Grasse-vue générale

Capitale de la Provence orientale, sous-préfecture des Alpes-Maritimes, Grasse demeure, à travers les mutations de la Côte d'Azur, un chef-lieu administratif et un pôle d'attraction économique. Le site de Grasse était peuplé dès le néolithique (5 000 ans avant J.C.) mais tout laisse à penser que la ville qui sort de l'ombre après l'an 1000 n'est que l'héritière très indirecte de cet habitat préhistorique. Grasse n'est pas, à la différence de ses voisines Antibes ou Vence, un comptoir grec ou une cité romaine. La première mention de Grasse dans les textes anciens date de l'an 1047 de notre ère. C'est alors un castrum dans le patrimoine des princes d'Antibes, situé auprès d'une source importante, la Foux, et à un noeud routier, le carrefour de ces voies de communication essentielles que sont l'axe Nice-Aix et la pénétrante vers les Alpes. Le castrum de Grasse permettait à la puissante famille féodale qui le possédait de surveiller ses vassaux et de contrôler les échanges économiques. Un siècle plus tard, devenue une place économique notable, la ville rejette la tutelle de ses seigneurs : de 1155 à 1227 Grasse est une république marchande libre et indépendante gérée par des consuls élus, à l'image des puissantes ville italiennes avec lesquelles elle conclut des traités d"alliance et de commerce : Pise et Gênes. En 1227 cependant, à la faveur de rivalités internes, le Comte de Provence Raymond-Bérenger V, conquiert la République de Grasse. C'est la fin de l'indépendance de la cité. Grasse, ville comtale, conservait son administration municipale et ses remparts. Dans le même temps, elle devenait chef-lieu de viguerie et ville épiscopale au détriment d'Antibes. Elle le demeurera jusqu'à la Révolution. Son sort était désormais lié à celui de la Provence et, à partir de 1482, de la France. A l'époque moderne, la ville eut son lot d'évènements tragiques, épidémies ou guerre. En 1536, elle est occupée par les troupes de Charles Quint, en 1707 et 1747 rançonnée par l'armée Austro-Sarde. Mais les souvenirs militaires les plus marquants se rattachent aux Guerres de Religion, au siège de Grasse mené en 1589 par les ligueurs, le parti catholique, contre la ville fidèle au roi de France, le protestant Henri IV. Ville commerçante et industrielle, affranchie depuis le Moyen-Âge, Grasse avait peu à attendre de la Révolution à la différence des communes voisines souvent lourdement taxées et humiliées par la survivance du régime seigneurial et rien de l'époque militaire de l'Empire. Elle traversa l'une sans grand dommage et reçut fraîchement Napoléon débarquant de l'Ile d'Elbe. Grasse sut ainsi toujours dominer les crises qui la secouèrent. Au fond, la véritable histoire de Grasse est son histoire économique. Elle fut longtemps le marché où les habitants des villages des environs venaient écouler leurs productions agricoles, notamment lors des grandes foire annuelles de l'Ascension et de la Saint Michel.

Grasse-parfumeur

Le commerce des draps y occupait une place prépondérante ainsi que le travail du cuir, l'élevage étant très développé à Grasse et dans l'arrière-pays. Les tanneurs grassois acquirent une réputation inégalée et, par leurs cuirs aromatisés, préparèrent la parfumerie. Par l'intermédiaire du port de Marseille, Grasse recevait les peaux brutes des buffles du Levant qu'elle vendait au commerce national ou international, une fois apprêtées, par le même port mais également par les convois de muletiers qui sillonnaient les Alpes jusqu'à Lyon et par la foire de Beaucaire sur le Rhône, rendez-vous annuel des fabricants. Au XVIIIème siècle, la prospérité des affaires va de pair avec le rayonnement social. Les affaires, ce sont l'industrie ancienne de la tannerie où l'on assiste à la constitution de sociétés, celle naissante, de la parfumerie, artisanale encore, née de la ganterie des ateliers de distillation et de la richesse des cultures florales. C'est aussi le négoce des grains, de l'huile, et la savonnerie. Les affaires, c'est enfin le commerce de l'argent, la banque, les expéditions maritimes, spéculations auxquelles s'adonnent les négociants de la ville. La vie mondaine est à l'image de cette expansion. L'oligarchie grassoise, jadis austère et parcimonieuse, a pris au début du XVIIIème siècle, l'habitude d'élever d'élégantes demeures. Nobles et magistrats sont suivis dans cette voie par les négociants. Les salons de la Marquise de Cabris, soeur de Mirabeau, et du dernier évêque de Grasse, Monseigneur de Prunières, seront particulièrement brillants, et le premier assez scandaleux. Deux loges maçonniques, l'une plus aristocratique l'une plus commerçante, regroupent la jeunesse dorée de la ville. On se plaît à imaginer cette vie harmonieuse et facile à travers les peintures du plus illustre des enfants de Grasse, Fragonard, qui ne vécut guère pourtant dans sa ville natale. Ma prospérité de la ville s'est étendue jusqu'aux nombreux artisans et ménagers sinon jusqu'aux travailleurs. La sociabilité s'étend aussi aux classes inférieures regroupées en confréries de pénitents et corporations professionnelles. L'urbanisme aggloméré est, il est vrai très favorable à l'existence d'une vie collective intense.

Grasse-le cours

La fièvre révolutionnaire passée, à laquelle la ville doit de conserver aujourd'hui un rare ensemble de décorations (fontaine patriotique, décors à fresque, etc...), Grasse connut au cours du XIXème siècle une période d'étonnante stabilité favorable au développement de l'industrie de la parfumerie. Après 1850, des industriels de tout premier plan donnèrent à cet art pour la première fois, des structures commerciales et industrielles de type capitaliste. De cette époque, datent les orgueilleuses usines qui ceinturent le centre historique et l'acquisition d'un savoir-faire technologique qui demeure le premier des atouts de la ville. Huit siècles de mutations audacieuses où le regard de l'historien lit une fidélité exemplaire, ont fait de Grasse aujourd'hui, la plaque tournante mondiale de la parfumerie, et des Grassois d'origine, une communauté consciente de ses racines.

Source : Plaquette intitulée "Grasse, capitale mondiale des parfums" texte d'Hervé de Fontmichel.

Grasse-Louise de Mirabeau

A noter que la demeure de la Marquise de Cabris, la sœur de Mirabeau, abrite depuis 1997 le Musée provençal du costume et du bijou. Il présente une collection de robes, de jupons et de parures provençales datant des XVIIIème et XIXème siècles.

bar4

Pour la petite histoire : mon arrière-arrière grand-père paternel, François Consolat était né à Grasse le 30 avril 1820. Il était entrepreneur de maçonnerie à Cannes où il avait épousé le 26 octobre 1846, Gabrielle Merle née à Grasse le 17 octobre 1828. Ils habitaient avenue du Prado à Cannes et ont eu 9 enfants. Leurs ancêtres ont pour nom : Consolat, Merle, Bernard, Cresp, Maillan, Baliste, Mauric, Sicard, Bondet, Ricord, Barnier, Maurel, Pellegrin, Laugier, Toussans, Sauvan, Monjardin, Raybaud, Camatte, Hugues, Pugnaire, Mantègue, Brunengue, Germain, Ribier, Jourdan, Raymond, Tombarel, Maccary, Roustan , Augier, Gilly, Lambert, Jourdan, Isnard, Achard, Floris, Amiel, Curel, de l'Isle, de La Tour, Estable, Ferran, Garrache, Guiol, etc... l'énumération serait trop longue. Pour ceux que la généalogie intéresse, se reporter à ma base de données : http://gw.geneanet.org/nbarret2?lang=fr Parce qu'eux aussi ont participé à l'évolution de la cité des parfums !

Grasse-parfum