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Passion Provence
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  • Bienvenue chez moi à Trans en Provence dans le Var. Je vous invite à la découverte de la Provence et du Var en particulier à travers son histoire, son patrimoine, ses traditions, ses coutumes, ses légendes, etc...
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7 janvier 2013

La vie en autarcie dans nos campagnes autrefois

 

Paysans provence

Quelques flocons de neige et nous voici bloqués ! Une tempête et la panne d'électricité nous est fatale ! Ces évènements qui on le sait bien, reviennent périodiquement, nous montrent combien l'équilibre du monde moderne est fragile, combien nous sommes asservis et dépendants des techniques, comment un grain de sable dans ce bel agencement crée une situation catastrophique. Qu'en diraient nos ancêtres, qui eux, vivaient en autarcie et ne pouvaient compter que sur eux-mêmes pour faire face au déchaînement des éléments ? Qu'ils soient isolés dans un petit village perdu de montagne, qu'ils vivent dans une riante campagne, les ruraux du XIXème siècle vivaient repliés sur eux-mêmes, produisant tout ce dont ils avaient besoin pour leur nourriture, leur chauffage et leur habillement, en transformant eux-mêmes la matière première ou en la confiant à l'artisan voisin car les villages possédaient alors tous les corps de métier. La nourriture d'abord. Elle provenait uniquement de leur récolte et de leur production : les légumes cultivés dans le jardin, les volailles élevées dans la cour, le cochon que l'on tuait un fois l'an, le lait que l'on trayait chaque jour et qui permettait la fabrication du beurre et du fromage, les fruits du verger, les châtaignes. Même la boisson provenait de la ferme, cidre ou vin du pays suivant les régions.

Foulage-du-ble

Quant au pain, on le fabriquait et cuisait sur place, le blé étant porté au moulin pour obtenir de la farine. Point besoin d'huile pour cuire les aliments, le saindoux du cochon, cuit et mis en pot faisait l'affaire et pour la vinaigrette, on donnait sa récolte de noix à l'huilier. Pour sucrer les desserts rien de tel que le miel de la ruche. Afin de garder ces provision au fil de l'hiver, on utilisait divers moyens : le pot à saler pour la viande de cochon, le séchage des fruits entassés dans des jarres. Aussi rien d'étonant qu'après avoir engrangé ces provisions, on pouvait attendre sans risques. Les vêtement ensuite. Chaque paysan cultivait un peu de chanvre dans sa chènevière, le laissant rouir dans une mare, puis séché avant d'être broyé pour en extraire la filasse. Celle-ci était alors donnée au tisserand du village qui la transformait en toile solide dans laquelle les femmes coupaient des draps ou des chemises et préparaient le trousseau de leur fille. De la même manière, la toison des moutons, lavée et portée à la filature permettait d'obtenir du fil à tricoter. Le chauffage à présent. Il se réduisait souvent au feu de cheminée qui chauffait la maison et cuisait les aliments. Pour approvisionner le foyer, chaque hiver, les hommes allaient couper du bois dans les haies vives qui bordaient leurs champs. On n'oubliait pas de faire des fagots et de trier des tiges bien droites pour faire des manches de fourches. Les plus beaux arbres étaient sciés et débités en planches. On les employait pour réaliser des tonneaux, pour tailler des lattes ou des chevrons ou encore fabriquer un coffre. Et l'éclairage ? Outre le feu qui éclairait souvent les maisons le soir à la veillée, on possédait des lampes alimentées par du pétrole et des bougies qu'on achetait au colporteur et qu'on faisait brûler avec parcimonie. Et l'eau ? La majorité des fermes possédaient un puits. Il suffisait d'accrocher le seau à la chaîne et de tourner la manivelle pour le descendre vide et le remonter plein. De la même façon, les lavoirs étaient creusés dans certains prés où les ménagères allaient rincer leur linge après l'avoir fait bouillir avec de la cendre qui servait de détergent.

Puits

Et les jouets ? Point de tentations pour les enfants qui n'avaient pour modèle que les adultes au travail. Les jouets se fabriquaient avec les moyens du bord : poupées de chiffon ou de maïs, sifflets dans de l'écorce de châtaignier, petites charrettes en noisetier, animaux inventés avec des glands. Et les moyens de déplacement ? A pied quand on n'avait point autre chose. On marchait beaucoup à cette époque, n'hésitant pas à parcourir 15 kilomètres pour se rendre à la foire et autant pour en revenir. Sinon, la charrette était attelée au cheval et point besoin d'essence. Finalement, tout se trouvait ou se fabriquait sur place, sans oublier ces petits riens qui aidaient au quotidien : l'huile de chanvre qui graissait les moyeux des roues, les décoctions de plantes pour se soigner, le brou de noix pour teindre les tissus, la plume d'oie bien taillé pour écrire, les fougères pour protéger les plantes du gel. Mais on était capable de tenir un siège et on ne se laissait pas démoraliser par une couche de neige ou une rafale de vent.

Source : L'almanach de nos terroirs 2011 - CPE Editions.

La-Bugado1

 

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Commentaires
C
Bonjour , certes la nostalgie est le propre de certains d'entre-nous , mais nous devons prendre en compte les jeunes générations qui nous observent et attendent de nous la préservation de cette mémoire encore vivante, à nous de transmettre ce qui est encore possible de faire avant l'oubli…….et avant que la mémoire ne fiche le camps . Si quelqu'un souhaite s'investrir sur le sujet je suis à même de monter un petit musée de la forge en Haute Garonne près de Toulouse . fredpaulforge@free.fr 0619992090 Cordialement . CFred
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D
Attention, j'ai dis certaine femme, ne vous sentez pas toutes visés !!! LOL
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D
Vivre en autarcie serait mon rêve, puis je n'aurais plus à me soucier de ma retraite car je serais probablement mort à l'usure ;-)<br /> <br /> <br /> <br /> Pour cela il faut que je largue tout le confort moderne, portable, internet, etc très dur pour certaines femmes ; a savoir qu'elles sont au bord du suicide si elles perdent leurs chargeur. LOL
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C
Bonjour Nadine , je ne sais pas si vous êtes toujours dans le circuit......mais je peux vous dire que je partage parfaitement votre point de vue . D'ailleurs je suis à même de monter un petit musée de la forge dans un petit village situé en Haute Garonne , ma passion est la restauration de l'outil et de faire visiter ( voir Association LOU-FOC sur le site de Fontenilles 31 ) et je me suis mis à écrire des textes concernant les outils de la forge en général et également certains textes sur des outils concernant des métiers annexes qui existaient autrefois dans nos campagnes, je tire mes textes de mon vécu et de ma mémoire vive. Amitiés C Fred
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C
Ma chère Nadine, j'ai 64 ans et quand je lis ce texte, j'ai une très grande envie de vivre dans le passé, soit fin 1700 et début 1800. Quand j'étais enfant, je voyais encore que l'on livrait la marchandise avec une charette et un cheval. Pour moi, c'était encore la bonne époque. Aujourd'hui, bonne chance pour garer sa voiture ! Il faut dire que le progrès technique nous aide vraiment beaucoup, mais où sont passés les entraides, la simplicité de la vie, les veillées et tant et tant d'autres choses... Amitié, ClaudeClaud
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K
Et ils mouraient souvent beaucoup plus jeunes que nous, usés prematurement , avec ce mode de vie ,dans le "bon vieux temps ".. pas besoin de retraite donc ! Personnellement, je suis heureuse de vivre au 21ème siecle ! A mon age, 51 ans, je ne serai probablement déjà plus de ce monde, si j'avais vecu a l'époque que vous semblez regretter pour justement ne jamais l'avoir vecue ! Votre vision est "idéalisée"" , très romantique et, je le crains, totalement irréelle ! On croirait un episode de la Petite maison dans la prairie" ! Ma grand- mère, décédée a 102 ans, benissait le ciel pour tous les progrès dont elle avait beneficiés au cour de sa vie, pour rien au monde elle n'aurait voulu y revenir, à ce bon vieux temps , car elle l'avait vecu, elle ! CORDIALEMENT
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P
a lire pour tous "ils revaient des dimanches " de Christian Signol magnifique livre sur ce sujet
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C
Bien vrai la vie était certainement très rude mais il y avait des valeurs : la famille, la solidarité, etc. Aujourd'hui tout cela semble disparaître et lorsqu'il y a une panne d'électricité, mes enfants hurlent devant leur écran noir "on est coupés du monde !" Restons positifs ! Lyne
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S
Exact chère Nadine : autrefois on se débrouillait bien mieux en tout ! Et on était indépendant. Je dis souvent qu'on devrait faire un effort pour y revenir, car on sera très démuni en cas de grave crise. Par exemple pourquoi ne pas se déplacer en ville à dos d'âne ?...Ce serait moins bruyant, plus pittoresque et tout aussi rapide que la voiture...Bonne année Nadine !
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M
Merci pour ce long article... qui devrait nous ramener aux choses essentielles et à un peu plus d'humilité! Je crois que j'aurais aimé vivre aussi à cette époque où nous apprécions le moindre petit bonheur!
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G
Merci Nadine pour cet article fort intéressant et qui nous rappelle combien nous sommes oui "handicapés", sans pour autant sombrer dans le nostalgique "tout était mieux avant" ... il me suffit de penser à mes grands-parents et même à mes parents encore pour ressentir tout cela profondément et me poser oui comme Joëlle beaucoup de questions ..<br /> <br /> <br /> <br /> Bonne semaine et à bientôt<br /> <br /> Amitiés<br /> <br /> Giselle
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L
Bravo, Nadine pour ce post. Je le dis tous les jours nous sommes tous devenus des esclaves du progrès. Tout notre argent passe dans les charges EDF, Impôts, assurances et à l'arrivée, il ne nous reste plus rien pour manger. Plus d'Epargne....Chacun de nous est formaté pour faire une tâche bien déterminée, Plus personne n'est polyvalent. alors que tu le dis si bien nos aïeux assumaient toutes les tâches et n'avaient besoin de personne. Ils savaient tout faire. Leur bas de laine était souvent bien rempli et bien planqué et ils savaient mieux que nous s'entraider les uns les autres. Toute la famille vivait sous le même toit.<br /> <br /> Je ne sais pas ce que nous allons devenir, mais aujourd'hui en France, les paysans sont en voie de disparition et devenus une espèce rare. Ils n'arrivent plus à vivre du produit de leur terre, et les habitants de la ville que nous sommes ne connaissent plus le goût des produits naturels. Je me serais bien vue au siècle dernier.. Je t'embrasse. Joêlle
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M
très interessant ton article, bonne semaine
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M
oui moi j'aurais aimé vivre en ce temps là -<br /> <br /> <br /> <br /> bon, avec option revenir au 21 ème siècle tout de même, en cas de nostalgie hi hi hi !
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