Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

La Basse-Provence

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

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16 février 2019

La légende du Saint Trou au Muy

  

Saint-Trou 1

Entrée nord-ouest du Saint Trou (Photo Wikipédia)

On était dans les siècles de foi où les âmes pures dégoutées du monde, assoiffées de Dieu, se précipitaient dans la solitude et la pénitence, avec plus d'ardeurs que les mondaines n'en mettaient à rechercher le gloire et les plaisirs. Thébaïde favorable aux exercices de la contemplation, une jeune chrétienne s'y réfugia : Marie était son nom, à l'insu de sa famille et y mena pendant quelques temps, une existence angélique. Elle buvait l'eau vive des montagnes et se nourrissait des fruits des bois, des racines d'arbres et d'une sorte de miel sauvage que les abeilles déposaient dans le creux des rochers.

Un jour, un chasseur nommé Robert, aperçoit la sainte recluse. Oubliant lièvre timides, tourterelles roucoulentes et charmants petits oisaux à la gorge pleine de musique, il laisse dormir les flèches de son carquois. Il ne songe qu'à tendre des pièges à la Vertu... Marie, elle, s'enfuit. Elle court, elle vole, c'est l'amour de la Sainte Vertu qui lui donne des ailes.

Saint-Trou 2

Extrémité sud-est de la faille vue de l'intérieur (Photo Wikipédia)

Elle s'enfonce dans un obscur défilé. Robert, impuissant à s'y frayer un passage, voit disparaître la jeune fille. Cette ouverture, c'est le Saint Trou. A quelques temps de là, arrivé à l'endroit où s'élève un chêne gigantesque, Robert fut enveloppé tout à coup d'une grande lumière. Une voix céleste se fit entendre : "Ne touche pas à la vierge, si ce n'est pour ensevelir ici son corps très pur". Il se releva converti, n'ayant plus que des pensées chastes et le désir de retrouver l'aimable créature. Puis, aux gémissements qui se faisaient entendre, il se précipita vers la jeune fille qui agonisait. Obéissant à la Reine du Ciel, il transporta cette chaste dépouille et l'ensevelit sous le chêne, après lui avoir fait une couronne de myrtes, de pervenches et de myosotis. Lui-même bâtit une cabane avec un oratoire à Notre-Dame des Spasmes et se voua à l'existence des cénobites. Quelques jeunes gens l'imitèrent. Ce fut l'origine de la chapelle et du couvent de Notre-Dame de la Roquette.

Source : Guide touristique édité par le Syndicat d'Initiative du Muy - 1990.

Explications : Thébaïde : (du latin Thebais,-idis), en Égypte, région de déserts où se retirèrent nombre d'ascètes chrétiens.

Cénobites : (du latin ecclésiastique cœnobita, de cœnobium, monastère, du grec koinobion). Moines vivant en communauté selon les règles du cénobitisme.

Chapelle Notre-Dame de la Roquette

Chapelle de Notre-Dame de la Roquette sur le rocher de Roquebrune de nos jours complétement ruinée (photo internet)

 

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10 février 2019

De la grappe à la tine et de la tine au vin

 

Vigne

(Photo Wikipédia)

Cet article fait suite à celui paru le 23 janvier, intitulé "De la cave familiale à la cave coopérative".

La vinification

La vinification désigne le procédé par lequel le jus de raisin, le "moût" est transformé en vin.

La tine

La tine est une cuve maçonnée et carrelée de malons rouges vernissés qui recevait le moût (les grappes écrasées et le jus de raisin) afin qu'il puisse fermenter et ainsi produire du vin. Presque chaque maison provençale possédait une tine. C'est depuis la cave que l'on pouvait tirer le vin qui se trouvait dans la tine.

Fermentation

De la grappe à la tine

C'est à l'aide du fouloir que les grappes de raisin sont écrasées. Le foulage du raisin donne un liquide sucré : le moût, dans lequel surnagent les grappes écrasées, les pépins et les pellicules des grains éclatés. Ces résidus solides constituent le marc qui sera prélevé, puis pressé ultérieurement. Mis dans une cuve ouverte, ce "jus" fermente sous l'influence des levures naturellement présentes sur les grains qui transforment le sucre en alcool, en libérant du gaz carbonique. Cette fermentation fait bouillonner le liquide en pleine transformation. Après une dizaine de jours, le bouillonnement cesse, signifiant que la fermentation est finie. On prend soin de remuer le moût afin de l'aérer. Au bas de la cuve, la bonde est protégée par un filtre faire d'un petit fagot de sarments ou de gênet. Quand on juge que la fermentation est terminée, on tire le vin de la cuve. Il est conditionné dans des tonneaux ou des bonbonnes qui ne sont pas bouchées. On pose juste un chiffon sur le trou. Une légère fermentation continue à s'opérer.

Pressoir-Moderne

Les tonneaux sont préalablement nettoyés et soufrés. Des mèches de soufre sont brûlées dans les tonneaux en dégageant des sulfites, gaz que le vin "absorbera" et qui le protègera des bactéries. On utilise une pompe à vin pour remplir les tonneaux. Le vin local était peu alcoolisé, il atteignait les 7 à 9 degrés. Le marc peut ensuite être pressé au pressoir pour en extraire le vin de presse, moins limpide, plus tannique que le vin de cuve et que l'on boit en premier. Si l'on veut faire de la piquette ou de l'eau de vie, on ne presse pas la "raco". La piquette s'obtenait avec du marc, des figues et des pommes, de l'eau et du sucre. Une nouvelle fermentation se produisait, qui donnait une boisson agréable, ne se conservant pas. Les tonneaux étaient remisés dans la cave dans laquelle ils voisinaient avec d'autres tonneaux, des jarres d'huile d'olive, et des "dames jeanne" (bonbonnes en verre).

Source : D'après le catalogue de l'exposition "De vigne en grappe" la culture du vin en Haute Provence réalisé pas l'association Petra Castellana.

 

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04 février 2019

La culture de la vigne


ATP-Pressoir

Fouloir au Musée des ATP à Draguignan (Photo Nadine) 

Jusqu'au début du XXe siècle, le Var était un département essentiellement agricole. Un grand nombre de nos collines, aujourd'hui envahies par les pins et le maquis étaient cultivées. La construction de milliers de murs en pierres sèches, appelées berges ou restanques a permis de gagner des espaces, dans un terrain pentu, caillouteux, aride. Ainsi, on pratiquait la culture en "oullière" : 2 à 3 rangées de vignes, un espace labourable de 3 à 4 mètres pour les céréales et encore 2 à 3 rangés de vignes avec, intercalés, oliviers et arbres fruitiers.

La culture de la vigne

Présente depuis l'Antiquité, elle était un élément important de notre agriculture. On comptait 58.717 hectares de vignobles en 1846. Peu à peu, cette activité va se spécialiser avec l'apparition entre autres des grands domaines.

Préparer le sol

Le sol était travaillé avec un outil à bras : l'araire, instrument de labour tracté par un animal. L'araire est en bois, avec une pointe en fer, très facile à confectionnez. Très légère, elle pouvait être portée sur l'épaule. Elle était utilisée pour labourer le sol pour le retourner. Elle a longtemps été préférée à la charrue qui n'offrait pas ces avantages pour nos sols pauvres en terre arable.

Le cycle du travail de la vigne et son calendrier

L'hiver : Labour et taille. Jusqu'au début février, les champs de vigne sont donnés en patûre aux moutons. Le printemps : Les gelées et la floraison. Labour de déchaussage pour dégager les souches, ébourgeonnage. L'été : Les prémices de la vendange. Rognage pour aérer et supprimer une végétation consommatrice d'énergie. Eclaircissage, effeuillage. Sulfatage en raison des aléas climatiques. L'automne : Vendanges et vin nouveau.

Les vendanges

Au mois de septembre, tout devait être prêt pour les vendanges. La cuve était nettoyée avec un balai de bouleau. On préparait les tonneaux. A la mi-septembre, on visitait les vignes afin d'estimer la production future et fixer la date des vendanges. Pour vendanger les grandes parcelles, on faisait appel à des saisonniers. Pour les personnes qui possédaient de petits carrés de vignes, on s'entraidait en famille ou entre voisins. Le jour venu, dès l'aube, les vendangeurs se dispersaient dans la première parcelle. Les paniers pleins se vidaient dans les cornues portées sur l'épaule. Les porteurs étaient souvent payés double. Le repas de midi se faisait dans le champ de vigne pour gagner du temps.

Le foulage 

A la fin de la journée, les raisins étaient transportés à la ferme ou à la maison en ville dans des cornues. On utilisait le pilon de bois pour tasser la raisin afin d'y mettre plus de grappes. Avant l'apparition du fouloir, on écrasait le raisin avec les pieds, dans une grande cuve.

Fouloir

Le fouloir : les grappes de raisins sont déversées dans le fouloir. En tournant la manivelle, elles sont broyées. (Photo d'un fouloir prise sur le site CarteFrance.fr)

Après la destruction du vignoble par le phylloxéra (sorte de puceron ravageur de la vigne) et la plantation de plants américains, les maladies vont se développer, conduisant à l'emploi de produits tels que le soufre ou le cuivre, d'où l'invention d'instruments : poudreuses, soufreuses, sulfateuses.

Vigne

 Dans cette vitrine (Photo Nadine) différents objets illustrent l'activité de la vigne : 

La poudette : serpe pour la taille des vignes. Les sécateurs (invention du XIXe siècle). Les couteaux à vendanger. Les paniers à vendanges (pour y déposer les grappes). Les cornues pour le transport de la récolte. Le pilon - morceau de bois avec lequel on écrasait les grappes dans la cornue, avant de les mettre dans une cuve. Le fouloir remplacera le pilon. On peut voir également différents récipients : bonbonnes, bouteilles en verre, pichet en céramique, qui permettaient la conservation du vin. Il y a aussi un vinaigrier pour la fabrication familiale du vinaigre. Un alambic permettait de distiller le marc de raisin pour obtenir de l'eau de vie (alcool). Nota : La fabrication d'eau de vie étant réglementée par l'état, cet alambic a été percé afin de ne plus être utilisé.

Source : Plaquette thématique - Autour du vin - Editée par le Musée des Arts et Traditions populaires de Draguignan.

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Je mets ci-dessous le lien vers mon article : "Les vendanges d'antan" si vous désirez le lire ou le relire.

Les vendanges d'antan - Passion Provence

Les vendanges dans le Midi (Carte postale ancienne) Vieux de 2 600 ans, le vignoble provençal est le plus ancien de France. Les Phocéens sont les premiers à introduire la vigne en Provence et les Romains, dès le IIe siècle avant J.C, en développent la culture.
 

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02 février 2019

Exposition : En voiture ! Vivre avec l'automobile – XIXe-XXIe siècles

En voiture

Exposition présentée du 11 octobre 2018 au 15 mars 2019

Inventée à la fin du XIXe siècle, l’automobile a profondément renouvelé et façonné notre environnement et nos modes de vie. Dans le Var, traversé par de grands axes de circulation, elle est intimement liée au développement du tourisme et de la mobilité, à l’aménagement du territoire et à la passion sportive. C’est aussi le fléau de la pollution, des embouteillages, des accidents. Entre passé et avenir, liberté et contrainte, haine, passion ou nostalgie, les Archives départementales proposent de (re)decouvrir son histoire et ses usages à travers un itinéraire balisé de documents inédits, objets et témoignages.

Entrée libre du lundi au vendredi de 8h30 à 17h00.

Archives départementales du Var, Pôle culturel Chabran, Draguignan.

 


29 janvier 2019

La colle du Rouët

Colle-du-Rouet

Le massif majestueux, composé de roches rouges, premier contre-fort de l'Estérel, domine la vallée de l'Endre et celle du Blavet. Il fait face au Massif de la Roquette, aussi imposant que lui, comme deux géants de granit. Encadrant la vallée fertile de l'Argens, ce site verdoyant conduit à la mer. Le Rouët est sillonné, sur son flanc sud, par une piste forestière qui, à chaque tournant, vous fait découvrir une vue splendide. Après une course de 6 km, cette piste vous emmène au point culminant (La fontaine des chasseurs). Cette vue plongeante vous fait découvrir l'immense Domaine du Château du Rouët réputé pour ses vins (Côtes de Provence). A l'est, vous apercevrez le golfe de Fréjus et de Saint-Raphaël : le scintillement de la mer est un enchantement pour les yeux, ensuite, Puget sur Argens, Roquebrune, Le Muy défilent sur fond sombre du Massif des Maures. La vue se poursuit jusqu'à la pente du Mont Faron qui suplombe Toulon. Plus au nord, la montagne de la Sainte Baume (Saint Maximim) se dessine dans la brume. Après avoir regardé ce magnifique panorama, vous serez émerveillé de découvrir ce que l'on appelle la Plaine d'Isnard, la Forêt Domaniale, le Site des Enfers au nord.

Foret domaniale de la Colle du Rouët

Ce carrefour de la Fontaine des Chasseurs est, comme son nom l'indique, le rendez-vous de chasse pour les battues aux sangliers. C'est à cet endroit que les parties de chasse se préparent, et où les plus belles histoires de chasseurs, et aussi les plus drôles et même les galéjades plus fausses que vraies, se font et se défont. Si vous ne voulez pas redescendre côté sud, vous avez la possibilité d'emprunter la piste nord qui vous emmène à Bagnols en Forêt, et vous pourrez rejoindre Le Muy par la départementale.

Le Rouët

Le Massif du Rouët abrite des grottes (baumes) qui ont été habitées dans la préhistoire, et plus près de nous, par des maquisards pendant la période 1943-1944.

Les Romains y avaient installé un camp de vigie très important qui commandait toute la vallée de l'Argens jusqu'à la mer. Ils y cultivaient, pour leur nourriture la Plaine d'Isnard, composée d'une terre riche et noire. La Source des Chasseurs donnait l'eau indispensable pour toute vie humaine. Sur son sommet, on remarquera l'emplacement d'un ancien village Ligure, et à un certain endroit, une fabrique de meules de moulin à même la roche. Toute cette Colle du Rouët (Coualo, colline), ainsi que la vallée de l'Argens et le Massif de Roquebrune, doivent être à tout prix préservés pour rester un havre de paix et de verdure.

Colle du Rouët

Ce sont les sites les plus marquants, avec ceux des Maures, que le Var posséde à 10 km de la frange côtière et qui font sa renommée. Les natifs du Muy, les Varois et tous les amoureux de cette région - y compris les touristes et les nouveau habitants de ce lieu privilégié, doivent lutter ensemble contre les construction anarchiques et destructrices du paysage. Ainsi, les populations futures ne pourront pas nous accuser d'avoir laissé à des mains profanes notre Patrimoine, et laisser construire une inesthétique forêt d'immeubles. Il faut rester vigilant afin de permettre aux amateurs de la nature, aux chasseurs, aux estivants et aux vacanciers de passer des heures heureuses dans ces lieux. Il suffira pour cela de s'abstenir de faire des feux et de fumer dans les forêts en période estivale afin d'éviter les catastrophes trop souvent répétées pendant la période de juillet à septembre. 

Voilà succinctement ce que vous devez savoir sur cette montagne du Rouët. Il ne vous reste plus que d'aller rêver en découvrant ce panorama somptueux qui appartient à notre cher département.

Colle-du-Rouet

Source : D'après le Guide touristique - Le Muy de Provence - édité par le Syndicat d'Initiative du Muy - 1990. (Arrangé par Nadine). J'ai pris les photos sur le site des Randonneurs brignolais.

 

23 janvier 2019

De la cave familiale à la cave coopérative

 

ATP-Cuve à vin 6000L

Cuve monumentale pouvant contenir 6000 l au Musée des ATP à Draguignan (Photo Nadine)

L'origine de la cuve

Un manuscrit de 1789 signale l'existence de cette cuve dans un bâtiment de l'Evêché de Glandèves situé à Entrevaux. A l'origine, il existait deux cuves identiques. Au début du XXe siècle, l'une d'elles fut démontée et semble avoir disparu... Ces cuves monumentales, situées dans les caves des bâtiments, étaient judicieusement placées en dessous de deux trappes d'arrivée des grappes de raisin foulées dans le fouloir de la pièce du dessus, accessible par une rue de plain-pied. La production de vin devait être considérable si l'on en juge par la capacité de ces deux cuves (6000 litres environ) et par leur situation dans un espace important. Il faut savoir que jusqu'au XIXe siècle, Entrevaux était un lieu de passage important et qu'il s'y trouvait une citadelle où se tenait une garnison ; d'où la nécessité de très nombreuses tavernes et une forte consommation de vin. Il existe très peu de cuves en France et c'est dans la région, une pièce unique.

ATP-Pressoir

Pressoir portatif posé sur une cornue au Musée des ATP à Draguignan (Photo Nadine)

La cuve maçonnée

La mise en valeur et l'aménagement des caves anciennes, situées sous les maisons du XVIIe et XVIIIe siècle du musée, permettent une présentation vraissemblable de cette cuve à vin. On peut y voir également des équipements propres à la vinification : fouloirs à vendanges, petits pressoirs portatifs, tonneaux, pompe à vin. Dans la salle du fond, vous pouvez encore voir, une cuve à vin maçonnée carrelée en céramique rouge, cachée derrière le mur (on ne voit que la trappe d'aération et très peu le carrelage du mur du fond), ainsi que des bassins de soutirage du vin.

Les tonneaux

Leur invention serait attribuée aux Celtes. Le tonnelier est l'artisan qui fabrique des emballages pour conserver et transporter les liquides. Il peut fabriquer de nombreux récipients en bois : seaux, baquets, cuves, etc... mais c'est surtout dans la production de tonneaux, barriques et foudres qu'il exerce son art. La naissance des coopératives viticoles, avec le stockage du vin dans des cuves de ciment, puis en inox, ainsi que l'utilisation du camion citerne pour le transport, ont fait rapidement régresser puis disparaître l'artisanat de la tonnellerie.

Coopérative-Camps-les-Brignoles

Les caves coopératives

Nées de la crise viticole au début du XXe siècle, filles du syndicalisme, les caves coopératives sont gage de modernité et de prospérité, elles sont aussi le signe d'une liberté démocratique et d'une solidarité. Elles ont sans doute modelé la vie de la société rurale du XXe siècle. La première coopérative fut créée en 1906 à Camps la Source (Var). En 1914, le Var s'inscrit au premier rang national pour le nombre de création de caves, on en compte 35. Très vite, une centaine de coopératives seront situées dans le Var. La plupart de ces caves se trouvaient dans l'arrondissment de Brignoles. Elles sont baptisées : "L'Emancipatrice", "la Fraternelle", "la Travailleuse", "l'Indispensable", "l'Amicale", "la Laborieuse", "l'Union". Les coopératives viticoles permettent aux petits viticulteurs de bénéficier des progrès scientifiques et du matériel relativement lourd que ces nouvelles techniques de vinification exigent. Elles deviennent l'outil le plus efficace pour assurer aux producteurs le contrôle technique et économique du produit, de la fabrication du vin à sa commercialisation. La coopérative s'inscrit dans une longue tradition méditerranéenne de pratiques collectives et d'entraide, fortement présentes dans la vie économique, sociale et festive des villages.

Coopérative vinicole la Transiane

Coopérative vinicole de Trans en Provence "La Transiane" (Photo blog cavescooperatives.fr)

Nota : La guerre de 1914-1918 a provoqué une baisse de la production, sans que la demande fléchisse en proportion, en effet, le "pinard" du soldat a contribué efficacement au maintien du moral. Tout soldat reçut quotidiennement un quart de vin, approvisionnement relativement facilité par l'abondante vendange de 1914. Cette ration fut reconnue insuffisante et doublée par le Parlement, en janvier 1916. Le vin du poilu (9°) était un assemblage de vins à faible degré.

Faire cuve commune

Petits et moyens exploitants sont les acteurs majoritaires du mouvement coopératif. Le marché va réclamer des vins d'une qualité meilleure et plus homogène. Ces exigences coûtent en investissement. Le Crédit Agricole soutiendra ce mouvement. La cave, désormais indispensable à la vie du village, va devenir le nouveau centre de réunion, de solidarité vivante, elle s'impose dans le bâti varois.

Source : Plaquette sur le thème "Autour du vin" éditée par le Musée des Arts et Traditions Populaires de Draguignan.

En faisant une recherche pour trouver une carte postale représentant la coopérative vinicole de Camps la Source, je suis tombée sur un blog intéressant dont je vous mets le lien :

CAMPS-LA-SOURCE (Var) - Caves coopératives de vinification d'ici et d'ailleurs.

En Provence, la cave coopérative de Camps-les-Brignoles a été fondée en 1906 et fut la première avec celles de Cotignac. En 1954, 168 coopérateurs produisaient 8 529 hectolitres de vin. En 1979, 140 adhérents cultivaient 199 hectares de vignes et la cave...

http://www.cavescooperatives.fr

 

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17 janvier 2019

La chaussure et la cordonnerie

 

Cordonnier

Le courdouanier

Le cordonnier doit son nom au "cordouan", cuir importé de Cordoue en Espagne des siècles durant. Ce cuir de chèvre, coloré et d'excellente qualité, servait à faire des chaussures de luxe. Au XVIe siècle, l'appelation "cordouan" se généralisa à tous les cuirs, quelles que soient leurs origines et leurs qualités.

Au Moyen-Âge, les métiers de la chaussure sont regroupés en corporations qui fixent les règles et les exigences professionnelles, et assurent la protection des différents corps de métiers. Le cordonnier est alors le seul à pouvoir fabriquer des chaussures de cuir neuf, les modifications et les réparations étant à la charge du savetier. Ces deux professions seront confondues au XIXe siècle, où les termes cordonnier et savetier désignent le même artisan, parmi les plus pauvres à l'époque. Le cordonnier est pourtant très présent en ville sous l'Ancien Régime, et on le rencontre jusqu'au début du XIXe siècle en tant que cordonnier ambulant dans les campagnes, où il répare les chaussures de fête, avant que les habitants n'abandonnent les sabots. L'industrie de la chaussure réalise entre 1850 et 1900 des progrès considérables, grâce à la baisse des coûts de revient et à la mécanisation de la fabrication. On produit alors dans des usines, des chaussures cousues, clouées et vissées.

Cordonnier1

Le pegot

En Provence, le cordonnier porte le nom de pegot à cause de la poix (peguo en provençal) qu'il utilise quotidiennement et qui lui noircit les mains. L'activité de cordonnerie a débuté dans les communes de Draguignan, Flayosc et Bargemon, à la fin du XVIIIe siècle, dans de petits ateliers qui fabriquaient entièrement à la main de grosses chaussures destinées à l'agriculture et à l'armée. Hommes, femmes et enfants participent alors à cette activité. Les femmes travaillent à leur domicile pour effectuer le jointage : assemblage des différentes parties de la "tige", afin de mettre en forme le dessus de la chaussure. Les hommes, quant à eux, s'occupent du "montage" : assemblage du dessus de la chaussure et de la semelle. C'est le maître bottier qui achète et coupe les cuirs avant de distribuer le travail à façon. Les cuirs utilisés proviennent de tanneries de la région : Tourves, Barjols, Belgentier, Draguignan, Puget-Thénier ou Toulon, ou d'autres villes de France comme Annonay (Ardèche). Cette activité croît et se mécanise tout au long du XIXe siècle, elle emploie de la main-d'oeuvre venue du Piémont (Italie). La production, importante pendant les guerres mondiales, commence à baisser à la fin du XXe siècle. Le cordonnier qui autrefois montait les chaussures entièrement à la main, est devenu ouvrier en cordonnerie. Toutefois, malgré la mécanisation, certaines opérations nécessitent toujours une intervention manuelle. La fabrication de chaussures se maintient peu que peu jusqu'en 1980 où, faute de main-d'oeuvre, les derniers fabricants sont contraints de fermer.

SourcePlaquette : "La chaussure et la cordonnerie" éditée par le Musée des Arts et Traditions Populaires de Draguignan.

Cordonnerie

 

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11 janvier 2019

Les métiers du cuir

Les-tanneurs

L'artisanat du cuir occupe une place fondamentale dans toutes les sociétés. Depuis les périodes les plus anciennes, le cuir est présent partout dans la vie des hommes, dans l'habillement, l'habitat, l'arnachement, l'équipement guerrier... Le cuir est un matériau de la vie, de la survie souvent. A ce titre, il est un puissant révélateur de l'histoire des sociétés humaines.

Le tanneur

De tout temps, baudroyeurs, aiguilliers, boursiers, corroyeurs, cordonniers, bottiers, selliers, bourreliers, relieurs, gantiers, et fabricants de lacets en cuir ont été tributaires du tanneur. Celui-ci dispose d'une multitude de peaux, parmi lesquelles figurent les plus résistantes, celles des grands animaux, vaches, veaux, chevaux, mais des cuirs plus fins, comme la peau des chèvres, des moutons... Le tannage du cuir consiste en une série d'opérations dont le but est de transformer la peau en cuir, au moyen de "tanins", contenus dans certaines espèces végétales, en particulier les écorces de chêne, pour le rendre imputrescible et résistant. Les peaux sont trempées dans des fosses contenant du tan ayant déjà servi, puis du tan de plus en plus concentré et peuvent y séjourner de deux mois à deux ans. En raison des odeurs dégagées par l'opération de ramollissement des peaux immergées, et de leur grand besoin en eau claire, les tanneurs sont tenus de s'installer près d'une rivière, dans des quartiers qui leur sont réservés. Les peaux sont ensuite sorties de ces cuves, tendues sur des perches pour les faire sécher, aplanies, battues sur des tables à l'aide de maillets pour leur donner souplesse et épaisseur voulues.

Outils-de-tanneur

Jusqu'en 1880, des cuirs tannés étaient destinés à l'agriculture, pour le harnachement des chevaux de trait, et à l'armée. Les progrès de la chimie remplacèrent progressivement le tan, par de l'écorse de mimosa, des extraits de châtaigniers ou de chrome. La tannerie s'industrialisa durant tout le XIXe siècle. Le mégissier chercha à obtenir des peaux plus douces et blanches destinées à la ganterie, la réalisation des corps des poupées de porcelaine, les étuis à lunettes ou les porte-monnaie. Epoque des élégantes et des voyages, le début du XXe siècle, vit le plein développement de la maroquinerie. La pelleterie profita aussi de la mode : la classe bourgeoise se couvrit de vêtements de fourrure, les conducteurs des premières voitures automobiles s'enfouirent sous d'amples manteaux. Aucun animal ne fut épargné, du crocodile à la belette, du requin au cygne, en passant par le vulgaire lapin. L'industrie réclamait des courroies de transmission pour ses moteurs et des tabliers protecteurs en cuir pour ses ouvriers. La gamme des cuirs s'étendit, la concurrence était rude, les cuirs de Russies, traités à l'huile de bouleau et imperméables, étaient très recherchés. Les cuirs vernissés se répandirent après 1900.

Tannage

Quelles peaux pour quels cuirs ?

La peau de boeuf pour faire des semelles fortes. La peau de buffle pour fabriquer les objets nécessaires à l'équipement militaire et les cuirs à rasoir. La peau de vache donne les cuirs dits "mous", dont les usages sont multiples. Les peaux de cheval, de sanglier, de porc et de mulet sont employées dans la sellerie. La peau de taureau sert pour les capotes de voitures et les semelles intérieures de souliers. Les peaux d'agneau et de chevreau sont utilisées pour la fabrication des gants. La peau de chèvre sert à la chaussure et à la maroquinerie. La peau de chien, après corroyage, est travaillée par les cordonniers. La peau d'âne sert à garnir les caisses de tambour. La peau de cygne est réservée aux évantaillistes. La peau de requin sert, sous le nom de galuchat, à divers usages en maroquinerie, en coutellerie et en ébénisterie, mais aussi dans l'industrie pour polir l'acier, faire des courroies, garnir les pistons des pompes à eau.

Le bourrelier

Tous les peuples nomades firent appel au bourrelier, il joua un rôle primordial dans l'agriculture pendant plus d'un millénaire. Grâce à son savoir naît l'attelage, qui permet de capter toute le force produite par la bête de trait au niveau de son poitrail et de son encolure. Ainsi, les progrès furent considérables : des labours plus profonds, des charges plus lourdes transportées à moindre effort. S'il travaille le cuir, le bourrelier est également amené à façonner le crin, la paille, la laine pour le rembourrage de ses colliers et selles. Il emploie le bois, pour la forme de ses colliers, il le cloute, le peint, le vernit. Il fabrique les harnachements des chevaux, capitonne les charrettes, les bâches également. Il utilise donc une grande variété de cuirs.

Bourreliers

Les métiers de la chaussure 

Pendant des siècles, on importa des peaux espagnoles en France. En effet, le cuir de Cordoue ou "Cordouan", un cuir de chèvre préparé avec le plus grand soin et que l'on teignait de diverses couleurs, servait à faire des chaussures de luxe. C'est de lui que vient le nom de cordonnier, qui désignait l'artisan travaillant cette peau, le cordouanier. Au Moyen-Âge, la plupart des métiers étaient regroupés en corporations qui fixaient les règles et les exigences professionnelles et assuraient la protection des divers corps de métiers. Les cordonniers ou cordouaniers, au sommet de l'échelle, fabriquaient des chaussures neuves, avec du cuir neuf, en cordouan, ou autre cuir de qualité supérieure. Les sueurs, du latin suere signifiant coudre, étaient les ouvriers de la chaussure. Les savetonniers faisaient des chaussures légères en basane, cuir de mouton, considéré de qualité inférieure. Les savetiers, en bas de l'échelle, réparaient, modifiaient ou fabriquaient des chaussures mais avec du vieux cuir usagé.

Outils-de-bourrelier

Au début du XIXe siècle, grâce à la baisse notable des prix de revient, les souliers en cuir finissent par s'imposer, au détriment des sabots. A la fin du XIXe siècle, l'industrie de la chaussure réalise des progrès considérables grâce à la mécanisation de diverses opérations dans la fabrication. Vers 1900, en France, la cordonnerie industrielle emploie trois principaux procédés de fabrication, qui produisent autant de catégories distinctes de chaussures : le cousu, le cloué et le vissé.

Source : Plaquette : "L'artisanat du cuir - Les métiers du cuir" éditée par le Musée des Arts et Traditions Populaires de Draguignan.

A suivre : La chaussure et la cordonnerie.

 

04 décembre 2018

2 décembre 1959 : la catastrophe du barrage de Malpasset

Bonjour ami(es) lectrices et lecteurs de mon blog.

Je reviens un peu vers vous aujourd'hui parce que vous me manquez. Mon poignet se répare petit à petit et dans quelques temps je publierai à nouveau des articles. Je fais paraître celui-ci car on ne peut pas oublier cette terrible date du 2 décembre 1959. Moi, je n'étais pas née mais mes parents m'ont raconté la catastrophe de Malpasset. J'ai trouvé deux films sur le sujet. Le premier est celui d'un reportage de Pierre Desgraupes pour l'émission de télévision "Cinq colonnes à la une". Le deuxième est celui de Jean-Claude Honnorat, retrouvé au fond d'un placard. Je pense que tout est dit et expliqué dans ces films ainsi que dans les quelques lignes ajoutées à l'un et à l'autre.

Barrage-de-Malpasset

Vue de l'aval du barrage et de son appui en rive droite (Photo Wikipédia)

Reportage Pierre Desgraupes. Cinq colonnes à la une. ORTF.

Au début de l'hiver 1959, 15 jours continus de pluies torrentielles vinrent remplir pour la première fois le nouveau barrage de Malpasset, en amont de Fréjus. Lorsque celui-ci céda soudainement, le 2 décembre 1959 à 21h13, près de 50 millions de mètres cubes d'eau déferlèrent, ravageant la plaine jusqu'à la mer, broyant fermes et cultures et détruisant le quartier des Arènes de Fréjus. Le bilan de la catastrophe s'élèvera à 423 morts, 155 immeubles entièrement détruits, mille hectares de terres agricoles ravagés et deux milliards de francs de dégâts. Ce barrage destiné à l'irrigation avait été construit par le Génie Rural, future DDA, sous la maîtrise d'oeuvre d'un Conseil général sans expérience sur ce type d'ouvrage. Si EDF l'avait construit, tout eut été certainement différent. C'est la plus grande catastrophe de ce genre qui ait jamais touché la France. A la suite de ce scandale administratif, un autre barrage de type digue fut construit à St Cassien sur le bassin versant de la Siagne, vers Cannes. Edf en fut chargé et y adjoignit une unité de production hydroélectrique. JCH

58 ans après la plus grande catastrophe civile qu'ait connu la France, des documents nouveaux apparaissent : une bobine de film 16 mm retrouvée au fond d'un placard révèle des visages jusqu'alors inconnus des toutes premières victimes de la catastrophe de Malpasset. Ce 2 décembre 1959 à 21h13 le barrage explose. Dans un fracas monstrueux une vague de 60 mètres de hauteur se rue dans la vallée du Reyran. A deux kilomètres en aval du barrage les premiers touchés seront des dizaines d'ouvriers travaillant aux terrassements de l'autoroute et résidant sur place dans des baraquements de chantier.
Ces ouvriers venus de toute l'Europe et d'Afrique du Nord n'étaient jusqu'à présent que des mots dans les registres. Voici qu'ils apparaissent sur leur chantier, au soleil du mois d'août, trois mois avant leur terrible fin.
Ce film est dédié à ces travailleurs de force, accablés d'un horrible destin un soir d'hiver suivi d'une longue nuit d'anonymat, jusqu'à aujourd'hui. (27 personnes décédées sont toujours à ce jour non identifiées)

Jean Claude Honnorat.

Un grand document : 1964 : Le film de l'Entreprise Razel-Bec sur la construction de l'autoroute A8 Aix-Nice : https://www.youtube.com/watch?v=NzKekR__8eE&t=79s

 

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23 octobre 2018

Exposition : 1918... la fin de l'enfer

1918

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Des nouvelles de Nadine

Bonsoir à toutes et à tous,

l'exposition ainsi que le spectacle ont été un succès le dimanche 7 octobre. Il y avait énormément de monde. J'étais ravie, tout se passait à merveille. Le lendemain tout a basculé. Je faisais la permanence du lundi après-midi et là, je me suis prise les pieds dans les pieds d'un panneau. Je suis tombée et après avoir été conduite à l'hôpital par les pompiers, on m'a annoncé que mon poignet droit était cassé. Mon radius était en miettes. J'ai été opérée le lendemain et le chirurgien m'a posé une plaque et des vis. Je suis rentrée chez moi le vendredi. Pour se débrouiller avec la main gauche quand on est droitière, je ne vous raconte pas la galère ! Bref, j'en ai pour 6 semaines si tout va bien. Alors donc, pour le moment je ne peux pas écrire. 

Si vous voulez voir des images de l'exposition et du spectacle, il faut aller sur le site de la mairie de Trans en Provence. Voilà le lien : https://www.transenprovence.fr/index.php/le-village/actualite-archives/814-exposition-et-spectacle-sur-notre-commune-de-trans-en-provence

Je vous dis à plus tard fidèles lectrices et lecteurs. A présent, je n'ai plus qu'à prendre mon mal en patience. Merci de continuer à venir lire mon blog tout de même, il y a sûrement des articles que vous n'avez pas lu ou que vous désirez relire. 

Nadine

 

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16 septembre 2018

Exposition : Trans et les Transians au fil du temps

 

Bonjour à toutes et tous,

vous avez remarqué que je ne poste plus d'articles depuis un mois. En fait, je n'ai pas le temps car je prépare mon exposition de photos et cartes postales anciennes de Trans en Provence. La paroisse reçoit Monseigneur Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, pendant quatre jours au mois d'octobre et Monsieur le curé m'a demandé de présenter à nouveau l'exposition que j'avais faite en 2006 à l'Hôtel de ville. Cette exposition avait eu à l'époque un énorme succès et j'avais vu défiler pendant neuf jours plus de 2 000 visiteurs, ce qui a été pour moi une sacrée surprise et une magnifique reconnaissance de mon travail. Donc, cette nouvelle exposition, enrichie d'autres panneaux de photos et de cartes postales, sera présentée du 7 au 10 octobre 2018 à la salle polyvalente de Trans en Provence. Le 7 octobre, à 19 heures, il y aura l'inauguration de mon exposition : "Trans et les Transians au fil du temps", puis à la suite, un spectacle intitulé : "Trans au fil des siècles" présenté par les paroissiens de Trans en Provence et de La Motte qui dure environ une heure et qui résumera l'histoire, au combien riche, de notre village. Ensuite, un buffet dinatoire offert sera proposé.

Je mets ci-dessous le deux affiches de ces manifestations.

Dans la semaine, l'exposition sera ouverte de 10 h à 12 h et de 15 h à 18 h. J'espère que les Transians seront à nouveau fidèles comme en 2006 et viendront nombreux se replonger dans leur passé. Je serai présente l'après-midi des 8, 9 et 10 octobre. Un grand merci d'avance à vous toutes et tous.

Bonne exposition et bon spectacle !

Trans et les Transians au fil du temps-Exposition affiche

TRANS EN PROVENCE Spectacle affiche

 

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18 août 2018

La tarasque de Tarascon

 

Chateau-de-tarascon

Le château de Tarascon sur les bords du Rhône (Photo internet)

Figure emblématique des multiples dragons qui hantent les contes et légendes de la Provence, la tarasque est née au bord du Rhône, dans une grotte aquatique, sous l'emplacement du château de Tarascon.
Dévoreuse des faibles, des femmes et des enfants, démolisseuse de digues et de barrages, rompus pas sa terrible queue, elle est l'image effrayante des débordements du fleuve. Son mythe se complète de l'intervention victorieuse de sainte Marthe, la soeur de Marie-Madeleine, hôtesse de Jésus à Béthanie, venue dans la barque des proscrits de Judée pour annoncer la Bonne Nouvelle en Provence.

 Sainte-Marthe

Peu après son débarquement, Marthe apprend l'existence du monstre, elle va à sa rencontre, le soumet en lui passant sa ceinture autour du cou et le ramène à Tarascon, où il est massacré par la foule. Voué à sainte Marthe, sa patronne, Tarascon devient un lieu de  fréquenté dès les Ve et VIe siècles, et visité par saint Louis (Louis IX) et Charles d'Anjou. La victoire de Marthe est, de très longue date, commémorée par des fêtes autour de la Pentecôte et le 29 juillet, jour de la fête de la sainte.

Tarasque

Organisée pendant des siècles de façon très irrégulière, la fête de la Tarasque, proche de la Pentecôte et de ses jeux de charité, obéissait à un rituel qui faisait intervenir brutalement le monstre de carton et de toile dévalant les rues de la ville et balayant impitoyablement de sa queue tous ceux qui, l'ayant défié, n'étaient pas assez dégourdis pour lui échapper. Une forme de réjouissances qui n'est pas sans rappeler l'atmosphère des abrivado, des lâchers de taureaux ou des courses libres. Au XIXe siècle, la tarasque courut ainsi en 1846, 1861, 1891... et, plus près de nous en 1946. Plus paisible et plus régulière, la fête annuelle du 29 juillet (ou du dimanche avoisinant) retrouve, dans une ambiance de corso, une tarasque pacifique escortée du bedonnant Tartarin et de ses compagnons Bézuquet et Costecalde. D'ici à ce qu'un moderne Daudet fasse du "terrible" chasseur le vainqueur de la Tarasque !

 Source : L'Almanach de la Provence - Editions Larousse 2003.

A lire ou relire également : Le drac de Baucaire.

Le drac de Beaucaire - Passion Provence

Beaucaire est une charmante bourgade provençale située dans le Gard, sur la rive droite du Rhône. Cette cité très ancienne, fondée au VIIème siècle avant J.C., abrite des légendes qui remontent à la nuit des temps. On conserve dans les réserves du musée du Vieux-Beaucaire, des battoirs de lavandières ornés d'un côté, de figures reptiliennes.

 

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12 août 2018

Le Provençal et les dialectes provençaux

 

Vieille rue

Vieille rue (Photo Nadine) dont la plaque indique :

"Souleiado de la Capello dou Segnour"
Terrasses de la Chapelle du Seigneur

Le provençal est une langue romane de la famille des langues d'oc. Il est issu de l'évolution du latin populaire, et est parlé sur un territoire qui déborde de celui de la Provence historique et culturelle proprement dite. Comme toute langue, le provençal est dialectalisé.

Les dialectes provençaux

- Le rhodanien est parlé dans les parties occidentales des actuels départements du Vaucluse (Vau-Cluso) et des Bouches-du-Rhône (Bouco-dóu-Rose). Il est également parlé en Languedoc, autour du Nimes (Nime), du Rhône (Rose) à la Vidourle (Vidourlo).

  - Le maritime et intérieur (ou "méditérranéen") est parlé dans les parties orientales des actuels départements du Vaucluse (Vau-Cluso) et des Bouches-du-Rhône (Bouco-dóu-Rose), dans tout l'actuel département du Var (Var), dans la majeure partie de l'actuel département des Alpes-Maritimes (Aup Maritimo) et dans la moitié sud de l'actuel département des Alpes de Haute-Provence (Aup de n-Auto Prouvènço).
Le provençal maritime a des règles linguistiques qui lui sont propre : les pluriels se forment en -ei ; une chute très marquée de nombreuses consonnes est produite ; les o sont souvent diphtongués et la conjugaison possède son lot de spécialités.
Pour exemple, la phrase  "Les belles filles jouent tous les jours sur la colline" :
- en provençal rhodanien, cela donne : "Li bèlli chato jogon tòuti li jour dins la colo".
- en provençal maritime, cela donne : "Lei bèllei fiho juegon tòutei lei jou dins la couelo".

 - Le gavot, ou alpin est parlé dans la moitié nord de l'actuel département des Alpes de Haute-Provence. Hors de Provence, le gavot est parlé en Dauphiné dans tout l'actuel département des Hautes-Alpes (Àuteis-Aup), dans une frange sud-est de l'actuel département de l'Isère (Isero), et dans les vallées provençalophones du Piémont (Val Maire, etc.).

- Le drômois, ou dauphinois n'est parlé qu'hors de la Provence proprement dite, en Dauphiné : majeure partie de l'actuel département de la Drôme (Droumo), c'est-à-dire le Diois et le Valentinois, frange sud-ouest de l'actuel département de l'Isère (Isero).

Le nissart et le vivarois

Linguistiquement très proche du provençal, le Nissart doit être considéré comme une langue à part entière, car telle est la conscience linguistique de ses locuteurs, qui se sentent Niçois et non pas Provençaux. Voici quelques caractéristiques du Nissart.

- Article défini pluriel différent au masculin et au féminin : lu - li.

- Conservation du a final atone au féminin, devenu o en provençal : Nissa la bella, pichina (petite), etc.
- Le nissart connaît, comme l’italien, des mots accentués sur l’antépénultième syllabe.

- Le nissart n'utilise que l'adjectif possessif plein, comme l'italien : français "mon cheval", provençal moun chivau / moun cavau, nissart lou miéu cavau, italien il mio cavallo.

Les parlers du Vivarais sont très proches du provençal drômois. Mais les gens du Vivarais n'ayant aucune conscience de parler provençal, et ayant une conscience identitaire vivaroise très forte, leurs parlers ne peuvent être considérés que comme formant une langue autonome composée de trois dialectes, le haut-vivarois, le boutierot / le vivarois-moyen et le bas-vivarois.
Le vivarois s'écrit avec une graphie similaire à celle du provençal, avec quelques adaptations dues aux différences phonétiques.

Source : Internet - Site Voilà des langues

 

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06 août 2018

Une coutume du Moyen-Age conservée jusqu'à la Révolution

Promenade

Village médiéval, Villecroze, situé à l'ouest de Draguignan entre Tourtour et Salernes est surtout connu pour ses falaises de tuf trouées de grottes. Ces curiosités naturelles valent le détour et une promenade dominicale. Mais savez-vous que ce pittoresque village a conservé jusqu'à la Révolution une coutume moyenâgeuse : la promenade ? Celle-ci n'avait rien de touristique ; elle permettait plutôt à ses habitants de se racheter une bonne conduite, car à l'époque on ne badinait pas avec la bonne moralité à Villecroze !

Les "mauvaises langues" du village qui, par leurs travers, portaient tort au voisinage étaient ramenées à de meilleurs sentiments après une promenade dans toutes les rues, une ou deux pierres attachées autour du cou... On réservait aux couples adultères une promenade plus humiliante : la femme coupable se voyait condamnée à errer à travers le village, nue sur un âne, la tête tournée vers la queue de l'animal auquel on avait attaché son compagnon, nu également. Les badauds pouvaient châtier le couple à coups de bâton ; on supprima plus tard la correction par trop exagérée.

Comment punissait-on les coupables de menus larcins à Villecroze ? Par une promenade. Les maraudeurs, voleurs de fruits, de quelques volailles ou brassées d'épis de blé étaient condamnés à se promener dans le village avec souvent le port autour du cou d'une pancarte sur laquelle était inscrit l'objet du délit.

Le propriétaire lésé demandait souvent une promenade à ces maraudeurs plutôt qu'un dédommagement. Ce châtiment devait avoir des vertus curatives...

Le conseil municipal de Villecroze délibéra même sur le sort à infliger à une voleuse de poule. Elle fut condamnée à faire "le tour du village, par tous les lieux et carrefours avec la poule pendue au col, escortée par la garde nationale". Après quoi, le volatile fut vendu au profit de son propriétaire.

Non vraiment, autrefois on ne badinait pas avec les bonnes moeurs à Villecroze...

Source : Almanach pittoresque et pratique du Var 1992 - Maryse Pèbre et Monique Rieupouilh - Ed. Var Matin.

 village photo

Les fameuses grottes de Villecroze

 

 

31 juillet 2018

Draguignan : le circuit de l'eau

 

Draguignan.jpg

Dès le Moyen Age, la ville de Draguignan fut confrontée à des problèmes d’alimentation en eau : la Nartuby coule à 2 km au sud de la ville avec un débit inconstant. A l’époque moderne, elle se tarit en période de sécheresse. Il faut cependant distinguer deux eaux : l’eau "industrielle" et l’eau "alimentaire".

Porte dragon

La Porte Aiguières (Photo Nadine)

La première, dans l’ordre historique, était réservée aux activités industrielles (mécanique des moulins, teintureries, mégisseries) ainsi qu’à l’irrigation des terres agricoles en amont de la Porte Aiguières ou Porte des eaux. Cette eau industrielle est captée à 4 km à l’Ouest, près du pont de la route d’Ampus. Elle est acheminée par un canal dit "le canal des Moulins" ou "canal des arrosants" ou encore "canal de la Reine Jeanne".

La deuxième, l’eau alimentaire, est captée sur les flancs du Malmont (étymologie = mauvais mont), qui domine Draguignan de ses 604 mètres d'altitude, dans le vallon des Rayollets et acheminée par un aqueduc à ciel ouvert qui deviendra au fur et à mesure souterrain, pour venir alimenter les fontaines de la cité. La structure modernisée au XVIIIe siècle existe encore : depuis la source proche de la Vieille route de Figanières, jusqu’à la Porte de Grasse (de nos jours, disparue). La géologie nous apprend que le territoire de Draguignan se développe sur des assises sédimentaires du début de l’aire secondaire : trias et jurassique. (Etude de René Cova, bulletin de la Société d’Etudes, tome XXXVII).

Au niveau de la Tour de l’Horloge, le rocher est un promontoire calcaire plus dur que toute sa périphérie. Il a résisté à l’érosion (eau, vent, gel), ses alentours étant une vaste zone d’effondrement suite à la dissolution des couches de gypse. Il culmine à 240 mètres. Le castrum médiéval va s’y installer. La cité comtale puis la ville royale vont venir s’enrouler autour de celui-ci. Au point du vue géologique, le pied du rocher est constitué par des zones effondrées par dissolution du gypse. Voyons maintenant les différentes rues qui constituent le "cicuit de l'eau".

Rue du Piquet Vieux

Elle doit son nom à l’impôt sur la farine que l’on percevait à cet endroit (XVIIe siècle).

Rue des Marchands

Appuyée au nord sur le rempart du XIIIe/XIVe siècle, elle relie la place du Marché à la Place aux Herbes. Au carrefour rue du Piquet Vieux - rue des Marchands - rue de Trans se situait au Moyen-Age l’Hôpital Saint Jacques qui accueillait pèlerins, voyageurs et malades à l’entrée de la ville.

Rue de Trans

Premier faubourg de la cité et véritable artère jugulaire de la ville jusqu’au milieu du XIXe siècle, elle était le passage obligé pour Fréjus ou encore l’Italie. Portant les armes de la ville, cette Tour-porche, qui date de 1245, jadis fermée par une lourde porte et garnie d’une herse, était précédée du fossé enjambé par le pont-levis et défendu par une barbacane (ouvrage de fortification avancée qui protégeait un passage, une porte, qui permettait à la garnison d'une forteresse de se réunir à un point saillant à couvert).

Porte Romaine

La Porte Romaine (Photo Nadine) 

Place aux Herbes et Porte Romaine

Le fossé comblé et la barbacane détruite ont donné naissance à la place où l’on vendait les légumes dès le XVIe siècle. La pharmacie au coin de la place reçut en 1833 le jeune Hippolyte Mège-Mouriès (1817-1880) comme stagiaire en officine. Auteur de travaux remarquables notamment sur le pain, il inventa la margarine (1869).

Le Café des Mille Colonnes, qui fait face à la pharmacie, est l’un des plus anciens lieux de convivialité de France : une auberge dans ses murs est attestée dès le XVe siècle… Au n°4 se trouve la maison natale de Claude Gay (1800-1873), pharmacien, grand naturaliste, membre de l’Académie des Sciences (1856), citoyen d’honneur du Chili.

Rue Blancherie

Son étymologie vient du provençal blancarié, où se trouvaient les mégisseries qui blanchissaient les peaux.

Lavoir-de-Capesse-Draguignan-83

Lavoir de Capesse (Photo Nadine) 

Rue Capessse

Son étymologie vient d’une habitante venant de Gap : Gapesse devenant Capesse). Son lavoir date de 1639, le sol était caladé (pavé de galets). Le lavoir, haut lieu de mémoire et de bavardages… Au Nord, l’on aperçoit les bâtiments du couvent de l’Observance (1501) et à l’Est le couvent des Minimes avec son clocher décalé (1706).

Rue de l’Observance

Elle doit son nom au couvent situé plus loin. Rue de l’aristocratie et des hommes de Loi sous l’Ancien Régime, on remarquera ses maisons et leurs portes.

 Kisfaludy

Au-dessus de la porte du numéro 46 figure le portrait de Sandor Kisfaludy et une plaque à son nom rappelle qu'il a habité cette maison  (Photo Nadine). Au n°46 séjourna en 1796 Sandor Kisfaludy, officier hongrois fait prisonnier en Italie par le général Bonaparte. Ce dernier deviendra le chantre de la poésie hongroise inspiré par une jeune dracénoise Julie Caroline d’Esclapon habitant au n°31. La porte du n°21 présente des symboles maçonniques.

Place de l’Observance

Au Moyen Age, elle était traversée par le canal "dans lequel tombaient tous les jours des petits enfants". Il fut voûté en 1638. Au n°2 s’élevait la "Maison du Roi" édifiée dès 1591. Elle abritait le Palais de Justice et la Conciergerie ou prison.

Eglise et couvent de l’Observance (1501) : des Frères Mineurs de la Régulière Observance.

L'Observance est le seul des cinq couvents de la ville de Draguignan parvenu jusqu'à nous dans son intégralité. L'église est un vaste édifice de style gothique, sobre et flanqué au levant d'un cloître rectangulaire. La nef comporte quatre travées. La voûte repose sur des arcs doubleaux légèrement brisés et des arcs à croisées d'ogives retombant sur des pilastres. Le mur gouttereau oriental est éclairé de 3 fenêtres hautes. Le mur gouttereau occidental s'ouvre par cinq arcades ogivales sur autant de chapelles voûtées en croisées d'arêtes. Le choeur est pentagonal. Sa voûte est à croisées d'ogives avec clef. Un jubé (disparu) de 9 mètres de haut, fermé par une grille isolait un vaste choeur à double rangée de stalles. Le clocher a été remplacé par un petit campanile. Les bâtiments claustraux comptaient 22 cellules pour les frères franciscains réformés de la stricte Observance, l'appartement du prieur avec terrasse donnant sur un jardin, un réfectoire, une sacristie, des écuries... Les galeries du cloître sont ouvertes par des arcades cintrées. Elles étaient décorées de fleurs symboliques. Une Descente de Croix est encore visible. Du couloir sud partait le grand escalier menant au premier étage. L'Observance de Draguignan fut la première installation de l'ordre dans le diocèse de Fréjus. Elle résulte d'une donation des quatre frères Fabre et de Louis de Villeneuve, marquis de Trans et de sa fille Charlotte, veuve Grimaldi. La construction commencée en 1501, dura plus de 16 ans, utilisant une partie des pierres du donjon de la ville, démoli en 1509. A l'intérieur furent inhumés des Villeneuve-Trans et d'illustres dracénois comme Boniface de Trans et Fouque la Garde, et dans le cimetière du chevet, des victimes de la peste (1522). Les combles de la nef recevaient les anciens ossements. La tradition veut que le frère Simon Boudet ait introduit ici la culture de la tomate en Dracénie. Le couvent connut bien des vicissitudes : place forte lors des guerres de Religion (1576) et de la Fronde (1649), tribunal de Sénéchaussée (1693), hôpital militaire pour les alliés Espagnols (1742), entrepôt pour le fourrage des cavaliers austro-sardes (1746), loge maçonnique "Saint-Jean" (1785) puis "Le triomphe de l'Amitié". Vendu comme Bien National à la Révolution, l'époque moderne en fit une fabrique de bouchons, un magasin de fruits et légumes, un garage pour l'autobus "Draguignan-Saint-André-les-Alpes", c'était un véritable capharnaüm quand la commune de Draguignan en fit l'acquisition puis la restauration. Aujourd’hui la chapelle de l'Observance est un lieu d'expositions culturelles (peintures, sculptures...). Départ de l’église pour la visite des Enfers (Infers) : salle de bassins de décantation des eaux résiduelles des moulins.

Rue des Moulins

Dénommée "rue des Enfers" jusqu’au XIXe siècle. L’accès aux cinq bassins de décantation des eaux grasses se fait en visite guidée exclusivement. Cet aménagement daté du XVIIe siècle (délib. Conseil Communal : 3 avril 1663) permettait aux savonniers de récupérer les eaux grasses issues des moulins et le revenu était employé au service des pauvres. 

Rue de l’Observance

Au n°15. l'Hôtel Giraud-La Garde, façade du XVIIe siècle, six générations d’avocats s’y succédèrent. Emmanuel François Giraud de La Garde d’Agay (1653-1742) fut lieutenant général des Soumissions et Subdélégué de l’Intendant de Provence.

Porte Honoré Muraire

 Plaque Honoré Muraire

Porte et plaque de la maison natale d'Honoré Muraire (Photos Nadine)

 Au n°14, la maison d’Honoré Muraire (1750- 1836), député du Var à la Révolution, devenu 1er Président de la Cour d’appel de Paris.

Au n°13, Hôtel Brun-Castellane(façade du XVIIIe siècle). Marc Brun de Castellane, Lieutenant de Sénéchaussée, considéré comme Frondeur, fut assassiné en 1649.

Au n°5 et 5 bis, le canal traverse la cour où existait un moulin. Le mécanisme (pressoir, engrenage, cuve) est exposé au musée des ATP. On aperçoit une meule sur le sol.

Les n°3 et 3bis abritent le Moulin de l’Horloge.

Le n°1 abrite Lou Calen. Ces deux moulins sont attestés depuis plus de six siècles. Mis aux normes européennes ils donnent la meilleure huile de la région.

Rue des Tanneurs

Jadis rue du Bàrri (du provençal : rempart) la tannerie s’y installa au XVIIIe siècle. Le rempart de la cité Comtale était renforcé par des tours carrées en saillie dont une rescapée est visible dans cette rue. Elle date du XIVe siècle.

Place des Tanneurs

L’arrivée en eau potable provenant de la source des Rayollets conduit à une chambre quadrangulaire qui abrite un bac de partage des eaux jadis régulée par les fontainiers.

Elle alimentait quatre fontaines dont certaines ont disparu de nos jours : à la place Portaiguières (disparue), à l'actuelle place Roger Fréani (1613) anciennement place du "Marché-neuf" puis "place de la Halle" enfin "place de la Poissonnerie", une autre fontaine au "Haut du Marché" (disparue), et une autre au "Bas du Marché", surmontée du buste du baron d’Azémar.

Place Portaiguières

(Provençal porto aiguiero - porte des Eaux) La Tour-porte comme la Porte Romaine date du XIIIe siècle. A cette époque existait un puits public, puis une fontaine et l’arrivée du canal des Moulins.

Rue du Jardin des Plantes

Jadis rue des Blanqueries, c’est-à-dire des mégisseries (XIIIe siècle).

Boulevard de la Liberté.

On franchit le IIIe rempart (XVIe-XVIIe siècle) en prenant le passage protégé.

Rue Folletière et le Grand Lavoir

(Date du XIXe siècle). Avec sa toiture en tuiles, ses deux bassins bordés de platanes centenaires, ses étendoirs encore en place et le coin de la "bugade". Ici arrivent les eaux dérivées de la Nartuby depuis le pont de la route d’Ampus.

Source : D'après la nouvelle documentation parue en 2010 sur le circuit de l'eau éditée par la Communauté d'Agglomération Dracénoise.

Le-grand-lavoir

 

25 juillet 2018

La tarente : un animal de Méditerranée

 

Tarentola_mauritanica

Tarente se chauffant au soleil (Photo internet)

L'espèce Tarentola mauritanica, connue sous le nom de tarente ou tarente de Maurétanie en France, est un lézard principalement arboricole et nocturne vivant sur le pourtour méditerranéen.
C'est un gecko de taille moyenne (maximum 15 cm pour les plus gros spécimens). Il a un aspect trapu, avec une queue relativement longue. Sa peau est rugueuse d'aspect, parsemée de petites protubérances. Sa couleur va du beige clair au brun sombre, irrégulière, et peut varier en fonction du moment de la journée (plus ou moins sombre pour réguler la température). Il est pourvu de pelotes adhésives sous les pattes, qui lui permettent de se déplacer dans les arbres et sur les murs et même sur les vitres des maisons et au plafond. Il est principalement nocturne, mais il est parfois actif en début de matinée et en fin de journée.

Le nom de cette espèce, mauritanica, vient du grec puis du latin mauritania ou mauretania, la Maurétanie qui est une région au nord-ouest de l'Afrique (à ne pas confondre avec l'actuelle Mauritanie). On trouve ce gecko sur tout le pourtour méditerranéen, parfois relativement loin à l'intérieur des terres. En France, on le trouve près des côtes mais également plus à l'intérieur (Provence, Côte d'Azur, Corse, Languedoc-Roussillon...). On le trouve également dans de nombreux autres pays et îles : Portugal, Espagne, Italie, Madère, Yougoslavie, Grèce, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte, Uruguay, États-Unis (où il a été introduit)…

Ces geckos affectionnent les zones pierreuses et les broussailles clairsemées. Ils se sont également très bien adaptés à l'homme et on peut fréquemment les voir sur les murs, en particulier près des éclairages - où se trouvent les insectes. Ce gecko est strictement insectivore. Il consomme la plupart des insectes de taille adaptée c'està-dire : grillons, sauterelles, blattes…, y compris des insectes volants tels que papillons, mouches, etc…

 Tarentola_mauritanica

La tarente est un animal très vif, capable de courir très rapidement sur toutes les surfaces, et de sauter très rapidement (par exemple entre le sol et une branche). C'est également un animal craintif qui ne se laisse pas facilement approcher. Les mâles sont très territoriaux. Ils ne se tolèrent pas, et peuvent se battre entre eux.
Ce gecko se reproduit au printemps, au retour des beaux jours. Les femelles pondent leurs œufs en plusieurs fois, enterrés dans le sol. Il est difficile de différencier les mâles des femelles. Les mâles sont en général un peu plus gros et trapus, et présentent un léger renflement à la base de la queue. Mais ces différences restent légères et difficiles à apprécier sans élément de comparaison.
Les pontes ont lieu entre la fin du printemps et le début de l'été. Chaque ponte compte en général deux œufs déposés sur le sol, parfois enterrés ou sous un élément (feuille, branche…). Il peut y avoir jusqu'à quatre pontes, espacées de quelques semaines. Les œufs éclosent après environ 30 jours à 25-30°C (la température moyenne influe sur la durée d'incubation). Les œufs sont assez fragiles car un retournement peut décrocher l'embryon de sa poche d'air, et il meurt alors asphyxié.
Les petits, qui font environ 3 cm, ne mangent pas avant leur première mue, quelques jours après la naissance. Ils consomment de petits insectes, comme des micro-grillons. Il est à noter qu'il n'y a aucune "reconnaissance" entre les petits et les adultes. Ces derniers peuvent même à l'occasion manger les petits ayant une taille adaptée.

Source : D'après Wikipédia - l'encyclopédie libre.

 

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19 juillet 2018

L'Argens

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 L'Argens (Argenç en occitan provençal selon la norme classique ou Argèns selon la norme mistralienne) est un fleuve côtier français, dont le cours est entièrement situé dans le département du Var.

Il traverse le centre du département d'ouest en est. Il prend sa source à Seillons-Source-d'Argens (d'où le nom de ce village) à une altitude de 269 m, puis Châteauvert, Correns, Montfort-sur-Argens, Carcès, Le Thoronet, Lorgues,Taradeau, Vidauban, Les Arcs-sur-Argens, Le Muy, Roquebrune-sur-Argens, Puget-sur-Argens, Fréjus, puis se jette dans la mer Méditerranée, près de Fréjus. Sa longueur totale est de 116 km.
Ses affluents sont : le Blavet, l'Endre, la Bresque, le Caramy, l'Issole, la Cassole, la Ribeirotte, la Florieye, l'Aille, et la Nartuby.

L'Argens est un cours d'eau peu abondant, mais suffisamment fourni toute l'année qui cependant s'était retrouvé totalement asséché en septembre 2007. Son débit a été observé sur une période de 37 ans (1970-2007), à Roquebrune-sur-Argens, tout près de son embouchure dans la mer. Le bassin versant du fleuve y est de 2 530 km², c'est- à-dire sa presque totalité.

L'Argens présente des fluctuations saisonnières modérées. On y distingue deux périodes qui divisent l'année. Les hautes eaux se déroulent de l'automne au printemps et portent le débit mensuel moyen à un niveau situé entre 16 et 33 m³/seconde, d'octobre à mai inclus, avec un maximum fort net en janvier (32,8 m³) et février (29,0 m³). Dès fin mai s'amorce une décrue rapide qui mène aux basses eaux d'été, se déroulant de juin à septembre inclus, avec un minimum au mois d'août (moyenne mensuelle de 6,08 m³/seconde), ce qui est encore très confortable en Provence. Au total, les oscillations saisonnières sont relativement peu importantes. Cependant, les fluctuations de débit peuvent être beaucoup plus prononcées sur de plus courtes périodes et varient d'après les années. Les crues peuvent être très importantes pour un fleuve côtier au débit modéré. L'Argens suit en cela le modèle classique méditerranéen. Le débit instantané maximal enregistré a été de 748 m³/seconde le 7 janvier 1994, tandis que le débit journalier maximal était de 700 m³/seconde le 18 janvier 1978.
Au total, l'Argens est un cours d'eau assez peu abondant, si du moins on le compare à ses voisins orientaux tels le Var, l'Estéron ou la Siagne. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 222 millimètres annuellement, ce qui est plutôt médiocre, valant nettement moins que la moyenne d'ensemble de la France tous bassins confondus, et très inférieur à celle du Var (553 millimètres). Le débit spécifique du fleuve n'atteint dès lors qu'un modeste 7,0 litres/seconde et par kilomètre carré de bassin.

Source : D'après un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

 

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13 juillet 2018

Les portes et les heurtoirs des maisons provençales

 

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Porte à Trans en Provence (Photo Nadine)

Gardiennes de l'intimité et exposées aux regards, les portes d'entrée sont très soignées par les propriétaires. Elles peuvent être de forme droite ou cintrée, avec ou sans imposte, à simple ou double battant. Les hôtels particuliers et les maisons des notables en ont fait des objets de fierté. Avant le XVIIe siècle, c'est surtout l'encadrement qui est travaillé : des sculptures de pierre, mascarons et guirlandes, ornent les linteaux ; parfois des atlantes ou des cariatides montent la garde de chaque côté.
Le XVIIIe siècle voit l'essor de l'art des portes proprement dites grâce aux charpentiers de marine formés dans les chantiers navals de Toulon. Auparavant cloutées, parfois moulurées, les portes sont alors sculptées de colonnes, d'instruments de musique, d'angelots ou "putti", de têtes de faune, de guirlandes de fleurs et de fruits.

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Portes cloutées à Trigance dans le Haut-Var (Photo Nadine)

Pour permettre aux visiteurs de s'annoncer, elles s'ornent aussi de heurtoirs en fer, bronze ou cuivre. A l'origine simples maillets suspendus aux huis, ces objets ont pris au cours des siècles les formes les plus fantaisistes. Des pommes de pin, des fleurs de lys, des coeurs entrelacés, des anneaux insérés dans des gueules de lion résonnent sur des contre-heurtoirs assortis.
Au XIXe siècle, leurs formes de poings ou de larmes inspirent le surnom de "pleureuses d'amour". L'apparition des sonnettes électriques a bien changé le son des visites et les heurtoirs ne sont plus forgés que pour la décoration...

Source : L'âme des maisons provençales - Elisabeth Bousquet-Duquesne -
Editions Ouest-France - 2004.

07 juillet 2018

L'accent, poème dit par Fernandel

Je suis fière d'être provençale et je le crie haut et fort ! Remarquez que je dirai la même chose si j'étais née ailleurs. Mais on ne choisit pas ses ancêtres. On est d'où on est, ou d'où on naît (quoique cela n'est pas toujours vrai), c'est comme vous voulez.

Tenez, voilà un sujet à réflexion...

Fernandel

De l'accent ! De l'accent ! Mais après tout en-ai-je ?
Pourquoi cette faveur ? Pourquoi ce privilège ?
Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord,
Que c'est vous qui pour nous semblez l'avoir très fort
Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde,
"Ces gens là n'ont pas le parler de tout le monde !"
Et que, tout dépendant de la façon de voir,
Ne pas avoir l'accent, pour nous, c'est en avoir...
Eh bien non ! je blasphème ! Et je suis las de feindre !
Ceux qui n'ont pas d'accent, je ne puis que les plaindre !
Emporter de chez soi les accents familiers,
C'est emporter un peu sa terre à ses souliers,
Emporter son accent d'Auvergne ou de Bretagne,
C'est emporter un peu sa lande ou sa montagne !
Lorsque, loin du pays, le cœur gros, on s'enfuit,
L'accent ? Mais c'est un peu le pays qui vous suit !
C'est un peu, cet accent, invisible bagage,
Le parler de chez soi qu'on emporte en voyage !
C'est pour les malheureux à l'exil obligés,
Le patois qui déteint sur les mots étrangers !
Avoir l'accent enfin, c'est, chaque fois qu'on cause,
Parler de son pays en parlant d'autre chose !...
Non, je ne rougis pas de mon fidèle accent !
Je veux qu'il soit sonore, et clair, retentissant !
Et m'en aller tout droit, l'humeur toujours pareille,
En portant mon accent fièrement sur l'oreille !
Mon accent ! Il faudrait l'écouter à genoux !
Il nous fait emporter la Provence avec nous,
Et fait chanter sa voix dans tous mes bavardages
Comme chante la mer au fond des coquillages !
Ecoutez ! En parlant, je plante le décor
Du torride Midi dans les brumes du Nord !
Mon accent porte en soi d'adorables mélanges
D'effluves d'orangers et de parfum d'oranges ;
Il évoque à la fois les feuillages bleu-gris
De nos chers oliviers aux vieux troncs rabougris,
Et le petit village où les treilles splendides
Éclaboussent de bleu les blancheurs des bastides !
Cet accent-là, mistral, cigale et tambourin,
A toutes mes chansons donne un même refrain,
Et quand vous l'entendez chanter dans ma parole
Tous les mots que je dis dansent la farandole !

Miguel Zamacoïs (1866-1955)
Extrait de La fleur merveilleuse

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01 juillet 2018

La fée verte : l'absinthe

Absinthe

L'absinthe était jadis produite par distillation ou mélange d'essences. Aujourd'hui, certaines absinthes sont macérées puis filtrées, ce qui est un processus nouveau : celui du pastis (postérieur à l'absinthe), appliqué à l'absinthe.

Aucun traité de fabrication des liqueurs contemporain de l'absinthe ne mentionne une quelconque recette d'absinthe par macération uniquement. Les six plantes de base d'une absinthe sont la grande absinthe et la petite absinthe, l'anis vert, le fenouil, la mélisse et l'hysope.
Selon les recettes, d'autres plantes peuvent compléter la recette comme l'angélique, la coriandre, la véronique, le calamus, la menthe... Soit dans le processus de macération (avant distillation), soit dans le processus de coloration (après distillation).

Absinthe

Absinthe Paul Beucler par M. Ringel - Distillerie du Mont-Bart

Les liqueurs anisées extraites de l'absinthe sont nées dans le Val-de-Travers, dans le canton suisse de Neuchâtel, où une habitante, la mère Henriod, a mis au point au XVIIIe siècle un élixir d'absinthe à des fins thérapeutiques. L'élixir est diffusé dans le canton par le docteur Pierre Ordinaire. En 1797, le major Dubied en achète la formule et ouvre une première fabrique à Couvet (Suisse), avec son gendre, Henri-Louis Pernod.

En 1805, ce dernier monte sa propre distillerie de l'autre côté de la frontière, à Pontarlier, dans le département français du Doubs, au coeur des montagnes du Jura, à l'enseigne "Pernod et fils".

En 1830, lors de la conquête de l'Algérie, on conseille aux soldats de rajouter à leur eau de boisson quelques gouttes de liqueur d'absinthe afin de l'assainir et d'apaiser leurs dérangements digestifs. Les soldats y prennent goût et, de retour en France, continuent à consommer cette boisson aux vertus thérapeutiques.

L'absinthe inspire les artistes et les poètes comme Degas, Toulouse-Lautrec, Baudelaire, Verlaine ou encore Oscar Wilde. Ce dernier lui aurait donné son surnom de "fée verte". Mais elle possède une substance toxique, la thyone, qui attaque le système nerveux.

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L'absinthe par Edgar Degas

Aussi devient-elle à la fin du XIXe siècle synonyme de la dégradation de la condition ouvrière. Émile Zola la stigmatise dans un roman intitulé L'Assommoir (1877). Ses effets s'avèrent désastreux dans les tranchées de la Grande Guerre, d'où son interdiction par le gouvernement français (la Suisse l'avait interdite dès 1908).

Dès 1875, les ligues antialcooliques, les syndicats, les curés, les médecins, la presse, se mobilisent contre l'absinthe qui rend fou.

En 1906, la ligue nationale française antialcoolique recueille 400 000 signatures dans une pétition.

En 1907, une grande manifestation a lieu à Paris rassemblant les viticulteurs et les ligues anti-alcooliques. Leur mot d'ordre : "Tous pour le vin, contre l'absinthe ".

En 1908, le groupe antialcoolique qui s'est constitué au Sénat veut faire voter trois mesures :

- interdiction de l'absinthe ;
- limitation du nombre des débits de boissons ;

- suppression du privilège des bouilleurs de cru.

Ceci conduisit à son interdiction dans de nombreux pays, (en France le 16 mars 1915, en Suisse du 7 octobre 1910 au 1er mars 2005) car les ligues de vertus disaient d'elle qu'elle rend fou et criminel, fait de l'homme une bête et menace l'avenir de notre temps

En réalité, il est clairement dit dans le projet d'interdiction de l'absinthe en France que la boisson est interdite pour lutter contre l'alcoolisme. Extrait : "À diverses reprises, l'Académie de médecine a signalé le grand intérêt que présente, au point de vue de la santé publique et de l'avenir même de la race, l'organisation en France d'une lutte active contre l'alcoolisme. De son coté, l'Académie des sciences a, au cours d'une de ses récentes séances, apporté à ces vues l'appui de sa haute autorité en émettant un voeu pressant en faveur de l'adoption prochaine de diverses mesures propres à enrayer le fléau. Il a paru au gouvernement que le moment était venu d'entrer résolument dans la voie qui lui était ainsi tracée et qu'il convenait notamment de réaliser, dès à présent, une des mesures qui de tout temps ont été considérées, à juste titre, comme pouvant le plus aisément contribuer pour une large part à la restriction du mal : mettre un terme à toute consommation de l'absinthe et des liqueurs similaires".

Ricard

Mais en 1920, sous la pression des distillateurs, les alcools anisés sont à nouveau autorisés en France. En 1932, un jeune Marseillais du nom de Paul Ricard commercialise une variante de l'anis de Pontarlier sous le nom de "pastis" (d'après un mot provençal qui signifie mélange ou confusion). Consommé avec modération et noyé dans beaucoup d'eau fraîche, il a acquis ses quartiers de noblesse grâce à l'écrivain Marcel Pagnol.
En 1988, un décret européen autorise et réglemente la présence de thuyone (huile essentielle de la grande et de la petite absinthe) dans les boissons et l'alimentation, ce qui permet techniquement de produire à nouveau de l'absinthe en Europe.

En 1999, la première absinthe française depuis 1915 est produite : la Versinthe verte, qui contient de la grande absinthe. Son apparition et son étiquetage (absinthe) met en évidence un hiatus entre le décret européen de 1988 et l'interdiction de l'absinthe en France de 1915 toujours en vigueur. Plutôt que d'abolir cette loi, le gouvernement pare au plus pressé en votant un aménagement du décret européen et en attribuant une nouvelle appellation légale à l'absinthe : "spiritueux aromatisé à la plante d'absinthe" et en complètant la règlementation européenne d'un taux de fenchone et de pinocamphone à ne pas dépasser.

Depuis le 1er mars 2005, la distillation de l'absinthe est à nouveau autorisée en Suisse, afin de pouvoir demander une AOC et ainsi protéger l'appellation (à condition, entre autres, que la teneur en thuyone ne dépasse pas 35 mg/l).

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Verre d'absinthe et cuillère pour faire fondre le sucre

 

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