Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

La Basse-Provence

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

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08 août 2020

La pistole de Brignoles

 

Prunes

Prunes de Brignoles dites pistoles (Photo du site Provence 7)

Disparu au XVIIIème siècle, le commerce de la prune séchée, une spécialité de la ville de Brignoles, tend à se développer à nouveau. Servie à la cour des rois de France dès François 1er, la prune de Brignoles était un mets très apprécié. La fabrication de la pistole, cette prune séchée et aplatie comme une pièce d'or était très longue. C'était un produit de luxe exporté à l'étranger ou encore acheté localement pour la déposer sur la table à la Noël avec les treize desserts. Pourquoi la pistole de Brignoles est-elle aplatie ? Le seigneur de Vins (Vins-sur-Caramy), grand propriétaire foncier, refusant de payer ses impôts s'attira la colère des habitants. Ils saccagèrent alors ses terres et coupèrent 18 000 arbres de ses vergers. Ainsi, les fameux pruniers auraient péri, ce qui entraîna la perte du commerce des prunes de Brignoles au profit de celles de Digne. Cependant, un prunier aurait survécu au carnage, un seul prunier qui était à l'abri, caché dans le jardin du presbytère. Protégé dans ses murs, il aurait alors traversé les siècles, attendant qu'une main vienne prendre soin de lui pour multiplier la variété oubliée. Pour la petite histoire, en 1588, à Blois, quelques instants avant de tomber sous les coups de ses meurtriers, le Duc Henri de Guise demanda à son valet de chambre de lui donner quelques prunes de Brignoles. Durant des décennies, l'arbre fruitier a été mis de côté au profit d'autres cultures, notamment celle de la vigne qui prospérait en Provence. Aujourd'hui, il ne reste qu'un millier d'arbres. Néanmoins, la prune et la vigne peuvent être cultivées ensemble. La diversité des cultures favorise la biodiversité et prévient les risques phytosanitaires liés à la monoculture.


Une association (Association de la prune de Brignoles) visant à protéger la prune a été créée et sous son impulsion, la prune de Brignoles est donc à nouveau sous les feux des projecteurs, ou plutôt sous les feux des viticulteurs. Ils font en sorte de relancer la culture du Perdrigon violet. Cette variété unique, ramenée de Damas par les Croisés, n'a jamais été greffée, ce qui lui confère une qualité nutitive hors du commun. Cet arbre fruitier, jamais malade, demandant peu de soins, très productif, a tout pour plaire. Cuit, il est délicieux en pistole, confiture, sirop, coulis, pâte de fruits et même en apéritif, eau de vie, gâteau, glace, calisson, macaron. Les grands chefs cuisiniers l'utilisent pour réaliser des plats élégants et raffinés. De même, les laboratoires cosmétiques s'intéressent de plus en plus aux richesses de ses feuilles. Des démarches pour obtenir une indication géographique protégée ont été engagées. Une fête sera organisée par l'association de la Prune de Brignoles, le dimanche 22 septembre 2020 dans le cadre des journées du Patrimoine qui comprendra des intronisations par la Confrérie de la pistole, des dégustations, des expositions, des démonstrations de danses et musiques provençales, un marché, un banquet et de nombreuses autres animations.

Source : Magazine Le Var - Eté 2020 - N°9 édité par le Conseil départemental du Var.

Prune de Brignoles

La fabrication

Les prunes de Brignoles se récoltent au mois d'août. On attend qu'elles soient bien mûres pour les faire tomber en secouant l'arbre légèrement. Les prunes sont préparées à domicile dans des soleilhadours, séchoirs situés en haut des maisons. Elles sont pelées avec un couteau en canne de Provence, enfilées ensuite sur de petites buchettes en bois que l'on dispose sur une sorte de tourillon de paille. Le tout est suspendu à des arbres au midi, puis rentré le soir pour éviter l'humidité. Après une huitaine de jours les prunes sont désenfilées : le noyau est expulsé par pression avec les doigts. On aplatit et on arrondit les prunes qui sont placées sur des claies puis on termine de les sécher en les tournant régulièrement. Une des caractéristiques de cette prune séchée est qu'elle flambe si on l'approche d'une flamme.

Autrefois, les prunes étaient conditionnées dans des massepans ou boîtes, garnies de papiers. Sur le couvercle, on apposait les armoiries de la ville. Dans un premier temps, ces prunes se sont vendues sous le nom de "Brignolles", mais l'imagination des provençaux a fait que les "Brignolles" sont devenues des "Pistoles" dès la fin du XVIIIème siècle, du fait de leur ressemblance avec une pièce de monnaie portant ce nom.

Source : Ville de Brignoles - Histoire de la pistole

 

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02 août 2020

Excursion au lac d'Esparron-du-Verdon

C'est à l'occasion d'une excursion à la découverte du lac d'Esparron-du-Verdon dans les Alpes-de-Haute-Provence que j'ai fait le plein de photos pour vous montrer la beauté de cet endroit.

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Le lac d'Esparron est une retenue artificielle, mise en eau en 1967, suite à la construction du barrage de Gréoux, sur le cours du Verdon. Il est situé près du village d'Esparron-de-Verdon dans les Alpes-de-Haute-Provence. Dernière retenue, celle qui est la plus en aval des cinq établies sur le Verdon depuis 1963, le lac d’Esparron est le troisième par sa superficie (3.28 km2) après le lac de Sainte-Croix et le lac de Castillon. Son volume est de 80 millions de m3. Sa mise en eau a inondé toute la plaine que surplombait le village, faisant monter le niveau de la rivière jusqu'à 8 kilomètres en amont du lac, dans les Basses Gorges, jusqu'à Quinson. Ceci a eu pour conséquence de couper l'ancienne route menant à Saint-Julien-le-Montagnier dans le département du Var et d'engloutir le pont, seul édifice humain noyé au fond de ce lac.

La profondeur maximale de 55 m se mesure à l'aplomb du barrage.

Le lac d'Esparron est un important centre de tourisme estival, fréquenté pour les loisirs aquatiques et pour la pêche. Comme sur l'ensemble des eaux du Verdon, l'utilisation d'embarcations à moteur est interdite, seuls sont autorisés les bateaux électriques et la pratique de la voile.

Sur la rive faisant face au village d'Esparron-de-Verdon se trouvent les vestiges de l'ancien canal du Verdon. Creusé sous Napoléon III par plus de 500 bagnards, il longeait la rivière depuis Quinson afin d'alimenter le bassin d'Aix-en-Provence.

Sur cette même rive, à proximité de la plage de St-Julien, se trouve la première des deux imposantes prises d'eau qui participent à l'alimentation du canal de Provence. L'eau passe ensuite par la Galerie des Maurras et d'autres galeries et canaux ouverts pour débuter comme Canal de Provence près de Rians.

 Source : D'après Wikipédia - l'Encyclopédie libre.

Je vous laisse découvrir cette vidéo qui vous permettra de vous promener dans les rues du village d'Esparron et de flâner au bord du lac aux eaux turquoises.

 

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24 juillet 2020

Jules Gérard de Pignans, le tueur de lions

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Acte de naissance de Cirille Jules Basile GERARD

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Cirille Jules Basile Gérard dit Jules GERARD est né à Pignans (Var) le 14 juin 1817

Son père, Calixte François GERARD, né à Cotignac, était percepteur des contributions directes de la commune de Pignans. Il mourut à Pignans le 28 juin 1829 à l'âge de 48 ans. Son acte de décès précise qu'à cette époque, il était juge de paix du canton de Besse et chevalier de l'Eperon d'or (voir l'explication sur cet ordre à la fin de l'article).
Jules manifesta de bonne heure une véritable vocation pour l'état militaire. Il aimait beaucoup la chasse, première passion des âmes vigoureuses comme la sienne. Il termina toutes ses études à l'âge de quinze ans. A vingt et un ans, il tira un bon numéro dans l'urne de la conscription au grand désespoir de sa mère qui ne voulut pas le laisser partir. Il en tomba malade et on lui ordonna de voyager en Italie. Il parcourut le pays puis s'embarqua pour l'île de Malte. C'est là qu'un soir se trouvant dans un café à La Valette, il tomba sur un journal de France. Les soldats allaient se battre en Afrique, Abd-el-Kader levait le drapeau de la guerre sainte ! Jules écrivit à sa mère qu'il était né pour le métier des armes et qu'il partait en Algérie. Voyant la détermination de son fils, sa mère ne put que se résoudre à le laisser partir.

Spahis

Le 13 juin 1842, il s'inscrivit comme engagé volontaire au rôle du troisième régiment de spahis en garnison à Bône. Dès lors, l'existence du spahis, ce cavalier d'avant-garde, frère du zouave, dont il a toutes les qualités et tous les défauts, plonge Gérard dans le ravissement. Jamais soldat n'apporta plus d'ardeur à se former aux manoeuvres. Six mois après son entrée au corps, on lui donnait les galons de brigadier. Ses chefs l'aimaient pour sa bravoure, son air digne, ses initiatives, son adresse au tir à la cible et pour son courage à la chasse au sanglier, à la hyène et au chacal. Depuis deux ans, Gérard était au service. Les environs de Bône étaient presque pacifiés. Tout le service de garnison consistait à surveiller les tribus insoumises. Il saisit bientôt l'occasion de se rapprocher de l'ennemi en se faisant inscrire au nombre des hommes destinés à former l'escadron de Guelma. Gérard parlait fort bien l'arabe, il s'était familiarisé avec les moeurs des indigènes. 

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Là, il apprend qu'un lion, descendu de la montagne, sème la terreur et la désolation dans le pays d'Anchouia, situé à vingt-quatre kilomètres du camp français. Gérard s'exalte et prend la résolution de combattre le monstre. Il va trouver son chef d'escadron, le capitaine Durand, pour lui demander son autorisation et le voilà en route. Le 8 juillet 1844, à six heures du soir, au moment où il s'est placé en embuscade, il entend un rugissement terrible. Aussitôt, il arme son fusil à deux coups. Un des chiens se brise. Gérard ne recule pas. "Bon, se dit-il, il faut que je le tue d'une seule balle !" Deux spahis l'ont accompagné dans son expédition. Gérard traverse un bouquet de lentisques et de pistachiers qui le sépare du lion. "Ne me suivez pas, abritez-vous, dit-il à ses compagnons, et surtout ne tirez que si je le manque". Soudain le lion paraît. Seulement vingt pas le séparent du chasseur. Il relève sa tête énorme, sa crinière se hérisse, il va bondir. Mais l'héroïque brigadier le tient en joue. Il presse la détente, le coup part. Le lion foudroyé laboure la terre de ses bonds convulsifs. Une balle lui a pénétré dans le crâne entre les deux yeux. L'intrépide Français repart annoncer la bonne nouvelle. De tous côtés retentissent des cris de triomphe et d'allégresse. Les torches s'allument, des coups de feu donnent le signal d'une fantasia délirante. Tout le monde se presse autour de Gérard, tous veulent toucher sa main glorieuse. Le lion dépouillé pesait deux cent cinquante kilos et mesurait trois mètres de long. Gérard, à dater de ce jour fut presque un dieu pour les Arabes. Ils lui donnèrent les titres les plus pompeux : chérif, cheik, émir, sultan des lions. Son nom se répandit dans toutes les peuplades voisines. Trois semaines après la mort du premier lion, quelques Arabes de la Mahonna, viennent implorer son secours. Un autre roi du désert leur enlevait chaque nuit hommes et bestiaux. Il demande à nouveau une permission et se rend accomplir sa nouvelle mission. Cette fois, il est mieux armé. Son fusil contient un double lingot de fer. Le 4 août, vers deux heures du matin, il voit arriver le plus gigantesque et le plus audacieux des lions africains. Il ajuste la bête au moment où elle se dresse la gueule ouverte. Il tire et abat le lion.

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Ainsi dans l'espace de vingt cinq jours, un obscur brigadier de spahis a tué deux lions. En récompense de son dévouement et de son intrépidité, le général commandant la subdivision de Bône lui fit cadeau d'un fusil d'honneur et voulut le présenter au duc d'Aumale. Celui-ci demandait à connaître un homme dont l'histoire tenait du prodige. Il reçut le tueur de lions à bras ouverts et lui donna la plus belle de ses carabines.
Jules Gérard n'a jamais perdu le souvenir de ce touchant accueil du fils de Louis-Philippe. Au nombre des services rendus par le jeune sous-officier de spahis, il faut signaler celui d'avoir mis un terme à l'incertitude où la science flottait encore, au sujet du véritable caractère du lion. Le chiffre des monstres africains tués par Jules Gérard s'élève en 1857, à vingt-six ! Par la suite, il fut nommé sous-lieutenant du 3ème spahis en récompense de son comportement lors du siège de Zaatcha, puis devint lieutenant et enfin capitaine.
Gérard mourut en Afrique lors d'une nouvelle expédition au cours de l'année 1864. Il se noya en territoire de Sierra-Leone, en traversant le Jong, grossi par les pluies. Il n'était âgé que de 47 ans.

Source : La chasse au lion par Jules Gérard - Le tueur de lion - Portrait et biographie de l'auteur par Eugène de Mirecourt. Mort de Jules Gérard.

Nota de Nadine : Pour la petite histoire, Jules Gérard a inspiré à Alphonse Daudet le personnage de Tartarin de Tarascon.

Tueur-de-lions

Complément

Le père de Jules Gérard était Chevalier de l'Eperon d'Or, en voici l'explication : cet ordre a été créé dans les Etats romains, en mars 1559, par le pape Pie IV, sous le nom d'ordre de la Milice Dorée, dans le but de récompenser les personnes qui se distinguaient dans les sciences, les arts et les armes. Les membres portaient le titre de Chevaliers-Pie, du nom du fondateur de l'ordre. Plus tard, il prit la dénomination de l'Eperon d'Or, et se conserva pendant des siècles avec la pureté de son institution primitive. Il fut successivement confirmé par les papes qui suivirent Pie IV, et notamment par Grégoire XIII, en 1572 ; Sixte V, en 1585 ; Benoît XIV, en 1740. Mais le temps l'altéra, et, plusieurs familles princières de Rome, des dignitaires de l'Etat, nonces, légats, s'étant arrogés le privilège d'en conférer les insignes, il fut accordé sans réserve ni ménagement et perdit la considération dont il avait si longtemps été entouré, ce qui engagea le pape Grégoire XVI à le remplacer, le 31 octobre 1841, par l'ordre de Saint-Sylvestre, ou de l'Eperon d'Or réformé.

Source : Dictionnaire des Ordres de Chevalerie.

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18 juillet 2020

Aups, aux portes du Verdon

Comme le dicton local le souligne : "Qui vient à Aups, y revient. Qui n’est pas d’Aups, voudrait en être. Qui y est né, ne s’en va plus… "

 Aups est située aux portes du Verdon sur les premiers contreforts des Alpes, à 500 mètres d'altitude. Elle est au pied de la montagne des Espiguières (880 m), rempart de tuf percé de nombreuses grottes et avens dont Sainte-Magdeleine et Plérimond, et d'un plateau fertile arrosé par le torrent de la Grave et par de nombreuses sources qui coulent dans les fontaines de la ville. La végétation est essentiellement composée de pins d'Alep, de chênes verts et pubescents pour la trufficulture et d'oliviers (forêt des Uchanes, de la vallée de l'Espiguière, de Pelenq…). A partir de 700 mètres d'altitude, on voit des pins sylvestres, buis et chênes kermès. A signaler que la commune fait partie du parc naturel régional du Verdon depuis 2000.

Aups-vue d'ensemble

Aups

Histoire

Le village s'est successivement appelé au cours de l'Histoire : oppidum de Alpibus puis castrum de Alpibus, castrum de Almis, puis Alps et enfin Aups. Il a été occupé par les Oxybiens pendant l'époque romaine, à l'emplacement du plateau de Saint-Marc situé sur la via Aurelia (voie romaine qui allait de Fréjus (Forum Julii) à Riez (Forum Reii)). Jules César y serait passé lors de la conquête de la Gaule. Aux alentours du village, on a retrouvé des traces de cette présence romaine, comme un ancien hôpital et des bornes milliaires au Plan de Canjuers (Campus Julii ou camp de Jules). Aups a été conquise par les Sarrasins au Xème siècle avant la victoire de la bataille de Tourtour. La mort de la reine Jeanne 1ère entraîne une crise dans la  succession à la tête du comté de Provence, car les villes de l'Union d'Aix (1382-1387) soutiennent Charles de Duras contre Louis 1er d'Anjou. Aups fait partie de l’Union d’Aix, avant de faire promesse de reddition le 8 septembre 1387 à Marie de Blois, hommage est prêté le 5 novembre de la même année. Plus tard, le roi René érige Aups en baillie indépendante en la détachant de la baillie de Barjols. Un an plus tard, elle retombe sous l'autorité de cette dernière, jusqu'à ce que François 1er décide d'en faire une circonscription à part entière, par lettres patentes données en 1533. L'ancien chapitre noble de Valmoissine est transféré à Aups par le pape Alexandre IV en 1499. Pendant les guerres de Religion, les huguenots du baron d'Allemagne (Allemagne en Provence dans les Alpes de Haute-Provence) attaquent le village le 16 août 1574 et massacrent 30 Aulpins.  La commune appartient depuis l'an mil à la famille ducale de Blacas d'Aups, grande famille historique de la région. Cependant, à la suite d'un procès débuté en 1346 et qui durera près de quatre siècles entre les ducs de Blacas et le village d'Aups, la ville obtient en 1712 de ne dépendre juridiquement que du roi de France. 

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A cette occasion, on fondit une cloche, encore visible aujourd'hui dans le campanile de la tour de l'Horloge. Cette cloche porte l'inscription "Je suis la joie de tout le monde" pour garder en mémoire ces jours de liesse qui marquèrent cette victoire. Peu avant la Révolution française, l’agitation monte. Outre les problèmes fiscaux présents depuis plusieurs années, la récolte de 1788 a été mauvaise et l’hiver 1788-1789 très froid. L’élection des Etats généraux de 1789 avait été préparée par celles des Etats de Provence de 1788 et de janvier 1789, ce qui avait contribué à faire ressortir les oppositions politiques de classe et à provoquer une certaine agitation. C’est au moment de la rédaction des cahiers de doléance fin mars, qu’une vague insurrectionnelle secoue la Provence. Une émeute à caractère politique se produit à Aups le 26 mars. Une foule de paysans et de femmes s’attaque aux possédants biens, dont Brouilhony de Montferrat. Celui-ci tire pour se défendre et blesse deux émeutiers : il est massacré, son corps mis en pièce. Dans un premier temps, la réaction consiste dans l’envoi d’un détachement de l’armée sur place. Puis des poursuites judiciaires sont diligentées, mais les condamnations ne sont pas exécutées, la prise de la Bastille comme les troubles de la "Grande peur" provoquent, par mesure d’apaisement, une amnistie début août.

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En 1804, Aups annexa la commune de Fabrègues, alors peuplée de seulement 22 habitants vivant dans le château de Fabrègues et ses maisons voisines. En 1851, Aups fut le centre de l'insurrection varoise républicaine contre le coup d'état de Napoléon III. La colonne de répression commandée par le colonel Pastoureau arrive à Aups le 10 décembre. La bataille se conclut par une victoire du 50ème de ligne, qui a un mort, contre cinquante dans les rangs des insurgés. Un obélisque a été érigé en 1881 en honneur des nombreux républicains morts sur la place Louis Martin Bidouré, héros de cette rébellion. qui fut exécuté deux fois (Il est arrêté, porteur d’un message sur la route de Tourtour. On le fusille sur place, mais mal. Revenu à lui, il se traîne chez des paysans. Dénoncé il est capturé de nouveau, on l’exécute, cette fois, avec plus d’attention que la première…). On trouve aussi un mausolée dans le cimetière de la commune.

Le village est un haut-lieu de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. De sanglants épisodes ont valu à la commune d'obtenir la croix de guerre avec palmes.

Truffes

De nos jours

La ville vit essentiellement du tourisme, mais aussi de la rabasse (truffe en provençal), du miel et de la production d'huile d'olive... Aujourd'hui, l'exploitation du domaine oléicole "Château de Taurenne", producteur d’huile d’olive AOC Provence, s’étend sur les communes d’Aups et Tourtour sur 253 hectares avec plus de 10 000 oliviers sur 30 hectares. En 2014, c’est le "Fruité Noir" qui a été récompensé par une médaille d’or au concours des huiles d’olive de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. La palette aromatique et gustative est large : Bouteillans, Aglandaus, Grossanes, Cayons, Petits ribiers. Aups est aussi le troisième producteur, derrière Richerenches et Lalbenque, de truffes. Le marché de la truffe se tient le matin du dernier jeudi du mois de novembre à fin février (voire mi-mars si la production le permet). Aups est très réputé en tant que producteur de "rabasses".

Source : D'après un article paru sur Wikipéda  - l'encyclopédie libre. Les photos sont de Nadine sauf la première et celle des truffes.

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11 juillet 2020

Le Muy : Pierre Taxil raconte l'histoire de la vieille malle

 

Expo Pierre Taxil

 

Posted by Association Pour La Preservation Du Patrimoine Le Muy on Wednesday, January 17, 2018

Je vous propose de voir aujourd'hui un diaporama mis en scène par l'Association pour la Préservation du Patrimoine du Muy.

Ce diaporama-vidéo rend hommage à mon cousin Pierre Taxil. Pierre était comme moi, un passionné de son village, un chercheur, un farfouilleur et un dénicheur de cartes postales anciennes, de vieilles photos, de documents qu'il trouvait dans les archives, que les gens lui prêtaient ou lui donnaient. Il avait réalisé au moins deux soirées, il me semble, au cours desquelles il avait présenté des cartes postales et des photos du Muy qu'il projetait sur un écran. La salle des fêtes était comble, il avait eu un succès fou. Les gens étaient emballés. Pierre faisait revivre leur village, leurs parents, leurs familles, leurs amis. Ils étaient heureux et ravis et Pierre l'était aussi. Il donnait sans compter, il partageait son savoir. Il avait fait une fois, une magnifique exposition sur l'école. Il avait réussi à collecter vieux bans d'école, tableau, livres, cahiers pour recréer une salle de classe. Mais surtout, il avait exposé des photos de classe et avait mis les noms des élèves dessous. Tous pouvaient se voir et se reconnaître. C'était fantastique et tellement émouvant ! J'avais réalisé, sans le lui dire, son arbre généalogique et je le lui avais offert sous forme d'un épais document qui comportait tableaux généalogiques, photocopies d'actes d'état-civil et paroissiaux et photos de sa famille. Je crois que c'était le plus beau des cadeaux que je pouvais lui faire.

Dans ce diaporama, Pierre raconte ce que lui et ses copains faisaient pour se distraire, quand ils étaient jeunes. Il explique qu'ils avaient pris une vielle malle quelque part et que pendant quelques temps, ils avaient trimballé cette malle chez un et chez l'autre dans Le Muy. Les gens les voyaient passer avec cette malle et ils s'interrogeaient quant à son contenu. C'était pour eux, un moyen de s'amuser, de passer le temps. Il raconte aussi qu'ils allaient tous en groupe participer aux fêtes locales dans les villages des alentours, à des soirées à thème également, telle celle de "l'école", à Fréjus, pour laquelle ils s'étaient déguisés. A Fayence, ils étaient allés à un "mariage" avec une vieille poussette dans laquelle ils avaient mis un de leurs copains. C'était le bon vieux temps. Le temps de l'insouciance et de l'amitié sincère. Le temps de leur jeunesse.

Sur une des photographies présentées dans ce diaporama, il y a mon grand-père : Marius Barret (1893-1962) et son père, mon arrière-grand-père donc : François Barret (1864-1933). Pierre m'avait fait refaire la photo et me l'avait donnée.

Merci à toi Pierre pour tout ce que tu as réalisé.

Exposition en hommage à Pierre Taxil

Soumis par Anonyme le lun, 20/03/2017 - 15:11 Conjointement avec l'ouverture du Moulin de la Tour et pour rendre hommage à l'ancien président de l'association Aco M'Agrado, Pierre Taxil, disparu prématurément il y a 10 ans, une exposition reprenant une partie de sa collection de photographies et cartes postales anciennes relatant la vie d'antan, a été organisée en son honneur.
http://www.ville-lemuy.fr
Les lavandières du Rabinon - Passion Provence

Pierre Taxil, un de mes cousins muyois trop tôt disparu, était un amoureux de son village, un provençal dans l'âme. Grand collectionneur de cartes postales anciennes et de photos du Muy, il avait fait plusieurs expositions (voir l'affiche de la dernière faite par sa femme en son hommage).
http://www.passionprovence.org

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04 juillet 2020

La véritable et dramatique histoire des crétins des Alpes

Les crétins des Alpes

Au XVIIIème siècle, les quelques voyageurs qui s'aventuraient dans les vallées alpestres rapportaient à la fois des souvenirs grandioses et des visions inquiétantes : celles des crétins et des goitreux des Alpes. De pauvres hères qui ont subi un terrible dysfonctionnement de la thyroïde en raison du manque d'iode dans ces terres reculées. Ces simplets difformes deviennent ainsi des êtres insolites et pittoresques, que l'on cherche presque à croiser au bord du chemin, comme l'ours au fond des forêts…

"Les imbéciles, qu'on appelle crétins, sont en grand nombre, explique ainsi Thomas Martyn dans son "Guide du voyageur en Suisse", publié en 1788, en évoquant le Valais. Ici, les goitres ou encore les cous enflés commencent également à être communs. Leur corps ressemble à celui d'un nain, la physionomie est difforme et sombre, et l'esprit est dépourvu de toutes ses facultés. Il ne reste dans quelques-uns qu'un mouvement lourd et pesant, avec une grimace qui ne signifie rien ou qui montre seulement que le crétin est un simple animal vivant." Certains iront même les placer en dessous de l'animal, c'est dire la considération qu'on avait pour ces malades !

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Vers 1850, en France, on recense environ 20 000 crétins et 100 000 goitreux dans les régions montagneuses, notamment autour des massifs des Alpes (Hautes et Basses-Alpes) et des Pyrénées, soit vingt-quatre départements touchés, ce qui est loin d'être négligeable. "Le crétin est de petite taille et son infantilisme se poursuit longtemps, détaille un médecin de l'époque dans sa thèse. Le front est bas, le faciès souvent ridé, la mimique inexpressive. Quant à l'état mental, il va de l'idiotie jusqu'à l'arriération simple, suivant les cas." Car la Faculté de Médecine commence fort heureusement à s'intéresser au sujet : des études sont lancées, des experts décortiquent les causes et les symptômes. Tout y passe, on met en cause les miasmes d'altitude, la toxicité géologique, la qualité des eaux, la consanguinité des familles… Quelques médecins pionniers, notamment suisses, pointent du doigt le déficit d'iode dès le premier quart du XIXème siècle, mais ne seront guère écoutés, hélas.

"L'histoire du crétinisme et de son éradication est celle d'un retard, estime l'historien Antoine de Baecque. Celui d'une recherche médicale qui, par ses hésitations, ses disputes, ses certitudes aveugles et ses susceptibilités mal placées, a sacrifié à sa prudence et à ses dissensions, trois générations de crétins." Soit environ 50 000 hommes, femmes et enfants entre 1830 et 1900, tous victimes de handicaps qui auraient pu leur être évités.

Couple de crétins des Alpes

 

Pendant des années, ces malheureux sont cachés, dans les familles ou les asiles, les villages faisant souvent oeuvre de charité en leur trouvant de simples emplois agricoles. Certains aliénistes prônent un début de suivi, une forme de rééducation dans des centres adéquats, notamment en Suisse, mais qui sont cependant peu nombreux. On tente des expériences innovantes, comme cette fameuse chorale de la Salpêtrière, ou des crétines sont mélangées à d'autres patientes pour interpréter quelques oeuvres en public, et souvent avec brio. L'idée est d'occuper ces malheureuses avec un emploi du temps précis : dessin, musique, répétitions, promenades, le tout rythmé par des prières et des cantiques, l'Église prenant part à la "sainte croisade contre le mal". En marge de cette prise en charge, d'autres pratiques bien plus discutables sont menées comme des opérations d'ablation de goitre ou des études scientifiques variées faisant du crétin un cobaye, un sujet d'expériences d'autant plus faciles à réaliser que les familles s'en détournent. Cependant, il faut attendre le début du XXème siècle pour que l'on songe enfin à s'attaquer aux racines du mal par une prophylaxie adaptée. Encore une fois, l'initiative viendra de la Suisse, où, dès 1922, on commence enfin à distribuer du sel de cuisine iodé à la population, ainsi que des pastilles spécialement préparées pour les enfants. En quelques années, la diminution du crétinisme et la forte réduction des goitres sont sidérantes : tous les pays limitrophes adoptent la solution sanitaire. Les crétins des Alpes disparaissaissent rapidement, ne devenant plus qu'une insulte, passée désormais à la postérité.

Source : D'après un article paru dans le magazine Le Point en septembre 2018.

L’iode, le crétin et les "Basses Alpes"…

Cretin-des-alpes-Tintin

"Crétin des Alpes !" L’insulte a le charme intemporel d’un juron du capitaine Haddock. Ce quolibet a longtemps visé les habitants des Basses Alpes (devenues Alpes-de-Haute-Provence). Dans les montagnes sévissait le crétinisme. C’est une pathologie qui résulte d’un déficit en hormones thyroïdiennes. Elle est engendrée par un manque d’iode. En effet, cet oligo-élément est vital pour l’organisme humain. Il s’agit d’un des micronutriments les plus abondants dans l’eau de mer. Mais il y en a très peu dans le sol des pays éloignés de la mer. Une carence qui peut causer de graves problèmes mentaux et physiques, dès les premiers stades du développement embryonnaire. Le crétinisme provoqué par cette quasi absence d’iode a longtemps terni la réputation des populations alpines. Ce mal d’un autre siècle a été très répandu jusqu’au XIXème siècle. Lors de la traversée des Alpes, Napoléon le constata et pris comme décision de dénombrer les crétins ; principalement parce qu’il y avait peu d’hommes de cette zone qui s’engageaient dans ses armées. 

Un goitreux

Un goitreux

Quelques explications

L'anchoi, ce petit poisson bleuté d’une vingtaine de centimètres vit dans les eaux côtières de l’Atlantique Nord-Est, de la mer du Nord et de la Méditerranée. En France, on travaille l’anchois depuis le Moyen-âge, notamment dans le Sud. Ce poisson gras est doté de nombreux bénéfices pour la santé. Riche en protéines d’une haute valeur biologique, il constitue une bonne source d’acides gras monoinsaturés et polyinsaturés, très favorables au système cardiovasculaire. Sa chair offre d’intéressantes concentrations en minéraux et oligo-éléments, notamment en iode, phosphore, potassium et fer. Elle a également d’excellentes teneurs en vitamines (A, provitamine A, D et du groupe B).

Atrophiés des haute montagnes

Les Alpes - Atrophiés des hautes montagnes

La légende régionale 

Au XIXème siècle, la médecine comprends mieux les causes de cette pathologie. Conscientes des besoins de la population, les autorités Bas-Alpines de l’époque cherchent à palier ce manque en iode. Bientôt, une solution s'imposa et fut même évidente : faire manger de l’anchois qui était abondant et très peu onéreux. Oui, mais comment ? La confrérie des boulangers inventa un pain couvert d’une préparation savoureuse issue du mélange de ce merveilleux poisson et de l’huile d’olive... La fougasse à l’anchois venait de naître… Et, grâce à cette recette, les habitants de la Haute-Provence, arrières petits-fils de ces "Crétins des Alpes", peuvent enfin vivre normalement et ne plus être montrés du doigt.

Source : Texte trouvé sur le site de la ville de Digne-les-bains et arrangé par moi-même.

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01 juillet 2020

Parlez-vous le sud ? Que veut dire "fada" ?

Yves Pujol chapeau noir

Il est "fada", il est fou. Ce mot vient du latin "fata" qui désigne une fée et qui a donné le verbe "fada" en occitan qui veut dire ensorceler. Le mot "enfadat" signifie féerique, merveilleux. Un fada, c'est quelqu'un qui est enchanté par les fées. 
Fada, c'est aussi devenu fanatique. A Marseille, il y a les fadas de l'OM, à Toulon, les fadas du RCT. ►
https://france3-regions.francetvinfo....

 

Posté par Nadine de Trans à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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