Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

La Basse-Provence

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

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05 décembre 2019

"Lou tèms calendau : Nouvè en Provènço": les traditions de Noël en Provence, par l'association Lou Pichoun Gréu

 

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Conférence

Comme aimait à le dire Antoine MAUREL, l’auteur de la célèbre pastorale portant son nom : "Il n’est pas de pays au monde où la Noël soit fêtée avec autant d’éclat qu’en notre Provence ensoleillée".
Nous allons donc faire une promenade à travers les traditions de Noël en Provence.
"Lou tèms calendau’’, la période de Noël, débute le 04 décembre, jour de la Sainte-Barbe, et se termine le 02 février, jour de la Chandeleur.
Tout au long de cette période, les provençaux vont suivre les traditions léguées par leurs ancêtres, et assister aux spectacles des pastorales, qui ont généralement lieu au mois de janvier.

A l'issue de cette conférence, une surprise gustative provençale sera offerte.

Conférencier : Jean-Luc Brondello, Association Lou Pichoun Gréu

Date et heure : Jeudi 5 décembre à 18h

Lieu : Auditorium du Pôle culturel Chabran, 660, boulevard J.F. Kennedy, Draguignan

Entrée libre

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"Frédéric Mistral, l'infatigable mainteneur", par l'association Lou Pichoun Gréu

 

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En partenariat avec les Archives départementales, l’association de maintien de la langue, de la culture et des traditions provençales, "Lou Pichoun Gréu’", est heureuse de vous présenter son exposition ‘"Frédéric
Mistral, l’infatigable mainteneur’’, dans le cadre de la commémoration du 160e anniversaire de la parution de "Mirèio" ("Mireille").

Les quatorze panneaux, exposés du 05/12/19 au 07/01/20 dans les locaux des Archives départementales, retracent la vie et l’oeuvre de Frédéric MISTRAL, poète provençal, qui naquit en 1830 et mourut en 1914. 

Les premiers tableaux racontent la vie du poète dans ses trois habitations de Maillane, depuis sa naissance au ‘"Mas du Juge’’, jusqu’à sa mort dans ‘"La Maison-Musée’’.
Ils évoquent également les moments d’école buissonnière de son enfance, la rencontre avec Joseph Roumanille et Anselme Mathieu, ses études de droit effectuées à Aix-en-Provence, son mariage en 1876 et le Prix Nobel de Littérature reçu en 1904.
Ensuite, est présentée l’oeuvre littéraire de Frédéric MISTRAL, depuis "Les Moissons’’, poème de jeunesse (1848), jusqu’à "Les Olivaisons’’ (1912), sans oublier son chef-d’oeuvre "Mireille’’(1859), "Calendal’’ et ‘’La Coupe’’ (1867), "Les Iles d’Or’’ (1875), "Mémoires et Récits’’ (1906)…
Les derniers panneaux sont consacrés au Félibrige : sa genèse, avec les fondateurs, sa création en 1854 et son organisation actuelle.
Deux vitrines complètent l’exposition.

Une présentation officielle auprès du public est organisée le jeudi 05 décembre à 17h dans les locaux des Archives départementales. Elle sera suivie à 18h par une conférence sur les traditions de Noël, à l'issue de laquelle une surprise gustative provençale sera offerte.

 

02 décembre 2019

Les fêtes de Noël en Provence

Les traditions de la célébration de la Noël en Provence commencent le 4 décembre, à la sainte Barbe et se terminent le 2 février à la Chandeleur. Les fêtes de Noël sont appelées les fêtes calendales, elles sont riches de symboles. Empreint de superstitions et de traditions, Noël en Provence est une succession de fêtes, de rites, l’occasion de se retrouver et de faire des cadeaux…

Blé de la sainte-Barbe

Le blé de la sainte Barbe

Planter le blé de la sainte Barbe, 20 jours avant Noël, soit le jour de la sainte-Barbara, reste une des traditions calendales les plus suivies en Provence. Le 4 décembre, il faut faire germer des graines de blé dans trois soucoupes couvertes de coton humide. (Les petits sachets de graines de blé sont vendus dans presque toutes les boulangeries au profit d'oeuvres caritatives). Si les tiges poussent droites et vertes, l’année sera prospère. Ces petits champs miniatures prendront place ensuite dans la crèche familiale et sur la table du gros souper.

La crèche provençale

La crèche et les santons

Le métiers de santonnier fait parti de la tradition provençale. La plus ancienne foire aux santons créée à Marseille en 1803 réunit plus de 30 santonniers en centre ville, sur le vieux port de Marseille (un article suivra sur les santons).

Table du Gros Souper

    Le gros souper 

Le gros souper, c’est celui du 24 décembre, veille de Noël au soir. C’est le repas le plus important de l’année en Provence, repas maigre et fastueux à la fois.

Cacho fio

Reconstitution de la cérémonie du cacho-fio. Salle calendale au Museon Arlaten (Carte postale)

La veillée de Noël : le gros souper et les treize desserts
Jadis, le gros souper était précédé de la cérémonie de "la bûche" (cacho-fio). Le vieux (lou viei) ayant choisi une belle branche de fruitier, souvent d'amandier versait dessus du vin nouveau, puis le plus jeune de la famille l’allumait dans la cheminée, à l’aide d’un bout de bois de la bûche de l’année précédente, et toute la famille chantait. A l’heure actuelle les cheminées ont souvent disparues et la bûche s’est transformée en pâtisserie.
Ah, quelle table !… Quel tableau resplendissant !

Les 13 desserts

Une nappe blanche éclairée de trois bougeoirs et décorée de trois petites assiettes du blé de la sainte Barbe. Le chiffre 3 symbolisant la Trinité. Blé ou lentilles sont symbole de renouveau et prédisent une bonne récolte à venir. L’on sort les plus belles assiettes et les plus beaux couverts, et l’on oublie pas l’assiette de plus pour le pauvre qui passerait par là. 

Selon les traditions, les plats sont présentés tous ensemble.
On y trouve, 1 poisson qui domine : la morue, et tout ce qui suit :

  • Cardons aux anchois,
  • Cardons à la béchamel,
  • Choux-fleur,
  • Sauce aux poireaux,
  • Cèleri à l’anchoïade,
  • Courges en gratin, 
  • et surtout les 13 Desserts impérativement 13 (ce chiffre symbolise Jésus et les 12 apôtres).

Pour vous souvenir des treize desserts, pensez d'abord : trois, quatre, six. Voici pourquoi :

 Trois produits fabriqués à l'occasion de Noël et qui sont des spécialités régionales : le nougat noir, le nougat blanc, la pompe à l'huile d'olive. Les nougats sont un mélange de miel et d'amandes cuites. La pompe est une fougasse à base de fine fleur de farine, d'huile d'olive, d'eau de fleur d'orangers et de sucre, le tout parfumé au citron.

 Quatre fruits frais conservés à l'occasion de Noël : la pomme, la poire, le melon, la sorbe. La sorbe, baie sauvage, ne se retrouve que rarement sur les tables de Noël d'aujourd'hui. C'est pourtant un fruit qui devient délicieux avec le temps, mais qui demande à être délicatement conservé sur de la paille sèche.

 Six fruits secs : la figue, le raisin de Malaga, l'amande, la noisette, la noix, le pruneau. Les quatre premiers sont connus sous le nom des quatre "mendiants" parce que, dit-on, on retrouve dans la couleur de la figue la robe grise du franciscain, dans celle de l'amande la robe écrue du dominicain, dans la noisette la robe brune du carme, dans le raisin la robe foncée de l'augustin. Ne pas oublier que le tout est arrosé de vin cuit dans lequel il est d'usage de tremper les morceaux de la pompe à l'huile.

 Pourtant, l'essentiel n'est pas de connaître par coeur chacun des treize desserts, c'est de pouvoir goûter à chacun après le "gros souper".

 Source : Revue d'Information Municipale de Trans en Provence n° 19 - décembre 1987

Messe de Minuit

La messe de Minuit

En Provence, la messe de Minuit est un des seuls moments de l’année ou les églises sont pleines. La messe de Minuit est marquée par la cérémonie du pastrage, qui est l’offrande de l’agneau dernier né à l’enfant Jésus venant de naître. Ceci symbolise le triomphe de la vie sur les ténèbres, symbole remontant à la nuit des temps et aux origines du christianisme. La messe de Minuit est précédée du Gros Souper qui est partagé en famille. Les treize desserts sont goûtés traditionnellement au retour de la messe.

Les fêtes calandales à suivre : L'épiphanie pour célébrer la visite des rois mages à l’enfant Jésus et la Chandeleur symbole de la purification de la Vierge.

Source : D'après un texte paru sur le site tableaux-provence.com

Nota de Nadine : Après cet article, cinq autres suivront consacrés à Noël : Les santons de Provence, La messe de minuit, Lou cacho fio, La bûche de Noël, les origines de la Saint Sylvestre, Les étrennes, les cartes de voeux, le gui et le houx.

Je vous mets le lien d'un article que j'avais fait passer en 2017 et qui s'intitule : "Noël : la fête majeure de Provence" pour que vous puissiez aller le lire.

Noël : la fête majeure de Provence - Passion Provence

Les Saturnales d'Antoine-François Callet Dans les années 330 alors que l'empereur Constantin officialise la religion chrétienne, l'Eglise décide s'instaurer une fête spécifique afin de célébrer la naissance du Christ. Le choix de la date va s'inscrire dans un contexte de lutte contre le paganisme.

http://www.passionprovence.org

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27 novembre 2019

Le 2 décembre 1959, à 21 h 13, le barrage cède... Il y a 60 ans, la catastrophe de Malpasset (2ème partie)

Déroulement chronologique des faits

Il est 21h à Fréjus le 2 décembre 1959.
- à 21h13 : Le barrage cède.
- A 21h17 : Baisse de tension enregistrée au dispatching sud-est de l'EDF à la suite de la chute d'un pylône de tension.
- A 21h20 : La vague engloutit la ferme d'Andrietti, la maison d'André Ferro le gardien du barrage, le chantier de l'autoroute, la maison des Truyillo.
- A 21h30 : La vague atteint la maison des Infantolino, la maison du goal Maximilien Gil. La  maison d'André Capra et de ses locataires : la famille du sergent-chef Boule.
- à 21h30 : Début de l'émission de télévision "La Piste aux Étoiles ".
- A 21h35 : La vague atteint le transformateur de L'EDF et plonge Fréjus dans l'obscurité.
- A 21h40 : Le flot atteint la rue de Verdun et les Arènes de Fréjus.
- A 21h45 : L'eau envahit la gare de Fréjus et le quartier de Fréjus Plage.
- A 21h49 : L'autorail Marseille-Nice est submergé. La ferme Risso est entourée par les eaux.
- A 21h50 : Le torrent arrive à la mer, inondant la base aéronavale et basculant le hangar de la Goupille.
A 22h15 : Le toscin sonne à Fréjus. La ville est coupée du monde.

La vague : 60 mètres de haut, 70 km/heure

Au premier coude que fait la vallée, elle s'aplatit sur la colline, dans un "flot" géant qui lance une éclaboussure de 100 mètres de haut. Là, elle se ramasse, puis reprend le lit de la vallée. Au deuxième coude, nouvelle éclaboussure, nouveau temps d'arrêt. 

 Il y a 20 coudes, plus ou moins aigus, jusqu'aux remblais de la voie ferrée et de la route nationale 7 qui coupent le bas de la vallée.
La vague est encore à 7 mètres de haut et avance à 30 kilomètres à l'heure.
Dans ces eaux, se trouvent des blocs de béton de 100 tonnes, des arbres et parmi tout cela 128 victimes furent dénombrées.
  Le bruit de la vague était équivalant à "10 avalanches à la fois", disent les métayers piémontais ; "100 trains lancés à 100 km/h sur des voies parallèles" disent les employés du chemin de fer ; "un raz de marée" disent les hommes de l'infanterie coloniale ; "un tremblement de terre" pour ceux qui n'ont pas de point de comparaison.

Fréjus-secours

La solidarité

La marine française et la sixième flotte américaine en Méditerranée apportèrent leur aide. Les premiers marins qui sont arrivés sur place ont été ceux du Golo, une barge de débarquement. Ce navire faisait route vers la Corse pour l'Algérie, lorsqu'il a été dérouté dans la nuit du 2 au 3 décembre 1959.
Le Golo est allé s'échouer sur la plage et fut transformé en hôpital de campagne.

Parmi ces marins, un témoin raconte : "Je fus étonné par la couleur de la mer, la Méditerranée n'était qu'une étendue de boue. A 2 ou 3 miles de la côte, nous avons commencé à voir des meubles flotter... Comme il n'y a plus de route entre Fréjus et Saint-Raphaël, les marins ont mis à l'eau les petites péniches de débarquement pour évacuer les survivants vers le port voisin. Je me souviens d'une vieille dame qui est montée à bord avec son chien. A peine quittions-nous la rive que le chien s'est jeté à l'eau... suivi de sa maîtresse. J'ai plongé à la suite pour la ramener à bord. Après 3 ou 4 jours d'évacuations, les hélicoptères de Villefranche-sur-mer ont commencé à venir déposer des paquets de boue, il s'agissait de morts dans leur gangue de terre. Au début nous les nettoyions de notre mieux, avec les moyens du bord. Puis, devant le nombre, nous avons dû avoir recours à la lance à incendie..."

Les Fréjusiens, grâce à leur courage et surtout à la solidarité, ont fait face à cette épreuve. La télévision avec l'émission " Cinq colonnes à la une" a bouleversé ses programmes. Elle lance l'opération : "Tous pour Fréjus". Grâce à l'émission d'Europe 1 "Vous êtes formidables" et à Radio Luxembourg, 100 millions de francs se retrouvent rassemblés. Cet élan de générosite a même rassemblé les stars. Alain Delon fait un don de 36.500 frs, Brigitte Bardot et Robert Hossein à eux deux réunissent 1.000.000 frs.
Le total des fonds collectés a été de 91.795.017.45 F (9 milliards d'anciens francs).
Cette somme a été remise au maire André Léotard qui a commencé la distribution aux sinistrés.

500 tonnes de vivres et de vêtements sont collectés. Des dons viennent de toute l'Europe, d'Amérique et d'Afrique.
Le consul d'Espagne fait don de 50 tonnes d'oranges par exemple.
Un hangar de 65 m sur 45 m est utilisé comme magasin de distribution et sert à stocker tous ces dons.

Des lettres de soutien sont envoyées pour soutenir le moral des jeunes Fréjusiennes et Fréjusiens. Achille Zavatta le clown reçut une lettre d'une petite fille qui le remerciait de lui avoir sauvé la vie : "Cher Zavatta, vous m'avez sauvé la vie. C'est parce que maman et moi étions en train de regarder la télé que nous étions réveillées et toutes habillées. Quand l'eau est venue, nous avons pu sauter par la fenêtre."

Le 17 décembre 1959 le président de la République le général De Gaulle est allé à Fréjus, il a traversé les rues dévastées, il a vu les ruines et s'est incliné sur les tombes des victimes. Puis il s'est adressé aux survivants : "Je dois dire et vous l'avez tous sentis, l'élan de solidarité du pays tout entier en faveur des sinistrés. Cet élan a ces conséquences que vous apercevez déjà. Monsieur le Maire en a d'ailleurs parlé et pour ce qui concerne la reconstruction nous ferons le nécessaire mais avant tout, je tenais à ce que vous sachiez quels sont mes sentiments à cet égard et les sentiments du pays tout entier. Voilà ce que je voulais vous dire bien simplement."

Signature-Général de Gaulle

Sur le livre d'or de la ville, il écrivit "Que Fréjus renaisse !"

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Irène Jodar

Irène Jodar avec sa soeur

La petite fiancée de Fréjus

 Irène Jodar était surnommée "la petite fiancée de Fréjus et de la France". Agée de 79 ans elle est décédée le 19 de ce mois de novembre 2019. En 1959, cette Fréjusienne avait pu épouser son fiancé, André Capra à titre posthume en mairie, après qu’il eut péri dans la catastrophe du barrage de Malpasset.

Elle était tristement connue et avait bouleversé la France en cet hiver 1959. Un jeune couple de 17 et 18 ans, à peine fiancés et qui devait se marier le 9 décembre devait écrire une page tragique de son histoire lors de la rupture du barrage de Malpasset. Le jeune promis, Frédéric André Capra faisait partie des 423 victimes de cette catastrophe.

Irène Jodar celle qui allait devenir "la petite fiancée de Fréjus" avait pu épouser son fiancé à titre posthume en mairie. Elle attendait aussi un enfant de lui. Son futur mari avait été tué en tentant de sauver sa future belle-mère. Suite à ce drame, une loi organisant les mariages posthumes fut votée.

Rupture du barrage de Malpasset à Fréjus en 1959 : "la petite fiancée de France" est décédée

Irène Jodar était surnommée "la petite fiancée de Fréjus et de France". Agée de 79 ans elle est décédée. En 1959, cette Fréjusienne avait pu épouser son fiancé, André Capra à titre posthume en mairie, après qu'il eut péri dans la catastrophe du barrage de Malpasset.

https://france3-regions.francetvinfo.fr

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Malpasset 1959-2019

Cérémonies

Programme des manifestations de la commémoration du drame de Malpasset

Différentes manifestations auront lieu cette année pour commémorer le 60ème anniversaire de la catastrophe de Malpasset. L'association A.C.C. Malpasset présentera une exposition du 9 novembre au 20 décembre "Sur les traces de Malpasset" qui rend hommage aux victimes du drame. Cette exposition aura lieu au Musée d'Histoire locale. Une autre exposition se déroulera à la villa Aurélienne : "Malpasset, 60 ans après".

Le 1er décembre, une marche souvenir a été organisée sur le site de Malpasset. Puis à 19 heures, un film sera projeté au cinéma Le vox (séance gratuite) "Reflet de lune". Le lundi 2 décembre, sera la journée des commémorations avec des dépôts de gerbes, une messe à la cathédrale Saint-Léonce, l'inauguration de la salle Malpasset et de l'exposition "Sur les traces de Malpasset" au musée d'Histoire locale. Le soir, il y aura le concert du souvenir à la cathédrale Saint-Léonce. Un cycle de quatre conférences faites par différents spécialistes et chercheurs a été mis en place également.

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J'ai trouvé un reportage photos : "Sur les traces de Malpasset 1959-2009" de Michel Eisenlohr. Pour le voir, voici le lien :

Sur les traces de Malpasset

Malpasset - 2 décembre 1959 Ce mercredi soir de décembre, les fréjusiens s`apprêtent à dormir ou, les plus " modernes " regroupés autour de leur poste de télévision, rient des facéties du clown Zavatta. La nuit est calme et le ciel étoilé, après les terribles journées de tempête qui ont ravagé la région pendant plus de deux semaines.

https://www.reportagesphotos.fr

 

 

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Le 2 décembre 1959, à 21h13, le barrage cède... Il y a 60 ans, la catastrophe de Malpasset (1ère partie)

 

Barrage de Malpasset

Barrage de Malpasset

Au début de l'hiver 1959, des pluies torrentielles remplissent totalement le réservoir du barrage de Malpasset en amont de la ville de Fréjus. Le 2 décembre à 21h13, celui-ci cède soudainement et 50 millions de mètres cubes d'eau déferlent en une vague de 40 mètres de haut dans la vallée du Reyran à la vitesse de 70 km/h, ravageant tout jusqu'à la mer. C'est la plus grande catastrophe civile du XXème siècle sur le sol français. "De tous les ouvrages construits de main d'homme, les barrages sont les plus meurtriers". Ces mots sont ceux du constructeur du barrage de Malpasset, l'ingénieur André Coyne alors président de l'Association internationale des grands barrages et spécialiste incontesté de la construction des barrages-voûtes, qui décéda d'un cancer six mois après la catastrophe.

Malpasset

L'historique

La construction d'un barrage dans la région de Fréjus est envisagée juste après la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre des grands projets d'équipement du pays. Son principal objet est de constituer un réservoir d'eau permettant d'irriguer les cultures dans une région où les pluies sont très irrégulières. Le conseil général du Var, maître d'œuvre de l'opération, reçoit une importante subvention du ministère de l'Agriculture. Il fait alors appel au grand spécialiste des barrages-voûtes, André Coyne, "auteur" du barrage de Tignes par exemple. Le site choisi est celui de la vallée du Reyran, un torrent sec l'été et en crue l'hiver, au lieu-dit "Malpasset", un nom qui perpétue le souvenir d'un brigand détrousseur de diligences.

L'inauguration, puis la mise en eau partielle du barrage ont eu lieu en 1954. Mais la faiblesse des pluies des années suivantes, d'une part, et une longue procédure judiciaire avec un entrepreneur qui refuse de se laisser exproprier, d'autre part, ralentissent passablement cette phase de remplissage.

Malpasset1

Les faits

En 1959, la Côte d'Azur reçoit des pluies diluviennes, le niveau de l'eau monte très rapidement - trop rapidement pour permettre un contrôle convenable des réactions du barrage. La journée du 2 décembre 1959 c'est une pluie torrentielle qui s'abat sur le Var et les monts entourant le site de Malpasset, cela fait quinze jours que la pluie tombe sur la région. Il y a deux jours, le barrage est monté à la côte 98 et le gardien André Ferro a ouvert la vanne pour faire baisser le niveau et relâcher un peu de pression. Mais aujourd'hui c'est impossible ! Les ingénieurs du chantier de l'autoroute sont en train de couler les piliers du futur pont qui enjambera le lit du Reyran. Le gardien est inquiet : le barrage n'a pas encore supporté une telle pression. On peut penser qu'il y avait eu des signes précurseurs du drame puisque des témoins signalent des fissures ainsi que des voies d'eau entre le barrage et la roche qui le supporte. A 18 heures, on donne l'autorisation au gardien d'ouvrir la vanne du barrage. La vanne ouverte au maximum ne permet plus de faire descendre le niveau du lac qui fait 18 kms de long et par endroits trois kms de large. 
Dans la soirée, le niveau ayant baissé de quelques centimètres, André Ferro rentre pour dîner avec sa femme et son petit garçon, il est 20h50. Sa maison se situe à un peu plus de deux kilomètres en aval du barrage. A 21h13, toujours aussi angoissé, il s'apprête à remonter au barrage quand il entend "comme une sorte de grognement d'animal" : un bruit assourdissant, des déflagrations et des grincements de ferrailles. Il comprend immédiatement que le barrage vient de céder. Il a littéralement explosé !!! Le sol vibre sous lui. Tout de suite, le gardien comprend. Il crie : "Le barrage ! Vite ! Vite ! Tout va s'écrouler ! " Saisissant son petit garçon déjà couché, il s'élance suivi de sa femme vers le haut de la colline. Au-dessous d'eux, ils voient déferler une première vague de 60 mètres de haut qui a jailli du barrage et qui s'engouffre dans la vallée du Reyran que franchissent, à peu de distance, les tronçons de l'autoroute A8 qui est en construction. Un paysan témoigne : "J'étais chez moi au deuxième étage, j'ai vu arriver la trombe d'eau qui me dominait de plusieurs dizaines de mètres, encerclant la maison. Les murs ont tenu. Quelques secondes plus tard, elle était passée, mais le flot continuait à couler, dans lequel je pouvais tremper mes mains. Au loin, la vague progressait à la vitesse d'un cheval au galop et je voyais sur la route les phares des voitures bousculées et traînées comme des fétus de paille." Dans la vallée du Reyran, en quelques secondes, 53 maisons sont détruites. Il y a déjà près de 120 morts. Sept minutes après la rupture du barrage, plusieurs millions de mètres cubes d'eau et de boue envahissent les quartiers ouest de Fréjus et se répandent dans la plaine. Dans une maison située entre la route et la voie ferrée, un couple est réveillé par le vacarme. La femme, assoupie, murmure : "C'est le train." Le mari se lève, ouvre la fenêtre: "A la place du train, et presque aussi vite que lui, j'ai vu passer un arbre, un camion et des tonneaux entraînés par un courant furieux qui montait presque aussi vite que du lait dans une casserole."

Les passagers du rapide Riviera-Genève ont eu de la chance. Il s'en est fallu de peu que le train ne déraille. Dix secondes après son passage en gare de Fréjus, la déferlante arrache la voie ferrée sur 2,5 km. Dix minutes après la rupture du barrage, la vague atteint le centre de Fréjus totalement privé d'électricité et de téléphone depuis déjà dix minutes, lorsque les deux centrales ont été emportées par les eaux.
Le gradé de permanence à la gendarmerie s'est précipité chez le curé : "Faites sonner le tocsin !" Pendant que le tocsin retentit, la vague emporte tout sur son passage. Les habitants qui le peuvent encore fuient. Les autres ne s'en sortiront pas. Les survivants témoignent : "Dès que le tocsin s'est mis à sonner, sans hésiter, j'ai poussé ma femme dans la voiture et j'ai démarré. La vague nous a rejoints et nous a projetés contre un mur."; " J'étais couché avec ma femme quand un voisin a cogné à la porte." "Malpasset a cédé, a-t-il crié, l'eau arrive.". "Nous entendions déjà le grondement de la vague. Dans la rue, nous avons découvert une file ininterrompue de voitures qui cherchaient à fuir dans la direction de Saint-Raphaël. Nous avons tout abandonné et nous sommes partis. Nous avons vu des gens qui, comme nous, avaient juste pris le temps d'enfiler un pardessus sur leur pyjama." Un quart d'heure après l'explosion du barrage, la vague a atteint la mer. Elle n'a plus qu'une hauteur de 2 mètres mais balaie encore une demi-douzaine d'avions de la base aéronavale. A 21 h 40, la vague s'est perdue dans la mer, charriant toutes sortes de débris et des dizaines de cadavres.

Les appareils enregistreurs de l'EDF ont fixé la chronologie du drame : 21h13 pour la rupture de la ligne alimentant le transformateur situé près du barrage et 21h34 pour la rupture de la ligne passant à l'entrée de Fréjus. La vague a donc mis 21 minutes pour semer la mort dans la vallée du Reyran. 

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Le plan ORSEC - plan d'organisation des secours - est immédiatement déclenché. Les militaires des bases locales ainsi que des hélicoptères de l'armée américaine basés dans les environs s'occupent de porter secours aux survivants, mais aussi de dégager les corps des victimes. Le général de Gaulle, président de la République, venu sur place quelques jours plus tard, découvre une zone totalement sinistrée. La catastrophe a fait 423 victimes. Par ailleurs, la voie ferrée est détruite, 50 fermes sont soufflées, 1000 moutons sont morts et 80.000 hectolitres de vin sont perdus.

Après plusieurs années d'enquête, d'expertises et contre expertises, deux rapports sont remis aux autorités judiciaires, qui cherchent à déterminer les responsabilités du drame. Ils écartent l'hypothèse d'un ébranlement dû à un séisme - phénomène fréquent dans la région - ou à des explosifs utilisés pour la construction de l'autoroute. L'emplacement du barrage, en revanche, est mis en cause.

Les barrages-voûtes sont réputés pour leur exceptionnelle solidité, la poussée de l'eau ne faisant que renforcer leur résistance. Malgré la très faible épaisseur du barrage de Malpasset : 6,78 m à la base et 1,50 m à la crête, ce qui en fait le barrage le plus mince d'Europe, la voûte elle-même est entièrement hors de cause. Mais ce type d'ouvrage doit s'appuyer solidement sur le rocher, ce qui n'était apparemment pas le cas à Malpasset. Certes, la roche, quoique de qualité médiocre, était suffisamment solide, en théorie, pour résister à la poussée. Mais une série de failles sous le côté gauche du barrage, "ni décelées, ni soupçonnées"  pendant les travaux de prospection, selon le rapport des experts, faisait qu'à cet endroit la voûte ne reposait pas sur une roche homogène. Le 2 décembre 1959, le rocher situé sous la rive gauche a littéralement "sauté comme un bouchon", et le barrage s'est ouvert comme une porte... Des travaux supplémentaires, impliquant des délais et des coûts accrus, auraient-ils permis d'éviter la catastrophe ? A-t-on pêché par hâte ou par imprudence ? Ce n'est pas, en tout cas, l'avis de la Cour de cassation, dont l'arrêt conclut en 1967, après maintes procédures, qu'aucune faute, à aucun stade, n'a été commise ". La catastrophe de Malpasset est ainsi rangée sous le signe de la fatalité. 

Malpasset-en-ville

Bilan de la catastrophe :

423 morts, répartis en : 27 non identifiés, 135 enfants de moins de quinze ans, 15 enfants de 15 à 21 ans, 134 adultes hommes, 112 adultes femme, 79 orphelins, Mais aussi : 951 immeubles touchés, dont 155 entièrement détruits.  

Evaluation des dommages :

 Terres cultivées : La surface des terres cultivées endommagées, portant principalement de la vigne et du pêcher, est estimée à 3.200 hectares, dont 700 hectares sont irrécupérables par suite du décapage de la totalité de la terre végétale, et 900 hectares doivent faire l'objet de travaux importants pour une remise en culture.

 Dégats aux bâtiments de ferme et d'exploitation :

 Dans la zone correspondant aux 3.200 hectares ravagés par la violence des eaux, il est estimé que les sinistres aux bâtiments de ferme et d'exploitation se répartissent comme suit : 

a) Fermes habitées en permanence comportant le logement du propriétaire, des ouvriers et les bâtiments d'exploitation :

- 30 complétement détruites,
- 50 détruites à 50%

b) Bâtiments d'exploitation avec logement pour séjour
du propriétaire ou des ouvriers pendant les travaux
saisonniers :

- 60 complétement détruits,
- 45 sinistrés à 50%

Dégats aux biens meubles :

Matériel de culture (tracteurs, motoculteurs, pulvérisateurs, poudreuses, instruments de culture, calibreuses et divers). La perte est importante. Chaque ferme, très mécanisée dans cette région possédait un matériel couteux. La quasi-totalité de ce matériel est perdu. On peut l'estimer à 750 millions de francs.

Cheptel vif :

 Le cheptel de trait est peu important car les exploitations de la région sont très mécanisées. Il est cependant certain que 15 à 20 chevaux ont disparu. En outre, la totalité des animaux de basse-cour et plus de 1.000 moutons ont été noyés. La perte peut être évaluée à 25 millions de francs.

 Sources  : J'ai fait cet article d'après différentes publications dont notamment "La catastrophe de Malpasset en 1959" de Franck Bruel.

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Nota : Ci-dessous, vous pouvez visionner deux reportages l'un sous l'autre. Il y a ensuite l'article que j'avais fait l'an dernier et qui a pour titre : 2 décembre 1959 : la catastrophe du barrage de Malpasset (comportant deux vidéos). Puis, à nouveau une vidéo : Inondations de Fréjus après la catastrophe de Malpasset. Et enfin, j'ai mis le lien pour aller sur le site Fréjus59 qui est dédié à la catastrophe de Malpasset. Vous pourrez y visionner également d'autres témoignages, et y voir des photos et des documents.

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A signaler que cet article sur Malpasset étant trop long, j'ai été obligée de le scinder en deux. Vous lisez donc la première partie qui sera immédiatement suivie de la deuxième.

 
 
2 décembre 1959 : la catastrophe du barrage de Malpasset - Passion Provence

Je fais paraître cet article car on ne peut pas oublier cette terrible date du 2 décembre 1959. Moi, je n'étais pas née mais mes parents m'ont raconté la catastrophe de Malpasset. J'ai trouvé deux films sur le sujet. Le premier est celui d'un reportage de Pierre Desgraupes pour l'émission de télévision "Cinq colonnes à la une". Le deuxième est celui de Jean-Claude Honnorat, retrouvé au fond d'un placard. Je pense que tout est dit et expliqué dans ces films ainsi que dans les quelques lignes ajoutées à l'un et à l'autre.
http://www.passionprovence.org
Bing video                      Cliquez sur la petite photo pour regarder la vidéo : Inondations de Fréjus après la catastrophe de Malpasset.
https://www.bing.com

Fin 1959, des pluies torrentielles remplissent complètement le réservoir du barrage de Malpasset en amont de la ville de Fréjus dans le Var. Le 2 Décembre à 21h13, la voûte s'effondre soudainement dans un fracas terrifiant. En quelques secondes, 50 millions de mètres cubes d'eau déferlent dans la vallée en une vague géante qui emporte tout sur son passage, dévastant la campagne et les bas quartiers de Fréjus. À 21h50 la vague a achevé son œuvre de destruction et disparait lentement dans la mer...

22 novembre 2019

La légende du Pré de Madame Carle

 

Pré-de-Madame-Carle

Le Pré de Madame Carle (Photo Wikipédia)

Situé en amont d’Ailefroide, ce site ferme la vallée de la Vallouise. Nota : Ailefroide est un hameau de la commune de Vallouise-Pelvoux, dans la vallée de la Vallouise, au coeur du massif des Écrins. Situé à environ 1500 mètres d'altitude, le hameau est accessible par la route du printemps à l'automne, avec des services et activités centrés sur l'escalade et l'alpinisme (Cf.Wikipédia).

Glaciers noir et blanc

Les glaciers Blanc et Noir (Photo du site Altituderando)

De nos jours, c’est une plaine de dépôts glaciaires et d’alluvions torrentiels, une zone caillouteuse, agrémentée de quelques mélèzes et vernes (aulnes), balayées par les eaux de fonte des glaciers qui donnent naissance au torrent de Saint Pierre. Malgré cette prédominance minérale, c’est un endroit magnifique, haut lieux touristique du massif ou l’on peut sentir la présence des glaciers, Blanc et Noir, invisibles mais tous proches et aussi entrapercevoir les plus hautes cimes du massif des Ecrins. Le Pré de Madame Carle est, sans conteste, le lieu le plus célèbre et le plus visité de la Vallouise. Au début du XIXème siècle, les glaciers Blanc et Noir se chevauchaient vers l’actuel emplacement du refuge Cézanne. Sur certaines cartes de l’époque, on nommait ce lieu la Grande Sagne, autrement dit le grand lieu humide. Il faut remonter au XVIème siècle pour trouver des récits parlant d’une prairie fertile et verdoyante. Il faut voir qu’à cette époque, le climat était beaucoup plus chaud et les glaciers Blanc et Noir, devaient être cantonnés sur leurs plateaux supérieurs. La formation même du site remonte dit-on encore plus loin dans le temps, et résulterait du comblement d’un ancien lac glaciaire.

Les chroniques de la Vallouise indiquent que le pré existait bel et bien, là où il n'y a maintenant que des cailloux. C’était un bel alpage qui faisait partie des biens (Bâtie de la Vallouise et ses appartenances) donnés en 1505 par le Roi Louis XII à Geoffroy Carle, Président du Parlement du Dauphiné. A sa mort, son épouse Louise Sereyne, originaire de la vallée, administra ses biens et aurait donné ainsi son nom à ce lieu. Une autre tradition attribue ce nom à la belle-fille de ce même Geoffroy Carle, qui au début du XVIème siècle avait été le précepteur de la fille du roi Louis XII. En effet, il aurait acheté en 1510 l’ancien château de la Bâtie des Vigneaux avec ses terres. Son fils Antoine Carle mourut jeune, laissant une veuve et dix enfants. A leur majorité, ils se partagèrent les biens paternels et laissèrent à leur mère cette parcelle de terre qui prit le nom de Pré de Madame Carle. Mais beaucoup d’autres légendes courent encore autour de ce pré notamment celle qui voudrait qu’ait péri ici, tirée par une mule emballée sur ordre de son époux, l’épouse un peu volage de Geoffroy Carle, le premier président du Parlement de Grenoble. 

Cette légende est racontée depuis le XVIIème siècle par les écrivains et les gens du pays des Hautes-Alpes. A cette époque, Geoffroy Carle, était président du Parlement de Grenoble. Très investi dans la vie du village des Vigneaux, il habitait avec sa jeune et jolie épouse au hameau de la Bâtie. Sûr de la vertu de sa femme et de la sienne, ne dit-on pas que l'amour est aveugle, il décida un jour de faire réaliser à ses frais sur l’église Saint Laurent aux Vigneaux une fresque qu’il voulait magnifique. Le thème qu'il choisit fut les vices et de leurs châtiments.

Pour cela l’inconscient engagea un jeune et séduisant peintre italien et pour être sûr de bien prendre tous les risques, il décida de confier à sa femme le soin de surveiller les travaux.
Louise Carle s'acquitta de cette tâche avec beaucoup de plaisir, car la jeune femme n'était pas insensible aux charmes du bel artiste italien et c'est même elle qui usant de ses charmes très persuasifs, séduisit le jeune peintre. Leur amourette fut de courte durée, car c'est au cours d'une soirée à Rama (ancien nom de la Roche de Rame) où Geoffroy Carle n'avait put se rendre, que la belle Dame de la Bâtie, décidément volage, oublia bien vite son pauvre peintre et se laissa séduire par le seigneur des lieux.
Et c'est avec naïveté dit-on, que l'imprudente se rendit à l'église pour surveiller les travaux aux bras de sa nouvelle conquête. Blessé, jaloux et furieux, vous connaissez les Italiens, le peintre jura de se venger.
Ci-dessousFresques de l'église Saint Laurent aux Vigneaux (Photos du site Randonner à la découverte du patrimoine religieux du briançonnais - La peinture des vertus et des vices).

Eglise Saint Laurent aux Vigneaux

Eglise Saint Laurent aux Vigneaux fresque2 jpg

Ce fut sur la fresque presque achevée où il ne restait à peindre que les visages des personnifications des vices que l'artiste éconduit décida de matérialiser sa vengeance et ce fut ce prétentieux seigneur de Rame qui hérita de la tête de l'orgueil, la colère alla à merveille à Geoffroy Carle, le mari trompé, et la belle Louise Carle fut à tout jamais juchée sur un bouc représentant la luxure. De retour de Grenoble, Geoffroy Carle n'eut aucun mal à reconnaître les portraits et compris les sourires narquois qu'il surprenait sur son passage. Fou de rage, lui aussi décida de se venger. Il paya et remercia discrètement l'artiste. Et dans le plus grand secret, il mit au point un plan machiavélique pour assurer sa vengeance. Durant plusieurs jours il priva d'eau et de nourriture la mule de sa femme.
Un matin, les habitants des Vigneaux virent partir Geoffroy et sa femme, lui sur son cheval, elle sur cette mule assoiffée et affamée, pour visiter leurs prés au fond de la vallée. Arrivés sur les lieux, attirée par l'eau du torrent de Saint Pierre, la mule qui mourrait de soif se précipita avec fougue dans les eaux tumultueuses, entraînant définitivement la trop séduisante Madame Carle, loin du regard des curieux.
A son retour au village, rien de plus simple, quelques larmes pour la forme, une belle messe à l'église des Vigneaux et un beau geste à l'annonce de son désir de baptiser sa prairie d'altitude le Pré de Madame Carle, en l'honneur de cette pouse si tendre et si dévouée, disparue trop tôt dans des conditions si dramatiques. Ainsi naquit la triste légende du Pré de Madame Carle.
Source : D'après un article paru dans le site passionmontagne05

Mule

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16 novembre 2019

Les bijoux des provençaux

 

Montre-ancienne-à-gousset

 De tous temps les bijoux (en provençal : belio, belori, jouièu, daururo ou dauraduro) ont existé. Les hommes portaient-ils des bijoux ? Très peu. Le plus répandu était la giletière (chaînette en or ou en argent, à laquelle était accrochée la montre à gousset (la montre à gousset tient son nom de la poche de gilet (gousset) dans laquelle elle était placée). Cette chaîne était parfois agrémentée de médailles ou de pendeloques. Les épingles de cravate sont apparues assez tard et n'étaient pas portées avec le costume provençal, de même que les boucles de souliers. Certains possédaient des tabatières en métal précieux qui pouvaient être de véritables oeuvres d'art.

Cigale des Mestre d'Obro en argent 004

Cigale d'argent (Photo Bijouterie Pinus à Arles)

Cigale des Majoraux en Or

Cigale d'or (Photo Bijouterie Pinus à Arles)

L'avènement du Félibrige a vu l'apparition de quelques bijoux particuliers telle l'étoile à sept rayons, la cigale et la pervenche, qui très vite sont devenus des insignes de distinction. L'étoile à sept rayons, en or, est portée par le Capoulié, en argent par les Syndics des Maintenances, la cigale d'or par les "Majourau", la cigale d'argent portée par les "Mestre d'obro"et les "Mestre en gai sabé". Quant à la pervenche, tous les félibres ont le droit de la porter. 

Arlésienne

Du coulas à la coulano : Chez les femmes, les bijoux les plus portés étaient les tours de cou. Il y eut, d'abord, le simple "coulas" de velours, enserrant le cou, blanc pour les jeunes, noir pour les plus âgées, que l'on n'enlevait jamais. Puis, les décolletés devenant de plus en plus profonds, le tour de cou s'est ensuite agrandi pour devenir un collier, en velours toujours, ou en or, qui est appelé "coulano". Chez les gens riches, cette coulano, en or, comportait plusieurs rangs. La coutume voulait que l'on offre un nouveau tour à la maman chaque fois qu'elle avait un enfant et on pouvait ainsi savoir le nombre de ses enfants. Au collier était quelquefois accrochée une montre, en or, plus rarement en argent, souvent à double boîtier afin de protéger le verre, et à la face arrière finement ciselée. Elle était accompagnée de la petite clé qui permettait de la remonter. Mais, en général, la Provence maritime étant à forte majorité catholique, c'est une croix en or qui était suspendue au collier. Celle-ci, signe de richesse était complétée de chatons en or ou en argent sur lesquels étaient sertis des diamants. Le nombre de pierres, s'il est une marque de richesse, donne également son nom à la croix. Les plus grandes, celles qui en ont le plus sont les "Dévotes". On compte sept diamants sur les "Jeannettes", six sur les "Maintenons", cinq sur les "Capucines". Les "Papillons", qui portent aussi cinq diamants, doivent leur nom à une fine décoration ajourée qui relie les branches de la croix et font penser aux ailes d'un papillon. Les croix "Maltaises", inspirées de la croix des chevaliers de Malte n'étaient portées que par les Arlésiennes. Toutes ces pièces étaient des oeuvres d'art. En Haute-Provence, plus pauvre, les croix ne comportaient pas de diamants, mais elles étaient en or et les plus belles à double face ciselées. La croix "de famille" était offerte à la fille aînée le jour de ses vingt ans. Les Bas-Alpins, venus nombreux en Basse-Provence, y ont introduit ces croix. Les protestantes ne portaient pas de croix mais un pendentif représentant une colombe, c'est-à-dire, le Saint-Esprit. Cependant, certaines provençales remplaçaient la croix par un pendentif, un camée, un médaillon à cheveux ou à miniature, ou encore un petit miroir. Les plus pauvres se contentaient souvent d'une médaille. 

Pendants d'oreille

Les boucles ou les pendants d'oreilles : Les boucles ou les pendants d'oreilles étaient portés par toutes les femmes. De tous temps les femmes ont porté des boucles ou anneaux d'oreilles. Dès l'âge de quatre ou cinq ans on faisait percer les oreilles des fillettes. Cela, disait-on, leur soulevait les "humeurs", c'est-à-dire faisait sortir les impureté du corps (fièvre, boutons, pus, etc...) et guérissait aussi bien des maux... Le jour de l'opération, pour laquelle il fallait se rendre chez un bijoutier, la marraine offrait à sa filleule des pendants comportant une pierre bleue pour les blondes, des grenats pour les brunes. Les pendants (créoles, poissardes ou fileuses) étaient assortis au visage : longs pour un visage rond, ronds pour un visage allongé. Les "dormeuses" étaient des pendants plus légers que l'on pouvait garder la nuit, d'où leur nom. Chez les personnes de condition modeste, les pendants en chrysocal étaient très prisés. Le chrysolcal est un alliage de cuivre, d'étain et de zinc qui imite l'or. On ne trouve pas de pendants et autres bijoux en corail dans le Var, alors qu'ils étaient assez courants à Marseille et Arles. Les perles étaient pratiquement inconnues en Provence.

Claviers

 Le clavier : C'est une chaîne à un ou deux rangs, en argent, ou simplement en fer chez les pauvres, tenue à la ceinture par une bande métallique du même métal que la chaîne, courbée en "U" et formant agrafe. C'était un cadeau de mariage et, le jour des noces, à la sortie de l'église, la mariée remettait la clé de la maison à l'épousée qui l'accrochait au clavier, ce qui signifiait, qu'elle était désormais maîtresse chez elle. Elle y suspendait aussi le ciseau à broder. La chaîne est plus ou moins riche, plus ou moins lourde, mais c'est surtout l'agrafe qui donne de la valeur à l'objet : sa face visible est ciselée et porte un motif décoratif, le plus souvent une lyre.

Broches, bracelets, bagues : La provençale portait une broche : camée, miniature dans un cadre ovale en or, sujets divers, fleurs, motifs géométriques, rarement des animaux (aigle, colombe). Elle assurait la fermeture du corsage et du fichu et était donc indispensable. L'usage voulait que la broche soit assortie aux pendants. Peu de bracelets sont parvenus jusqu'à nous, très fins, ils étaient fragiles.

Coulas

La femme mariée portait un coulas d'or au bras droit, avec une pendeloque ou une croix. Cette coutume qui fut en vigueur jusqu'à la Restauration n'a pas été suivie en Basse-Provence. Les bagues anciennes sont également très rares. Elles étaient en or ou en argent avec un diamant serti dans un cabochon. Les boucles de souliers n'ont eu qu'un temps bref, mais les agrafes de manteaux, fermaux et fibules ont survécu à l'usage des boutons.

 

Etoiles de Saint Vincent

 Les étoiles noires : Il y a des bijoux qui sont assez recherchés, portant des étoiles noires à cinq rayons, et appelées justement "étoiles noires" ou pierres de Saint-Vincent. On affirme que ce sont des éclats de météorites, trouvés tels quels. Les érudits les appelent pentacrines, échinodermes marins fossilisés. On en trouve à Digne dans les Alpes-de-Haute-Provence, au Santuaire de la Madonne d'Utelle dans les Alpes-Maritimes. Ces étoiles se prêtaient à la confection de bijoux : boucles d'oreilles, broches "comète", croix, etc... Elles viennent de la région de Digne et, comme les croix d'or, elles ont été adoptées en Basse-Provence.

L'atelier des tailleuses

L'atelier de couture - Antoine Raspal - 1760 - Musée Réattu à Arles

Source : D'après le livre "Le costume populaire provençal", Rodo de Basso Provenço, Musée des Arts et Traditions Populaires en moyenne Provence, Edisud.

Je mets ci-dessous le lien pour le site "Les bijoux des français". Je vous souhaite une bonne balade dans ce site vraiment très intéressant.

Bijoux Regionaux Provence-Alpes-Cote d'Azur

bijoux régionaux - bijou régi Antoine Raspal, 1738 - 1811, sa Arlésienne porte un bracelet Coulas et une croix de Malte musée Granat, communauté du Pays d'Aix Bijoux emblématiques des Arlésiennes, le bracelet Coulas et la croix maltaise ont été portées depuis le 18 ème siècle.

http://www.bijouxregionaux.fr 

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