagnols mais aussi contre les insurections de la région et replaça les villes alentour sous l'autorité royale. En 1592, les marins tropéziens allèrent ainisi prêter main forte à Antibes assiégée par les troupes du duc de Saint Romain pour le compte du duc de Savoie et mirent les assiégeants en déroute. Ce haut fait d'arme valut aux tropéziens de recevoir une belle lettre de félicitations du Roi Henri IV ainsi qu'un canon d'honneur portant l'inscription "donné par Henri IV à ses loyaux sujets de Saint-Tropez." La plus mémorable bataille livrée par les tropéziens eut lieu le 15 juin 1637. Ce jour-là, 21 galères espagnoles voulurent s'emparer de plusieurs vaisseaux de guerre en réparation dans le port mais sous le feu fourni de la milice et des habitants elles durent faire demi-tour essuyant de lourdes pertes.

 

St Tropez-Bravade 1

 

 

St Tropez-Bravade 2

 

 

St Tropez-Bravade 3

 

Pour célébrer cette victoire que les tropéziens attribuent à la protection de leur saint patron, une procession a lieu chaque année dans les rues de la vieille ville accompagnée d'une bravade dite "des espagnols". Ce n'est que sous Louis XIV que le milice locale fut remplacée par une garnison royale à la citadelle. L'institution du capitaine de ville devint donc obsolète. Mais les tropéziens voulant perpétuer ce passé glorieux ont continué d'élire à titre honorifique chaque année un capitaine de ville pour présider les fêtes traditionnelles en l'honneur de saint Tropez. Ces fêtes sont des cérémonies religieuses mais se passent selon la tradition provençale, en "brûlant joyeusement de la poudre". A l'origine, il s'agissait de se rendre sous bonne escorte à la chapelle de Saint-Tropez assez éloignée des remparts (Saint-Tropez hors les murs). Par délibératon du 8 mai 1667, le conseil municipal donne pouvoir au capitaine de ville d'acheter la poudre pour la fête locale et d'en prendre commandement. Une autre délibération de 1759 déclare que chaque année il sera fait présent au capitaine de ville d'une épée d'argent de cent livres à condition qu'il se mette à la tête de la bravade. C'est pourquoi, chaque année, le lundi de Pâques, le conseil municipal se réunit en assemblée extraordinaire et procède à la nomination du capitaine de ville qui aidé de son major et de son enseigne prend le commandement de la bravade. La bravde est donc une tradition plus que quatre fois centenaire à laquelle les tropéziens vouent un culte passionné. Elle est la plus illustre tradition de leur ville et il est du devoir de tout bon tropézien d'y participer. Etre capitaine de ville est un hommeur et une responsabilité véritable. Le capitaine de ville est l'hôte d'honneur de toutes les manifestations et festivités du pays pendant toute l'année. C'est dans la bravade que les tropéziens expriment le mieux leur profond attachement à leur terre et honorent la devise de leur cité : "ad usque fidelis", c'est-à-dire, fidèle jusqu'au bout.

Sources : D'après un texte arrangé de Jean-Michel Couve, Député-Maire de Saint-Tropez, Wikipédia l'encyclopédie libre, le site "Les amis de la bravade et des traditions tropéziennes".

 

St-Tropez La citadelle

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

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13 octobre 2014

Piraterie sarrazine et rachat d'esclaves

Esclavage

La recrudescence de la piraterie sarrasine sur les côtes provençales dans le dernier quart du XIVe siècle et les premières années du XVe siècle est un phénomène qui a été bien étudié par les historiens de la Méditerranée médiévale. Attestée par de nombreux documents, elle doit être mise en relation avec la reprise de rapports commerciaux entre les villes littorales de l'Occident chrétien et le royaume hafside* mais aussi avec l'état de conflit quasi permanent qui oppose entre elles les puissances maritimes du moment, favorisant guerre de course, batailles navales et pillages des zones côtières. Les agglomérations du bord de mer vivent ainsi dans une situation quotidienne d'insécurité. La peur d'un débarquement inopiné des Génois, des Catalans ou des Sarrasins incite les plus importantes d'entre elles (Marseille, Toulon, Hyères) à prendre en charge leur propre défense, en fortifiant leurs installations portuaires et en organisant des vigies à partir de points stratégiques. De tous les dangers qui menacent les habitants de la Provence maritime à l'époque du Grand Schisme d'Occident, le plus redouté est celui que constituent les razzias des musulmans, lors des expéditions annuelles que ces derniers lancent à l'assaut du littoral à partir des années 1395 et qui se soldent généralement par des captures. Les victimes sont des marins ou des pêcheurs, pris alors qu'ils naviguent au large, mais aussi des villageois ayant eu la malchance de se trouver sur le rivage lors de l'accostage des pirates. La côte des Maures, rocheuse et découpée, propice aux embuscades, aux coups de mains soudains et aux camouflages discrets, est l'une des zones d'intervention privilégiée des Sarrasins. La faible densité de son peuplement, regroupé en quelques castras isolés, perchés sur les collines entourant le golfe de Saint-Tropez, rend impossible la mise en place d'une organisation collective de défense et inévitable, à chaque débarquement, l'enlèvement de paysans, bergers, enfants ou voyageurs. Emmenés captifs à Bougie, Bône, Tunis ou dans d'autres pays islamiques plus lointains, ils y sont réduits en esclavage et ne peuvent espérer être libérés que contre le paiement d'une rançon élevée. Le principal souci des parents et des amis des captifs est alors de connaître leur lieu de détention ainsi que le montant de la rançon demandée par leur maître musulman, puis de trouver un moyen de faire parvenir l'argent à destination et d'organiser le rapatriement.

Frères de la Rédemption

 Un ordre religieux dont la vocation était le rachat des captifs, les Trinitaires, était implanté en Provence depuis le début du XIIIe siècle. Pourtant ce n'est généralement à lui que les familles se sont adressées. La nécéssité de disposer d'informations sûres et de mettre au point l'opération de rachat dans les meilleures conditions d'efficacité et de rapidité, les a plutôt conduites à faire appel à des marchands marseillais, spécialisés dans le commerce entre la Provence et l'Afrique du Nord. Les archives des notaires marseillais ont gardé la trace des "contrats de rachat", actes individuels et privés, passés entre les deux parties et qui précisent les modalités de ces tractations. Certains d'entre eux concernent des chrétiens originaires de Cavalaire, Gassin, Ramatuelle, le Freinet, Le Luc, La Mole, Fréjus. Ils attestent l'intensité du péril sarrasin dans cette région et l'existence à la fin du XIVe siècle en Provence, d'une sorte d'organisation pour le rachat des captifs. C'est à l'occasion de leur débarquement que les Sarrasins se sont emparés de deux enfants de Gassin, Antonet et Guillemette Magnan. Emmenés en captivité en Barbarie, il y ont été vendus comme esclaves. Leur père Jean Magnan, est parvenu, grâce aux marchands de Marseille, à obtenir de leurs nouvelles : ils sont à Bône et leur maître réclame pour leur libération une rançon de 50 doublons. Jean Magnan passe un contrat avec deux négociants en partance pour l'Afrique du Nord, Jaume de Favas et Bertomieu Sysmondel : il leur confie une somme de 100 florins que ceux-ci s'engagent à employer au rachat des deux jeunes prisonniers et à leur retour en Provence par le premier navire. Au cas où la somme serait insuffisante, les marchands feront l'avance et le père promet de les rembourser dans le délai d'un mois après le retour de ses enfants. Certaines précautions sont prises. Que se passera-t-il si, en arrivant au lieu de captivité, les marchands apprennent qu'Antonet et Guillemette sont morts ? ou qu'ils se sont évadés ? ou encore qu'ils ont été libérés d'une autre manière ? Dans ces divers cas, leur mission sera annulée et ils devront rendre au père la somme qui leur a été confiée. Pour une raison inconnue, l'opération échoue. En effet, deux ans plus tard, les marchands font restituer les 100 florins à Jean Magnan sans pour autant que la mise en liberté ait eu lieu d'une autre façon. En mars 1401, Antonet Magnan est toujours entre les mains des Infidèles et son père fait une autre tentative pour le libérer. Dans un second contrat, où il n'est plus question de Guillemette, sur le sort de laquelle aucune information n'est donnée, Jean Magnan, demande à un autre marchand marseillais, Thomas Colombier, spécialiste des rachats de chrétiens en terre barbaresque, d'emporter avec lui 190 florins afin de payer la rançon de son fils car le maître d'Antonet s'est montré plus gourmand cette fois. Jean Magnan éprouve quelques difficultés à réunir cette somme très importante et le marchand consent à un arrangement. Il se contente dans un premier temps de recevoir 100 florins, le reste sera réglé en deux termes : 40 florins dans le mois suivant le retour et 50 florins dans l'année. De son côté, Thomas Colombier, accepte d'assumer les risques du transport de l'argent qu'il devra restituer en cas de décès du captif ou si sa libération a déjà eu lieu par d'autres moyens, ou encore si la somme est estimée insuffisante par le maître musulman. Mais une autre clause, révélatrice des aléas et de l'insécurité de la navigation méditerranéenne à cette époque, précise que lors du voyage de retour, si le navire est pris par les Sarrasins et si Antonet est de nouveau fait prisonnier, Thomas Colombier devra le racheter avec ses propres deniers. Par contre, si Antonet meurt après son rachat, son père devra solder inégralement le montant de la rançon. Les textes ne permettent pas de savoir si Antonet Magnan a pu anfin retrouver son père et son village natal. Mais le détail des précautions prises, la multiplicité des situations envisagées, les garanties réciproques, les cautions consenties par les notaires aux parties, sont la preuve de l'existence d'une organisation juridiquement et matériellement bien au point, fonctionnant de façon régulière, à la satisfaction commune des familles des captifs et des hommes d'affaires, même si toutes les opérations de rachat ne se concluent pas systématiquement par un succès.

Source : D'après un texte de Daniel Le Blevec paru dans la revue "Histoire du Freinet" N°4 Juin 1986.

* Royaume hafside : Les Hafsides sont une dynastie Amazighe qui commence par être l'alliée des Almohades. Devenant la dynastie régnante de l'Ifriqiya de 1230 à 1574, elle étend son pouvoir sur le nord-est de l'Algérie (Bougie), la Tunisie (Tunis) et une petite partie du nord-ouest de la Libye.

Cimeterre

                

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28 septembre 2014

Quand les paysages sont laissés à l'abandon

 

Musulmans d'Espagne

Entre la Gaule et la France, entre l'arrivée des Wisigoths au Ve siècle qui chassent les Romains et celle des rois de Bourgogne au Xe, le Var connaît un épisode déterminant quant aux paysages : la présence des Sarrasins d'Espagne dans les Maures. Cette portion de la Provence est soumise aux pillages constant des seigneurs du nord depuis l'époque de Rome, le haut Var perd sa substance économique. A partir du VIe siècle, on ne construit plus d'églises : les derniers autels ou barrières de choeur découverts datent de ce temps, on possède ceux de Brignoles, Saint Julien, Seillans, Les Arcs, Le Val, Tourves. C'est dans ce pays vidé de ses richesses, appauvri par quatre siècles d'une exploitation proche du brigandage que s'installent les Maures d'Espagne. Depuis le Fraxinet (actuelle région de la Garde-Freinet), ils lancent des raids jusqu'en Allemagne et en Italie mais surtout achèvent de supprimer toute vie organisée. Ils auront bien du mal à découvrir les Varois cachés au fond de leurs forêts ou dans des grottes comme à Cabasse ou à Cotignac. Des communautés réduites végètent loin de tous les pouvoirs, plus rien ne compte que la simple survie. Les évêchés de Fréjus et de Toulon ont de longues lacunes quant aux nominations d'évêques, et en l'absence de prêtres, de vraie religion, la vigne, pourvoyeuse du vin de messe recule ou disparaît comme l'olivier. L'insécurité supprime également le commerce. Il s'agit pour les habitants de devenir invisibles, ils dissimulent leurs cultures, vivent de bouillies d'orge ou de seigle, de quelques pois, fèves, choux ou légumes verts, d'un élevage de chèvres presque libres. Forêts, marais, bois se reconstituent. Mais l'évolution climatique, le relatif réchauffement qui précède l'An Mil, favorisent le développement de l'yeuse. Le chêne vert s'installe sur le flanc sud des collines au détriment du chêne blanc qui avait repoussé la hêtraie. C'est d'un pays en apparence vide d'hommes et très forestier que sont chassés les Sarrasins en 973 (bataille de Tourtour) par Guillaume 1er Comte de Provence avec l'aide des seigneurs locaux.

Les paysans

Une longue période commence alors qui va transformer le haut Var. Jusqu'au XIIIe siècle, il n'existe pas de données numériques pour établir un ressencement des terres. Leur mise en valeur, l'essor de l'agriculture, du commerce, l'installation des villages, des châteaux, des familles seigneuriales prouvés par les chartes témoignent de la naissance d'une économie dès 1200. "Nulle terre sans seigneur", ainsi les fiefs des Blacas à Vérignon-Pontevès, d'Esparron, de Villeneuve-Tourrettes, de Villeuneuve-Trans, de Moustiers-Callian, les seigneurs ecclésiastiques de La Celle, du Thoronet, celle des Hospitaliers... Les registres d'enquêtes se remplissent de noms et de chiffres. Quelques communautés comptent de quatre à cinq cent habitants à Barjols, Ollières, Pourrières, Bras, Bargemon, Comps, Fayence, sept à huit cents au Val, mais la plupart sont réduites à moins de trois cents âmes : Brue, Varages, Flassans, Montfort, Vérignon... Autour d'un castrum nouvellement bâti où vit le maître, autour d'une église, on s'abrite derrière les murs jointifs des maisons, sorte de rempart qui délimite une position fortifiée sur une hauteur. Il faut procéder au défrichage des pentes environnantes et les aménager en terrasses cultivées, c'est ainsi que se constitue le paysage des restanques (bancaous, faïsses) qui sont le résultat de l'épierrage consécutif au déboisement. Sur ces terrains sont plantés les fruitiers : figuiers, poiriers, pruniers, quelques pieds de vigne. A leur ombre, grandissent les légumes verts, les oignons, les pois. La culture principale est celle des grains, le froment sur les terres seigneuriales, plutôt le seigle qui résiste au froid ou les deux réunis qui donnent le méteil chez les paysans. L'olivier est presque absent, dispersé parmi les autres arbres, son expansion ne viendra que plus tard. En dehors du carême où l'huile agrémente fèves et oeufs, l'usage en est faible sinon comme combustible des luminaires.

En vue du village commence la forêt, une frange est exploitée en commun pour l'élevage : chèvres, moutons à laine et porcs pour la salaison. Tout est réglementé par les droits seigneuriaux : du ramassage du bois mort au nombre de têtes de bétail, en passant par la glandée, la cueillette, le bûcheronnage... Limitations dues à la volonté du pouvoir local mais aussi à la nécessité de protéger les futaies contre l'avidité d'une exploitation anarchique. A l'échelle des besoins de communautés encore réduites, ces prélèvements aboutissent à des éclaircies, à un nettoyage permanent où l'on favorise la croissance d'espèces utiles : les fruitiers, les chênes, certaines herbes... Au-delà règne une nature florissante, domaine de chasse pour les seigneurs et les braconniers. Parfois en vue d'un monastère, autour du Thoronet, se développe une campagne parfaite, voulue par l'Eglise comme l'image de sa maîtrise sur le désordre terrestre. Pour les besoins du culte, vignes et oliviers s'y côtoient au point qu'il faut un cellier, un pressoir. Près de Saint-Maximin, on assèche les marais. Le seigneur n'est pas en reste avec ses moulins à eau : imposer leur usage contre la meule familiale, c'est faciliter la vie paysanne et la rendre dépendante. Il n'est d'image statistique précise et générale de la population qu'en 1315 avec le calcul de l'impôt payé par les Varois à leur suzerain, le comte de Provence : devenu assez puissant, il peut organiser une véritable enquête afin de recueillir de ses sujets "taille et fouage". D'autres consultations se feront en 1471, 1518, toujours avec le souci d'établir une imposition efficace (affouagement). Puis en 1698, 1728 et 1765, ces dates donnent les grandes tendances démographiques du haut Var. On y retrouve les tristes heures des XIVe et XVe siècles.

Peste de 1348

Illustration de la peste noire tirée de la Bible de Toggenburg (1411).

La peste noire de 1348 qui fauche en moyenne la moitié des habitants. La famine, due à l'abandon des terres, aux mauvaises récoltes, aux difficultés du commerce des grains, s'ajoute aux pillages des routiers entre 1357 et 1376 ou aux exactions des bandes de Raymond de Turenne. Rians perd un bon tiers des siens, on n'ose plus aller à Aups à cause de l'épidémie, de 1456 à 1459. Brignoles s'isole de Draguignan, de Barjols, et du Val où sévit le Mal Noir. La Roque-Esclapon est inhabitée. Les moniales de La Celle se dispersent. Pourrières ne cesse de se vider jusqu'en 1430. Dans un pays où la forêt reste vivace, un repli humain se traduit par une avancée des bois. Les installations se délabrent, d'abord les bancaous qui s'éventrent et dans les champs abandonnés, argeiras, romarins, thyms, lavandes, genévriers, et les premiers pins d'Alep s'installent. Là où le pouvoir recule, les usages se sont pas respectés, chacun survit à sa manière : élevage intempestif, coupes hasardeuses détruisent l'organisation de la nature au point de provoquer érosion et appauvrissement des sols. L'apparition des chênes kermès date de cette époque.

Dès la fin du XVe siècle, la reprise démographique s'amorce, la paix revenue, la peste éloignée, le commerce reprend favorisant les régions de passage situées le long de l'Argens ou de l'ancienne voie aurélienne. Les relations avec le haut pays reprennent. L'essor est rapide, les seigneurs, pour accélérer la remise en valeur des terres, favorisent l'immigration ligure. Entre 1471 et 1518 ou 1540 selon les lieux et les rencensements, c'est l'explosion : le nombre des feux (familles, foyers) triple, quadruple. Aux Arcs, il passe de 94 à 320, à Ampus, de 23 à 120, à Trigance de 20 à 80, à Bras de 12 à 124, à Pourrières de 45 à 200... Puis le mouvement s'accentue, s'équilibre entre 1698 et 1728 : Châteauvert compte 23 et 25 maisons sur ces deux dates, Brue-Auriac 16 et 20, Cotignac 473 et 480, Sillans 92 et 101, Cabasse 170 et 173, Ollières 22 et 23... Deux siècles de patience et de travail pour construire et modeler le paysage du haut Var.

Source : D'après "Le Var des collines" - Editions Edisud.

 

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11 septembre 2014

Forum de généalogie des 13 et 14 septembre à Saint-Raphaël

Forum généalogie 1

Forum généalogie 2

Forum généalogie 3

Forum généalogie 4

Forum généalogie 5

Forum généalogie 6

Forum généalogie 7

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30 août 2014

Le général François Mireur et la Marseillaise

Francois Mireur

Etienne François Mireur, est né à Escragnolles (Alpes-Maritimes) le 9 février 1770. Après une enfance sereine, il part à Montpellier pour y suivre des cours à la faculté de médecine. Il devient docteur en médecine en 1792 mais ses études ne lui serviront guère car la France est alors en pleine Révolution. Depuis la convocation des États généraux, la prise de la Bastille, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, le vote de la Constitution, une immense exaltation patriotique a émergé à Montpellier. En 1790, avec les montpelliérains Cambon, Cambaceres et le maire Durand, le jeune Mireur participe à l'action du club des amis de la Constitution et de l'égalité. "Mon zèle, ma philanthropie firent de moi le capitaine de la garde nationale de Montpellier, laquelle avec d'autres citoyens s'empara de la vieille citadelle royale dans la nuit du 1er au 2 mai. Ce fut notre Bastille !". Adepte des idées nouvelles du moment, Mireur fit de nombreuses propositions : rendre publiques les séances du Conseil Municipal de la Commune, supprimer les différences entre les riches et les pauvres lors des enterrements, dispenser gratuitement l'enseignement aux enfants, lutter contre la présence des chiens enragés dans la commune...

Plaque François Mireur

Le 21 juin 1792, il se rend à Marseille pour organiser le mouvement des volontaires du Sud vers Paris. Le 22 juin, au cours du repas donné en son honneur au lendemain d'un discours devant le club des Amis de la Constitution, il entonne pour la première fois le Chant de Guerre pour l'Armée du Rhin, composé par Claude Joseph Rouget dit Rouget de Lisle. Adopté par les volontaires marseillais qui le chanteront au cours de leur marche vers Paris en juillet, le chant deviendra ainsi la Marseillaise.

La Marseillaise

Arrivé à Paris pour rejoindre le bataillon de l'Hérault, il se rend sur le front, combat à Argonne, à Valmy, part avec l'armée de Dumouriez conquérir la Belgique et la Hollande. Officier à l'armée d'Allemagne, chef de l'état-major de Bernadotte, il conduit les renforts commandés par ce dernier en Italie et prend une part glorieuse au passage du Tagliamento, à la prise de Gradisca, Trieste, Laybach. Il se distingue par sa bravoure dans l'Armée d'Italie et est fait général. Bonaparte l'affecte à l'armée de Rome commandée par Berthier, puis au commandement de la cavalerie de l'avant-garde de l'armée d'Orient, sous Desaix. Il meurt à l'âge de 28 ans, pendant la campagne d'Égypte : "C'est pendant le séjour de l'Armée à Damanhour, le 21 messidor, que fut tué le général de brigade Mireur, officier distingué. Les Arabes n'avaient point cessé de harceler les Français dans leur marche, et ils rôdaient autour du campement des divisions. Le général venait d'acheter un cheval arabe, et voulut sortir du camp pour l'essayer. Les avant-postes lui firent de vaines représentations sur les dangers auxquels il s'exposait en s'éloignant ; poussé par la fatalité, Mireur ne tint pas compte de ces avis et se porta au galop sur un monticule à deux cents pas des postes. Trois Arabes embusqués dans cet endroit entourèrent le général, le tuèrent et le dépouillèrent avant que les soldats de garde ne pussent venir à son secours".

Campagne d'Egypte

Les circonstances de sa mort ont fait l'objet de différents récits. Plus que ce qui précède, la version qui semble la plus proche de la réalité est qu'à la suite d'un conseil de guerre réuni à Damanhour en raison de la gravité de la situation des troupes, durement éprouvées par la traversée du désert depuis Alexandrie, Mireur aurait recommandé de rembarquer pour l'Europe. Il s'agissait de s'assurer de la paix continentale en priorité, avant de revenir en Égypte, avec une armée mieux préparée. Dans ses mémoires militaires, Desvernois aurait reconstitué l'intervention de Mireur au conseil de guerre en ces termes : "Le Directoire n’a eu qu’une pensée, éloigner d’Europe le héros qui portait ombrage à son insatiable ambition et son armée d’invincible. Au lieu de mettre le pied en Égypte, il était prudent, une fois Malte conquise, de revenir sur la Sicile et de s’en emparer, de concert avec l’armée de Rome et des États romains. Le Directoire exécutif devait à sa dignité d’agir de la sorte. Ne savait-il pas que le perfide gouvernement de Naples, cédant aux sollicitations de l’Angleterre, venait de rentrer dans une coalition contre la France ? Quant à la Sardaigne, elle accepterait facilement une garnison jusqu’à la paix générale. Maîtres de Turin, nous tenions son roi. Dès lors, toute la Méditerranée nous appartenait, puisque Corfou, les îles ioniennes, Ancône et tout le littoral de la mer Adriatique étaient gardés par nos troupes ; les Anglais n’oseraient plus s’y montrer et l’on pourrait à loisir, par l’Égypte et la Syrie, marcher sur les Indes. Toutes ces grandes choses sont encore faciles à exécuter si l’armée regagne au plus vite ses vaisseaux et ses transports. On reviendra en Égypte plus tard, sans crainte de la marine anglaise ; on aura le temps de s’entendre avec la Sublime Porte pour chasser les Mamelouks et lui payer plus fidèlement que ces usurpateurs le tribut qu’elle exige. La France n’a-t-elle pas la pensée de faire de l’Égypte et de la Syrie des comptoirs qui jalonneront la route vers les colonies qu’elle établira dans l’Hindoustan, après qu’elle en aura chassé les Anglais ?" Cet affront aurait valu à Mireur d'être suspendu de son commandement par Bonaparte qui aurait désigné le général Leclerc, son beau-frère, pour prendre la tête de la cavalerie d'avant-garde. Blessé, Mireur aurait, à la suite du conseil, cherché à s'isoler en dépassant les avant-postes, malgré les avis des officiers et généraux présents, dans un emportement qui lui coûtera la vie. La version de Bonaparte, quant à elle, dans ses récits de la Campagne d'Egypte est plus succincte : "Le général de brigade Mireur, se rendant d'un bivouac à un autre malgré les observations qui lui firent les grand'gardes, fut surpris dans une petite vallée à cent pas d'elles par quatre Arabes et percé de coups de lance. C'était un officier distingué. L'armée le regretta." Napoléon fit une halte à Escragnolles à son retour de l'île d'Elbe et demanda à rencontrer la mère du général Mireur.

Francois Mireur

Une grande plaque en faïence colorée en l'honneur de "François Mireur Héros de la Marseillaise" est apposée à l'entrée d'Escragnolles.

Son nom est inscrit sur la 28ème colonne de l'arc de Triomphe, au sommet du pilier sud, face à l'avenue Kleber avec celui des capitaines de la Révolution et du Premier Empire. Il est également visible sur les tables de bronze des galeries de Versailles où sont inscrits les guerriers et les généraux tués devant l'ennemi depuis la fondation de la Monarchie Française, parmi les Princes, les Ducs, les Généralissimes, les Amiraux et les Maréchaux tombés sur les nombreux champs de batailles. On peut lire ces lignes consacrant définitivement la gloire modeste de celui qui apporta la Marseillaise à Marseille et fut l'ami de Bernadotte :

FRANÇOIS MIREUR

GENERAL DE BRIGADE

TUE AU COMBAT DE DAMANHOUR

LE 9 JUILLET 1798 A L'AGE

DE 28 ANS

Buste François Mireur

Buste de François Mireur, réalisé entre 1792, date de son engagement militaire, et 1798, date de son décès. Il a été donné par les descendants marseillais de sa famille, en souvenir de ses études de médecine à Montpellier avant son entrée dans l'armée (http://www.culture.gouv.fr)

Sources : Wikipédia et le site du Musée d'Histoire du Pays de Fayence.

 

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05 août 2014

Les surnoms des villages dans le canton de Comps sur Artuby

Comps-carte

Dans le pays de Comps sur Artuby qui possède de nombreuses fermes regroupées, de nombreux hameaux, nous trouvons des sobriquets particuliers à chaque endroit… L’explication et l’origine de ces dénominations n’est pas toujours aisée ni très claire. A Saint Bayon, on appelait les habitants les "pieds gelés" parce que l’hiver, les congères sur les plateaux et la bise qui souffle ne tiennent guère chaud.

Hameau-de-Chardan

Le hameau de Chardan est englobé dans le camp militaire de Canjuers (Photo internet)

 A Guent, c’étaient les "panetiers" car ils mangeaient beaucoup de pain.

A Chardan, les habitants étaient "les plaideurs" parce qu’ils étaient toujours en procès avec quelqu’un.  

Avelan, pourtant pays des noisetiers ? 

A Saint Laurent, on appelait les gens les "arracheurs de dents" parce que les mensonges ne leur faisaient pas peur. 

A Duou, c’étaient les "brailleurs". 

A Endosse, les "conjurés" ou les "toupiniers". Le toupin est un pot de terre utilisé par les guérisseurs parce qu'ils enlevaient les mauvais sorts, les refroidissements, les insolations en faisaint bouillir leur toupin et en disant des prières. 

A La Souche, il y avait les "conjounglié" car ils attelaient leurs boeufs avec une sorte de joug appelé "counjoungle".    

A Jabron, on fabriquait du broussin ... et on l'appréciait ! Nous avions donc les "broussiniers".    

A Verjons, il y avait les "chasseurs de rats", allez donc savoir pourquoi ? Peut-être parce qu'on y faisait beaucoup de blé ?    

A Duou comme à Chardan, on plaidait sans cesse "les plaideurs de Duou".    

La terre du plateau de Sauvechane est rouge, ses habitants étaient donc des "pieds roux". Ou encore des "mangeurs de poires sauvages" comme dit la chanson : "Allons à Sauvechane, Manger les poires sauvages, S'il n'y en a pas dessous, Nous monterons dessus..." Allons voir un peu en dehors de la commune de Comps à présent. Les habitants du village de La Bastide étaient "les ganaches" parce qu'ils avaient de grosses mâchoires. On dit aussi : "A La bastide, il y a les messieurs et à La Roque Esclapon, il y a les écus".

Ceux de Brenon, c'étaient "les baveux". On sait qu'autrefois se déroulait à Brenon la foire des coups de bâtons... et que si vous n'êtes pas né chanceux, que vous êtes un peu "juste" vous pouvez toujours aller à la "fontaine du bon sens" dont l'eau rend paraît-il... intelligent !
    A La Roque Esclapon, on qualifiait les habitants "d'enfumés" ou "d'étuvés" parce que leur four à pain fumait.
    Les gens d'Aiguines étaient "les masques" parce qu'ils avaient le mauvais oeil, ou bien encore "les sourciers" parce que dans le temps, il étaient renommés pour trouver l'eau. On disait aussi : "Va te faire tourner à Aiguines" à quelqu'un de tordu ou disgracié, car c'est à Aiguines que se fabriquaient les boules en buis cloutées, ainsi que tous les ustensiles de cuisine en bois tourné.
    Les habitants de Monteferrat étaient "les mangeurs de salsifis".
    Et pour terminer, un proverbe bien connu qui joue sur la ressemblance entre les noms de trois villages :
   
"Barjols le père,
    Bargème la mère,
    Et Bargemon l'enfant,
    Firent Brovès en passant..."

 

Source : Revue culturelle provençale Lou terraire.

 

Comps

 

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24 mai 2014

La pétanque

 

La prière du pétanqueur

 Le jeu de boules aurait été introduit en Gaule par les Romains. Les boules ont d'abord été en argile, en pierre, en bois et enfin en acier. Mais, après les "bouleurs" du Moyen Âge, l'âge d'or des boules fut certainement la Renaissance où la noblesse s'empare du jeu de la même façon que le bilboquet et le jeu de paume. Pour des raisons obscures, il semblerait que le jeu de boules ait été interdit au peuple de 1629 à la Révolution.

Dès le début du XIXe siècle, le jeu de boules est répandu du nord au sud de la France. En 1850, la première société officielle, "le Clos Jouve", fut fondée dans la région de Lyon puis, en 1906, la Fédération lyonnaise et régionale ouvre la voie en 1933 à la Fédération nationale des boules qui deviendra Fédération française de boules (FFB) en 1942. Bien que regroupant nombre de jeux de boules (boule des berges, boule en bois, jeu provençal), la FFB fut dominée par le jeu de boule lyonnaise (128 000 joueurs en 1945), jusqu'au début du XXe siècle.

Au XIXe siècle, alors que chaque région, ou presque, introduit une variante d'usage, les méridionaux se passionnent pour la longue ou jeu provençal avec des règles simplifiées, le libre choix du terrain, mais où les tireurs font trois pas de course pour prendre leur élan. En 1904, un Alsacien du nom de Félix Rofritsch entreprit la fabrication des premières "boules cloutées" (en bois recouvert d'une carapace de métal, formée de clous) dans son atelier de la rue des Fabres, à Marseille, sous le label de "La Boule Bleue". Le jeu provençal donnera naissance en 1907 à la pétanque, lors de la partie historique à La Ciotat où un champion de jeu provençal, Jules Hugues dit Lenoir, ne pouvant plus jouer à son jeu préféré à cause de ses rhumatismes, s’est mis un jour, à tracer un rond, envoyer le but à 5 ou 6 mètres, et, les "pieds tanqués", à jouer ses boules pour se rapprocher du cochonnet. Ceci se passait sur le terrain de boules d’un café "La boule étoilée" (terrain baptisé ainsi en clin d'œil aux boules cloutées de l'époque) dont les propriétaires s'appelaient Ernest et Joseph Pitiot. Les deux frères comprirent vite l'intérêt de ce sport, notamment Ernest qui s'appliqua à en finaliser les règles. Il faudra néanmoins attendre le premier concours officiel à La Ciotat en 1910 pour que le mot soit officialisé. Le terme vient du provençal "pied" et tanca "tanqué", donnant l'expression "jouer à la pétanque" ou encore "pés tanqués", c’est-à-dire avec les pieds ancrés sur le sol, par opposition au jeu provençal où le joueur peut prendre de l'élan. Les innovations sont les suivantes : le jeu se pratique sur un terrain plus court, le joueur lance sa boule sans élan ; les pieds joints, à partir d'un cercle tracé au sol. 

Plaque commémorative sur le boulodrome de La Ciotat

 La première boule en acier aurait été fabriquée en 1927 à Saint-Bonnet-le-Château, qui abrite à présent le Musée international pétanque et boules. La même année, les règles de la pétanque furent codifiées, mais ce n'est qu'en 1930 que les traditionnelles boules en bois cloutées furent remplacées par celles en acier. C'est à Jean Blanc que l'on doit cette évolution. La Fédération française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP) voit le jour le 31 juillet 1945 quand, forte de ses 10 000 membres, elle peut enfin quitter la section provençale de la FFB . Quant à la Fédération internationale, elle fut fondée le 8 mars 1958 à Marseille, même si c'est en Belgique, à Spa, que ses premières bases furent jetées, un an plus tôt.

Source : Wikipédia l'encyclopédie libre.

Pétanque

 

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28 avril 2014

Pierres sèches


Les pierres du Talagard par provencetv

A Salon-de-Provence, dans le massif du Talagard, à la découverte des constructions en pierre sèche avec Christiane Delaval de l'association "Salon Patrimoine et Chemins". Un endroit riche en enseignements pour comprendre comment on travaillait et on vivait en Provence, à la grande époque du pastoralisme et de l'apiculture.

 

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20 avril 2014

Les tours à signaux dans le sud de la France

 

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 A l'aide de signaux visuels ou sonores, l'homme a toujours tenté de vaincre les distances et de mettre en place une transmission rapide de l'information. Dans le sud de la France, il existe ainsi des tours de pierre qui ont assuré cette mission. Ces vigies appelées tours à signaux sont connues depuis l'époque romaine. Ce sont sans doute les légions de Jules César qui les installent à leur arrivée en Gaule du sud. Ces petits bâtiments de guets sont ensuite améliorés par Charlemagne et ses successeurs. De longs relais de tours à signaux voient le jour en Provence, Languedoc, Roussillon, Périgord ou encore en Corse.

Calanques-sommet-marseilleveyre-vigie

Ruines de la vigie sous le sommet de Marseilleveyre (XIIe siècle) site sentier-nature.com 

Ces vigies sont bâties sur des points stratégiques : crêtes, pics, cols pour être vues de loin et pouvoir communiquer entre elles. Leur architecture est souvent commune d'une région à l'autre. Ces tours de guets sont cylindriques protégées par des murs de pierre épais. Leur hauteur varie de 8 à 12 mètres environ et leurs murs sont percés de petites fenêtres qui suivent l'escalier intérieur en colimaçon qui monte à l'étage. Sur le haut de la tour, une cage en fer ou parfois un petit bati de pierre, entoure un feu qui sommeille et pourra être ravivé. En effet, ces tours communiquent à l'aide de flammes la nuit ou de fumée le jour. Elles ne doivent pas être trop éloignées les unes des autres et la distance qui les sépare va en général de 4 à 8 km. Ces vigies sont habitées en permanence et les guetteurs qui se relaient ont interdiction de se faire remplacer par quelqu'un qui n'est pas habilité. Ils ne doivent pas s'absenter et ont pour obligation de communiquer tous les soirs avec les tours voisines. La principale contrainte de ces vigies de pierre est leur alimentation en bois qui se fait à dos d'homme ou de mulet en provenance des vallées environnantes. Un grand nombre de ces tours est parvenu jusqu'à nous. Sur les côtes du Var, du cap de l'Aigle à Saint-Raphaël, de nombreuses tours à signaux ont pour mission d'avertir les châteaux de l'arrivée de galères ennemies. On connaît aussi en Corse un réseau important de 70 tours élevées dès le XVe siècle. On les trouve surtout dans le Cap Corse et sur la côte ouest. Elles servaient à prévenir l'arrière-pays des attaques de pirates barbaresques venant d'Afrique du nord. Ce système de transmission par l'éclat des flammes et les nuages de fumée durera longtemps dans le sud de la France. La dernière tour à signaux de notre pays sera construite par des ingénieurs militaires dans les Pyrénées-Orientales en 1740.

Source : D'après "Le petit Bâti - Sud de la France" - Hubert Delobette.

Châteaux et tour à signaux 

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13 avril 2014

Les ferrures provençales

 

Ferrures porte église St Michel Draguignan

Ferrures de la porte de l'église Saint-Michel à Draguignan (Photo Nadine)

Au XIIe siècle, quand la Provence appartenait aux Comtes de Barcelone, elle s'est enrichie du savoir-faire des ferronniers catalans. Le travail du fer a d'abord bénéficié aux armes puis ensuite à la serrurerie grâce à la maîtrise de la technique du ciselage. Marteler le fer à chaud était un travail noble. Le ferronnier, fournisseur des combattants pouvait porter l'épée au côté. Dans les villages, l'artisan forgeron (lou fabré en provençal) intervenait ponctuellement dans la construction des maisons. Il travaillait pour le charpentier et fabriquait les clous pour les portes, des pentures et des espagnolettes pour les volets. Avec la maçon, il concevait des gonds et des barreaux de protection qui étaient scellés dans les murs.

Rampe-escalier-fer-forgé

Rampe d'escalier en fer forgé (Photo internet)

C'est en fait au XVIIIe siècle que la ferronnerie d'art s'est véritablement épanouie grâce à la maîtrise de la soudure. Les belles demeures, hôtels particuliers et bastides, ont alors habillé leurs escaliers de rampes aériennes, leurs balcons de garde-corps aux dessins délicats et leurs portails de grilles élégantes.
    Le fer forgé est aussi entré dans les intérieurs.

Table-console-Musée-Grobet-Labadié

Table console au musée Grobet-Labadié (Photo Wikipédia)

On peut admirer une console d'entrée au motif typiquement provençal au musée Grobet-Labadié à Marseille : ce motif dit "à la marguerite" montre en effet un treillage avec des fleurs dorées aux points de soudure. On le retrouve sur des meubles, des portes d'entrée...
    Le marteau de la forge continue de résonner en Provence. Les provençaux, en effet, aiment meubler leurs maisons de tables, de chaises, de lustres, de pieds de lampes et autres objets en fer forgé, qui allient tradition et goût contemporain.

Source : L'âme des maisons provençales - Editions Ouest-France

Porte château d'Entrecasteaux

Ferrures de la porte du château d'Entrecasteaux (Photo Nadine)

 

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05 avril 2014

Les aiguiers

Aiguier de Gayéaux

Aiguier de Gayéaux près de Saint-Saturnin lès Apt (84) - Photo capfrandos.free.fr

Aiguier de Gayéaux-Schéma

Aiguier de Gayéaux - Schéma

En Provence, un aiguier est une citerne creusée dans la roche et voûtée de pierres. Il sert à recueillir les eaux de ruissellement. Ces aiguiers sont implantés sur des terrains en pente ou en aval de ces derniers. Leur impluvium peut être un plan de roche dénudé et creusé de rigoles de collecte ou un chemin barré d'une rigole oblique poursuivie jusqu'à l'aiguier. Un autre dispositif consiste en une toiture collectrice concave avec lauses inclinées convergeant en direction du trou de collecte. Une crépine (filtre) de petites branches, placée dans les trous de collecte réservés dans les parois arrières ou bien sur les côtés de la bâtisse, sert à filtrer l’eau et à empêcher les petits animaux de tomber dedans. La profondeur des bassins oscille principalement entre 0,90 m et 2,20 m.

Aiguier du mont Ventoux (versant-sud)

Aiguier du mont Ventoux (versant-sud) - Photo Wikipédia

Si quelques aiguiers sont à ciel ouvert et libres d’accès pour le bétail et autres animaux, ils sont en majorité, recouverts et protégés soit par une voûte en encorbellement (forme de coupole), soit par une voûte clavée en berceau, aux voussoirs (pierre de taille en forme de coin) généralement liés par du mortier de terre ou de chaux. Dans le premier cas, le bassin est de plan circulaire ou carré avec des angles arrondis, dans le deuxième cas, de plan rectangulaire. Un troisième type d'aiguier existe mais cependant plus rare, il est dit de couvrement et est constitué par de grandes dalles rectangulaires taillées qui sont posées au niveau du sol, soit en plafond (juxtaposées), soit en bâtière (affrontées) au-dessus d'une cuve. Les aiguiers couverts par une coupole en encorbellement ont pour caractéristique commune d'avoir leur coupole légèrement en retrait par rapport au corps. La fonction de cette dernière reste une énigme : abritait-elle un chéneau circulaire destiné à recueillir l'eau de pluie tombant sur le parement extérieur de la coupole ou bien est-elle la trace d'une couverture de lauses retirée après l'abandon de l'installation ? De même, les aiguiers couverts par une voûte en plein cintre présentent un extrados à peine protégé par de la caillasse alors qu'on s'attendrait plutôt à une couverture de grandes lauses à deux pentes. Enfin, les aiguiers à voûte clavée peuvent être renforcés à l'intérieur par une arche maçonnée, soit parallèle à la voûte, soit perpendiculaire à celle-ci. Quel que soit le type de couvrement employé, les parois intérieures de ce dernier sont toujours dans la continuation de celles du bassin creusé dans la roche. Généralement proche d'une habitation, l'aiguier servait, selon les cas, à un usage domestique (laver le linge, arroser le potager), pastoral (abreuver les bêtes) ou encore artisanal (distiller la lavande et refroidir le serpentin).

Aiguier-Détail-Voûte en berceau

Détail d'une voûte en berceau - Photo baladeenfamille.free.fr

La tradition de creuser des aiguiers est antérieure à la fin du XIXe siècle. Dans sa monographie "Villars, un village de l’ancienne Provence" Auguste Roux écrit : "Le 28 mars 1666, les Consuls font observer que la montagne "est fort sèche". Il y a un rocher au quartier de La Brasque "propre à creuser un aiguier" afin d’abreuver les troupeaux… "on verra un maître coupeur (tailleur) de pierres". Le 6 juin, une partie du rocher est creusée. André Clément et d’autres ont payé le travail dont ils jugent la nécessité. Il est délibéré de poursuivre la besogne conformément "au marché fait" (prix-fait), de "relarguer" (élargir) le tout et de le payer".

Source : D'après un article de Wikipédia l'encyclopédie libre.

Sentier des Aiguiers-St Saturnin lès Apt

Sentier des aiguiers- Saint Saturnin lès Apt - Photo issanlat.free.fr/

Aiguier des Testourias-St Saturnin lès Apt

 Aiguier des Testourias - Saint Saturnin lès Apt - Photo issanlat.free.fr/

Aiguier des Testourias-Rigole et trou de collecte

 Aiguier des Testourias-Rigole et trou de collecte - Photo issanlat.free.fr/

 

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25 mars 2014

La chèvre d'or

Chèvre d'or

 On trouve sa présence dans le massif de l'Estérel où elle est la gardienne des trésors laissés sur place par les Sarrasins du Fraxinet. Dans la Provence orientale la légende la rattache à la fée Estérelle. Alphonse Daudet, dans son conte "Les étoiles", les évoque l’une et l’autre : "Et ta bonne amie, berger, est-ce qu’elle monte te voir quelques fois ? ça doit être bien sûr la chèvre d’or ou cette fée Estérelle qui ne court qu’à la pointe des montagnes".

Paul Arène, dans sa préface à "La Chèvre d’or", fut co-auteur des "Lettres de mon moulin" et des "Contes du lundi", situe lui aussi la "Cabro d’or" en Provence orientale. Mais la légende la situe le plus souvent dans les Alpilles. Dans "Mireio", Frédéric Mistral lui fait hanter la région du Val d’Enfer proche de la vallée des Baux, son repaire préféré où veillant le jour et sortant la nuit, elle garde le trésor d’Abd-el-Rhamân.

"Je veux la chèvre d'Or, la chèvre
              Que nul mortel ne paît ni trait
              qui, sous le roc de BausManière
              lèche la mousse des rochers
              ou je me perdrais dans les carrières
              ou tu me verrais ramener la chèvre au poil roux !
              hélas ! Combien d'âmes sèches et affamées de gain
              mordant au piège du noir antenois et à la Chèvre d'Or
              font humer leur encens !"

On la retrouve à Saint-Rémy-de-Provence où elle campe au sommet du mausolée des Antiques. Là aussi elle est gardienne du trésor d’Abd-el-Rhamân. Il lui arrive de passer le Rhône et d’aller camper sur la rive droite du fleuve. Elle s’installe alors sur un oppidum, le "Camp de César", situé sur la commune de Laudun (Gard). Là, elle veille sur le trésor qu’y laissa Hannibal "roi des Sarrasins d’Afrique". Ce même trésor lui fait aussi hanter le Ventoux. Son antre se situe au-dessus de Malaucène, au lieu-dit "Les Aréniers", près de la source du Groseau. De gigantesques lingots d’or sont cachés derrière la "Porte Saint-Jean" qui ne s’ouvre que la nuit de Noël. Les audacieux peuvent s’en saisir au cours de la messe de minuit puisque la porte s’ouvre entre le début de l’Épître et la fin de l’Évangile.

Source : Wikipédia - l'encyclopédie libre

Sur le versant méridional du plateau des Encourdoules qui domine Valauris, une faille de roc donne péniblement accès à la grotte de la Chèvre d'Or, "lou trau de la cabro", ou seraient entassées en des profondeurs mystérieuses des masses d'or et de pierres précieuses. On ne pourrait arriver jusqu'à ces trésors sans l'aide d'une chèvre aux cornes d'or, postée sur le seuil et invisible durant le jour. Elle apparaît le soir, éveillant, par ses bonds capricieux, la curiosité du passant. Malheur à celui qui la suivrait dans la grotte, il ne reverrait jamais la douce lueur du jour. égaré dans le labyrinthe des couloirs ténébreux, il perdrait bientôt le trace de la chèvre aux cornes d'or et mourrait misérablement de faim, de soif et d'épouvante, près des plus mirifiques richesses. C'est ce qui est arrivé, conte-t-on, à tous ceux qui ont voulu suivre la chèvre dans sa sombre retraite.

Source : Le Folklore de la Provence - Claude Seignole - 1963.

A Draguignan existe la "butte de la chèvre d’or" sur la colline du Seyran. Un homme y trouva un trésor enfoui sous un rocher. Sa découverte fut rapidement attribuée à la chèvre d’or qui lui aurait indiqué l’emplacement de ce trésor. (A ce même endroit aurait trôné un autre temple antique de la chèvre d’or). A Tanneron, un homme délivra une chèvre d’or prisonnière des buissons. En remerciement, elle le conduisit au Bau Redoun, un rocher qui pivota alors sur lui-même, afin de leur offrir l’entrée d’une grotte contenant des arbres en or et diverses pierres précieuses. L’homme piocha abondamment dans ce fabuleux trésor. Il partit à Toulon puis revint vieilli et diminué. Dès lors il recommanda aux gens tentés par cette grotte magique de ne pas convoiter les richesses illusoires de l’or, mais de préférer une vie sobre et calme. A Lorgues, un temple antique dédié à la chèvre d’or aurait jadis culminé sur la "colline de la chèvre d’or".

 

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24 mars 2014

Le four banal

 

Boulangers

Au Moyen Age et sous l'Ancien Régime, les habitants avaient pour obligation d'utiliser les installations seigneuriales pour moudre le grain, cuire la pain ou encore puiser l'eau. Cela donnait lieu à un impôt en argent ou en nature appelé "banalité". Pour le pain, ils devaient utiliser le four seigneurial dit "banal" et payer un droit de "fournage". C'est-à-dire, remettre une partie de leur production au seigneur, en général, un pain sur vingt ou sur trente. C'était un asservissement tant le four à pain était indispensable à la vie quotidienne. En contrepartie, le propriétaire avait pour devoir d'entretenir son four et d'y installer un fournier (boulanger) qui était chargé de cuire le pain et de prélever l'impôt. Le fournier cuisait de gros pains avec beaucoup de mie sous une épaisse croûte afin d'assurer une conservation d'une semaine, une quizaine et parfois plus. Les habitants apportaient leur farine plusieurs jours à l'avance. Ils la marquaient en indiquant le jour du dépôt et donnaient en échange, une bûche de bois pour la cuisson.

Four à pain Le Castellet

Le four du Roy au Castellet (photo internet)

Dans le Var, au Castellet, le four du Roy se trouve à présent dans une boutique qui porte le même nom et aurait, d'après l'historique, servi jusqu'au XXe siècle. Quant à Tourtour, des textes relatent qu'au Moyen Age, les deux fours communaux étaient utilisés gratuitement. Mais lorsqu'en 1642, le seigneur Raphélis en prend possession, il instaure la banalité, indignant les habitants. Les fours seront rachetés par la commune en septembre 1727, ce qui supprima cet impôt.

Four à pain Artignosc

Le four d'Artignosc (photo internet)

A Artignosc-sur-Verdon, l'ancien four à pain qui se trouve derrière la mairie, donne lieu chaque dimanche de la Pentecôte, à une fête du pain. Ce droit de fournage était mal supporté par le paysan, d'autant que pour sa consommation personnelle, il pouvait cuire son pain dans son propre four aménagé dans sa cheminée. L'Assemblée Constituante, lors de la Révolution française, le supprima en 1790 et, la loi du 17 juillet 1793, abolit définitivement toutes les banalités.

Source : D'après un article paru dans le supplément Varmatin du 5 mai 2013 

Societés-cultures-rurales

A propos du mot "banalités" : Les taxes appelées banalités étaient si fréquentes qu'elles ont donné le mot "banal" dans notre langage d'aujourd'hui. Le seigneur, profitant de son droit de commandement (droit de ban) et de sa force militaire, exige des paysans qu'ils utilisent les installations qu'il a fait construire. Le moulin banal où le meunier perçoit une partie de la farine en paiement de son travail et de l'utilisation du moulin. Le four banal où le fournier, recruté par le seigneur, retiendra, pour la consommation de ce dernier, une partie des miches de pain cuites. Le pressoir à raisins ou à pommes dont une partie du jus recueilli ira dans la cave du seigneur. Ainsi le seigneur dispose d'aliments gratuits dont la perception se fait tout au long de l'année. Ces impôts étaient d'autant plus mal supportés par le paysan, qui pour sa consommation personnelle aurait pu moudre son grain avec une petite meule, cuire son pain dans le four installé dans la cheminée de sa masure et même presser son vin ou son cidre dans un petit pressoir personnel. Ces opérations auraient alors été faites sans versement de taxes.

Sources : D'après Wikidia - l'encyclopédie junior.

                

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17 mars 2014

Les globes et les couronnes de mariées

 

Globe_de_mariage_provençal_fin_XIXe_s

Les globes et les couronnes étaient des objets marquants de leur époque. Chacun savait ce qu'ils représentaient et la force qu'ils possédaient. Ils étaient à la fois des objets du quotidien mais aussi des objets symboliques. Voici ci-après quelques explications.

Les globes

A l’origine, la fabrication de globes était destinée à la protection des horloges, les statues religieuses ou encore les souvenirs de voyage. Dans les années 1850, les globes se mettent à protéger les couronnes de mariées. Tout un décor spécifique et symbolique est alors créé. Dès 1880, on peut choisir son globe sur catalogue. Vers 1920, la société Lamotte de Paris propose sept types de globes : la vénitienne, le panier peluche, la spyché, les corbeilles basses, les coffrets, les favorites,les cadres... Chacun pouvait acheter son globe en fonction de ses moyens. L’apogée de la mode du globe de mariée se situe  entre le milieu du XIXe siècle et 1914. Après la Grande Guerre, la mode du globe s’estompe à cause de différentes raisons dont la crise économique de 1929. C’était un véritable investissement qui entrait dans la composition du trousseau de la jeune fille et la suivait toute sa vie. Les globes sont composés de différents éléments dont : un globe en verre, un socle en bois, souvent peint en noir et qui soutient l’ensemble. La couronne repose sur une calotte recouverte d’un capitonnage. Enfin le décor, composé essentiellement d’éléments en laiton, de miroirs et de fleurs en porcelaine, ornemente le globe. Issus de références bibliques et mythologiques et longtemps partagés, les symboliques des éléments se sont peu à peu homogénéisées par leur production et leur diffusion en série. Ils étaient cependant, toujours choisis par les fiancés.

Globe de mariée

 Les miroirs : parfois le globe pouvait comporter des miroirs et bien entendu, cela augmentait sa valeur. Chaque forme de miroir possède sa propre signification. Le miroir central représenterait la fidélité et la sincérité, le triangulaire exprimerait la fécondité, l'ovale serait un porte-bonheur offert par les témoins. Le nombre de miroirs en forme de losange indiquerait le nombre d'enfants souhaités, le nombre de miroirs rectangulaires indiquerait le nombre d'années entre les fiançailles et le mariage. Celui en forme de trapèze refléterait la communion spirituelle entre les deux époux.

Les décors en laiton : là aussi chaque élément reflète un état d’esprit. Le lierre est le symbole de la permanence du désir puisque vert en toute saison. Il représente aussi l’attachement. Les feuilles de chêne symboliseraient la force de l'amour, celles de tilleul, la fidélité, les grappes de raisin exprimeraient l'abondance et la prospérité. Quand ils ne prennent pas une forme végétale, les éléments de décoration représentent alors des oiseaux : par exemple, la colombe est le symbole de la paix dans le foyer. On peut noter également la présence de coquillages, symboles de la maison ou de l’étoile à huit branches, symbole de l’union heureuse.

Globe de mariée en verre

 Les couronnes

Comme toutes les modes, la couronne va se modifier au fil des années et des goûts. Avant 1850, les couronnes sont réalisées de différentes matières en fonction des modes régionales, elles pouvaient même être composées de coquillages. A partir de 1850 mais surtout après 1880, les couronnes s'uniformisent pour être constituées de fleurs et de boutons d'oranger en cire, symboles de virginité et d'éternité.

Source : D'après le site maison de la mariée.com et le blog amourdutemps.canalblog.com

Barre fleurs

 

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10 mars 2014

L'estamaire ou le rétameur

Rétameur1

Rétameur3 Rétameur2

Huile sur toile d'Alphonse Legros (1837-1911). Né à Dijon, il entre à l'Ecole des Beaux-Arts avant d'assister à la "Petite Ecole" de Horace Lecoq de Boisbaudran (1802-1897) à Paris. Il commence à exposer en 1857. En 1863, il se rend à Londres où il trouve des admirateurs et des clients, notamment la famille Ionides, et a été ardemment promu par les frères Dante Gabriel Rossetti et William Michael Rossetti. Graveur, peintre et sculpteur, il entre à la Slade School en 1876 et est naturalisé citoyen britannique en 1880.

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Autrefois, les gens possédaient infiniment moins qu'aujourd"hui. Ce n'était pas la société de consommation que nous connaissons de nos jours. Aussi les ménagères attachaient-elles beaucoup d'importance aux objets usuels qu'il fallait faire durer le plus longtemps possible. Si elles ravaudaient elles-mêmes le linge, elles ne pouvaient cependant pas réparer ce qui était métallique : couverts, casseroles, cafetières, bassines, moules, etc... Quand par-ci, par-là, des trous ou des taches de rouille apparaissaient, seul l'estamaire (le rétameur) pouvait y remédier. C'est pourquoi, dans chaque village et dans les grandes villes, il était attendu avec impatience. Celui-ci passait deux fois par an. Il finissait par avoir ses habitudes dans les villages et cela rassurait les habitants. Il faisait partie de ces gens, qui par leur passage rompent l'isolement des villages reculés. A peine était-il installé que les enfants accouraient pour regarder, bouche bée, travailler ce virtuose du fer. Avec patience il attisait son feu avec un soufflet de cuir, puis pendant qu'il faisait fondre l'étain (du provençal : estama) dans un grand chaudron en fonte, il guettait les ménagères. Il n'attendait pas longtemps. Elles arrivaient avec des faitouts, des bassines, des brocs, des poêles, des casseroles, des chaudrons de cuivre pour les confitures, ainsi que des cuillères et fourchettes dont elles attendaient qu'il leur donne une seconde jeunesse. Il déposait toute cette ferblanterie devant lui et ensuite se mettait au travail. Il commençait par décaper les ustensiles dans un bain d'esprit de sel dilué dans de l'eau. Puis, à l'aide d'une longue pince, il les plongeait dans un bain de métal en fusion, les laissant s'enrober d'une couche brillante d'étain. Une fois refroidis, il suffisait d'un peu de talc, puis d'un frottage énergique pour que les couverts retrouvent leur éclat d'origine et que les casseroles redeviennent étanches. Le soir, les ménagères récupéraient leurs objets remis à neuf contre une somme modique. Tout en travaillant, l'étameur chantait une chanson de son pays et son doute se plaisait-il à penser qu'un jour il pourrait y retourner pour s'y installer de façon définitive grâce à l'argent qu'il avait gagné.

"Lou paure mestié d'estamaire

Noun vaù aqueu di deputa

Mai fa plus per la soucièta

Que li grand discours di bramaire"

Elzéard Rougier

Source : D'après un article paru dans le supplément Var-matin du 6 octobre 2013 et arrangé par moi-même.

Estamaire

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03 mars 2014

Le mistral, l'un des trois fléaux de la Provence

 

Rose-des-vents

Quand on parle du vent qui souffle en Provence, on pense tout de suite au Mistral. Nos ancêtres le connaissaient bien car ils étaient au fait de le terre et du ciel. Tout avait son importance. Le jour où il commençait à souffler, le nombre de jours qu'il allait durer, etc... Un dicton disait qu'il soufflait trois, six ou bien neuf jours de rang. Maître vent dont les siècles ont polissé l'appelation comme une pierre de moulin : "Lou Magistrau, lou Maistrau, lou Mistrau... le Mistral". Ce "manjo-fango" (majeur de boue) dont on affirmait qu'il était avec le Parlement et la Durance, l'un des trois fléaux de la Provence. Un vent caractériel qui déboule sans prévenir à 120km/h de la Vallée du Rhône pour s'écarteler sur les plaines de Camargue et de la Crau, ruer des quatre fers dans les rochers des Alpilles et des calanques marseillaises, jouer les seigneurs au sommet du Ventoux et de la Sainte-Victoire en se cognant aux murs des villes et de la mer. "Prends garde que Borée, notre Mistral, ne t'enlève du sol lorsque tu traverseras la Crau !", recommande Prométhée à Hercule, en lui traçant son chemin vers le Jardin des Hespérides. En effet, le mistral n'est-il pas là pour nettoyer le ciel, assécher les marais, chasser les miasmes et l'humidité ? Ne dit-on pas qu'il fait un mistral à décorner les boeufs ? Mistral, soleil, ciel bleu, les trois donnent des couleurs et du souffle à cette Provence de plaine, de mer et de montagne. Souverain au royaume des vents, le mistral fait la loi à la tête d'une région qui en compte plusieurs dizaines. "La Roso de touti li vènt que boufon en Prouvènço" (La Rose de tous les vents qui soufflent en Provence) qui a été dessinée par le Capitaine Négrel, de Ceyreste et publiée dans "l'Armana provençau" de 1859, en répertorie très précisément trente-deux, en fonction des saisons.  

Eole-boucle

Lis aurasso sont les vents de terre, les vents violents venant par le quart nord-ouest, lis aureto (brises) venant quart sud-ouest au printemps, li marinado (vents marins) venant l'été par le sud-est et les vents froids (li rispo) venant quart nord-est. Quelques noms de vents ont résisté au modernisme, mais force est de constater qu'ils débordent des directions précisées sur ces roses. Voici le noms des trente-deux vents :  

  1. L'auro, le vent du nord ou la tramontane.    
  2. Lou tèms-dre, le vent du nord ou bise.    
  3. La mountagnero, le vent de la montagne ou la tramontane grecque (du Levant).    
  4. La ventoureso, le vent du Ventoux.    
  5. Lou Gré ou l'Aguieloun, le Grec ou l'aquilon.    
  6. La Cisampo, la Cisampe.    
  7. La Loumbardo, La lombarde ou Lou Levant-gregau, le Levant grec.    
  8. L'auro bruno, le vent brun, la bise brune.    
  9. Lou Levant, le Levant ou Lou Levantas, le gros Levant.    
  10. L'auro rousso, le vent roux.    
  11. Lou vènt blanc, le vent blanc ou Lou Levant-eissero, le gros Levant.    
  12. Lou Marin blanc, le marin blanc.    
  13. L'eissero, le sirocco ou l'Autan.    
  14. L'auro-caudo, le vent chaud.    
  15. Lou miejour-eissero, le sirocco du Midi, ou Lou vènt-dou-soulèu, le vent du soleil.    
  16. L'embat, la brise du Sud.    
  17. Lou miejour ou Lou marin, le vent du sud ou vent marin.    
  18. Lou-vènt-de bas, le vent d'en-bas ou vènt-bas.    
  19. Lou miejour-labé, le labech du Sud ou Lou fouis, le vent de Foix.    
  20. Le vènt-larg (du large) ou la largade.    
  21. Lou labé, le labech : le vent de Lybie ou Lou garbin (de l'arabe garb = couchant).    
  22. Lou vènt-des-damo, le vent des dames ou le zéphir (parce qu'il est doux ou parce qu'il vient des Saintes-Maries-de-la-Mer ?).    
  23. Lou pounentau, le vent du ponant, ou Lou pounentau-labé, le ponant labech.    
  24. Lou roussau, le vent du Rhône.    
  25. Lou pounènt, le ponant ou l'Arbounès, lou Narbounès, le vent de Narbonne.    
  26. La travèsso, La traversière.    
  27. Lou pounènt-mistrau, le mistral du ponant ou Lou manjo-fango, le mange-boue.    
  28. Lou cers, Le cers.    
  29. Lou mistrau, le mistral ou lou vènt-terrau, le vent terrien.    
  30. Lou vènt-d'aut, le vent d'en-haut (du Nord).    
  31. La biso, la bise ou la tramontane-mistral.    
  32. L'auro-drecho, la bise droite ou l'auro-d'aut, la bise d'en-haut (du Nord).

  Source : D'après la revue Vivre en Provence N°6 Avril 1994 - Texte arrangé par Nadine.

Les vents 

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Le mariage dans le Var autrefois

Autrefois, la plupart des mariages se faisaient par l'intermédiaire d'un parent, d'un ami qui remplissait les fonctions de négociateur. Quelquefois, c'étaient les jeunes gens eux-mêmes qui s'étant fréquentés se promettaient amour et fidélité. Ils en prévenaient chacun leurs parents et d'après leurs réponses, le père du jeune homme faisait la première démarche. Il se rendait avec son fils, ses parents et ses amis chez le père de la fille qu'il trouvait assis au milieu de sa famille et des personnes qui lui étaient attachées. Après les révérences réciproques et s'être chacun assis, les étrangers en face des gens de la maison, le père du futur époux se levait, le chapeau à la main. Chacun gardait un profond silence pour écouter la demande en mariage et le dialogue qui s'établissait entre les deux pères pour renouveler ce dont ils étaient déjà convenu en particulier. Les parties étant d'accord sur tous les points fixaient l'époque de la célébration du mariage. Ce n'était jamais pendant le mois de mai (mois de la Vierge), ni un vendredi car cela portait malheur : le mariage ne durerait pas. Dès que le mariage est accordé, le futur époux est reçu dans la maison de sa prétendante et on lui permet de s'entretenir avec elle en présence d'un des proches parents. La renommée ayant instruit le public de l'union projetée, l'envie fait survenir quelquefois un nouveau prétendant pour la fille. Il en fait secrètement la demande, offrant un peu plus, et, ayant affaire avec des personnes qui tiennent peu à l'inviolabilité de leurs promesses, ce dernier est préféré. On n'ose pas signifier la rupture au premier, on se contente de poser une bûche du feu droite sur une pointe et ce signe est un ordre au premier prétendant de se retirer et de céder la place à un rival plus heureux. C'est alors que des mauvais plaisants vont placer pendant la nuit sur la porte de celui ou de celle qui a été supplanté "lou grèu de sebo", sorte de bouquet fait ordinairement des germes des oignons et l'accompagnent d'une traînée de chaux qui se prolonge jusqu'à la porte de l'église. Cette sorte d'insulte se fait très rarement. Les parrains et les marraines des futurs époux sont considérés comme proches parents. Ils occupent le premier rang après les pères et mères. Ils sont aussi les premiers instruits du futur mariage et s'empressent de préparer un cadeau pour leur filleul ou la filleule. Si l'un des deux futurs époux se marie pour la seconde fois, on ne manque pas de lui faire le "charivari". Ce sont des jeunes gens qui parcourent les rues en agitant des sonnailles, des grelots, ou frappent sur du cuivre, de l'airain, sur des pelles, des poêles à frire, et ne discontinuent que pour faire entendre des couplets qui sont quelquefois offensants et scandaleux. Les époux ne se délivrent de cette musique importune qu'en donnant une somme au chef de bande et en l'invitant à un régal. Au moment de se rendre à l'église, la future épouse, afin de préserver son futur mari d'un prétendu maléfice qu'on nomme "nouer l'aiguillette", met dans son sein quelques grains de sel et en met également dans la poche du futur. Ils sont ainsi persuadés de n'avoir plus rien à craindre (voir l'explication de l'expression "nouer l'aiguillette" à la fin du texte). Le mariage étant béni, le cortège se retire.

charivari

 Si le nouvel époux est un étranger au pays, il est soumis à un droit de "pelote". Le chef de la jeunesse accompagné de plusieurs personnes armées d'un tambourin ou d'une vielle si c'est en montagne, arrête la noce à la porte de l'église, fait un compliment aux nouveaux mariés et leur présente un beau bouquet dans un bassin. Si l'époux l'accepte, il est tenu de déposer dans le même bassin une somme proportionnée à la dot de son épouse et on les accompagne chez eux au son des instruments et de plusieurs décharges de mousqueterie. Si au contraire, il le refuse, il est hué, les fusils ne brûlent que des amorces et les jeunes gens font leur possible pour lui enlever quelque monture, quelque objet précieux. Le repas de noces est toujours suivi de la danse. C'est dans la salle où se tient le bal que l'on reçoit les visites et les compliments de toutes les personnes à qui l'on a fait savoir le mariage. Les gens du peuple croient que celui des deux époux qui éteindra le flambeau nuptial mourra le premier. C'est pourquoi, on le laisse brûler toute le nuit et la plus proche parente vient ensuite l'enlever.

Source : Revue provençale Lou terraire "Coutumes et traditions varoises".

Mariage

Quelques explications

Nouer l'aiguillette : Fermer la braguette. Au Moyen-Age, les femmes jalouses se vengeaient en demandant au sorcier du village de rendre le nouvel époux impuissant. Le jeteur de sorts se postait sur les marches de l'église le jour du mariage et récitait des formules magiques tout en faisant des noeuds rituels sur une cordelette. Cette cordelette était censée représenter l'aiguillette qui fermait la braguette du jeune marié. Ainsi elle ne pourrait plus s'ouvrir pour que le mariage soit consommé. Pour protéger le couple contre pareil maléfice, il existait des antidotes magiques : par exemple, demander au jeune marié de cacher dans sa braguette un morceau de cierge pascal pendant la messe de mariage ! Les aiguillettes, cordonnets ferrés aux deux bouts, servaient à attacher la braguette aux hauts-de-chausses. Les premières braguettes étaient des poches de cuir externes prétendant dissimuler les attributs virils, mais qui en fait étaient là pour les mettre en évidence (Source : la feedulogos.blogspot.fr).

Aiguillette

Droit de pelote : Argent que la coutume exigeait des étrangers à la commune, épousant une fille du pays. Gage infligé à un étranger qui prenait une femme du pays, ou à l’époux qui était allé chercher femme, hors de la localité. Cette pénalité qui permettait d’échapper aux charivari ou, en tous cas, d’en limiter l’ampleur, était infligée en compensation de la perte, que pensait avoir éprouvée  l’Assemblée de la Jeunesse en raison du fait que l’un de ses membres en avait été écarté, par les liens conjugaux. (Source : Verbier de Félix Poussibet).

Charivari : Vacarme qu’on faisait entendre sous les fenêtres d’une personne, spécialement quand un "étranger" au village épousait une fille du pays, en cas de secondes noces ou encore de mariage avec un veuf : "Es bèn marrido la bèsti pèr que noun ague un bast nou", (elle a bien peu de mérite la fille qui n’épouse pas un jeune homme (bast nou), au lieu d’un veuf). Pour atténuer la violence des charivaris, il était versé un droit de pelote. En 1402, un règlement municipal toulonnais ordonnait que, lorsqu’une fille se mariait hors de Toulon, les portes de la ville lui étaient fermées, pour l’empêcher de sortir, aux fins que soit perçue, auparavant, la pelote, taxe d’un florin pour cent du montant de sa dot. Le charivari était "une manifestation de la réprobation de la société locale, particulièrement de la jeunesse, envers les gens qui perturbaient le jeu du marché matrimonial", désapprobation illustrée par le dicton : "Marido-ti dins toun vilage" (Marie-toi dans ton village). De la même manière, une grosse différence d’âge "A renouvelun fau ensigno nouvello" (On ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres), adage conforté par cet autre dicton : "Mariage de jeune homme et de vieille est de rien, mariage de vieil homme et de jeune fille est du diable"  était souvent à l’origine des charivaris. Il était toutefois conseillé aux Capitaines et Enseignes de la Jeunesse "d’exiger avec modestie et douceur" les charivaris et les pelotes (Archives de Collobrières en 1650) . Cette coutume s’est pratiquée à Lorgues jusqu’à la seconde guerre mondiale. (Source : Verbier de Félix Poussibet). 

Assemblées de la Jeunesse : Elles étaient chargées de l’organisation de toutes les fêtes, bals, bravades, carnavals, etc. A Aups, cette assemblée était connue sous le nom d’Abbaye de la Jeunesse. Très bien structurées, elles étaient dirigées par les "abbés mages", avec leurs piques enrubannées, encadrées par les Mousquetaires de la Jeunesse avec leurs bâtons, et les prieuresses qui, seules, pouvaient ouvrir le bal. Ces assemblées avaient leurs ressources légales : droits de pelote, de charivari, vente de gâteaux dans les fêtes. A la grande indignation du clergé qui au départ les avait cautionnées pour mieux les contrôler, les Assemblées de la Jeunesse devinrent très envahissantes, multipliant les danses jugées alors indécentes, tel le Rigodon, maintes fois interdit. A Seillans, par exemple, la jeunesse ne se contentait plus des fêtes de Saint Cyr (le 2 mai) et de Saint Léger (le 2 octobre), mais décidait d’un bal tous les dimanches, de la Saint Cyr à la Saint Léger, c’est-à-dire, tout l’été. (Source : Verbier de Félix Poussibet).

La couleur de la robe de mariée

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La robe de la mariée est le plus souvent en étoffe de couleur verte, couleur de l'espérance. Ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle que le port de la robe blanche se répand en Provence. De la Belle Epoque date l'introduction de la couronne de fleurs d'orangers. La jeune mariée porte donc sa plus belle coiffe et sa plus belle robe d'indienne ou de soie sur un jupon blanc patiemment brodé. A sa ceinture est fixé le clavier d'argent à la chaîne duquel sont accrochés les ciseaux et le clés de sa future maison. Le clavier offert par le mari symbolise le nouvel état de la jeune femme.

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Source : Musée du vêtement provençal à Solliès-Ville. 1/La robe de mariée. 2/Détail du clavier qui pend à la ceinture. 3/Globe avec la couronne de la mariée. (Photos de Nadine).

Le Musée du vêtement provençal est un très beau musée que je vous conseille de visiter. Ce musée est situé dans un ancien moulin à huile construit en 1772. Il cessa toute activité après le terrible gel de 1956, qui anéantit une grande partie des oliviers de la région varoise. Plus de 200 vêtements de femmes, d’hommes, d’enfants et accessoires de la vie quotidienne composent l’exposition permanente. La collection couvre la période de 1800 à 1915, période fatale au vêtement provençal remplacé par la mode parisienne. 
 L’architecture intérieure du "moulin à sang", (moulin dont les meules pouvaient être tournées autant par les hommes que par les animaux), ses six voûtes de presse, sa cuisine typiquement provençale avec son potager (cuisinière), ainsi que de très belles pièces d’indiennes, la robe de mariée qui en Provence avant 1850 n’était pas blanche mais de couleur verte-olive, sauront vous conter les belles traditions de notre région.

Musée vêtement provençal



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