A l'aube des temps, la presqu'île de Saint-Tropez, fut peuplée par les Ligures puis vinrent les Celtes qui appportent l'usage du fer. On sait que le littoral fut fréquenté par les Carthaginois, mais ce sont les Ioniens, qui ayant chassé les Celto-Ligures de Massalia (Marseille) prospérent et installent des comptoirs sur toute la côte orientale dont Athénopolis qui deviendra plus tard Saint-Tropez.

St Tropez-Buste

A Pise, Caïus Torpetius, brillant officier, fut choisi par l'empereur Néron comme intendant de son palais. Converti par saint Paul dont il assurait la garde, Torpetius proclama ouvertement sa foi chrétienne lors d'une fête organisée par l'empereur en l'honneur de la déesse Diane. Déconcerté, Néron insista pour qu’il se rétracte. Tropez refusa. L’Empereur lui donna à choisir jusqu’au lendemain, entre le sacrifice aux dieux ou la mort. C’est Satellicus qui avait été chargé par l’Empereur de l’exécution de la sentence. Torpetius fut livré aux bêtes féroces, mais dans l'arène, les fauves se couchèrent à ses pieds. Irrité, Néron le fit flageller, mais la colonne à laquelle il était attachée pour l'excution de la sentence se brisa et tua Satellicus. Finalement, c'est le fils de Satellicus pour venger son père qui le fit décapiter et son corps fut jeté dans une barque avec un coq et un chien à l'embouchure de l'Arno, selon la loi Pompeia contre les parricides. Cela se passait le 29 avril de l'an 68 de notre ère. Recueillie par les habitants, la tête de Torpetius (Saint Tropez) est conservée à Pise dans une chapelle qui lui est dédiée. Portée par le courant Ligure, la barque dériva et s'échoua sur les rivages du golfe de l'actuel Saint-Tropez. En souvenir du martyr de Torpetius, les moines de l'abbaye Saint-Victor de Marseille, propriétaires de la presqu'île, firent élever une chapelle "Ecclesia Sancti Torpetis". En 739, une razzia des Sarrasins laissa le pays entièrement travagé. En 1046, le territoire revint aux Vicomtes de Marseille. A partir de 1436, le roi René 1er d'Anjou tente de repeupler la Provence. Il crée la Baronnie de Grimaud en faveur de son chambellan, Jean de Cossa et fait appel au gentilhomme génois Raphaël de Garezzio, qui aborde la presqu'île avec une flotte de caravelles accompagné d'une soixantaine de familles génoises. Des provençaux se joindront également aux génois pour repeupler la région. L'acte d'habitation passé le 14 février 1470 entre Jean de Cossa, baron de Grimaud, grand sénéchal de Provence et Raphaël de Garezzio en présence de 21 chefs de famille stipule que les soussignés seront francs, libres et exempts d'impôt (cette convention perdurera jusqu'à son abrogation en 1672 par Louis XIV).

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 En contrepartie, ils devront fortifier et défendre le rivage de Sainte-maxime à Cavalaire. Dans Saint-Tropez détruit par la guerre de la fin du XIVe siècle, Raphaël de Garezzio fait construire des murs d'enceintes dont deux larges tours qui sont encore debout : l'une à l'extrémité du grand môle et l'autre à l'entrée de la "Ponche" (en provençal : la pouncho, la pointe). La tour carrée faisait partie de l'ensemble. La cité est désormais une petite république qui possède sa flotte et son armée. Elle est administrée par deux consuls et douze conseillers qu'elle élit. Le 24 juin 1558, le conseil crée la charge de capitaine de ville (le premier fut Honorat Coste) pour "garder la ville de jour comme de nuit, pour aller contre les Turcs et les ennemis du Roy notre Sire". Cette décision fut ratifiée par le roi Charles IX le 8 novembre 1564. Le capitaine de ville, dirige les capitaines de quartiers, un bombardier, une milice et des mercenaires. Il a le pouvoir de prendre tous les hommes nécessaires à la défense, de remettre en état l'artillerie, d'acheter la poudre pour les bombardes ainsi que la poudre fine. L'assemblée communale devient conseil municipal dont la compétence est universelle. Ce dernier gère les biens, dirige les travaux publics, nomme le médecin, le régent de l'école (maître d'école) et surtout fait respecter les privilèges de la cité qui est devenue un organisme politique complet avec une force militaire, navale et autonome. Pendant deux siècles, la cité combattit les ennemis de la France et du Roy, lutta contre les barbaresques, les espagnols mais aussi contre les insurections de la région et replaça les villes alentour sous l'autorité royale. En 1592, les marins tropéziens allèrent ainisi prêter main forte à Antibes assiégée par les troupes du duc de Saint Romain pour le compte du duc de Savoie et mirent les assiégeants en déroute. Ce haut fait d'arme valut aux tropéziens de recevoir une belle lettre de félicitations du Roi Henri IV ainsi qu'un canon d'honneur portant l'inscription "donné par Henri IV à ses loyaux sujets de Saint-Tropez." La plus mémorable bataille livrée par les tropéziens eut lieu le 15 juin 1637. Ce jour-là, 21 galères espagnoles voulurent s'emparer de plusieurs vaisseaux de guerre en réparation dans le port mais sous le feu fourni de la milice et des habitants elles durent faire demi-tour essuyant de lourdes pertes.  

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 Pour célébrer cette victoire que les tropéziens attribuent à la protection de leur saint patron, une procession a lieu chaque année dans les rues de la vieille ville accompagnée d'une bravade dite "des espagnols". Ce n'est que sous Louis XIV que le milice locale fut remplacée par une garnison royale à la citadelle. L'institution du capitaine de ville devint donc obsolète. Mais les tropéziens voulant perpétuer ce passé glorieux ont continué d'élire à titre honorifique chaque année un capitaine de ville pour présider les fêtes traditionnelles en l'honneur de saint Tropez. Ces fêtes sont des cérémonies religieuses mais se passent selon la tradition provençale, en "brûlant joyeusement de la poudre". A l'origine, il s'agissait de se rendre sous bonne escorte à la chapelle de Saint-Tropez assez éloignée des remparts (Saint-Tropez hors les murs). Par délibératon du 8 mai 1667, le conseil municipal donne pouvoir au capitaine de ville d'acheter la poudre pour la fête locale et d'en prendre commandement. Une autre délibération de 1759 déclare que chaque année il sera fait présent au capitaine de ville d'une épée d'argent de cent livres à condition qu'il se mette à la tête de la bravade. C'est pourquoi, chaque année, le lundi de Pâques, le conseil municipal se réunit en assemblée extraordinaire et procède à la nomination du capitaine de ville qui aidé de son major et de son enseigne prend le commandement de la bravade. La bravde est donc une tradition plus que quatre fois centenaire à laquelle les tropéziens vouent un culte passionné. Elle est la plus illustre tradition de leur ville et il est du devoir de tout bon tropézien d'y participer. Etre capitaine de ville est un hommeur et une responsabilité véritable. Le capitaine de ville est l'hôte d'honneur de toutes les manifestations et festivités du pays pendant toute l'année. C'est dans la bravade que les tropéziens expriment le mieux leur profond attachement à leur terre et honorent la devise de leur cité : "ad usque fidelis", c'est-à-dire, fidèle jusqu'au bout.

Sources : D'après un texte arrangé de Jean-Michel Couve, Député-Maire de Saint-Tropez, Wikipédia l'encyclopédie libre, le site "Les amis de la bravade et des traditions tropéziennes".

St-Tropez La citadelle