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Le musée municipal et la bibliothèque de Draguignan sont installés dans ce qui fut, à l'origine, un couvent d'Ursulines. Ordre enseignant, installé d'abord au second étage de la maison portant le numéro 60 de la rue de l'Observance. Dès leur établissement, vers 1629, les Ursulines ouvrirent leurs classes et reçurent des pensionnaires. Trois ans plus tard, elles commençaient la construction d'une chapelle à l'angle de la rue du Combat de la la rue de la République (dénominations actuelles). D'abord libres, les soeurs optèrent bientôt, vers 1636, pour la vie claustrale, alors que la chapelle s'achevait. C'était en 1640. Le monastère atteignit son plein développement vers le mileu du XVIIème siècle et comptait alors trente religieuses. Mais cette situation florissante fut de courte durée, car la prospérité des Ursulines sombra dans la catastrophe générale de la banque de Law. La fermeture de la maison fut prononcée en 1750, alors qu'il ne restait plus que sept religieuses. Les bâtiments furent alors achetés par l'évêque de Fréjus, Mgr du Bellay pour 6 000 livres  alors qu'ils étaient estimés à 9 000. Cependant, l'évêque ne se plaisait que médiocrement dans la solitude de sa cité épiscopale, dont il redoutait le climat. A cette époque, Fréjus s'était transformé en un cloaque, infesté de moustiques et le paludisme y sévissait à l'état endémique. Secondé par son architecte, Courbon, Mgr du Bellay fit démolir cloisons, planchers, escaliers, ne laissant debout que les murs-maîtres. Cela lui couta 140 000 livres, mais la "masuro", comme il qualifiait lui-même l'ancien couvent, devint un petit palais. Il meubla richement l'enfilade des salons dans lesquels il se plut à recevoir ses diocésains. Il ouvrit largement sa belle demeure à l'élite de la population dracénoise, y donna des fêtes et même des bals pendant la saison du Carnaval. Après quatorze ans d'épiscopat, Mgr du Bellay se démit de sa fonction et se retira à Paris. Son successeur, Mgr Emmanuel François de Beausset-Roquefort parut vouloir continuer les traditions mondaines de son prédécesseur d'autant que celui-ci lui avait légué sa belle demeure dracénoise. Après un certain temps, Mgr de Beausset-Roquefort envisagea de transformer sa résidence pour y loger le grand séminaire dont les bâtiments, situés à Fréjus, tombaient en ruines. Mgr du Bellay l'apprit et outré que l'on osa toucher à son palais, reprit celui-ci et le vendit à Jacques Latil, receveur des tabacs, pour la somme de 25 000 francs. Les Latil n'habitèrent jamais cet immeuble, mais le louèrent, d'abord à la comtesse du Belvédère, née Garsende de Sabran, puis au général Nicolas Chandernagor. Affecté au 2ème Régiment léger, il fut promu commandant à l'âge de 38 ans, en décembre 1835, et reçu son quatrième galon au cours d'une prise d'armes qui se déroula aux allées d'Azémar. Devenu général, Chandernagor fut nommé en 1848, gouverneur de l'Algérie, puis élu en 1871 député à l'Assemblée Nationale et enfin sénateur en 1875. Quant à l'ancien palais épiscopal, les Latil le vendirent en 1887, à la Caisse d'Epargne, qui en laissa une partie à la ville pour y installer le musée-bibliothèque. D'abord créée en 1801, par le premier Préfet, Mr Fauchet dans le collège des Doctrinaires, la bibliothèque est constituée des livres provenant des couvents supprimés et des émigrés. En 1888, sur la proposition du Maire, Mr Clavier, la bibliothèque fut transférée au premier étage de l'ancienne résidence de Mgr du Bellay, dont les salons ont conservé leurs belles portes moulurées, surmontées de petits tableaux peints sur des toiles marouflées. Les principales collections qui ont concouru à former le fond de cette bibliothèque sont celles des Dominicains de Saint-Maximin, des Capucins de Brignoles, Draguignan, Saint-Maximin et La Seyne, des Minimes de Toulon, des Chartreux de la Verne, des Doctrinaires de Draguignan, des châteaux de Valbelle à Tourves, de Vintimille au Luc et des Castellaine-Saint Juers à Grimaud. C'est ainsi que cette bibiothèque possède des manuscrits et des incunables. De 30 000 volumes, à l'origine, elle en compte maintenant plus de 100 000. Quant au musée, il fut installé en même temps, au rez-de-chaussée de ce palais et reçu les oeuvres provenant des châteaux de la région : Panini, Téniers, Mignard, Van Loo, Parocel y sont représentés ainsi que des toiles attribuées à Rubens, Boucher, Rembrandt, Philippe de Champaigne. Nota de Nadine : il n'y a pas que des tableaux au musée, vous pouvez y voir des meubles, des sculptures, de la vaisselle, des vestiges archéologique, etc...

Source : Draguignan, ses personnalités, ses rues. Raoul Bérenguier - 1989.

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Photos prises cette année lors des Journées européennes du patrimoine.

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Je me permets de rajouter le commentaire d'une de mes fidèles lectrices, Anne-Marie qui apporte un complément d'information à cet article. Merci à elle. "Et au-dessus du Musée se trouve la bibliothèque municipale qui va déménager au nouveau quartier Chabran au mois de septembre 2014. Alors, souhaitons que la municipalité trouve un jour les fonds pour développer le musée dans les locaux supplémentaires qui vont être libérés. En effet, le musée possède une réserve incroyable de tableaux anciens qui souffrent beaucoup d'être mal entreposés, faute de place. De temps en temps quelques-unes de ces toiles ont la chance de "sortir de leur réserve" pour une exposition temporaire. Cela vient d'être le cas pour une expo de grands formats à la Chapelle de l'Observance, expo merveilleuse dans ce cadre digne de la qualité des oeuvres présentées. En particulier, cinq tableaux bibliques jamais vus provenant de la Chapelle Saint-Hermentaire, dont justement une superbe représentation de ce saint dans son costume d'Evêque. Une rareté. Une des photos de Nadine montre la grande braderie de livres organisée mi-septembre par la bibliothèque qui a trié et allégé ses stocks avant le grand déménagement. A la stupeur des bibliothécaires, cette braderie a remporté un énorme succès (le prix du livre était à 1€, la recette a tourné autour de 15.000€ !!!) On y trouvait aussi bien des livres pour enfants que des romans et surtout des livres d'art, à prix unique... Il est prévu qu'une vente semblable soit organisée au printemps. Et la recette ainsi récoltée permettant l'achat de toutes nouveautés, alors, maintenant, nous lecteurs assidus, en cette rentrée littéraire, on se régale !"