Boulangers

Au Moyen Age et sous l'Ancien Régime, les habitants avaient pour obligation d'utiliser les installations seigneuriales pour moudre le grain, cuire la pain ou encore puiser l'eau. Cela donnait lieu à un impôt en argent ou en nature appelé "banalité". Pour le pain, ils devaient utiliser le four seigneurial dit "banal" et payer un droit de "fournage". C'est-à-dire, remettre une partie de leur production au seigneur, en général, un pain sur vingt ou sur trente. C'était un asservissement tant le four à pain était indispensable à la vie quotidienne. En contrepartie, le propriétaire avait pour devoir d'entretenir son four et d'y installer un fournier (boulanger) qui était chargé de cuire le pain et de prélever l'impôt. Le fournier cuisait de gros pains avec beaucoup de mie sous une épaisse croûte afin d'assurer une conservation d'une semaine, une quizaine et parfois plus. Les habitants apportaient leur farine plusieurs jours à l'avance. Ils la marquaient en indiquant le jour du dépôt et donnaient en échange, une bûche de bois pour la cuisson.

Four à pain Le Castellet

Le four du Roy au Castellet (photo internet)

Dans le Var, au Castellet, le four du Roy se trouve à présent dans une boutique qui porte le même nom et aurait, d'après l'historique, servi jusqu'au XXe siècle. Quant à Tourtour, des textes relatent qu'au Moyen Age, les deux fours communaux étaient utilisés gratuitement. Mais lorsqu'en 1642, le seigneur Raphélis en prend possession, il instaure la banalité, indignant les habitants. Les fours seront rachetés par la commune en septembre 1727, ce qui supprima cet impôt.

Four à pain Artignosc

Le four d'Artignosc (photo internet)

A Artignosc-sur-Verdon, l'ancien four à pain qui se trouve derrière la mairie, donne lieu chaque dimanche de la Pentecôte, à une fête du pain. Ce droit de fournage était mal supporté par le paysan, d'autant que pour sa consommation personnelle, il pouvait cuire son pain dans son propre four aménagé dans sa cheminée. L'Assemblée Constituante, lors de la Révolution française, le supprima en 1790 et, la loi du 17 juillet 1793, abolit définitivement toutes les banalités.

Source : D'après un article paru dans le supplément Varmatin du 5 mai 2013 

Societés-cultures-rurales

A propos du mot "banalités" : Les taxes appelées banalités étaient si fréquentes qu'elles ont donné le mot "banal" dans notre langage d'aujourd'hui. Le seigneur, profitant de son droit de commandement (droit de ban) et de sa force militaire, exige des paysans qu'ils utilisent les installations qu'il a fait construire. Le moulin banal où le meunier perçoit une partie de la farine en paiement de son travail et de l'utilisation du moulin. Le four banal où le fournier, recruté par le seigneur, retiendra, pour la consommation de ce dernier, une partie des miches de pain cuites. Le pressoir à raisins ou à pommes dont une partie du jus recueilli ira dans la cave du seigneur. Ainsi le seigneur dispose d'aliments gratuits dont la perception se fait tout au long de l'année. Ces impôts étaient d'autant plus mal supportés par le paysan, qui pour sa consommation personnelle aurait pu moudre son grain avec une petite meule, cuire son pain dans le four installé dans la cheminée de sa masure et même presser son vin ou son cidre dans un petit pressoir personnel. Ces opérations auraient alors été faites sans versement de taxes.

Sources : D'après Wikidia - l'encyclopédie junior.