Passion Provence

Bèn vengudo dins lou Var

 

La Basse-Provence

 Bienvenue dans le Var sur mon nouveau blog qui n'est en fait que la continuité de La Provence de Nadine http://transenprovence.over-blog.com/

Pour voir celui concernant mon village, Trans-en-provence, c'est par là : http://www.transenprovence.info

"J'aime ce pays et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l'air même." (Guy de Maupassant-Le horla)

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16 mars 2019

Le cloître de la cathédrale Saint-Léonce à Fréjus

 

 

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Maquette du groupe épiscopal (Photo Nadine)

Erigé en pierres taillées dans les grès polychromes de l'Estérel ou prélevées sur les monuments antiques de la cité, le cloître fait partie d'un groupe épiscopal construit à partir du Ve siècle. La cathédrale Saint-Léonce et l'église Saint-Etienne, le baptistère et le cloître forment un ensemble dont l'existence est liée à la présence à Fréjus, d'une importante communauté chrétienne. Dès le Xe siècle, une assemblée de chanoines entoure l'évêque de Fréjus. Ce sont des ecclésiastiques au service de la cathédrale et de l'évêché. Ils vivent en collège, comme des moines. Ils fréquentent quotidiennement la cathédrale Saint-Léonce qui, au Moyen-Âge, était beaucoup moins grande qu'aujourd'hui. L'étroitesse de ce lieu de culte, alors qu'il faut y accueillir de plus en plus de chrétiens, pousse le clergé à faire bâtir, accolée à la cathédrale, une seconde église. Baptisée Saint-Etienne, elle est construite au XIe siècle.

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Le cloître avec son jardin central et sa citerne (Photo Nadine)

Deux siècles plus tard, le cloître vient compléter l'ensemble des bâtiments canoniaux. Au coeur de la vie médiévale, il ne faut pas imaginer ce cloître comme un lieu clos, de retraite, où le silence est roi. Au contraire, c'est un espace de rencontres, de discussions, passage imposé à tous les fidèles qui souhaitent se rendre au culte. De la maison du prêvot, le plus âgé des chanoines, à l'église paroissiale, hommes, femmes et enfants traversent le cloître. Les chanoines le veulent majestueux, symbole de leur prestige et de leur richesse. Issus de familles nobles, ces religieux entrent dans la communauté avec une dot dont ils gardent l'usufruit. Cela participe à l'abondance du chapitre qui organise une fois par semaine des aumônes pour les nécessiteux. Remarquable dès l'origine, le cloître de la cathédrale Saint-Léonce de Fréjus se pare de nouveaux atours au fil des siècles : une galerie haute, puis un plafond en bois et enfin des peintures décoratives. En 1316, Jacques Duèse, ancien évêque de Fréjus, devient le deuxième pape d'Avignon sous le nom de Jean XXII. Les liens entre Avignon et Fréjus, sont alors privilégiés. De grands travaux sont lancés. Il s'agit, pour les chanoines, de montrer la richesse de leur chapitre à la papauté.

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Ces trois photos pour vous montrer les planchettes peintes (Photos Nadine)

L'étage du cloître, déjà existant, est complété par de belles galeries d'apparats. Sa voûte en pierre est supprimée et remplacée par un plafond en bois de mélèze, choisi pour sa résistance. De chaque côté de la galerie, les boiseries sont placées en encorbellement sur trois rangées. Entre les solives de plancher, pièces de charpentes reposant sur les poutres, des rangées de planchettes sont disposées. Elles sont peintes avant d'être assemblées pour former un plafond unique. Préalablement à leur découpe, puis leur pose, les planches de bois sont recouvertes d'une couche de peinture bleue ou rouge. Sur ce fond uniforme, les peintres réalisent d'abord trois sortes d'encadrement : rectangulaire, rond ou en médaillon formé par un polygone étoilé. A l'intérieur de ces cadres, ces artistes laissent vagabonder leur imagination. On ne sait rien de ces anonymes qui peignirent ces plafonds. Seules les 300 oeuvres conservées aujourd'hui, sur le 1 200 à l'origine, témoignent de leur talent. Il s'exprime grâce à des couleurs vives, aux tons plutôt chauds. Obtenues à partir de pigment naturels mélangés à de l'eau et de l'oeuf, elles permettent la création de scénettes soignées qui vraissemblablement se répondaient, formant un ensemble cohérent. Certaines ayant été déplacées, d'autres effacées, il est inutile aujourd'hui de chercher un sens dans la succession des peintures. Par contre, les types de représentations sont encore bien identifiables, classés en trois catégories : scènes de vie quotidienne, monstres et sujets religieux. 

Pour les observer, il faut lever les yeux et s'attarder dans les galeries du cloître, notamment à l'est, là où les représentations ont bien été conservées. L'observation du plafond donne à voir le quotidien des femmes et des hommes du Moyen-Age. On aperçoit un homme à la pêche, une femme admirant sa chevelure ou encore des scènes de vie joyeuses, avec des personnages qui dansent et jouent de la musique. Les religieux sont représentés célèbrant l'office, dans de beaux apparats, mais aussi de manière plus simple, se baladant dans le cloître. Beaucoup de portraits, et notamment de chanoines, ornent les allées. Des anges et des démons complètent les représentations à connotation religieuse. "On ne connaît pas le sens iconographique de ces peintures mais on sait qu'elles étaient destinées à faire peur", explique Margareth Pavoni, guide conférencière. "Le XIVe siècle est une époque encore sombre. Vices, passions et peurs sont concentrés ici". Parmi les représentations effrayantes, de nombreuses créatures interpellent. Il y a, par exemple, cette femme sortant du nez d'un poisson à l'arrière-train d'un lion. Animaux à tête humaine et inversement, monstres et hybrides habillent plus de la moitié des planchettes conservées. Ils côtoient aussi des représentations d'animaux domestiques ou sauvages. Entre réel et imaginaire, les plafonds peints du cloître de la cathédrale de Fréjus, plus de 600 ans après leur création, invitent toujours à la contemplation.

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Le clocher (Photo Nadine)

Nota : Après la Révolution, le cloître est vendu. Plusieurs particuliers se portent acquéreurs et construisent des maisons en lieu et place des galeries. Le rez-de-chaussée servait de poulailler et de remise agricole. En 1862, le groupe épiscopal dans son ensemble est classé à l'inventaire des Monuments historiques. Cela comprend le cloître malgré son état très dégradé à l'époque. Dès 1920, Jules Formigé, architecte des Monuments historiques, entreprend la restauration du cloître et de l'ensemble cathédral. Elle durera jusqu'en 1932.

Source : Magazine "Le Var" - édité par le Conseil départemental du Var - N°6 Hiver 2018-2019. 

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Plan de la cathédrale (Photo Nadine)

 

10 mars 2019

Le château de la Verdière, le plus vaste château privé de Provence

 

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 Cela commence comme un conte de fée. Il était une fois, en Provence, un immense château, dont le seul et dernier occupant était un très vieux marquis sans descendance. Il avait pour nom Palamède de Forbin d'Oppède (1816-1900), dernier descendant d'une illustre famille de la noblesse provençale. Dans ce lieu hors du temps où des générations d'ancêtres avaient construit, vécu, pensé et aimé, il condamnait une par une les pièces de son château, contraint et forcé par la pluie qui à la moindre averse s'infiltrait à travers les plafonds craquelés et les fenêtres brisées. Dans les intérieurs, les tissus usés, les papiers-peints fanés, les décors de gypseries délités, les meubles entassés et les portraits éteints s'endormaient dans un triste sommeil pour ne plus jamais se réveiller. Le grand escalier, transformé en torrent par des années d'intempéries, semblait encore conduire vers le parc où même les allées empierrées et les délicates broderies de buis se mêlaient à la broussaille. Mille ans d'Histoire s'étiolaient ainsi lentement mais sûrement, sans que quiconque ne puisse agir. Puis, plusieurs années après la mort du marquis, alors que personne n'osait reprendre ce lieu dévasté où les travaux s'annonçaient titanesques, des passionnés s'attelèrent à la restauration minutieuse de ce fleuron du XVIIIs siècle. Entrez donc, et prêtez l'oreille au froufrou soyeux des robes et au clapotis mélodieux des bassins. Un château se réveille, laissez-vous guider par ses parfums oubliés...

Un brin d'Histoire

Attesté dès 980 dans les actes de propriété de la puissante famille de Castellane, le château de la Verdière fut probablement construit à l'emplacement d'un ancien castrum antique, ce qui lui a valu au Moyen-Âge d'être une forteresse stratégique contrôlant la route qui reliait deux cités provençales de premier plan : Arles et Castellane. Après plusieurs siècles entre les mains de la prestigieuse famille de Vintimille, le château et ses domaines retournent dans le giron des Castellane et passe par mariage à la célèbre famille de Forbin, à qui l'on doit en grande partie le rattachement de la Provence au Royaume de France. Cette alliance permettra ainsi aux Forbin d'Oppède de se fixer à la Verdière et de transformer le château fortifié en une demeure de plaisance dès le XVIIe siècle. C'est toutefois au XVIIIe siècle que Louis-Roch de Forbin, ancien militaire de carrière, se retire dans le château de ses ancêtres et opère des remaniements tels que le château se métamorphose en une somptueuse demeure d'apparat ornée de fastueuses gypseries qui sont considérées comme les plus belles de Provence. Profondément mutilés et pillés pendant la tourmente révolutionnaire, le château et son domaine sont cependant remis en état par les Forbin dont le rayonnement survivra à ce tragique épisode. Le XXe siècle n'empêchera pourtant pas leur extinction, et plongera le château dans une période d'abandon aussi dommageable qu'irréversible, le château ruiné prenant l'eau et l'humidité de toutes parts. Acheté, il y a plus de dix ans par ses actuels propriétaires : les Champavère, le château de la Verdière a retrouvé, après des campagnes de travaux et de restauration des plus poussées, ses fastes et ses splendeurs d'antan.

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Découvrir le château

Le château de la Verdière s'étend sur une superficie de 5 000 m2 et compte 120 pièces. Il a été classé monument historique en 1986. Aujourd'hui, visiter le plus vaste château privé de Provence, c'est découvrir des enfilades de salons meublés qui ont conservé leurs magnifiques décors de gypseries et qui gardent encore l'empreinte d'un art de vivre noble et raffiné. Ses principaux attraits sont :

- Une salle de bal de 25 mètres de long qui abrite de nos jours une exceptionnelle série de tapisseries du XVIIe siècle consacrées à Diane chasseresse.

- Un escalier d'honneur à l'italienne ayant conservé ses peintures en trompe l'oeil, desservant une impressionnante terrasse d'où l'on jouit d'une vue admirable sur toute la région.

- Deux salons d'apparat entièrement meublés, dotés pour l'un d'un mobilier français et italien des XVIIe et XVIIIe siècles, pour l'autre d'un rare papier peint panoramique de la Manufacure Zuber où les cinq continents se confondent.

- La salle à manger et son vaisselier monumental.

- La chambre dite de l'évêque avec son mobilier provençal et son lit à la turque du XVIIIe siècle.

- Le cabinet d'hygiène d'époque Louis XV et sa garde-robe.

- La suite d'été meublée, entièrement ornée de chinoiseries inspirées des célèbres gravures de François Boucher.

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  Source : Dépliant touristique présentant le Château de la Verdière.

Si vous voulez lire ou relire un premier article sur le Château de la Verdière publié le 19.10.2016, le lien est dessous.

La Verdière et son château - Passion Provence

La Verdière a été occupée dès l'Antiquité étant donné les enjeux stratégiques et économiques que son site présentait. Le château, construit sur un ancien castrum, et la colline Notre Dame de la Salette, ancien oppidum pré-romain, sont les premières traces de cette occupation antique.

 

09 mars 2019

Des soussous pour mes miaous

Bonjour à toutes et à tous,

Je ne vous en parle jamais, mais en plus de faire de la généalogie et de l'histoire, je m'occupe de chats abandonnés depuis plusieurs années. Actuellement, j'en ai 18. J'ai décidé de faire une cagnotte sur Leetchi.com car j'ai besoin que vous me donniez un petit coup de pouce pour eux. Je suis en invalidité et ma pension n'est pas bien grosse ni extensible. Je dois jongler pour nourrir mes chats, les faire stériliser et soigner quand ils sont malades. Donc, si vous voulez me donner quelque chose, même faire un petit don de 1 ou 2 euros, cela m'aidera. Je mets ci-dessous les photos de quelques-uns de mes chats et ensuite je vous raconte leur histoire.

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Julie et Horacio

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Luna

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Nénette

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Félix

Cela a commencé par quatre chats : ma douce et fidèle Julie (que j'emmène tous les mois chez le véto pour sa piqûre d'anti-inflammatoire car elle a une stomatite chronique) arrivée dans ma cour avec ses trois petits. Seule sa fille Coquine, est encore vivante (elle a une gingivite chronique), mais elle est restée sauvage et je ne peux pas la toucher. Puis, au fil du temps, il y a eu Mistigris (tout gris) que j'ai fait soigner car il ne pouvait plus manger, Félix (tigré), abandonné au centre du village, Tommy (sa propriétaire me l'a donné tout petit car son chien ne faisait que l'embêter). Tommy est maintenant un bon gros matou de 7kg ! Nénette laissée par un couple qui partait pour Avignon et délaissée parce qu'elle est toute noire et que les chats noirs c'est bien connu, ça porte malheur !!! Zaza et sa fille Réglisse (toutes deux noires et blanches). J'ai malheureusement été obligée de faire endormir Zaza en 2016. Caroline, sauvage, que je n'avais pas pu faire stériliser, faute de ne pouvoir l'attraper et qui a eu un petit mort-né qui pendait de son corps. Le petit est enfin tombé mais Caroline s'est faite infestée par une mouche qui a pondu des oeufs qui ont éclos dans son utérus. Heureusement, qu'avec l'aide de ma copine, Josiane et de Robert, mon voisin, on a pu la capturer et la mener directement chez le véto. Ses organes génitaux étaient remplis d'asticots qui la mangeaient vivante (une horreur) ! 

Horacio (roux et blanc) récupéré à Flayosc dans un état lamentable (très maigre et tout pelé), je ne donnais par cher de sa peau mais finalement il s'en est sorti. Luna (tigrée), une chatte que des gens m'ont apportée avec une autre chatte (que nous avons placée avec Josiane, chez des personnes très bien et qui l'ont baptisée Bebelle) qu'ils avaient adoptée et dont ils ne voulaient plus (au bout de 6 mois), Luna était en plus et je l'ai gardée car personne n'en a voulu. Spirou (blanc et roux), récupéré au vieux cimetière le jour de l'enterrement de ma mère ! Chloé, Charly, Choupi, frères et soeur jetés près de la rivière, sur un talus, alors qu'ils n'avaient même pas deux mois et qui m'avaient été signalés par Jérémy un jeune transian qui était allé pêcher et qui les avaient vus. Minette (grise et blanche) qui crevait de faim aux Eyssares (quartier de Trans). Je n'ai pas eu le courage de la relâcher sur place une fois stérilisée (comme la loi le prévoit) et je l'ai gardée. Dernièrement, Onyx abandonnée sur le parking du cimetière, toute noire et très attachante. Et depuis une dizaine de jours, Mimie, toute noire elle aussi, abandonnée dans un quartier de Trans par des maîtres qui ont s'en doute déménagé et l'ont laissée sur place comme cela se pratique beaucoup (c'est très facile de laisser des animaux derrière soi, je ne sais pas comment font les gens, moi j'ai une conscience et je ne pourrais pas) et qui m'a été remise par l'association transianne dont je fais partie : "Les Mistigris sans toits" en famille d'accueil, mais qui je crois restera chez moi, faute de retrouver ses propriétaires. Je ne vous parle pas des quelques autres attitrés qui ne font que passer, mangent et s'en vont. Bref, vous voyez, tous mes chats ont une histoire et tous mes chats ont besoin de manger. Je mets ici le lien pour la cagnotte sur Leetchi et je dis un gros "merci" à celles et ceux qui donneront.

Des soussous pour les miaous - Leetchi.com

Bonjour à toutes et à tous,Je m'appelle Nadine, je suis de Trans en Provence dans le Var. J'ai décidé de faire cette cagnotte car j'ai besoin que vous me donniez un

https://www.leetchi.com

 

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06 mars 2019

Le fil, du cocon au tissu

Décoconage

Le décoconnage se faisait en famille ou avec les voisins

La récolte des cocons

Le "décoconnage" désigne la récolte des cocons avant que le chrysalide ne devienne papillon. Les cocons sont débarrassés de leur bourre ou blaze (fils courts tissés par le ver pour attacher le cocon à son support) à l'aide d'une débaveuse. Les cocons destinés à la filature sont placés dans un étouffoir où ils sont étuvés pendant 10 heures à 70°C. 

Le filage de la soie grège

Les cocons sont ensuite placés dans une bassine d'eau chauffée à environ 90°C, où ils sont battus à l'aide de brosses de chiendent ou de bruyère. L'eau chaude dissout en partie le grès qui soude les fils de soie, et le battage permet d'accrocher l'extrémité du fil qui compose le cocon. Plusieurs cocons sont dévidés simultanément (4 à 8 suivant la finesse souhaitée) et les fils chauds se soudent ensemble pour former un fil plus important, propre à être tissé. Quand le fil d'un cocon casse ou que le cocon est entièrement dévidé, on noue à son extrémité le fil d'un autre cocon, de façon à assurer la continuité du dévidage. Le fil ainsi formé reçoit une légère torsion qui facilite l'agrégation des fils puis est enroulé sur un dévidoir pour former une flotte (écheveau) de soie grège. Les flottes subissent ensuite le moulinage retordage, étape qui assemble plusieurs fils en leur donnant une torsion, une grosseur, un aspect et un toucher spécifique en fonction de leur utilisation future (trame, organsin, crêpe, ovalée, grenadine, cordonnet).

Note : Un cocon donne en moyenne 1 kilomètre de fil ou "soie tirée", 2 km au maximum. Il faut 6 kilos de cocons pour obtenir 1 kilo de soie.

L'usage des cocons percés

Les cocons percés, la bourre récupérée sur les débaveuses, ainsi que les résidus de filage constituent la "schappe" et sont filés mécaniquement. La schappe doit subir le décreusage avant d'être étirée sous forme de nappe puis peignée de façon à ne conserver que les fibres les plus longues. Celles-ci seront assemblées sous forme de mèche, "cardasse" ou "soie fleuret", destinés à la confection de la bonneterie. Ces fils ne peuvent rivaliser en qualité et régularité avec les soies tirées. Les fibres courtes éliminées lors du peignage sont utilisées pour la confection de la "bourrette".

Filature Garnier

Intérieur de la filature de soie Edouard Garnier.

Mon arrière-grand-mère : Thérèse Bertrand épouse Vincent y a travaillé, ses filles Marie-Louise Vincent (ma grand-mère) épouse Rambaud et Irène Vincent épouse Boulon y ont travaillé aussi. Sans oublier mon grand-père : Louis Rambaud.

Les étapes qui suivent constituent l'ennoblissement de la soie avant sa commercialisation.

Le décreusage

Cette étape consiste à débarrasser le fil de son grès par dissolution en trempant les flottes dans un bain d'eau savonneuse à 90°C. Les flottes sont ensuite rincées à l'eau chaude puis froide. Le grès est responsable de la couleur écrue et de l'aspect opaque et rêche de la soie grège. Par décreusage on obtient une soie souple, lisse et blanc brillant, dite soie "cuite", "mi-cuite ou "souple" selon le dégré de traitement.

Le greffage chimique

Lors du décreusage, la soie perd environ 30% de son poids. Pour compenser cette perte, la soie étant vendue au poids, il est courant de "charger" la soie avec des sels d'étain notamment. Ce greffage chimique, pratiqué à partir du XIXe siècle, pose des problèmes en terme de conservation dans les musées. En effet, l'oxydation des sels provoque à la longue des coupures dans le tissu, rendant sa destruction irrémédiable. Ainsi, paradoxalement, les soies plus anciennes sont beaucoup plus faciles à conserver.

La teinture

Jusqu'au XXe siècle s'effectuait en flotte : teinture "en fil". les progrès techiniques ont rendu ensuite la teinture des pièces de soie tissée possible : teinture "en pièce". Les soies de qualité sont encore aujourd'hui teintes en flottes. Les flottes maintenues sur des bâtons de bois étaient plongées dans des cuves en cuivre qui étaient chauffées sur des foyers La rotation des flottes permettait d'obtenir une teinture régulière. De nos jours, les flottes sont teintes dans des cuves fermées assurant un brassage automatique. La température des bains de teinture ne pouvant pas dépasser 35°C, le "Grand Teint" n'existe pas pour la soie. Il est possible de teindre la soie tissée par impression : des colorants sont appliqués sur la soie à l'aide de planches gravées d'un certain motif, ou à l'aide de rouleaux mécaniques gravés.

L'apprêt

Suite à la teinture ou au tissage des fils colorés, la soie est apprêtée par l'application d'un apprêt chimique suivie d'une opération mécanique : lustrage, glaçage, gauffrage, moirage... Le but est de donner au tissu l'aspect et le touché recherché, sans altérer les qualités intrinsèques de la soie.

Source : Plaquette éditée par le Musée des Arts et Traditions populaires de Draguignan.

Ver à soie

Si vous voulez lire l'article paru dans mon autre blog et intitulé : L'histoire de la soie, la filature de soie de Trans, le lien est dessous.

L'histoire de la soie, la filature de soie de Trans - Trans en Provence au fil de la Nartuby

Le cocon du ver à soie se compose de deux enveloppes : l'une extérieure qui consiste en une sorte de gaze très lâche, l'autre intérieure qui est formée d'un tissu très serré. Cette dernière est le cocon proprement dit et fournit seul un fil de grande valeur ; l'autre, à cause de son irrégularité, ne peut être dévidée et ne donne qu'une soie propre à être cardée.
http://www.transenprovence.info

 

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28 février 2019

Le commerce de la soie

Route de la soie

 Les marchands, dès le IVe siècle avant J.C. échangent la soie contre des marchandises précieuses jusqu'en Europe. Partout, la soie provoque la convoitise et son usage suscite tabous et interdits. Dans la chrétienté, la soie devient le symbole de la souveraineté. Tissu des rois et des empereurs, elle sert aussi au culte et reflète la hiérarchie ecclésiastique.

L'organisation du commerce de la soie

Avec le développement considérable de la production de soie en France au XIXe siècle (2000 tonnes de soie grège produite en 1853 employant 300 à 350.000 personnes), le commerce de la soie s'organise autour des Chambres de Commerce et d'Industrie. La soie étant une matière très hydrophile, elle peut contenir jusqu'à 40% de son poids en eau, il devient nécessaire de codifier ses conditions de vente. Des "conditions des soies" sur le modèle de celles qui ont vu le jour à Turin en 1750 et à Lyon en 1779 sont ainsi créées dans toutes les villes où se concentre le commerce de la soie. C'est ainsi qu'Aubenas, Privas, Saint Etienne, Saint Chamond, Valence, Avignon et Marseille se dotent de ces institutions autour du début du XIXe siècle.

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Dessiccateurs (Musée des tissus-Musée des Arts décortifs de Lyon)

Les dessiccateurs (appareils servant à éliminer l'humidité), inventés en 1842 par Léon Talabot, permettent d'obtenir le poids sec de la marchandise et de la vendre avec un poids normalisé quelles que soient les conditions atmosphériques. D'autres mesures sont effectuées pour tester la qualité des produits : on vérifie que le "grés" qui entoure les fils de soie a été correctement éliminé par une analyse chimique. Le "titrage" permet de calculer la grosseur des fils de soie en pesant une longueur fixe. Enfin, d'autres appareils mesurent l'élasticité et la tenacité des fils en fonction de la torsion effectuée lors du moulinage.

Source : Plaquette " Le commerce de la soie" éditée par le Musée des Arts et Traditions Populaires de Draguignan.

Explication : Soie grège 

 La couleur grège est celle de la soie à l'état brut. C'est un beige clair tirant sur le gris. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le terme n'a rien à voir avec un mélange des adjectifs "gris" et "beige", il vient de l'italien (seta) greggia qui veut dire "(soie) brute". La soie brute peut avoir plusieurs teintes. L'intérieur et l'extérieur du cocon du ver à soie n'ont, en effet, pas la même couleur. (Source : Wikipédia)

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 Tissage et moulinage de la soie (Wikimédia)

 

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22 février 2019

L'histoire de la soie

 

Bombyx

Bombyx mori avec des cocons (Photo Wiktionary.org)

 La domestication du bombyx

C'est dans le nord de la Chine, dans le Zhejiang, que commence, vers 3000 ans avant J.C. la véritable aventure de la soie, avec la domestication du bombyx du mûrier, le bombyx mori.

Note : Contrairement aux autres espèces de papillons dont la chenille produit de la soie, la domestication du bombyx a permis de créer un grand nombre de variétés domestiques, si éloignées de la souche sauvage que celle-ci a disparu et que la dépendance du papillon vis-à-vis de l'homme est devenue totale : celui-ci est devenu incapable de voler et les chenilles ne peuvent trouver seules leur nourriture !

Vers à soie

Les usages de la soie en Chine

La soie fut réservée à l'usage exclusif de la famille impériale et des hauts dignitaires pendant un millénaire avant de conquérir d'autres classes sociales. Dans les monastères, la soie, magnifique ornement, servit à glorifier les dieux. Au-delà de son utilisation comme textile de luxe, la soie connut aussi des usages dérivés. En raison de son élasticité et de sa robustesse, la soie était utilisée pour tresser les cordes des instruments de musique, des arcs, des filets de pêche. Les fils tissés servaient à la confection de vêtements et de tentures. La bourre, petits fils grâce auxquels le cocon est attaché à son support, servait à matelasser les vêtements et fabriquer du papier chiffon sur lequel étaient rédigés les documents officiels dès le VIIe siècle avant J.C.

Manuscrit

Manuscrit taoïste sur soie retrouvé dans une tombe à Mawangdui (Wikipédia)

La soie devint ensuite une véritable monnaie avec laquelle on payait les fonctionnaires ou les impôts, la longueur de tissu constituait alors un étalon monétaire. Principal cadeau diplomatique de l'empereur, la soie servit longtemps de gage de paix. L'importance qu'a ainsi pris la soie en Chine justifia le maintien à tout prix du plus long secret de l'histoire, devenu enjeu capital pour toutes les dynasties. Faire franchir les frontières à des graines de vers à soie ou de mûrier était puni de la peine de mort. Jalousement gardé durant près de trois millénaires, le secret de la production de la soie va progressivement être divulgué en Corée, au Japon, puis dans toute l'Asie vers le II siècle avant J.C. avant d'atteindre l'Europe au cours de l'Antiquité.

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La route de la soie

Pour acheter les alliés et des chevaux, les empereurs Han, 200 ans avant notre ère, ouvrirent la Chine au commerce et au monde extérieur, décision qui entrainera des conséquences inimaginables. C'est la naissance de la "Route de la soie" traversant toute l'Eurasie. La révolution industrielle et la production en masse, provoquant la banalisation du précieux tissu, ont fait perdre à la soie son mystère et ses connotations magiques. La soie, par son commerce, a ainsi ouvert la voie au transport de richesse rares et précieuses, mais aussi au voyage des idées et des mythes, permettant la rencontre des peuples à travers les continents.

Source : Plaquette " L'histoire de la soie, tissu somptueux entouré de mythes et de légendes" éditée par le Musée des Arts et Traditions Populaires de Draguignan.

Peinture sur soie

Peinture sur soie chinoise du VIIIe siècle (Wikipédia)

Les légendes

Les écrits de Confucius et la tradition chinoise racontent qu'au XXVIIe siècle avant J.C. un cocon de ver à soie serait tombé dans la tasse de thé de l’impératrice Leizu. Voulant l'extraire de sa boisson, la jeune fille de quatorze ans aurait commencé à dérouler le fil du cocon. Elle aurait alors eu l’idée de le tisser. Ayant ensuite observé la vie du bombyx du mûrier sur recommandation de son mari, l'Empereur Jaune Huangdi, elle aurait commencé à enseigner à son entourage l'art de son élevage, la sériciculture. Depuis, la jeune femme reste dans la mythologie chinoise comme déesse de la soie.

Leizu

Représentation de Leizu - Musée de la soie à Suzhou (Blog "Les pérégrinations de Titi")

Une autre légende raconte que l'empereur Huangdi a rencontré Leizu sur la montagne de l'Est. Cette dernière était en train de cracher des fils de soie, et Huangdi fut captivé par cette scène. Il lui demanda donc de lui apprendre à tisser de la soie, Leizu accepta à condition qu'il l'épouse. Elle lui expliqua qu'elle découvrit des fruits dans le jardin de la Reine-mère. Elle décida de manger cette fleur et se mit à tousser de la soie. Elle eut ensuite l'idée d'en donner aux papillons, qui ont fini par pondre des vers à soie. La Reine-mère découvrant que Leizu utilisait une herbe immortelle, elle la jeta sur la Terre et Leizu fut recueillie par une femme de la tribu Xiling. Elle montra à Huangdi les cocons de vers à soie qu'elle élevait et nourrissait de feuilles de mûriers. Huangdi retourna chez lui et raconta l'histoire à ses parents. Depuis ce jour, Leizu commença à enseigner aux jeunes filles comment évider les cocons et faire des écheveaux de soie.

 Feuille et vers à soie

Une autre légende dit que Leizu trouva un ver à soie en train de manger des feuilles de mûrier. Elle prit le cocon et le plongea dans son thé chaud. Un fil fin commença à se séparer du cocon. Leizu conclut que ce fil pouvait se détendre et servir. Elle convainquit alors son mari de lui donner un bosquet de mûriers, où elle pourrait domestiquer les vers à soie. Elle inventa donc le moulinet à soie. La Chine fut la première civilisation à utiliser la soie. Leizu partagea ses découvertes avec d'autres personnes, de plus en plus d'hommes s'habillèrent avec des tissus de soie, et ce savoir-faire se généralisa en Chine.

Source : Wikipédia - L'encyclopédie libre.

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"L'histoire de la soie" se compose de trois volets. Le prochain sera "Le commerce de la soie" et ensuite "Le fil, du cocon au tissu".

Bonne lecture !

 

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16 février 2019

La légende du Saint Trou au Muy

  

Saint-Trou 1

Entrée nord-ouest du Saint Trou (Photo Wikipédia)

On était dans les siècles de foi où les âmes pures dégoutées du monde, assoiffées de Dieu, se précipitaient dans la solitude et la pénitence, avec plus d'ardeurs que les mondaines n'en mettaient à rechercher le gloire et les plaisirs. Thébaïde favorable aux exercices de la contemplation, une jeune chrétienne s'y réfugia : Marie était son nom, à l'insu de sa famille et y mena pendant quelques temps, une existence angélique. Elle buvait l'eau vive des montagnes et se nourrissait des fruits des bois, des racines d'arbres et d'une sorte de miel sauvage que les abeilles déposaient dans le creux des rochers.

Un jour, un chasseur nommé Robert, aperçoit la sainte recluse. Oubliant lièvre timides, tourterelles roucoulentes et charmants petits oisaux à la gorge pleine de musique, il laisse dormir les flèches de son carquois. Il ne songe qu'à tendre des pièges à la Vertu... Marie, elle, s'enfuit. Elle court, elle vole, c'est l'amour de la Sainte Vertu qui lui donne des ailes.

Saint-Trou 2

Extrémité sud-est de la faille vue de l'intérieur (Photo Wikipédia)

Elle s'enfonce dans un obscur défilé. Robert, impuissant à s'y frayer un passage, voit disparaître la jeune fille. Cette ouverture, c'est le Saint Trou. A quelques temps de là, arrivé à l'endroit où s'élève un chêne gigantesque, Robert fut enveloppé tout à coup d'une grande lumière. Une voix céleste se fit entendre : "Ne touche pas à la vierge, si ce n'est pour ensevelir ici son corps très pur". Il se releva converti, n'ayant plus que des pensées chastes et le désir de retrouver l'aimable créature. Puis, aux gémissements qui se faisaient entendre, il se précipita vers la jeune fille qui agonisait. Obéissant à la Reine du Ciel, il transporta cette chaste dépouille et l'ensevelit sous le chêne, après lui avoir fait une couronne de myrtes, de pervenches et de myosotis. Lui-même bâtit une cabane avec un oratoire à Notre-Dame des Spasmes et se voua à l'existence des cénobites. Quelques jeunes gens l'imitèrent. Ce fut l'origine de la chapelle et du couvent de Notre-Dame de la Roquette.

Source : Guide touristique édité par le Syndicat d'Initiative du Muy - 1990.

Explications : Thébaïde : (du latin Thebais,-idis), en Égypte, région de déserts où se retirèrent nombre d'ascètes chrétiens.

Cénobites : (du latin ecclésiastique cœnobita, de cœnobium, monastère, du grec koinobion). Moines vivant en communauté selon les règles du cénobitisme.

Chapelle Notre-Dame de la Roquette

Chapelle de Notre-Dame de la Roquette sur le rocher de Roquebrune de nos jours complétement ruinée (photo internet)

 

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10 février 2019

De la grappe à la tine et de la tine au vin

 

Vigne

(Photo Wikipédia)

Cet article fait suite à celui paru le 23 janvier, intitulé "De la cave familiale à la cave coopérative".

La vinification

La vinification désigne le procédé par lequel le jus de raisin, le "moût" est transformé en vin.

La tine

La tine est une cuve maçonnée et carrelée de malons rouges vernissés qui recevait le moût (les grappes écrasées et le jus de raisin) afin qu'il puisse fermenter et ainsi produire du vin. Presque chaque maison provençale possédait une tine. C'est depuis la cave que l'on pouvait tirer le vin qui se trouvait dans la tine.

Fermentation

De la grappe à la tine

C'est à l'aide du fouloir que les grappes de raisin sont écrasées. Le foulage du raisin donne un liquide sucré : le moût, dans lequel surnagent les grappes écrasées, les pépins et les pellicules des grains éclatés. Ces résidus solides constituent le marc qui sera prélevé, puis pressé ultérieurement. Mis dans une cuve ouverte, ce "jus" fermente sous l'influence des levures naturellement présentes sur les grains qui transforment le sucre en alcool, en libérant du gaz carbonique. Cette fermentation fait bouillonner le liquide en pleine transformation. Après une dizaine de jours, le bouillonnement cesse, signifiant que la fermentation est finie. On prend soin de remuer le moût afin de l'aérer. Au bas de la cuve, la bonde est protégée par un filtre faire d'un petit fagot de sarments ou de gênet. Quand on juge que la fermentation est terminée, on tire le vin de la cuve. Il est conditionné dans des tonneaux ou des bonbonnes qui ne sont pas bouchées. On pose juste un chiffon sur le trou. Une légère fermentation continue à s'opérer.

Pressoir-Moderne

Les tonneaux sont préalablement nettoyés et soufrés. Des mèches de soufre sont brûlées dans les tonneaux en dégageant des sulfites, gaz que le vin "absorbera" et qui le protègera des bactéries. On utilise une pompe à vin pour remplir les tonneaux. Le vin local était peu alcoolisé, il atteignait les 7 à 9 degrés. Le marc peut ensuite être pressé au pressoir pour en extraire le vin de presse, moins limpide, plus tannique que le vin de cuve et que l'on boit en premier. Si l'on veut faire de la piquette ou de l'eau de vie, on ne presse pas la "raco". La piquette s'obtenait avec du marc, des figues et des pommes, de l'eau et du sucre. Une nouvelle fermentation se produisait, qui donnait une boisson agréable, ne se conservant pas. Les tonneaux étaient remisés dans la cave dans laquelle ils voisinaient avec d'autres tonneaux, des jarres d'huile d'olive, et des "dames jeanne" (bonbonnes en verre).

Source : D'après le catalogue de l'exposition "De vigne en grappe" la culture du vin en Haute Provence réalisé pas l'association Petra Castellana.

 

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04 février 2019

La culture de la vigne


ATP-Pressoir

Fouloir au Musée des ATP à Draguignan (Photo Nadine) 

Jusqu'au début du XXe siècle, le Var était un département essentiellement agricole. Un grand nombre de nos collines, aujourd'hui envahies par les pins et le maquis étaient cultivées. La construction de milliers de murs en pierres sèches, appelées berges ou restanques a permis de gagner des espaces, dans un terrain pentu, caillouteux, aride. Ainsi, on pratiquait la culture en "oullière" : 2 à 3 rangées de vignes, un espace labourable de 3 à 4 mètres pour les céréales et encore 2 à 3 rangés de vignes avec, intercalés, oliviers et arbres fruitiers.

La culture de la vigne

Présente depuis l'Antiquité, elle était un élément important de notre agriculture. On comptait 58.717 hectares de vignobles en 1846. Peu à peu, cette activité va se spécialiser avec l'apparition entre autres des grands domaines.

Préparer le sol

Le sol était travaillé avec un outil à bras : l'araire, instrument de labour tracté par un animal. L'araire est en bois, avec une pointe en fer, très facile à confectionnez. Très légère, elle pouvait être portée sur l'épaule. Elle était utilisée pour labourer le sol pour le retourner. Elle a longtemps été préférée à la charrue qui n'offrait pas ces avantages pour nos sols pauvres en terre arable.

Le cycle du travail de la vigne et son calendrier

L'hiver : Labour et taille. Jusqu'au début février, les champs de vigne sont donnés en patûre aux moutons. Le printemps : Les gelées et la floraison. Labour de déchaussage pour dégager les souches, ébourgeonnage. L'été : Les prémices de la vendange. Rognage pour aérer et supprimer une végétation consommatrice d'énergie. Eclaircissage, effeuillage. Sulfatage en raison des aléas climatiques. L'automne : Vendanges et vin nouveau.

Les vendanges

Au mois de septembre, tout devait être prêt pour les vendanges. La cuve était nettoyée avec un balai de bouleau. On préparait les tonneaux. A la mi-septembre, on visitait les vignes afin d'estimer la production future et fixer la date des vendanges. Pour vendanger les grandes parcelles, on faisait appel à des saisonniers. Pour les personnes qui possédaient de petits carrés de vignes, on s'entraidait en famille ou entre voisins. Le jour venu, dès l'aube, les vendangeurs se dispersaient dans la première parcelle. Les paniers pleins se vidaient dans les cornues portées sur l'épaule. Les porteurs étaient souvent payés double. Le repas de midi se faisait dans le champ de vigne pour gagner du temps.

Le foulage 

A la fin de la journée, les raisins étaient transportés à la ferme ou à la maison en ville dans des cornues. On utilisait le pilon de bois pour tasser la raisin afin d'y mettre plus de grappes. Avant l'apparition du fouloir, on écrasait le raisin avec les pieds, dans une grande cuve.

Fouloir

Le fouloir : les grappes de raisins sont déversées dans le fouloir. En tournant la manivelle, elles sont broyées. (Photo d'un fouloir prise sur le site CarteFrance.fr)

Après la destruction du vignoble par le phylloxéra (sorte de puceron ravageur de la vigne) et la plantation de plants américains, les maladies vont se développer, conduisant à l'emploi de produits tels que le soufre ou le cuivre, d'où l'invention d'instruments : poudreuses, soufreuses, sulfateuses.

Vigne

 Dans cette vitrine (Photo Nadine) différents objets illustrent l'activité de la vigne : 

La poudette : serpe pour la taille des vignes. Les sécateurs (invention du XIXe siècle). Les couteaux à vendanger. Les paniers à vendanges (pour y déposer les grappes). Les cornues pour le transport de la récolte. Le pilon - morceau de bois avec lequel on écrasait les grappes dans la cornue, avant de les mettre dans une cuve. Le fouloir remplacera le pilon. On peut voir également différents récipients : bonbonnes, bouteilles en verre, pichet en céramique, qui permettaient la conservation du vin. Il y a aussi un vinaigrier pour la fabrication familiale du vinaigre. Un alambic permettait de distiller le marc de raisin pour obtenir de l'eau de vie (alcool). Nota : La fabrication d'eau de vie étant réglementée par l'état, cet alambic a été percé afin de ne plus être utilisé.

Source : Plaquette thématique - Autour du vin - Editée par le Musée des Arts et Traditions populaires de Draguignan.

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Je mets ci-dessous le lien vers mon article : "Les vendanges d'antan" si vous désirez le lire ou le relire.

Les vendanges d'antan - Passion Provence

Les vendanges dans le Midi (Carte postale ancienne) Vieux de 2 600 ans, le vignoble provençal est le plus ancien de France. Les Phocéens sont les premiers à introduire la vigne en Provence et les Romains, dès le IIe siècle avant J.C, en développent la culture.
 

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02 février 2019

Exposition : En voiture ! Vivre avec l'automobile – XIXe-XXIe siècles

En voiture

Exposition présentée du 11 octobre 2018 au 15 mars 2019

Inventée à la fin du XIXe siècle, l’automobile a profondément renouvelé et façonné notre environnement et nos modes de vie. Dans le Var, traversé par de grands axes de circulation, elle est intimement liée au développement du tourisme et de la mobilité, à l’aménagement du territoire et à la passion sportive. C’est aussi le fléau de la pollution, des embouteillages, des accidents. Entre passé et avenir, liberté et contrainte, haine, passion ou nostalgie, les Archives départementales proposent de (re)decouvrir son histoire et ses usages à travers un itinéraire balisé de documents inédits, objets et témoignages.

Entrée libre du lundi au vendredi de 8h30 à 17h00.

Archives départementales du Var, Pôle culturel Chabran, Draguignan.

 

29 janvier 2019

La colle du Rouët

Colle-du-Rouet

Le massif majestueux, composé de roches rouges, premier contre-fort de l'Estérel, domine la vallée de l'Endre et celle du Blavet. Il fait face au Massif de la Roquette, aussi imposant que lui, comme deux géants de granit. Encadrant la vallée fertile de l'Argens, ce site verdoyant conduit à la mer. Le Rouët est sillonné, sur son flanc sud, par une piste forestière qui, à chaque tournant, vous fait découvrir une vue splendide. Après une course de 6 km, cette piste vous emmène au point culminant (La fontaine des chasseurs). Cette vue plongeante vous fait découvrir l'immense Domaine du Château du Rouët réputé pour ses vins (Côtes de Provence). A l'est, vous apercevrez le golfe de Fréjus et de Saint-Raphaël : le scintillement de la mer est un enchantement pour les yeux, ensuite, Puget sur Argens, Roquebrune, Le Muy défilent sur fond sombre du Massif des Maures. La vue se poursuit jusqu'à la pente du Mont Faron qui suplombe Toulon. Plus au nord, la montagne de la Sainte Baume (Saint Maximim) se dessine dans la brume. Après avoir regardé ce magnifique panorama, vous serez émerveillé de découvrir ce que l'on appelle la Plaine d'Isnard, la Forêt Domaniale, le Site des Enfers au nord.

Foret domaniale de la Colle du Rouët

Ce carrefour de la Fontaine des Chasseurs est, comme son nom l'indique, le rendez-vous de chasse pour les battues aux sangliers. C'est à cet endroit que les parties de chasse se préparent, et où les plus belles histoires de chasseurs, et aussi les plus drôles et même les galéjades plus fausses que vraies, se font et se défont. Si vous ne voulez pas redescendre côté sud, vous avez la possibilité d'emprunter la piste nord qui vous emmène à Bagnols en Forêt, et vous pourrez rejoindre Le Muy par la départementale.

Le Rouët

Le Massif du Rouët abrite des grottes (baumes) qui ont été habitées dans la préhistoire, et plus près de nous, par des maquisards pendant la période 1943-1944.

Les Romains y avaient installé un camp de vigie très important qui commandait toute la vallée de l'Argens jusqu'à la mer. Ils y cultivaient, pour leur nourriture la Plaine d'Isnard, composée d'une terre riche et noire. La Source des Chasseurs donnait l'eau indispensable pour toute vie humaine. Sur son sommet, on remarquera l'emplacement d'un ancien village Ligure, et à un certain endroit, une fabrique de meules de moulin à même la roche. Toute cette Colle du Rouët (Coualo, colline), ainsi que la vallée de l'Argens et le Massif de Roquebrune, doivent être à tout prix préservés pour rester un havre de paix et de verdure.

Colle du Rouët

Ce sont les sites les plus marquants, avec ceux des Maures, que le Var posséde à 10 km de la frange côtière et qui font sa renommée. Les natifs du Muy, les Varois et tous les amoureux de cette région - y compris les touristes et les nouveau habitants de ce lieu privilégié, doivent lutter ensemble contre les construction anarchiques et destructrices du paysage. Ainsi, les populations futures ne pourront pas nous accuser d'avoir laissé à des mains profanes notre Patrimoine, et laisser construire une inesthétique forêt d'immeubles. Il faut rester vigilant afin de permettre aux amateurs de la nature, aux chasseurs, aux estivants et aux vacanciers de passer des heures heureuses dans ces lieux. Il suffira pour cela de s'abstenir de faire des feux et de fumer dans les forêts en période estivale afin d'éviter les catastrophes trop souvent répétées pendant la période de juillet à septembre. 

Voilà succinctement ce que vous devez savoir sur cette montagne du Rouët. Il ne vous reste plus que d'aller rêver en découvrant ce panorama somptueux qui appartient à notre cher département.

Colle-du-Rouet

Source : D'après le Guide touristique - Le Muy de Provence - édité par le Syndicat d'Initiative du Muy - 1990. (Arrangé par Nadine). J'ai pris les photos sur le site des Randonneurs brignolais.

 

23 janvier 2019

De la cave familiale à la cave coopérative

 

ATP-Cuve à vin 6000L

Cuve monumentale pouvant contenir 6000 l au Musée des ATP à Draguignan (Photo Nadine)

L'origine de la cuve

Un manuscrit de 1789 signale l'existence de cette cuve dans un bâtiment de l'Evêché de Glandèves situé à Entrevaux. A l'origine, il existait deux cuves identiques. Au début du XXe siècle, l'une d'elles fut démontée et semble avoir disparu... Ces cuves monumentales, situées dans les caves des bâtiments, étaient judicieusement placées en dessous de deux trappes d'arrivée des grappes de raisin foulées dans le fouloir de la pièce du dessus, accessible par une rue de plain-pied. La production de vin devait être considérable si l'on en juge par la capacité de ces deux cuves (6000 litres environ) et par leur situation dans un espace important. Il faut savoir que jusqu'au XIXe siècle, Entrevaux était un lieu de passage important et qu'il s'y trouvait une citadelle où se tenait une garnison ; d'où la nécessité de très nombreuses tavernes et une forte consommation de vin. Il existe très peu de cuves en France et c'est dans la région, une pièce unique.

ATP-Pressoir

Pressoir portatif posé sur une cornue au Musée des ATP à Draguignan (Photo Nadine)

La cuve maçonnée

La mise en valeur et l'aménagement des caves anciennes, situées sous les maisons du XVIIe et XVIIIe siècle du musée, permettent une présentation vraissemblable de cette cuve à vin. On peut y voir également des équipements propres à la vinification : fouloirs à vendanges, petits pressoirs portatifs, tonneaux, pompe à vin. Dans la salle du fond, vous pouvez encore voir, une cuve à vin maçonnée carrelée en céramique rouge, cachée derrière le mur (on ne voit que la trappe d'aération et très peu le carrelage du mur du fond), ainsi que des bassins de soutirage du vin.

Les tonneaux

Leur invention serait attribuée aux Celtes. Le tonnelier est l'artisan qui fabrique des emballages pour conserver et transporter les liquides. Il peut fabriquer de nombreux récipients en bois : seaux, baquets, cuves, etc... mais c'est surtout dans la production de tonneaux, barriques et foudres qu'il exerce son art. La naissance des coopératives viticoles, avec le stockage du vin dans des cuves de ciment, puis en inox, ainsi que l'utilisation du camion citerne pour le transport, ont fait rapidement régresser puis disparaître l'artisanat de la tonnellerie.

Coopérative-Camps-les-Brignoles

Les caves coopératives

Nées de la crise viticole au début du XXe siècle, filles du syndicalisme, les caves coopératives sont gage de modernité et de prospérité, elles sont aussi le signe d'une liberté démocratique et d'une solidarité. Elles ont sans doute modelé la vie de la société rurale du XXe siècle. La première coopérative fut créée en 1906 à Camps la Source (Var). En 1914, le Var s'inscrit au premier rang national pour le nombre de création de caves, on en compte 35. Très vite, une centaine de coopératives seront situées dans le Var. La plupart de ces caves se trouvaient dans l'arrondissment de Brignoles. Elles sont baptisées : "L'Emancipatrice", "la Fraternelle", "la Travailleuse", "l'Indispensable", "l'Amicale", "la Laborieuse", "l'Union". Les coopératives viticoles permettent aux petits viticulteurs de bénéficier des progrès scientifiques et du matériel relativement lourd que ces nouvelles techniques de vinification exigent. Elles deviennent l'outil le plus efficace pour assurer aux producteurs le contrôle technique et économique du produit, de la fabrication du vin à sa commercialisation. La coopérative s'inscrit dans une longue tradition méditerranéenne de pratiques collectives et d'entraide, fortement présentes dans la vie économique, sociale et festive des villages.

Coopérative vinicole la Transiane

Coopérative vinicole de Trans en Provence "La Transiane" (Photo blog cavescooperatives.fr)

Nota : La guerre de 1914-1918 a provoqué une baisse de la production, sans que la demande fléchisse en proportion, en effet, le "pinard" du soldat a contribué efficacement au maintien du moral. Tout soldat reçut quotidiennement un quart de vin, approvisionnement relativement facilité par l'abondante vendange de 1914. Cette ration fut reconnue insuffisante et doublée par le Parlement, en janvier 1916. Le vin du poilu (9°) était un assemblage de vins à faible degré.

Faire cuve commune

Petits et moyens exploitants sont les acteurs majoritaires du mouvement coopératif. Le marché va réclamer des vins d'une qualité meilleure et plus homogène. Ces exigences coûtent en investissement. Le Crédit Agricole soutiendra ce mouvement. La cave, désormais indispensable à la vie du village, va devenir le nouveau centre de réunion, de solidarité vivante, elle s'impose dans le bâti varois.

Source : Plaquette sur le thème "Autour du vin" éditée par le Musée des Arts et Traditions Populaires de Draguignan.

En faisant une recherche pour trouver une carte postale représentant la coopérative vinicole de Camps la Source, je suis tombée sur un blog intéressant dont je vous mets le lien :

CAMPS-LA-SOURCE (Var) - Caves coopératives de vinification d'ici et d'ailleurs.

En Provence, la cave coopérative de Camps-les-Brignoles a été fondée en 1906 et fut la première avec celles de Cotignac. En 1954, 168 coopérateurs produisaient 8 529 hectolitres de vin. En 1979, 140 adhérents cultivaient 199 hectares de vignes et la cave...

http://www.cavescooperatives.fr

 

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17 janvier 2019

La chaussure et la cordonnerie

 

Cordonnier

Le courdouanier

Le cordonnier doit son nom au "cordouan", cuir importé de Cordoue en Espagne des siècles durant. Ce cuir de chèvre, coloré et d'excellente qualité, servait à faire des chaussures de luxe. Au XVIe siècle, l'appelation "cordouan" se généralisa à tous les cuirs, quelles que soient leurs origines et leurs qualités.

Au Moyen-Âge, les métiers de la chaussure sont regroupés en corporations qui fixent les règles et les exigences professionnelles, et assurent la protection des différents corps de métiers. Le cordonnier est alors le seul à pouvoir fabriquer des chaussures de cuir neuf, les modifications et les réparations étant à la charge du savetier. Ces deux professions seront confondues au XIXe siècle, où les termes cordonnier et savetier désignent le même artisan, parmi les plus pauvres à l'époque. Le cordonnier est pourtant très présent en ville sous l'Ancien Régime, et on le rencontre jusqu'au début du XIXe siècle en tant que cordonnier ambulant dans les campagnes, où il répare les chaussures de fête, avant que les habitants n'abandonnent les sabots. L'industrie de la chaussure réalise entre 1850 et 1900 des progrès considérables, grâce à la baisse des coûts de revient et à la mécanisation de la fabrication. On produit alors dans des usines, des chaussures cousues, clouées et vissées.

Cordonnier1

Le pegot

En Provence, le cordonnier porte le nom de pegot à cause de la poix (peguo en provençal) qu'il utilise quotidiennement et qui lui noircit les mains. L'activité de cordonnerie a débuté dans les communes de Draguignan, Flayosc et Bargemon, à la fin du XVIIIe siècle, dans de petits ateliers qui fabriquaient entièrement à la main de grosses chaussures destinées à l'agriculture et à l'armée. Hommes, femmes et enfants participent alors à cette activité. Les femmes travaillent à leur domicile pour effectuer le jointage : assemblage des différentes parties de la "tige", afin de mettre en forme le dessus de la chaussure. Les hommes, quant à eux, s'occupent du "montage" : assemblage du dessus de la chaussure et de la semelle. C'est le maître bottier qui achète et coupe les cuirs avant de distribuer le travail à façon. Les cuirs utilisés proviennent de tanneries de la région : Tourves, Barjols, Belgentier, Draguignan, Puget-Thénier ou Toulon, ou d'autres villes de France comme Annonay (Ardèche). Cette activité croît et se mécanise tout au long du XIXe siècle, elle emploie de la main-d'oeuvre venue du Piémont (Italie). La production, importante pendant les guerres mondiales, commence à baisser à la fin du XXe siècle. Le cordonnier qui autrefois montait les chaussures entièrement à la main, est devenu ouvrier en cordonnerie. Toutefois, malgré la mécanisation, certaines opérations nécessitent toujours une intervention manuelle. La fabrication de chaussures se maintient peu que peu jusqu'en 1980 où, faute de main-d'oeuvre, les derniers fabricants sont contraints de fermer.

SourcePlaquette : "La chaussure et la cordonnerie" éditée par le Musée des Arts et Traditions Populaires de Draguignan.

Cordonnerie

 

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11 janvier 2019

Les métiers du cuir

Les-tanneurs

L'artisanat du cuir occupe une place fondamentale dans toutes les sociétés. Depuis les périodes les plus anciennes, le cuir est présent partout dans la vie des hommes, dans l'habillement, l'habitat, l'arnachement, l'équipement guerrier... Le cuir est un matériau de la vie, de la survie souvent. A ce titre, il est un puissant révélateur de l'histoire des sociétés humaines.

Le tanneur

De tout temps, baudroyeurs, aiguilliers, boursiers, corroyeurs, cordonniers, bottiers, selliers, bourreliers, relieurs, gantiers, et fabricants de lacets en cuir ont été tributaires du tanneur. Celui-ci dispose d'une multitude de peaux, parmi lesquelles figurent les plus résistantes, celles des grands animaux, vaches, veaux, chevaux, mais des cuirs plus fins, comme la peau des chèvres, des moutons... Le tannage du cuir consiste en une série d'opérations dont le but est de transformer la peau en cuir, au moyen de "tanins", contenus dans certaines espèces végétales, en particulier les écorces de chêne, pour le rendre imputrescible et résistant. Les peaux sont trempées dans des fosses contenant du tan ayant déjà servi, puis du tan de plus en plus concentré et peuvent y séjourner de deux mois à deux ans. En raison des odeurs dégagées par l'opération de ramollissement des peaux immergées, et de leur grand besoin en eau claire, les tanneurs sont tenus de s'installer près d'une rivière, dans des quartiers qui leur sont réservés. Les peaux sont ensuite sorties de ces cuves, tendues sur des perches pour les faire sécher, aplanies, battues sur des tables à l'aide de maillets pour leur donner souplesse et épaisseur voulues.

Outils-de-tanneur

Jusqu'en 1880, des cuirs tannés étaient destinés à l'agriculture, pour le harnachement des chevaux de trait, et à l'armée. Les progrès de la chimie remplacèrent progressivement le tan, par de l'écorse de mimosa, des extraits de châtaigniers ou de chrome. La tannerie s'industrialisa durant tout le XIXe siècle. Le mégissier chercha à obtenir des peaux plus douces et blanches destinées à la ganterie, la réalisation des corps des poupées de porcelaine, les étuis à lunettes ou les porte-monnaie. Epoque des élégantes et des voyages, le début du XXe siècle, vit le plein développement de la maroquinerie. La pelleterie profita aussi de la mode : la classe bourgeoise se couvrit de vêtements de fourrure, les conducteurs des premières voitures automobiles s'enfouirent sous d'amples manteaux. Aucun animal ne fut épargné, du crocodile à la belette, du requin au cygne, en passant par le vulgaire lapin. L'industrie réclamait des courroies de transmission pour ses moteurs et des tabliers protecteurs en cuir pour ses ouvriers. La gamme des cuirs s'étendit, la concurrence était rude, les cuirs de Russies, traités à l'huile de bouleau et imperméables, étaient très recherchés. Les cuirs vernissés se répandirent après 1900.

Tannage

Quelles peaux pour quels cuirs ?

La peau de boeuf pour faire des semelles fortes. La peau de buffle pour fabriquer les objets nécessaires à l'équipement militaire et les cuirs à rasoir. La peau de vache donne les cuirs dits "mous", dont les usages sont multiples. Les peaux de cheval, de sanglier, de porc et de mulet sont employées dans la sellerie. La peau de taureau sert pour les capotes de voitures et les semelles intérieures de souliers. Les peaux d'agneau et de chevreau sont utilisées pour la fabrication des gants. La peau de chèvre sert à la chaussure et à la maroquinerie. La peau de chien, après corroyage, est travaillée par les cordonniers. La peau d'âne sert à garnir les caisses de tambour. La peau de cygne est réservée aux évantaillistes. La peau de requin sert, sous le nom de galuchat, à divers usages en maroquinerie, en coutellerie et en ébénisterie, mais aussi dans l'industrie pour polir l'acier, faire des courroies, garnir les pistons des pompes à eau.

Le bourrelier

Tous les peuples nomades firent appel au bourrelier, il joua un rôle primordial dans l'agriculture pendant plus d'un millénaire. Grâce à son savoir naît l'attelage, qui permet de capter toute le force produite par la bête de trait au niveau de son poitrail et de son encolure. Ainsi, les progrès furent considérables : des labours plus profonds, des charges plus lourdes transportées à moindre effort. S'il travaille le cuir, le bourrelier est également amené à façonner le crin, la paille, la laine pour le rembourrage de ses colliers et selles. Il emploie le bois, pour la forme de ses colliers, il le cloute, le peint, le vernit. Il fabrique les harnachements des chevaux, capitonne les charrettes, les bâches également. Il utilise donc une grande variété de cuirs.

Bourreliers

Les métiers de la chaussure 

Pendant des siècles, on importa des peaux espagnoles en France. En effet, le cuir de Cordoue ou "Cordouan", un cuir de chèvre préparé avec le plus grand soin et que l'on teignait de diverses couleurs, servait à faire des chaussures de luxe. C'est de lui que vient le nom de cordonnier, qui désignait l'artisan travaillant cette peau, le cordouanier. Au Moyen-Âge, la plupart des métiers étaient regroupés en corporations qui fixaient les règles et les exigences professionnelles et assuraient la protection des divers corps de métiers. Les cordonniers ou cordouaniers, au sommet de l'échelle, fabriquaient des chaussures neuves, avec du cuir neuf, en cordouan, ou autre cuir de qualité supérieure. Les sueurs, du latin suere signifiant coudre, étaient les ouvriers de la chaussure. Les savetonniers faisaient des chaussures légères en basane, cuir de mouton, considéré de qualité inférieure. Les savetiers, en bas de l'échelle, réparaient, modifiaient ou fabriquaient des chaussures mais avec du vieux cuir usagé.

Outils-de-bourrelier

Au début du XIXe siècle, grâce à la baisse notable des prix de revient, les souliers en cuir finissent par s'imposer, au détriment des sabots. A la fin du XIXe siècle, l'industrie de la chaussure réalise des progrès considérables grâce à la mécanisation de diverses opérations dans la fabrication. Vers 1900, en France, la cordonnerie industrielle emploie trois principaux procédés de fabrication, qui produisent autant de catégories distinctes de chaussures : le cousu, le cloué et le vissé.

Source : Plaquette : "L'artisanat du cuir - Les métiers du cuir" éditée par le Musée des Arts et Traditions Populaires de Draguignan.

A suivre : La chaussure et la cordonnerie.

 

04 décembre 2018

2 décembre 1959 : la catastrophe du barrage de Malpasset

Bonjour ami(es) lectrices et lecteurs de mon blog.

Je reviens un peu vers vous aujourd'hui parce que vous me manquez. Mon poignet se répare petit à petit et dans quelques temps je publierai à nouveau des articles. Je fais paraître celui-ci car on ne peut pas oublier cette terrible date du 2 décembre 1959. Moi, je n'étais pas née mais mes parents m'ont raconté la catastrophe de Malpasset. J'ai trouvé deux films sur le sujet. Le premier est celui d'un reportage de Pierre Desgraupes pour l'émission de télévision "Cinq colonnes à la une". Le deuxième est celui de Jean-Claude Honnorat, retrouvé au fond d'un placard. Je pense que tout est dit et expliqué dans ces films ainsi que dans les quelques lignes ajoutées à l'un et à l'autre.

Barrage-de-Malpasset

Vue de l'aval du barrage et de son appui en rive droite (Photo Wikipédia)

Reportage Pierre Desgraupes. Cinq colonnes à la une. ORTF.

Au début de l'hiver 1959, 15 jours continus de pluies torrentielles vinrent remplir pour la première fois le nouveau barrage de Malpasset, en amont de Fréjus. Lorsque celui-ci céda soudainement, le 2 décembre 1959 à 21h13, près de 50 millions de mètres cubes d'eau déferlèrent, ravageant la plaine jusqu'à la mer, broyant fermes et cultures et détruisant le quartier des Arènes de Fréjus. Le bilan de la catastrophe s'élèvera à 423 morts, 155 immeubles entièrement détruits, mille hectares de terres agricoles ravagés et deux milliards de francs de dégâts. Ce barrage destiné à l'irrigation avait été construit par le Génie Rural, future DDA, sous la maîtrise d'oeuvre d'un Conseil général sans expérience sur ce type d'ouvrage. Si EDF l'avait construit, tout eut été certainement différent. C'est la plus grande catastrophe de ce genre qui ait jamais touché la France. A la suite de ce scandale administratif, un autre barrage de type digue fut construit à St Cassien sur le bassin versant de la Siagne, vers Cannes. Edf en fut chargé et y adjoignit une unité de production hydroélectrique. JCH

58 ans après la plus grande catastrophe civile qu'ait connu la France, des documents nouveaux apparaissent : une bobine de film 16 mm retrouvée au fond d'un placard révèle des visages jusqu'alors inconnus des toutes premières victimes de la catastrophe de Malpasset. Ce 2 décembre 1959 à 21h13 le barrage explose. Dans un fracas monstrueux une vague de 60 mètres de hauteur se rue dans la vallée du Reyran. A deux kilomètres en aval du barrage les premiers touchés seront des dizaines d'ouvriers travaillant aux terrassements de l'autoroute et résidant sur place dans des baraquements de chantier.
Ces ouvriers venus de toute l'Europe et d'Afrique du Nord n'étaient jusqu'à présent que des mots dans les registres. Voici qu'ils apparaissent sur leur chantier, au soleil du mois d'août, trois mois avant leur terrible fin.
Ce film est dédié à ces travailleurs de force, accablés d'un horrible destin un soir d'hiver suivi d'une longue nuit d'anonymat, jusqu'à aujourd'hui. (27 personnes décédées sont toujours à ce jour non identifiées)

Jean Claude Honnorat.

Un grand document : 1964 : Le film de l'Entreprise Razel-Bec sur la construction de l'autoroute A8 Aix-Nice : https://www.youtube.com/watch?v=NzKekR__8eE&t=79s

 

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23 octobre 2018

Exposition : 1918... la fin de l'enfer

1918

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Des nouvelles de Nadine

Bonsoir à toutes et à tous,

l'exposition ainsi que le spectacle ont été un succès le dimanche 7 octobre. Il y avait énormément de monde. J'étais ravie, tout se passait à merveille. Le lendemain tout a basculé. Je faisais la permanence du lundi après-midi et là, je me suis prise les pieds dans les pieds d'un panneau. Je suis tombée et après avoir été conduite à l'hôpital par les pompiers, on m'a annoncé que mon poignet droit était cassé. Mon radius était en miettes. J'ai été opérée le lendemain et le chirurgien m'a posé une plaque et des vis. Je suis rentrée chez moi le vendredi. Pour se débrouiller avec la main gauche quand on est droitière, je ne vous raconte pas la galère ! Bref, j'en ai pour 6 semaines si tout va bien. Alors donc, pour le moment je ne peux pas écrire. 

Si vous voulez voir des images de l'exposition et du spectacle, il faut aller sur le site de la mairie de Trans en Provence. Voilà le lien : https://www.transenprovence.fr/index.php/le-village/actualite-archives/814-exposition-et-spectacle-sur-notre-commune-de-trans-en-provence

Je vous dis à plus tard fidèles lectrices et lecteurs. A présent, je n'ai plus qu'à prendre mon mal en patience. Merci de continuer à venir lire mon blog tout de même, il y a sûrement des articles que vous n'avez pas lu ou que vous désirez relire. 

Nadine

 

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16 septembre 2018

Exposition : Trans et les Transians au fil du temps

 

Bonjour à toutes et tous,

vous avez remarqué que je ne poste plus d'articles depuis un mois. En fait, je n'ai pas le temps car je prépare mon exposition de photos et cartes postales anciennes de Trans en Provence. La paroisse reçoit Monseigneur Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, pendant quatre jours au mois d'octobre et Monsieur le curé m'a demandé de présenter à nouveau l'exposition que j'avais faite en 2006 à l'Hôtel de ville. Cette exposition avait eu à l'époque un énorme succès et j'avais vu défiler pendant neuf jours plus de 2 000 visiteurs, ce qui a été pour moi une sacrée surprise et une magnifique reconnaissance de mon travail. Donc, cette nouvelle exposition, enrichie d'autres panneaux de photos et de cartes postales, sera présentée du 7 au 10 octobre 2018 à la salle polyvalente de Trans en Provence. Le 7 octobre, à 19 heures, il y aura l'inauguration de mon exposition : "Trans et les Transians au fil du temps", puis à la suite, un spectacle intitulé : "Trans au fil des siècles" présenté par les paroissiens de Trans en Provence et de La Motte qui dure environ une heure et qui résumera l'histoire, au combien riche, de notre village. Ensuite, un buffet dinatoire offert sera proposé.

Je mets ci-dessous le deux affiches de ces manifestations.

Dans la semaine, l'exposition sera ouverte de 10 h à 12 h et de 15 h à 18 h. J'espère que les Transians seront à nouveau fidèles comme en 2006 et viendront nombreux se replonger dans leur passé. Je serai présente l'après-midi des 8, 9 et 10 octobre. Un grand merci d'avance à vous toutes et tous.

Bonne exposition et bon spectacle !

Trans et les Transians au fil du temps-Exposition affiche

TRANS EN PROVENCE Spectacle affiche

 

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18 août 2018

La tarasque de Tarascon

 

Chateau-de-tarascon

Le château de Tarascon sur les bords du Rhône (Photo internet)

Figure emblématique des multiples dragons qui hantent les contes et légendes de la Provence, la tarasque est née au bord du Rhône, dans une grotte aquatique, sous l'emplacement du château de Tarascon.
Dévoreuse des faibles, des femmes et des enfants, démolisseuse de digues et de barrages, rompus pas sa terrible queue, elle est l'image effrayante des débordements du fleuve. Son mythe se complète de l'intervention victorieuse de sainte Marthe, la soeur de Marie-Madeleine, hôtesse de Jésus à Béthanie, venue dans la barque des proscrits de Judée pour annoncer la Bonne Nouvelle en Provence.

 Sainte-Marthe

Peu après son débarquement, Marthe apprend l'existence du monstre, elle va à sa rencontre, le soumet en lui passant sa ceinture autour du cou et le ramène à Tarascon, où il est massacré par la foule. Voué à sainte Marthe, sa patronne, Tarascon devient un lieu de  fréquenté dès les Ve et VIe siècles, et visité par saint Louis (Louis IX) et Charles d'Anjou. La victoire de Marthe est, de très longue date, commémorée par des fêtes autour de la Pentecôte et le 29 juillet, jour de la fête de la sainte.

Tarasque

Organisée pendant des siècles de façon très irrégulière, la fête de la Tarasque, proche de la Pentecôte et de ses jeux de charité, obéissait à un rituel qui faisait intervenir brutalement le monstre de carton et de toile dévalant les rues de la ville et balayant impitoyablement de sa queue tous ceux qui, l'ayant défié, n'étaient pas assez dégourdis pour lui échapper. Une forme de réjouissances qui n'est pas sans rappeler l'atmosphère des abrivado, des lâchers de taureaux ou des courses libres. Au XIXe siècle, la tarasque courut ainsi en 1846, 1861, 1891... et, plus près de nous en 1946. Plus paisible et plus régulière, la fête annuelle du 29 juillet (ou du dimanche avoisinant) retrouve, dans une ambiance de corso, une tarasque pacifique escortée du bedonnant Tartarin et de ses compagnons Bézuquet et Costecalde. D'ici à ce qu'un moderne Daudet fasse du "terrible" chasseur le vainqueur de la Tarasque !

 Source : L'Almanach de la Provence - Editions Larousse 2003.

A lire ou relire également : Le drac de Baucaire.

Le drac de Beaucaire - Passion Provence

Beaucaire est une charmante bourgade provençale située dans le Gard, sur la rive droite du Rhône. Cette cité très ancienne, fondée au VIIème siècle avant J.C., abrite des légendes qui remontent à la nuit des temps. On conserve dans les réserves du musée du Vieux-Beaucaire, des battoirs de lavandières ornés d'un côté, de figures reptiliennes.

 

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12 août 2018

Le Provençal et les dialectes provençaux

 

Vieille rue

Vieille rue (Photo Nadine) dont la plaque indique :

"Souleiado de la Capello dou Segnour"
Terrasses de la Chapelle du Seigneur

Le provençal est une langue romane de la famille des langues d'oc. Il est issu de l'évolution du latin populaire, et est parlé sur un territoire qui déborde de celui de la Provence historique et culturelle proprement dite. Comme toute langue, le provençal est dialectalisé.

Les dialectes provençaux

- Le rhodanien est parlé dans les parties occidentales des actuels départements du Vaucluse (Vau-Cluso) et des Bouches-du-Rhône (Bouco-dóu-Rose). Il est également parlé en Languedoc, autour du Nimes (Nime), du Rhône (Rose) à la Vidourle (Vidourlo).

  - Le maritime et intérieur (ou "méditérranéen") est parlé dans les parties orientales des actuels départements du Vaucluse (Vau-Cluso) et des Bouches-du-Rhône (Bouco-dóu-Rose), dans tout l'actuel département du Var (Var), dans la majeure partie de l'actuel département des Alpes-Maritimes (Aup Maritimo) et dans la moitié sud de l'actuel département des Alpes de Haute-Provence (Aup de n-Auto Prouvènço).
Le provençal maritime a des règles linguistiques qui lui sont propre : les pluriels se forment en -ei ; une chute très marquée de nombreuses consonnes est produite ; les o sont souvent diphtongués et la conjugaison possède son lot de spécialités.
Pour exemple, la phrase  "Les belles filles jouent tous les jours sur la colline" :
- en provençal rhodanien, cela donne : "Li bèlli chato jogon tòuti li jour dins la colo".
- en provençal maritime, cela donne : "Lei bèllei fiho juegon tòutei lei jou dins la couelo".

 - Le gavot, ou alpin est parlé dans la moitié nord de l'actuel département des Alpes de Haute-Provence. Hors de Provence, le gavot est parlé en Dauphiné dans tout l'actuel département des Hautes-Alpes (Àuteis-Aup), dans une frange sud-est de l'actuel département de l'Isère (Isero), et dans les vallées provençalophones du Piémont (Val Maire, etc.).

- Le drômois, ou dauphinois n'est parlé qu'hors de la Provence proprement dite, en Dauphiné : majeure partie de l'actuel département de la Drôme (Droumo), c'est-à-dire le Diois et le Valentinois, frange sud-ouest de l'actuel département de l'Isère (Isero).

Le nissart et le vivarois

Linguistiquement très proche du provençal, le Nissart doit être considéré comme une langue à part entière, car telle est la conscience linguistique de ses locuteurs, qui se sentent Niçois et non pas Provençaux. Voici quelques caractéristiques du Nissart.

- Article défini pluriel différent au masculin et au féminin : lu - li.

- Conservation du a final atone au féminin, devenu o en provençal : Nissa la bella, pichina (petite), etc.
- Le nissart connaît, comme l’italien, des mots accentués sur l’antépénultième syllabe.

- Le nissart n'utilise que l'adjectif possessif plein, comme l'italien : français "mon cheval", provençal moun chivau / moun cavau, nissart lou miéu cavau, italien il mio cavallo.

Les parlers du Vivarais sont très proches du provençal drômois. Mais les gens du Vivarais n'ayant aucune conscience de parler provençal, et ayant une conscience identitaire vivaroise très forte, leurs parlers ne peuvent être considérés que comme formant une langue autonome composée de trois dialectes, le haut-vivarois, le boutierot / le vivarois-moyen et le bas-vivarois.
Le vivarois s'écrit avec une graphie similaire à celle du provençal, avec quelques adaptations dues aux différences phonétiques.

Source : Internet - Site Voilà des langues

 

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06 août 2018

Une coutume du Moyen-Age conservée jusqu'à la Révolution

Promenade

Village médiéval, Villecroze, situé à l'ouest de Draguignan entre Tourtour et Salernes est surtout connu pour ses falaises de tuf trouées de grottes. Ces curiosités naturelles valent le détour et une promenade dominicale. Mais savez-vous que ce pittoresque village a conservé jusqu'à la Révolution une coutume moyenâgeuse : la promenade ? Celle-ci n'avait rien de touristique ; elle permettait plutôt à ses habitants de se racheter une bonne conduite, car à l'époque on ne badinait pas avec la bonne moralité à Villecroze !

Les "mauvaises langues" du village qui, par leurs travers, portaient tort au voisinage étaient ramenées à de meilleurs sentiments après une promenade dans toutes les rues, une ou deux pierres attachées autour du cou... On réservait aux couples adultères une promenade plus humiliante : la femme coupable se voyait condamnée à errer à travers le village, nue sur un âne, la tête tournée vers la queue de l'animal auquel on avait attaché son compagnon, nu également. Les badauds pouvaient châtier le couple à coups de bâton ; on supprima plus tard la correction par trop exagérée.

Comment punissait-on les coupables de menus larcins à Villecroze ? Par une promenade. Les maraudeurs, voleurs de fruits, de quelques volailles ou brassées d'épis de blé étaient condamnés à se promener dans le village avec souvent le port autour du cou d'une pancarte sur laquelle était inscrit l'objet du délit.

Le propriétaire lésé demandait souvent une promenade à ces maraudeurs plutôt qu'un dédommagement. Ce châtiment devait avoir des vertus curatives...

Le conseil municipal de Villecroze délibéra même sur le sort à infliger à une voleuse de poule. Elle fut condamnée à faire "le tour du village, par tous les lieux et carrefours avec la poule pendue au col, escortée par la garde nationale". Après quoi, le volatile fut vendu au profit de son propriétaire.

Non vraiment, autrefois on ne badinait pas avec les bonnes moeurs à Villecroze...

Source : Almanach pittoresque et pratique du Var 1992 - Maryse Pèbre et Monique Rieupouilh - Ed. Var Matin.

 village photo

Les fameuses grottes de Villecroze