Le Muy-Vue générale couleur

Bourg en étoile, ceint de remparts depuis 1398 (la date d'achèvement figure sur l'une des parois du clocher), Le Muy possédait au XVIème siècle, le réseau routier que nous connaissons aujourd'hui. On y trouvait le chemin royal qui allait de Fréjus au Luc et traversait la Nartuby par un pont proche de l'ouvrage actuel ; le chemin de Callas, le chemin de Grimaud par le bac du Couloubrier au confluent de l'Argens ; le chemin de La Motte et de Valbourgès ; le chemin de Draguignan, le chemin de Roquebrune qui partait du bac à péage sur l'Argens, vers la Roquette. Ces voies radiales étaient reliées par des chemins périphériques qui permettaient d'atteindre le péage du "ferrage du Capou". Il s'agissait d'une infrastructure routière sommaire comme l'attestent des actes notariés qui font état de "dégradations au chemin public de charrettes sur la Nartuby" ou encore de "ponts à poutres à la Serre pour qu'on puisse passer à pieds secs"... Les Pontevès marquèrent leur attachement au Muy en y construisant leur maison seigneuriale, en même temps que les remparts (disparus de nos jours) dont elle fait partie intégrante, avec ses murs de 1.40 mètres d'épaisseur, à l'angle nord-ouest de l'actuelle rue François Taxil (anciennement rue du Four). On attribue à leurs alliés, les Rascas, la construction de la chapelle de Notre-Dame de la Roquette. Le fondateur de la branche des Rascas du Muy, Payan de Rascas, fut enterré dans la chapelle Saint-André (disparue), qui était située à proximité de la Tour (dite Tour Charles Quint). C'est cette famille qui présida aux destinées du Muy de 1540 à 1669 et qui construisit le premier château au bord de l'actuelle place Gambetta. Les files de maisons de la rue Grande et de la rue du Four ont dû être édifiées à la même époque. On peut le supposer on observant l'encadrement de style Renaissance d'une porte aujourd'hui murée qui donnait accès à l'Eglise (fortifiée) depuis la rue Grande. L'actuelle place Jean Jaurès s'appelait "le Coulet" ou encore "le Paty", on y foulait le blé et c'est là que se tenait le marché ou que les chefs de famille s'assemblaient.

Le Muy-L'église

La pollution urbaine était le fléau des villes de ce temps. Le Muy s'offrit le luxe de paver ses rues et d'organiser un service de ramassage des ordures et déjections déposées hors des remparts dans le "Prat mardassié". Le ruisseau du Pélissier faisait office d'égoût. Pour tirer le meilleur parti des eaux dérivées de la Nartuby et des autes canaux, le sol fut sillonnée de rigoles et le sous-sol miné de drains et de tunnels. La plupart des caves de la rue Grande, de la rue de la Liberté et des Allées Victor Hugo donnent sur ces tunnels à hauteur d'homme. Cela accrédite la rumeur celon laquelle un souterrain aurait relié l'église au château et à la Tour. Le bourg devait avoir fière allure avec son église fortifiée, sa tour, la maison des Pontevès et le château des Rascas, ses remparts et sa constellation de chapelles au départ des chemins : vers Le Luc, la chapelle Saint-Roch, vers Draguignan, la chapelle Sainte-Anne, vers Fréjus, la chapelle Saint-Pierre, vers Grimaud, la chapelle Saint-André, vers Callas, la chapelle Saint-Pons. Il y avait également, un auditoire de justice, très belle salle voûtée fort bien conservée, aménagée dans une dépendance de la maison des Pontevès. Le juge qui siégeait vers le milieu du XVIème siècle se montra particulièrement répressif puisqu'il prononça plusieurs condamnations aux galères, dont une à perpétuité. Enfin, les Rascas veillaient à l'équipement et à la bonne tenue de l'Hôpital Saint-Jacques, situé hors les remparts. Un chirurgien y exerçait, il appartenait à la famille Cat, qui venait de Callas et avait fait souche au Muy. Désormais, l'église n'était plus le seul centre des rapports sociaux. Dans les moulins qui se créaient le long des canaux dérivés de la Nartuby, les paysans qui portaient leur blé ou leur olives, commentaient les innovations et les difficultés de leur condition.

Source : D'après "Prouvençau, Mueien, qu sian ?" "Provençaux, Muyois, qui sommes-nous ?" de Léon Arnaud, ancien instituteur au Muy.

Le Muy-Tour Charles Quint

 A Georges (Jojo), mon papa et à tous ses aïeux Muyois auxquels j'ai déjà consacré 25 ans de recherches généalogiques, la moitié de ma vie. Sans eux, je ne serais pas là...