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7 septembre 2021

Les aqueducs autour d'Aix-en-Provence

Sextius-Calvinus_par_Villevieille

Fondation d'Aix par Sextius Calvinus (Joseph Villevieille 1900)

Aix-en-Provence est la ville de l'eau par excellence. Son nom l'indique, il dérive d'Aquae Sextiae, les eaux de Sextius qui est le nom du général romain qui envoyait ses légionnaires se baigner dans les sources nées au pied de la montagne Sainte-Victoire afin de cicatriser leurs blessures. Ce n'est pas un hasard si Caïus Sextius Calvinus fit usage de ces eaux et décida de fonder une ville là où elles jaillissaient de terre. Strabon, géographe grec du 1er siècle après J.C. dans son ouvrage "Géographieattribue aux vertus de l'eau d'Aix la fécondité exceptionnelle des femmes provençales. Les Romains édifièrent d'ailleurs à l'emplacement des sources, un temple à la gloire de Priape dont le frontispice était orné d'un énorme phallus, de nos jours conservé au Musée Granet à Aix, avec une inscription que l'on peut traduire de cette façon : "Les eaux fécondent les unions stériles". La ville antique va se développer autour de la fameuse source dite "Impératrice". Pendant près d'un siècle, les eaux guérisseuses sont réservées aux soldats. Mais il faut compter sur l'empereur Auguste qui va ouvrir les bains d'Aquae Sextiae à tous et c'est ainsi que la cité connaît une expansion considérable. Elle devient métropole de la Narbonnaise Seconde. (Nota : C'est à la suite de la réorganisation de l'Empire par Dioclétien, empereur romain que sont créées les provinces de Narbonnaise première, de Narbonnaise seconde et de Viennoise) et sa population décuple. Ses eaux sont tellement réputées qu'on vient de tout l'Empire pour en profiter. Dès le premier siècle, Pline, le naturaliste, ne tarit pas d'éloges à leur propos. Mais bientôt, les sources vont se révéler insuffisantes pour alimenter la ville qui a fait construire ses bains, ses thermes, ses latrines, ses bassins, ses fontaines et ses jeux d'eau. L'eau est partout présente. Quatre aqueducs vont être édifiés pour satisfaire aux besoins des habitants qui iront chercher l'eau qui coule en abondance dans les environs. La campagne aixoise porte d'ailleurs encore quelques vestiges de ces monuments.

Sainte Victoire

Malgré son apparence de miroir ardent du soleil, la montagne Sainte-Victoire est un château d'eau. Elle est à l'origine de sources et de rivières comme l'Infernet, la Cause, la Torse ou encore le Bayon. Ce sont elles que les Romains vont partiellement capter pour emmener leurs eaux jusqu'à Aix-en-Provence. Certes, le "barrage romain" situé sur le cours de l'Infernet, à quelques centaines de mètres du château du Tholonet, ne fait pas l'unanimité des archéologues. Les ingénieurs du premier siècle avaient-ils réellement barré le cours de l'Infernet pour créer un bassin de rétention et pour régulariser l'écoulement de l'eau ? Ce n'est pas certain. Mais cependant ce qui est sûr, c'est le captage des eaux du Bayon à une douzaine de kilomètres d'Aix. L'aqueduc passait au pont de l'Anchois, il franchissait le ravin de Roques-Hautes comme en témoignent encore les ruines de quelques piles, puis il longeait le lit de la rivière. On retrouve plusieurs ruines de la canalisation le long de la RD17 avec en fond, la Sainte-Victoire. A cause du relief particulièrement tourmenté des lieux, les constructeurs ont dû réaliser à la fois des tunnels et des chemins surélevés afin d'assurer la continuité de la pente. On trouve également des traces d'un aqueduc aux environs de Vauvenargues sur le versant nord de la Sainte-Victoire. Il amenait à Aix les eaux de la source de Claps.

Traconnade

Vestiges de l'aqueduc de la Traconnade sur la commune de Meyrargues (Photo Wikipédia)

Mais les plus beaux vestiges sont situés aux environs de Meyragues, au pied de la butte du château, au lit-dit les Arcades. cet aqueduc mesurait une trentaine de kilomètres, collectait les eaux d'une source près de Jouques, au lieu-dit Traconnade, là où coule de nos jours le ruisseau Saint-Bachi. Il suivait la rivière, se dirigeait vers la Durance et coulait très souvent dans les galeries souterraines dont on retrouve la trace au sud de Peyrolles avant de déboucher au Pas de l'Etroit qu'il franchit au moyen d'arcades qui ont donné le Reclavier. Puis, il gagnait Venelles en souterrain puis, de là, les hauteurs d'Aix. Un quatrième aqueduc passant par Eguilles amenait les eaux de la Touloubre captées à la Bargemone. Mais hélas, ces vestiges sont aujourd'hui trop rares pour qu'il soit possible d'en reconstituer le parcours.

Source : Les monuments de l'eau en Provence - Jean-Marie Homet - Edisud

laprovence-23032011

L'aqueduc du Tholonet à Aix-en-Provence

 

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