Passion Provence

Bèn-vengudo dins lou Var

 

La Basse-Provence

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

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14 janvier 2017

Les chapelles de la peste

Peste

La peste est connue depuis l'Antiquité. C'est une terrible maladie, atroce dans ses manifestations : bubons sanglants, vomissements, diarrhée... et, dans la quasi totalité des cas, fatale. Extrêmement contagieuse, elle se répand en épidémies qui parcourent régulièrement l'Europe. On estime que durant le Moyen-Age, tous les dix ans environ, une région est infestée. Quelques vagues sont plus terribles que d'autres et dépeuplent littéralement villes et campagnes, n'épargnant nul pays et aucune classe de la société : seigneurs et manants, hommes d'église, artisans et bourgeois, tous sont touchés. En 1347, une pandémie, partie de Chine quelques années plus tôt arrive en Provence. A Avignon, alors siège de la chrétienté, un tiers de la population est emportée par le fléau. Deux autres dates laissent de cuisants souvenirs aux Provençaux : 1630 et 1720. Il n'y a, en ces temps, aucun remède. Fumigations d'herbe et tampons de vinaigre sur le nez sont dérisoires.

La seule ressource est de prier et d'invoquer les saints : Sébastien, Antoine, le saint local et à partir du XVe siècle, Roch. Après ces dates, soit pour remercier d'avoir été épargné, soit pour servir de rempart à une épidémie future, une multitude de chapelles nouvelles sont édifiées, d'autres sont reconstruites. Là est aussi l'origine de biens des pèlerinages d'aujourd'hui. Saint Sébastien, martyrs au IIIe siècle, fut, durant le Moyen Age, le principal saint protégeant les populations de la peste. Dans l'esprit populaire, les flèches qui le frappaient étaient assimilées aux morsures soudaines du mal. Entre les premiers symptômes et la mort, il ne s'écoulait en général, pas plus de deux à trois jours. L'image du saint le représente comme un homme jeune, beau et presque nu. Il vint un temps où cette nudité incommoda les autorités ecclésiastiques.

 

Saint-Roch

 

A partir du XVe siècle, l'Eglise répandit largement l'histoire édifiante de saint Roch qui lui paraissait plus convenable. Fils d'un notable de Montpellier, Roch devint pèlerin errant. Lors d'une peste à Rome, il s'illustre en soignant les malades, au mépris du danger. Lui-même atteint, il se retire à la campagne. Dieu fait alors jaillir une source miraculeuse où il soigne ses plaies. Pendant sa maladie, le chien d'un seigneur voisin lui apporte tous les jours un pain dérobé à la table de son maître. Revenu à Montpellier, pris pour un vagabond, il est jeté en prison dans sa ville natale. Il y meurt sans être reconnu.

Source : Chapelles de Provence - Serge Panarotto - Editions Edisud.

 

10 janvier 2017

De belles marchandes de fleurs et de fruits

Côte d'Azur-Bouquetière

Côte d'Azur-Marchande de minosas

Côte d'Azur-Marchande d'oranges

Niçoise

De jolies bouquetières et marchandes de fruits de la Côte d'Azur (Alpes-Maritimes) dénichées pour vous. Je les ai rajoutées à l'album-photos "Costumes".

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08 janvier 2017

Les pipes de Cogolin

Pipes_courrieu_cogolin

 Il est une spécialité de Cogolin qui utilise la racine de bruyère mâle, c'est la confection de pipes. Aux environs, on cultivait le tabac avant 1835, interdit à cette date, puis autorisé à nouveau par Napoléon III. Est-ce cela qui incita les Cogolinois à fabriquer des pipes ? On emploie l'érica scoparia qui pousse bien dans les terrains acides, donc dans les Maures où elle partage le sol avec d'autres espèces formant le maquis bas : cystes, arbousiers, romarins, lentisques. Il faut que l'arbrisseau soit nain ou intact. On l'arrache et on nettoie la "rabasse" tête de bruyère, grosse souche ronde de bois dur de laquelle partent des racines minces que l'on réduit aussitôt. Pour que le bois ne se fende pas, en attendant d'en avoir suffisamment pour accomplir un voyage, à chaque demi-journée on enterre les "rabasses" dans un trou préparé dans le sol. Puis elles sont transportées à l'usine où tout est trié et débité en petits cubes, les "ébauchons".

Pipe-courrieu-longue-

La maison Courieu travailla beaucoup avec l'Angleterre. Les ébauchons subissaient un traitement : mis à bouillir pendant dix heures, ils étaient mis au séchage durant trois semaines. On utilisait les racines femelles. On en expédia beaucoup à Saint-Claude dans le Jura, grand centre de la fabrication de pipes, puis vers 1880 les premiers établissements s'ouvrent à Cogolin. Les premiers blocs débités sont travaillés au tour, à la râpe, à la gouge, puis polis avec amour. Les femmes travaillent à cette confection et Jean Aicard les dépeignant, parle des "pipières à la chevelure rose poudrée de la fine sciure de bruyère". Le bois ainsi traité prend un beau poli et un joli ton de rouge. Le buis, le poivrier, le cerisier peuvent être utilisés en piperie, mais à Cogolin la matière première est sur la place dans cette grande forêt maurencque où la bruyère est si belle et le tabac se trouvait sur place au siècle dernier... Autrefois, les Celtes avaient fumé des herbes aromatiques dans des pipes de fer. Mais quand Monsieur Nicot importa la "plante à tabac" du Portugal, il y ajouta la pipe d'Amérique venue par le truchement des marins portugais. Cette pipe avait la forme d'un long chalumeau terminé par un petit réchaud d'argent, dans lequel se consumait le tabac. Le "pétun" ou herbe à reine, herbe sainte, était très appréciée et si les aristocrates le prisaient en poudre conservée dans de précieuses tabatières, le peuple adopta la pipe, très en vogue sous la Fronde. Trop, puisque Louis XIII interdit la vente de cette herbe si prisée au propre et au figuré (au début du XXè siècle, bien des personnes hommes et femmes prisaient encore). Mais sous Louis XIV, l'Etat le monopolisa, ce fut comme de nos jours, une source de revenus. La Restauration interdit l'usage de la pipe (on me fume qu'en cachette). Les artistes romantiques la remettent à la mode. Elle a évolué pendant ces temps, quoique simple, on en fait en diverses matières, la plus répandue est la pipe de terre. L'argile, la porcelaine, la corne, l'ambre, l'ivoire, l'écume, et le bois divers sont utilisés en piperie. Elles sont maintenant à foyer séparé, donc plus commodes pour être curées en les démontant. L'esprit des artistes est inventif pour diversifier les formes, les agrémenter pour tenter l'acheteur. De la bouffarde à la pipe miniature en porte-clés, tout un éventail est présenté dans les vitrines. On ne fume plus beaucoup mais on ne passe pas à Cogolin sans acheter une pipe de bruyères dans sa capitale.

Source : Les Maures - Terre de Provence - Georgette Brun-Boglio - Ed. Les terres du midi.

Pipe-sculptée-Courrieu 1

 

 

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02 janvier 2017

Au pays des roseaux chantants

Canne

D’Ollioules à Fréjus, en passant par Hyères, La Londe, Bormes, et Cogolin, le Var recèle un trésor caché, don de la terre et du vent. Les roseaux varois sont, paraît-il, ceux qui possèdent la plus belle musicalité. Coupés, poncés, calibrés, ils vont donner des anches pour faire sonner hautbois et résonner musettes, clarinettes et saxophones. Les instrumentistes du monde entier ne jurent que par ces fines lamelles. On dit que c’est le mistral qui, en jouant été comme hiver dans les roselières, procure aux roseaux varois une élasticité et une souplesse inégalables. L’origine du roseau remonte à l’Antiquité dans le bassin méditerranéen, mais on donne aussi son nom à diverses plantes comme les Typhas ou Massettes (roseaux des étangs ou roseaux de la passion), les Rotangs (roseaux épineux), les Acores (roseaux odorants), les Calamagrotis (roseaux des sables), les Sparganiers (roseaux rayés)… Cependant, le nom de roseau s’applique plus spécialement au genre Arundo (roseau de canne de Provence) ou Phragmite (roseau à balai). Le roseau, canne de Provence est en fait le vrai bambou d’Europe.

Roseaux

Le mot roseau date du XIe siècle. C’est le diminutif du vieux français "ros" qui signifie roseau ou chaume. A l’époque, on l’utilisait comme petit instrument de musique, mais aussi pour recouvrir les toits des fermes ou des abris. De la famille des graminées, ses tiges souterraines appelées rhizomes, rampantes et parfois très développées peuvent atteindre jusqu’à 10 m de long. Le roseau canne (Arundo donax) d’où sont produites les anches, grand  roseau ou encore canne de Provence, a normalement une taille variant entre 3 et 5 mètres de haut. Il est l’une des espèces les plus répandues avec le roseau à balai dont la tige est beaucoup plus fine et qui pousse dans les marais en Camargue. Le roseau canne de Provence a quant à lui une tige de la grosseur d’un pouce. Il aime les sols humides ou frais, mais il se développe aussi dans les terrains relativement secs, ne supportant pas sans souffrir un séjour prolongé dans l’eau. Il exige un climat doux et ne résisterait pas aux hivers froids du Nord puisqu’il gèle sur pied à moins 6°. Ce bambou d’Europe avait encore il y a une quarantaine d’années des emplois très variés (clôtures, piquets, tuteurs) et servait même parfois de canne à pêche ou de baguettes d’artificiers. On a également fait des caisses d’emballage, des paniers, des chalumeaux et du... papier. Ses jeunes pousses étaient stockées et servaient de nourriture pour le bétail.

Aujourd’hui, certains agriculteurs s’en servent encore de coupe-vent, mais son entretien dans le cadre du renouvellement des plantations, se poursuit surtout pour la fabrication des anches musicales (saxophones, clarinettes et hautbois). Jusqu’alors on utilisait le roseau sauvage, actuellement on plante du roseau pour l’exploitation à parti des marcottes (boutures de rhizomes) espacées d’environ 80 cm, afin de donner une roselière dense, peuplée et facilement exploitable lors de la récolte qui se fait de décembre à mars. Ramassés en période de repos végétatif, les roseaux sont stockés jusqu’en été. Ils vont sécher debout afin  d‘empêcher la pourriture et se seront travaillés qu’après. De par ses vertus, le roseau de Provence est exporté aux Etats-Unis, grands consommateurs d’anches, où l’on tente l’adaptation de rhizomes varois en Californie. Par ailleurs, le roseau constitue une matière première avantageuse pour sa puissance énergétique. Un hectare de cannes équivaut à sept tonnes et demi de pétrole. L’horticulture varoise grande consommatrice de chaleur pour ses serres, pourrait trouver là une source d’énergie peu coûteuse et facilement renouvelable.

 Source : Magazine "Vivre en Provence" N°6 Avril 1994.

anche

 

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24 décembre 2016

Les treize desserts

Treize desserts

Pour vous souvenir des treize desserts, pensez d'abord : trois, quatre, six. Voici pourquoi :

Trois produits fabriqués à l'occasion de Noël et qui sont des spécialités régionales : le nougat noir, le nougat blanc, la pompe à l'huile d'olive. Les nougats sont un mélange de miel et d'amandes cuites. La pompe est une fougasse à base de fine fleur de farine, d'huile d'olive, d'eau de fleur d'orangers et de sucre, le tout parfumé au citron.

Quatre fruits frais conservés à l'occasion de Noël : la pomme, la poire, le melon, la sorbe. La sorbe, baie sauvage, ne se retrouve que rarement sur les tables de Noël d'aujourd'hui. C'est pourtant un fruit qui devient délicieux avec le temps, mais qui demande à être délicatement conservé sur de la paille sèche.

Six fruits secs : la figue, le raisin de Malaga, l'amande, la noisette, la noix, le pruneau. Les quatre premiers sont connus sous le nom des quatre "mendiants" parce que, dit-on, on retrouve dans la couleur de la figue la robe grise du franciscain, dans celle de l'amande la robe écrue du dominicain, dans la noisette la robe brune du carme, dans le raisin la robe foncée de l'augustin. Ne pas oublier que le tout est arrosé de vin cuit dans lequel il est d'usage de tremper les morceaux de la pompe à l'huile.

Pourtant, l'essentiel n'est pas de connaître par coeur chacun des treize desserts, c'est de pouvoir goûter à chacun après le "gros souper".

Source : Revue d'Information Municipale de Trans en Provence n° 19 - décembre 1987

Je vous souhaite de passer de très bonnes fêtes de fin d'année et nous nous retrouverons en 2017 !

Bonnes-fetes-de-fin-d-annee

 

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Noël : la fête majeure de Provence

Saturnales-callet-antoine-francois

Les Saturnales d'Antoine-François Callet

 Dans les années 330 alors que l'empereur Constantin officialise la religion chrétienne, l'Eglise décide s'instaurer une fête spécifique afin de célébrer la naissance du Christ. Le choix de la date va s'inscrire dans un contexte de lutte contre le paganisme. En effet, les Saturnales fêtes qui célèbrent le dieu des semailles et de l'agriculture donnent lieu à Rome à des réjouissances débridées entre le 17 et le 24 décembre. Les Romains échangent des cadeaux, des porte-bonheur, des gâteaux et décorent leurs foyers avec du lierre, des branches de houx et de gui. Le 25 décembre est aussi la fête de Mithra, dieu perse qui symbolise la lumière et la pureté, introduit à Rome par l'empereur Elagabal en 218 et dont le culte devient officiel en 274 sous l'empereur Aurélien. Les adeptes de cette religion diffusée par les légionnaires dans les provinces les plus éloignées de l'Empire, appartiennent plutôt à l'élite urbaine aristocratique et militaire. Ils célèbrent alors au moment du solstice d'hiver, qui est la période de l'année où les jours rallongent, la renaissance du Sol Invictus, le "Soleil invaincu". En fixant Noël le 25 décembre, l'Église facilite le passage des coutumes païennes à la foi chrétienne. En 337, le pape Jules 1er est le premier a décréter que Jésus a vu le jour un 25 décembre. En 506, le concile d'Agde en fait une obligation dogmatique et en 529 l'empereur Justinien déclare la Nativité jour chômé. Mais la fête de la Nativité ne connaît un réel essor qu'au Moyen Age avec la propagation du christianisme. Le terme même de Noël devient une exclamation de joie, lancée par la foule en liesse lors des grandes occasions : naissances, baptêmes ou mariages princiers, entrées triomphales des souverains dans une ville. La crèche et la messe de minuit datent aussi de la période médiévale. Très tôt, le premiers Chrétiens vénèrent le lieu de naissance du Christ à Bethléem et les pélerins viennent se recueillir dans la grotte et devant la crèche ayant selon la tradition chrétienne abritée l'Enfant Jésus. Une légende prétend que c'est saint François d'Assise, provençal par sa mère, qui le premier célèbre une messe de minuit en 1223, devant une étable où hommes et bêtes rejouent la scène de la Nativité. A partir du XIIIème siècle, les Mystères, ces tableaux vivants qui ont pour thème la vie de Jésus introduisent des crèches dans leurs représentations.

Santons

Par la suite, celles-ci apparaissent à l'entrée et dans le choeur des églises, avant de se répandre, sous une forme miniaturisée dans les foyers. Dès le XVIIIème siècle, les religieuses fabriquent des niches vitrées dans lesquelles elles créent des scènes représentant la Nativité. Elles sont composées de petits personnages en verre filé ou en porcelaine. L'apparition de sujets modelés en mie de pain, en cire ou en argile permet leur diffusion dans toutes les régions de France. Inspirée par la tradition napolitaine des presepio (crèches), la Provence invente les santons (du provençal "santoun" petit saint). Dès la période pré-révolutionnaire, les églises s'ornent de crèches offertes à la dévotion des fidèles au moment de Noël. La Révolution supprimant les lieux de culte, les modestes figurines en terre crue ou cuite permettent de réaliser à la maison les crèches que l'on ne peut plus admirer dans les sancturaires.

Pour les croyants la messe de Minuit avec le rite du pastrage (offrande des bergers) et les chants de Noël représentent le pinacle des festivités. Les plus anciens datent du XVème siècle. Ils ont été popularisés grâce aux bibles de Noël, recueils de cantiques vendus par les colporteurs du XVIème au XIXème siècle. Il ne faut pas oublier de citer les pastorales qui sont des sortes de pièces chantées qui content la Nativité. Quant au sapin, il faut attendre la fin du XIXème siècle pour le voir s'imposer en France.

Crèche

En complément :

Les santons anciens sont difficilement identifiables. Ils ne sont de toute façon pas signés et il est donc quasi impossible de connaître vraiment leur provenance. Les moules des santonniers ont souvent été réutilisés, sans parler des pièces imitées ou remoulées sur des santons.  La présence d'une signature constitue toujours une preuve de facture récente.

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Pere-Noel

Le saviez-vous ?

  A l'origine, le Père Noël, ce personnage débonnaire à la barbe blanche qui apportait des cadeaux aux enfants sages était habillé de vert. C'est en 1931 que la firme Coca-Cola s'en empara et en fit un bonhomme ventru tout de rouge vêtu.

Mais encore :

La fête qui célèbre la Nativité est surtout celle des enfants. Les santons sont de tradition italienne, le sapin, d'inspiration germanique et le Père Noël a des origines nordiques !

Sources : Hors-série Historia décembre 2011 et Les Objets de Provence de Rémi Venture aux Editions du Chêne.

 

18 décembre 2016

Notes sur les gelées des oliviers

 

Champ d'oliviers

 J'emprunte ce qui suit à la "Collection des Mémoires ou de Lettres relatives aux effets, sur les oliviers de la gelée du 11 au 12 janvier 1820 (Paris, 1822)".

1 - "L'olivier faisait la richesse de la basse Provence et du bas Languedoc lorsque les gelées de l'hiver de 1709 en frappèrent de mort la plus grande partie , et depuis il semble n'avoir pas pu se relever de cette grande catastrophe ; de pareils accidents l'affectèrent plus fréquemment qu'autrefois". Cette constatation appuie ce que l'on a dit du refroidissement progressif de l'hémisphère boréal. l'olivier semble céder, comme la vigne, devant l'abaissement de la zone des grands froids. L'espace consacré à sa culture se rétrécit. On en trouve la preuve dans la connaissance que nous donnent certains monuments historiques de l'existence d'oliviers à Montélimart et même à Valence, où il n'y en a plus aujourd'hui.

2 - Gelée de 1820 dans le Var. - "En novembre 1819, quelques gelées modérées, favorables à la constitution de l'olivier, parce qu'elles s'opposent à un excès de végétation toujours dangereux pour cet arbre pendant l'hiver. Mais le temps s'étant bientôt adouci, et un vent remarquable par sa chaleur ayant même soufflé durant plusieurs jours du mois de décembre, l'olivier continua d'être en sève et d'avoir quelque végétation ; elle se fit surtout remarquer sur les arbres jeunes, vigoureux et bien cultivés, sur les greffes et dans les pépinières. Ce fut dans ces circonstances que, le 8 janiver 1820, un vent de bise assez vif vint refroidir l'atmosphère. Le 9, il tomba de la neige, mais seulement l'épaisseur de quatre ou cinq pouces (10 à 12 centimètres). Le 10, le vent soufflant toujours, le froid augmenta encore jusqu'au 11, où le thermomètre Réaumur descendit à 11 degrés au dessous de la glace (13° 3/4 centigrades). Le 12, la température commença à s'adoucir un peu, et, le 14, une pluie douce amena le dégel. Les effets de la gelée se firent principalement remarquer par le déssèchement des feuilles et des jeunes rameaux. D'autres arbres, surtout ceux qui avaient souffert par d'anciennes gelées, avaient leur écorce soulevée et détachée ; quelques-uns, mais en petit nombre, étaient fendus perpendiculairement dans leur tronc".

3 - Monsieur de Gasquet, l'auteur de cet exposé dit que parmi les arbres gelés, il s'en trouvait qui donnaient ordinairement une production de 60 kg d'huile, et il ajoute en note : "La relation des effets du froid de 1709, conservée à Toulon, fait mention d'arbres qui produisaient 180 kg d'huile, et que, l'un dans l'autre, on pouvait supposer aux arbres une production moyenne de 60 kg d'huile". 

Ligurie-carte

 4 - Effets de la gelée en Ligurie et en Provence. - "Depuis Savone jusqu'à Nice, écrit M. Lautard de Marseille, les citronniers ont tous été coupés au pied ; sur la plage de cette dernière ville, le 14 décembre 1821, j'ai vu vendre le bois, de cet arbre 5 sous le quintal. Vers Savone, les orangers, qui craignent un peu moins le froid que les citronniers, sont encore en vie ; mais on les voit desséchés, à mesure qu'on se rapproche du Var. A Menton, on n'en voit plus que quelques uns, et à Nice ils sont tous morts ; ceux d'Hyères ont tous péri. De Savone à Nice, les oliviers n'ont éprouvé aucun mal ; il étaient même cette année de la plus grande beauté, et ils ont donné une très grande quantité de fruits. Immédiatement après avoir passé le Var, on commence à voir de loin en loin quelques rameaux d'oliviers desséchés. A Cannes, à Antibes et jusqu'au pied des montagnes de l'Estérel, le mal va progressivement en augmentant. A Fréjus, il est beaucoup plus sensible : on y voit déjà des oliviers coupés aux grosses branches. Dès qu'on arrive au Luc, les oliveraies offrent le plus triste aspect. Les arbres sont coupés au pied, et le long de la route depuis cette ville jusqu'à Marseille, on ne voit pas un olivier debout. A l'extrémité occidentale du territoire de Marseille, le mal semble moins grand. Dès le Martègues, on voit encore de beaux arbres, et dans les coteaux d'Istres ainsi que dans les plaines de Salon et d'Arles, le froid n'en a tué qu'à peu près le tiers".

5 - Années de mortalité des oliviers - 1476, 1507, 1518, 1608, 1709, 1749, 1755, 1766, 1767, 1768, 1789, 1794, 1820, 1929, 1956...

Source : Les Archives de Trans en Provence n°28 - mars 1933 - Jean Barles. 

Un olivier séculaire au tronc noueux 

 

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12 décembre 2016

Les charbonniers des Maures

 

Chênes-lièges

La forêt vulnérable, menacée par les incendies, arbres attaqués par le bostryche (coléoptère) qui les rend malades, les pinèdes sont bien réduites, le chêne-liège s'en tire mieux, moins inflammable, mieux protégé par son écorce et la dureté de ses feuilles, il reverdit et souvent s'en remet. Du temps de l'exploitation des bois, les arbres destinés à être coupés étaient marqués de deux coups de hache retirant une partie d'écorce. Les gardes forestiers contrôlaient l'abattage. Les "bouscatiers" coupaient les arbres marqués. On entendait le bruit des "destraou" (haches), les han ! sourds des bûcherons, les fracas du pin s'écroulant. Le géant abattu était écorcé à longs coups horizontaux de la hache bien affûtée. Ce bois servait pour faire des poteaux, des bois de mines ou de charpente. La lune a une importance, il faut choisir la date pour les coupes de bois, pour qu'il ne se mite pas et se travaille mieux. "En Provenço lis boucatié coupon lis aubre à fucio persistanto à la luno nouvello é aquéli à fucio caduco à la luno qué trébuco per qué lou bos non s'artisouno". "En Provence, les bûcherons coupent les arbres à feuilles persistantes en lune nouvelle et ceux à feuilles caduques en lune vieille (qui tébuche) pour qu'il ne soit pas vermoulu". Dans la forêt, en ces temps d'exploitation assez intense, les "loubes" (scies) chantaient, les hommes s'échinaient mais vivaient dans une atmosphère pure. Quand l'écorçage était terminé, les troncs étaient placés dans une clairière les uns sur les autres en attendant d'être transportés par charrettes aux scieries, caisseries ou négociants en bois. Les troncs (grumes) enlevés, les branches étaient utilisées pour faire le charbon de bois.

Famille de charbonnier

Dans les collines, sur les lieux du chantier, parfois à des heures de marche par les pistes forestières, les charbonniers venus d'Italie vivaient avec leur famille souvent nombreuse dans des cabanons, ou l'été sous des bâches tendues entre les arbres. Une vie au grand air, mais un métier rude et... noircissant ; leurs yeux semblaient jaillir de l'orbite tant le blanc contractait avec le noir de leur peau. Ils étaient assidus à la messe du dimanche, venant à pied du fond des bois avec tous leurs enfants... Ils recueillaient l'eau de sources secrètes ou de ruisseaux, cuisinaient sur le feu allumé entre deux pierres dans la clairière. Le pain rassis, les haricots, le petit salé remplaçant la viande dans les préparations, les grosses soupes d'épautre, la polenta, l'ail, l'oignon, les anchois et le fromage, c'était à peu près toute leur nourriture, quelquefois ils ajoutaient un gibier attrapé aux lacets.

Charbonnier

Charbonniers

Leur travail consistait à couper les bûches, à les empiler verticalement sur deux ou trois rangs, autour d'un vide central servant de cheminée, la meule ainsi formée en hémisphère, recouverte de mousse, de feuilles puis de terre battue qu'il fallait arroser quand soufflait le mistral pour qu'elle ne sèche pas. La cheminée alors remplie de bois enflammé, la combustion se propageait rapidement. Tout d'abord, la fumée qui sortait "la suée" c'était l'humidité qui se dégageait, puis la fumée peu à peu prenait une teinte bleuâtre et devenait de plus en plus transparente : la carbonisation était terminée dans le voisinage de la cheminée que l'on bouchait alors et on pratiquait des ouvertures (évents) à 30 cm plus bas. Dès que la fumée s'éclaircissait, on les bouchait à leur tour et ainsi de suite jusqu'au pied de la meule. Cette combustion durait plusieurs jours. Après l'avoir laissée trois jours à refroidir, puis démolie, on triait le charbon plus ou moins bien calciné. Les goudrons de la combustion des bois résineux étaient récupérés par un conduit menant à une citerne, la meule était édifiée sur une aire conique au centre de laquelle s'abouchait le conduit de drainage.

Charbon

Le charbon mis en sacs était charroyé dans les villes voisines et même jusqu'à Marseille, il fallait deux jours pour y arriver, la charrette était tirée par la "coublo" (deux chevaux). Les bûcherons réservaient les branches de pin les plus petites pour confectionner des fagots que les boulangers achetaient pour chauffer leurs fours, c'étaient les "faicines". Coupant les grandes bruyères, ils en fabriquaient des milliers de balais pour la Marine Nationale et pour le balayage des rues. Ils fabriquaient aussi des paillassons pour abriter soit du vent, ou du soleil, soit pour servir de clôture. Les racines de bruyère étaient réservées pour les fabriques de pipes de Cogolin et de Saint-Claude. Résiniers, bouscatiers, charbonniers, chasseurs, chercheurs de champignons ou ramasseurs de pommes de pin, cela faisait beaucoup de monde dans la forêt du Dom. Cette forêt merveilleuse autrefois, très profonde, infestée de loups, - le col de Gratteloup en rappelle le souvenir - on y faisait des rencontres dangereuses avec des brigands ou des bagnards du bagne de Toulon en rupture de ban. Elle appartenait aux moines de l'abbaye de la Verne. Le seigneur de la Môle y fit dresser des fourches patibulaires (potences) pour effrayer les chartreux avec lesquels il était en conflit. Dans les périmètres les plus faciles à atteindre (desservis par les chemins) les bois ont été surexploités depuis les Romains pour des édifices.

Flotte romaine

Pour la contruction de bateaux de la flotte romaine, le beau chêne dur était la grand sacrifié, puis pour la constructions de maisons jusqu'au XIe siècle où la pierre se substitua au bois, les Mérovingiens utilisaient le bois pour leurs châteaux, murs, charpentes, planchers, portes et fenêtres. Plus le bois de chauffage et les besoins en bois de l'arsenal de Toulon, tout contribuait à dépeupler la forêt. Les Maures aujourd'hui sont plus calmes. Seulement les dimanches d'automne les chercheurs de champignons abandonnent leurs véhicules à l'orée du bois, les chemins étant interdits à la circulation automobile. Quand les forêts étaient nettoyées, les arbres morts étaient enlevés et les incendies moins nombreux. Il a été créé en janvier 1969 un centre de recherche agronomique dans la forêt même, à proximité du clos Mistinguett. On y étudie les nombreux problème posés par la forêt - incendies, parasites - (le pin maritime est très touché par le matsu-coccus). Des espèces, résistant à ces diverses agressions sont testées (eucalyptus, sapins méditerranéens).

Source : Les Maures - Terre de Provence - Georgette Brun-Boglio - Les Presses du Midi.

Champignon

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06 décembre 2016

Des communautés d'habitants aux communautés municipales

 

Communaut-

C'est à la fin de l'Antiquité, quand le pouvoir central disparaît que se constituent les féodalités. Ainsi vont se structuer et se développer les communautés d'habitants, c'est-dire, un ensemble formé par des hommes et des terres réunis autour d'un seigneur et d'une paroisse.

Progressivement, ces communautés s'affranchissent de la tutelle du seigneur et obtiennent des libertés, des franchises et des octrois. Ces communautés, afin de régler les problèmes d'organisation, se dotent de conseils avec à leur tête, des syndics et des consuls. Chaque communauté instaure son propre règlement qui fixe le mode de recrutement du conseil municipal et ses attributions, l'électorat et les mesures de police. Les communautés ont une personnalité juridique qui leur est propre : sceau, milice, représentants, élus municipaux.
En 1481, après quatre siècles d'indépendance, le comté de Provence intègre le royaume de France. Désormais, le pouvoir royal développe une tutelle administrative exercée par des viguiers qui contrôlent les délibérations des conseils municipaux. Les vigueries sont au nombre de onze : Aix, Aups, Barjols, Brignoles, Castellanne, Draguignan, Hyères, Lorgues, Moustiers, Saint-Maximin, Toulon. Cependant, au XVIe siècle, les guerres de Religion vont perturber cette administration. Il faut armer, loger et approvisionner les troupes, ce qui entraîne des dépenses considérables. Elles sont obligées d'emprunter pour acheter les denrées alimentaires nécessaires à leur survie car les terres sont ravagées et les habitants massacrés par des bandes de pillards. Au XVIIe siècle, cette précarité financière s'accentue avec les guerres menées par Louis XIV. Les communautés ne cessent de s'endetter. Par ailleurs, l'autorité royale se fait plus pesante avec le prélèvement d'impôts nouveaux et la nomination d'un intendant de la province, la création dans toutes les villes d'un office de maire, ce qui grève souvent le budjet municipal pour des décennies.

Var

Au XVIIIe siècle, c'est l'intendant, représentant du Roi, qui gère et contrôle les communautés. Les cahiers de doléance réclament une administration communale gérée par des syndics libres choisis par les habitants et non plus par le seigneur. C'est la Révolution, qui mettra un terme à cette administation dont les français ne veulent plus. Désormais, toutes les communautés d'habitants ont à leur tête, un maire et des conseillers municipaux. La loi du 14 décembre 1789 va transformer les communautés d'habitants de l'Ancien régime, en communes. En 1790, cette nouvelle organisation administrative s'accompagne de la création des départements. Le Var qui s'étend jusqu'au fleuve "Var" et qui forme une frontière avec celui-ci, regroupe les communes situées à l'est de la Provence. Les communes sont réparties en cantons, eux-mêmes répartis en neuf districts qui correspondent à peu près aux anciennes vigueries : Barjols, Brignoles, Draguignan, Fréjus, Hyères, Saint-Maximin, Toulon, Grasse, Saint-Paul du Var. L'année 1795 voit la disparition des districts et les cantons acquirent plus d'importance. En 1800, les cantons sont regroupés en quatre arrondissements : Brignoles, Draguignan, Grasse et Toulon.
Le chef-lieu du département est d'abord Toulon en 1790, mais en 1793, la ville trahit la République au profit des anglais. C'est ainsi que l'on va tansférer le chef-lieu à Grasse puis à Brignoles en 1795, ensuite à Draguignan en 1797.
En 1860, le comté de Nice est rattaché à la France et constitue le nouveau département des Alpes-Maritimes auquel est intégré l'arrondissement de Grasse. Désormais, le fleuve "Var" ne coulera plus dans le département qui porte son nom.
Draguignan demeure le chef-lieu de préfecture du Var jusqu'en 1974, année au cours de laquelle la préfecture est transférée, non sans heurts, protestations et manifestations diverses, à Toulon.

carte-83

Aujourd'hui, le Var compte 153 communes, regroupées en 43 cantons, répartis en trois arrondissements : Toulon, Draguignan, Brignoles. Six communes ont disparu depuis 1800 :
Candumy supprimée en 1839 et rattachée à Flassans-sur-Issole, Meinargueitte supprimée en 1838 et rattachée à Mazaugues, Bézaudin supprimée en 1840 et rattachée en Varages, La Bastidonne supprimée en 1840 et rattachée à Barjols, Favas supprimée en 1844 et rattachée à Bargemon, Brovès, de nos jours, Brovès en Seillans, rattachée à Seillans en 1970. D'autre part, quinze communes ont été crées : Saint-Paul-les-Fayence, c'est-à-dire de nos jours, Saint-Paul-en-Forêt détachée de Fayence en 1823, Saint-Cyr-sur-Mer détachée de La Cadière en 1825, Tanneron détachée de Callian en 1835, La Crau détachée de Hyères en 1853, Les Mayons détachés du Luc en 1863, Les Adrets, actuellement, les Adrets de l'Estérel, détachés de Montauroux en 1867, Carqueiranne détachée de Hyères en 1894, Le Pradet détaché de la Garde en 1894, La Londe, de nos jours, La Londe les Maures, détachée de Hyères en 1901, La Lavandou détaché de Bormes en 1913, Cavalaire détachée de Gassin en 1929, La Croix-Valmer détachée de Gassin en 1934, Le Rayol-Canadel détaché de La Môle en 1949, Saint-Mandrier détaché de La Seyne en 1950 et Saint-Antonin détaché d'Entrecasteaux en 1954.
  
Source : D'après le Guide des Archives du Var - Archives départementales du Var.

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30 novembre 2016

Pirates et corsaires

 

Pirates

 La piraterie était une vieille tradition sur tout le littoral méditerranéen. Il y avait même, à Gênes, un Office de la Piraterie ! Course, piraterie, service du Roi ou pur brigandage maritime, on tue, on pille joyausement, on accumule âprement des richesses en écumant la mer, en vendant des hommes et des femmmes ou des enfants. La conscience tranquille, qu'elle soit chrétienne, musulmane ou païenne. Les arabes enlèvent les européens, qui vendent les "infidèles", les forbans font trafic d'esclaves. La piraterie règne partout, provençaux, occitans ne sont pas en reste ; abrités dans les criques, leurs bateaux guettent celui qui va passer. Les romains avaient déjà dû construire des flottes entières pour purger les eaux méditerranéennes... Quand les sarrasins arrivent sur nos côtes, ils sont montés sur de fins chébecks, imbattables sur le plan de leur maniabilité et de leur vitesse. Les flûtes, avec leurs 40 mètres de long, les pinques à fond plat de 200 ou 300 tonneaux sont moins maniables, les polacres à voile latine étaient plus aptes à se défendre. Dès les VIIIe siècle, les marins d'Afrique du Nord et les arabes organisent des raids sur les côtes provençales, les villes côtières sont attaquées. C'est surtout de la ville de Bône, en Algérie, que partent les galères, les chébecks ou les felouques des "infidèles". Mais Alger, Tunis et Tripoli sont des vrais nids de pillards barbaresques, qui viennent apporter la désolation au pays des Rhûm (romains).

Barberousse

 Certains de ces pillards ne sont pas musulmans, tel Barberousse ou Dragut, mais fils de renégats chrétiens, ils ne se gênent pas pour arborer un pavillon français pour tromper leurs victimes ; pirates, corsaires, la frontière est souvent assez vague. Barberousse (Kaïr el Din), avec deux acolytes du même acabit, à la têtes de cinquante bateaux, tient les îles pendant dix ans. Quand il devient Soliman II, le roi de France, François 1er s'allie à lui. En 1257, Rainier Grimaldi s'installe près du port de Monicos (Monaco), y construit des galères, son frère s'empare de le forteresse du Rocher, fief de Spinola. Il se lance dans le métier de corsaire, s'attaque à ses anciens compatriotes génois qui l'avaient proscrit. Plus tard, Charles, son fils, qui réussit à se faire reconnaître par la Provence angevine "la droit de mer", se met souvent au service du roi de France. En 1346, ils prend d'assaut 25 navires anglais, et va même jusqu'à Calais aider Philippe VI de Valois. Spinola, chassé de Monaco, revient avec ses génois prendre position à Brégançon et organise la piraterie sur mer et le brigandage sur terre. Le comte de Provence Charles 1er d'Anjou, ayant déclaré que les prises en mer appartenaient aux armateurs les ayant capturées, ne se réservant que le droit d'acheter des prisonniers au prix fixe de 25 livres tournois chacun, les corsaires furent de plus en plus nombreux et sévirent aussi cruellement que les pirates. En 1706, l'escadre anglo-hollandaise composée de 66 vaisseaux, plus 34 transports, sous le commandement de l'Amiral Schowel mouilla entre Bénat et Bagaud. Les marins se répandirent sur les terres et pillèrent tout ce qu'ils purent. Les îles d'Hyères sont écumées, puis occupées et acquièrent la gloire douteuse d'être l'un des points de la mer du Couchant où l'on a le plus de chances d'être dévalisé, si l'on reste vivant... Saint Vincent de Paul, jeune prêtre fut capturé en mer et subit deux ans d'esclavage en Afrique.

Croisade des enfants

 La croisades des enfants par Gustave Doré

Parfois, les armateurs eux-mêmes se font pirates : en 1212, un berger illuminé entraîna quatre cents enfants allemands dans une croisade pour aller délivrer le tombeau du Christ. Un armateur "bon apôtre" accepte de leur faire passer la Méditerranée, charitablement, par esprit chrétien. En arrivant chez les infidèles, il vend sa cargaison... A qui se fier dans ces temps durs sans pitié et pour certains, sans piété. Capturés en mer ou enlevés sur les côtes, des milliers de chrétiens rament, demi-nus, sur les galères pirates et musulmanes. Les pirates font la loi, une loi sans pitié. L'insécurité pèse sur la navigation et les rivages méditerranéens et cela devient si insupportable que le pape Pie V prend l'initiative d'appeler la chrétienté à s'allier pour combattre ce fléau.

Esclaves

 L'ordre de Malte puis Venise, l'Espagne et Gênes constituent une importante flotte qui se trouve à Messine sous le commandement de Don Juan d'Autriche fils de l'empereur Charles Quint. Dans la baie de Lépante, en mer grecque, les flottes turques et algériennes sont en nombre supérieur, mais le 7 octobre 1571 la flotte chrétienne engage le combat et c'est une bataille sans merci que les malheureux rameurs enchaînés à leur banc de nage payent par centaines de leur vie. La flotte algérienne se dégage avant la défaite et laisse les turcs face aux forces de l'amiral espagnol ; leurs pertes sont effrayantes, l'amiral turc se suicide. Les prisonniers chrétiens sont libérés par milliers des fers barbaresques. Les force pirates fortement affaiblies par cette défaite réduisirent leur pression sur la navigation et sur les côtes européennes. Une période plus calme suivit, mais la lutte fut permanente, les corsaires poursuivaient et combattaient les barbaresques de toutes origines et cela dura encore plus de deux siècles et demi, jusqu'à ce que la France conquière Alger et colonise l'Afrique du Nord. On se débarrassait d'un ennemi, mais on mettait les pieds dans un futur qui fut bien épineux. Cette bataille inspira le Titien qui peignit l'allégorie de la bataille de Lépante à l'âge de quatre-vingt quatorze ans !

Source : Les Maures - Terre de Provence - Georgette Brun-Boglio - Les Presses du Midi.

Bataille de Lépante

 La bataille de Lépante par Ferrando Bertelli (1572)

 

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27 novembre 2016

Articles à lire sur mon autre blog

Afin d'augmenter l'audience de mon autre blog, je vous donne les titres de mes derniers articles. Les curieux iront j'en suis sûre y faire un tour.

- Les battues sous l'ancien régime (bêtes féroces) ;

- Quelques notes sur Trans ;

- Délibérations du Conseil de la Communauté de Trans ;

- Insubordination envers le procureur fiscal ;

- Bêtes de labour en 1550 ;

- A travers les archives : quelques contrats d'apprentissage ;

- Le nom de la Nartuby ;

- A travers les archives : enfants naturels et inhumations ;

- Les bourgeois d'autrefois à Trans (article en 3 parties) ;

- Des histoires de brigands et bandits de grand chemins.

Et voilà le lien bien sûr. Merci à vous.

Trans en Provence au fil de la Nartuby

Rapport présenté par le Maire au Conseil de la Communauté du 20 juillet 1788 - Le Sieur Maire représente que les bêtes féroces qui ont répandu la terreur dans cette contrée et qui ont malheureusement dévoré quelques personnes dans les environs, ont donné lieu à des battues faites dans plusieurs terroirs.

http://www.transenprovence.info

 

Barre fleurs

 

 

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24 novembre 2016

Histoires d'eau

Cascade

"Afraus", "ragas", "ragagi" : gouffres d'eau. Excavation, anfractuosité qui rejette avec force le trop plein des sources voisines situées en contrebas. Exemple : Dans la commune du Revest (Nota de Nadine : aujourd'hui Revest-les-Eaux), à 7 km de Toulon, au pied du mont Caume, le Ragas (66 m de profondeur) rejette impétueusement après les fortes pluies, le surplus des sources inférieures de La Foux, du Figuiers, etc. C'est la source mère de la rivière du Las.

"Auron", "lauroun", "eissour" : source qui sort à fleur de terre. On trouve en Provence de nombreuses sources portant ce nom. (Nota de Nadine : A Trans-en-Provence, il existe un quartier du Lauron).

"Adoux" ou "doux" : petite source régulière qui ne tarit presque jamais. La source de Ladous à Bargemon donne naissance au ruisseau de la Douse.

"Fous" ou "afous" : source qui jaillit avec bruit (avec fougue). Les fous sont nombreuses dans les Alpes-de-Haute-Provence et l'arrondissement de Grasse. Dans le Var, on en compte près de cinquante. (Nota de Nadine : à Trans-en-Provence, il existe le quartier de La Foux).

"Sorgo" ou "soua", source d'un débit considérable telles que celles de Fontaine l'Evêque (Nota de Nadine : aujourd'hui engloutie sous les eaux du lac de Ste Croix) et Fontaine-de-Vaucluse".

"Avenado", "veno", "fistour" : minces filets d'eau qui sortent de la fente d'un rocher, ou qui par leur nombre alimentent une source.

"Font", "fouant", "fouent" : fontaines-sources qui, la plupart du temps, ne donnent pas naissance à des cours d'eau. La Font Dorée à La Farlède donne naissance au Regana.

Les "fonts" d'un faible débit portent le nom de "fountanieù" ou "fontanello", ou bien encore "fonteto" (Nota de Nadine : dans le Var, plusieurs villages ont des rues ou des quartiers de la Fontête ou des Fontêtes). Dans le sens opposé, on trouve "fontanasso", notamment à Carnoules, au Castellet, etc.

"Grifo', "grifoun" et "grifoulet" : source d'où jaillit un mince filet d'eau.

"Licheto" : source salée.

"Maire" : source d'un fleuve.

"Escouladiero" : écoulement des eaux d'une pente voisine.

"Mueio" et "lono" : source alimentant des mares d'eau.

"Caudan" ou "Chaudan" : source chaude en hiver et chaude en été. A noter, dans le même ordre d'idées, "font frede" et "fonf freye" , et aussi, dans une acceptation particulière d'aspect ou de nature, "font vivo", "font vieio".

Source : Les archives de Trans en Provence n°22 - mars 1932 - Jean Barles

 

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18 novembre 2016

Les glacières et les hommes de la glace

Glacière

On dit que leur origine remonte à la plus haute Antiquité, au temps de Babylone et des jardins suspendus. On sait que les Romains transportaient la neige compactée des montagnes pour rafraîchir leurs boissons. Après des siècles d'oubli, la consommation de glace reprit à la Renaissance. A Versailles, au temps du Roi Soleil, les ingénieurs architectes construisirent des cavités souterraines pour entreposer l'eau gelée durant l'hiver et en faire profiter Louis XIV et la Cour durant la période estivale. Mais tout cela restait marginal. Les vraies "glacières" firent de timides apparitions à partir du siècle des Lumières, en particulier en Provence. Elle devint leur terre d'élection en raison de la présence d'eau, de massifs montagneux à proximité des grandes villes, des contrastes de température avec des hivers froids et des étés chauds, ainsi que des goûts d'une bourgeoisie aisée, soucieuse d'hygiène et de bien-être. Ainsi, au cours des fouilles d'Aix-en-Provence dans le cadre de l'aménagement de la ZAC Sextius-Mirabeau a-t-on retrouvé, en 1996, deux glacières du XVIIIe siècle. C'est à partir de 1830 que leur construction, très savamment mise au point, se généralise et qu'elles firent réellement partie du paysage dans certains lieux qui se prêtaient tout spécialement à leur édification, comme le Mont Ventoux ou la Sainte-Baume. Les médecins et les hygiénistes vantaient les qualités du froid. La glace soignait les hémorragies, calmait les douleurs et les maux de ventre, réduisait les ecchymoses ; elle assurait une meilleure conservation des aliments, en particulier des poissons de la Méditerranée qui n'étaient ni salés, ni fumés. Le plaisir de boire et de manger frais se répandit dans les nouvelles classes aisées, créées par le début de la Révolution industrielle. Alors, à proximité des grandes villes, sur des hauteurs d'au moins 600 à 800 mètres, facilement alimentées en eau pure, les hommes construisaient ces fameuses "glacières" dont l'existence suivit dans la toponymie : hameau des Glacières, chemin de la Glacière... Les plus belles, les plus nombreuses furent édifiées dans les années 1850 dans le massif de la Sainte-Baume. On en compte encore aujourd'hui pas moins d'une vingtaine à l'état de ruines majestueuses ou transformées en maisons d'habitation. Leur découverte est toujours très impressionnante. Ce sont de véritables donjons, très largement enfouis dans les profondeurs de la terre. Elles mesurent pour certaines 25 mètres de haut et 20 mètres de diamètre, avec des murs de 2,50 mètres d'épaisseur. Elles épousent très savamment la pente du terrain afin d'avoir des portes d'accès à différents niveaux, aussi bien pour le remplissage que pour le retrait. Elles ont également deux ou trois ouvertures en meurtrières pour donner un peu d'éclairage et une légère ventilation. Elles portent une toiture conique de tuiles rondes avec, comme sur les parois, une isolation très étudiée de terre, de copeaux de bois et de paille. La glace pouvait s'y conserver au moins deux années de suite. Bien que souterraine, la partie inférieure est drainée par un petit canal permettant l'écoulement et l'évacuation des eaux de fonte, parfois vers un petit puits.

Glacière coupe

Dans les environs immédiats de la tour, un peu en hauteur, tout un réseau de canaux permettait d'amener l'eau dans des bassins. Ceux-ci gelaient durant les grands froids. La température idéale était de - 10°C, or cela n'arrivait le plus souvent que quelques jours de l'année. La moisson de glace  devait donc se faire très rapidement. Les responsables de la glacière sonnaient alors du cor pour ameuter les paysans des alentours, souvent condamnés à l'inaction en ces jours hivernaux. Ils venaient par dizaines pour briser la glace des bassins, la charger sur des brouettes et la compacter. Grâce à l'enfouissement de l'édifice, à son intégration dans la forêt qui la gardait toujours dans l'ombre, grâce aussi à sa parfaite isolation intérieure et à la masse de glace contenue, près de 5 000 mètres cubes à la fin de l'hiver, soit pas loin de 5 000 tonnes, la glacière conservait une température très basse même au coeur de l'été le plus chaud et la glace s'y conservait parfaitement. Au cours des nuits de la saison estivale, les hommes découpaient des blocs de glace. Ils les enveloppaient de paille et de toiles isolantes, les chargeaient sur des charrettes et gagnaient la ville le plus rapidement possible. Il fallait parcourir à toute vitesse les 50 à 60 kilomètres qui séparaient la glacière de sa destination. C'était un métier dangereux car les chargements étaient lourds, les chemins difficiles et il ne fallait jamais s'arrêter, surtout quand la grosse chaleur faisait fondre la précieuse marchandise. Le travail devenait d'autant plus dur que l'été s'avançait car les hommes descendaient alors au fond de la tour et ils devaient hisser à proximité de la surface de gros morceaux de glace, tout cela dans l'obscurité ou presque. La vie des glacières fut relativement brève, quelques décennies au mieux. En effet, à la fin du XIXe siècle, le chemin de fer permit de transporter rapidement de la glace des montagnes vers les grandes villes. Les glaciers naturels prirent la relève des glacières. Certains bateaux à vapeur, très rapide, participent même à ce commerce. Quelques années plus tard, l'ingénieur français Nicolle construisait la première usine capable de fabriquer de la glace. Il fut suivi de peu par Charles Tellier que l'on surnomma "le père du froid". Désormais, les pains de glace étaient confectionnés chaque jour dans la ville au rythme des commandes. En 1940, apparurent les réfrigérateurs familiaux. Plus personne ne conserva la glace produite en hiver. 

Glacière Pivaut

Malgré la brièveté de leur vie, les glacières sont des souvenirs remarquables de ce printemps de la Révolution industrielle. Il en existe des traces dans différents sites provençaux, mais les plus belles glacières les mieux conservées se trouvent dans le massif de la Sainte-Baume. Celle de Pivaut, sur la D95 à 6 km avant Mazaugues dans le Var en venant du Plan d'Aups, est facile d'accès. Elles est signalée sur le bord de la route. Elle a été parfaitement restaurée et dotée de notices explicatives. Les quatorze glacières du domaine de Fontfrège sont des ruines magnifiques dans un cadre superbe, mais elle sont situées dans une propriété privée et il faut demander l'autorisation de les visiter. Celles du Pic de Bertagne demande une bonne marche à pied. On raconte que la glacière de Pivaut fut construite pendant dix ans entre 1875 et 1885. Mais il suffit d'un seul été pour rembourser tous les travaux d'édification et faire même de confortables bénéfices. Il est vrai qu'elle produisit 4 800 tonnes de glace, vendue six centimes le kilo à Marseille. Aujourd'hui, le patrimoine des glacières est certainement l'un des plus originaux de l'art de l'eau.

Source : Les monuments de l'eau en Provence - Jean-Marie Homet - Edisud.

 

12 novembre 2016

Noms provençaux de quelques rues et quartiers de Draguignan

 

DRAGUIGNAN

Le provençal, qui se perd de plus en plus dans notre région, où les populations sont brassées régulièrement, a laissé cependant des traces durables dans les noms de nos quartiers et de nos rues, datant pour certains du Moyen-Âge. Quels Dracénois savent encore ce qu'est "un rigoulié", "uno androuno", "uno ferrajo" ? Et pourtant, nous retrouvons ces mots, à peine francisés dans ; la rue des Endronnes, le Rigoulier, les Ferrages... Voyons donc quelles sont les dernières rues "provençales" de notre ville.

La rue du Combat n'a jamais connu de bataille sanglante. C'était autrefois et tout simplement "la carriero dou combas", la rue au milieu de laquelle passait un ruisseau en creux servant sans doute de cloaque. Des aberrations de ce type ne manquent pas à Draguignan.

La rue des Endronnes, du provençal "androuno ou endrouno", qui siginifie ruelle étroite (ne permettant le passage que d'un homme : "Andros" en grec) cul de sac parfois même latrine, égoût. On devrait donc dire : "leis Endrouno" les Endronnes ou l'Endronne.

On peut voir deux contresens ou deux pléonasmes dans "La montée de la Calade" et "La montée du Rigoulier", la "calado" étant en provençal une rue abrupte, souvent pavée, et "lou rigoulié" (de "rigoula" : dégringoler) signifiant lui aussi une pente très raide !

On ne peut s'enpêcher, en lisant "chemin du pissadou des ânes", de regretter le galimatias dû au mélange des deux langues : mais serait-il vraiment décent de traduire : "Lou pissadou dei ai" "pissoir des ânes" !

Dans la rue Blancherie (en provençal : blancarié) se trouvaient autrefois des tanneries et des mégisseries.

La place du Fabriguier (provençal : fabreguié, fabriguié : micocoulier) est ombragée comme son nom l'indique par un énorme micocoulier.

La Porte-Aiguière (en provençal : pouarto-aiguiero), était la porte la ville près de laquelle se trouvait une fontaine depuis le XIIIe siècle. On devait franchir la porte pour aller chercher de l'eau.

La traverse des Houillères n'a jamais connu de marchand de charbon, puisqu'elle s'appelait autrefois "des Houlières ou Oulières", du provençal "ouliero", de l'oli : l'huile. C'était la rue des huileries et des moulins à huile.

La rue Courtil (du provençal : courtieu) bordait les remparts : "lou courtieu" était le terrain qui bordait à l'intérieur les "barri" ou remparts de la ville.

La Montée de la Roque rappelle que la dénomination provençale du fastueux "Ilôt de l'Horloge" n'est que ce simple mot la "roco" le rocher.

Au boulevard de la Rouguière, on devait autrefois jeter les bêtes mortes et les charognes... (du provençal : rouguiero, rouiguiero : voirie).

Le quartier Saint-Jaume ne porte pas un nom méconnu puisque Jaume est la forme méridionale de Jacques).

Le chemin des Aréniers n'a, lui, jamais été réputé pour ses insectes à huit pattes, mais plutôt pour la texture sablonneuse et légère de ses sols, du provençal "l'arenié": lieu sablonneux, au sol meuble (l'arène, étant en provençal, la sable).

La ou Les Collette(s) est une "couleto", "uno pichouno coualo", soit une petite colline. (Même toponyme à Vidauban, où le quartier de la Coualo voisin avec "La Collette").

Les Ferrages (les Ferrays cités en 1572) est le mot provençal "ferrajo, farrajo, farrai", désignant les terres riches et fertiles, arrosables, où l'on trouvait autrefois des jardins et des prés.

Le Maljournal (du provençal : mau journau) n'a rien à voir avec un quotidien de mauvaise qualité. Il s'agit plutôt ici d'une mauvaise terre (lou journau était, à Draguignan, une étendue de terrain d'une journée de labour).

La Riaille est tout simplement le féminin "riaio" de "lou riau, rieu", le ruisseau, le vallon.

Le Fournas est, en provençal, un grand four.

Le Peyrard (du provençal : peirard) est un lieu rocailleux.

Les Taillades : (en provençal : lei taiado) : une fôret nouvellement défichée.

Les Marranes, au-dessus de l'hôpital, (provençal : lei marrano) est un endroit où le sol est constitué de tuf sec et blanc.

Les Faisses, qu'on est obligé de prononcer à la provençale (provençal : lei faisso), sont des bandes de terres cultivables et souvent plantées d'oliviers, soutenues par des murailles de pierre appelées "restanco".

Le Petit Plan est tout simplement l'équivalent provençal de "la petite plaine". (Cf. "Plan de Canjuers").

Le Beaussaret (provençal beu-sarret) contient le diminutif de "serre" : sommet de forme allongée, alors que le Seiran est un augmentatif de ce même mot.

Le Baguier (provençal : baguié) est le laurier-sauce.

Quant aux Selves, (provençal : la, lei Seuvo), on y retrouve évidemment "silva" latin désignant la forêt.

La Pouiraque (provençal : pouso-raco, pouraco) signifie la noria, le puits à godet ou bien parfois plus simplement le trou d'eau.

Les Négadis, du provençal "négadis" qui peut se traduire par : noyer, noyé, désignent les terrains au bord de la Nartuby qui autrefois, s'inondaient fréquemment.

La Sambre : (provençal : sambro) est un creux de rocher se remplissant d'eau de pluie.

Lei Messugo est le nom provençal du ciste cotonneux (cistus albidus), commun dans la garrigue varoise.

La Clape (clapo) est un lieu caillouteux.

La Foux (provençal : fous) désigne une source abondante (Cf. la Foux d'Allos, Fox-Amphoux).

La Granegone (provençal : la granegouno) : petite cabane en pierres sèches, diminutif du mot "grango" : grange.

Qu'on le veuille ou non, Draguignan garde ainsi un peu de son âme provençale avant tout.

Source : Auteur de l'article : Jean-Luc Domenge dans Bulletin provençal "Lou terraire"

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06 novembre 2016

Le sauvetage des villages du Haut Var

 

Bargème

Bargème

Trigance

Trigance

Montmeyan

Montmeyan

Aujourd'hui destinations privilégiées des touristes, les villages du Haut-Var étaient, au lendemain de la seconde guerre mondiale, des lieux désertés, rendus exsangues par l'exode rural. Mais comment redonner vie à ces lieux désolés ? Dans les années 1960, Henri Monier, directeur de la mission habitat rural à Draguignan, fourmille d'idées pour sauver ces villages du Haut-Var. Au fait des réflexions nationales menée sur les villages ruraux, il propose un projet de valorisation du bâti rural qui intéressera l'ensemble de ces villages. Informé de ce projet ambitieux, le sénateur des Basses-Alpes, Emile Aubert présente le dossier auprès du ministre de l'agricuture à Paris. Ce dossier reçoit une écoute favorable, un programme de "tourisme en agriculture" est créé pour aider à la restauration des bâtiments en milieu rural. Ainsi, le premier gîte de France ouvrira ses porte à Ginasservis, très vite les communes de Montmeyan, Moissac, Baudinard, Bargème, La Roque-Esclapon... suivront l'exemple. Cette expérience est médiatisée dans les journaux télévisés. De Vinon au pied du Lachens, en passant par Montmeyan et Moissac, Henri Monier rencontre les maires des villages et réalise un recensement des bâtiments à restaurer et des projets possibles. Dès 1961, il fait intervenir le "mouvement chrétien pour la paix". Des chantiers d'été sont organisés pour déblayer les rues et les ruines des gravats. Pendant trois ou quatre ans se succèdent des jeunes venus de toute l'Europe pour contribuer à reconstruire ces villages. A cette même période, Bargème accueille le mouvement "Alpes du Lumière" pour des chantiers de restauration. Des artistes de l'Ecole des Beaux Arts d'Angers viennent par l'intermédiaire du père de l'un d'entre eux PDG d'une importante société. En 1962, une liquidation permet à Henri Monier d'acquérir un lot de ruines dans le village de Trigance. Il achète ces ruines et les revend sans bénéfice à des personnes susceptibles d'apporter du sens et une aide à l'esprit du projet. Il ne s'agit pas là d'une opération immobilière. Sacré défi, quand la tendance est à déserter les villages pour s'installer dans les villes. S'installent donc un maçon pour restaurer les maisons, un archiviste pour sauver la mémoire du lieu, une personne qui s'occupe des affaires sociales, un curé pour célébrer la messe. Le projet prend forme. La mémoire, le social et le culte pour construire les bases d'un nouveau départ. En 1962, les Hartmann qui viennent de St Gervais en Savoie achètent les ruines du château pour en faire un restaurant, une de leurs amies de l'école des Beaux-Arts de Paris vient sur Trigance et s'y installe. D'autres peintres s'installent également. Sous le regard curieux des trigançois, ces jeunes personnes se sont installées et ont redonné vie au village.

Source : Plaquette éditée par le Musée des Arts et Traditions Populaires de Draguignan.

Trigance-Vue générale

 Vue générale de Trigance

 

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31 octobre 2016

L'histoire de Trigance

 

Trigance noir et blanc

Jusqu'à l'âge du fer, les premiers habitants de la région de Trigance s'étaient établis sur les montagnes environnantes. Les populations qui ont suivi, tels les peuples celto-ligures, se sont regroupées sur les collines et les crêtes en habitat regroupé. Certains alignements et bases de murs permettent de reconstituer les habitats celto-ligures : cabanes, villages, enceintes, cheminement sont répartis sur cinq lieux : Rigaux, Les Auies, Chastillon, les granges de Breil et la Serrière du Peil.

La période romaine

La Paix romaine (Pax romana), en sécurisant les voies de communication, a favorisé le développement des cultures et a permis aux populations de s'installer dans les plaines. Le Cartulaire de Wismes fait état de huit villages autour de Trigance. A l'époque gallo-romaine, Trigance fait partie des territoires romains ayant pour capitale Arles. Après la chute de Rome, en 476 après Jésus-Christ, les provinces sont divisées en diocèses et Trigance dépendra du diocèse de Riez. Lieu de passage, la Basse-Provence est aussi un lieu de brassage. De 1000/1500 avant Jésus-Christ jusqu'à la présence romaine, ou l'ancien Empire a laissé sur place esclaves et serfs ainsi que des membres de la caste guerrière. La Pax romana n'a pas empêché la coexistence avec les anciennes tribus.

Trigance chateau

La période moderne

Au IXe siècle, le nom de "Trigance" est cité pour la première fois dans le polyptyque (un polyptyque est un ensemble de panneaux peints (voir sculptés), articulé ou non). de l'Evêque Wadalde, rédigé en 813-814 qui énumère les biens de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille. Il est fait état de treize "Villae", dont celle de "Tregentia" et celle de "Rovaganis" (Rougon). La "Villae Tregentia" comptait huit exploitations agricoles dont quatre seulement étaient cultivées par des paysans, les terres incultes fournissant des pâturages pour les troupeaux. L'histoire de Trigance est le reflet de l'histoire de la Provence et suit ses soubresauts, de la succession des alliances et des guerres. La chute de l'empire romain favorise l'éclosion des barons de Castellane qui construisent des châteaux forts et progressivement tentent de constituer un gros territoire, jusqu'à ce qu'en 1262, le comte de Provence Charles 1er, y mette un terme en le fractionnant en trois. La Viguerie de Trigance est ainsi rattachée à Draguignan. Du début du XIVe siècle jusqu'au XVIIe siècle, Trigance est partagé entre co-seigneurs. Le village se verra alors placé sous l'autorité de diverses familles dont celle des de Raimondis jusqu'au milieu du XVe siècle, puis passera par mariage aux de Demandolx jusque vers 1704. Par un mariage encore, avec Anne-Marie de Demandolx, Cosme Maximilien de Valbelle deviendra seigneur de Trigance. La famille des de Valbelle conservera la seigneurie avec les autres fiefs jusqu'en 1789, à l'heure de la Révolution française. A la Révolution, c'est Joseph de Castellane- Majastre qui est en possession du fief par mariage avec Delphine de Valbelle. Les archives constituent la preuve de la propriété de la commune, des acquisitions de terres aux seigneurs, ainsi que les chartes passées témoignent des acquis sociaux et des liberté, il et donc primordial de les conserver et un grand soins leur est apporté.

Les invasions maures

Du VIIIe au Xe siècle, les invasions sarrasines ont bouleversé la vie des campagnes jusqu'à ce que le comte de Provence, Guillaume (dit le Libérateur) parvienne à les chasser de Provence. Victimes de pillage et de destruction, les populations sont déportées en esclavage ou enlevées. Du Xe au XIe siècle, les populations gagnées par l'insécurité se regroupent dans des lieux escarpés, construisent le château fort et abandonnent les plaines exposées aux attaques. Cette période a vu la pays être mis à feu et à sang. Un des effets secondaires de cette période fut la perte des archives anciennes laissant dans l'ombre la connaissance de cette période (VIIIe au XIe siècle).

Les épidémies de peste

La peste, alliée à la pauvreté, a fortement modelée l'identité du pays, la maladie ayant réduit la population et mis à mal la prospérité. Tout au long du Moyen-Âge et jusqu'aux périodes récentes, la Provence fut soumise aux ravages de la peste réduisant la population de façon drastique. En 1348, plus de la moitié de la population fut anéantie. La médecine se révélant impuissante, les villageois s'en remirent à des pratiques religieuses pour combatte la maladie, comme les processions dédiées à Saint Roch, patron des malades. Une chapelle fut érigée en 1640, la population de Trigance fut relativement épargnée.

Trigance-Blason

 Le blason

Depuis Louis XIV, les armoiries des de Demandolx (armoirie "parlantes" Manosque manus-Demandolx) sont celles aussi du village. "D'or à trois faces de sable au chef du gueule chargé d'une main dextre appaumée d'argent" main ouverte en signe de paix.

La misère endémique

Mais la vie à Trigance est difficile. Un état de pauvreté et de délabrement du terroir en est responsable. L'appauvrissement des sols, les déboisements excessifs ainsi que le surpâturage ont rendu la culture difficile et laborieuse. La détérioration et le mauvais entretien des biens communs et des infrastructures tels que ponts et chemins, fours et moulins, renforcent la pauvreté. La misère pousse les habitants à s'expatrier et la pauvreté a pour effet le vol et le brigandage, fléaux qui provoquent l'insécurité des biens et des personnes.

Source : D'après une plaquette sur Trigance éditée par le Musée des ATP.

Trigance

 

25 octobre 2016

Les affiches touristiques de la Côte d'Azur

Affiches

Le littoral provençal était jadis peu sûr et isolé. Au XIXe siècle, la prise d'Alger (1830) et la colonisation du Maghreb mettent un terme aux raids des pirates barbaresques sur les bords de la Méditerranée, tandis que l'ouverture des lignes du chemin de fer sous la Monarchie de Juillet relie les rives de la Provence orientale à Paris. De riches étrangers prennent l'habitude de venir passer la mauvaise saison sur la "French Riviera", pour laquelle le publiciste Stephen Liégeard (1830-1925) invente le nom de "Côte d'Azur" en 1887 pour qualifier le littoral de Hyères à Gênes (Cf. son ouvrage "La Côte d'Azur" publié à Paris aux éditions Quantin en 1888).

liegeard

Le publiciste Stephen Liégeard

Grâce à d'habiles campagnes de promotion, cette vocation se développe dès la fin du XIXe siècle. La Compagie du Chemin de fer PLM (Paris-Lyon-Marseille), suivie par les communes et certains particuliers, entreprend de faire connaître la région grâce à l'édition d'affiches dites "de voyages". Ces dernières ont été inventées par le Roumain Frédéric Hugo d'Alési (1849-1906) qui vécu à Marseille avant de "monter" à Paris où il se lança dans l'impression lithographique à partir de 1886. Il met au point une technique dont il se réserve l'exclusivité et qui imite l'aquarelle. Très colorées, ces affiches révèlent tous les aspects de la Provence touristique : paysages enchanteurs, monuments prestigieux, coutumes pittoresques. Dès les années 1890, le PLM tire à 5.000 exemplaires des affiches placardées dans les gares. Aux côtés des artistes non originaires de la région, les créateurs provençaux comme Léo Lelée (1872-1947) ou encore David Dellepiane (1866-1932) rivalisent d'imagination pour satisfaire ces commandes. A l'instar du PLM, d'autres organismes, comme la Compagnie Nationale de Navigation, créée en 1879 par Marc Fraissinet, publieront de magnifiques affiches éditées par Moullot fils aîné à Marseille.

Antibes

Cannes

Cote-d-Azur

La Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée

La Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, communément désignée sous le nom de Paris-Lyon-Méditerranée ou bien sous son sigle PLM, est l'une des plus importantes compagnies ferroviaires privées françaises. Elle é été créée le 19 juillet 1857 et sa nationalisation a eu lieu le 1er janvier 1938, lors de la création de la Société Nationale des Chemins de Fer Français (SNCF).

Desservant le Sud-Est de la France, et notamment la Côte d'Azur, la Provence, les Cévennes, et les Alpes, le PLM était la compagnie par excellence des départs en villégiature. La gare parisienne de cette compagnie était la Gare de Lyon. L'époquée du PLM a duré quatre-vingt ans et elle a façonné la France moderne en réduisant les distances, rapprochant les hommes et les marchandises, et en modelant les villes et la campagne. 

PLM-wagon

 

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19 octobre 2016

La Verdière et son château

La Verdière-Village

La Verdière a été occupée dès l’Antiquité étant donné les enjeux stratégiques et économiques que son site présentait. Le château, construit sur un ancien castrum, et la colline Notre Dame de la Salette, ancien oppidum pré-romain, sont les premières traces de cette occupation antique. La culture de la vigne, de l’olivier, du lavandin et l’élevage ovin et caprin constituèrent au cours des siècles des pratiques agricoles répandues qui ont profondément façonné le paysage. Bastides, cabanons, restanques et parcelles cultivées sont encore visibles aux environs du village et sont les témoignages persistants de cette agriculture méditerranéenne, voisinant avec de verdoyantes forêts de chênes et de pinèdes. Dès le Haut-Moyen Age, la colline qui abrite aujourd’hui le village fut un site fortifié, qui, attesté dès l'an 980 dans les archives, appartenait à la puissante famille de Castellane. Ainsi, l’histoire du village est totalement indissociable de l’histoire du château, puisque le village doit sa fondation et son existence au château. La population de La Verdière au Moyen-Age, composée pour la plus grande partie d’agriculteurs et d’artisans, travaillait en partie pour le compte de ces seigneurs qui lui assuraient en contrepartie une protection matérielle et physique des plus précieuses pendant ces temps troublés. La Verdière a dès lors été le type même du village perché dont l’administration était féodale. Irriguées par la source de Montbrien et massées autour du château, les habitations de La verdière se sont organisées en noyaux concentriques du Xe au XVIIe siècle. C’est ainsi que les rues du village, dont le tracé à la fois étroit et sinueux garde l’empreinte de l’époque médiévale, ont conservé de nombreuses maisons particulières qui suggèrent les activités commerciales et communautaires qui s’y déroulaient. De nombreux linteaux sculptés, de belles façades et plusieurs passages couverts participent à faire du village l’un des plus authentiques villages perchés du Var.

La Verdière-Château

Vue du village, de l'église et du château (Photo Nadine)

Famille issue de la noblesse d’épée, les Castellane feront du site fortifié de La Verdière un château-verrou contrôlant la route qui reliait la cité d’Aix à la Haute Provence. De ce château, subsiste un réseau complexe de salles voutées qui occupent les parties basses de l’actuel édifice. Une alliance fera entrer le château, le village et ses terres un temps dans le giron de la célèbre famille de Vintimille pour le faire revenir dans celui des Castellane. Au cours du XVIIe siècle, le château et ses domaines seront transmis par mariage à la famille provençale de Forbin par l'union d'Aymare de Castellane avec Vincent-Anne de Forbin. Tantôt militaires prestigieux, parlementaires éminents, intellectuels distingués et ecclésiastiques admirés, les Forbin jouèrent un rôle de premier plan en Provence et furent des mécènes prodigues. Le château fortifié de La Verdière, centre politique, économique et militaire du village, se métamorphosa ainsi dès le milieu du XVIIIe siècle en un palais d’apparat orné de gypseries d'une finesse et d'une richesse inouïes qui sont aujourd’hui considérées comme les plus belles de Provence. Les réceptions, les parties de chasse et les collections de peintures et de meubles précieux marqueront la vie de ce château au cours du XVIIIe siècle. Pendant la Révolution, en l’absence des propriétaires, ce château réputé sera sauvagement pillé et mutilé par une minorité de villageois, les collections d’oeuvres d’art détruites, volées ou brûlées par ignorance totale. Ne s’étant pas exilés hors de France pendant la tourmente révolutionnaire, les Forbin, contrairement à bien d’autres familles aristocratiques, purent toutefois reprendre possession en toute légitimité de leurs propriétés foncières et notamment des nombreuses bastides et du château de la Verdière qui sera patiemment restauré tout au long du XIXe siècle. Le dernier Marquis de Forbin d’Oppède, Palamède de Forbin (1816-1900), s’éteindra sans postérité. Après plusieurs aléas dans sa transmission et notamment plusieurs années d’abandon, le château (classé Monument Historique en totalité depuis 1986) aujourd’hui sauvé de la ruine, déploie des intérieurs provençaux qui ont retrouvé l’empreinte d’un art de vivre noble et raffiné.

L’église paroissiale du village, Notre-Dame de l’Assomption (classée Monument Historique) fut le centre de la vie religieuse du village et l’ancienne chapelle du château. Malgré le récent démantèlement de son campanile en façade, de nombreux éléments lapidaires sculptés, des voûtes cintrées et un portail de style roman sont remarquables. Elle abrite encore un mobilier sacré des plus précieux : de nombreux autels baroques en bois doré ornés de peintures religieuses des XVIIe et XVIIIe siècles sont visibles dans les chapelles latérales. Curiosité rare : une tribune surélevée, à droite de l’autel, permettait aux seigneurs de la Verdière d’assister aux offices depuis leur château, sans avoir à descendre dans l’église. Le territoire de la commune est également jalonné de nombreux édifices religieux. On trouve ainsi une statue représentant Notre Dame de la Salette (XIXe siècle), offerte par la famille de Forbin et ornant la colline éponyme au même titre que l’Hôtel-Dieu (aujourd’hui écoles communales) qui fut une structure de bienfaisance intégralement financée par ces derniers dès le XVIII° siècle. Dans le terroir de la Verdière, la chapelle Saint Roch, Saint Patron du village, présente une architecture comparable à la célèbre chapelle Saint-Sixte d’Eygalières (13) tandis que la chapelle Notre-Dame de Santé, lieu de pèlerinage attesté dès le XVème siècle, abriterait selon des traditions orales une pierre rapportée de Jérusalem en 1655 par un religieux.

Source : D'après un texte trouvé sur le site de la mairie de La verdière. Auteur : Alexandre Mahue, conférencier.

Pour en savoir plus sur le château :


Château de La Verdière en Provence

Le Chateau de La Verdière en Provence, classé monument historique vous accueille.

http://www.chateau-delaverdiere.fr

 

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18 octobre 2016

Un blog sur les ronds-points

Un lecteur m'a écrit. Il fait un blog sur les ronds-points et il cherche des correspondant(e)s pour faire des photos de ronds-points. Si cela vous intéresse, je vous donne le message que j'ai reçu.

"Vous avez tous des ronds-points prés de chez vous.

Je voudrais trouver un ou une correspondant(e) dans chaque département de l'hexagone ainsi qu'a l'étranger.

Ce ou cette correspondant(e) a de la famille ou des amis qu'il pourrait solliciter afin de prendre des photos de ronds-points ou de giratoires.

Il ou elle me les enverrait sur mon mail : jlk.dustade@orange.fr

Ceci afin de mailler le territoire.

Indiquez le nom de la ville ou du lieu-dit ainsi que ce que ça représente.

Indiquez aussi votre prénom et un lien de site ou de blog à faire connaître (si vous en avez un)".

Voilà ce n'est pas bien difficile pour aider Jean-Louis. Allez voir son blog, tous les ronds-points sont classés par départements. Merci pour lui.

Blog-rond-point

Ce blog ne contiendra que des photos de rond-point, giratoire et échangeur rond. Je vous demande de participer et de m'envoyer vos photos de rond-point près de chez vous ou en voyage et je les éditerai sur mon blog. Adresse mail : jlk.dustade@orange.fr

http://trobenet.canalblog.com

 

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13 octobre 2016

Articles à lire sur mon autre blog

Pont Vieux

J'ai publié deux articles sur mon autre blog qui vous intéresseront. Les bourgeois d'autrefois à Trans (en 3 parties) et A travers les archives : enfants naturels et inhumations.

Voici les deux liens :

A travers les archives : enfants naturels et inhumations - Trans en Provence au fil de la Nartuby

Les enfants naturels n'entraient pas honteusement dans la vie. Il faut arriver au XIXe siècle pour qu'ils deviennent, on ne sait pourquoi, un objet de mépris. A Trans, au XVIIe et XVIIIe siècles, ces enfants étaient presque toujours tenus sur les fonts baptismaux par des personnages de marque.

 

Les bourgeois d'autrefois à Trans (1) - Trans en Provence au fil de la Nartuby

Dans les documents de la première moitié du XVIIe siècle, on voit apparaître pour la première fois à Trans, des gens à qui on donne le qualificatif de "bourgeois". Jusque là ce terme ne c'était jamais appliqué à des Transians ; on le connaissait et on l'employait, mais pour désigner des bourgeois étrangers au village, par exemple des bourgeois dracénois avec lesquels la communauté ou des particuliers se trouvaient en rapport.

Bonne lecture...

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Autrefois, les épidémies

 

Peste de 1348

Aux siècles passés, la maladie est synonyme d'épidémie et l'on pense aussitôt aux deux fléaux que sont la peste et le choléra. Pourtant, une vulgaire grippe, une indigestion, une carence en nourriture, des accidents corporels, des mauvais traitements, entraînent également la maladie, parfois la mort, par manque de connaissance, de moyens et de soins. Les femme meurent très souvent en couches, les enfants nés avant terme ou dans les conditions précaires sont alors condamnés à coup sûr. Les maladies infantiles sévissent avec force et la sélection naturelle s'opère ; les couples ont une famille très nombreuse, 10 à 12 enfants, afin d'assurer leur succession, car combien arriveront à l'âge adulte ? Cependant, ce qui effraie le plus la population, ce sont ces cycles épidémiques qui font disparaître, en quelques jours, plusieurs membres d'une même famille ; ce mal se répand très vite dans tous les villages devant le désespoir général. La lèpre, épidémie redoutable, est apparue avec les légions romaines au début de l'ère chrétienne. Elle retrouve sa vigueur au moment des Croisades aux XIIe et XIIIe siècles. Les lépreux sont isolés dans des maladreries. De 1346 à 1720, la Provence subit la pandémie de peste noire. Pendant cette période, la peste se manifeste une année sur six en moyenne. Venu le l'Inde, le choléra apparaît en Europe vers 1830. La variole, aussi appelée petite vérole, est présente jusqu'à la fin du XIXe siècle. Elle sévit en permanence touchant un village puis un autre.

Instruction-populaire-choléra

Parmi les grandes épidémies, la grippe saisonnière qui prend une forme meurtrière pendant l'automne et l'hiver 1918-1919. La diphtérie, atteint, elle, les nourrissons en particulier. Le typhus épidémique, transmis par le pou, appelé populairement fièvre des camps, est responsable de nombreuses pertes humaines. Le manque d'hygiène, l'accumulation d'immondices, favorisent la prolifération des rats. Ces rongeurs sont atteints de la peste, mais il faut un intermédiaire pour qu'elle se transmette : la puce en est l'unique vecteur. L'épidémie se propage par les piqûres de puces, mais également par l'homme dans le cas de peste pulmonaire qui contamine les personnes en contact avec lui. La peste s'annonce par une légère douleur à l'aîne et débute par des frissons, des maux de tête, un enrouement. Puis surviennent, les vertiges, la prostration, le délire, la soif ardente. Le souffle devient court, lent, irrégulier. Au bout de deux jours apparaissent, là où la puce a piqué, les bubons ou ganglions lymphatiques qui se gangrène. Le corps refroidit, hoquets, vomissements, marbrures de la peau... annoncent l'issue fatale. La propagation de la peste est lié à la prolifération des puces, le fléau se ralentit pendant l'hiver et atteint son maximum en été. Les grandes invasions et les fréquents passages de troupes sont des causes de propagation de la maladie. Mais le plus souvent, les habitants, dans l'ignorance de l'origine du mal, vont attaquer toute personne suspecte. Ainsi les pauvres deviennent responsables de la peste, on les regroupe, on fait des listes, on cherche des parents à ces malheureux, afin de les prendre en charge. Enfin, on les enferme dans des sortes de camps où les germes de la peste vont proliférer. Les vagabonds doivent passer leur chemin sous peine d'être pendus. La surveillance s'exerce surtout dans certains lieux, comme les tavernes et les cabarets qui peuvent devenir des foyers d'infection. Les personnes inconnues et sans bulletin de santé ne peuvent être hébergées. Les foires et réunions publiques sont purement et simplement supprimées, car impossibilité de contrôle vu le nombre de personnes venant de différents endroits. Comment soigne-t-on ces maladies, quand on sait que le bacille de la peste ne sera découvert qu'en 1894 par Alexandre Yersin à Hong-Kong et le mode de transmission par la puce, en 1898. Le bacille du choléra sera découvert en 1854 par Filippo Pacini et redécouvert par Robert Koch en 1882.

Marchand_d'Orvietan

Jusque là, on emploie des remèdes de bonne femme. Contre la peste, un remède : l'orviètan, à base de vipères séchées est sensé soigner la gale, la teigne, la peste, la goutte, la vérole. De nombreuses plantes sont utilisées : les raves de Paris, les giroflées ou oeillets de jardins, la verveine femelle, les soucis, les lentilles d'eau et l'oranger. Pour lutter contre le choléra, au XIXe siècle, on retrouve des remèdes similaires, pourtant à cette époque, on voit apparaître les premiers médicaments encore fabriqués aujourd'hui : l'élixir Bonjean en 1854 pour faciliter la digestion et surtout combattre le choléra. Que devient le corps médical lors de ces épidémies ? Du XVIe au XIXe siècle, il est peu efficace, car le nombre de médecins est très faible et la pratique presque nulle. Cependant, la population ne s'en plaint pas. On n'appelle pas le médecin dès le moindre mal. Il existe dans les villages importants des chirurgiens qui contrairement à notre époque sont également barbiers, aux ordres souvent du médecin. Ils sont chargés d'ouvrir les abcès superficiels, de panser les plaies et surtout de faire les saignées. Il existe également le Magistrat de Santé : diverses personnalités politiques et médicales se réunissent afin de recenser les besoins. Des Capitaines de Santé coordonnent la liaison entre cet organisme et les villages ou hameaux touchés par une épidémie. Il s'agit de mettre en place un cordon sanitaire, surtout efficace au XVIIIe siècle, lors de la grande peste de Marseille. Toute personne voulant entrer en Provence doit présenter un billet de santé mais également être mise au parfum dans un lazaret. C'est un établissement spécial où l'on enferme les personnes en quarantaine dans un local clos et où l'on jette sur des braises un mélange de genièvre, encens, myrrhe, soufre, poix, résine et salpêtre : un quart d'heure par séance. Tous est parfumé pour entrer en Provence, même le courrier ! Toute personne ne satisfaisant pas à ces deux règles est passée par les armes ! Le contrôle de la nourriture est nécessaire, quand on sait que les bouchers n'hésitent pas à vendre de la viande avariée. L'hygiène est inexistante, et lors des épidémies, on doit interdire les sépultures dans les églises qui deviennent de véritables nids à microbes. Les morts sont ensevelis à 60 cm à peine dans le sol de l'église constamment ouvert pour une nouvelle sépulture ; ces lieux sont dans un état de puanteur extrême. En période d'épidémies les morts sont ensevelis en dehors des habitations. On a chassé les vivants, on éloigne également les tombes. Mais est-ce suffisant comme prévention ? Seule solution connue : éloigner les malades et les loger à l'extérieur des villages et hameaux, d'où l'expression "mettre en cabane"... qui est en fait un terme médical. Tout ce qui appartient au malade est brûlé avec de nombreux parfums. Après la mort, les corps sont enterrés dans de grandes fosses ou tout simplement jetés à la rivière.

Peste-robe du médecin

Il faut parfois se rendre auprès du malade, alors pas d'autre solution que l'habit de contagion, sorte de grande robe de cuir avec chapeau et gants, masque à bec pour respirer l'air sain filtré à travers des plantes aromatiques. A la main une baguette qui sert à l'estimation du pouls du malade... ! Dernière ressource fasse à la maladie : la religion. Selon la croyance, les épidémies sont le reflet de la colère de Dieu. On va donc prier les saints protecteurs : Sébastien et Roch ainsi que Fabien. Au XVIe siècle, de nombreuses processions ont lieu : les boutiques doivent être fermées, les rues nettoyées sur le passage du cortège. Tout les habitants doivent y participer sous peine d'amende. Il faut attendre le XXe siècle (dernière alerte de la peste à Marseille et Paris en 1920) pour qu'une importante dératisation permette d'enrayer rapidement cette terrible maladie. Le développement de l'hygiène en dehors des périodes à risque et la découverte des vaccins vont arrêter l'évolution de ces maladies épidémiques. 

Auteur : G.Bisillai-Donnet dans Bulletin de généalogie. Texte arrangé par Nadine.

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07 octobre 2016

La pomme d'amour

 

TOMATE

Les Conquistadors espagnols et portugais revenaient du Nouveau Monde les cales chargées d'or et de pierreries mais aussi de quantités d'épices, de fruits et de plantes jusque-là inconnus en Europe : parmi toutes ces caisses de bois plantées de fragiles boutures qui survécurent aux rigueurs et aux dangers du voyage, quelques sacs de graines de tomate. La tomate s'est parfaitement acclimatée tout autour de la Méditerranée, mais il fallut attendre le XVIIIe siècle pour qu'elle fasse son apparition en Provence, et encore ne fut-elle considérée pendant bien longtemps comme une plante d'ornement. Ce n'est qu'au XIXe siècle qu'elle fit vraiment partie de la cuisine provençale. La Provence est aujourd'hui l'un de ses principaux lieux de production. C'est un fruit d'été, qui peut être cultivé toute l'année sous serre. Mais les tomates de plein champ sont bien plus savoureuses et l'époque de cette production se situe de mai à septembre. La plupart des tomates vendues dans le commerce sont curieusement d'un rouge uniforme et parfaitement calibrées, comme si on les avait faites au moule, cela pour rassurer sans doute un consommateur peu averti. Heureusement, l'été, sur nos marchés paysans, on trouve toutes sortes de variétés de tomates, de toutes tailles, de toutes couleurs, chacune ayant ses qualités et se prêtant mieux que les autres à telle ou telle utilisation. Les Provençaux font leur salade de tomates avec des fruits peu mûrs, très fermes, juste quand ils commencent à rougir, qu'ils sont encore roses pâle avec des traces de vert. Ils y ajoutent un filet d'huile d'olive, quelques feuilles de basilic et quelques grains de sel pour tout assaisonnement. Surtout pas de vinaigre ni de moutarde, l'acidité naturelle et le parfum délicat de la tomate suffisent largement. Le même assaisonnement conviendra parfaitement pour une salade de "tomates russes" choisies mûres, mais fermes. Ce sont de très grosses tomates de forme irrégulière, à tranches marquées comme celle d'une courge, parfois tachetées de jaune. Leur aspect déroute souvent quand on ne les connaît pas encore, mais elle sont véritablement exquises et leur chair sucrée, juteuse et très parfumée, en fait un fruit vraiment exceptionnel. Les olivettes, tomates petites, longues et fermes sont parfaites pour les sauces et les coulis ; et les tomates rondes, vidées de leur jus et de leurs graines, acceptent avec bonheur d'être farcies d'un reste de daube hachée avec du riz, et gentiment confites à four doux. Mais, puisque la tomate est un fruit, voilà ci-après comment confectionner une délicieuse confiture avec des tomates mûres. Il faut des tomates de plein été, très rouges et gorgées de soleil. Choisissez-les un peu grosses et bien fermes, car il va falloir leur ôter la peau. Pour cela, plongez-les une ou deux minutes dans une bassine d'eau en ébullition. Sortez-les en vous aidant d'une écumoire. Dès qu'elles seront un peu refroidies, vous constaterez que la peau s'enlève très facilement. Outre que celle-ci est parfaitement indigeste, il se trouve qu'elle a une fâcheuses propriété de durcir en cuisant dans le sucre et qu'elle devient très désagréable sous la langue une fois confite. Donc, lorsque vos tomates sont pelées, ôtez également la partie dure près de la queue puis coupez les chairs en morceaux et pesez-les. Ajoutez 750 grammes de sucre par kilogramme de fruits. Fendez trois bâtons de vanille, grattez l'intérieur avec un petit couteau et mettez tout cela dans la bassine avec les fruits et le sucre. Couvrez d'un grand linge propre et laissez reposer toute la nuit. Le lendemain, portez à ébullition, à feu doux et en remuant de temps en temps. Laissez cuire une dizaine de minutes, puis, éteignez le feu et laissez refroidir. Ajoutez alors un verre de bon vieux rhum de la Martinique et recommencez la cuisson comme précédemment. La confiture est prête lorsqu'une goutte de jus se fige au contact d'une assiette. Vous pouvez mettre en pots immédiatement sans laisser refroidir. Cette confiture est aussi bonne étalée sur une tartine de pain de campagne beurrée pour le petit-déjeuner ou le goûter, que servie en dessert pour accompagner une faisselle de brebis ou une petite brousse de chèvre.

 Source : "Couleurs de Provence" Michel Biehn - Flammarion.

Tomates

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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