Antoine Raspal, peintre de l’élégance provençale
Le peintre et sa famille, musée Réattu à Arles
Antoine Raspal est né à Arles en 1738, il grandit dans un univers bourgeois ou l’art règne en maître. Son père, marchand de profession, peintre amateur et sa mère, fille du sculpteur arlésien Pons Dedieu, à la tête d’une friperie, l’envoient se former à l’École de l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture à Paris. Primé en 1764 par une médaille pour son "Académie d’homme", il fera deux séjours à Paris, dont on ne retrouve que peu de traces, avant que son coeur provençal ne le ramène à Arles pour toujours.
Véritable touche à tout, il excelle dans l’art du détail et de la représentation des textiles. Il puise son inspiration dans l’atelier des demoiselles Raspal, dirigé par ses soeurs : Thérèse et Catherine dont il laisse le plus précis des témoignages dans son chef d’oeuvre "L’ Atelier de couture". Héritier d’une lignée de sculpteurs et d’orfèvres, c’est avec l’adresse et la gestuelle précise qu’il copie les modèles de mode créés avec panache et dextérité par ses soeurs dans leur atelier. Intégré au paysage local, il est reconnu et semble avoir le monopole sur les commandes de peintures et de dessins des particuliers et des instituions arlésiennes.
"Atelier de couture à Arles", vers 1785, musée Réattu, Arles
"L'Atelier de couture", la plus célèbre de ses oeuvres tant elle a été reprise dans les livres sur le costume provençal, est son oeuvre majeure. Ce tableau présente un atelier de couturières en costume qui sont à l’ouvrage et ont en arrière-plan des robes accrochées au mur, visiblement terminées. Christian Lacroix le célèbre couturier, aime raconter que cette oeuvre l’a suivi tout au long de sa carrière et a été une source d’inspiration pour ses créations. Les couleurs chatoyantes, les motifs nombreux, sont d’une grande richesse pour l’amateur de textiles.
"Intérieur de cuisine" - vers 1776-1780
"Le pont de l'observance"
Antoine Raspal maîtrise à la perfection la représentation de l’élégance provençale de la seconde moitié du XVIIIème siècle. Il restitue dans ses tableaux avec une précision d’orfèvre les jupons imprimés, les droulets colorés, les taffetas de soie brochée, les casaquins ornés de fleurs des Indes, les dentelles, les croix Maintenon et maltaises. Ses deux tableaux : "L'intérieur de cuisine" et "Le pont de l'observance" nous apportent des visions intimes de la vie et des vêtements portés au quotidien. Dans son tableau "La grande promenade aux Alyscamps", toute la société qui l'entoure se déploie dans l'antique nécropole des Alyscamps. La fête, la vie, la mode et la musique sont réunies autour d'Antoine Raspal au premier plan et de ses soeurs qui se donnent le bras. L'aspect non fini de cette toile laisse imaginer cette dernière terminée, comme une explosion de couleurs et de détails.
La promenade aux Alyscamps, 1778, huile sur toile. Collection Hôtel d’Agar, Cavaillon
Antoine Raspal meurt dans sa ville natale en 1811, après avoir occupé les fonctions de juge de paix durant la Révolution et formé son neveu Jacques Réattu à l’art de la peinture.
Source : Le magazine de proantic - Magazine d'art et expositions
Portrait de Madame de Privat et ses enfants, 1780-1781, Museon Arlaten, musée départemental d’ethnographie, Arles
Arlésienne aux oeillets, Musée Grobet-Labadié, Marseille
Arlésienne aux yeux bleus
Arlésienne
Arlésienne - Musée Fragonard à Grasse
Traits pour traits - Christian Lacroix, nous parle de l'importance de l'oeuvre d'Antoine Raspal "Un atelier de couturières à Arles" conservée au musée Réattu, dans son parcours artistique.