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"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

 

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18 août 2022

L'extraordinaire épopée du culte des reliques chétiennes

 Si elles sont tombées un peu en désuétude de nos jours, et si leur culte a très fortement diminué, les reliques de saints ont été l'objet d'une épopée extraordinaire à partir du Moyen-Âge. Leur présence toujours actuelle dans de très nombreuses églises en Europe rappelle ces événements peu communs. Le culte des reliques chrétiennes trouve son origine dès le début du christianisme avec la mort des premiers martyrs et des premiers saints. Les reliques avaient une triple fonction : elles étaient un témoignage concret de l'exemple d'une vie droite et vertueuse à imiter ou à suivre, elles possédaient un pouvoir spirituel et énergétique à même de provoquer des miracles. En fait, on croyait que le pouvoir des saints qui faisaient des miracles se maintenait à travers leurs reliques et, avec le temps et la création du phénomène contesté des indulgences, elles procuraient des indulgences à celui qui les possédait. La demande créant l'offre, assez rapidement, des intermédiaires peu scrupuleux se mirent à inventer des reliques, aidés en cela par l'Eglise qui, pour des raisons politiques, canonisa nombre de personnalités qui ne le méritaient pas. Cela créa des situations absurdes : si l'on considère que toutes les reliques sont vraies, Marie-Madeleine aurait six corps et San Biagio, une centaine de bras. Ces excès provoquèrent évidemment une défiance vis-à-vis des reliques, et peu à peu, leur culte chuta dans l'oubli, même s'il est toujours pratiqué de nos jours : nombreux sont ceux qui croient encore aujourd'hui qu'une relique véritable d'un saint possède des pouvoirs énergétiques et spirituels. Il existe environ 50 000 reliques disséminées un peu partout à travers l'Europe, elles sont issues d'environ quelques 5 000 saints. Notons que la plupart des autres religions de la planète vénèrent ou ont vénéré des reliques. 

Kurfürst-Friedrich-III-von-Sachsen

Le plus grand collectionneur de reliques fut Frédéric III de Saxe (1463-1525) qui au total se procura 21 441 reliques, dont 42 corps de saints entièrement préservés. Avec cette collection unique au monde, il calcula qu'il avait totalisé 39 924 120 ans et 220 jours d'indulgence ! Pourtant, sous l'influence de Luther, il abandonna le culte des reliques en 1523. A partir du Moyen-Age, la chasse aux reliques s'accéléra et les inventions de reliques avec elles. On inventa carrément les saints eux-mêmes. Afin d'augmenter le nombre de reliques potentielles, on procéda aussi à la canonisation totalement abusive de certains personnages, afin que le marché continue à être alimenté en reliques de saints. Pour des raisons diplomatiques, liées à l'époque de la Réforme au XVIe siècle, la canonisation se fit aussi beaucoup sur des critères politiques plutôt que sur des critères religieux ou moraux. La plupart des souverains de l'époque furent ainsi sanctifiés afin de s'assurer de leur fidélité à l'Eglise catholique, qui subissait les assauts des protestants. Saint Stanislas de Pologne, saint Casimir de Lituanie, sainte Brigitte de Suède, saint Stéphane de Hongrie, sainte Marguerite d'Ecosse, sainte Elisabeth du Portugal, saint Venceslas de Bohême... la liste est longue. Ne renonçant à rien pour s'enrichir au détriment des croyants les plus naïfs, les marchands de reliques ont fait preuve d'une imagination sans faille lors de leur quête aux reliques et ont réussi à inventer quelques reliques tout simplement fascinantes comme les cornes de Moïse ou les plumes de l'Archange saint Michel, dont on a les traces de la vente au Mont-Saint-Michel en 1784. Les reliques les plus prisées étaient bien sûr celles du Christ. Malheureusement, pour les chasseurs de reliques, le Christ étant monté au Ciel lors de l'Ascension, son corps n'était plus par définition sur Terre. On fit alors preuve d'imagination en inventant la relique absolument extraordinaire, du souffle de Jésus (!) qui serait préservée dans la cathédrale de Wittemberg en Allemagne, dans une ampoule en verre. Celle du prépuce du Christ, récupéré après sa circoncision, sept jours après sa naissance, et celle de son ombilic (!) seraient conservées au palais du Latran, à Rome et le pain de la Cène, lui, serait préservé à Gaming en Autriche. Certains textes médiévaux, perdus de nos jours parlaient même de la relique des rayons de l'étoile qui guida les Rois mages, et qui aurait été conservée elle aussi au palais du Latran à Rome !

Source : Provence insolite et secrète - Jean-Pierre Cassely - Editions Point 2

Compléments de Nadine

Reliquaire sainte Marie Magdeleine

A propos de Marie-Madeleine :

Si vous vous rendez à Sainte-Maximin-la Sainte-Baume vous pourrez voir dans la basilique la crypte dans laquelle sont conservées les reliques de Sainte-Marie-Madeleine. La basilique constitue le troisième tombeau de la chrétienté après le Saint Sépulcre à Jérusalem et la basilique Saint-Pierre-de-Rome. Je cite : "Au fond de la crypte, dans la paroi sud, est creusée une alvéole dans laquelle est placé le reliquaire de sainte Marie-Madeleine. Le reliquaire contient un crâne qui selon la tradition serait celui de Marie-Madeleine. Un tube de cristal scellé à ses deux extrémités est attaché au reliquaire ; il contient le "Noli me tangere" (Ne me touche pas) lambeau de chair ou de tissu osseux adhérant à l'os frontal de la sainte où Jésus aurait posé ses doigts le jour de la résurrection. Ces ossements font partie de ceux découverts au cours des fouilles réalisées par Charles II. Ils étaient contenus dans un reliquaire d'or et d'argent avec une couronne d'or et de pierreries. Ce reliquaire et tous les autres de la basilique ont disparu à la Révolution. Le reliquaire actuel a été sculpté en 1860 par Didron suivant un dessin de l'architecte Henri Révoil".

Source : Wikipédia, l'encyclopédie libre

A propos de San Biagio 

Saint Blaise

 Blaise de Sébaste, connu sous le nom de San Biagio (IIIe siècle - Sébaste 316), était un évêque catholique arménien. Il a vécu entre le IIIe et le IVe siècle à Sébaste en Arménie (Asie Mineure) il est vénéré comme un saint par l'Eglise catholique et l'Eglise orthodoxe. Il était médecin et a été nommé évêque de sa ville. En raison de sa foi, il a été emprisonné par les Romains, pendant le procès a refusé de renoncer à la foi chrétienne ; en punition il a été mutilé avec des peignes de fer, qui sont utilisés pour carder la laine. Il est mort décapité. San Biagio martyr meurt trois ans après l'octroi de la liberté de culte dans l'Empire romain (313). Une raison à son martyre peut être trouvée dans le conflit qui a opposé deux empereurs : Constantin et Licinus (314), ce qui a conduit à des persécutions locales, avec la destruction des églises, des travaux forcés pour les chrétiens et des condamnations à mort pour les évêques. Le corps de Saint-Blaise a été enterré dans la cathédrale de Sébaste. En 732 certains de ses restes mortels, placés dans une urne de marbre, ont été pris pour être amenés à Rome. Une tempête a jeté le bateau sur la côte de Maratea, les fidèles ont amené l'urne contenant les reliques - la "poitrine sacrée" et d'autres parties du corps - dans la Basilique de Maratea, sur le mont San Biagio. La basilique a ensuite été placée sous la protection de la Curie Royale par le roi Philippe IV de Habsbourg, par une lettre datée du 23 Décembre 1629 et depuis lors, est populairement connue sous le nom de Chapelle Royale. Un grand nombre d'endroits se vantent de posséder un morceau du corps du saint. Cela est dû, en plus de l'ancienne coutume de disséquer les corps des saints et de distribuer les pièces pour répondre aux besoins des fidèles, à la pratique de la simonie, dont une forme consistait dans la vente de fausses reliques (reliques des saints ou des homonymes). Dans Casal di Principe (en Campanie), un sanctuaire qui lui est dédié. C'est là qu'est conservée la relique d'un os de la main du saint. Carosino, un petit village dans la province de Tarente, abrite une autre relique : un morceau de langue, conservé dans un flacon dans une croix en or massif. Dans la paroisse de San Biagio di Montefiore, dans la municipalité de Recanati, est conservé dans un reliquaire tout un os de l'avant-bras. Il y a ainsi beaucoup de lieux en Italie où se trouvent les reliques de San Biagio et la liste est longue.

Source : D'après Wikipédia, l'encyclopédie libre

 A propos des reliques de Jésus :

Un certain nombre de reliques associées à Jésus ont fait l'objet de vénération tout au long de l'histoire du christianisme. Si certains croient en leur authenticité, d'autres en doutent profondément. Par exemple, au XVIe siècle, le théologien catholique Érasme écrit ironiquement à propos de la prolifération des reliques, notamment en évoquant le nombre de bâtiments qui auraient pu être construits à partir du bois de la croix utilisée dans la crucifixion du Christ. De même, alors que des experts argumentent pour savoir si le Christ a été crucifié avec trois ou quatre clous, plus de 30 "saints clous" continuent à être vénérés comme des reliques à travers l'Europe. Quelques reliques, comme les restes supposés de la Couronne d'épines, ne reçoivent qu'un faible nombre de pèlerins, tandis que d'autres, tels le Suaire de Turin (associé à une dévotion catholique approuvée à la Sainte Face de Jésus), reçoivent des millions de pèlerins, y compris les papes Jean-Paul II et Benoît XVI.

Source : D'après Wikipédia, l'encyclopédie libre

 

11 août 2022

Les amours impossibles d'Aloïse et Bozon

Il était une fois sur la rive droite du ravin, à Moustiers, au quartier des Baumettes, un sire de Pena, baron de Moustiers qui était le tuteur de la belle Aloïse. De l'autre côté du pont, c'était "le faubourg" et le père du jeune chevalier nommé Bozon en était le seigneur.

Amoureux

Or, un beau jour, la pure et chaste Aloïse, rencontra Bozon et éprouva un sentiment inconnu en le voyant, sentiment troublant qui fit soulever l'albâtre de son sein, pâlir son visage et troubler sa vue. Bien entendu, le coup de foudre fut réciproque et le jeune Bozon ne tarda pas à déclarer la passion qui remplissait son âme, et les voeux ardents qu'il adressait au ciel pour obtenir la main de la belle Aloïse. Tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais hélas, à ce coup de foudre succéda bientôt un coup de tonnerre. Les parents des deux amoureux, qui ne s'aimaient guère, poussés par on ne sait quels intérêts ou vieilles rancunes tenaces, se déclarèrent la guerre. Et comme le père de Bozon était trop vieux pour combattre, c'est Bozon lui-même qui fut désigné pour porter le glaive contre celui qui aurait pu être son beau-père. Bozon eut beau refuser l'honneur qui lui était fait de prendre le commandement d'une coalition de petits seigneur locaux, petits mais cependant, tous de vaillants guerriers, pour l'assaut contre leur suzerain honni. Le baron de Moustiers son père et les autres chevaliers furent inflexibles. Contre son gré, Bozon dut alors se résoudre à prendre le glaive contre le camp de sa bien-aimée. Lorsqu'elle apprit la chose, la belle s'évanouit dans les bras de sa nourrice. C'est alors que les hostilités commencèrent. "Déjà sous le disque sanglant de la lune, à la lueur des torches enflammées, on voyait les chefs et les soldats s'avancer avec furie des deux côtés de Moustiers. La fougueuse impatience qui les dévorait ne leur avait pas permis d'attendre jusqu'au lendemain. Déjà le glaive du carnage était tiré, le sang ruisselait dans les rues et des cris perçants ou des imprécations féroces pouvaient parvenir jusqu'à la chapelle des rochers... Vainqueur ou repoussé tour à tour, chacun des deux partis s'animait mutuellement d'une nouvelle furie, et frémissait de la résistance qu'on osait lui opposer... A chaque victime qui succombe sous le fer meurtrier, des hurlements de joie, ou des plaintes des blessés font retentir la vallée, les remparts et les rochers de l'ermitage." Aloïse, revenue à elle, dominée par sa passion et n'écoutant que son courage, descendit alors sur le lieu de bataille, au milieu des combattants, près du pont de bois, cherchant Bozon.

Bataille

"La rage des assaillants... était devenue si violente en ce moment, que l'infortunée Aloïse ne fut aperçue d'aucun des guerriers." Une flèche, décochée par on ne sait quel parti, lui transperça la poitrine. Elle tomba et fut aussitôt foulée aux pieds des chevaux et des soldats. Même le ciel s'en mêla : "En ce fatal moment, un orage épouvantable éclatait avec impétuosité. Un craquement horrible semblait fendre les rochers du haut en bas. Les éclairs en sillonnaient les crevasses et répandaient une clarté sinistre sur cette scène de douleur. Le bruit prolongé du tonnerre retentit en affreux mugissements ; il se mêle aux bruits des armes ; les échos les répètent, et des torrents d'eau noirâtre s'échappent des nombreuses cavités de la montagne." Grimpé sur un rocher pour mieux observer le champ de bataille, Bozon vit le pont de bois s'écrouler sous l'assaut des eaux et le corps d'Aloïse emporté par le courant. Le courageux chevalier, n'hésitant pas une seconde, voulut se jeter à l'eau, après s'être débarrassé de son casque, de son épée et de son bouclier. Mais un javelot tout aussi aigu que perfide l'atteignit, brisant net son élan. Pendant ce temps là, devant la violence de la tempête, les soldats s'étaient dispersés. Plusieurs d'entre eux s'étaient, aperçu du même coup, qu'il avaient horreur d'égorger leurs concitoyens. D'autres, désertant le combat, se partageaient avidement le butin dont ils s'étaient emparés. Peu à peu, l'arène sanglante était devenue presque déserte. C'est alors que le vaillant Blacas arriva. Frère d'armes de Bozon, il le prit dans ses bras et recueillit les dernières volontés du mourant : "O Blacas, cher Blacas ! Promets-moi de réunir mon corps à celui de mon Aloïse". La fin de la bataille fut marquée par un phénomène singulier : l'air sembla retrouver sa sérénité première, la nature  reprit sa touchante harmonie  et, ô miracle, le flot impétueux s'interrompit, permettant à nouveau le passage de l'une à l'autre rive et remédiant ainsi à la destruction du pont. Blacas se rendit aussitôt en ambassade auprès du terrible baron de Pena, tuteur de la défunte Aloïse, pour lui faire part de sa requête du tout aussi défunt Bozon. L'intraitable baron refusa et, au contraire, donna l'ordre que chacun des deux corps soit déposé, l'un au sommet du baou qui domine Moustiers, l'autre sur la cime du baou opposé, celui qui surplombe le faubourg, les séparant de cette façon pour l'éternité. Le plus curieux dans cette chronique désolante, c'est qu'on fit graver sur le marbre du tombeau d'Aloïse : "Rose naissante, tu n'as pas pu t'épanouir !" La fin de l'histoire n'en est pas moins étonnante : un matin, au moment où les premières lueurs de l'aurore ramènent dans les champs les laboureurs et les bergers, parut tout à coup à leurs yeux une chaîne immense qui réunissait les deux tombeaux, et à laquelle était attachée comme par enchantement la comète embrasée, symbole de la flamme éternelle qui anima le coeur d'Aloïse et de Bozon. "On assure que, sur ordre de Blacas, deux anneaux d'or placés à chaque extrémité de la chaîne, viennent s'attacher sous le marbre, à la main des deux amants, comme pour les unir à jamais".

Moustiers-sainte-marie la chaîne

Source : D'après une chronique de Louis-François de Villeneuve-Bargemon écrite en 1824 et reprise par Jacques Lecugy dans le numéro 33 de la revue Verdons - décembre 2010.

 

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01 août 2022

Exposition : De la Résistance à la Libération

De la résistance à la libération

Mon ami Jean-Michel Soldi présente sa nouvelle exposition aux Arcs-sur-Argens.

1942-1944

De la Résistance à la Libération

Espace Hugony - Place du 11 novembre

Du 8 au 15 août 2022

Avec pour la première fois, exposition de la maquette de Franck Dugas : reconstitution d'un planeur CG-4A Waco entièrement fait en bois qui a nécessité quelques 600 heures de travail. Egalement, un modèle réduit d'un char Sherman proposé par Frédéric Lombard.

Jean-Michel lance également un appel : afin de sauvegarder ce pan de l'Histoire de la Provence et de la France, si vous possédez des objets qui datent de la Seconde Guerre mondiale qui dorment dans vos caves et greniers ainsi que des documents de toutes sortes, plutôt que de les laisser pourrir ou encore de les jeter à la poubelle, donnez-les à Jean-Michel et à Adrien, son fils qui les conserveront et en prendront soin.

Pour ne pas oublier notre Histoire.

Je vous donne l'adresse de leur site internet qui est une véritable mine de renseignements :

August 15, 1944, Operation Anvil-Dragoon, Le débarquement de Provence, Southern France

Le 14 Août 1944, les résistants n'ont plus de doute. Radio-Londres diffuse enfin le message tant attendu : "Nancy a le torticolis" . L'opération "Anvil-Dragoon" commence dans la nuit du 14 au 15 août. Avant les premières lueurs de l'aube, des commandos s'emparent de quelques positions avancées allemandes.

https://www.operation-dragoon.com

Venez nombreux voir cette exposition !

Freedom

 

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28 juillet 2022

La danse de la souche

 

Vidéo filmée le 22 août 2010 à Trans en Provence lors de la fête de Saint-Roch

Le principe de la danse de la souche :

La souche (la souco en provençal), est un cep de vigne qui est porté à l'église par un vigneron. A l'issue de la messe, le prêtre bénit la souche. Les danseuses donnent alors devant le parvis de l'église, une aubade en exécutant divers pas de danse sur un air de musique, entrecoupé d'un chant qui date de 1494 (l'air des Grâces de Saint‑Marc qui serait dû au frère Jehan Tisserant), c'est un curieux mélange de provençal, de français et de grec. Après que le bûcher soit allumé et béni à son tour, la soliste fait quelques pas de danse et jette la souche dans le brasier. Dans les temps anciens, les reste noircis de la souche étaient considérés comme ayant quelques pouvoirs magiques. En effet, l'incinération du cep de vigne aurait un pouvoir de régénération destiné à favoriser la renaissance des nouveaux plants de vigne.

Danse-de-la-souche

Danse de la souche (Photo internet)

 

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21 juillet 2022

Les fuseaux de lavande

Lavande 1

Lavande 2

Photos prises dans une ferme sur le plateau de Valensole l'été dernier. Il ne manque que l'odeur !

Un peu d'histoire

Venue de l'ouest du bassin méditerranéen, la lavande était déjà utilisée par les Romains pour conserver le linge et parfumer les bains. En Provence, la lavande fut utilisée dès le Moyen Age, pour la composition de parfums et de médicaments, mais c'est à partir du XIXe siècle que sa culture se développe. L'essor de la production française d'huile essentielle de lavande fine est lié à l'implantation de parfumeries dans la région de Grasse. La mise en culture organisée systématique du lavandin, dans les années 1950, prendra ensuite le relais. De nos jours, la plus grande fête consacrée à la lavande en France est célébrée depuis près de 70 ans à l'occasion du "Corso de la Lavande" à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) et il s'achève par un défilé de chars décorés de lavande. Pour y avoir déjà assisté, je peux vous dire que ça vaut le coup d'y aller.

Armoire

  Si vous voulez que le linge de vos armoires et placards sente bon, je vous donne la recette pour confectionner les fuseaux ou fusains de lavande.

Fuseaux-de-lavande

 Pour faire un fuseau de lavande

1 / Fournitures

38 brins de lavande fraîche

2 m de ruban de satin ou de velours

 Cueillez vos brins de lavande de préférence le matin, à l'heure où les parfums sont les plus prononcés. Coupez des tiges les plus longues possible.
Liez-les ensemble avec le ruban juste en-dessous des fleurs. Laissez une longueur de ruban un peu plus longue que celles des tiges, elle vous servira à former le noeud final.
Repliez délicatement et sans les casser les tiges sur les fleurs, c'est la partie la plus délicate de l'élaboration du fuseau.
2 / Commencez le tressage au niveau des fleurs. Passez le ruban sous deux tiges. Ressortez-le par dessus les deux tiges suivantes, puis repassez-le sous les deux tiges suivantes et ainsi de suite, dessus, dessous, dessus, dessous... en faisant toujours bien attention à bien prendre deux brins de lavande à chaque fois.
3 / Recouvrez ainsi la totalité des fleurs en resserrant légèrement pour donner une forme de fuseau. Terminez par un noeud provisoire.
Laissez sécher votre fuseau dans un endroit ventilé quelques jours.
4 / Passé ce délai, la lavande ayant un peu rétréci, vous pouvez retendre délicatement votre ruban si celui-ci ne l'est pas assez. Enroulez le ruban sur deux ou trois tours autour des tiges de lavande puis faites un joli noeud en utilisant la longueur de ruban qui dépasse des tiges.
Terminez en égalisant les tiges de lavande.
Ci-dessous une vidéo qui vous montre les différentes étapes.

Si vous voulez lire l'article de mon amie Joëlle de "La malle aux trésors",

 je vous donne le lien pour aller chez elle :

http://labastido.canalblog.com/archives/2012/07/06/24651612.html

Profitez-en pour parcourir son blog.

 

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14 juillet 2022

Histoire de la lavande

Plateau de Valensole

Plateau de Valensole (Photo internet)

La lavande est une plante médicinale qui se décline en plusieurs variétés : "lavandula stoechas" (lavande papillon) ou encore "lavandula latifolia" ou "lavandula spica" (lavande aspic) "lavandula augustifolia" (lavande vraie ou encore lavande fine) et trouve ses racines chez les Romains qui s'en servaient déjà comme parfum, mais aussi pour les bains et l'entretien du linge.

Dans tout le pourtour méditerranéen se développe ainsi l'utilisation de la plante, rangée au nombre des "plantes précieuses" par les naturalistes romains (citée en particulier par Pline l'ancien). Cependant, ce n'est qu'au Moyen Age que l'on voit apparaître le terme "lavande", selon le verbe latin "lavare" qui signifie laver. Son utilisation était alors liée à la lutte contre les maladies infectieuses : le parfum est associé à l'aspect thérapeutique, on a longtemps cru que les mauvaises odeurs propageaient les maladies.

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Abbaye de Sénanque (Photo internet)

A cette époque, on trouvait la lavande dans les jardins des monastères où, associée à d'autres plantes aromatiques, elle était utilisée à but médicinal. Les plantes étaient d'ailleurs les seuls éléments de la pharmacopée à cette époque. Quant à la cueillette de la lavande, elle apparaît dès le XIVème siècle dans des textes relatifs à l'herboristerie (cf. Les Herboristes de Lure). En 1371, la culture de la lavande existait déjà en Bourgogne et on la retrouve dans tous les "jardins de simples" où les "bonnes herbes" étaient réunies en une sorte d'armoire à pharmacie naturelle. Le développement au XIIIème siècle des Facultés de Marseille et de Montpellier a joué un rôle important dans la connaissance des bienfaits des plantes locales et les recherches des universitaires s'appliquaient de ce fait aux moyens d'en extraire les principes actifs. On la retrouve citée dans de nombreux textes. Jusqu'alors, elle était utilisée à but thérapeutique sous forme d'huile essentielle, tant à usage interne qu'externe, notamment suite aux nombreuses épidémies de peste qui touchèrent la Provence au cours des siècles.

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La Côte d'Azur - Cueillette de la lavande (carte postale)

La ville de Grasse va avoir un rôle décisif dans l'histoire de la lavande. Depuis longtemps, Grasse est un centre important de traitement des cuirs, lié à l'activité pastorale de l'arrière-pays, pour lesquels apparaît au XVIIIème siècle une nouvelle mode : celle des cuirs parfumés. C'est ainsi que naît à Grasse une industrie très importante : la corporation des maîtres gantiers-parfumeurs qui devient autonome de celle des tanneurs dès 1759. La création de l'entreprise locale Chiris, en 1768, va démultiplier la demande de lavande ainsi que celle de plantes aromatiques de l'arrière-pays. La cueillette de la lavande est une activité complémentaire réservée aux petits paysans, aux femmes et aux enfants. La fleur est vendue aux grassois comme matière première. Dans l'économie rurale concentrée autour des cultures vivrières, des céréales et de l'élevage, la lavande apporte une nouvelle source de revenus pour les plus modestes, d'autant qu'elle pousse toute seule dans des régions arides, sur des terres pauvres et impropres à d'autres cultures. La cueillette de la lavande va devenir un facteur important de frein à l'exode rural qu'ont connu beaucoup de territoires ruraux similaires. Le développement des villes et de la consommation de parfums vont accroître la demande des parfumeurs pour la lavande. Le nombre des cueilleurs et les quantités récoltées augmentent et les communes instaureront des adjudications pour les collines à lavande. Peu à peu, les paysans parviennent à s'équiper d'alambics mobiles et à distiller eux-mêmes sur les zones de cueillette. Puis des alambics fixes maçonnés vont être développés par des familles de cueilleurs, en 1882 à Sault, en 1900 à Saint-André-les-Alpes, en 1905 à Entrevaux. Les Grassois installent sur place des distilleries de type industriel dès 1907, par exemple, la distillerie Schimmel à Barrême (Alpes-de-Haute-Provence).

Mont Ventoux-Cueillette de la lavande

Mont Ventoux - Cueillette de la lavande (carte postale ancienne)

L'huile essentielle pouvant être stockée pour être vendue aux meilleurs cours, la spéculation se développe rapidement et les revenus appréciables des bonnes années permettent la modernisation des exploitations. Les courtiers auront un rôle prépondérant dans le commerce entre l'arrière-pays et Grasse. Dans les années 1920/1930, la cueillette de la lavande fine atteint une importance maximum avec les équipes de travailleurs piémontais, par ailleurs déjà employés pour d'autres travaux agricoles. Une amélioration du rendement est rendue possible grâce à l'entretien des terrains : épierrement, labourage, passage des troupeaux de moutons qui nettoient et fertilisent les terrains. Si les premiers essais de mise en culture datent de 1905 par une simple transplantation des plus beaux plants des collines dans les champs proches des villages, il faut cependant attendre l'après-guerre de 14-18 pour voir se développer cette pratique. Les coupeurs avaient remarqué des plants plus développés qui furent appelés "grande lavande" ou "lavande bâtarde". Entre 1925 et 1930, la technique de bouturage s'impose pour le lavandin, avec des sélections pour la recherche des plants offrant un meilleur rendement en essence et une meilleure résistance et adaptation aux terrains. C'est également à cette période que sont concentrés les efforts sur la mécanisation et la modernisation de la culture. Félix Eysseric, qui a créé son entreprise en 1928 à Nyons (Drôme), invente entre-autres des appareillages destinés à l'exploitation de la lavande comme la première machine à couper la lavande. En 1952, les premiers essais de coupe mécanique et le développement des cultures de lavandin entraînent le déplacement des cultures. On assiste à une concentration des cultures dans les zones de plateau (Sault dans le Vaucluse, Valensole dans les Alpes-de-Haute-Provence) et de plaine (Vallée du Rhône) et à une extension de la culture du lavandin vers de nouvelles zones à partir de 1965 (Ardèche et Gard). Dans le même temps, deux autres facteurs ont contribué à la diminution constante des surfaces cultivées en lavande : le développement de produits de synthèse l'apparition d'une maladie encore mal expliquée : le dépérissementprématuré des plants qui affecte directement la durée de vie et la productivité des plantations. L'huile essentielle de lavande fine n'est plus utilisée dans les produits de grande consommation, où lavandins et produits de synthèse moins coûteux, l'ont remplacée. Elle demeure irremplaçable dans les deux domaines prestigieux de son histoire : la parfumerie de luxe et la sphère médicale avec le développement de la phytothérapie et de l'aromathérapie.

Histoire-de-la-lavande1

Histoire-de-la-lavande2

Source : D'après un article du Site Futura Planète www.futura-sciences.com

 Je vous mets le lien direct pour lire ou relire mon article sur les gantiers-parfumeurs de Grasse.

Les gantiers-parfumeurs de Grasse - Passion Provence

A partir du Moyen-Âge, les tanneurs s'installent à Grasse. Ils peuvent ainsi facilement commercer avec les localités de Gênes et de Pise pour exporter leurs cuirs. Mais l'odeur des peaux, malgré leur qualité, reste nauséabonde. L'engouement de la noblesse pour les gants diminue donc fortement tandis que le parfum connaît un succès éclatant.

http://www.passionprovence.org

Sur les routes de la lavande

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07 juillet 2022

La légende de la fée Lavandula

La légende de la fée Lavandula

L'histoire de la lavande est belle jusqu'à la légende dont elle serait issue. 

Les premiers rais de soleil réveillaient de leur douceur une Provence encore léthargique. Des oiseaux rendaient grâce ça et là à la nouvelle journée entonnant des chants mélodieux et joyeux. Les abeilles s'affairaient déjà à la tâche dans un ballet aérien. La nature engourdie par une nuit calme et paisible s'étirait lentement. Comme chaque jour, une petite fée nommée Lavandula, grande de pas plus d'un pouce, s'éveilla avec la nature dans un rituel immuable. Lissage de ses jolis cheveux blonds, quelques gouttes de rosée fraîche pour se débarbouiller et rendre à sa peau son teint frais, redonnant à ses yeux l'éclat d'un bleu encore jamais vu. Quelques frétillements rapides pour défroisser ses ailes cristallines, elle était prête pour de nouvelles explorations. Elle n'avait pas d'attache et voyageait selon ses envies où se laissant porter par les vents. Evoluant si haut que nul ne pouvait le voir, Lavendula tenait rigoureusement un cahier de chaque paysage qu'elle survolait. 

Lavande

Puis, le jour vint où elle ressentit le besoin de s'installer durablement dans un coin de sa Provence, de se poser dans un endroit où elle construirait son petit nid douillet, vivant heureuse et profitant en toute simplicité des jours qui passent. Accompagnant sa pensée, un sourire de plénitude se dessina sur son visage. Elle avait ce lointain souvenir d'avoir été impressionnée par l'imposante montagne de Lure puis par l'étendue du plateau de Valensole Armée de sa motivation elle prit alors son carnet de voyage qu'elle feuilleta à la recherche de ces lieux. Mais lorsqu'elle les trouva, des larmes aussi bleues que ses yeux s'accrochèrent au bord de ses paupières devant tant de désolation. A la vue de ces paysages arides et de ces terres argileuses si peu accueillantes pour la végétation, Lavandula fut envahie d'une tristesse indomptable. Les larmes contenues jusqu'alors se mirent à rouler sur ses joues et s'écrasèrent sur son cahier tâchant par petits impacts ses croquis. D'un geste mécanique, elle tenta de les effacer mais ne fit que les étendre. Ses larmes redoublèrent qu'elle essaya d'essuyer mais bientôt apparaissaient sur ses dessins de grandes bandes bleues jusque sous le ciel d'azur. La légende ne dit pas ce que devint Lavandula mais affirme que depuis des champs de lavande naissent chaque année sous le ciel de la Provence.

Source : Texte des paroles de la vidéo - Editions Châteauloin

 Cet article sera suivi de deux autres sur le thème de la lavande : 

- Histoire de la lavande (parution le 14 juillet).

- Les fuseaux de lavande avec vidéo sur la confection des fuseaux (parution le 21 juillet). 

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30 juin 2022

Un arbre d'immortalité, le cyprès

Contrairement à ce que l'on croit souvent, le cyprès ne symbolise pas le deuil mais l'immortalité, et cela depuis les temps les plus anciens. En Egypte, son bois odoriférant, réputé imputrescible, servait à la fabrication des sarcophages. Chez les Grecs et les Romains, le cyprès ornait les nécropoles, car il était censé communiquer avec les régions souterraines et de ce fait lié au culte d'Hadès, dieu des Enfers. 

Cyprès

 Dressé comme un pinceau d'un vert sombre et mat, cet arbre silencieux, immobile, impassible, comment pourrait-on imaginer sans lui les paysages du Midi qu'il rythme, qu'il ponctue de ses notes graves ? Cependant, le cyprès n'est pas originaire de Provence ni d'Italie ; sa patrie est l'Asie occidentale, son aire originelle se situerait dans les montagnes du nord de l'Iran. Seulement, depuis des millénaires, l'homme l'a planté sur tout le littoral méditerranéen de l'Europe, comme un signe, comme un symbole. Ici, aligné, il protège les cultures contre le mistral ; là, il monte la garde près d'un mas ; ailleurs, un groupe de ses fuseaux verticaux indique l'emplacement du cimetière, et c'est surtout dans cette fonction que plus au nord on l'emploie, sauf là où les hivers sont rigoureux, car il ne les supporte pas. Les anciens honoraient en lui un guérisseur dont il savaient utiliser les vertus. Les tablettes cunéiformes sumériennes qui relatent l'histoire du héros Gilgamesh attestent déjà que le cyprès était une des plantes les plus usitées dans la pharmacopée.

Le-pouvoir-des-fleurs-le-Cyprès

Il y a quelques 4.000 ans, on employait l'huile extraite de ses feuilles et de ses cônes ou galbules contre tous les désordres du système veineux, en particulier les hémorroïdes, les varices, les troubles de la ménopause. A ces indications, Hippocrate au Vème siècle avant J.C. ajoutait les affections urinaires et Galien au IIème siècle après J.C., la diarrhée. Aujourd'hui encore, la phytothérapie utilise l'action vaso-constrictive des galbules ; en aromathérapie, l'essence de cyprès constitue un remède efficace contre la toux spasmodique. Au IIIème siècle après J.C., le philosophe chrétien Origène voyait dans le cyprès l'image des vertus spirituelles, la bonne odeur qu'il répand étant celle de la sainteté. Il s'agit là d'un symbolisme non seulement très ancien, mais universel. Les mêmes croyances se retrouvent en Chine et au Japon au sujet d'autres espèces, les Chamaecyparis (mot qui vient du grec et signifie cyprès bas, proche de la terre) des botanistes, qui ressemblent au cyprès et appartiennent comme lui à la famille des Cupressacées. Dans la Chine ancienne, on attribuait aux graines de ces conifères le pouvoir de procurer la longérité, la combustion de ces mêmes graines aidait à détecter dans le sol les filons d'or et de jade, substances incorruptibles, donc immortelles. La résine des Chamaecyparis, si l'on s'en frottait les talons, permettait même, croyait-on de marcher sur les eaux, car elle rendait le corps extrêmement lèger. Au Japon, où il forme en montagne de magnifiques forêts, le hinoki est un arbre sacré. On le plante près des temples appartenant au culte shinto, l'antique religion autochtone, et son bois servait à édifier les sanctuaires les plus vénérés, ainsi que le palais de l'empereur, lui-même personnage divin.

Auteur : Jacques Brosse dans La revue d'Information Municipale de Trans en Provence n° 12 - 1986.

Complément

La tradition provençale veut que l'on plante un, deux ou trois cyprès chez soi. L'arbre accueille le visiteur devant sa maison ou à l'entrée du jardin en signe de bienvenue. Un cyprès signifie qu'ici on offre à se désaltérer et à se reposer, deux cyprès pour une proposition à se reposer mais aussi à manger et à boire et enfin trois cyprès, pour offrir le gîte pour la nuit ainsi que le couvert.

Les propriétaires d'un mas plantaient deux cyprès à l'entrée de leur propriété. Ces cyprès en plus de la marque d'entrée dans la propriété étaient destinés à devenir les futures poutres maîtresses du toit du mas quand le temps viendrait de refaire la toiture.

Source : Site internet "J'aime le Vaucluse.com"

Cyprès Toscane

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22 juin 2022

Claude Chappe invente le télégraphe (avec vidéo)

Maison de Claude Chappe

Maison natale de Claude Chappe, inventeur du télégraphe aérien (1763-1805) à Brûlon (Sarthe) 

Avez-vous déjà observé une tour abandonnée à tous les vents plantée sur une colline ? A quoi pouvait-elle bien servir ? Elle fait partie des quelques 500 tours de pierre qui s'élevaient dans le paysage français. C'est sous la Révolution que naît ce réseau de communication unique au monde. A cette époque, la guerre fait rage et dans un pays peu sûr, le pouvoir central a besoin d'un système de messagerie qui assure rapidité et discrétion de la transmission des informations. Un homme, du nom de Claude Chappe, s'avère providentiel. Rien ne le prédisposait cependant à se lancer dans cette incroyable aventure. Né en 1763 à Brûlon près du Mans dans la Sarthe, Claude Chappe entre d'abord dans les ordres. Nommé abbé à la fin de ses études au Collège Royal de la Flèche, il perd sa sinécure*. Le voilà sans travail mais pas sans idées. Cet homme passionné de mécanique, de physique et de phénomènes électriques décide de développer un système de communication par des stations-relais, une télégraphie plus rapide que les antiques tours à signaux ou encore la course d'un cheval au galop.

Télégraphe

Il imagine un réseau de sémaphores distants de 10 à 20 km chacun en fonction du relief. Ils sont coiffés d'un système original : un mât de de 7 mètres de haut, sur lequel pivotent deux bras articulés en bois de 4.60 mètres qui peuvent prendre différentes positions en fonction de la manière dont on les manipule. A l'aide d'un code tenu secret, les bras sont orientés de façon à former des lettres ou des mots. Chaque tour est équipée de téléscopes qui pointent des deux côtés de la ligne. On peut de la sorte envoyer très rapidement des messages d'une tour à l'autre. Claude Chappe avec l'aide de ses quatre frères chômeurs développe le réseau. C'est le 2 mars 1791, à 11 heures du matin, qu'ils envoient leur premier message : "Si vous réussissez, vous serez couverts de gloire". Ils ne croyaient pas si bien dire. Cela se passait dans le département de la Sarthe où ses frères habitaient et d'où la famille  était originaire. 

Claude-Chappe-télégraphe

Télégraphe

Fort de son succès, Claude Chappe se rend à Paris. Le 22 mars 1792, il soumet son invention à l'Assemblée nationale et la présente "comme un moyen d'envoyer des ordres aux frontières du pays et de recevoir la réponse pendant la durée d'une séance de l'Assemblée". Les députés sont séduits par ce système mais comme toujours, il faut du temps avant que le projet se réalise. C'est en mars de l'année 1793 que le député Charles-Gilbert Romme**propose à la Convention nationale d'utiliser l'invention de Chappe pour transmettre les informations militaires et remplacer ainsi les estafettes à cheval. Le 26 juillet 1793, le ministre de l'instruction publique, Joseph Lakanal, ordonne l'ouverture de la première ligne télégraphique qui sera construite entre Paris et Lille. Elle comprend quinze stations sur environ 200 kilomètres. Six mois plus tard, soit le 1er septembre 1794, ce réseau de sémaphores informe les Parisiens de la victoire de Condé-sur-Escaut sur les Autrichiens moins d'une heure après que l'évènement a eu lieu. La réaction du gouvernement ne se fait pas attendre ; c'est l'enthousiasme général. Le télégraphe a trouvé sa raison d'être et le soutien politique dont il avait besoin. Chappe administre cette vaste entreprise avec la collaboration de ses frères. Désormais, à son apogée, le télégraphe optique compte 535 tours réparties sur près de 5 000 kilomètres de réseau. C'est ainsi qu'une dépêche transmise par le biais de ce système révolutionnaire met environ 4h30 pour effectuer un parcours allant de Paris à Montpellier ! Dans notre région, le télégraphe arrive à Toulon le 14 décembre 1821 pour le plus grand bonheur du maire de la ville. Cette surprenante toile d'araignée tissée dans le paysage va laisser ses marques car toutes les tours que l'on voit encore au hasard de voyages ou de promenades sont bâties sur une hauteur : montagne ou colline, mais encore et plus rarement sur un monument existant tel le clocher d'une église ou la tourelle d'un château. Les stations sont de forme carrée ou bien ronde, en pierres, sans plan architectural bien précis. Elles sont divisées en deux pièces : l'une d'elle sert à la manipulation des bras du télégraphe et l'autre est consacrée au repos des employés qui sont soumis à un régime sévère de présence, car il faut bien faire fonctionner les bras qui envoient désormais des signaux dans toute la France. La première pièce comprend un mécanisme complexe formé de leviers, d'axes, de contrepoids, de poulies, de cordes en laiton qui est actionné par l'homme. Les bras de cette gigantesque "araignée" font de un à quatre mètres de long. Ils sont en bois et peints en noir pour mieux se détacher sur la luminosité du ciel. Ils peuvent être orientés dans 98 positions qui génèrent 8 464 mots ou groupes de mots permettant de constituer des messages.

Le Petit Journal-le télégraphe Chappel

Illustration couleur du Petit Journal

A partir de 1831, le Sud de la France sera largement pourvu en télégraphes de Chappe. Deux grandes lignes ont été déterminées pour couvrir au maximum le territoire : il s'agit de la ligne "Toulon-Marseille-Lyon-Paris" et la ligne "Bayonne-Paris". Puis à partir de 1834, le réseau transversal "Avignon-Narbonne-Toulouse-Bordeaux" est mis en service. Enfin, en 1840, une ligne voit le jour entre Narbonne et Perpignan, justifiée par le trafic intense provoqué par la conquête de l'Algérie. Ce réseau télégraphique inventé par Chappe restera toujours sous le contrôle de l'Etat pour des besoins administratifs, politiques ou militaires. Dans le Var, les messages étaient essentiellement destinés au préfet maritime de Toulon. Lorsqu'ils concernaient le préfet du Var, ils étaient aussitôt amenés à Draguignan à cheval. (Nota de Nadine : Draguignan était, depuis 1800, la préfecture du département du Var. Elle le restera jusqu'en 1974 où elle fut transférée à Toulon, non sans cris et sans heurts). Le télégraphe de Chappe servira également à d'autres usages que l'usage militaire. Il permettra de transmettre par exemple, les résultats des toutes premières loteries nationales et des informations commerciales comme le prix de certaines matières premières. 

Télégraphe Chappe

 Carte montrant l'implantation du télégraphe Chappe à travers la France et les pays limitrophes

Puis peu à peu, à partir de 1840, ce système de télégraphe optique va cesser d'agiter ses bras démesurés à travers le territoire. Devenu coûteux à cause de la construction de plus en plus importante des tours et le fait qu'il fallait un personnel nombreux pour le faire fonctionner, il n'est plus rentable. D'autre part, un Américain, du nom de Samuel Morse*** (1791-1872), invente un système de communication électrique qui portera plus tard son nom. La transmission des signaux est plus rapide qu'avec les stations de Chappe qui présentent de nombreux inconvénients : l'impossibilité de communiquer par temps de brouillard ou de pluie. Les transmissions de nuit, en utilisant des fanaux arrimés aux bras, n'ont pas donné entière satisfaction. Le télégraphe de Chappe est dépassé, il est devenu obsolète. En France, l'exploitation de ce réseau optique durera cependant jusqu'en 1852, année de la mise en service du télégraphe électrique entre la capitale et Strasbourg et en parallèle avec le tout nouveau chemin de fer. Le système Chappe sera encore utilisé en Algérie de 1844 à 1859 et sur les champs de bataille de Crimée en 1855, grâce à des stations mobiles. Les tours de Chappe n'auront plus de raison d'être. Les bâtiments, leurs mécanismes et leurs mobiliers seront mis aux enchères publiques par le service des Domaines. Beaucoup seront abandonnées à l'usure du temps, d'autres réhabilitées par des amoureux du patrimoine et des télécommunications. Quant à Claude Chappe, il ne verra pas la fin précipitée de son système de transmission. Ce dernier, victime d'une campagne de calomnie, par laquelle, on l'accuse d'avoir plagié des systèmes de sémaphores militaires, se suicide en se jetant dans un puits, le 23 janvier 1805 à Paris, Il sera inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Il avait 42 ans.

Sources : Le petit bâti Sud de la France - Hubert Delobette - Le papillon rouge éditeur, et un article d'André Peyrègne paru dans le supplément du magazine "Nous" numéro 96 du 29 février 2020, édité par le journal Var-matin.

Sépulture de Claude Chappe au Père Lachaise

Tombe de Claude Chappe au cimetière du Père Lachaise à Paris (Photo internet)

 Complément : Il faut sauver deux marins de la guillotine

Le 3 février 1828 c'est le branle-bas de combat au ministère de la Marine à Paris. On reçoit une information permettant peut-être d'innocenter deux marins condamnés à mort qui doivent être exécutés le lendemain au bagne de Toulon. Il faut suspendre l'exécution. Vite ! le télégraphe... A 17 heures 30, un agent se rend à la tour de Ménilmontant pour envoyer le message : " Ministère de la Marine : il est demandé de suspendre l'exécution de..." Pendant qu'au bagne de Toulon, dans les cachots des condamnés à mort, les deux marins voient leur dernière heure arriver, les bras articulés du télégraphe commencent à mouliner l'information qui doit les sauver. De relais en relais, le message quitte Paris, se dirige vers Tonnerre, Semur, Dijon. Dans chacun des relais, les préposés à la transmission réalisent qu'il y a urgence. La vie de deux hommes est entre leurs mains. Ils font du plus vite qu'ils le peuvent, mais hélas cela ne suffira pas. Les tours Chappe de Chalons, de Lyon, de Valence prennent le relais. Une course contre la montre est engagée. Puis ce sont les relais d'Etoile sur Rhône, de Livron, de Loriol. Mais on est en hiver et voilà que la nuit commence à tomber. Soudain, le message n'est plus visible. Sa transmission est interrompue. A l'aube du 4 février 1828, dans le bagne de Toulon, deux marins qui étaient peut-être innocents du crime dont on les accusait furent exécutés...

Source : D'après un article d'André Peyrègne paru dans le supplément du magazine "Nous" numéro 96 du 29 février 2020, édité par le journal Var-matin.

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Quelques explications

* SinécureUne sinécure est, à l'origine (au Moyen Âge), un bénéfice ecclésiastique, du latin "sine cura", abréviation de "beneficium sine cura" accordé à un clerc pour lui permettre d'effectuer un travail de recherche sans avoir à assurer de services religieux ou, comme on dit, sans avoir charge d'âmes. L'expression : "ce n'est pas une sinécure" désigne une "situation de tout repos" ou bien un "travail rétribué dans lequel il n'y a rien ou peu de choses à faire". Par extension, il signifie aussi une "chose sans importance ou insignifiante".

** Charles-Gilbert RommeCharles-Gilbert Romme, dit Gilbert Romme, né le 26 mars 1750 à Riom et mort le 17 juin 1795 à Paris, est un homme politique et révolutionnaire français qui est à l'origine du calendrier républicain (calendrier non lié au christianisme avec des nouveaux noms de mois et une périodicité décimale). D'une famille bourgeoise de Riom, il fait ses études en même temps que son frère, le futur mathématicien Charles Romme, au collège des Oratoriens de Riom puis, pendant cinq ans, à Paris. De 1779 à 1790, il devient le précepteur de Paul Stroganov, fils du comte russe Alexandre Sergueïevitch Stroganov, à Saint-Pétersbourg, puis à Genève et enfin à Paris, accompagné du jeune André Voronikhine.

Source : Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Appareil de Morse

 Appareil à communiquer le morse (Photo internet)

*** Samuel Morse : Samuel Finley Breese Morse est un Américain, né le 27 avril 1791 à Charlestown et mort le 2 avril 1872 à New-York. C'est un inventeur, physicien et peintre de génie. Samuel Morse est connu pour avoir mis au point un télégraphe électrique et aussi un code baptisé Morse 1 qui permet d'utiliser le télégraphe électrique mais aussi d'émettre des signaux visuels et audio. La première maquette du télégraphe est probablement réalisée en 1835, mais il passe encore la majeure partie de son temps à enseigner la peinture et la sculpture à l'université de New-York. A partir de 1837, il se consacre au télégraphe et s'associe avec deux partenaires : Leonard Gale, professeur de science à l'université de New-York et Alfred Lewis Vail, plutôt porté sur la réalisation pratique et qui proposa d'utiliser l'atelier de ferronnerie de ses parents pour la réalisation d'un prototype. En fait, c'est Vail qui trouve la solution du code composé de points et de barres en 1838. A l'origine Morse avait imaginé des codes composés uniquement de chiffres et un dictionnaire pour interpréter les messages reçus. Vail avait pressenti que les messages devaient être verbaux et donc composés de lettres et de signes. C’est en visitant une imprimerie typographique que Vail comprit que certaines lettres étaient plus utilisées que d'autres et que le code devait privilégier les lettres les plus fréquentes.

Source : Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Vidéo : Histoires de Timbres n°8 Claude Chappe

 

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13 juin 2022

L'histoire du kermès et de la garance

Kermes

Les œufs d’un petit insecte parasite, le kermès et les racines broyées d’une plante marécageuse, la garance, furent les substances qui pendant des siècles permirent de teindre les étoffes en rouge, c'est-à-dire : vermillon, écarlate, cramoisi ou rouge turc. Le vermillon et l’écarlate étaient obtenus en cueillant sur un chêne les œufs minuscules d’un insecte, le kermès. Les kermès femelles accrochés aux rameaux du chêne, se couvraient au moment de la ponte d’une sorte de carapace afin de protéger leurs œufs remplis de couleur rouge. La cueillette du kermès était comme le glanage, un droit des pauvres consacré par l’usage. Elle se faisait vers le mois de mai, par les femmes et les enfants, qui s’étaient laisser pousser les ongles pour mieux détacher les petites capsules de l’écorce. On étendait ces "graines" sur de larges toiles que l’on arrosait de vinaigre pour tuer les bêtes. On laissait sécher au soleil, puis on tamisait.

Garance

La vente de la poudre rouge ainsi obtenue se faisait à Arles, au port de Crau. Mais un jour parvint d’Amérique la cochenille du Brésil. Cet insecte, parasite d’un cactus, était beaucoup plus riche en principe colorant. Son succès réduisit considérablement l’importance de la cueillette du kermès, sans toutefois la condamner à disparaître. L’introduction de la culture de la garance en Provence est due à l’agronome arménien Hovhannès Althounian dit Jean Althen (1709-1774). Fils d'un gouverneur de province de Perse, qui fut massacré par les Turcs, son fils Hovhannès fut capturé par les Arabes dans le sud de la mer Noire et vendu comme esclave à un trafiquant d'Asie mineure. Pendant les quinze ans de sa captivité, il fut affecté à la culture de la garance. Ayant réussi à s'évader, il parvient jusqu'au port turc d'Izmir (Smyrne), et se plaça sous la protection du consul de France. Il réussit à le passionner par son savoir et à l'intéresser à la plante tinctoriale. Informé, le marquis d'Antin, lui permet de se réfugier en France à la condition qu'il puisse emporter avec lui des graines de garance. C'est ainsi qu'il arrive à Marseille en 1736. En exploitant les connaissances acquises pendant sa captivité, il introduit la garance dans le midi de la France. Ainsi naquirent les garancières qui permirent de rentabiliser les terres incultes, où ne croissaient que des roseaux. Jean Althen qui avait établi une grande garancière à Caumont dans le Comtat Venaissin mourut le 17 novembre 1774 dans la maison de sa fille Marguerite, assez misérablement. Son corps fut inhumé dans le cimetière du village.

Avignon-Jean-Althen-statue

Jean Althen, statue élevée sur le Rocher des Doms d'Avignon (Photo Wikipédia)

Plaque Avignon

Plaque sur la socle de la statue (Photo Wikipédia)

Ce n’est que beaucoup plus tard alors que la culture de la garance connaissait un succès très grand en Provence - cinquante moulins tournaient jour et nuit, huit mois de l’année dans le Vaucluse - que Jean Althen obtint la reconnaissance publique. Tout un quartier de Monteux, dont les paluds (marécages) avaient vu s'installer les premières garancières, fut détaché de la commune, par ordonnance du 4 juin 1845 et érigé en commune indépendante sous le nom d'Althen-des-Paluds. La ville d'Avignon lui érigea une statue en bronze sur le rocher des Doms, elle fut inaugurée le 21 novembre 1847.

Garance (1)

Travail de la garance

La garance était semée en mars et récoltée en automne l’année d’après. Les racines étaient exposées au soleil pour être séchées, puis on les portait au moulin. La poudre obtenue était mise en sac et vendue. Il fallait d’abord préparer les toiles avant de procéder au garançage, c’est-à-dire à la teinture ou à l’impression sur la toile de tous les tons du brun au rouge. On blanchissait les toiles pour les débarrasser de l’huile et de l’apprêt introduits lors des opérations de filage et de tissage. Puis on les faisait tremper dans une solution de bouse de vache afin de fixer les mordants sur le coton. Les mordants étaient des sels métalliques qui permettaient par leurs réactions avec les matières colorantes de fixer la couleur sur le tissu de manière permanente. Le mordant associé aux nuances de rouge et de rose était l’acétate d’alumine et l’ouvrier l’imprimait à l’aide d’une planche de bois, plus tard d’un rouleau de cuivre. La toile était alors plongée dans un bain de racines de garance qui agissait comme un révélateur photographique et lui faisait prendre les couleurs désirées.

Garance-bain

Au sortir du bain de garance, toute la toile était rouge et il fallait la blanchir à nouveau : quatre jours étalée sur un pré, puis à nouveau plongée dans un bain de bouse de vache, puis encore quatre jours sur le pré. Elle était ensuite lavée. Seuls restaient encore visibles sur le fond blanc les motifs bruns, rouges et roses. Tout cela rend bien compte de la folie qu’était l’impression sur tissu à une époque où le temps passé, le travail, la main d’œuvre avaient un tout autre sens. La garance permettait aussi de teindre en rouge uni les tissus de coton et le plus beau des rouges était sans conteste le rouge d’Andrinople, appelé encore rouge turc, dont les Provençaux furent de grands consommateurs.

Source : Couleurs de Provence – Michel Biehn – Flammarion

Soldat-14-18-Garance

Complément

En 1829, le roi de France, Charles X impose au troupier français le pantalon et le képi rouge garance afin de favoriser la culture française de la garance et d’avoir une couleur moins salissante que le blanc. Mais pendant la Première Guerre mondiale, ce rouge vif expose alors les militaires français aux tirs des soldats allemands, équipés de tenues de couleur neutre. A la fin de 1914, l’usage militaire du rouge est abandonné au profit du bleu horizon moins voyant. On emploie l’expression "rouge garance" pour décrire la couleur des pantalons des soldats français de la Première Guerre Mondiale.

Source : Le site : www.provence7.com

 

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