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Des racines et des hommes - Geneanet

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

 

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10 novembre 2023

La pratique des inhumations dans les églises

Eglise Trans en Provnce

 Eglise de Trans en Provence (carte postale années 50)

Depuis le Moyen âge, dans un contexte d’ignorance et de superstition, l’âme d’un corps placé dans l’église était supposée aller plus vite et plus prés de dieu au paradis ; ceci moyennant finance, les places les plus proches du choeur étant les plus chères ; les familles achetaient un caveau à tel emplacement ; leurs enfants et descendants, dans leur testament, “élisaient la sépulture de leur corps dans telle ou telle tombe où sont enterrés leurs prédécesseurs”, parfois en précisant l’emplacement à l’intérieur de l’église par exemple “à côté de la chapelle Ste Catherine" ou encore "au pied de l'autel du Saint-Sacrement", mais aussi " à côté de la petite porte de l'église", etc...

Les corps étaient enterrés sous les dalles du pavement de l’église, dalles soulevées à l’occasion d’un enterrement ; les familles aisées pouvaient faire construire une chapelle sur les côtés de l’église, à l’intérieur d’une église, chapelle dédiée à un saint protecteur, et où étaient ensevelis les membres de la famille ; l’ornement de ces chapelles reflétait la gloire et la richesse des familles.

Un édit de 1776 interdit les inhumations dans les églises pour des raisons de salubrité, mais cet édit n’est pas totalement respecté ; depuis 1950 seuls les archevêques ont eu le droit d’être enterrés dans une église ou cathédrale, par exemple la Cathédrale Saint Sauveur d’Aix en Provence.

Au Moyen âge et sous l’Ancien régime, avec l’évolution de la population et des villes, se développent les cimetières, à la fois lieux bénis et sacrés, mais aussi lieux de marché ou pâturage pour le petit bétail. Un édit de 1695 fait obligation aux habitants de clôturer le cimetière paroissial. En 1715, la plupart des cimetières de campagne étaient clôturés. D’abord situés dans les villes, à partir de 1730, les cimetières sont transférés à la périphérie des villes pour raison d’infection. Cette coutume n’est définitivement adoptée qu’à partir des années 1780.

Certains actes de sépulture dans les registres paroissiaux mentionnent l’endroit exact où le corps a été inhumé dans l’église. Il peut s’agir d’une localisation géographique : à main droite en entrant dans l’église ou d’une localisation familiale. Ainsi le jeune Noël Marie est enterré dans l’église, à côté de ses frères, sous le banc de son père… En 1776, une ordonnance de Louis XVI interdit, pour des raisons sanitaires d’ensevelir dans les églises.

Vous pouvez retrouver une description des “pompes funèbres” dans le livre de Gabriel Audisio, des Paysans XVe-XIXe siècles chez Armand Colin.

Source : D'après un article signé Chantal Cosnay, généalogiste professionnelle à Aix en Provence (13) et
Christine Lescène, généalogiste professionnelle à Blois (41) pour le SYGENE
. Parution sur Geneanet le 3 novembre 2023 par Frédéric Thébault responsable éditorial du site Geneanet.

Lien pour aller à la Page d'accueil - Sygene

A lire sur mon blog sur l'histoire de Trans en Provence : Trans en Provence au fil de la Nartuby

A travers les archives : enfants naturels et inhumations - Trans en Provence au fil de la Nartuby

Enfants naturels Les enfants naturels n'entraient pas honteusement dans la vie. Il faut arriver au XIXe siècle pour qu'ils deviennent, on...

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Histoire du cimetière - Trans en Provence au fil de la Nartuby

Délibération du 23 octobre 1763 "A la suite de plaintes portées par divers particuliers à Monseigneur l'Evêque,...

http://www.transenprovence.info

Ces deux articles vous feront peut-être découvrir mon blog sur mon village si vous ne le connaissez pas déjà. Merci à vous pour vos visites.

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03 novembre 2023

La culture du riz à Auribeau dans les Alpes-Maritimes au XVIe siècle

Auribeau

La charte d'habitation d'Auribeau (sur-Siagne), le 5 juin 1497, sera à l'origine de l'implantation du riz dans la région. Les nouveaux colons, venus d'Albenga, sur la côte ligure italienne, pays où les rizières étaient florissantes, apportèrent le "ris" ou "riso" en Italien ; très vite cette culture se répand dans la vallée. En 1516, l'abbé de Lérins, afferme les terres de Cannes, La Roquette, Pégomas, pour neuf années, pour y faire du riz. Mais il fallut aménager les terres : 1) des canaux d'irrigation alimentés par la Siagne et les petits ruisseaux du secteur, 2) des moulins à "pistar" ou pistes à eau pour décortiquer les grains. Le premier travail entrepris sera la création du béal (petit canal). De sa réalisation dépendait l'importance de la récolte. Les choses allèrent bon train car la main d'oeuvre ne manquait pas. Il fera dorénavant parti du complexe d'irrigation de la plaine.

Tout commençait par le labour des sols à l'aide des bêtes de somme, puis sa fumure. Il fallait ensuite herser. Le terrain préparé, les hommes devaient confectionner des "harses" (petites berges) pour retenir l'eau à niveau et circuler autour des rizières, de "un pied et demi de hauteur et trois pans de largeur". Le riz semé en avril, on procédait alors à la mise en eaux sous le contrôle et l'entretien du "fachier". Le soleil faisait pousser les épis mais évaporait "en brumes infestes" les rizières. L'irrigation ne cessait que quelques jours avant la maturité totale, et fin août, la moisson pouvait commencer. Des hommes étaient enrôlés pour couper avec un salaire de huit sols la sesteirée (mesure agraire) (en 1574). Des lieuses, les "legatrices", formaient les gerbes aussitôt transportées sur l'aire. Le foulage consistait à détacher les grains de la paille par "caucage" (piétinement). Des couples de "rodo" (six paires de bêtes) tournaient sur l'aire. Le droit de "calcade" était de 28 sols par jour et par "rodo". La concurrence était inexistante car nul ne pouvait faire fouler ses épis ailleurs que dans les aires de Lérins.

Culture du riz_

A l'aide d'une fourche de bois, un vanneur, le "ventadouiro", était chargé de soulever la paille pour la "venter" et extraire ainsi les grains des épis. Puis avec une pelle, le riz "grueilleux" était ramassé, exposé au soleil pendant cinq jours, avant d'être reconnu bon à être vendu (28 sols le setier en 1584). Le riz avait un aspect "grueillous" dû à la "gruelo" (écorce-tégument). Il était conservé ainsi pour la semence de l'année suivante. Mais il devait subir un traitement pour être blanchi "risseum dealbatum", c'est-à-dire décortiqué. Il était "pisté au moulin, "plumé", et "venté" à la "trépalo" pour apparaître dans toute sa blancheur. La culture sera interdite, suite au procès de 1714 à 1719 que les communautés environnantes intenteront à Lérins, de trop nombreuses épidémies ayant décimé la population.

Source : D'après le livre "La Siagne" de Maryse Romieu - (1998) Editions Serre

 

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27 octobre 2023

Regain de Jean Giono

Panturle

 Je vous repasse un article que j'avais fait paraitre en 2017 et qui avait été particulièrement apprécié. J'ai rajouté à la fin un extrait du film en vidéo.

Note de Nadine :

Regain est un roman de Jean Giono paru en 1930 aux éditions Grasset.

Le "regain", c'est l'herbe qui repousse dans les prés, après la première fauchaison. C'est le renouveau, c'est l'espoir... Dans une des scènes, on voit Panturle revenir de la ville et déposer sur la table trois paquets. Du premier, il sort une boule de pain qu'un ami lui a donnée ; du second, il laisse couler du blé entre ses doigts ; et du troisième, tout biscornu, il tire un soc de charrue que lui a confié le père Gaubert, le vieux forgeron du village parti mourir chez son fils, Jasmin, qui habite dans la plaine.

Regain

Résumé du livre :

Regain raconte la mort et la résurrection d'un village de Haute-Provence : Aubignane. C'est aussi l'histoire d'un amour et des ressources de courage et d'énergie qu'un homme porte en lui sans le savoir : parce qu'il aime, un être se réveille, s'affirme et transforme tout autour de lui. Ce héros, c'est le frustre Panturle, resté seul à Aubignane avec une vieille Piémontaise veuve, Mamèche. Panturle vit de ses chasses mais s'ennuie ; Mamèche pense qu'il faut lui procurer une femme et, grâce à un stratagème, va attirer à lui Arsule, la jeune compagne d'un rémouleur, Gédémus, qui remplace l'âne pour tirer sa charrette. La présence de cette femme va transformer Panturle qui, pour la voir heureuse et qu'elle soit fière de lui, va labourer la terre aride où lèvera bientôt le plus beau blé du monde. Le village va se repeupler et renaître à une nouvelle vie...

Arsule-et-Gedemus-copie-1

Arsule-et-Gedemus

Gédémus et Arsule

Extrait : 

(J'ai choisi de vous faire partager le début du livre qui parle des villages des ancêtres paternels de ma maman (Les Rambaud) : Revest-des-Brousses, Banon, Vachères, parce que c'est un passage que j'aime particulièrement). 

"Quand le courrier de Banon passe à Vachères, c'est toujours dans les midi. On a beau partir plus tard de Manosque les jours où les pratiques font passer l'heure, quand on arrive à Vachères c'est toujours midi. Réglé comme une horloge. C'est embêtant, au fond, d'être là au même moment tous les jours.

Michel, qui conduit la patache, a essayé une fois de s'arrêter à la croisée du Revest-des-Brousses, et de "tailler une bavette" avec la Fanette Chabassut, celle qui tient le caboulot des Deux-Singes, puis de repartir tout plan pinet. Rien n'y fait. Il voulait voir ; eh bien ! il a vu ! Sitôt après le détour "d'hôpital", voilà le clocher bleu qui monte au-dessus des bois comme une fleur et, au bout d'un petit moment, voilà sa campane qui sonne l'angélus avec la voix d'une clochasse de bouc.

- Eh, c'est encore midi, dit Michel, et puis, penché sur la boîte de la patache :

- Vous entendez, là-dedans ? C'est encore midi ; il n'y a rien à faire.

Alors, que voulez-vous, on tire les paniers de dessous la banquette et on mange.

On tape à la vitre :

- Michel, tu en veux de cette bonne andouillette ?

- Et de cet oeuf ?

- Et de ce fromage ? 

- Ne te gêne pas.

Il ne faut pas faire du tort à personne. Michel ouvre le portillon et prend tout ce qu'on lui donne.

- Attendez, attendez, j'ai les mains pleines.

Il met tout ça à côté de lui, sur le siège.

- Passez-moi un peu de pain aussi. Et puis, s'il y en a un qui a une bouteille !...

Après Vachères, ça monte. Michel, alors, attache les guides à la manivelle du frein et il commence à manger, tranquillement, en laissant les chevaux aller leur train.

Ceux qui sont dans la voiture, c'est, la plupart du temps, toujours les mêmes : un acheteur de lavande qui vient des villes de la côte, un Camous, ou un nom comme ça ; un berger qui monte aux pâtures, et qui taille régulièrement dans son pain un morceau pour lui, un morceau pour son chien ; une maîtresse de ferme, toute sur son "trente-et-un" de la tête aux pieds ; et une de ces filles des champs qui sont comme des fleurs simples, avec du bleuet dans l'oeil. Quelquefois il y a, en plus, le percepteur et sa serviette assis à côté comme deux personnes raisonnables.

Le clocher de Vachères est tout bleu ; on l'a badigeonné de couleur depuis la sacristie jusqu'au petit chapeau de fer.

Ca, c'est une idée de ce monsieur du domaine de la Sylvabelle. Il n'a pas voulu en démordre.

- Puisque je vous dis que je paye la couleur, moi, toute la couleur ; et que je paye le peintre, moi ; puisque je vous dis que vous ne payez rien et que je paye tout, moi !

 - Alors, on l'a laissé faire. Ca n'est pas si vilain, et puis, ça se voit de loin...

Ceux qui voyagent dans la voiture du courrier le regardent longtemps, ce clocher bleu, tout en mâchant l'andouillette. Ils le regardent longtemps parce que c'est le dernier clocher avant d'entrer dans le bois, et que, vraiment, à partir d'ici, le pays change. 

Voilà : de Manosque à Vachères, c'est colline après colline, on monte d'un côté et on descend de l'autre, mais, chaque fois, on descend un peu moins que ce qu'on a monté. Ainsi, peu à peu, la terre vous hausse sans faire semblant. Ceux qui ont déjà fait le voyage deux ou trois fois s'en aperçoivent parce qu'à un moment donné il n'y a plus de champs de légumes, puis, parce qu'on passe sous les premiers châtaigniers, puis, parce qu'on traverse à gué des torrents d'une eau couleur d'herbe et luisante comme de l'huile, puis, parce que enfin, paraît la tige bleue du clocher de Vachères, et que, ça, c'est la borne.

On sait que la montée qui commence là, c'est la plus longue, c'est la plus dure, c'est la dernière ; et que, d'un seul élan, elle va porter les chevaux, la patache, et les gens au plein milieu du ciel, avec et les vents et les nuages. On ne descend plus de l'autre côté. On va monter, d'abord sous les bois, puis à travers une terre malade de lèpre comme une vieille chienne qui perd ses poils. Puis, on va être si haut qu'on recevra sur les épaules comme des coups d'ailes en même temps qu'on entendra le ronflement du vent-de-toujours. Enfin, on abordera le plateau, l'étendue toute rabotée par la grande varlope de ce vent ; on trottera un petit quart d'heure et, dans une molle cuvette où la terre s'est affaissée sous le poids d'un couvent et de cinquante maisons, on trouvera Banon".

Gaubert-et-Panturle

  Le vieux Gaubert et Panturle.

Gaubert fait cadeau d'un soc de charrue tout neuf à Panturle.

Provence-de-Giono

 

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19 octobre 2023

Les plantes utilisées dans les textiles

Les plantes entrent de diverses façons dans la confection des textiles. Celles qui ont une texture fibreuse peuvent être employées à la production de fils puis de tissus. D'autres, qui contiennent des substances colorantes sont utilisées dans les procédés de teinture de différentes sortes de tissus. Les plus belles fleurs sont utilisées depuis l'Antiquité dans la décoration de ces textiles. Quelles soient peintes, tissées, imprimées, cousues ou bien encore tricotées, les représentations végétales témoignent des savoir-faire ancestraux ainsi que de l'évolution simultanée de la mode et des techniques industrielles.

Les plantes à fibres

Chanvre

En Provence, le chanvre (cannabis sativa en latin) n'a jamais été cultivé de manière industrielle. Jusqu'à la Première Guerre mondiale, les familles qui avaient la chance de posséder une chènevière (terrain destiné à faire pousser du chanvre) utilisaient leur production pour fabriquer des toiles agricoles et du linge pour la maison. En France, le chanvre a très longtemps servi pour confectionner des voiles et des cordages pour les navires car il est très résistant en milieu humide. Les chiffons de chanvre étaient aussi une excellente matière première pour la fabrication du papier. La récolte se faisait en deux temps : les pieds mâles qui produisent les fibres les plus fines mûrissent les premiers, avant les pieds femelles beaucoup plus trapus qui portent les graines. Les fibres sont situées dans l'écorce de la tige, la partie centrale donne la chènevotte qui est une sorte de paille qui constitue d'excellents paillages et litières ou encore elles sont utilisées comme matériau d'isolation une fois agglomérées. Les fibres les plus longues servent à tisser des draps fins, alors que les fibres courtes qui sont plus grossières donnent des toiles rustiques, du rembourrage ou servent à la confection de cordages. Le travail des tiges de chanvre demande de nombreuses et fastidieuses étapes avant de libérer les fibres. De nos jours, la plante connaît un renouveau car les graines autrefois destinées à l'alimentation animale possèdent des vertus diététiques. Les fibres sont également utilisées dans la construction ainsi que dans le domaine de l'automobile. Le chanvre est de nouveau mis au goût du jour pour ses propriétés écologiques.

Lin

Le lin

Même si les deux plantes ne se ressemblent pas, le travail des tiges de lin comporte les mêmes étapes que celui du chanvre. La fibre de lin (linum usatatissinum en latin) est comparable aux plus belles fibres de chanvre, et il est parfois difficile de différencier une toile de lin d'une toile de chanvre lorsqu'elles sont de qualité. Les fibres de lin sont fines et brillantes et leur pouvoir absorbant rend le textile frais et agréable à porter. Le lin était jadis utilisé pour produire des toiles fines de grande qualité qui servaient pour le linge de corps, mais aussi pour le linge liturgique, l'ameublement et la confection de fil à coudre. Les utilisations modernes du lin sont plus diversifiées : textile pour l'habillement et l'ameublement, matériaux composites pour l'aéronautique et l'automobile, confection de papiers fins, chirurgie, litière pour animaux. Les graines sont utilisées pour la fabrication de l'huile de lin alimentaire ou industrielle. En 1860, l'huile de lin a servi à inventer le revêtement de sol appelé linoléum qui est actuellement toujours fabriqué. Il faut signaler que la France qui cultive le lin depuis le Moyen-Age est le premier producteur mondial. Il est essentiellement cultivé en Normandie. Réputé pour son excellente qualité, il est en grande partie exporté vers la Chine.

Coton

Le coton

Le coton (gossypium en latin) est la fibre textile la plus utilisée dans le monde, appréciée pour sa douceur, sa souplesse, sa résistance et sa facilité d'entretien. La fibre présente une bonne affinité avec les colorants, ce qui la rend facile à teindre. Les soies du coton sont de fibres courtes, fines et très douces. Tout d'abord cultivé en Inde, puis dans de nombreux pays chauds le coton arrive en France avec les Croisades. Il prend beaucoup d'importance avec la révolution industrielle et la mode des toiles imprimées dites "toiles des Indes" au XVIIIème siècle. Bon marché, d'emploi et entretien faciles, il concurrence la production de soie avant de supplanter toutes les autres fibres. Les fibres de coton sont filées pour obtenir du fil puis du textile, mais elles peuvent être aussi utilisées en nappes sous forme de ouate ou de coton hydrophile. Les fibres de coton entrent aujourd'hui dans la composition des billets de banque. L'huile tirée des graines de coton est utilisée en cosmétique.

Jute

Le jute

Le jute (corchorus capsularis en latin) est une plante tropicale cultivée en Inde et au Bengladesh, qui produit une fibre courte, peu résistante, de couleur rousse. Très grossière la toile de jute sert à confectionner des sacs et des draps à usage agricole (par exemple, pour la cueillette des olives). Depuis peu, on l'utilise aussi en décoration et en ameublement.

Fibre de coco

La fibre de coco

Ce sont ces fibres courtes et très grossières qui entourent la noix de coco (cocos nucifera en latin) qui sont utilisées en Provence pour la fabrication des scourtins. Ces galettes en forme des béret étaient remplies de pâte d'olives broyées au moulin avant d'être pressées pour extraite l'huile d'olive. Aujourd'hui, la fibre de coco sert surtout pour la décoration.

Les plantes tinctoriales

Pastel

Le pastel

Originaire de l'Asie centrale, le pastel (isatis tinctora en latin) a été utilisé par les Egyptiens pour teindre les bandelettes entourant les momies, avant d'être cultivée dans une grande partie de l'Europe. Au Moyen-Age, la culture du pastel se concentre en Picardie avant de se déplacer dans le Midi toulousain, dont elle fit la fortune au XVIème siècle. Les guerres de religion et la concurrence de l'indigo importé d'Amérique provoquèrent le début du déclin du pastel qui fut abandonné avec l'arrivée des colorants chimiques. Les feuilles de pastel étaient broyées, moulées en boule de la taille d'un citron puis mises à sécher pendant plusieurs mois. Les coques qui étaient sèches étaient réduites en poudre puis mises à fermenter en cuve grâce à l'ajout de produits ammoniaqués tels que l'urine et l'eau croupie. La pâte alors obtenue était finalement utilisée sous forme de poudre pour teindre les textiles. Le tissu est de couleur jaune à la sortie du bain de teinture puis vire au vert en enfin au bleu au contact de l'oxygène de l'air.

Garance

La garance

Originaire d'Asie, la garance (rubia tinctorum en latin) était utilisée dans l'Antiquité comme cosmétique avant d'être importée et cultivée en Europe. La garance prit son essor au cours du XIXème siècle, dans le Vaucluse, grâce au roi Charles X qui imposa aux troupiers français képis et pantalons rouge. Mais l'abandon du rouge dans l'uniforme militaire en 1914 mit fin à l'utilisation de la garance. Les racines sont récoltées trois ans après la plantation, séchées puis réduites en poudre. La teinture en bain est longue et délicate, et les procédés variés conduisent à une gamme de teintes allant du rose aux bruns en passant par les rouges, le pourpre et le enfin le violet.

Source : Plaquette Les carnets d'expos N°5 Mars 2022 - Musée des Arts et Traditions populaires de Draguignan

 

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12 octobre 2023

Le baptistère de Fréjus

 

Groupe épiscopal Fréjus

Lorsqu'on arrive sur la place Formigé à Fréjus, on se trouve devant le groupe épiscopal. Celui-ci est composé, côté nord, de la cathédrale saint-Léonce avec son cloître, surmonté du vieux et robuste clocher de style roman. Du côté est, se dresse le palais épiscopal, devenu l'hôtel de ville, le siège de l'évêché qui regroupe Fréjus et Toulon depuis 1853, ayant été transféré dans cette dernière cité au XXème siècle, sous le pape Pie XII. Sur l'avant, accolé à la cathédrale, on découvre le baptistère paléochrétien à l'architecture arrondie. Ce dernier fait partie des trésors architecturaux de notre région. Il date du Vème siècle et il est le plus ancien de France après celui de Poitiers. A noter également ceux d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), de Riez (Alpes-de-Haute-Provence) et de Venasque (Vaucluse). Ce baptistère avait disparu au XIIIème siècle, dans la construction des murs de fortification de la ville, et fut redécouvert et mis au jour en 1930 par Jules Formigé, architecte et archéologue, dont la place porte le nom. On pénètre dans le bâtiment en franchissant une grille de fer forgé offerte par Monseigneur Fleury, qui fut évêque de Fréjus, de 1699 à 1715, avant de devenir cardinal, premier ministre de Louis XV et membre de l'Académie française. Le Vème siècle fut l'époque de la création de l'évêché de Fréjus, sous l'autorité de saint Léonce, premier évêque de Fréjus. On sait peu de choses à son sujet si ce n'est qu'il fut lié à saint Honorat, le fondateur du monastère de Lérins, mais aussi à saint Cassien, doctrinaire de l'Eglise et fondateur de l'abbaye Saint-Victor de Marseille. Saint Léonce eut un frère, saint Castor, qui fut marié et décida de vivre une vie monastique avec sa femme et sa fille avant de devenir, par la suite, évêque d'Apt.

Baptistère Fréjus 2

Baptistère Fréjus 1

L'architecture du baptistère est octogonale, recouverte d'une coupole. A l'intérieur, tout autour, se dressent des colonnes aux chapiteaux corinthiens provenant d'édifices romains antérieurs. Au centre, la cuve sacrée permettait une immersion totale du baptisé. Le candidat au baptême arrivait par une porte située à gauche, dans une démarche d'humilité. Il ressortait par une seconde porte, sur la droite, qui une fois la cérémonie achevée, lui donnait accès à la cathédrale et à la vie chrétienne. Le temps, hélas, a eu raison des décorations de marbre, de stuc et de mosaïques qui ornaient l'endroit. Mais le principal est resté. C'est là que, quinze siècles plus tard, Fréjus continue à célébrer ses baptêmes dans le respect de la religion.

Source : D'après un article paru dans le supplément du journal Varmatin du 18 mars 2012. Auteur : André Peyregne.

Baptistère

 

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05 octobre 2023

Le cloître de la cathédrale Saint-Léonce à Fréjus

 

 

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Maquette du groupe épiscopal (Photo Nadine)

Erigé en pierres taillées dans les grès polychromes de l'Estérel ou prélevées sur les monuments antiques de la cité, le cloître fait partie d'un groupe épiscopal construit à partir du Ve siècle. La cathédrale Saint-Léonce et l'église Saint-Etienne, le baptistère et le cloître forment un ensemble dont l'existence est liée à la présence à Fréjus, d'une importante communauté chrétienne. Dès le Xe siècle, une assemblée de chanoines entoure l'évêque de Fréjus. Ce sont des ecclésiastiques au service de la cathédrale et de l'évêché. Ils vivent en collège, comme des moines. Ils fréquentent quotidiennement la cathédrale Saint-Léonce qui, au Moyen-Âge, était beaucoup moins grande qu'aujourd'hui. L'étroitesse de ce lieu de culte, alors qu'il faut y accueillir de plus en plus de chrétiens, pousse le clergé à faire bâtir, accolée à la cathédrale, une seconde église. Baptisée Saint-Etienne, elle est construite au XIe siècle.

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Le cloître avec son jardin central et sa citerne (Photo Nadine)

Deux siècles plus tard, le cloître vient compléter l'ensemble des bâtiments canoniaux. Au coeur de la vie médiévale, il ne faut pas imaginer ce cloître comme un lieu clos, de retraite, où le silence est roi. Au contraire, c'est un espace de rencontres, de discussions, passage imposé à tous les fidèles qui souhaitent se rendre au culte. De la maison du prévôt, le plus âgé des chanoines, à l'église paroissiale, hommes, femmes et enfants traversent le cloître. Les chanoines le veulent majestueux, symbole de leur prestige et de leur richesse. Issus de familles nobles, ces religieux entrent dans la communauté avec une dot dont ils gardent l'usufruit. Cela participe à l'abondance du chapitre qui organise une fois par semaine des aumônes pour les nécessiteux. Remarquable dès l'origine, le cloître de la cathédrale Saint-Léonce de Fréjus se pare de nouveaux atours au fil des siècles : une galerie haute, puis un plafond en bois et enfin des peintures décoratives. En 1316, Jacques Duèse, ancien évêque de Fréjus, devient le deuxième pape d'Avignon sous le nom de Jean XXII. Les liens entre Avignon et Fréjus, sont alors privilégiés. De grands travaux sont lancés. Il s'agit, pour les chanoines, de montrer la richesse de leur chapitre à la papauté.

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Ces trois photos pour vous montrer les planchettes peintes du plafond de la galerie (Photos Nadine)

L'étage du cloître, déjà existant, est complété par de belles galeries d'apparats. Sa voûte en pierre est supprimée et remplacée par un plafond en bois de mélèze, choisi pour sa résistance. De chaque côté de la galerie, les boiseries sont placées en encorbellement sur trois rangées. Entre les solives de plancher, pièces de charpentes reposant sur les poutres, des rangées de planchettes sont disposées. Elles sont peintes avant d'être assemblées pour former un plafond unique. Préalablement à leur découpe, puis leur pose, les planches de bois sont recouvertes d'une couche de peinture bleue ou rouge. Sur ce fond uniforme, les peintres réalisent d'abord trois sortes d'encadrement : rectangulaire, rond ou en médaillon formé par un polygone étoilé. A l'intérieur de ces cadres, ces artistes laissent vagabonder leur imagination. On ne sait rien de ces anonymes qui peignirent ces plafonds. Seules les 300 oeuvres conservées aujourd'hui, sur le 1 200 à l'origine, témoignent de leur talent. Il s'exprime grâce à des couleurs vives, aux tons plutôt chauds. Obtenues à partir de pigment naturels mélangés à de l'eau et de l'oeuf, elles permettent la création de scénettes soignées qui vraisemblablement se répondaient, formant un ensemble cohérent. Certaines ayant été déplacées, d'autres effacées, il est inutile aujourd'hui de chercher un sens dans la succession des peintures. Par contre, les types de représentations sont encore bien identifiables, classés en trois catégories : scènes de vie quotidienne, monstres et sujets religieux. 

Pour les observer, il faut lever les yeux et s'attarder dans les galeries du cloître, notamment à l'est, là où les représentations ont bien été conservées. L'observation du plafond donne à voir le quotidien des femmes et des hommes du Moyen-Age. On aperçoit un homme à la pêche, une femme admirant sa chevelure ou encore des scènes de vie joyeuses, avec des personnages qui dansent et jouent de la musique. Les religieux sont représentés célébrant l'office, dans de beaux apparats, mais aussi de manière plus simple, se baladant dans le cloître. Beaucoup de portraits, et notamment de chanoines, ornent les allées. Des anges et des démons complètent les représentations à connotation religieuse. "On ne connaît pas le sens iconographique de ces peintures mais on sait qu'elles étaient destinées à faire peur", explique Margareth Pavoni, guide conférencière. "Le XIVe siècle est une époque encore sombre. Vices, passions et peurs sont concentrés ici". Parmi les représentations effrayantes, de nombreuses créatures interpellent. Il y a, par exemple, cette femme sortant du nez d'un poisson à l'arrière-train d'un lion. Animaux à tête humaine et inversement, monstres et hybrides habillent plus de la moitié des planchettes conservées. Ils côtoient aussi des représentations d'animaux domestiques ou sauvages. Entre réel et imaginaire, les plafonds peints du cloître de la cathédrale de Fréjus, plus de 600 ans après leur création, invitent toujours à la contemplation.

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Le clocher (Photo Nadine)

Nota : Après la Révolution, le cloître est vendu. Plusieurs particuliers se portent acquéreurs et construisent des maisons en lieu et place des galeries. Le rez-de-chaussée servait de poulailler et de remise agricole. En 1862, le groupe épiscopal dans son ensemble est classé à l'inventaire des Monuments historiques. Cela comprend le cloître malgré son état très dégradé à l'époque. Dès 1920, Jules Formigé, architecte des Monuments historiques, entreprend la restauration du cloître et de l'ensemble cathédral. Elle durera jusqu'en 1932.

Source : Magazine "Le Var" - édité par le Conseil départemental du Var - N°6 Hiver 2018-2019. 

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Plan de la cathédrale (Photo Nadine)

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Je vous signale que faisant suite à cet article, un autre paraîtra le 12/10/23, il concerne le baptistère de Fréjus.