Peste

La peste est connue depuis l'Antiquité. C'est une terrible maladie, atroce dans ses manifestations : bubons sanglants, vomissements, diarrhée... et, dans la quasi totalité des cas, fatale. Extrêmement contagieuse, elle se répand en épidémies qui parcourent régulièrement l'Europe. On estime que durant le Moyen-Age, tous les dix ans environ, une région est infestée. Quelques vagues sont plus terribles que d'autres et dépeuplent littéralement villes et campagnes, n'épargnant nul pays et aucune classe de la société : seigneurs et manants, hommes d'église, artisans et bourgeois, tous sont touchés. En 1347, une pandémie, partie de Chine quelques années plus tôt arrive en Provence. A Avignon, alors siège de la chrétienté, un tiers de la population est emportée par le fléau. Deux autres dates laissent de cuisants souvenirs aux Provençaux : 1630 et 1720. Il n'y a, en ces temps, aucun remède. Fumigations d'herbe et tampons de vinaigre sur le nez sont dérisoires.

La seule ressource est de prier et d'invoquer les saints : Sébastien, Antoine, le saint local et à partir du XVe siècle, Roch. Après ces dates, soit pour remercier d'avoir été épargné, soit pour servir de rempart à une épidémie future, une multitude de chapelles nouvelles sont édifiées, d'autres sont reconstruites. Là est aussi l'origine de biens des pèlerinages d'aujourd'hui. Saint Sébastien, martyrs au IIIe siècle, fut, durant le Moyen Age, le principal saint protégeant les populations de la peste. Dans l'esprit populaire, les flèches qui le frappaient étaient assimilées aux morsures soudaines du mal. Entre les premiers symptômes et la mort, il ne s'écoulait en général, pas plus de deux à trois jours. L'image du saint le représente comme un homme jeune, beau et presque nu. Il vint un temps où cette nudité incommoda les autorités ecclésiastiques.

Saint-Roch

A partir du XVe siècle, l'Eglise répandit largement l'histoire édifiante de saint Roch qui lui paraissait plus convenable. Fils d'un notable de Montpellier, Roch devint pèlerin errant. Lors d'une peste à Rome, il s'illustre en soignant les malades, au mépris du danger. Lui-même atteint, il se retire à la campagne. Dieu fait alors jaillir une source miraculeuse où il soigne ses plaies. Pendant sa maladie, le chien d'un seigneur voisin lui apporte tous les jours un pain dérobé à la table de son maître. Revenu à Montpellier, pris pour un vagabond, il est jeté en prison dans sa ville natale. Il y meurt sans être reconnu.

Source : Chapelles de Provence - Serge Panarotto - Editions Edisud.